C’est une femme, Vivienne (Vicky Krieps), qui meurt. Son mari, Olsen (Viggo Mortensen) lui ferme les yeux et part avec son fils (Atlas Green).
Avec la mort de Vivienne, c’est la fin d’une extraordinaire histoire d’amour, commencée un peu avant la Guerre de Sécession, à San Francisco.
Ils se rencontrent, ils s’aiment, ils s’installent ensemble. Mais il part à la guerre et l’ignoble Weston Jeffries (Solly McLeod) en profite : il la viole, lui laissant un souvenir difficile à effacer : un fils.
Alors quand Olsen revient, l’histoire d’amour ne peut plus être la même…
Encore une fois, Viggo Mortensen confirme que quand un acteur passe de l’autre côté de la caméra, le film se concentre un peu plus sur les interprètes. Et si Mortensen est encore une fois impeccable, notre attention se porte immanquablement sur Vicky Krieps qui campe une femme de l’Ouest tout à fait singulière.
EN effet, le western est considéré – depuis longtemps – comme un milieu masculin où très peu de femmes ont de l’importance. Il y a eu Johnny Guitar, Jane got a Gun, et maintenant, il y a donc Jusqu’au Bout du monde. Vivienne est une femme forte comme on en trouve dans cet Ouest hollywoodien : volontaire, et surtout qui sait tenir un revolver.
Mais si on pense à ces femmes fortes qui ont émaillé les films des grands spécialistes du genre – Ford, Hawks, Walsh (etc.) – Mortensen ajoute un élément que ses prédécesseurs n’osaient envisager (code Hays oblige) : le viol. Et surtout le viol qui laisse une trace indélébile, la présence d’un enfant.
Pour le reste, nous sommes bel et bien dans un film du genre où nous retrouvons de magnifiques (et grands) espaces naturels, et surtout une forme de manichéisme, avec un méchant qui l’est pleinement (indispensable) et bien entendu un duel final qui, s’il n’a pas lieu au soleil couchant, demeure tout de même inévitable et résout logiquement l’intrigue.
Il faut dire que le personnage de Weston Jeffries est une magnifique ordure, arrivant même à dégoûter ceux de son camp, et en particulier son père (Garret Dillahunt). Bref, un méchant absolu, qu’on a, encore une fois, du plaisir à haïr.
Et Viggo Mortensen déroule, filmant en prenant son temps une histoire d’amour singulière, là où on ne l’attendait pas. Et à l’instar de nombre des ses personnages, on retrouve une grande délicatesse dans son travail. Mais cette délicatesse n’empêche toutefois pas la violence : si le viol n’est pas montré, nous avons toutefois droit à deux pendaisons et deux morts violentes dans la première partie du film. Sans oublier le duel final qui signe la mort inéluctable du méchant (bien fait ?).
Quoi qu’il en soit, Vivienne est mise en avant pour ce qu’elle est, une femme. Mais pas une femme des années 1860 : elle est plus moderne dans sa façon de penser. Malheureusement, les hommes, eux, sont restés dans la période choisie et elle va malheureusement en souffrir. Deux éléments masculins vont faire basculer sa vie : le départ à la guerre d’Olsen (il ne peut pas s’en empêcher) et bien sûr le viol. Parce que ce sont ces deux éléments qui vont modifier cette histoire d’amour et la vie de cette femme.
Et je n’aime pas charger la mule, mais si Olsen n’était pas parti à la guerre…
D’un autre côté, il n’y aurait pas de film ! Enfin pas ce film-là.
/image%2F1589176%2F20150507%2Fob_e5ab85_jihesse.png)
/image%2F1589176%2F20260809%2Fob_b1f10c_jusqu-au-bout-du-monde.png)
/image%2F1589176%2F20260712%2Fob_805c8d_piste-de-sante-fe-la.png)
/image%2F1589176%2F20260704%2Fob_c264c5_ange-et-le-mauvais-garcon-l.png)
/image%2F1589176%2F20260614%2Fob_8ec881_vengeance-aux-deux-visages-la.png)
/image%2F1589176%2F20260606%2Fob_77cd4c_appel-de-la-foret-l-2020.png)
/image%2F1589176%2F20260530%2Fob_87abeb_appel-de-la-foret-l.png)
/image%2F1589176%2F20260322%2Fob_54d3c6_sergent-noir-le.png)
/image%2F1589176%2F20250531%2Fob_6cf3e5_pacific-express.png)
/image%2F1589176%2F20250122%2Fob_066808_young-guns.png)
/image%2F1589176%2F20241130%2Fob_836541_extreme-prejudice.png)