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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #William Desmond Taylor
The Soul of youth (William Desmond Taylor, 1920)

C’est une histoire sordide qui s’ouvre : une jeune femme enceinte (Barbara Gurney) a décidé de vendre son enfant à une autre femme – Maggie (Betty Schade) – qui viendra le récupérer après la délivrance. Maggie prend livraison de l’enfant, et attend avec impatience le retour de son fiancé, le trouble Pete Moreno (Claude Payton). Ce dernier n’a que faire d’un enfant qui n’est pas à lui et chasse les deux de chez lui. Le bébé se retrouve alors à l’orphelinat où il devient rapidement le souffre-douleur des autres pensionnaires. Une nuit, n’y tenant plus, Ed (Lewis Sargent) – c’est ainsi qu’il a été baptisé – s’enfuit et se retrouve au centre d’une intrigue politique où Pete Moreno, à force de coups tordus, est en passe de se faire élire maire…

 

Réjouissant.

Si ce film de William Desmond Taylor est édifiant – on y traite de la délinquance juvénile et surtout de la possibilité de s’amender, pour peu qu’on en ait l’opportunité – il n’en demeure pas moins un grand film. A nouveau, il nous montre qu’il n’est pas étranger au monde de l’enfance (1), surtout qu’ici, il a de véritables enfants à sa disposition dans les rôles principaux, et en particulier Lewis Sargent (encore 16 ans quand le film sort) qui campe un Ed très juste. A ses côtés, le jeune Ernest Butterworth Jr. (15 ans) complète un duo très crédible de garçons livrés à eux-mêmes.
Sans oublier la fille de l’intrigue : Elizabeth Janes (Ruth Hamilton, 12 ans) qui va précipiter la possibilité de changement (« reform », qu’ils disent là-bas) de notre héros.

 

Bien sûr, l’intrigue est cousue de fils blancs et on se doute de sa résolution. Mais ce n’est pas là le véritable intérêt du film. Outre qu’il capture très bien la jeunesse américaine de la fin des années 1910, Taylor nous dresse un tableau terrible et implacable de la condition des orphelins dans ces institutions où on agit « pour le bien des enfants ». On en avait eu une illustration un an plus tôt avec Daddy-Long-Legs (Marshall Neilan, 1919), mais c’était avant tout une comédie qui atténuait les différents éléments sordides par la présence seule de Mary Pickford.

Ici, pas de rire, des situations dures, rudes et tragiques : Ed est maltraité par tout le monde et seul sa rencontre avec un chien (Simp) va lui faire découvrir ce qui ressemble le plus à l’amour. L’univers de l’orphelinat est montré sans concession : les enfants ne sont que des petits voyous qui s’en prennent au plus faible (encore que), et les « éducateurs » n’en ont que le nom. Terrible.

 

Mais, et c’est aussi là un des objectifs du film, il y a le juge pour enfants : Ben Lindsey. Et Taylor a réussi à ce qu’il interprète son propre rôle, exposant ses pratiques basées sur la psychologie de l’enfant et surtout la confiance. Il va l’instaurer avec beaucoup de brio avec ces enfants qui lui sont présentés pour des délits très variés : trois copains qui ont forcé un wagon pour y voler des pastèques (2) ; un petit garçon qui a volé 25 cents pour acheter des fleurs à sa maman qui pleure tout le temps, et Ed qui a menacé un policier avec… Un pistolet à eau !

Et ça marche (tout du moins au cinéma). Et on peut faire confiance à ce que nous voyons : le « Petit Juge » est convaincu de l’efficacité de ses méthodes, que Taylor n’hésite pas à mettre en évidence pour informer ses spectateurs.

 

Et comme le tout est admirablement filmé par James van Trees (s’il vous plaît), on ne peut que se réjouir d’un tel film. D’ailleurs, la séquence d’ouverture ne peut pas nous tromper : ce que nous allons voir vaut le coup : deux ombres discutent. L’une des deux femmes (Betty Schade) allume une cigarette qui ne va éclairer que sa figure, laissant dans l’ombre sa complice. Ensuite, ce sera une série de plans variés, alternant les différentes possibilités de la caméra (pas de travelling encore !), le tout ficelé dans un montage équilibré et surtout pertinent.

Bref : un grand film.

 

  1. Rappelez-vous Tom Sawyer (1917).
  2. Il n’y avait que du « sirop de figues »…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Søren Kragh-Jacobsen
L'Etoile de Robinson (The Island on Bird Street - Søren Kragh-Jacobsen, 1997)

Alex (Jordan Kiziuk) vit dans le ghetto de Varsovie, avec son père (Patrick Bergin) et son oncle Baruch (Jack Warden). Mais le mot d’ordre là-bas, c’est « sélection ». Et tous les jours, les nazis, aidés de kapos juifs emmènent toujours plus de gens hors du ghetto.  Des hommes, des femmes et aussi des enfants. Et quand le ghetto est liquidé, Alex se retrouve seul, persuadé que son père va revenir : il le lui a promis. Mais le temps passe, et le père ne revient pas. Par contre, les soldats allemands reviennent très régulièrement, vidant totalement le ghetto de ses derniers occupants.

Sauf Alex, qui attend.

 

Søren Kragh-Jacobsen est surtout connu (au Danemark) pour son travail pour la télévision. Mais il a aussi réalisé quelques films pour le cinéma, centrant son action autour des enfants, comme c’est le cas ici. Comme dans son précédent film, l’intrigue se passe pendant la Seconde Guerre Mondiale, à hauteur cette fois-ci d’un enfant, abandonné dans le ghetto vide, tel Robinson sur son île (d’où le titre). Comme le héros de DeFoe, Alex va devoir se débrouiller seul, dans un milieu très hostile, n’ayant à sa disposition que ses trouvailles et son esprit. Et Søren Kragh-Jacobsen va mettre en place cette solitude forcée, montrant quelques situations qui vont servir à Alex dans as solitude : sa souris dressée, l’usine de corde dans laquelle travaille son père (et son oncle).

 

Son île : un niveau élevé d’un immeuble en partie détruit, accessible par une échelle de corde, par laquelle il descend pour récupérer de quoi subsister, tel Robinson Crusoé qui récupère dans les débris de son bateau les éléments indispensables à sa survie. Mais si Robinson est désespérément seul, il n’en va pas de même pour Alex qui doit sans cesse éviter les Allemands qui reviennent régulièrement. Sans oublier les Polonais qu’il va visiter hors du ghetto, et surtout un groupe de jeunes garçons, antisémites cela va de soi.

 

Mais Søren Kragh-Jacobsen reste toujours au niveau de son héros, évitant les images chocs qu’on a l’habitude de voir dans les films traitant de la shoah. La violence va donc se manifester de façon très sporadique : un homme qui en poignarde un autre pour lui dérober son bien ; Alex qui tire sur un Allemand pour épargner deux jeunes résistants (?) en passe d’être exécutés. Pour les reste, ce ne sont que des bruits de coup de feu, ou pour son oncle Baruch le résultat d’une autre exécution.

Et jamais il n’ira plus loin, la violence sordide des nazis ne relevant pas du monde de l’enfance.

 

Et ça fonctionne : Jordan Kiziuk est magnifique dans ce rôle et porte avec beaucoup de justesse ce film pas si facile. Et cela est d’autant plus difficile qu’il est la plupart du temps seul : difficile alors de se reposer sur un second rôle : et c’est d’ailleurs quand cela arrive qu’il prend toute sa mesure. Malheureusement, depuis 2009 et un troisième film, on a un tantinet perdu sa trace…

Les seconds rôles, donc, quand ils sont là, sont dans le même ton que le jeune acteur, et en particulier la jeune Sian Nicola Liquorish, qui interprète Stasya, une jeune Polonaise avec qui il aurait pu avoir une histoire d’amour, platonique cela va de soi…

On notera aussi la présence – courte – de Michael Byrne dans un rôle à l’opposé de celui qui l’a fait connaître du monde entier : le Colonel Ernst Vogel dans Indiana Jones et la dernière Croisade. Vous savez, le salaud nazi (pléonasme) qui meurt dans le blindé…

 

Bref, un film qui, sur certains points, annonce Le Pianiste de Polanski, mais qui reste toujours au niveau de son personnage principal, s’adressant alors à tous, les grands comme les petits.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Allan Dwan
Getting Mary married (Allan Dwan, 1919)

Mary (Marion Davies) vit dans une prison dorée : belle-fille du riche John Bussard (Elmer Grandin) des Bussard de Boston (pas n’importe quelle famille donc), elle mène une vie triste et retirée, dominée par ce beau-père rigoriste. Mais bonne nouvelle : le beau-père meurt (bêtement) et elle hérite de sa fortune, pas toujours très bien acquise. Seulement voilà : pour pleinement hériter, elle doit vivre un an chez le frère du défunt, Amos (Frederick Burton) et sa famille – son épouse collet montée (Amelia Summerville) et sa (vieille) fille (Constance Beaumar) tout aussi rigoriste que savent l’être les Bussard.

Bref, c’est une autre prison qui l’accueille, et celle-ci pas vraiment dorée. Mais heureusement pour elle, dans cet univers bostonien peu reluisant apparaît Jimmy Winthrop Jr. (Norman Kerry), célibataire très fortuné, qui tombe sous le charme de la belle Mary.

 

Marion Davies n’est encore qu’une jeune actrice à Hollywood (1) et n’a pas encore été happée par le rouleau compresseur Hearst qui voulut en faire une star de premier plan, devenant alors une gêne plus qu’autre chose pour sa carrière cinématographique. SI elle n’a pas atteint pleinement ses capacités, ce qui arrivera bientôt, elle possède déjà l’essentiel pour réussir : un beau visage expressif (2) et une présence. Et comme toujours dans ces cas-là, c’est autour d’elle que va s’opérer l’osmose : un rôle principal n’est grand que si les rôles secondaires sont à la hauteur. Et comme c’est Allan Dwan qui est aux commandes, on peut être assuré que c’est le cas. Et le choix des interprètes est primordial ici, surtout pour cette famille de prétentieux que sont les Bussard (3). Comme on dit, ils ont la « gueule de l’emploi » : secs comme un coup de trique et méchants comme des teignes. Bref, ce sont des méchants très acceptables, autre condition de succès du film.

 

Et puis il y a Norman Kerry. Lui aussi en est encore à ses débuts (il a commencé trois ans plus tôt), et s’il est déjà le jeune premier, il n’a pas qu’un rôle plastique comme ce sera le cas plus tard (4) : il est partie prenante de l’intrigue et influe véritablement sur le destin de la jeune Mary. Sans oublier une séquence irrésistible avec Constance Beaumar, la vieille fille qui essaie de le séduire (en pure perte, cela va de soi), qui nous montre qu’il savait très bien jouer avec son visage.

 

Bref, une petite comédie comme on trouvait beaucoup dans cette période d’après-guerre – le personnage de Ted Barnacle (Matt Moore) y fait référence lors de sa rencontre avec Mary – et qui fonctionne très bien grâce au savoir faire des différents protagonistes ainsi que du réalisateur. « Petite comédie » seulement parce que Dwan et Davies nous ont montré ultérieurement qu’ils étaient capables de jouer à un niveau supérieur.

 

Et comme beaucoup de ces « petites comédies », elle se déguste avec gourmandise.

 

  1. C’est le film le plus ancien qui nous reste de l’actrice.
  2. Avec de superbes yeux bleus. Oui, je sais, le film est en noir et blanc, mais elle ne peut pas avoir les yeux d’une autre couleur.
  3. Dont un ancêtre a dû venir avec le Mayflower
  4. Cf. The Unknown (Tod Browning, 1927)

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Gilles Paquet-Brenner
Elle s'appelait Sarah (Gilles Paquet-Brenner, 2010)

 

16 juillet 1942.
La police française arrête les Juifs français (et étrangers) pour les entasser dans le Vel’ d’Hiv. De là, ils seront envoyés à Beaune-La-Rolande, Pithiviers ou Drancy puis vers des camps de concentration allemands. Parmi eux, Sarah Starzynski (Mélusine Mayance puis Charlotte Poutrel), qui a été raflée avec ses parents et a caché son frère Michel (Paul Mercier) dans un placard dérobé de sa chambre. Maos le temps passe et Michel reste enfermé. Et quand Sarah revient, hélas, Michel est mort depuis longtemps, reclus dans ce placard.

C’est cette histoire que Julia (Kristin Scott-Thomas) va mettre au jour, alors qu’elle doit habiter l’appartement où a eu lieu le drame – la famille de son mari a « hérité » de cet appartement un mois après les événements.

 

C’est une intrigue terrible que nous livre là Gilles Paquet-Brenner, abordant un sujet qui n’est pas des plus appréciés en France. Et pourtant. Plus de soixante ans après (quand le film sort – voire 65), la Rafle du Vel’ d’Hiv’ est toujours un sujet épineux voire tabou pour cet Etat qui n’a toujours pas vraiment assumé les responsabilités passées. Et ce n’est pas la déclaration  du président Chirac (16-7-1995) qui annule cet état de fait (1). Et Tatiana de Rosnay, à travers le roman éponyme, revient sur ces heures noires de l’Etat français. Mais pour Gilles Paquet-Brenner, ce film n’est pas anodin : son grand-père n’est pas revenu de déportation, et à l’instar d’autres réalisateurs d’origine juive, c’est une sorte d’exorcisme qu’il réalise ici, ajoutant une page supplémentaire (et indispensable) au traitement de la shoah au cinéma. Certes, on ne voit rien des atrocités commises dans les camps, mais l’histoire de cette petite fille qui portera toute sa vie la vie (et surtout la mort) de son petit frère reste un témoignage fort de ce que fut cette période troublée de l’Histoire de l’Humanité.

 

La petite Mélusine Mayance est superbe dans le rôle de la (très) jeune Sarah et d’une manière générale, les différent·e·s interprètes sont à la hauteur de l’intrigue et des enjeux du film, Kristin Scott-Thomas étant, encore une fois, sublime. A nouveau, l’intrigue part de trois fois rien : un nouvel emménagement qui pose la question des anciens occupants qui amène vers cette situation tragique. A cette intrigue s’ajoute celle de la vie de Julia elle-même qui se retrouve à un carrefour de sa vie : enceinte, elle ne sait que décider, surtout avec son compagnon (Frédéric Pierrot) qui préfèrerait que les choses ne changent pas et donc qu’il y ait avortement. Mais à mesure que l’intrigue avance et que Julia découvre la vérité sur cette femme somme toute très secrète, la pertinence de cet enfant à venir s’impose de plus en plus : cet enfant sera, d’une certaine manière, la compensation pour les vies perdues par ces événements du passé.

 

Et Gilbert Paquet-Brenner s’appuie sur l’interprétation solide des différents interprètes, donnant une grandeur au film et une dimension émotive non négligeable. Le point culminant étant la réaction de William Rainsferd (Aidan Quinn), le fils de Sarah, qui se rend compte que la femme dont lui parle Julia est une parfaite inconnue, malgré toutes ces années passées auprès d’elle.

Et au final, Paquet-Brenner a donné au roman de Tatiana de Rosnay une adaptation à la hauteur de ses enjeux : un film fort qui exprime avec justesse, mais sans tomber dans le grandiloquent ni une quelconque démonstration, tout un pan de cette histoire de France que certains ne voudraient montrer que sous son jour le plus brillant et glorieux, oubliant que tout s’équilibre : à côté de ces hauts faits qu’on s’empresse à célébrer, il existe des moments sombres qu’on préfère laisser dans cette ombre qui les entoure depuis bien longtemps.

Certes, ce qui est fait est fait, mais reconnaître ces différents travers, si cela n’apporte rien de physique du côté des victimes et de leurs descendants (les morts ne ressusciteront pas, on le sait), ne peut que grandir ceux qui reconnaîtront les erreurs passées. Et ces mêmes héritiers n’en seront que plus reconnaissants à ceux qui auront reconnu ces mêmes erreurs.

 

PS : Petit bémol toutefois : cette (mauvaise) habitude du cinéma français à doubler les dialogues en langue étrangère, faisant alors perdre une partie de l'intensité du film.

 

  1. Il existe toujours (en 2021) une frange de la population française qui, même si elle n’a pas vécu ces « événements », ne souhaite pas qu’on en parle !

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Doug Liman
Mr. & Mrs. Smith (Doug Liman, 2005)

Ca commence comme When Harry met Sally : un couple nous parle de sa relation. Mais alors que dans le film de Rob Reiner, il s’agissait d’histoires d’amour heureuses, on se rend vite compte qu’il s’agit ici d’un mariage qui s’enlise et que les deux membres s’éloignent progressivement.

Il faut dire qu’il y a de quoi : alors qu’officiellement, elle s’occupe d’informatique et intervient nationalement pour des interventions délicates de dépannage, elle est en réalité tueuse à gage pour une agence qui l’envoie par monts et par vaux liquider une cible encombrante ; de son côté, il n’est pas vraiment l’ingénieur annoncé et s’il déclare qu’il doit intervenir sur les dysfonctionnements d’un barrage, c’est surtout parce qu’on lui a assigné à lui aussi, une nouvelle cible dont il doit disposer dans un temps donné.

Et puis arrive LA cible : Benjamin Danz (Adam Brody), dit « Le Tank ». Elle (Angelina Jolie) doit l’éliminer, alors que lui (Brad Pitt) doit le protéger.

 

Un couple de tueurs à gage ? Déjà vu : Prizzi’s Honor (John Huston, 1985). Avec là encore l’un qui doit tuer l’autre. Un couple qui lutte physiquement l’un contre l’autre ? Déjà vu : The War of the Roses (Danny DeVito, 1989). Alors évidemment, ayant vu les deux premiers films, je ne pouvais qu’avoir un a priori devant ce film de Doug Liman. Surtout que malgré le thème (des époux qui veulent s’entretuer), ces deux films étaient des comédies. Et on sent que Liman a envie de faire basculer son propre film dans ce genre. Mais voilà : Liman est surtout réputé pour ses films d’action (1) plutôt efficaces (The Bourne Identity, Edge of tomorrow, etc.), et on comprend assez vite que la comédie n’est pas vraiment son rayon. Et c’est là que le bât blesse.

 

S’il arrive à manier sporadiquement l’ironie, on se rend compte que c’est là où l’action éclate (par son rythme et surtout ses explosions !) qu’il est le plus à l’aise, multipliant les prouesses de ses personnages, surtout qu’il a à sa disposition un couple qui va défrayer la chronique. Mais ceci est une autre histoire qui déborde de mon cadre. Toujours est-il que Brad Pitt et Angelina Jolie s’entendent à la perfection, interprétant deux êtres parfaitement semblables et donc inévitablement compatibles.

 

Mais on en revient aux deux films évoqué dans le paragraphe précédent : le film de Liman manque cruellement d'humour. Pire, son accumulation d’explosions, rafales de mitraillettes et autres coups de feu lasse (enfin surtout moi).

Difficile alors de croire à cette intrigue plus qu’improbable (2), où j’ai même décelé quelque(s) incohérence(s) (3). Et la séquence d’explication finale (à coups de flingues, cela va sans dire), forcément spectaculaire, aurait dû être le point culminant d’une parodie autour de cette situation qui s’y prêtait à merveille.

 

Mais ce n’est pas une parodie : à force d’osciller entre le comique et le sérieux, c’est ce dernier qui l’a emporté.

Dommage.

 

  1. Je sais, professeur Allen John, il n’existe que des films « d’action » : tout est animé, même chez  Godard…
  2. Je sais, nous sommes au cinéma et tout est possible. Mais malgré tout, il faut un minimum de crédibilité. Autrement, cela s’appelle un rêve.
  3. Je vous laisse seul(e)s juges de cet avis.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Jean Renoir
Boudu sauvé des Eaux (Jean Renoir, 1932)

Edouard Lestingois (Charles Granval) est libraire sur les quais de Seine, face au Pont des Arts. Bon bourgeois (1), il est marié à la belle madame Lestingois (Marcelle Hainia) et a bien entendu une liaison ancillaire nocturne avec la jeune Anne-Marie (Séverine Lerczinska).

Un jour qu’il observe les jeunes femmes à la longue-vue, il aperçoit un clochard qui se jette à l’eau. C’est Boudu (Michel Simon), qui vient de perdre son chien (il est parti sans crier gare) et qui n’a plus de raison de vivre.

Lestingois n’hésite pas une seconde : il sort sauver ce malheureux. Une fois récupéré, il le fait venir chez lui. Puis il l’y installe. Et évidemment, la présence de cet être fruste va complètement modifier la vie dans la maison : ce drôle de paroissien qui fait ce qui lui chante (la plupart du temps, rien) va bientôt diriger tout ce petit monde…

 

Habits déchirés et décousus, cheveux longs et barbe hirsute, Michel Simon est un magnifique Boudu, un des rôles qui a fait sa notoriété et sa réputation. Il faut dire qu’il s’en donne à cœur joie dans ce rôle de clochard un brin anarchiste, qui déboule dans cette famille comme un chien dans un jeu de quilles… Et Renoir ne fait rien pour retenir Simon qui va faire basculer le film de deux façons :

  • dans l’intrigue qui voit la situation initiale prendre un tournant inattendu (sauf pour les spectateurs) ;
  • dans la mise en scène qui va enfin sortir du cadre un tantinet pompeux du théâtre filmé.

Parce que le début fait un peu peur : Granval était un grand monsieur, sociétaire de la Comédie Française, et ça se voit : son jeu reste très académique et son élocution reste un brin empesée. Alors l’arrivée de Boudu/Simon va donner de l’air au film, participant à toutes les séquences en extérieur. Et ces séquences se ressentent comme de véritables bouffées d’air frais, pour le spectateur comme pour le réalisateur qu’on sent prisonnier du décor dès qu’on retourne à l’intérieur.

Il faut dire aussi que c’est le quatrième film que Renoir et Simon tournent ensemble et la complicité qui lie les deux hommes explique la facilité qu’a Michel Simon pour s’imposer dans ce film (2).

 

Mais Boudu, c’est aussi un immense pied-de-nez à la bourgeoisie et la morale en place : Boudu est scandaleux. Non seulement il est fruste, mais en plus il va coucher avec madame Lestingois et passer son temps à cracher, au grand dam de Lestingois, bien embarrassé par ce fardeau inattendu. Le personnage de Boudu est tellement scandaleux (en 1932-33) que les forces de l’ordre doivent intervenir à certaines séances devant les réactions offusquées et violentes de certains spectateurs. Aujourd’hui, l’attitude de Boudu amuse plus qu’elle ne choque, mais il faut se replacer dans le début de ces années 1930 : un tel personnage est d’une disgrâce inqualifiable. Et c’est là que Simon et Renoir se rejoignent et s’entendent. Seul Michel Simon était capable, à mon avis, de personnifier cet individu fort répugnant. Et la résolution de l’intrigue n’a rien d’étonnant : Boudu est un anarchiste à tendance asociale.

Et les Anglo-Saxons ne s’y laisseront pas prendre : Boudu ne sera projeté au Royaume-Uni qu’en 1965, et aux Etats-Unis en 1967. Et trente-cinq ans après, on a pu constater des réactions similaires à celles de sa sortie (3) : 1968 n’était pas encore passé par là…

 

Un régal !

 

  1. Honnête cela va sans dire.
  2. Ce sera d’ailleurs, étonnamment, leur dernier film ensemble.
  3. Un critique américain s’est dit scandalisé !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Todd Phillips
Very bad Trip 2 (The Hangover part II - Todd Phillips, 2011)

Ils sont de retour : Phil (Bradley Cooper), Stu (Ed Helms), Doug (Justin Bartha) et bien sûr l’inévitable Alan (Zack Galifiniakis). On se souvient du mariage de Doug et surtout des effets de la drogue amenée par Alan pour l’enterrement de sa vie de garçon.

Cette fois-ci, c’est Stu qui se marie, avec la belle Lauren (Jamie Chung), en Thaïlande (c’est là que vit sa famille). L’avant-veille de ce mariage, les quatre amis se retrouvent pour une dernière bière sur la plage, accompagnés par Teddy, le petit frère de Leslie.

Quand la nuit se termine, ils ne sont plus sur la plage, mais Bangkok. Et en plus, Teddy a disparu. Et le mariage est le lendemain…

 

Comme d’habitude quand il s’agit d’une suite, on peut légitimement se poser la question : était-ce bien nécessaire ? Et la réponse semble évidente : non. Certes, on s’amuse de ces nouveaux débordements, mais la sensation de déjà vu est telle qu’on regrette un certain manque d’originalité : outre la situation initiale (le mariage à venir), on retrouve la même structure et la même quête qui est de retrouver quelqu’un de disparu. A cette réminiscence (1) s’ajoute des situations crues impliquant cette fois-ci une strip-teaseuse transgenre (Yasmin Lee) qui n’hésite pas à exhiber ses attributs d’avant. Bref, encore une fois, Todd Phillips ne recule devant rien, avec des résultats plus ou moins probants.

Sans oublier l’apparition du « gangster international » Chow (Ken Jeong) qui nous fait une nouvelle apparition de diable dans la boîte, cette fois-ci hors d’une réserve de glaçons. Et toujours pas habillé quand il apparaît pour la première fois !

 

Au final, un film drôle certes, mais qui joue – avec moins de brio – sur une même situation où la plupart des éléments sont prévisibles et où on peut aussi reprocher d’avoir cantonné le personnage de Doug en standardiste, alors que sa présence aurait pu donner une autre teinte à ces nouvelles péripéties – un type sérieux peut amener des développements autrement comiques. Mais Phillips se contente – à mon avis – du minimum et même Zack Galifiniakis n’est pas employé au niveau de l’opus 1.

Quant à l’apparition finale de la « guest star » (2) qui nous ramène là encore à l’épisode précédent, si la chanson de Murray Head qu’il interprète est très à propos (3), qu’est-ce qu’il chante faux !

 

PS : Il y a eu une troisième partie…

 

  1. Euphémisme.
  2. Je vous laisse découvrir qui… Autrement, sur n’importe quel site de cinéma vous trouverez.
  3. One Night in Bangkok, évidemment…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Abderrahmane Sissako
Timbuktu (Abderrahmane Sissako, 2014)

Merci Jocelyne

 

Tombouctou, Mali. 201…

Les Islamistes ont pris le pouvoir. Bien sûr, tout ce qui est à connotation culturelle est interdit (musique) et les femmes doivent se couvrir entièrement (gants et chaussettes) et chacun doit appliquer la loi d’Allah. Et bien sûr, tout contrevenant sera châtié.

AU milieu de ce changement sociétal, on trouve Kidane (Ibrahim Ahmed, dit Pino) et sa petite famille : son épouse Satima (Toulou Kiki) et sa fille Toya (Layla Walet Mohamed), et leur pâtre Issan (Mehdi A.G. Mohamed).

C’est de ce dernier que vient le drame : le pêcheur Amadou, excédé par le passage récurrent des vaches de Kidane en tue une qui s’est trop approchée de ses filets. Et accidentellement, Kidane l’a tué.

Evidemment, il est condamné à mort.

 

C’est beau, et en plus, c’est très juste. Abderrahmane Sissako se base sur une histoire vraie qui a vu la lapidation de ses protagonistes, pour nous livrer ici une histoire terrible (1), oscillant sans cesse entre le présent et le passé – censé intemporel de cette religion, de paix, bien entendu (2).

Et il y a du courage dans ce film, dont certains ont voulu lancer une polémique bien loin des enjeux artistiques (3) sur lesquels on doit d’abord se concentrer. Et de ce côté-là, Abderrahmane Sissako nous offre un festival de plans magnifiques. Que ce soit en extérieur ou dans des lieux clos, sa caméra (celle de Sofian El Fani) est toujours là où il faut : toujours au bon endroit et au bon moment. Les différentes compositions picturales sont magnifiques !

 

Mais au-delà de ces belles images, il y a la condamnation un système absolument injuste (4) qui s’exprime à travers certains protagonistes : cette femme qui refuse de porter des gants pare que pour vendre du poisson, c’est absolument contrindiqué ; ces jeunes gens qui continuent de jouer de la musique (profane) et qui seront condamnés (à mort) ; et même Kidane qui devra rembourser la mort d’Amadou par 40 vaches, alors que ce dernier lui en a tué une (il ne lui en reste plus que 7).

Et Sissako va jusqu’au bout de sa dénonciation : la lapidation a bien lieu et même si nous n’assistons qu’au dernier jet de pierre, les images parlent d’elles-mêmes : entre le jeune musicien et la (très) jeune fille qui parlait à son frère (au portable), les images restent insoutenables.

 

Et Sissako enfonce le clou avec le personnage de ce djihadiste qui débarque dans ce pays qu’il ne connaît pas pour imposer un système inique : alors que nous sommes en pleine Afrique noire, peu des dirigeants ont cette couleur. Ils semblent tout droit sortis du Maghreb et/ou du Moyen-Orient, parachutés dans un pays qu’ils ne connaissent absolument pas (et surtout la langue qui le régit) et édictant des lois étrangères à ce même pays, refusés par l’intermédiaire de cette même poissonnière (voir plus haut).

 

Et on se laisse prendre par cette intrigue terrible que même l’imam (Adel Mahmoud Cherif) ne peut endiguer, semblant très fort, mais jouant toujours sur une corde raide : la limite (très) ténue entre le dogme et l’interprétation que ces fous de Dieu en font.

Et malgré tout cela, ce film reste une très belle histoire d’amour.

 

Admirable.

 

 

  1. Dès que les religions sont en cause, les histoires sont toujours terribles. Et e n’a rien à voir avec la religion concernée.
  2. Je sens que je vais me faire des amis.
  3. Cela ne reste qu’un film…
  4. Comme il est dit chez Luc (10:25) : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». En clair, que les hommes s’occupent de leurs affaires et Dieu ce qu’il reste. Là encore, je me prévois de nouveaux amis.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Hans Behrendt, #Veit Harlan
La Culotte (Die Hose - Hans Behrendt, 1927)

Dimanche matin.

Comme tous les dimanches, les Maske se préparent à aller à l’office. Elle, Luise (Jenny Jugo), remarque que son jupon est un peu lâche. Lui, Theobald (Werner Krauss), est un haut fonctionnaire qui tient à son rang. Au sortir de l’office, alors que le Prince local ( Christian Bummerstaedt) salue la foule, le jupon glisse au sol, s’étalant au grand jour. C’est alors l’effervescence et certains se souviennent que les Maske proposent des chambres à louer.

Deux prétendants (c’est le cas de le dire) se présentent : Scarron (Rudolf Forster), le philosophe du prince, et Mandelstam (Veit Harlan) l’aide coiffeur. Une fois dans la place, bien entendu, ils commencent à faire des avances à la maîtresse de maison…

 

Bien sûr, il s’agit d’une comédie, mais elle est tout de même un tantinet grinçante, la morale étant un peu écornée au passage. Mais dans cette période de République de Weimar, un peu de rire n’est pas à négliger. Et si Werner Krauss est comme toujours impeccable – sans pour autant surjouer comme certaines fois – c’est bien Jenny Jugo qui tire son épingle du jeu, interprétant une (très) jeune épouse mariée à un homme (beaucoup) plus âgé qu’elle et qui rêve d’une vie de plaisir et de richesse.

Et, à l’instar du Chapeau de paille d’Italie de Labiche (1), ce jupon qui se révèle va entraîner une suite de péripéties où vont se mêler la concupiscence, le plaisir, et même l’amour.

 

Et si Hans Behrendt dirige avec maîtrise tout son petit monde, on peut tout de même regretter qu’il n’ait pas à sa disposition un chef-opérateur de la classe de Karl Freund : les différentes prises de vue de Carl Drews sont soignées mais ses différents mouvements de caméra n’ont pas la fluidité du maître. ON notera tout de même quelques surimpressions très pertinentes pour exprimer les différentes pensées des personnages, mais surtout, on retiendra le plan fixe de la poignée de la porte que la main de Jenny Jugo va actionner, mettant fin à une histoire d’amour impossible et qui a à peine commencé…

 

Mais si ce film est resté dans le patrimoine du cinéma allemand, c’est aussi parce qu’il réunit quelques personnalités qui vont faire parler d’elles dans les décennies suivantes.

Hans Behrendt mourra lors de sa déportation à Auschwitz et Veit Harlan dirigera ce qui reste – de l’avis de nombreuses personnes – l’un des pires films du cinéma allemand : Le Juif Süss, avec dans un des rôles principaux, nul autre que Werner Krauss.

Mais nous sommes ici en 1927 et les menaces sont encore bien confuses pour les Allemands, et le film n’en annonce d’ailleurs aucune, n’en déplaise à Siegfried Kracauer…

Alors profitons de cette petite comédie, interprétée avec justesse par le duo vedette avec une mention spéciale pour le jeu comique de Rudolf Forster.

 

  1. Et donc de René Clair

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Guerre, #Alan Crosland
Le Sceptique (The Unbeliever - Alan Crosland, 1918)

Ce sceptique, c’est Philip Landicutt (Raymond McKee). Fils de bonne famille, il passe ses journées au golf ou à quelque autre activité prisée de la jeunesse dorée et oisive américaine. Bien entendu, il est bourré de préjugés, surtout sociaux : on ne se mélange pas avec les basses classes. De plus, il ne croit pas en Dieu, ce qui est à double titre une hérésie aux Etats-Unis.

Vous imaginez le désespoir de sa propre mère (Kate Lester), d’avoir un fils aussi peu américain…

Et puis la guerre est arrivée et ce fut une révélation : Philip décide de partir en Europe casser du Boche, parce que ce peuple ennemi est haïssable à l’envi.

Mais voilà, si la guerre est une belle chose (de son point de vue), elle oblige malgré tout à se mélanger avec le vulgum pecus…

 

Quand le film sort, le 11 février 1918, voilà environ huit mois que les Américains ont débarqué à Saint-Nazaire et continuent régulièrement d’y affluer. Bref, nous sommes dans un film de propagande – le cinéma est un medium qui s’y prête admirablement – pour pousser les jeunes Américains à s’enrôler. Et cet aspect est renforcé par l’aide du corps des Marines qui ont participé au film : les différentes scènes générales de batailles ont été interprétées par ces militaires, tout comme certains personnages de gradés sont interprétés par de véritables officiers. Mais à la différence des films qui seront tournés après la guerre, le personnage principal est envoyé directement au front et confronté au conflit. Et surtout, il s’agit de montrer l’armée sous un jour favorable afin d’accentuer la conscription.

 

Pas de réflexion pacifiste comme dans The big Parade ou plus tard All quiet on the Western Front, mais de l’action payante : les braves soldats américains sont les plus forts, il suffit de voir la prise de la tranchée allemande pour s’en convaincre. Et c’est bien entendu dans la présentation de l’ennemi que la dimension propagandiste s’épanouit : les Allemands sont d’infâmes salauds, de vrais « Huns » comme ils disaient, et il suffit de voir l’un de leurs officiers pour s’en convaincre. Non seulement le lieutenant Kurt von Schnieditz est un barbare cruel et sans pitié – il fait abattre une mère et son petit garçon pour motif d’espionnage – mais surtout il est interprété par le spécialiste des rôles de méchants Allemands : Erich von Stroheim. Et encore une fois, on aime le détester !

 

Il est clair que l’intrigue du film est très simpliste, mais son objectif l’explique : il faut que les jeunes Américains se retrouvent dans cette histoire héroïque et foncent aux bureaux de recrutement en sortant de la séance (1). Et le personnage de Philip est crucial : ce riche snob, méprisant et un rien athée est le parfait exemple de l’influence bénéfique (2) de la guerre : son arrogance et sa distance vont fondre, sa foi va revenir et même sa vision des ennemis va être altérée.

Bref : la guerre va faire de lui un véritable Américain et en plus, il va trouver l’amour en la personne de Virginie Harbrok (Marguerite Courtot), jeune Belge victime de la guerre : c’est sa maman et son frère qui sont exécutés par l’infâme von Schnieditz.

 

PS : cinq ans plus tard, Marguerite Courtot et Raymond McKee vont se marier et vivront ensemble jusqu’à sa mort à lui en 1984…

 

  1. Voire sortent de la salle de cinéma avant la fin pour le faire !
  2.  ????

 

 

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