Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marilyn Monroe, #Joshua Logan, #Comédie
Bus Stop (Joshua Logan, 1956)

Bo (Don Murray) est un vrai cowboy. Il vit dans un ranch, comme un cowboy, parle comme un cowboy, a les manières d'un cowboy. Et c'est d'ailleurs là que le bât blesse.

Parce que question manières, tout est à faire.

il faut dire qu'il n'a jamais vraiment quitté son ranch. Alors pour Virgil (Arthur O'Connell), son mentor-tuteur-père putatif, c'est un peu gênant de se déplacer avec un tel phénomène.

Parce qu'ils sont en route pour un rodéo. Normal, pour un cowboy.

Mais Bo est un pur. Il n'a jamais connu de fille. Et quand il rencontre pour la première fois Chérie (Marilyn Monroe), c'est comme si un ange lui apparaissait.

Son nouveau but dans la vie (après le rodéo), c'est épouser Cherry (il a du mal avec le Français).

Sauf qu'on épouse pas une inconnue comme ça, surtout sans son consentement.

 

Joshua Logan nous propose ici un road movie très particulier. Si on se réfère à la définition du genre, on est à peu près dans le cadre : nous avons deux compères qui partent pour une destination presque mythique. Je dis presque mythique puisqu'ils vont à un rodéo, ce qui est tout de même du domaine cowboy. Pas de voiture non plus, seulement un bus.

Mais surtout, Bo va se lancer, malgré lui, dans une quête. Et cette quête est la plus noble, puisqu'il s'agit du grand amour.

 

Mais comme le dit l'histoire, ce n'est pas gagné. Car si Bo veut conquérir Chérie, il va devoir d'abord abandonner ses manières de cowboy. Mais surtout, il va devoir se comporter comme quelqu'un de civilisé : ne pas décider pour les autres et respecter leur intégrité.

Et nous assistons alors à une renaissance. D'une certaine façon, Bo quitte l'adolescence pour entrer dans l'âge adulte. Mais pour cela, il va devoir ravaler son orgueil. C'est le chauffeur du bus qui l'aidera, à sa façon. Mais une fois qu'il a touché le fond (et le sol, dans le cas présent), Bo est prêt à se relever, en homme différent. Don Murray est très convaincant en jeune cheval fou qui s'assagit.

 

Mais pour qu'il y ait ce passage, il faut que le prix à gagner en vaille le coup. Ce prix, c'est Chérie. Et Marilyn Monroe est une magnifique Cherry. [je ne peux pas m'empêcher de penser qu'elle est la cerise sur le gâteau... Hum, passons]

Mais si Chérie succombe, c'est avant tout parce qu'elle n'est pas très différente de Bo. Les manières en plus. Elle aussi vient d'un trou paumé à peine indiqué sur les cartes. Et finalement, son idée du bonheur n'est pas très éloignée de ce que lui propose - très maladroitement - Bo. Et puis c'est Marilyn, alors...

 

Alors on se laisse prendre par cette romance, et on s'amuse des relations entre Bo et Chérie pendant le rodéo...

En se disant que malgré tout, cette quête vers un grand amour est sans cesse à poursuivre, même quand le plus dur semble fait, ce que réalise Bo en montant une dernière fois dans le bus.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rex Ingram, #Rudolph Valentino, #Drame
Les quatre Cavaliers de l'Apocalypse (The four Horsemen of the Apocalypse - Rex Ingram, 1921)

La conquête, la guerre, la pestilence et la mort.

Tels sont ces quatre cavaliers qui sèment la désolation partout où ils passent.

Tout commence dans une hacienda d’Amérique du Sud, dirigée par Madariaga (Pomeroy Cannon). C’est un patron aimé, mais surtout craint.

Il a deux filles qui ont épousé deux hommes très différents : l’une un allemand, von Hartrott(Alan Hale), l’autre un Français, Desnoyers (Josef Swickard). L’Allemand n’a pas la préférence, et le jour où le couple français a un fils, Madariaga est aux anges : voilà – enfin – son héritier, Julio (Rudolph Valentino).
Cet héritier grandit et devient l’un des plus grands danseurs de tango du pays. Mais il doit retourner au pays de son père, où, sous des dehors d’artiste, il s’adonne à une vie oisive.

Et puis un jour, c’est la rencontre de trop : Marguerite Laurier (la belle Alice Terry), mariée trop tôt à un ami de Desnoyers.

C’est tout de suite la grande passion entre Marguerite et Julio, au grand dam du mari.

Mais, alors que tout semble se régler pour les deux amants (divorce en cours, réunion prochaine), François Ferdinand est assassiné. La guerre éclate, annonçant l'arrivée prochaine des quatre cavaliers.

Même si la guerre occupe la deuxième moitié du film, il s'agit d'une histoire d'amour impossible. Impossible du fait des circonstances et surtout de la morale (l'action se passe en 1914 !). Mais (mal)heureusement, la guerre arrange tout. Parfois même définitivement.

Alors parlons de la guerre. Rex Ingram nous fait un portrait fidèle de cette guerre que les Américains n'ont connu que sur la fin : Julio est un Poilu (il n'est pas rasé quand son père vient le voir) ; les soldats se grattent la tête (poux) mais aussi le dos (puces) ; la solidarité bat son plein (Julio partage tous ses paquets) ; et puis on assiste à une (courte) vie dans les tranchées.

L'autre versant de la guerre, c'est l'occupation. Le château de Desnoyers doit accueillir des Allemands qui se comportent comme seuls savent le faire les vainqueurs dans un territoire conquis. Ce sont des brutes avinées dont le lieutenant-colonel von Richthosen est un magnifique spécimen, joué par l'incomparable Wallace Beery, absolument pas en subtilité. Un vrai Teuton, barbare à souhait.

Mais si la guerre va régler certains points, elle en soulève d'autres : Julio s'engage du côté français, certes, mais ses cousins sont en face. Et le devoir oblige à tirer.

Rassurez-vous, il n'y aura pas de cas de conscience. Ce seront des bons petits soldats.

Au-delà de cette histoire faussement scandaleuse (finalement, la morale est sauve), nous assistons à la naissance d'un mythe : Rudolph Valentino.

Il est Julio, cet Argentin arrogant, sûr de lui, séducteur. Un tantinet horripilant, même. Mais quand il se met à danser le tango avec Beatrice Dominguez, on passe dans une autre dimension. Alors que le premier couple nous sert un tango conventionnel, voire prude, dès que Valentino dirige, un grand souffle de sensualité se lève sur l'écran. Il est irrésistible.

Pourtant, malgré ce rôle de tombeur absolu, en rencontrant la belle Marguerite, il nous montre qu'il peut aussi être l'homme d'une seule femme, allant jusqu'à s'engager dans la guerre afin de ne plus souffrir de leur séparation.

Bref, un grand acteur est né, dont l'aura survivra à sa mort prématurée cinq ans plus tard.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Scorsese, #Histoire, #Drame
Gangs of New York (Martin Scorsese, 2002)

Five points.

Ce n'est pas un score, c'est une carrefour. Celui de cinq rues de New York : Mulberry, Anthony Street, Cross Street, Orange Street et Little Water Street. Dans Manhattan.

En 1846, et même après, c'est une espèce de bidonville où survivent les nouveaux arrivants sur ce nouveau continent. Et, bien entendu, surtout des Irlandais. Il y a des gens qui vivent les uns au-dessus des autres, mais aussi en-dessous des autres. Enfin qui essaient de survivre.

Leur chef : « Priest » Vallon (Liam Neeson). Sous les yeux de son fils, il se prépare pour l'affrontement final.

Contre qui ? Contre Bill « the Butcher » Cutting (Daniel Day-Lewis), le chef des Natives, ces Américains pur souche, racistes, et qui, de par ce fait, se considèrent supérieurs à tous les autres et, s'ils ne les persuadent pas de retourner d'où ils viennent, leurs font la guerre.

Alors c'est la guerre. Un affrontement à l'ancienne, à mains nues ou au couteau, avec tout ce qui peut servir d'arme.

Cette fois-ci, « Priest » Vallon a perdu, Bill Cutting l'a défait définitivement. Son fils est « confié » à l'assistance publique.

Seize ans plus tard, « Amsterdam » Vallon sort de maison de redressement avec une idée en tête : venger la mort de son père.

 

Martin Scorsese nous offre ici un magnifique film de gangsters en costumes. Parce que pour une fois, les costumes ne cachent pas quelque pudibonderie ou hypocrisie. Non. Les costumes servent surtout à se reconnaître dans la mêlée : chapeaux haut de forme pour les Natives, guenilles pour les Dead Rabbits.

Au-delà de l'affrontement, c'est un pan de la Guerre Civile américaine qui est évoqué dans ce film. Quand Amsterdam revient à Five Points, c'est en pleine guerre de Sécession. L'enrôlement (pour le Nord) se fait à tour de bras. Cela permet une magnifique séquence pleine de cynisme dans le port de New York :

- les immigrants descendent du bateau et sont accueillis par l'administration ;

- les hommes signent leur reconnaissance de nationalité américaine ainsi que leur contrat d'enrôlement ;

- puis, ils sont habillés et équipés pour la guerre ;

- ensuite, ils prennent un autre bateau qui les descendra vers le théâtre des opérations, pendant qu'on y décharge les cercueils de ceux qui sont tombés récemment et qui seront rendus à leur famille.

 

Et pendant la Guerre, les affaires continuent et Bill Cutting règne en patron sur Five Points alors que s'y déroulent maints forfaits : vols, extorsion, violences caractérisées (etc).

Le tout avec la bénédiction du représentant de l'Etat (Jim Broadbent), qui, en plus, organise la conscription.

Nous assistons alors à la montée de la colère des habitants de New York qui en ont assez de cette guerre civile lointaine et veulent retrouver une vie normale. Et cette colère s'amplifie à mesure que Scorsese nous fait lire les coupures de presse annonçant les morts.

Et quand a lieu l'affrontement final, c'est le jour où l'armée décide d'intervenir : tirant sur la foule au fusil voire au canon, détruisant par là-même en partie Five Points.

 

Mais, comme chez John Ford, la civilisation est en marche et ceux qui la refusent disparaîtront avec elle.

En effet, les Natives, forts de leur droit du sol (et du sang) ne peuvent éternellement contrôler l'arrivée massive des immigrants de la vieille Europe. Et ces immigrants (irlandais, allemands, polonais) s'uniront pour faire de l'Amérique ce qu'elle est encore aujourd'hui : un creuset où sont mélangés différentes populations afin de créer l'Américain rêvé, fier et reconnaissant de son nouveau sol.

Au vu des élections prochaines (2024), on peut se demander si ce modèle va perdurer. Mais je disais déjà ça il y a huit ans...

 

La vanité, enfin, est une composante du film. Elle concerne Bill Cutting, bien entendu, mais aussi Amsterdam. Quand il est soigné dans les catacombes, Scorsese nous montre des empilements de crânes. Or, les peintres plaçaient toujours un crâne dans leurs natures mortes, afin de souligner la vanité des hommes. Et ici, Scorsese ajoute un élément essentiel à cette vanité : dans le plan final, on y voit les tombes de « Priest » Vallon et Bill Cutting, l'une à côté de l'autre - comme deux chefs qui se respectent et se respectaient - s'enfouir lentement mais totalement alors que New York évolue pour devenir celle que nous connaissons.

 

Il ne reste plus rien de ces « grands » hommes.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marc Forster, #Drame
Neverland (Finding Neverland - Marc Forster, 2004)

Il n'y a pas de quoi révolutionner le cinéma, non. Mais un je ne sais quoi qui nous amène « un sourire, et peut-être, une larme. »

James Barrie (Johnny Depp) est coincé dans sa vie victorienne, avec sa femme victorienne, dans sa maison victorienne, dans cette société victorienne. Pourtant, la vieille Victoria est morte depuis deux ans quand commence le film. Mais plus de cinquante ans de règne, ça laisse des traces. C'est une société sclérosée, refermée sur elle-même, prude... Bref, ennuyeuse à souhait. Mais que voulez-vous, c'était aussi ça, l'Angleterre au début du vingtième siècle.

James est un dramaturge. Malheureusement pour lui, son inspiration a choisi d'aller faire un tour, et ce qu'il produit n'est pas terrible. Tout se délite. Surtout sa femme (victorienne) Mary (Radha Mitchell) avec qui il fait chambre à part...

 

Mais, un jour qu'il part chercher l'inspiration dans le parc, il fait la connaissance des enfants Llewellyn-Davies, que leur mère (Kate Winslet) emmène jouer. Et là, sa vie bascule.

Il se prend d'amitié pour eux et retrouve alors son inspiration juvénile. Et à force de croiser ces enfants, d'élaborer des aventures pour eux, lentement une nouvelle histoire se met en place. Ce sera Peter Pan.

Mais la maladie est le quotidien des enfants et après avoir perdu leur père, les enfants voient leur mère décliner.

 

Ce qui est bien avec le cinéma, c'est que tout est permis. Et quand on fait un biopic, on arrange toujours un peu les choses. Alors oui, Marc Forster triche avec la vérité. Mais est-ce là le principal ? Non. Ce qui est magique (je pèse mes mots), c'est l'élaboration de ce qui sera l'un des plus grands best-sellers de l'enfance. Nous assistons à la mise en place d'une histoire qui fait encore rêver les enfants. Et la scène de la première de la pièce, avec la présence des orphelins du voisinage est une très bonne illustration du pouvoir onirique de cette histoire. Le placement des enfants, disséminés dans un théâtre qui n'était pas conçu pour eux est le coup de génie, l'inspiration suprême de Barrie pour contribuer au succès de sa pièce.

Alors on se laisse faire, comme les adultes à la représentation et on plonge la tête la première dans cet univers, comme le fait Kate Winslet dans une scène d'un onirisme fantastique.

 

Alors oui, c'est beau, c'est bien fait, émouvant à souhait, les acteurs jouent juste. Il n'y a pas de raison de bouder son plaisir. Et en plus, on découvre un petit jeune homme qui fera parler de lui, dans le rôle de Peter : Freddie Highmore.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Arthur Penn, #Gangsters
Bonnie and Clyde (Arthur Penn, 1967)

Elle s'ennuie, seule, nue, sur son lit, contre les barreaux. Elle s'ennuie. Elle regarde par la fenêtre, histoire de.

Il est là. Il regarde la voiture, imagine où il pourrait aller avec.

Elle le voit. Elle lui parle.

Il répond.

Elle s'habille. Elle descend.

Ils s'en vont avec la voiture.

C'est le début de leur aventure. De leurs aventures. Le début de leur fin.

Elle, c'est Bonnie Parker (Faye Dunaway).

Lui, c'est Clyde Barrow (Warren Beatty).

 

En 1931, l'Amérique vit la grande Dépression depuis la fin 1929. Peu d'espoir pour les gens, dans l'Amérique profonde. On pense aux Raisins de la colère, à Notre Pain quotidien, ces films sur les gens chassés de chez eux par la crise. Peu d'espoir, sinon un seul, entrevu deux fois, en miroir, au début et à la fin : Franklin D. Roosevelt.

Mais Bonnie & Clyde ont choisi de partir. La crise ne les a pas vraiment touchés. Juste l'ennui pour Bonnie, et un passé peu recommandable pour Clyde.

Alors ils partent, et ils pillent. Parce que Clyde est armé. Il a un gros pistolet. Bonnie caresse ce pistolet en métal froid. Et c'est tout. Parce que Clyde n'est pas du genre « amoureux ».

Tant pis, Bonnie se résigne. Pas de relation physique.

 

Ou plutôt si. Mais pas dans un lit. Clyde, ce qui le fait jouir, c'est de braquer une banque. Mais la première fois, avec Bonnie, ça ne se passe pas comme il faut. C'est parfois ainsi la première fois. Alors ils persévère : il sort son pistolet et il le brandit fièrement, activant la remise des espèces. Jusqu'au jour où ça fonctionne. Jusqu'au jour où il pourra - enfin - transposer cette relation horizontalement. Malheureusement, il sera déjà trop tard.

 

Arthur Penn s'attaque au road movie de gangsters. Un mélange de genre plutôt réussi. Bien entendu, c'est une vision romancée, voire idéalisée de Bonnie & Clyde. Mais qu'importe. Nous suivons les tribulations du gang Barrow sur les routes américaines, accompagné d'une musique enjouée de banjo (Foggy Mountain Breakdown) : un véritable décalage entre ce qui s'est produit, le caractère criminel de leurs activités et le ton léger ainsi donné.

 

Parce que ce film a une tendance à admirer ce couple sulfureux. La critique - (très) conservatrice, on est avant 1968 - tombera sur le film et reprochera cette vision idyllique. Mais le public ne s'y trompera pas et l'encensera, en faisant, avec le temps un film culte.

Parce qu'au-delà de l'errance criminelle de deux jeunes gens (23 et 25 ans le jours de leur mort), c'est aussi l'errance d'une jeunesse - celle de 1966-67 - qui ne croit plus en rien et va s'épanouir l'année suivante.

 

Mais « heureusement », force reste à la loi. Bonnie & Clyde sont exécutés, de façon expéditive, à la manière de ce bon juge Lynch : sans procès, dans une embuscade, le temps de vider les chargeurs.

Et là, s'installe le silence. Pas de commentaire.

The end.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stanley Kubrick, #Horreur
Shining (The Shining - Stanley Kubrick, 1980)

Un homme seul avance dans la neige.

Il erre.

Il boite.

Il a froid.

Il crie.

Il porte une hache.

C'est Jack Torrance (Jack Nicholson). Un ancien prof. Un écrivaillon.

C'est le gardien d'hiver de l'hôtel Overlook.

L'hôtel Overlook est ouvert six mois dans l'année : aux beaux jours exclusivement : de mai à octobre. Jack a été rengagé pour s'occuper du bâtiment pendant les autres mois, pour l'entretien général, histoire de ne pas avoir de mauvaises surprises à la réouverture.

Il s'installe avec sa femme Wendy (Shelley Duvall) et son fils Danny (Danny Lloyd). Et tant que la neige ne montre pas le bout de son nez, tout se passe bien. Sauf que.

Sauf que Danny possède un don particulier : le shining. Cela lui permet de voir le passé, mais aussi le futur. Mais sans explication. Alors se retrouver dans un hôtel où ils ne vivent qu'à trois et croiser, au détour d'un couloir deux petites filles qui l'invitent à jouer, évidemment, ça a de quoi inquiéter.

Et quand la neige arrive, la situation se dégrade vite : l'état mental de Jack se détériore rapidement, et des drôles de phénomènes se produisent... Car c'est avec l'arrivée de la neige que la folie se déclare.

 

Absolument brillant.

Trois ans après la fresque en costumes Barry Lyndon, Kubrick se remet à tourner. Après avoir tâté différents genres - film de gangsters avec L'ultime Razzia, péplum avec Spartacus, film de guerre avec Les Sentiers de la gloire, anticipation avec 2001, l'Odyssée de l'espace et Orange mécanique - Kubrick nous fait son film d'épouvante, plus un film d'atmosphère d'ailleurs.

C'est un film complet, au rythme lent mais inexorable qui nous amène à une conclusion (presque) prévisible. Parce que la fin n'est pas tout. Ce qui est important, c'est d'y arriver.

Alors Kubrick prend son temps et joue avec. La première séquence se situe en été, et Jack est embauché. Puis, nous nous retrouvons le jour de la fermeture, seule date à peu près définie (Octobre ? Novembre ?). Puis, nouvelle indication temporelle : « un mois plus tard ». Ensuite, se suivent des jours de la semaine, non consécutifs jusqu'au dernier intertitre : « 16 heures ». Mais si le temps de la narration s'accélère, le film, lui garde ce même rythme faussement lent. Le montage est parfait. Chaque changement de plan est pertinent.

La caméra est extrêmement importante. Toujours, me direz-vous. Mais ici, encore plus qu'ailleurs. Les plans sont incroyables, voire impossibles. On voit les visages des acteurs selon des angles inhabituels (un peu moins maintenant, le film a fait des émules...) : des contre-plongées inquiétantes quand Wendy lit la prose de Jack ; quand Jack est enfermé dans la réserve... Et puis il y a les travellings : avant quand Danny pédale à travers les longs couloirs de l'hôtel, arrière quand Jack poursuit son fils dans le labyrinthe. Parce qu'en plus, il y a un labyrinthe. On le voit deux fois : aux beaux jours, un après-midi, quand tout va bien, Wendy et Danny s'amusent à s'y perdre pendant que Jack écrit ; à la fin, la nuit, quand Danny essaie d'échapper à son père.

Ce labyrinthe n'est pas seulement une curiosité pour les clients de l'hôtel ; on peut imaginer qu'il représente les méandres de l'esprit dérangé de Jack. Et Jack s'y perdra, comme il a perdu la raison dans un recoin de son cerveau. Mais tout compte fait, il avait dit à son fils qu'il voudrait y rester pour toujours, alors...

Nous sommes dans un lieu hanté. Hanté par la folie de Jack, mais aussi par des phénomènes et des gens : les jumelles dans le couloir, la femme de la chambre 237, une balle de base-ball, une chambre ouverte (la 237, tiens, tiens...). Bref du surnaturel pas si incroyable. Juste un peu décalé. Juste assez pour nous faire frissonner. Et les musiques retenues collent parfaitement à l'atmosphère du film. A tel point qu'à un moment, on peut se demander si elles accompagnent l'action ou si elles en sont parties prenantes.

Les acteurs, enfin, sont formidables. Jack Nicholson est - on le savait déjà - un fou magnifique. Il passe rapidement d'un regard normal à celui d'un déséquilibré avec beaucoup de naturel. Son premier « dérangement » le voit la tête baissée, mais le regard vers le haut : un regard de folie maintes fois utilisé par Kubrick dans ses films, et surtout repris dans le suivant (Full metal Jacket) avec le personnage de Whale.

Shelley Duvall, elle aussi, est extraordinaire. Il est clair que le tournage fut éprouvant pour elle, et sa performance n'en est que plus belle. Elle campe une Wendy terrible et terrifiée plus que vraisemblable. Son physique particulier étant un atout supplémentaire pour son rôle.

Danny Lloyd, enfin, avait six ans au début du tournage et n'a vu le film que presque 10 ans après. On comprend pourquoi : il ne savait pas que le film faisait peur pendant le tournage. Là encore, quelle performance !

La fin nous laisse sur une énigme. La photo du bal du 4 juillet 1921. Pour ma part, je pense que cette énigme est aussi sa solution : il faut revenir dans le passé, revenir avant.

Avant.

Avant dans le film, avant dans l'histoire de la construction de l'hôtel...

Et peut-être qu'on y trouve la réponse.

A vous de vous faire un idée.

 

Conclusion :

Un film qui, en plus, se bonifie à chaque visionnage : il y a toujours quelque chose à y (re)découvrir.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean Negulesco, #Marilyn Monroe, #Comédie
Comment épouser un Millionnaire (How to marry a Millionaire - Jean Negulesco, 1953)

Il était une fois trois filles superbes qui avaient décidé d'épouser chacune un millionnaire.

Une, Schatze Page (Lauren Bacall), l'intellectuelle, dirige l'opération. Une autre, Pola Debevoise (Marilyn Monroe), la myope, essaie de na pas montrer qu'elle porte des lunettes. Et la troisième, Loco Dempsey (Betty Grable), juste Loco ou Loke (ça fait moins espagnol...).

Toutes trois se sont installées dans un appartement de New York, un véritable piège à ours célibataire et fortuné. Mais c'est bien connu, l'enfer est pavé de bonnes intentions, et rapidement nos trois drôles de dames se retrouvent sans le sous et doivent vendre régulièrement le mobilier de leur meublé...

Et puis J. D. Hanley débarque dans leur vie alors que tout va mal, et la roue se met à tourner. Elles rencontrent de riches messieurs et commencent à échafauder des projets futurs où luxe et volupté sont les maîtres mots.

Mais si la vie était aussi simple, ça se saurait, et le film serait rapidement terminé.

Nous allons donc suivre trois destins en parallèle avec tous un point commun : elles ne finiront pas avec celui qu'elles espéraient.

Trois bombes !

- Betty Grable, qui fut l'égérie des soldats américains pendant la deuxième guerre mondiale ;

- Lauren Bacall, l'épouse de Bogart, avec sa voix grave et sensuelle ;

- Marilyn, bien entendu, plus besoin de la présenter.

 

Même si Betty Grable est plus âgée, elle ne détone pas dans cette comédie faussement féministe. Parce que malgré le fait que ces trois superbes actrices se partagent la vedette, leurs aspirations n'ont rien de féministes [Rappel : Simone de Beauvoir a écrit Le deuxième Sexe quatre ans auparavant...]. Que cherchent-elles ? Un mari riche qui satisfera leur moindre désir. Il faut dire que nous sommes aux Etats-Unis dans la première moitié des années 1950, et que la cause féministe n'est pas d'actualité au cinéma. Pour preuve, il suffit de bien observer les musiciens de l'orchestre dirigé par Alfred Newman : à part les deux flûtistes, il n'y a que des hommes ! Et le format Cinemascope n'arrive pas à masquer ce fait.

Quoi qu'il en soit, nous nous régalons de ces trois jeunes femmes aux hautes aspirations qui finalement succombent à l'amour à défaut d'argent.

La palme revenant à Lauren Bacall qui fera tout pour épouser un vieux riche (J. D.), alors qu'elle aime un jeune homme (pas assez bien pour elle, bien entendu...). Elle montre aussi qu'on peut être intellectuelle et froide et succomber à la passion... Avec humour !

 

Negulesco s'amuse avec ces trois femmes. Chacune a droit à un clin d'œil particulier :

- Betty Grable : Loco pense reconnaître Harry James à la radio et bien entendu, elle se trompe. Mais le plus comique, c'est que H. James était son mari à l'époque.

- Lauren Bacall : Pour épouser un homme riche, même vieux, Schatze annonce qu'elle aime les hommes d'âge mûr, et de préciser : « Par exemple ce vieux type, comment il s'appelle? Celui qui joue dans La Reine africaine. Je suis folle de lui ! » (Vous savez tous que c'est Bogart qui le jouait)

- Marilyn Monroe : elle est mannequin comme les deux autres, et lors d'un défilé, elle porte un ensemble « Diamonds are the girls' best Friend », titre de la célèbre chanson qu'elle interprétait dans son film précédent (Gentlemen prefer Blondes).

 

Donc, beaucoup d'humour, et des actrices waouh !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lon Chaney, #Rupert Julian, #Horreur
Le Fantôme de l'Opéra (The Phantom of the Opera - Rupert Julian, 1925)

Lon Chaney était « l'Homme aux mille visages ».

Pourtant, ici, pour voir son visage, il faut attendre trois quarts d'heure. Le reste du temps, il porte un masque.

Mais l'attente est comblée. Rarement, on a vu un visage aussi défiguré. Il y a de la laideur, de la méchanceté et beaucoup de désespoir dans ce visage.

Comme Lon Chaney ne peut pas toujours montrer son visage, il se rattrape avec ses mains. Elles sont elles aussi très expressives et participent beaucoup à l'intrigue.

L'intrigue ?

Un sortilège entoure l'Opéra Garnier. Un fantôme y rôde et y fait la pluie et le beau temps. Il réussit à remplacer la grande vedette Carlotta (Mary Fabian) par sa doublure Christine Daaé (Mary Philbin).

Mais cette promotion a un prix : elle doit aimer en retour le fantôme à qui elle doit sa renommée. Mais Christine aime Raoul de Chagny (Norman Kerry).

Encore une fois, Lon Chaney a un rôle d'amoureux frustré. Erik, comme plus tard Alonzo (L'Inconnu), aime sans retour. Mais cette fois-ci, quand le masque tombe, on comprend pourquoi. Il est à noter que Mary Philbin, quand elle enlève le masque voit pour la première fois le visage que s'est fait Lon Chaney. Sa répulsion devenant tout d'un coup moins feinte.

Il faut dire que ce visage fut l'un des coups les plus étonnants du cinéma. On avait même prévu des sels dans la salle de cinéma pour d'éventuels évanouissements...

On est aussi frappé par l'utilisation de la lumière et de la couleur dans ce film.

De nombreux filtres de couleurs émaillent ce film, le rapprochant des couleurs réelles. La scène du bal costumé étant par ailleurs la seule rescapée de toutes celles qui furent tournées en couleur. Et grâce au travail dirigé par Kevin Brownlow (loué soit son nom...), nous pouvons maintenant apprécier ce film dans une copie de bonne facture où le brouillard des mauvaises copies a été effacé, nous permettant de savourer une heure trente-quatre de Lon Chaney.

Et puis il y a les ombres. On se croirait presque dans un film allemand de la même époque.

D'ailleurs, le fantôme est avant tout une ombre qu'on aperçoit sur des murs, dans des décors sombres. On ne sait s'il existe réellement.

Ce rôle extrêmement marquant est l'un des plus significatif de Lon Chaney. On ne peut oublier Erik, cet ange du mal qui  n'a rien à envier au Méphisto du Faust qui est joué sur la scène de l'Opéra. Oui, Lon Chaney a souffert pour ce visage : son nez saignait, sa peau était tirée par des élastiques et de petits crochets... Lon Chaney reste Lon Chaney !

Mais Erik, malgré son apparence monstrueuse, est humain. C'est un amoureux désespéré. Tout, dans son attitude le montre. Quand il pense avoir trouvé l'amour auprès de Christine, il se rend compte qu'il n'en est rien. Elle aura beau lui promettre de l'aimer pour sauver son amoureux, il se rend compte qu'elle n'en fera rien. Alors Erik n'a rien à perdre. Et sa fin tragique est empreinte d'un désespoir grandiose,  la seule possible pour un personnage qui était devenu complètement fou.

Voir les commentaires

<< < 1 2

Articles récents

Hébergé par Overblog