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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

western

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Curtiz
La Piste de Santa Fé (Santa Fe Trail - Michael Curtiz, 1940)

2 décembre 1859 : John Brown (Raymond « Jonathan Brewster » Massey) est pendu à Charles Town, Virginie.

Revenons cinq ans plus tôt, en 1854 : Jeb Stuart (Errol Flynn), George Custer (Ronald Reagan) et cinq autre cadets sont diplômés de West Point. Comme ils sont un tantinet indisciplinés, ils vont être muté dans l’endroit le plus dangereux du pays, à Fort Leavenworth, dans le Kansas. Dans ce qu’on a appelé le « Kansas Sanglant » (Bleeding Kansas), dominé par les affrontements violents entre abolitionnistes – derrière John Brown – et esclavagistes.

Une fois Brown défait, tous repartent vers l’Est, promus.

Mais Brown repart à l’assaut, et l’ultime affrontement aura lieu à Harper’s Ferry (Virginie) : c’est suite à ce dernier combat que Brown sera arrêté, jugé et condamné à mort.

Le combat de Brown ne s’arrêtera pas là puisque deux ans plus tard, la Guerre de Sécession va commencer.

 

Nous sommes donc à la toute fin des années 1930 et le Sud conserve son aspect nostalgique voire romantique comme cela fut montré l’année passée avec l’admirable fresque adaptée de Margaret Mitchell. Mais ici, nous sommes très loin de ce Sud de carte postale : c’est une vraie guerre que mène Brown contre l’Union, pour des raisons opposées à celles de Davis et Lee plus tard.

Et comme nous sommes dans un western, les différences sont marquées : le manichéisme triomphe. Et le méchant, ici, c’est John Brown, et par extension, les abolitionnistes. Ce qui fait que plus de 80 ans après, le propos laisse un goût amer au spectateur. Habitués que nous sommes à célébrer les héros, il devient ambigu de prendre partie pour ces hommes dont une bonne partie est esclavagiste. Seul Custer tire son épingle du jeu, ayant des sympathies abolitionnistes. Mais là encore, on sait comment il finira, et lui non plus ne fut pas spécialement un grand humaniste.

 

C’est donc un film mitigé que nous propose ici Michael Curtiz – ce n’est pas son meilleurs, d’ailleurs – qui voit son couple vedette Errol Flynn – Olivia de Havilland (« Kit Carson » Holliday) Holliday se retrouver pour l’avant-dernière fois. Mais il s’entoure aussi de quelques valeurs sûres : Alan Hale (Tex Bell) et Guinn « Big Boy » Williams (Windy Brody) sont de l’aventure (dans tous les sens du terme, et à nouveau ils apportent la touche comique nécessaire à cette histoire somme toute tragique et surtout très violente : on ne compte plus le nombre de morts par balle dans les différents échanges de coups de feu.

Et puis aussi de jeunes acteurs qui n’ont pas encore la notoriété qui les attend : outre Reagan, on reconnaît Van Heflin (Carl Rader) dans un rôle lui aussi mitigé. Et en cherchant bien, on retrouve aussi deux transfuges fordiens : Ward Bond (Townley) et Russell Simpson (Shubel Morgan).

Mais malgré tout, c’est bien Raymond Massey qui éclate dans ce film. Il est un John Brown exalté et donc proche de la folie, sûr de son fait et de son triomphe. Et Curtiz, grâce au scénario de Robert Buckner, en fait un méchant redoutable : il va jusqu’au bout de ses idées et n’hésite pas à jouer des poings voire de la gâchette (froidement) quand nécessaire. Il est un ennemi à la hauteur de ceux qu’on va mettre dans le camp des gentils.

 

Pour le reste, Curtiz déroule et fait la part belle à Flynn et consort. Certes, le scénario prend beaucoup de liberté par rapport à l’histoire, mais c’est pour les besoins de l’intrigue, et puis c’est bien connu, au cinéma tout est permis ! Même de jouer avec les dates.

Les séquences d’action sont toujours aussi spectaculaires et le dernier assaut contre les hommes de John Brown est inoubliable.

C’est du grand spectacle qui nous fait – heureusement – oublier l’ambiguïté de l’intrigue pour nous plonger au cœur de l’action.

L’année suivante, Errol Flynn et Olivia de Havilland seront réunis en dernière fois à l’écran : ce sera La Charge fantastique, où Flynn interprétera le rôle de… Custer !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #James Edward Grant, #John Wayne
L'Ange et le mauvais garçon (Angel and the Badman - James Edward Grant, 1947)

L’Ange, c’est Penelope «  Penny » Worth (Gail Russell), issue d’une famille de quakers de Pennsylvanie : une fille de paysans qui vivent du côté de Monument Valley.

Le mauvais garçon, c’est Quirt Evans (John Wayne), bandit de grand chemin notoire, pistolero inégalé et cible du shérif McClintock (Harry Carey) qui n’attend qu’un faux pas pour le pendre. Il est aussi la cible de la bande de Laredo Stevens (Bruce « Driscoll » Cabot) qui aimerait bien se débarrasser de ce concurrent.

Mais le Destin veille et amène Quirt, blessé chez les Worth. Ils le soignent et lui procure une autre façon de penser la vie, basée sur la religion. Et en plus, comme Penelope est très belle, il tombe amoureux d’elle…

 

C’est un western somme toute sympathique qui nous est proposé là, avec bien entendu l’immense star Wayne qui s’offre une escapade ailleurs que chez Ford, même si Monument Valley est proche. Autre acteur fordien, Harry Carey apparaît ici dans l’un de ses dernier rôles : il mourra quelques mois plus tard.

Et comme nous sommes dans un western, James Edward Grant nous régale : grands espaces, bagarre dans un saloon et duel final sont au programme, même si la fin – prévisible – peut être décevante.

Mais surtout, ce qui manque ici, c’est de l’action !

Si au début Quirt est blessé et doit garder la chambre, la suite ne nous montre pas vraiment toutes ses capacités. Certes, l’histoire d’amour est centrale, mais on aurait pu avoir un petit peu plus d’animation. Nous en avons tout de même avec la fameuse bagarre ainsi que la poursuite et l’attaque des troupeau. Mais sur près de 100 minutes que dure le film, ça ne fait pas beaucoup.

 

Et il manque un point essentiel du personnage : sa rapidité au revolver.

Dès les premières séquences, nous apprenons que Quirt est le plus rapide du territoire, mais à aucun moment du film – je dis bien à aucun moment – il ne fait feu. Il a très souvent l’arme à la main (pour dormir, entre autre) mais ne tire jamais ! Encore une fois, au début, il ne peut pas : son revolver est vide, mais ensuite, ce n’est plus le cas !

Mais cette absence de coups de feu de sa part nous permet d’assister à une résolution du duel final plutôt inattendu. Certes, les méchants (Laredo et ses acolytes) sont punis, mais pas comme on aurait pu l’imaginer…

 

Quoi qu’il en soit, on suit avec intérêt cet énième western où Wayne se retrouve à nouveau dans la peau d’un bandit repenti, comme dix ans plus tôt dans le légendaire Stagecoach. On tremble, on s’amuse… Bref, on est au cinéma. Et si Grant n’a pas l’envergure d’un Ford ou d’un Hawks, son film n’en demeure pas moins une curiosité qui vaut le détour, où, près de quarante ans avant Peter Weir, un homme se retrouve plongé dans un univers qui lui est absolument étranger : pensez donc, il n’y a pas d’arme !

Mais alors que John Book (Witness) retourne à sa vie, Quirt, lui, choisit la jeune femme et va donc devenir fermier.

 

John Wayne, un fermier ?

Ben oui, au cinéma, tout est possible !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Marlon Brando
La Vengeance aux deux visages (One-eyed Jacks - Marlon Brando, 1961)

Ils sont deux, coincés au sommet d’une sierra : « Kid » Rio (Marlon Brando) et Dad Longworth (Karl « Big Nose » Malden). L’un des deux doit trouver une nouvelle monture pour permettre aux eux de fuir. C’est Dad qui gagne le tirage au sort. Il laisse donc son Kid et descend l’autre versant. Il trouve des chevaux, mais l’appât du gain est trop fort : il abandonne Kid à on sort et part avec le butin dérobé à la banque.

Cinq ans plus tard, Kid Rio arrive à Monterey, accompagné de Chico Modesto (Larry Duran), avec qui il s’est enfui du pénitencier.

A Monterey, il y a aussi une belle banque.

Mais surtout, il y a un shérif : Dad Longworth…

 

Chaotique.

C’est ainsi qu’on pourrait qualifier le seul film réalisé par Marlon Brando. Chaotique dans sa conception, et aussi dans son exploitation : un four. Donc, tous les ingrédients sont réunis pour en faire un film maudit, et par conséquent culte.

C’est le cas. Et quel film ! Absolument magnifique, et surtout inoubliable. Bien entendu, Marlon Brando est phénoménal. Comme d’habitude. Mais pas seulement lui. Karl Malden, qu’il retrouve à nouveau, est lui aussi à la hauteur de l’événement, tout comme la belle Katy Jurado (Maria Longworth), et bien entendu Pina Pellicer (Louisa). Sans oublier Slim « Hollis Wood » Pickens (Lon Dedrick), personnage d’une veulerie rare. Par contre j’allais oublier un vétéran du genre : Ben Johnson (Bob Amory), à contre emploi de ce qu’il avait l’habitude de faire chez John Ford.

 

Bref, c’est un western crépusculaire de toute beauté, donnant à Brando une occasion de se distinguer autrement : malheureusement pour lui – et donc pour nous – il ne renouvellera pas l’expérience…

Brando tourne ici avec les codes du western – grands espaces, duel aux revolvers, vengeance (etc.) – mais dans une optique qui sera très vite reprise par certains réalisateurs italiens dans les années qui vont suivre : si Brando reste Brando et conserve son charme légendaire, certains protagonistes n’ont pas la même chance. C’est donc le cas de Ben Johnson qui troque sa belle gueule aux yeux bleus pour un visage négligé, voire hirsute qu’on n’attendait pas. Et de manière générale, les personnages du film ne sont pas à proprement parler « beaux ».

 

Et surtout, d’un point de vue moral, on s’éloigne du manichéisme ambiant, voire on inverse les rôles. Kid Rio est le préféré du spectateur alors qu’il n’est rien d’autre qu’un pilleur de banques. Et celui qui représente la loi, Longworth, recueille beaucoup moins les faveurs du public : il faut dire que nous savons ce qu’il a fait, et ce manquement à l’honneur ne nous permet pas de le considérer comme un « gentil ».

Et puisqu’on en est aux caractères, outre Dad, deux autres « méchants » se démarquent : Bob Amory (sa moralité est du même niveau que son apparence, et en plus il tue de sang-froid) et l’adjoint Dedrick. Ce dernier est certainement celui qu’on a le plus de plaisir à détester – preuve d’une certaine réussite du personnage (1).

De plus, Kid Rio s’en sort alors qu’il est un criminel patenté ! Mais n’oublions pas que Brando ne pouvait pas interpréter un vrai méchant, alors si Rio s’en sort, ce n’est pas grave.

 

Au final, c’est un joli coup d’essai que réalise ici Brando, donnant à son western des teintes crépusculaires magnifiquement servies par les prises de vue de Charles Lang. De plus, avoir situé l’intrigue à Monterey nous permet d’admirer l’Océan Pacifique dans toute sa plénitude : les plans proposés sont superbes, et en parfaite adéquation avec le film. Et surtout, il est rare de voir la mer dans un western !

Et je ne résiste pas à en rajouter un peu :

Il y a une dimension freudienne dans le film – merci à Dave Kehr de l’avoir relevée – entre Dad (« papa », donc, en bon français), et son gamin (« Kid »). Et cette relation aboutit inévitablement à la mort du père qui permet au fils de grandir. Sauf que là, la mort est physique, et surtout Rio n’est pas son fils !

 

  1. Et donc du film !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Chris Sanders
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - Chris Sanders, 2020)

Buck est de retour !

Et cette fois-ci, il ressemble vraiment à celui qui fut décrit par Jack London : un croisement de saint-bernard avec un berger écossais (le chien !). Tout de suite, c’est un chien qui en impose et on comprend plus facilement comment un tel chien peut tracter un traîneau chargé d’une tonne de matériel.

Sauf qu’ici, pas de pari insensé : Buck  est un chien de traîneau et puis c’est tout.

Mais reprenons. Le chien est donc enlevé à son maître le juge Miller (Bradley Whitford) et envoyé dans le Nord afin qu’il rejoigne le Yukon. En chemin, il rencontre un vieil homme qui fruit la civilisation, John Thornton (Harrison « Indiana Jones » Ford).

Après avoir été livreur de courrier avec Perrault (Omar Sy) et Françoise (Cara Gee), il est acheté par Mercedes (Karen Gillan), son mari (Colin Woodell) et surtout son frère Hal (Dan Stevens). Ce dernier est le véritable méchant de l’intrigue.

Finalement, Buck se retrouve avec Thornton, mais ne peut résister à l’appel de la forêt, surtout quand il se présente sous la forme d’une jolie louve blanche.

 

Dernière adaptation en date (la 4ème au cinéma), elle se démarque des autres par une multitude de décors à couper le souffle (merci le numérique), et une utilisation – raisonnée – de ce même numérique pour créer ce chien étonnant. C’est très beau et surtout, il n’y a aucun problème pour que le chien fasse ce qu’on lui demande !

Quoi qu’il en soit, Chris Sanders adopte le plus possible le point de vue du chien et on va suivre – avec plaisir encore une fois – les différentes péripéties qui vont au final le ramener à la nature.

Mais alors que le film d’Annakin (1972) insistait sur la rudesse des personnages et des lieux, celui de Sanders est un véritable produit de son époque, avec surtout en public « ciblé » la famille. La violence est limitée et les traces de mort – animaux et humains tombés sur le chemin de ce nouvel eldorado – ont tendance à être gommées. De même, la façon de filmer les chiens quand ils participent à la tournée postale relève plus d’un film Disney (1) que d’un film réaliste : il ne leur manque que la parole !

De même la violence entre le chien Spitz et les autres n’apparaît pratiquement plus : seul un affrontement entre lui et Buck subsiste. Et de cet affrontement, s’ensuit le départ de Spitz, vaincu.

 

Et avec ce resserrement sur le chien, le film a tendance à perdre en réalisme. Certes, les séquences avec Thornton sont les plus intéressantes et les mieux développées, mais ce qui faisait le charme du film d’Annakin a disparu. Et le monde des hommes est réduit à sa plus simple expression.

Autre élément peu vraisemblable : la présence de Perrault comme employé de la poste. En effet, on a du mal à croire qu’un homme noir ait une telle responsabilité à cette époque (fin du XIXème siècle), et accompagné d’une Indienne.

Mais nous sommes au cinéma, alors tout est permis (2).

Dernier élément qui inscrit le film dans notre époque actuelle : les Indiens qui tuent Thornton ont totalement disparu (3) et c’est l’infâme Hal qui tue le gentil vieil homme.

 

Malgré tout cela, le film se laisse regarder avec plaisir et ce chien est encore meilleur que le Buck 1972 : normal, il n’existe pas.

C’est bien connu, la perfection n’existe pas…

 

  1. Normal, la firme D. a racheté la Fox.
  2. Et puis il y a le cahier des charges du film…
  3. Plus politiquement correct.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Ken Annakin
L'Appel de la forêt (The Call of the wild - Ken Annakin, 1972)

Buck (dans son propre rôle), est un chien de maison, enlevé par un serviteur peu scrupuleux et vendu à un négociant. Toujours est-il qu’il se retrouve à Seattle, en route pour l’Alaska et surtout le Klondike, où se dirigent John Thornton (Charlton « Ben Hur » Heston) et son acolyte Pete (Raymond « Michel Strogoff » Harmstorf) : on y a trouvé de l’or !

Si Pete est attiré par le métal précieux, il en va tout autrement de John qui ne cède pas à cette fièvre.

Mais, loin de ces considérations trop humaines, Buck est appelé par la nature sauvage qui l’entoure : répondra-t-il à cet appel de la forêt ?

La séquence d’ouverture ne nous laisse aucun doute quand à sa réponse : il est déjà retourné à la nature, dirigeant une meute de loups. Mais ce qui intéresse Ken Annakin, c’est de nous montrer comment il y est parvenu, à travers des péripéties plus ou moins violentes, où nombre de chercheurs d’or perdront la vie, et pas toujours à cause du froid.

 

C’est un drôle de western que nous propose ici Ken Annakin : nature sauvage, paysages somptueux et Indiens agressifs sont de la partie, mais force reste au chien, véritable témoin de cette histoire.

A la différence de la version précédente (avec Clark Gable dans le rôle de Thornton), Annakin reste plus fidèle au livre, même s’il ne peut s’empêcher, à son tour, d’insérer un personnage féminin de premier plan : Calliope Laurent (Michèle « Angélique » Mercier).

Ce personnage n’est pas indispensable, certes, mais il ajoute une touche féminine appréciable, et revoir la belle Michèle est tout de même un plaisir. Et bien entendu, Calliope est séduite par le ténébreux John Thornton…

 

Autant le dire tout de suite, je préfère la version de Wellman, même (surtout ?) si elle s’éloigne du roman original. La distribution internationale obligeant à présenter une version doublée – seul Heston parle vraiment anglais ! – qui peut agacer à la longue (c’est le cas pour moi).

Quoi qu’il en soit, la recréation de cet épisode aurifère est très certainement l’élément le plus intéressant du film, avec certaines séquences qui suivent le chien-loup retourner progressivement à la nature. En effet, même si le film fut tourné en Europe (du nord, surtout), on retrouve tout de même des images issues de cette ruée vers l’or : la passe de Chilkoot (1), avec cette ligne ininterrompue de prospecteurs qui s’essaient à la franchir, ou encore la ville champignon de Dawson qui évolue, la toile des murs, synonyme d’état temporaire, laissant la place au bois, première étape de la pérennité de cette ville.

 

Au final, si ce film n’est pas extraordinaire, il n’en demeure pas moins une adaptation honnête du roman de Jack London, où le chien Buck est un très bon interprète : il en volerait la vedette à Heston !

C’est peut-être la raison inavouée pour laquelle ce dernier n’aimait absolument pas ce film… (2)

 

  1. Sans le Vagabond !
  2. Bien sûr que non.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Justice, #John Ford
Le Sergent noir (Sergeant Rutledge - John Ford, 1960)

Ce sergent noir, c’est Braxton Rutledge (Woody Strode), un soldat de la cavalerie des Etats-Unis d’Amérique.

Il est accusé du viol et du meurtre de la jeune Lucy Dabney (Toby Michaels) ainsi que de son père (meurtre seulement). Circonstance aggravante : on l’a vu fuir le fort après les coups de feu. Si le juge, le colonel Fosgate (Willis Bouchey) est impartial et attend des débats que la vérité sorte, le procureur Shattuck (Carleton Young) est persuadé de la culpabilité de Rutledge : viol et meurtre d’une femme blanche par un homme noir sont les seuls ingrédients qui motivent ses interventions.

Heureusement, Rutledge est défendu par Tom Cantrell (Jeffrey Hunter), convaincu lui, de son innocence.

 

Encore une fois, John Ford tue quelques Indiens, mais on pourrait presque dire que c’est pour la bonne cause : ce n’est pas par hasard que son personnage titulaire est noir. Quand le film sort, la bataille pour les Droits Civiques fait rage aux Etats-Unis, et Ford a choisi son camp, celui de Rutledge. Dès lors, le procureur devient l’autre méchant du film, après le véritable coupable (1) des faits. Chacune de ses interventions sont bien sûr orientées mais surtout marquées d’un racisme latent qui va s’exprimer pendant la plaidoirie. On ne peut décemment pas soutenir ses différents arguments.

De son côté, Cantrell gagne très rapidement la sympathie du spectateur, tout comme la belle Mary Beecher (Constance Towers) : Rutledge n’est pas la brute violente que voudrait le procureur. Et d’une manière générale, leur attitude à tous les deux envers les soldats noirs est exemplaire, ce qui se confirme lors de la dernière séquence.

 

Et bien sûr, comme nous sommes chez John Ford, le contexte a une grande importance. Certes, on n’y danse pas, mais on sent tout de même une communauté soudée où les Noirs sont acceptés, même si c’est parfois du bout des lèvres…

On y retrouve tous les détails amusants qui émaillent les films fordiens : le whisky, bien entendu, mais aussi la truculence habituelle qui s’exprime dans la bonne humeur, même à un procès de court martiale : les recommandations du juge au public vont pleinement dans ce sens.

Bien entendu, même si le propos est grave, cela n’empêche pas les saillies comiques habituelles, détendant une atmosphère tout de même bien lourde.

Et encore une fois, on retrouve l’un des éléments les plus caractéristiques du réalisateur, la femme forte. Ici, c’est bien de Mary Beecher qu’il s’agit. Si elle sait tricoter – ce qu’elle fait quand elle rencontre Cantrell – elle sait aussi jouer du revolver ! Et surtout, elle ne se laisse pas dicter sa conduite par ce même Cantrell, même si elle demeure très attachée à lui.

 

Et Ford nous emmène à nouveau dans un de ses lieux privilégiés : Monument Valley. Son régiment de soldats noirs maintient la paix (à coup de fusil, bien entendu) avec les Indiens dans ce lieu grandiose, caractéristique au western. Et comme l’intrigue se situe en Arizona, le lieu devient on ne peut plus pertinent.

Et pourtant, ce n’était pas gagné : l’intrigue principale se situe dans un prétoire !

Mais le cinéma permet tout, et surtout d’en sortir (du prétoire) pour illustrer les différents témoignages, en baissant la lumière d’abord, puis en changeant totalement de plan et d’éclairage.

Le tout bien entendu avec quelques rares habitués : si Ward Bond n’apparaît pas, c’est peut-être parce qu’il ne peut plus (il mourra six mois après la sortie du film), par contre Jack Pennick (le sergent du tribunal) est fidèle au poste et a même quelques répliques.

 

Et Ford nous gratifie même d’un twist final, concernant le coupable, amenant le tribunal – et même le procureur – à la vérité concernant les actes criminels incriminés.

Bref, Patrick Brion aura beau penser que ce n’est pas un de ses meilleurs westerns, le fait est que ce Sergent noir se regarde avec beaucoup de plaisir et met réellement en avant celui qui sera Draba (Spartacus) quelques mois plus tard : Woody Strode.

 

  1. Vous imaginez bien que Rutledge n’est pas coupable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Cecil B. DeMille
Pacific Express (Union Pacific -Cecil B. DeMille, 1939)

Pour les petits Français que nous sommes, et surtout ceux de 1940 (1), la compagnie Union Pacific (UP) ne veut pas dire grand-chose, alors mes amis traducteurs ont jugé préférable de garder le terme Pacific et de lui accoler un terme plus parleur et un brin racoleur, Express. Pourtant les engins que nous voyons arpenter ma voie ferrée ne sont pas spécialement rapides, puisque les chevaux vont plus vites qu’eux !

Quoi qu’il en soit, la UP est donc la compagnie qui se chargea d’amener le train vers l’Ouest, pendant que la Central Pacific l’amenait vers l’Est, pour se rencontrer à Ogden – au début – ou plutôt à Promontory Point lieu mythique de rencontre des deux locomotives, ce lundi 10 mai 1869. C’est d’ailleurs le même clou que 70 ans plus tôt qui a servi à la jonction…

Bref, après les légendes de l’Ouest Calamity Jane (Jean Arthur) et Wild Bill Hickock (Gary Cooper) dans The Plainsman, voici l’épopée du chemin de fer, quinze ans après le chef-d’œuvre de John Ford, Le Cheval de fer.

Et il est clair que non seulement DeMille a vu le film de Ford, mais surtout qu’il a beaucoup aimé le microcosme créé par cet autre maître du cinéma. Mais nous sommes chez DeMille et l’ambiance familiale qui règne chez Ford ne se retrouve pas ici. Même s’il y a tout de même beaucoup d’Irlandais !

 

Lincoln est donc mort mais son vœu perdure : le chemin de fer va continuer. Bien entendu, cela ne plaît pas à tout le monde, et en particulier à Asa M. Barrows (Henry Kolker) qui mise sur la Central. Il va donc engager un desperado pour l’aider à saboter l’avancée de l’UP. C’est Sid Campeau (Brian Donlevy, spécialiste des rôles de méchant) qui va s’en charger, amenant avec le train des sources de plaisir qui vont fortement ralentir la progression.

Le général Dodge (Francis McDonald) fait alors appel à Jeff « Bucko » Butler (Joel McCrea) pour « sécuriser la ligne », comme on dit de nos jours. En clair : se débarrasser des voyous – et donc de Campeau – par tous les moyens possibles, définitivement s’il n’y a pas d’autre choix.

Mais le second de Campeau n’est autre que l’ancien frère d’armes (la Guerre Civile s’est arrêtée peu de temps auparavant) de Bucko, Dick Allen (Robert Preston).

En prime, Allen est amoureux de  Mollie Monahan (Barbara Stanwick), la fille du conducteur de la locomotive (J.M. Kerrigan). Mais Mollie n’a d’yeux que pour Jeff…

 

Ce nouveau retour au western de DeMille est encore plus brillant que le précédent. Il faut dire que Cecil réussit ici un film parfaitement équilibré : entre l’épopée historique, la comédie et l’inévitable tragédie, le tout mâtiné des codes du western, c’est un régal que de passer ces 135 minutes le long de la voie ferrée. Nous avons même droit au duel final qui, s’il ne se passe pas au (ou sous le) soleil, reste tout de même un duel marquant avec une résolution presque inattendue !

Comme nous sommes chez DeMille, et malgré le résumé ci-dessus, c’est encore une fois la femme qui tient le haut de l’affiche. Et Barbara Stanwick prend son plus bel accent irlandais pour camper cette jeune femme un tantinet délurée, dont le seul intérêt reste le chemin de fer : normal, c’est dessus qu’elle a grandi !

Alors oui, Joel McCrea et Robert Preston sont une très belle garde d’honneur pour elle, mais elle demeure l’élément central de l’intrigue, relançant à chaque fois cette dernière pour arriver à cette fin, attendue, certes, mais tellement logique.

 

Parce que de nouveau, DeMille, à l’instar de Dick Allen, ce joueur invétéré, sort de sa manche la carte inévitable (elle aussi) de la rédemption. C’est d’ailleurs ce même Dick Allen qui va en profiter : normal, il en avait bien besoin. De toute façon, Campeau est irrécupérable, et comme c’est Brian Donlevy, on n’est pas étonné, encore une fois, de lui voir faire les frais de ce salut (moral) final.

D’ailleurs, Donlevy est encore une fois à la hauteur de l’enjeu, annonçant (toujours) le personnage de Bradwell dans Le Fil qui chante de Morris & Goscinny.

Mais là ne s’arrête pas l’évocation des bandes dessinées. En effet, la première aventure de Lucky Luke scénarisée par René Goscinny avait pour thème l’évolution de la ligne de chemin de fer de la UP. Et le cow-boy solitaire n’est pas sans rappeler Bucko Butler, l’amour de la femme en moins, cela va soi. Même l’intrigue de album reprend certains éléments du film, dont le personnage qui enfonce le clou, le presque infâme Barrows.

 

Mais DeMille épargne ce commanditaire peu scrupuleux grâce à une formidable trouvaille : un duo de choc qui va épauler le justicier : Leach Overmille (Lynne Overmann – tu parles d’un nom de personnage !) et Fiesta (Akim Tamiroff). Ils sont absolument dissemblables mais totalement inséparables, se complétant à la perfection dans leurs rôles de seconds du chef. Et si Fiesta est plutôt le comique des deux larrons, il n’en demeure pas moins dangereux et craint.

Et ce duo – improbable – me ramène encore une fois à la bande dessinée : ne cherchez pas plus loin les modèles de Redi Neck et McClure, les deux acolytes de Blueberry (de Gir et Charlier) : ils sont là. Et l’analogie est d’autant plus forte que les deux partenaires de Blueberry lui sauvent la mise plus d’une fois !

 

Bref, avec ce western, DeMille nous montre toute l’étendue de son talent du genre, secondé par une distribution magnifique pour nous faire revivre un moment historique et rassembleur des Etats-Unis. Et ça tombe bien, parce que les nuages s’assombrissent en cette fin de décennie : l’Amérique – enfin une grosse partie des Etats du Nord du continent – ont bien besoin de se sentir « unis » et de mériter cette appellation !

 

  1. Le film est sorti l’année suivante en France…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Christopher Cain
Young Guns (Christopher Cain, 1988)

Ils sont six.

Ils sont jeunes.

Ils sont (presque tous) beaux.

Et ils savent manier le revolver.

Mais ces drôles de pistolets ont un autre point commun : John Tunstall (Terence Stamp).

John Tunstall (1953-1878) les a sortis de leur situation – misérable – et leur a proposé à tous de travailler sur son exploitation. En plus, il les a éduqués et leur propose donc une chose qu’ils pensaient ne jamais avoir : un avenir.

Malheureusement, Tunstall est seul face au « cartel » dirigé par Lawrence G. Murphy (Jack Palance) : ce dernier fait abattre Tunstall, déclenchant alors la guerre de Lincoln qui verra le cartel tenter d’éliminer cette bandes de jeunes pistoleros qui ne rêvent que de venger leur bienfaiteur.

 

Comme toujours, c’est alors qu’on croit le western agonisant qu’il revient en force (1). D’autant plus que Christopher Cain reprend l’un des personnages les plus mythiques du genre : William H. Bonney, plus connu sous le pseudonyme de Billy the Kid (Emilio Estevez). Mais Cain – nous sommes au cinéma, ne l’oubliez pas – reprend, avec l’aide de John Fusco (au scénario), cette histoire déjà bien adaptée au cinéma, les personnages – dont l’inévitable Pat Garrett (Patrick Wayne, le fils de) – et les lieux de cette histoire véridique, la modifiant juste assez pour en faire une nouvelle légende de l’Ouest.

Et encore une fois, le spectateur se range (presque toujours) du côté de Billy, malgré certaines fêlures apparentes qui se développent. Parce que, qu’on le veuille ou non, Billy the Kid est un psychopathe notoire, et pour lui, tuer est une activité comme une autre, surtout qu’elle a une base sinon légale, tout du moins légitime. A ses côtés, Cain nous montre une bande de jeunes garçons perdus, et encore plus avec l’assassinat de leur mentor.

 

Et ces jeunes gens ne sont pas tous du calibre du Kid. De l’autre côté, nous trouvons Richard « Dick » Brewer (Charlie Sheen, le frère d’Emilio !) et Doc (Kiefer « Jack Bauer » Sutherland), plus raisonnables et modérés. Et au milieu, Charlie Bowdre (Casey Siemaszko) et « Dirty Steve » Stephens (Dermot Mulroney).

Si vous avez bien compté, nous en sommes à cinq. En effet, il reste Chavez (Lou Diamond « Ritchie Valens » Philips), métis indo-mexicain, dont la culture et les motivations sont autres. Son statut de métis est d’ailleurs (un peu) exploité, surtout dans ses rapports avec Stephens (un tantinet raciste), rappelant l’instabilité et surtout la méfiance vis-à-vis de ces personnes qu’on avait tendance à considérer comme « impures » (2).

Pourtant, même si Billy est le personnage central de l’intrigue, Chavez en est l’élément indispensable : c’est lui qui, à  chaque fois, va permettre à ces « jeunes gâchettes » (1), de s’en sortir, toujours de façon spectaculaire.

 

Bref, Cain dirige avec bonheur – et maîtrise – sa « bande de jeunes », et revisite à son tour cette histoire archiconnue. Et comme nous sommes au cinéma, il prend des libertés avec la vérité historique pour en faire une réalité spectaculaire.

Et comme nous sommes dans un vrai western, nous avons droit au duel final entre le héros (Billy) et son pendant méchant (Murphy).

Par contre, comme le western s’est modernisé, les règles ont évolué et ce duel est un petit peu différent.

Je ne vous donnerai pas l’issue de ce duel, mais sachez que Murphy est mort d’un cancer à Santa Fe. Quant à Billy, c’est toujours le 14 juillet 1881 qu’il a été tué. Mais ceci est une autre (véridique) histoire…

 

  1. Né avec lui, c’est avec le cinéma qu’il mourra. PAS AVANT !
  2. On retrouve cette même notion dans la saga Harry Potter.
  3. Traduction possible du titre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Braquage, #Western, #Walter Hill
Extreme Prejudice (Walter Hill, 1987)

Vous prenez l’Agence-Tout-Risque (The A-Team, pour les puristes), vous y ajoutez une dose de Horde sauvage (The wild Bunch, pour les mêmes) et vous obtenez un film d’action spectaculaire… Mais pas que.

Nous sommes bien d’accord pour dire que les personnages de Walter Hill ne font pas dans la dentelle, mais on peut reconnaître une dimension – largement exploitée par Hollywood & les autres à propos de l’amitié entre un flic et un truand, mais à cela s’ajoute un trafic de drogue,  une situation frontalière et le commando d’ombres qui tiennent leurs promesses.

Mais reprenons.

 

Six hommes, emmenés par le commandant Hackett (Michael « Revok » Ironside), débarquent dans la petite ville (frontalière, donc) du shérif Hank Pearson (Rip « Z » Torn). Leur objectif : faire tomber le caïd de la drogue local, Cash Bailey (Powers Boothe). Un autre homme aimerait mettre un terme à ce trafic qui corrompt la petite ville : le Texas Ranger Jack Benteen (Nick Nolte), qui en plus considère le shérif comme son second père.

Le problème, pour Benteen), c’est que Cash Bailey est son ami de toujours, avec qui il a grandi et vécu ses premières expériences…

Avec en prime, une femme : Sarita (María Conchita Bustill). En plus d’être belle, elle fut la compagne de Cash avant d’être celle de Jack…

 

Walter Hill retrouve Nick Nolte, encore une fois policier, mais bien éloigné de celui de 48 heures : Jack est soigné, porte un chapeau qui semble vissé à sa tête, et a des remords quand il tue quelqu’un qui a mal tourné. Bref, nous sommes bien loin de l’autre Jack, Cates. Il rappelle un peu Guinn « Big Boy » Williams, autre acteur d’allure similaire.

Mais ce qui ressort de ce film, c’est un mélange heureux de plusieurs genres.

Le film policier bien évidemment, puisque l’intrigue tourne avant tout autour du trafic de Bailey et de son opposition avec la police.

A cela s’ajoute un aspect braquage de banque – avec la technologie un tantinet dépassée, bien entendu, de la fin des années 80 – orchestré par cette équipe de d’agents très spéciaux composée de gens décédés lors de conflits antérieurs (Vietnam, Honduras…). Leur présentation ouvre d’ailleurs le film, remettant en cause l’affiche du film : où est Nick Nolte ?

Et ces soldats de fortune, comme on pourrait les appeler n’ont pas les mêmes attributs que leurs cousins de l’Agence citée plus haut, ni, bien entendu, l’humour.

 

Troisième genre, et certainement pas le moindre à mon avis, le western.

L’allure de Benteen est, du fait de son statut, celle d’un cow-boy traditionnel pour qui la voiture a remplacé le cheval, mais l’arme – un pistolet avec plus que six balles dans le chargeur, il faut vivre avec son temps – à portée de main, sur le côté. EDE plus, nous retrouvons des paysages semi désertiques (Mexique & Texas) séparés par le mythique Rio Grande qui sont aussi le décor de fusillades nourries et très meurtrières.

Et bien sûr, le duel final entre les deux « frères ennemis » dont l’issue – inévitable – n’est pas si prévisible que ça : disons qu’on n’est plus chez Ford ou Hawks (etc.). De plus, le fait que ce règlement de comptes se situe au Mexique accentue la référence au film de Peckinpah (voir ci-dessus).

 

Alors avec tout ça, en plus d’une distribution fort honorable – il y a en plus Clancy « Kurgan » Brown (sergent McRose), mon préféré dans le commando – Hill réalise un film très honnête qui mérite franchement de s’y arrêter.

Et, bien sûr, d’y revenir !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Anthony Mann
La Ruée vers l'Ouest (Cimarron - Anthony Mann, 1960)

Presque trente ans après le film de Wesley Ruggles (1931), voici la version de Cimarron (roman d’Edna Ferber), par Anthony Mann.

Yancey Cravat (Glenn Ford) est toujours un aventurier, Sabra (Maria Schell) son épouse courageuse, et l’Oklahoma est toujours à découvrir quand s’ouvre le film.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, il s’agit avant tout d’une nouvelle adaptation, pas d’un remake.

Et Anthony Mann, une nouvelle fois, nous décrit un milieu de western où cette fois-ci la civilisation s’installe petit à petit.

 

Nous sommes lundi 22 avril 1889, et il est midi : les territoires de l’Oklahoma sont ouverts aux colons qui sont venus par milliers essayer d’acquérir gratuitement un emplacement de quelques hectares. Parmi eux, on trouve Yancey Cravat qui vient d’épouser Sabra : cette nouvelle aventure le tente. Mais les autres aussi guignent les meilleurs emplacements, telle Dixie (Anne Baxter) ou encore Matt Wyatt (Arthur O’Connell). Sans oublier les incontournables outlaws qui entendent bien profiter de l’endroit.

S’ensuivent vingt-cinq années qui ont marqué le pays et les gens, avec en final la première Guerre Mondiale.

 

Et les Indiens ? On n’en voit que trois : Ben et Arita Red Feather (Eddie & Dawn Littlesky) et leur fille Ruby. C’est d’ailleurs plutôt étonnant qu’il y ait aussi peu d’Indiens alors que la ville où résident les personnages principaux se nomme Osage, du nom de la tribu du lieu, et que Martin Scorsese nous a rappelé que ces Indiens ont beaucoup profité de l’or noir dont regorge cet état.

Il en est tout de même fait référence puisque Yancey est heureux d’annoncer que leurs terres sont elles aussi pétrolifères… Avec le résultat que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

Mais Cimarron, c’est avant tout un homme : Yancey Cravat, aventurier qui a exercé tous les métiers avant de se fixer auprès de Sabra. Mais même heureux en ménage, il ne peut pas rester en place : il faut qu’il agisse. Et c’est ce qu’il fait tout le temps, mais pas dans le sens où l’aurait souhaité cette même Sabra, allant jusqu’à le traiter d’égoïste. Et d’une certaine façon, il l’est, à force d’altruisme. Il s’occupe de tout le monde sauf de ses proches (sa femme et son fils réellement nommé Cimarron), luttant pour les droits des autres, intervenant dans les moments critiques (prise d’otage dans une école, entre autres).

Et celle qui l’a le mieux compris, c’est Dixie, mais ce n’est pas elle qu’il aime.

 

Bref, nous sommes dans un western différent, alors que le genre est en pleine évolution. Deux ans plus tard, Ford fera ses adieux au genre dans L’Homme qui tua Liberty Valance. Ici, Mann fait progressivement disparaître cet aspect sauvage où les pistoleros sont les plus forts. Et Yancey fut l’un d’eux, dans une autre vie.  Et cette autre vie, nous ne pouvons que la deviner : Yancey répète à Sabra qu’il lui expliquera plus tard, mais ne le fait jamais : pourtant, il y eut un avant où il a (peut-être) aimé Dixie, où il a été avocat, et que sais-je d’autre.

Avec Sabra, il s’est rangé. Mais les vieux réflexes n’ont pas disparu et il possède toujours une carabine à portée de main…

 

Fut-il un desperado comme le Cherokee King (Russ Tamblyn) ? Peut-être. J’aurai même tendance à penser « certainement », mais son attitude de défenseur des opprimés contredit cette hypothèse. Encore que… N’est-ce pas par rejet viscéral d’un passé entaché qu’il essaierait de gagner une éventuelle rédemption (1) ? Par contre, il y en a un qui la gagne, sa rédemption. Là encore, si ce n’est pas déjà fait, je vous laisse découvrir qui…

 

PS : Ruée sur l’Oklahoma de Morris et Goscinny prend pour cadre ce même épisode de la Conquête de l’Ouest. Mais avec Goscinny – et le personnage de Dopey – c’est, bien entendu, une tout autre histoire…

 

  1. N’oublions pas qu’il s’agit d’un film américain.

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