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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Andrew Niccol, #Science-Fiction
Bienvenue à Gattaca (Gattaca - Andrew Niccol, 1997)

Gattaca, c'est le summum des entreprises. Ceux qui y travaillent ont été sélectionnés... A la naissance !

Depuis qu'on est capable de lire la vie d'un homme dans son ADN, et ce dès la naissance, les déviants de toute sorte sont mis de côtés rapidement. Les violents, les alcooliques, mais aussi ceux qui ont un cœur faible, ceux qui sont myopes...

Bref, nous sommes dans une société qui pratique l'eugénisme sans vergogne.

Et que font les gens qui travaillent à Gattaca ? Ils préparent leur voyage dans l'espace.

Parce que Gattaca, c'est le voyage interstellaire à la portée de tous (les sélectionnés).

Vincent (Ethan Hawke) rêve de voyager dans l'espace. Mais il a un mauvais cœur, un penchant pour la violence et ne voit pas à deux mètres.

Et pourtant...

 

Pourtant, nous allons assister à une magnifique supercherie, mâtinée d'usurpation d'identité. Dans Plein Soleil, Alain Delon prenait la place de Maurice Ronet pour lui voler sa fortune et son statut (sa vie, quoi). Ici, il n'y a pas de vol. Tout juste une usurpation consentie entre Vincent et celui qu'il prétend être : Jérôme (Jude Law). Parce que le vrai Jérôme vit aussi à travers sa doublure.

Nous sommes dans un univers futuriste très aseptisé où la santé semble la vraie valeur marchande. Mais cet univers fait froid dans le dos. Et une fois le voyage dans l'espace enclenché, qu'en résulte-t-il ? On ne voit que des engins partir. Jamais de retour, comme si ce grand voyage était le dernier, une sorte d'euthanasie consentie. Et cette idée est envisagée dans le film.

 

Toujours est-il que cette société eugéniste, hiérarchisée, nous amène vers d'autres univers : on pense aux expériences nazies, mais aussi aux livres d'Aldous Huxley (Le meilleur des Mondes) ou encore Boris Vian et son Et on tuera tous les Affreux.

Mais comme pour le roman de Vian, la science (ou ce qui s'en rapproche) a ses limites. Ou plutôt SA limite : le facteur humain. On peut TOUT planifier, tout extrapoler, mais il est une variable qui peut déstabiliser, voire détruire les plus beaux projets : l'homme lui-même, qui de par son libre-arbitre ne choisira pas toujours ce qui avait été prévu. Heureusement.

 

Alors Vincent va court-circuiter ce monde pour faire ce qui lui était défendu par sa naissance dégénérée. Grâce à Jerome Morrow (« lendemain » en anglais), évidemment, mais aussi grâce à d'autres personnes, dont une qu'on n'aurait pas attendue... [Je vous laisse découvrir qui]

Finalement, le ver étant dans le fruit, on peut espérer une remise en question de ce système et un retour inévitable vers ce qui fait l'homme : le choix.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Francis Ford Coppola, #Horreur
Dracula (Francis Ford Coppola, 1992)

Le mari d'Elisabeta (Winona Ryder) est mort à la guerre. C'est un message qu'elle a reçu qui l'annonce. Celui qu'elle aimait par-dessus tout est parti : elle n'a plus d'autre choix que mourir à son tour, espérant ainsi le retrouver. Alors elle tombe dans la rivière et disparaît doucement.

Mais c'était un mensonge. Son mari, le comte Dracul (Gary Oldman) est revenu pleurer sa femme perdue et maudire Dieu, responsable de son malheur.

Quatre siècles plus tard, un mystérieux comte Dracula prend possession des restes de l'abbaye de Carfax, en face de chez Mina Murray (Winona Ryder, encore elle !) et Lucy Westenra (Sadie Frost).

Il faut dire que Mina ressemble comme deux gouttes d'eau à Elisabeta...

 

Il était évident qu'un maître de la démesure comme Francis Ford Coppola devait s'atteler à l'adaptation du roman de Bram Stoker. C'était inéluctable. Et quel résultat.

Il y a une influence évidente du Nosferatu de Murnau, ainsi qu'une autre de Tod Browning.

Et Coppola réussit à se situer à mi-chemin entre les deux :

- d'un côté les ombres chères à Murnau  ;

- de l'autre, la volonté spectaculaire du personnage de Dracula, accentuée par des effets spéciaux plus « naturels » qu'en 1931...

Mais à la différences de ces deux adaptations, Coppola ne présente pas Dracula seulement comme une bête assoiffée de sang. L'accent, cette fois-ci, est mis sur l'homme derrière le monstre.

Parce que, malgré tout, monstre il reste, avec des effets sanguinolents renforcés. Mais...

 

Mais ici, Dracula est avant tout la victime du Destin : ce Destin mythologique qui ne favorise personne et qui fait le malheur de ses victimes. Mais ce Destin explique l'attitude de Dracula pendant tous ces siècles : sans ce message, pas de malédiction, pas de massacre (pas de film, non plus !).

Et la quête mortifère de Dracula se mue en quête amoureuse : c'est par l'amour qu'il sera sauvé !

Et cette quête amoureuse devient transcendante, appuyée par des images magnifiques où les couleurs - le rouge surtout - apporte une dimension magique voire poétique. De plus, Coppola passe régulièrement d'une séquence à l'autre en utilisant une récurrence de forme, le cercle : le soleil, l'œil de la plume de paon, le verre de cristal...

 

Gary Oldman est extraordinaire. Il campe un Dracula plus vrai que nature. Il n'a pas l'allure du psychopathe de Browning, ou décharnée de Murnau. Et son maquillage en vieil homme est bluffant. De plus, il n'a pas besoin de surjouer cet être infernal pour être inquiétant ou menaçant.

Winona Ryder est magnifique elle aussi (je suis un petit peu amoureux...), passant d'une jeune fille bien prude à un être pervers avec une facilité étonnante.
Et les autres ? A part Keanu Reeves qui campe un Harker un peu falot, nous avons des acteurs solides pour les seconds rôles : Anthony Hopkins et Tom Waits en tête.

Anthony Hopkins interprète un van Helsing plus humain, plus terre à terre, qui préfère agir le ventre plein, mais qui reste tout de même très pointu (surtout avec un pieu en main) quand il s'agit de chasser le vampire.

Tom Waits, quant à lui, nous transmet avec beaucoup de justesse la folie de Renfield, passant d'une phase consciente à un délire terrible, chassant les insectes pour s'en nourrir.

 

N'oublions pas non plus la dimension sexuelle de l'œuvre. Le roman, paru en 1897 - fin de l'ère victorienne - suggérait plus qu'il ne montrait cette dimension, alors que Coppola se libère des carcans moraux du livre pour nous offrir des scènes où le sexe est indissociable du sang et de la mort, surtout avec le personnage de Lucy.

Et puis il y a les ombres. Celle de Dracula, et les autres. Coppola use des ombres dans sa scène de bataille, dans les restaurants et au cinématographe : il n'est d'ailleurs pas étonnant, ayant situé son film en 1897 (année de sortie du livre) qu'il emmène ses protagonistes au cinéma ! Les ombres font un lien entre le présent de la narration et le passé guerrier du comte. Sans cesse présente avec le personnage, celle de Dracula se joue de tous : de Harker tout d'abord, du spectateur surtout. Il y a toujours un décalage entre l'action du comte et celle de son ombre. Soit elle est en retard, soit elle est en avance ou anticipe les désirs de Dracula. Elle s'allonge à l'envi, rappelant celle de Nosferatu dans le film de Murnau.

 

Et c'est tout à fait normal, ce film étant, d'une certaine façon, un très bel hommage au film allemand, qui reste - à mon avis - la plus belle adaptation du roman, même si elle ne fut pas autorisée.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Charles Chaplin, #Muet, #Comédie
Une Vie de chien (A dog's Life - Charles Chaplin, 1918)

Un homme riche rentre chez lui, ivre. Dans un recoin, deux autres hommes : un grand épais (Bud Jamison) et un petit malingre (Albert Austin). Bien entendu, les deux truands l'assomment et lui font les poches. Il repart chez lui. Le butin est enterré.

Elle (Edna Purviance) est jeune, elle chante des chansons tristes mais ne sait pas « flirter » avec les clients (en clair, les faire consommer), alors, évidemment, elle est virée de son emploi, au dancing.

Scraps est un chien des rues. Une espèce de bâtard blanc avec des taches. Il se débrouille plus ou moins, mais une chose lui fait peur : les policiers !

Et puis il y a le vagabond (Charles Chaplin). Il vit dans une espèce de terrain vague, à tous vents où le moindre courant d'air affecte son sommeil. Eternel chômeur - incapable de décrocher un job - il vit de l'air du temps, surtout si l'air du temps ressemble à un vendeur ambulant. Lui aussi a des ennemis de choix : les policiers...

Et puis un jour, un bout de viande est jeté dans la rue. Scraps se précipite dessus, rapidement imité par d'autres chiens autrement plus costauds... C'est là que le vagabond intervient : est-ce pour sauver Scraps, ou pour acquérir la nourriture abandonnée ?

Toujours est-il, qu'entre eux deux, c'est à la vie et à la mort.

Surtout quand Scraps met à jour le butin précédemment enterré. Il peut alors se rendre au dancing conquérir la belle chanteuse...

 

Ce film est la rencontre de trois inadaptés. Ils sont tous les trois inadaptés à la vie en société : elle ne se plie pas aux règles du dancing, ils sont tous les deux en conflit avec les autres, voire avec la police.

Mais tous trois se rencontrent et rêvent d'une vie en commun. Enfin surtout elle et lui (le vagabond).

Et chacun aura son rôle à jouer dan la réalisation de ce rêve. Perce que - bien entendu - le rêve deviendra réalité. Mais à quel prix !

Parce qu'den fin de compte, le vagabond n'est rien d 'autre qu'un voleur. Peut-être un peu moins que les truands dont il doit se défaire, mais tout de même. La séquence chez le vendeur à la roulotte (Sidney Chaplin, frère de) est parlante : sous des dehors comiques extrêmement précis, il ne s'agit de rien d'autre que de grivèlerie !

 

Mais il s'agit d'un film de Chaplin, alors la fin n'est pas si heureuse que ça. Sous des dehors de bonheur : ils ont une maison à la campagne, leur rêve ! Mais qui dit à la campagne, dit loin des autres. Normal, pour des inadaptés, non ?

Et puis il y a la façon dont l'ex-vagabond procède aux semailles : dans un grand champ bien sillonné, il plante une par une des graines qui ne demandaient qu'à être jetées à la volée, dans un geste auguste, par exemple...

Et puis il y a le berceau près du feu, la promesse d'avenir.

Et qu'y a-t-il dans ce berceau ?

Je laisse la surprise de la découverte à ceux qui n'ont pas encore vu le film (s'il y en a encore...).

Quant aux autres, vous voyez ce que je veux dire...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stanley Kubrick, #Drame
Lolita (Stanley Kubrick, 1962)

C'est un homme mûr et réfléchi qui entre chez Clare Quilty (Peter Sellers). Il n'est venu que pour une seule chose : le tuer. Et il le fait. Froidement.

En tuant Quilty, il met un terme à une histoire qui a commencé quatre ans plus tôt, quand, professeur en vacances, Humbert Humbert (James Mason) a débarqué chez Mrs Haze (Shelley Winters), à la recherche d'une chambre pour passer l'été. Mais il y a peu de chance qu'il s'installe chez cette bavarde, jusqu'au moment où il découvre le jardin, et surtout Lolita (Sue Lyon), qui prend le soleil en bikini.

Comme le veut la formule : à ce moment, la vie de Humbert bascule...

 

Kubrick adapte Nabokov. Et comme toujours dans ce cas-là, non seulement, il adapte, mais en plus, il s'approprie. Lolita est devenue indissociable du maître, tout comme Lolita est indissociable de Sue Lyon. C'est même devenu un nom commun pour désigner une jeune fille aguicheuse.

Mais Lolita, c'est plus que ça.

Lolita, c'est avant tout une relation qu'on pourrait qualifier de « contre nature » : un homme d'âge mûr s'éprend d'une toute jeune fille. Quel scandale ! En 1955 quand Nabokov le fait publier, puis quand le film sort, en 1962. Même si dans le film, elle est plus âgée, la relation de Lolita et Humbert est sulfureuse. Sulfureuse, et surtout destructrice.

 

Un à un, l'entourage de Lolita va sombrer, voire disparaître. Sa mère d'abord, qu'Humbert a épousé pour rester en contact avec la jeune fille. C'est la marque du destin, ce qui va permettre de réaliser physiquement cette relation. Mais aussi ce qui va amener cette errance.

Car ce film est la description d'une errance. D'une errance morale tout d'abord. Humbert sait que sa relation avec Lolita est coupable et interdite. Mais son esprit élude ces objections morales pour jouir pleinement de la situation.

Rapidement, cette errance devient physique : ils doivent sans cesse bouger, aller d'hôtel en meublé afin de se cacher et se protéger.

 

D'une certaine façon, nous assistons à une espèce de road movie sans but, mais dont nous savons - depuis la séquence d'ouverture - que l'issue sera fatale. Ce qui est aussi un juste retour moral des choses, la relation Humbert-Lolita ne pouvant (devant ?) pas être une réussite.

Et puis, il y a Quilty. Il pourrait être la personnification du scrupule, d'une certaine façon. C'est lui qui à chaque fois amène la crise dans le couple, les empêche d('être complètement heureuxs. Mais ce n'est pas dans un but moral. Loin de là. Quilty, même s'il est plus jeune qu'Humbert, n'est pas mieux : lui aussi convoite Lolita.

Pour arriver à ce magnifique résultat, Kubrick a à sa disposition deux acteurs phénoménaux : James Mason et Peter Sellers.

 

James Mason est formidable de justesse dans cette histoire d'amour impossible car interdit. C'est un rôle très difficile, voire dangereux qu'il interprète : le public n'étant pas toujours très fin, ayant parfois tendance à confondre un acteur avec son personnage.

Peter Sellers a un rôle plus complexe. De second plan, certes, mais primordial. Il nous montre déjà qu'il est à l'aise dans les rôles de composition : il use et abuse des déguisements et des accents avec beaucoup de talent. Pas étonnant que Kubrick fasse à nouveau appel à lui dans son film suivant où il jouera quatre rôles distincts !

 

Et puis il y a Sue Lyon. C'est le rôle de sa vie. Elle aura un rôle un peu similaire dans La Nuit de l'iguane, deux ans plus tard. On dit que ce rôle lui a gâché sa vie. C'est possible. Il n'empêche qu'elle reste une Lolita superbe. Tour à tour jeune fille aspirant à grandir, puis petite fille capricieuse qui mène Humbert par le bout du nez. Son regard possède aussi ses mêmes caractéristiques. Elle est capable de passer d'un regard de femme à celui de petite fille avec brio.

Et Kubrick, formidable démiurge, contrôle tout ce petit monde. Vu le sujet sulfureux, il réussit à filmer de belles scènes d'amour sans baiser, sans geste déplacé. Mais on sent tout de même l'intensité de la relation.

 

Du grand art. Tout simplement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #William Friedkin, #Thriller
Le Convoi de la peur (Sorcerer - William Friedkin, 1977)

Un homme éteint la dernière cigarette. Il se sert le dernier verre. Un autre homme à la fine moustache - Nilo (Francisco Rabal) - entre, le met en joue et tire. Ensuite, il repart tranquillement.

Kassem (Amidou) est un terroriste palestinien. Il regarde la police emmener son complice, après un attentat. Lui seul s'en est tiré.

Victor Manzon (Bruno Cremer), riche Parisien a spéculé et tout perdu. Il s'enfuit pour échapper à la prison, abandonnant sa femme.

Jackie Scanlon (Roy Scheider)est un petit truand américain. Son seul problème : s'être attaqué à un autre truand plus gros que lui. Et comme si ça ne suffisait pas, avec ses complice, il a un accident dont il est le seul à se sortir. Mais maintenant, il est devenu persona non grata.

Quand un puits de pétrole prend feu dans une quelconque « république » d'Amérique du sud, on a besoin de nitroglycérine pour éteindre l'incendie. Mais la nitro est à deux cent dix-huit kilomètres. On a alors besoin de quatre chauffeurs - payés à prix d'or - pour la convoyer dans deux camions.

 

Dès la scène d'ouverture, le ton est donné. Le ton est rude. Il n'y aura pas de concession. C'est un film brut, voire brutal. Mais d'une très grande justesse de ton. Friedkin n'hésitant pas à utiliser une caméra sur l'épaule pour coller à l'action.

Certes, c'est un remake. Celui du Salaire de la peur de Clouzot. Friedkin était fasciné par le classique du maître. Et cette nouvelle adaptation (la troisième) du roman de George Arnaud, vingt-cinq ans après, vaut le détour. Si l'histoire de Scanlon reste prioritaire, Friedkin traite ses quatre personnages sur le même plan, là où Clouzot se concentrait sur Yves Montand. Il va les suivre jusqu'au bout. Et ce qui n'était qu'un souffle de vent devient une fantastique explosion : l'autre camion et ses occupants a disparu. C'était le Sorcerer, d'où le titre original.

 

Mais Friedkin, à la différence de Clouzot construit un contexte à ses (anti) héros. D'ailleurs, le périple en camion ne concerne que la seconde moitié du film. Nous découvrons ainsi les motivations de ces individus, pourquoi ils en sont arrivés là. Tout comme l'accent est plus mis sur les conditions de vie de ces trois épaves dans un bidonville sud-américain. Il y a des relents de dictature, tout est sale : les rues, les intérieurs, les voitures, les gens. Malgré le lavage quotidien. On aura beau frotter, la saleté reste, s'imprègne, colle à la peau des personnages. Elle est à l'image de l'âme de ces hommes. Ce ne sont pas des enfants de chœurs. Et si le barman parle allemand, c'est seulement parce que c'est un ancien réfugié nazi.

 

Tous n'ont qu'un rêve : quitter cette antichambre de l'enfer. Ce convoi, ce sera leur dernière chance de partir. Dans tous les sens du terme.

L'atmosphère y est poisseuse, étouffante. Ce n'est plus le désert aride d'Afrique du Nord. C'est la jungle américaine, avec les pluies qui vont avec. Et le passage obligé sur un pont de bois soutenu par des lianes. On tremble avec eux, encore une fois. Parce qu'on se laisse prendre par cette tension. On se laisse presque prendre par l'espoir de réussir de Scanlon. Mais comme chez Clouzot, on ne peut pas échapper à son destin, et ici, à son passé.

 

Sorti en même temps que Starwars, sans véritable star, ce film fut un échec.

Dommage.

A (re)découvrir.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Rex Ingram, #Aventures
Le Prisonnier de Zenda (The Prisoner of Zenda - Rex Ingram, 1922)

Rudolf Rassendyll est un riche oisif anglais dont un cousin éloigné va être couronné roi de Ruritanie. C'est alors pour lui une bonne occasion d'aller visiter ce beau pays.

Il faut savoir que les Rassendyll et la famille royale on les mêmes ascendants. Ce sont deux branches que le temps et la géographie ont séparées.

Une fois sur place, il est remarqué par les plus proches conseillers du roi Rudolph (ils ont le même prénom, en plus).

Ils l'ont remarqué parce qu'il a la particularité d'être un sosie parfait de son altesse !

Quand vous saurez que le frère du roi est un infâme coquin qui ne rêve que de s'emparer du trône, et que pour ce faire, il envoie une bouteille de vin drogué afin d'empêcher le couronnement : qui dit pas de prétendant, dit pas de roi. Et qui dit pas de roi, dit « la place est pour moi ! »

Bien entendu, quand le jour J arrive, le futur roi est incapable de se réveiller. Il ne reste qu'une seule solution aux conseillers : Rassendyll doit prendre sa place !

 

C'est déjà la troisième adaptation du roman d'Anthony Hope. Et Rex Ingram s'en sort très bien. La substitution amène quiproquos et décalages, quelques pointes d'humour bienvenues dans une histoire plutôt sordide. On a plaisir à voir Lewis Stone dans le premier rôle, chose qui n'arrivait pas toujours, et surtout autrement que dans une tenue de soirée impeccable. Il est un Rassendyll-Rudolph V très convaincant, montrant par là même qu'il était capable de jouer autre chose que des gentlemen. A ses côtés, la toujours très belle Alice Terry (femme du réalisateur) campe une Flavia très correcte.

Comme toujours dans ce genre de film, c'est vers les méchants qu'on se tourne. Le duc Michael (Stuart Holmes) est moustachu à souhait, fourbe, et bien entendu entouré de quelques affreux : Rupert of Hentzau (Ramon Novarro), bellâtre, coureur, opportuniste, mais avec juste ce qu'il faut d'honneur pour le sauver ; De Gautet (S. E. Jennings), avec sa fine moustache de traître ; et enfin Bersonin (Fairfax Burger), (plusieurs fois) balafré, monoclé et prussien, le képi de travers juste comme il faut pour nous faire penser à Erich von Stroheim dans Foolish Wives (sorti l'année précédente).

Ingram, en plus de s'amuser dans cette belle histoire, nous montre son savoir faire cinématographique : travellings, panoramiques et autres gros plans émaillent le film, donnant à l'intrigue un peu plus de tension.

Et puis il y a l'incontournable confrontation entre les sosies. Et Ingram ne fait pas dans la demi-mesure. Là ou un autre aurait placé deux fois l'acteur en surexposition, l'un en face de l'autre, il va plus loin : Rudolph Rassendyll (Lewis Stone) serre la main de Rudolph V (Lewis Stone). Qui dit mieux ?

Alors oui, nous connaissons (presque tous) la version de Richard Thorpe avec Stewart Granger, mais celle-ci vaut vraiment le déplacement, si ce n'était la copie proposée par Grapevine qui est d'une qualité très médiocre...

 

PS : Parmi les (petits) seconds rôles, Snitz Edwards et John George, dans des rôles plutôt habituels...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max: Fury Road (George Miller, 2015)

Trente ans après, il revient.

Mais cette fois-ci, il est hanté par ses cauchemars : son passé.

Encore une fois, même si son passé a un léger rôle à jouer, le film se regarde indépendamment de la trilogie initiale.

Mel Gibson - trop âgé, bien entendu - a laissé sa place à Tom Hardy. Mais dans l'ensemble, le rôle de passeur de Max lui convient puisqu'il s'agit encore d'atteindre un lieu mythique - en camion comme dans le deuxième - un espace vert où la nature a conservé ses droits.

Qui sont les personnes à la recherche de cet eldorado ? Des femmes. Les concubine du terrible (et horrible) Immortan Joe (Hugh Keays-Byrne, qui fait son grand retour - souvenez-vous, c'était le toecutter), qui veulent fuir ce dictateur.

Bien entendu, ça ne lui plaît pas du tout, et il va partir à leur recherche, emmenant avec lui son armée de War Boys, tous prêts à mourir pour un seul de ses regards.

Et Max, dans tout ça ?

Il était tranquille, au volant de sa voiture (comme d'habitude) quand il a été capturé par les sbires de ce redoutable personnage. Rapidement - mais non sans méfiance - il va rejoindre les fuyardes.

Parce que ce sont exclusivement des femmes qui se sont enfuies : les concubines étant dirigées par Furiosa (Charlize Theron, manchote pour l'occasion).

Et bien entendu, Max cède et va les aider à atteindre la terre promise... Qui, là encore, n'est pas celle qu'on croit.

 

Dans ce nouvel épisode, George Miller semble faire une synthèse des deux opus précédents. On a la poursuite mythique du deux, avec les motivations du trois.

Là encore, ça commence par une poursuite en voiture (rapide, par contre), mais rassurez-vous, il y en aura deux autres beaucoup plus conséquentes. Si Max ne parle pas beaucoup (une habitude), il n'est pas aussi transparent que dans le second volet. Il plutôt a la consistance du troisième. On retrouve donc le héros plus proche de ce qu'il fut à l'origine, avec le rythme du second, qui avait un peu disparu sous le dôme du tonnerre...

C'est parfois un peu trop, le rythme du début étant parfois à la limite du supportable.

Le film est conçu en trois partie :

  1. exposition de l'histoire, fuite puis première poursuite en voiture (première demi-heure) : nous découvrons la Citadelle, ses habitants, ses coutumes plus ou moins barbares, nous emmagasinons les informations nécessaires pour comprendre la fuite, puis nous assistons à la première grande poursuite, le tout sur un rythme effréné.
  2. voyage, poursuite du but fixé (une heure) : les poursuivants distancés, nous assistons à leur progression vers l'eldorado promis, dans une alternance de rythmes plus ou moins lents, nous permettant de nous remettre de la première partie.
  3. résolution de la quête, deuxième poursuite (dernière demi-heure) : tous les éléments de l'histoire se résolvent, les personnages (Furiosa et concubines) acquérant un nouveau statut. On pourrait presque parler de transfiguration.

Ces trois éléments nous renvoient à la structure d'un conte traditionnel.

Mais cela n'a rien d'étonnant, parce que quand nous allons voir un film, nous voulons avant tout voir une belle histoire !

 

Et Max ? Comme d'habitude, il retourne à sa solitude, avec ses propres démons...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max : Au-delà du Dome du tonnerre (Mad Max: Beyond Thunderdome - George Miller, 1985)

On reprend les mêmes (ou presque) et on recommence. Là encore, même si on est dans une trilogie, il n'est pas nécessaire d'avoir vu les épisodes précédents pour comprendre. Max (Mel Gibson fidèle au poste) est toujours là, au volant de son engin. Mais comme le temps a passé, il est maintenant tiré par des chameaux, l'essence n'étant plus disponible.

Non seulement, il n'y a plus d'essence, mais il semble qu'un cataclysme atomique a aggravé la situation : l'utilisation d'un compteur Geiger nous révèle la présence de radioactivité dans l'eau.

Nous sommes toujours en Australie (ce qu'il en reste), mais ce n'est plus qu'un immense désert au milieu duquel se dresse la ville susnommée.

A Bartertown, tout se négocie (to barter = troquer, échanger). Surtout, Bartertown est dirigée d'une main de maîtresse par Aunty (Tina Turner), qui a construit la ville et en détient la puissance : le méthane produit par des porcs, exploité par Master (Angelo Rossitto).

Suite à un marché passé avec Aunty, mais qui tourne mal, Max est envoyé mourir dans le désert.

Il est recueilli par un groupe d'enfants. Dès lors, la véritable quête peut commencer.

 

Comme dans l'épisode précédent, nous avons une communauté qui aspire à un eldorado. Mais cette communauté est composée - exclusivement - d'enfants. Ce sont les oubliés, les grands absents de Bartertown.

Comme dans l'épisode précédents, nous avons une horde hétéroclite d'individus plus ou moins louches - mais plus ou moins organisés en ville - dont les coiffures n'ont pas beaucoup évolué depuis l'opus précédent.

Mais cette fois, le chef est une chef-fe, et pas spécialement psychopathe. La présence de Tina Turner ayant d'ailleurs beaucoup fait pour le succès du film.

Et surtout, comme dans l'épisode précédent, il n'était pas concevable d'avoir Mad Max sans poursuite en voiture.

Par contre, la poursuite est plus courte et moins impressionnante, baissant par conséquent le nombre de morts violentes du film. Avec en prime une fin en mi-teinte de cette même poursuite.

Parce que l'intérêt est ailleurs. L'intrigue se resserre autour de Max, qui doit, à un moment choisir d'accepter son destin. Il sera à nouveau passeur.

Alors qu'il était conducteur dans le deuxième film, il devient marcheur. Et ce n'est donc pas un hasard si les enfants l'appellent « capitaine Walker » (to walk = marcher).

Mais alors que les deux premiers films se jouaient sur la route, c'est dans les airs que viendra le salut, avec l'intervention de Jedediah (Bruce Spence), qui est le prolongement du pilote de l'autogire dans le film précédent (dont il jouait déjà le rôle).

Et puis il y a l'eldorado, ce lieu mythique que les enfants rêvent d'atteindre, et atteignent en fin de compte. Mais on est loin de la cité d'or des Conquistadors, ou même du paradis terrestre escompté. Mais peu leur chaut, c'est leur eldorado.

Et Max ? Il retourne à sa solitude, ayant accompli son travail de passeur.

 

P. S. : ce film nous permet de retrouver pour la pénultième fois Angelo Rossitto, plus de cinquante ans après Freaks. Parfois, il suffit de peu de choses pour être heureux...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max 2 : le Défi (Mad Max 2: The road Warrior - George Miller, 1981)

Ca commence aussi par une poursuite en voiture. Mais cette fois-ci, c'est Max (Mel Gibson, encore lui) qui est poursuivi. Par d'autres barbares de la route.

Et ça se termine encore par une autre poursuite.

Par contre, à coup d'archives en noir et blanc, George Miller nous expose le contexte futuriste qui faisait défaut dans le premier opus. A coup d'images d'actualités des années 1940s à 1960s, un mystérieux narrateur nous explique comment on est arrivé à ce monde de chaos (guerres, violences urbaines), et en fin de séquence, ce qui est arrivé à Max avant.

 

Il y a beaucoup de similitudes entre les deux films, mais cette fois-ci, les protagonistes ont un but véritable, ce que n'avaient pas les autres dans le numéro un : récupérer l'essence, pour les méchants, atteindre un monde paradisiaque pour les gentils.

Et Max, au milieu de tout ça ? Il sera le passeur. Celui qui permettra d'atteindre cet eldorado maritime gorgé de soleil.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : Max n'a pas l'intention de rejoindre cette communauté. Comme vu dans le premier volet, Max continue sa route, imperturbable, jusqu'au bout.

 

Beaucoup pensent que ce deuxième épisode est mieux que le premier. Il faut dire que devant le succès du précédent, le budget a été multiplié par dix.

Alors, évidemment, les images s'en ressentent. Tout de même, je reste un tantinet sceptique.

Nous retrouvons donc Max très peu de temps après avoir éliminé le Toecutter (il porte les stigmates de ses blessures). Mais il n'a pas changé : il est seul et entend le rester.

Pourtant, il accepte - un peu forcé par les circonstances il est vrai - d'aider cette communauté qui n'est certainement pas constituée de doux rêveurs. Car s'ils ont des rêves d'un monde meilleur, ils aussi des armes redoutables : arcs, flingues et lance-flamme.

En face, la horde de barbares est plutôt réussie : Humungus (Kjell Nilsson), un mystérieux chef tout puissant cachant son visage sous un masque et qui n'est pas sans rappeler Jason des Vendredi 13 ; l'autre grand méchant étant Wez (Vernon Wells), punk iroquois homosexuel qui entre facilement en transe. Bref, que du beau monde.

Et ces méchants se distinguent des précédents par une violence plus forte, comme tout le film, d'ailleurs.

 

Mais si les méchants ont gagné en relief, il n'en va pas de même pour Max. Il n'est que chauffeur dans cette aventure. Certes, il a perdu sa famille, mais tout de même, son personnage manque de consistance. Il n'a pas vraiment de conscience comme précédemment. Il est devenu une sorte de mercenaire de la route. Mais après ce qu'il a vécu, comment pourrait-il en être autrement ?

Mais ce qui le caractérise le mieux, c'est le nom que lui donne le narrateur : guerrier de la route. C'est un guerrier, un petit peu justicier (son passé dans la police a quand même déteint sur sa personnalité), efficace, mais malgré tout seul. Irrémédiablement seul.

 

Enfin de compte, Miller nous propose un deuxième opus énergique et efficace des aventures de son héros, sans être toutefois vraiment la suite du premier, la fin de la séquence noir et blanc devenant plus un prétexte pour raccrocher les deux films.

En effet, chaque film peut se regarder indépendamment l'un de l'autre. Ce qui peut expliquer aussi le manque de relief de Max.

Dommage.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Miller, #Science-Fiction, #Mad Max
Mad Max (George Miller, 1979)

Max Rockatansky (Mel Gibson) - c'est son nom complet - porte un badge en bronze. Il est policier, quelque part, en Australie, en bord de mer. Sa femme s'appelle Jessie (Joanne Samuel), et ils ont un fils, Sprog.

C'est un intercepteur de la police de la route. C'est à dire qu'il arrête les criminels. Et les arrêter, soit il le fait avec des menottes, soit c'est tout au bout de la route. Dans ce dernier cas, la vie du criminel s'arrête aussi.

Nous sommes dans un futur plus ou moins proche (de 1979), qui aurait donc pu se passer dans notre passé actuel. Vous me suivez ?

Dans ce futur approximatif, peu de place reste à la loi.

C'est pourquoi un gang de motards a toute facilité d'imposer ses propres règles.

Leur chef : Toecutter (Hugh Keays-Byrne), « le coupeur d'orteils ». Un affreux. Un vrai chef, violent et méchant à souhait.

Alors quand le Toecutter s'en prend au collègue-ami de Max, puis à sa famille, plus rien ne va l'arrêter. Il n'est plus policier.

 

Voici un road movie très particulier. En effet, le héros est seul, et il ne souhaite pas rejoindre un lieu plus ou moins mythique. Ca commence par une poursuite en voiture qui n'a rien à envier à celles qu'on peut voir de nos jours. Parce qu'en plus, le budget n'était pas énorme.

Il n'y a pas d'eldorado en vue. Les protagonistes roulent vers leur destin, sans pour autant approcher un quelconque bonheur. Nous sommes dans un futur qui, sans être post-apocalyptique n'est vraiment pas idéal. Il n'y a plus vraiment de société comme on la connaît aujourd'hui. Seulement des bourgades - qui ressemblent à des lieux-dits - où peu de personnes se manifestent. Et vu ce qui arrive à ceux qui le font, on comprend que la plupart des gens restent chez eux. Même la justice n'est plus ce qu'elle était. Sitôt arrêté, un complice du Toecutter est relâché, la faute étant presque reportée sur les policiers.

Bref, c'est une vision de la fin des années 1970 plutôt désabusée.

 

Et Max ?

Dès le début, il est seul. Tout d'abord, on aperçoit ses bottes. Puis, ce sont ses mains qui vont lentement enfiler des gants. Et quand c'est au tour de son visage d'être montré, on se rend compte qu'il porte des lunettes de soleil. Ce n'est que plus tard qu'on apercevra son regard bleu (sous sa coupe de cheveux très fin seventies...).

Max, à l'instar du film est désabusé par cette situation où finalement, il n'a pas vraiment de rôle à jouer, sinon celui d'exécuteur des hautes œuvres, les arrestations étant nulles. Et si Max refuse ce rôle, la vie le rattrape et l'oblige à l'accepter.Et une fois la limite entre policier et vengeur franchie, il n'y aura plus de retour en arrière possible.

 

Et pour aller où ?

Nulle part.

Max avance au volant de sa voiture, dans la nuit, sans but précis, sur les longues routes désertes d'Australie, jusqu'au bout.

Au bout de la route ?

Au bout de la vie ?

Les deux ?

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