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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

western

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Cecil B. DeMille
Pacific Express (Union Pacific -Cecil B. DeMille, 1939)

Pour les petits Français que nous sommes, et surtout ceux de 1940 (1), la compagnie Union Pacific (UP) ne veut pas dire grand-chose, alors mes amis traducteurs ont jugé préférable de garder le terme Pacific et de lui accoler un terme plus parleur et un brin racoleur, Express. Pourtant les engins que nous voyons arpenter ma voie ferrée ne sont pas spécialement rapides, puisque les chevaux vont plus vites qu’eux !

Quoi qu’il en soit, la UP est donc la compagnie qui se chargea d’amener le train vers l’Ouest, pendant que la Central Pacific l’amenait vers l’Est, pour se rencontrer à Ogden – au début – ou plutôt à Promontory Point lieu mythique de rencontre des deux locomotives, ce lundi 10 mai 1869. C’est d’ailleurs le même clou que 70 ans plus tôt qui a servi à la jonction…

Bref, après les légendes de l’Ouest Calamity Jane (Jean Arthur) et Wild Bill Hickock (Gary Cooper) dans The Plainsman, voici l’épopée du chemin de fer, quinze ans après le chef-d’œuvre de John Ford, Le Cheval de fer.

Et il est clair que non seulement DeMille a vu le film de Ford, mais surtout qu’il a beaucoup aimé le microcosme créé par cet autre maître du cinéma. Mais nous sommes chez DeMille et l’ambiance familiale qui règne chez Ford ne se retrouve pas ici. Même s’il y a tout de même beaucoup d’Irlandais !

 

Lincoln est donc mort mais son vœu perdure : le chemin de fer va continuer. Bien entendu, cela ne plaît pas à tout le monde, et en particulier à Asa M. Barrows (Henry Kolker) qui mise sur la Central. Il va donc engager un desperado pour l’aider à saboter l’avancée de l’UP. C’est Sid Campeau (Brian Donlevy, spécialiste des rôles de méchant) qui va s’en charger, amenant avec le train des sources de plaisir qui vont fortement ralentir la progression.

Le général Dodge (Francis McDonald) fait alors appel à Jeff « Bucko » Butler (Joel McCrea) pour « sécuriser la ligne », comme on dit de nos jours. En clair : se débarrasser des voyous – et donc de Campeau – par tous les moyens possibles, définitivement s’il n’y a pas d’autre choix.

Mais le second de Campeau n’est autre que l’ancien frère d’armes (la Guerre Civile s’est arrêtée peu de temps auparavant) de Bucko, Dick Allen (Robert Preston).

En prime, Allen est amoureux de  Mollie Monahan (Barbara Stanwick), la fille du conducteur de la locomotive (J.M. Kerrigan). Mais Mollie n’a d’yeux que pour Jeff…

 

Ce nouveau retour au western de DeMille est encore plus brillant que le précédent. Il faut dire que Cecil réussit ici un film parfaitement équilibré : entre l’épopée historique, la comédie et l’inévitable tragédie, le tout mâtiné des codes du western, c’est un régal que de passer ces 135 minutes le long de la voie ferrée. Nous avons même droit au duel final qui, s’il ne se passe pas au (ou sous le) soleil, reste tout de même un duel marquant avec une résolution presque inattendue !

Comme nous sommes chez DeMille, et malgré le résumé ci-dessus, c’est encore une fois la femme qui tient le haut de l’affiche. Et Barbara Stanwick prend son plus bel accent irlandais pour camper cette jeune femme un tantinet délurée, dont le seul intérêt reste le chemin de fer : normal, c’est dessus qu’elle a grandi !

Alors oui, Joel McCrea et Robert Preston sont une très belle garde d’honneur pour elle, mais elle demeure l’élément central de l’intrigue, relançant à chaque fois cette dernière pour arriver à cette fin, attendue, certes, mais tellement logique.

 

Parce que de nouveau, DeMille, à l’instar de Dick Allen, ce joueur invétéré, sort de sa manche la carte inévitable (elle aussi) de la rédemption. C’est d’ailleurs ce même Dick Allen qui va en profiter : normal, il en avait bien besoin. De toute façon, Campeau est irrécupérable, et comme c’est Brian Donlevy, on n’est pas étonné, encore une fois, de lui voir faire les frais de ce salut (moral) final.

D’ailleurs, Donlevy est encore une fois à la hauteur de l’enjeu, annonçant (toujours) le personnage de Bradwell dans Le Fil qui chante de Morris & Goscinny.

Mais là ne s’arrête pas l’évocation des bandes dessinées. En effet, la première aventure de Lucky Luke scénarisée par René Goscinny avait pour thème l’évolution de la ligne de chemin de fer de la UP. Et le cow-boy solitaire n’est pas sans rappeler Bucko Butler, l’amour de la femme en moins, cela va soi. Même l’intrigue de album reprend certains éléments du film, dont le personnage qui enfonce le clou, le presque infâme Barrows.

 

Mais DeMille épargne ce commanditaire peu scrupuleux grâce à une formidable trouvaille : un duo de choc qui va épauler le justicier : Leach Overmille (Lynne Overmann – tu parles d’un nom de personnage !) et Fiesta (Akim Tamiroff). Ils sont absolument dissemblables mais totalement inséparables, se complétant à la perfection dans leurs rôles de seconds du chef. Et si Fiesta est plutôt le comique des deux larrons, il n’en demeure pas moins dangereux et craint.

Et ce duo – improbable – me ramène encore une fois à la bande dessinée : ne cherchez pas plus loin les modèles de Redi Neck et McClure, les deux acolytes de Blueberry (de Gir et Charlier) : ils sont là. Et l’analogie est d’autant plus forte que les deux partenaires de Blueberry lui sauvent la mise plus d’une fois !

 

Bref, avec ce western, DeMille nous montre toute l’étendue de son talent du genre, secondé par une distribution magnifique pour nous faire revivre un moment historique et rassembleur des Etats-Unis. Et ça tombe bien, parce que les nuages s’assombrissent en cette fin de décennie : l’Amérique – enfin une grosse partie des Etats du Nord du continent – ont bien besoin de se sentir « unis » et de mériter cette appellation !

 

  1. Le film est sorti l’année suivante en France…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Christopher Cain
Young Guns (Christopher Cain, 1988)

Ils sont six.

Ils sont jeunes.

Ils sont (presque tous) beaux.

Et ils savent manier le revolver.

Mais ces drôles de pistolets ont un autre point commun : John Tunstall (Terence Stamp).

John Tunstall (1953-1878) les a sortis de leur situation – misérable – et leur a proposé à tous de travailler sur son exploitation. En plus, il les a éduqués et leur propose donc une chose qu’ils pensaient ne jamais avoir : un avenir.

Malheureusement, Tunstall est seul face au « cartel » dirigé par Lawrence G. Murphy (Jack Palance) : ce dernier fait abattre Tunstall, déclenchant alors la guerre de Lincoln qui verra le cartel tenter d’éliminer cette bandes de jeunes pistoleros qui ne rêvent que de venger leur bienfaiteur.

 

Comme toujours, c’est alors qu’on croit le western agonisant qu’il revient en force (1). D’autant plus que Christopher Cain reprend l’un des personnages les plus mythiques du genre : William H. Bonney, plus connu sous le pseudonyme de Billy the Kid (Emilio Estevez). Mais Cain – nous sommes au cinéma, ne l’oubliez pas – reprend, avec l’aide de John Fusco (au scénario), cette histoire déjà bien adaptée au cinéma, les personnages – dont l’inévitable Pat Garrett (Patrick Wayne, le fils de) – et les lieux de cette histoire véridique, la modifiant juste assez pour en faire une nouvelle légende de l’Ouest.

Et encore une fois, le spectateur se range (presque toujours) du côté de Billy, malgré certaines fêlures apparentes qui se développent. Parce que, qu’on le veuille ou non, Billy the Kid est un psychopathe notoire, et pour lui, tuer est une activité comme une autre, surtout qu’elle a une base sinon légale, tout du moins légitime. A ses côtés, Cain nous montre une bande de jeunes garçons perdus, et encore plus avec l’assassinat de leur mentor.

 

Et ces jeunes gens ne sont pas tous du calibre du Kid. De l’autre côté, nous trouvons Richard « Dick » Brewer (Charlie Sheen, le frère d’Emilio !) et Doc (Kiefer « Jack Bauer » Sutherland), plus raisonnables et modérés. Et au milieu, Charlie Bowdre (Casey Siemaszko) et « Dirty Steve » Stephens (Dermot Mulroney).

Si vous avez bien compté, nous en sommes à cinq. En effet, il reste Chavez (Lou Diamond « Ritchie Valens » Philips), métis indo-mexicain, dont la culture et les motivations sont autres. Son statut de métis est d’ailleurs (un peu) exploité, surtout dans ses rapports avec Stephens (un tantinet raciste), rappelant l’instabilité et surtout la méfiance vis-à-vis de ces personnes qu’on avait tendance à considérer comme « impures » (2).

Pourtant, même si Billy est le personnage central de l’intrigue, Chavez en est l’élément indispensable : c’est lui qui, à  chaque fois, va permettre à ces « jeunes gâchettes » (1), de s’en sortir, toujours de façon spectaculaire.

 

Bref, Cain dirige avec bonheur – et maîtrise – sa « bande de jeunes », et revisite à son tour cette histoire archiconnue. Et comme nous sommes au cinéma, il prend des libertés avec la vérité historique pour en faire une réalité spectaculaire.

Et comme nous sommes dans un vrai western, nous avons droit au duel final entre le héros (Billy) et son pendant méchant (Murphy).

Par contre, comme le western s’est modernisé, les règles ont évolué et ce duel est un petit peu différent.

Je ne vous donnerai pas l’issue de ce duel, mais sachez que Murphy est mort d’un cancer à Santa Fe. Quant à Billy, c’est toujours le 14 juillet 1881 qu’il a été tué. Mais ceci est une autre (véridique) histoire…

 

  1. Né avec lui, c’est avec le cinéma qu’il mourra. PAS AVANT !
  2. On retrouve cette même notion dans la saga Harry Potter.
  3. Traduction possible du titre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Braquage, #Western, #Walter Hill
Extreme Prejudice (Walter Hill, 1987)

Vous prenez l’Agence-Tout-Risque (The A-Team, pour les puristes), vous y ajoutez une dose de Horde sauvage (The wild Bunch, pour les mêmes) et vous obtenez un film d’action spectaculaire… Mais pas que.

Nous sommes bien d’accord pour dire que les personnages de Walter Hill ne font pas dans la dentelle, mais on peut reconnaître une dimension – largement exploitée par Hollywood & les autres à propos de l’amitié entre un flic et un truand, mais à cela s’ajoute un trafic de drogue,  une situation frontalière et le commando d’ombres qui tiennent leurs promesses.

Mais reprenons.

 

Six hommes, emmenés par le commandant Hackett (Michael « Revok » Ironside), débarquent dans la petite ville (frontalière, donc) du shérif Hank Pearson (Rip « Z » Torn). Leur objectif : faire tomber le caïd de la drogue local, Cash Bailey (Powers Boothe). Un autre homme aimerait mettre un terme à ce trafic qui corrompt la petite ville : le Texas Ranger Jack Benteen (Nick Nolte), qui en plus considère le shérif comme son second père.

Le problème, pour Benteen), c’est que Cash Bailey est son ami de toujours, avec qui il a grandi et vécu ses premières expériences…

Avec en prime, une femme : Sarita (María Conchita Bustill). En plus d’être belle, elle fut la compagne de Cash avant d’être celle de Jack…

 

Walter Hill retrouve Nick Nolte, encore une fois policier, mais bien éloigné de celui de 48 heures : Jack est soigné, porte un chapeau qui semble vissé à sa tête, et a des remords quand il tue quelqu’un qui a mal tourné. Bref, nous sommes bien loin de l’autre Jack, Cates. Il rappelle un peu Guinn « Big Boy » Williams, autre acteur d’allure similaire.

Mais ce qui ressort de ce film, c’est un mélange heureux de plusieurs genres.

Le film policier bien évidemment, puisque l’intrigue tourne avant tout autour du trafic de Bailey et de son opposition avec la police.

A cela s’ajoute un aspect braquage de banque – avec la technologie un tantinet dépassée, bien entendu, de la fin des années 80 – orchestré par cette équipe de d’agents très spéciaux composée de gens décédés lors de conflits antérieurs (Vietnam, Honduras…). Leur présentation ouvre d’ailleurs le film, remettant en cause l’affiche du film : où est Nick Nolte ?

Et ces soldats de fortune, comme on pourrait les appeler n’ont pas les mêmes attributs que leurs cousins de l’Agence citée plus haut, ni, bien entendu, l’humour.

 

Troisième genre, et certainement pas le moindre à mon avis, le western.

L’allure de Benteen est, du fait de son statut, celle d’un cow-boy traditionnel pour qui la voiture a remplacé le cheval, mais l’arme – un pistolet avec plus que six balles dans le chargeur, il faut vivre avec son temps – à portée de main, sur le côté. EDE plus, nous retrouvons des paysages semi désertiques (Mexique & Texas) séparés par le mythique Rio Grande qui sont aussi le décor de fusillades nourries et très meurtrières.

Et bien sûr, le duel final entre les deux « frères ennemis » dont l’issue – inévitable – n’est pas si prévisible que ça : disons qu’on n’est plus chez Ford ou Hawks (etc.). De plus, le fait que ce règlement de comptes se situe au Mexique accentue la référence au film de Peckinpah (voir ci-dessus).

 

Alors avec tout ça, en plus d’une distribution fort honorable – il y a en plus Clancy « Kurgan » Brown (sergent McRose), mon préféré dans le commando – Hill réalise un film très honnête qui mérite franchement de s’y arrêter.

Et, bien sûr, d’y revenir !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Anthony Mann
La Ruée vers l'Ouest (Cimarron - Anthony Mann, 1960)

Presque trente ans après le film de Wesley Ruggles (1931), voici la version de Cimarron (roman d’Edna Ferber), par Anthony Mann.

Yancey Cravat (Glenn Ford) est toujours un aventurier, Sabra (Maria Schell) son épouse courageuse, et l’Oklahoma est toujours à découvrir quand s’ouvre le film.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit avant tout d’une nouvelle adaptation, pas d’un remake.

Et Anthony Mann, une nouvelle fois, nous décrit un milieu de western où cette fois-ci la civilisation s’installe petit à petit.

 

Nous sommes lundi 22 avril 1889, et il est midi : les territoires de l’Oklahoma sont ouverts aux colons qui sont venus par milliers essayer d’acquérir gratuitement un emplacement de quelques hectares. Parmi eux, on trouve Yancey Cravat qui vient d’épouser Sabra : cette nouvelle aventure le tente. Mais les autres aussi guignent les meilleurs emplacements, telle Dixie (Anne Baxter) ou encore Matt Wyatt (Arthur O’Connell). Sans oublier les incontournables outlaws qui entendent bien profiter de l’endroit.

S’ensuivent vingt-cinq années qui ont marqué le pays et les gens, avec en final la première Guerre Mondiale.

 

Et les Indiens ? On n’en voit que trois : Ben et Arita Red Feather (Eddie & Dawn Littlesky) et leur fille Ruby. C’est d’ailleurs plutôt étonnant qu’il y ait aussi peu d’Indiens alors que la ville où résident les personnages principaux se nomme Osage, du nom de la tribu du lieu, et que Martin Scorsese nous a rappelé que ces Indiens ont beaucoup profité de l’or noir dont regorge cet état.

Il en est tout de même fait référence puisque Yancey est heureux d’annoncer que leurs terres sont elles aussi pétrolifères… Avec le résultat que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

Mais Cimarron, c’est avant tout un homme : Yancey Cravat, aventurier qui a exercé tous les métiers avant de se fixer auprès de Sabra. Mais même heureux en ménage, il ne peut pas rester en place : il faut qu’il agisse. Et c’est ce qu’il fait tout le temps, mais pas dans le sens où l’aurait souhaité cette même Sabra, allant jusqu’à le traiter d’égoïste. Et d’une certaine façon, il l’est, à force d’altruisme. Il s’occupe de tout le monde sauf de ses proches (sa femme et son fils réellement nommé Cimarron), luttant pour les droits des autres, intervenant dans les moments critiques (prise d’otage dans une école, entre autres).

Et celle qui l’a le mieux compris, c’est Dixie, mais ce n’est pas elle qu’il aime.

 

Bref, nous sommes dans un western différent, alors que le genre est en pleine évolution. Deux ans plus tard, Ford fera ses adieux au genre dans L’Homme qui tua Liberty Valance. Ici, Mann fait progressivement disparaître cet aspect sauvage où les pistoleros sont les plus forts. Et Yancey fut l’un d’eux, dans une autre vie.  Et cette autre vie, nous ne pouvons que la deviner : Yancey répète à Sabra qu’il lui expliquera plus tard, mais ne le fait jamais : pourtant, il y eut un avant où il a (peut-être) aimé Dixie, où il a été avocat, et que sais-je d’autre.

Avec Sabra, il s’est rangé. Mais les vieux réflexes n’ont pas disparu et il possède toujours une carabine à portée de main…

 

Fut-il un desperado comme le Cherokee King (Russ Tamblyn) ? Peut-être. J’aurai même tendance à penser « certainement », mais son attitude de défenseur des opprimés contredit cette hypothèse. Encore que… N’est-ce pas par rejet viscéral d’un passé entaché qu’il essaierait de gagner une éventuelle rédemption (1) ? Par contre, il y en a un qui la gagne, sa rédemption. Là encore, si ce n’est pas déjà fait, je vous laisse découvrir qui…

 

PS : Ruée sur l’Oklahoma de Morris et Goscinny prend pour cadre ce même épisode de la Conquête de l’Ouest. Mais avec Goscinny – et le personnage de Dopey – c’est, bien entendu, une tout autre histoire…

 

  1. N’oublions pas qu’il s’agit d’un film américain.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Western, #Roscoe Arbuckle
Fatty et les Peaux-rouges (Fatty and Minnie Hee-Haw - Roscoe Arbuckle, 1914)

Fatty (Roscoe Arbuckle) est en voyage. Comme clandestin, alors évidemment, il est rapidement éjecté du train par l’homme demain du convoi (Slim Summerville). Seul, au milieu de nulle part, il feint l’inanition pour attendrir Minnie Hee-Haw (Minnie Devereaux). Et ça marche.

Non seulement elle le ramène à son village (de tipis), mais en plus, elle envisage de l’épouser. Ce qui n’est pas complètement au goût de Fatty qui va s’enfuir et se retrouver dans un village de cow-boys.

Mais Minnie est à ses trousses…

 

Autant le dire tout de suite : Minnie Devereaux s’est aussi appelée Minnie Ha-ha (dans Mickey), et ici, son patronyme (Hee-Haw) rappelle fortement le braiement d’un âne. Quoi qu’il en soit, c’est une femme indienne (véritable) et sa stature est en parfaite adéquation avec celle Fatty, comme en témoigne la séquence du baiser. Parce que Roscoe Arbuckle, à travers son personnage, va embrasser une Indienne ! Si je mets en évidence ce fait, c’est parce que les lois américaines ne sont pas – en 1914 – pour la mixité, et au cinéma, n’oublions pas qu’« un bon Indien est un Indien mort » !

 

Alors quand Fatty embrasse Minnie Hee-Haw, après contorsions, c’est un grand coup donné aux racistes de tous poils qui peuplent l’Amérique de l’époque (et aussi de maintenant, d’ailleurs). Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait un message quelconque dans ce baiser. Il est on ne peut plus naturel, même si Fatty n’a qu’une envie : s’en aller. Il faut dire que Minnie n’est pas de la première jeunesse, et la présence d’une rivale (Minta Durfee) va précipiter la séparation.

Malheureusement pour Fatty, cette jeune femme a un père, et leur amour (inexistant bien que latent) ne pourra se développer.

 

Quoi qu’il en soit, on s’amuse beaucoup de cette histoire fort improbable, où le héros (?) va tout faire pour se sortir d’une situation de toute façon inextricable, tout en utilisant les canons du western. Ca tire, ça se bagarre et ça boit sec. Sauf Fatty, bien sûr, qui boit du lait plus ou moins élégamment.

 

NB :un gag qui sera repris maintes et maintes fois, et en particulier chez Goscinny : la nourriture indienne qui contente l’étranger jusqu’au moment où il apprend ce qui compose réellement sa pitance (1)…

 

On attend quand même avec impatience Out West !

 

  1. Astérix, La grande Traversée ; Oumpah-Pah le Peau-rouge

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Frank Borzage
The Pilgrim (Frank Borzage, 1916)

Bien sûr que ce « pèlerin » n’a rien à voir avec celui de Chaplin qui sortira sept ans plus tard.

Ici, il s’agit d’un homme qui vient d’ailleurs et qui y retournera.

Nous sommes dans l’Ouest américain, encore à moitié sauvage, et un étranger (Frank Borzage) vient d’arriver avec sa mule. Sans le sou, il troque ses éperons contre une flasque de rhum. Il est alors remarqué par Jim Niles (Dick La Reno), qui dirige un ranch local à la recherche d’aides. L’étranger, rapidement surnommé « Le Pèlerin » va accepter.

Mais un jour, débarque la promise de Niles, la belle Nita Dudley (Ann Little), venue s’aguerrir en vivant les conditions rudes des cow-boys de l’Ouest…

 

Voilà trois ans que Borzage tourne… Des courts-métrages. Cette année 19196 le verra réaliser son premier long, mais n’anticipons pas. Toujours est-il que ce film sort le lendemain de Matchin’ Jim autre court western qu’il a réalisé. Bref, il s’agit d’un film parmi d’autres, dans cette industrie cinématographique qui propose des courts-métrages à tire-larigot.

Mais pourtant, c’est un film de Borzage, alors il mérite très certainement le détour. En effet, ce dernier n’est pas encore le réalisateur talentueux que nous connaissons, mais on ne peut pas se tromper quant à ses intentions.

 

Avant tout, c’est un western humain où la force n’est pas la qualité première de ce curieux héros. Curieux parce qu’il n’a pas de nom ni de prénom, et aussi parce qu’il n’a pas la prestance d’un William S. Hart, d’un Tom Mix ou d’un Harry Carey qui tiennent le haut de l’affiche dans le genre. Pas de grand chapeau ni de revolver non plus, même si, au vu du film, on imagine facilement qu’il doit être un as de la gâchette. Mais surtout, il se déplace avec une mule, avec laquelle il a une relation très fusionnelle.

Et à l’instar d’autres personnages borzagiens, il est un tantinet inadapté au monde dans lequel il évolue : c’est une sorte de tumbleweed caractéristique du paysage américain : vous savez ces « virevoltants » végétaux qui roulent au gré du vent dans les westerns. Il est même ostracisé par les autres cow-boys du ranch, obligé de dormir avec sa mule, dehors.

 

Et puis il y a l’élément féminin : la jeune Nita que son père a envoyé dans l’Ouest pour qu’elle s’endurcisse. Elle a la tenue pour – son père est riche et possède le ranch – mais ne semble pas vraiment adaptée à cette nouvelle vie : elle se perd dès sa première sortie seule. Cette sortie renforce cette idée d’inadaptée parce que son objectif est d’aller soigner Joe Mex (Jack Richardson) qui a été poignardé par « le Pèlerin » (1) : nous sommes donc bien loin de ce concept de vie rude de l’Ouest.

De la même façon, quand elle se promène avec le Pèlerin, c’est lui qui « se mouille » pour lui permettre de boire ! On est bien loin d’une autre femme du film : Little Eva (Mary Gladding). Cette dernière n’arrive pas de chez Harriet Beecher Stowe, mais une de ces femmes endurcies qu’on trouve dans nombre de westerns (d’avant et d’après) : elle est la compagne de Joe Mex mais ce dernier n’étant pas un modèle de fidélité, elle n’hésite pas à faire de même avec « le Pèlerin » (encore lui), amenant la rixe au couteau…

 

Bref, un western mineur du fait avant tout des son format (28 minutes), et de son histoire (forcément) convenue, mais où le savoir faire de Borzage est déjà là.

Et même si le soleil ne se couche pas, ce singulier héros repart, seul bien sûr, vers une autre destination inconnue et anonyme…

 

  1. Joe Mex est l’agresseur dans cette affaire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Gangsters, #Western, #Shane Atkinson
LaRoy, Texas (Shane Atkinson, 2023)

Une route, la nuit.

Un homme (Dylan Baker) prend un auto-stoppeur en panne. Ce dernier plaisante en expliquant qu’il pourrait très bien être un déséquilibré. Mais le conducteur retourne la plaisanterie à son avantage, ce qui n’est pas pour rassurer son passager qui préfère descendre.

C’est ce qu’il va faire.

Sauf que le conducteur – Harry – est un véritable tueur. Et le terminus de l’autostoppeur l’est bel et bien… Six pieds sous terre !

Là Harry reçoit un coup de téléphone lui demandant d’aller à LaRoy (Texas) pour un nouveau contrat.

A LaRoy habite Ray (John Magaro), qui apprend que sa femme (Megan Stevenson) lui est infidèle. Alors qu’il décide de se suicider, il est pris pour le tueur à gages…

 

C’est une belle œuvre que ce premier long-métrage de Shane Atkinson, mélangeant allègrement des situations franchement dramatiques, voire tragiques, avec un humour noir décapant. On s’amuse de bout en bout de ces personnages peu reluisants qui se retrouvent embarqués dans des péripéties qui leur échappent – sauf Harry – tandis que les morts s’accumulent (6 en tout).

Mais une des particularités du film est que les différentes mises à mort ne sont pas montrées : on entend les coups de feu et/ou on en voit les effets dévastateurs. Une seule fois, on voit notre tueur abattre un autre homme, mais sans pour autant apercevoir ce dernier !

 

Bien sûr, on pense aux frères Coen et en particulier à Fargo et No Country for old men : Harry est une réminiscence d’Anton Chigurh (No Country) de par sa froideur professionnel et son côté implacable ; les autres protagonistes, quant à eux, ont plutôt le niveau intellectuel de Showalter et Grimsrund (Fargo), et en particulier Skip Roche (Steve Zahn), détective sans licence, raillé par quasiment tous les habitants de cette ville perdue (1), de par sa fonction et surtout son accoutrement. Certes, nous sommes au Texas, mais un cow-boy comme celui-ci relève plus du pied-tendre que du baroudeur.

Autre élément texan : le personnage de LeDoux (Brad Leland), concessionnaire qui, menacé  va s’expliquer avec Skip et Ray le fusil en mains !

Sans oublier l’accueil que réserve Angie (Galadriel Stineman) à Skip et Ray qui viennent l’interroger !

 

Et en plus, Shane Atkinson a donné à son film une dimension western très bienvenue. On y trouve les grands espaces indispensables et c’est bien normal car LaRoy n’étant pas ce qu’on appelle une mégalopole, on se retrouve rapidement hors de la ville. Et c’est aussi un des éléments comiques de ce film : la présentation de la ville nous laisse présager un trou – ce qui est le cas – et pourtant il s’y passe énormément de choses qu’on a l’habitude de trouver dans une (très) grande ville.

Bref, pour accentuer le côté westernien, LaRoy est une petite bourgade qui va devenir le théâtre d’une espèce de coup de balai violent, avec la venue de cet étranger qui déclenche les hostilités.

Avec en séquence (presque) finale, la confrontation – « duel au soleil » – entre les deux personnages principaux : le tueur et sa (très) pâle copie… Le tout dans un plan déjà vu cent fois, mais qui reste malgré tout très pertinent.

 

Je terminerai en parlant de l’aspect fatidique du film. En effet, malgré toutes les péripéties, le Destin est omniprésent et personne ne va lui échapper. D’une part parce que le tueur est son instrument privilégié, et d’autre part parce qu’une partie des protagonistes reste bloqués sur leurs sorts : « c’est mon mari » ou « c’est ma femme » sont des répliques récurrentes chez ceux qui sont trompés par leurs conjoints – Ray, Kayla (Emily Pendergast) ou Midge LeDoux (Darcy Shean) – sans pour autant imaginer changer les choses, et ce malgré les remarques des autres (Skip, Harry…).

 

Bref, tout le monde s’en va plus ou moins confiant vers une fin qui, si elle n’est vraiment prévisible, reste tout de même fort logique. Mais comme Atkinson multiplie les décalages plus ou moins absurdes, on garde le sourire jusqu’au bout.

 

  1. Tellement perdue qu’elle n’existe pas…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Winner
Les Collines de la terreur (Chato's Land - Michael Winner, 1972)

Ces collines, c’est le Pays de Chato (1). Chato (Charles Bronson) est un métisse, moitié blanc, moitié apache. Et c’est dans ce coin reculé et aride que vase passer la majeure partie du film.

Et tout ça à cause d’un shérif raciste (Roland Brand) : Chato voulait juste boire un whisky, mais ce shérif refusait qu’on serve les gens de couleur. Et alors qu’il dégainait pour tuer ce « métis », Chato a été plus rapide.

Seulement voilà, tuer un shérif est mal vu, surtout quand on est un Indien. Et la justice des Blancs s’arrête à la couleur de la peau. Alors les « braves » habitants du coin (Nouveau-Mexique, dans le Sud, quoi) vont organiser une chasse à l’homme qui va les amener dans le territoire qui donne son nom au film.

 

Le western n’en finit pas de mourir et de ressusciter… Enfin, pas mourir mais plus ou moins décliner. C’est encore le cas ici puisqu’on peut facilement le classer dans ces westerns crépusculaires qui ont fleuri à la suite de la trilogie de l’Homme sans nom (merci monsieur Leone).

Ici, pas de cow-boys très reluisants, tous ont des choses à se reprocher dans cette chasse à l’homme où ils vont rapidement devenir le gibier. Mais tous se rejoignent sur un point : tuer l’Indien. Depuis la fin de la Guerre Civile (1861-1865), ces hommes qui font partie du camp perdant ressassent leur défaite. Et une fois les blessures pansées (certainement pas guéries), ils sont allés tuer les Indiens. Au nom, bien sûr, de la « Civilisation ».

Alors maintenant que les guerres indiennes ne les concernent plus, ils ont tendance à s’ennuyer et un Apache à pendre, ça remet tout le monde en selle (c’est le cas de le dire).

Même Quincey Whitmore (Jack Palance), qui était capitaine pendant la guerre a revêtu son vieil uniforme pour l’occasion.

Bref, ce sont tous des nostalgiques de la Guerre perdue et qui ne sont plus tous très jeunes. Beaucoup d’entre eux grisonnent (les moustaches de Jack Palance, par exemple) et c’est Jubal Hooker (Simon Oakland) qui l’exprime le mieux : avant et après la Guerre, il n’y avait rien.

 

En face, on trouve un Charles Bronson taciturne dans ce rôle d’Indien. Il ne parle pas beaucoup mais agit et va éliminer ces cafards l’un après l’autre, implacablement. Mais s’il tient le haut de l’affiche, ce n’est pas lui qu’on voit le plus ! En effet, Michael Winner s’attache à cette bande de nostalgiques qui légitime son action par la haine de l’Indien. Alors que les chasses à l’homme habituelles ne laissent pas beaucoup de personnages se distinguer, ici, on a le temps de caractériser tous ces hommes, de par leur haine mais aussi de par leurs positions. Et c »e n’est pas l’unité habituelle puisqu’on y trouve des frictions voire des désaccords qui vont précipiter la fin de ces hommes : certains ont compris qu’ils n’en reviendraient pas, mais l’impact du groupe (ou les menaces du revolver) les oblige à rester.

 

Bien entendu, on retrouve aussi quelques canons du western, comme les grands paysages, l’opposition Indien/cow-boys, ou la nature sauvage, et aussi le campement autour du feu. Mais il n’y a pas cette bonhomie habituelle qui fut de mise deux décennies plus tôt. Tout le monde est tendu, plus ou moins rongé par un dernier morceau de leur conscience : ils savent malgré tout que ce qu’ils font n’est pas juste. Et Winner nous l’a annoncé dès le début de la poursuite quand ils approchent Ezra Meade (Peter Dyneley) pour l’emmener avec eux : ses arguments (en plus de sa carabine) sont les plus sensés que nous entendrons chez les Blancs, parce qu’il considère que le shérif l’a bien mérité. En effet, toute cette meute assoiffée de sang s’est arrêtée à l’annonce de la mort du représentant de la Loi. Aucun d’entre eux n’a cherché avant tout à savoir pourquoi l’Indien l’avait tué.

Pas étonnant alors d’avoir une telle fin.

 

PS : oui, il y a une sorte de duel final qui voit s’affronter Chato et le dernier survivant de la meute. Et comme le western a changé, ce n’est plus le Blanc qui l’emporte…

 

  1. Le titre original

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Western
Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin (Big Trouble in Little China - John Carpenter, 1986)

Jack Burton (Kurt « Snake Plissken » Russell) est chauffeur routier et livre régulièrement dans le quartier chinois de San Francisco (Chinatown). Un jour, il accompagne son ami Wang Chi (Dennis Dun) à l’aéroport pour y accueillir la fiancée de celui-ci, la belle Miao Yin (Suzee Pai). Mais cette dernière est enlevée par le Wing Kong, une triade qui a pour chef le mythique et mystique David Lo Pan (James « Hannibal Chew » Hong). Pourquoi ? Parce que Miao Yin a les yeux verts, ce qui est rare pour une Chinoise (?).

S’ensuit alors une poursuite avec vol de camion (celui de Jack) et rencontre d’une belle avocate – Gracie Law (Kim Cattrall), ça ne s’invente pas (1) – et de spectaculaires combats contre la triade et ses super combattants avec tout de même l’aide du sorcier Egg Shen (Victor Wong).

 

L’espace d’un film, John Carpenter sort de l’horreur fantastique pour ne s’occuper que du deuxième élément, mais avec un détachement et surtout beaucoup de plaisir. On sent que le réalisateur et son équipe ont apprécié le tournage, même si les studios (20th Century Fox) n’ont pas vraiment favorisé le projet. Quoi qu’il en soit, si le film n’a pas atteint le public comme il le méritait à sa sortie, l’exploitation en vidéo a comblé ce handicap : c’est d’ailleurs comme ça que j’ai pu le voir.

Et c’est bien dommage qu’il n’ait pas eu ce succès tant il est à part dans l’œuvre de Carpenter : un mélange de comédie, de western et d’exotisme très réjouissant. Et encore une fois, Carpenter ne s’est pas contenté de la réalisation, puisqu’il cosigne, comme d’habitude, la bonde originale, cette fois-ci avec Alan Howarth.

 

Bien sûr, cette intrigue est hautement improbable, mais qu’importe puisqu’on s’amuse. Kurt Russell, encore une fois est un aventurier (malgré lui pour le cas) solitaire plus intéressé par ses différents trajets dans son camion que par une vie bien rangée (2). Et en cela, on retrouve une dimension du western (comme annoncé plus haut) : c’est un solitaire qui vient remettre de l’ordre dans un endroit et repart une fois le travail effectué vers de nouvelles aventures, en l’occurrence un nouveau transport routier. Bien entendu, comme les cow-boys solitaires de l’âge d’or du genre, il ne laisse pas indifférent la jeune première (Gracie) et va finir par l’embrasser…

Et pour accentuer cet aspect westernien, il faut savoir que Kurt Russell a pris comme modèle pour son personnage nul autre que John Wayne. Certes, il n’y a pas ces grands espaces qui font le décor formidable du genre, mais ils sont remplacés par les éléments exotiques (d’Extrême-Orient) qui situent principalement l’intrigue.

Et pour insister sur l’aspect improbable et fantastique, les trois champions de la triade ne sont pas sans rappeler les combattants du jeu Mortal Kombat à venir (1992), tout comme David Lo Pan sera le méchant dans ce même jeu.

 

Bref, nous sommes dans un film singulier puisqu’il reprend certains éléments de western de fantastique, et va influencer les créateurs de jeux vidéo : pas mal pour un film qui est (presque) passé inaperçu à sa sortie…

On en redemande !

 

  1. Enfin si : Law signifie « loi »…
  2. Ce qui se traduit aussi par des maladresses.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Gangsters, #Martin Scorsese, #Robert de Niro
Killers of the Flower Moon (Martin Scorsese, 2023)

Phénoménal.

Scorsese nous revient avec une nouvelle histoire sombre, émaillée de morts pas toujours très naturelles, et surtout ses deux acteurs fétiches : Robert DeNiro (Bill « King » Hale) et Leonardo DiCaprio (Ernest Burkhart).

Et surtout la formidable Lily Gladstone (Mollie Brown ép. Burkhart).

Mais reprenons.

 

[Je vous conseille de voir le film avant de lire ce qui suit, bicôze il n’y aura plus beaucoup de surprise : mais qu’importe, le film est tellement magnifique…]

 

Fraîchement démobilisé après la première Guerre Mondiale et survivant à la Grippe Espagnole, Ernest Burkhart débarque à Fairfax (Oklahoma) pour travailler avec son oncle, Bill « King » Hale. Ce dernier est l’un des soutiens les plus importants des Indiens Osages : après avoir été chassés toujours plus à l’Ouest, ils se sont établis en Oklahoma et y ont découvert du pétrole, devenant immensément riches, et donc la proie privilégiée des convoitises.

L’Oklahoma semble l’état rêvé : on y pratique des mariages mixtes (Indiennes & Blancs), et tout le monde s’entend très bien. Sauf que les Indiennes ont tendance à mourir prématurément sans qu’on s’étende beaucoup sur les causes de ces décès. Et bien sûr, les maris – blancs – héritent de leurs parts…

Alors qu’il travaille comme chauffeur de taxi, Ernest rencontre Mollie Brown et tombe amoureux. Il va même l’épouser, malgré la maladie : elle est atteinte de diabète, et en plus ses sœurs meurent l’une après l’autre… Et pas spécialement naturellement.

 

C’est absolument remarquable. Scorsese est à son plus haut ni veau, réalisant, en plus d’un film superbe, une véritable synthèse de son œuvre, allant même jusqu’à y apparaître un petit peu plus que d’habitude. Et la présence du duo vedette n’y est pas non plus pour rien. En utilisant ces deux monstres, Scorsese mélange son passé et son présent avec deux des acteurs qui ont su le mieux évoluer dans son univers cinématographique. Et la présence de Lily Gladstone pourrait presque envisager son avenir s’il n’avait déjà 81 ans… (1)

Avec ce film, une nouveauté tout de même : d’une certaine façon, Scorsese intègre des éléments du western qu’il mêle avec un univers plus fréquent chez lui, les gangsters.

Western parce que nous retrouvons les grands espaces et une lutte entre le Bien (les Osages) et le Mal (les Blancs). Et si nous n’avons pas un duel aux revolvers au soleil (levant ou couchant), nous en avons tout de même un entre les deux hommes dont un seul sortira vainqueur.

Et comme nous sommes chez Scorsese, ne vous attendez pas à une fin glorieuse pour le héros : il ne terminera pas plus haut qu’il n’était au départ.

 

La première force du film, c’est avant tout son intrigue : une histoire authentique avec un peuple indien opprimé, trompé, voire éliminé. Et des Blancs d’une incroyable méchanceté, mais toujours à la manière de Scorsese : avec beaucoup de religion et de famille. Ce dernier élément étant le moteur de Hale qui est prêt à tout pour arriver à ses fins. Et ses pratiques n’ont rien à envier à celle de Paulie (Paul Sorvino) & C° dans Goodfellas. Et si Joe Pesci n’est pas là – l’âge, que voulez-vous – Scott Shepherd (Byron Burkhart) est un substitut plus qu’honorable, la frénésie en moins, cela va de soi.

De plus, Scorsese insiste sur l’inexorabilité du sort des Osages, montrant le chemin de fer qui amène toujours plus de Blancs qui viennent travailler dans les concessions dont les propriétaires ont tendance à pâlir… Ceci couplé avec une utilisation intelligente du temps : en tant qu’immense cinéphile, il va utiliser le cinéma de Fairfax pour montrer le temps qui passe. Les premiers films d’actualité qu’on voit sont bien sûr muets puis tout d’un coup, des paroles se font entendre : nous sommes après 1927.

Et cette utilisation du cinéma permet aussi une première transition brillante : les actus montrées sur l’écran du cinéma laissent place naturellement à la réalité de l’intrigue, et quand Ernest est identifié par les spectateurs (tout le monde connaît Leonardo, ou presque), la couleur s’installe en même temps.

On va retrouver plusieurs de ces magnifiques transitions tout au long du film : saluons au passage le travail de montage de Thelma Schoonmaker.

Soulignons aussi le travail de Rodrigo Prieto derrière la caméra : c’est superbe, en particulier l’incendie accidentel du champ de pétrole de Hale.

 

Quant à l’interprétation, elle est à un très très haut niveau, en particulier (comme déjà dit) Lily Gladstone qui donne une authenticité _incroyable à cette femme torturée par ces Blancs sans scrupule. Là encore, on mettra en exergue sa dernière rencontre avec DiCaprio, où son visage est tout.

Bien sûr, DeNiro est impeccable mais pas au sens premier du terme : il est un salaud magnifique doublé d’un hypocrite talentueux. Je rejoins l’avis de mon ami Jean B. qui me disait que les acteurs, en vieillissant, rejoignent le côté obscur. C’est le cas ici de DeNiro, mais c’est aussi un début pour Leonardo qui reste tout de même plus une victime – de la rouerie de son oncle – qu’un véritable bourreau. Encore que…Le problème d’Ernest, c’est que c’est avant tout un imbécile facilement influençable et manipulable. Il y a dans ce personnage autant d’intelligence que chez Travis Bile (Robert DeNiro, tiens, tiens…) dans Taxi Driver, même si le contexte est différent.

 

Et puisqu’on en est aux références, une petite dernière : Raging Bull. Je ne vous dis pas où. Vous chercherez, et bien entendu trouverez !

 

PS : vous avez remarqué que le générique de fin ne comporte aucune musique, seulement des sons naturels. Et parmi eux, un rappel de ce que nous avons vu...

 

  1. Ne nous emballons pas : Eastwood a 93 ans et il n’a pas encore sorti son dernier film (attention, il arrive bientôt !) : 12 ans, l’espoir reste donc permis !
William « King » Hale (1874-1962)

William « King » Hale (1874-1962)

Ernest Burkhart (1892-1986)

Ernest Burkhart (1892-1986)

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