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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

catastrophe

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Catastrophe, #Henry King
La Conquête de Barbara Worth (The Winning of Barbara WorthHenry King, 1926)

Barbara Worth (Vilma Bánky) est une fille du désert. Après la mort de ses parents, elle est recueillie par Jefferson Worth qui est en expédition pour transformer le désert en nouvel Eden. Ce dernier l’adopte.

Quinze ans plus tard, le Colorado a été maîtrisé et une nouvelle vallée fertile se profile à l’horizon. James Greenfield (E.J. Ratcliffe) est le maître de la nouvelle ville et il compte en tirer un maximum de profit. Mais le Colorado ne l’entend pas de cette oreille et menace de déborder. Greenfield ne veut pas en entendre parler et se débarrasse de Worth et son équipe, qui retourne d’où ils venaient. D’une manière générale, il se débarrasse de tous ceux qui ne voient pas un avenir aussi radieux que lui. C’est donc le cas de son fils adoptif Willard Holmes (Ronald Colman), qui prévoit une crue exceptionnelle.

Bien entendu, la crue aura lieu.

 

Un an avant Wings, voici les véritables début de Gary Cooper : Harold Goodwin, qui devait interpréter Abe Lee, étant indisponible (cf. Tarzan & le Lion d’or), c’est donc un jeune cascadeur qui prend sa place. Et c’est la révélation : Cooper ne quittera l’écran que forcé par le cancer, une trentaine d’années plus tard (1961). IL faut dire qu’il a tout pour lui : grand,  subtile et des yeux incroyablement bleus, même dans un format en noir et blanc.

Mais n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’un film avec le couple gagnant du moment : Ronald Colman et Vilma Bánky. Et face à Colman, Cooper ne fait pas (encore) le poids. Il faut dire Colman possède les attributs du jeune premier de l’époque : un regard de velours et une moustache fine qui n’est pas encore l’apanage des méchants.

 

Alors on se concentre sur Willard et Barbara, et on retrouve une histoire d’amour somme toute très convenue. Très convenue parce que l’intérêt du film est ailleurs : la conquête des éléments, et en particulier le fleuve Colorado. Et comme King nous l’avait montré trois ans plus tôt – avec déjà Ronald Colman – il s’y connaît en film catastrophe. Après les laves du Vésuve, voici la crue du siècle (1908, semble-t-il) qui vit le Colorado sortir de son lit. Et cet épisode, s’il est relativement court au vu du film, est tout de même son sommet, avec effets spéciaux époustouflants (pour l’époque, mais aussi pour maintenant), avec déferlement spectaculaire d’eaux tumul-tueuses. C’est absolument impressionnant de voir ces eaux engloutir une ville (champignon) mais surtout submerger même les humains qui tentent d’y échapper.

 

Bref, Henry King est pleinement dans son élément et nous propose une adaptation léchée du best-seller de Harold Bell Wright. De plus, il s’agit d’une version teintée qui épouse les différents lieux et moments de l’intrigue : le désert, le soir…

Et puis c’est un western. Pas avec duel au soleil et héros qui part dans le soleil couchant. Non, un western où il est question d’aller toujours plus à l’Ouest et de maîtriser la nature pour faire triompher l’homme américain (1). Mais si nous n’avons pas le duel final, nous avons tout de même les espaces infinis et un échange de coups de revolver : l’honneur est sauf. De même, la présence de la ville-champignon (Kingston) et de Barba permettent à King de mettre zen place une petite communauté qui, si elle n’atteint pas le niveau de chez Ford, n’en demeure pas moins intéressante.

De même on retrouve un duo comique mais inévitable : Texas Joe (Clyde Cook) et Pat Mooney (Erwin Connelly). Ces deux-là sont aussi dissemblables qu’inséparables, sans cesse à se quereller mais sont aussi un soutien solide pour Worth et son équipe. Ils permettent en outre quelques pauses indispensables dans la narration.

 

Et puis il y a les méchants. Greenfield, bien entendu, qui n’est pas sans annoncer un président : tout comme lui, les mauvaises nouvelles – celles qui ne l’arrangent pas, s’entend – sont bannies et ceux qui les annoncent avec elles. Mais comme nous sommes dans un film américain, il expiera et gagnera son salut (rédemption, quand tu nous tiens…). L’autre – véritable – méchant, c’est McDonald (Ed Brady). Il a tout d’abord une belle allure de faux jeton et va tout faire pour nuire à Worth et son équipe. Sans oublier une certaine concupiscence envers Barbara qui l’amènera à toutes les extrémités (Rassurez-vous, il n’arrivera pas à ses fins !).

 

Bref, Henry King signe ici un magnifique western, servi par une distribution impeccable, renouant – avec brio – avec le genre catastrophe. De plus, la maîtrise technique permet quelques séquences spectaculaires et de très beaux plans. Tout pour plaire, donc.

A (re)voir !

 

  1. N’oublions pas que les Etats-Unis sont la Nouvelle Terre Promise, avec tous les sous-entendus religieux que cela implique.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Danny Boyle
28 Semaines plus tard (28 Weeks later - Danny Boyle, 2007)

Vous vous souvenez de Jim (Cillian Murphy) et Selena (Naomie Harris) et cette histoire de virus (28 Jours plus tard, 2002) ?

C’est au tour de Don (Robert « Begbie » Carlyle) et sa femme Alice (Catherine McCormack) d’être les victimes de ces espèces de zombies modernes, dans leur retraite campagnarde, pendant que leurs enfants – Tammy (Imogen Poots) et Andy (Mackintosh Muggleton) sont éloignés.

Don réussit à s’enfuir, laissant son épouse se faire infecter et donc passer du côté obscur des zombies.

Alors, quand les enfants reviennent et sont accueillis par leur seul père, ils sont déçus. Profitant d’une faiblesse dans la surveillance, les deux enfants retournent dans leur ancienne maison. Et là, ô surprise : Alice est là. Et elle semble tout à fait normale !

Bien entendu, elle porte en elle le virus et le cauchemar va reprendre.

 

C’est donc une suite, sans en être une puisque nous ne retrouvons personne du premier opus. Et surtout, Danny Boyle a laissé la barre à Juan Carlos Fresnadillo, qui a aussi participé au scénario. C’est tout aussi efficace que le premier film, mais, à l’instar de nombreuses séries de films, on y perd en qualité. Pas beaucoup, peut-être, mais assez pour regretter Boyle.

En effet, la différence réside essentiellement dans le traitement des infectés. Alors que Boyle les traitait avant tout en personnes humaines, Fresnadillo les considère uniquement comme des monstres : le virus fait immédiatement effet et les conséquences sont aussi rapides que spectaculaires et surtout sanglantes. Et c’est ce dernier aspect qui a tendance à prendre le pas sur le reste.

 

Mais malgré tout, le film se tient et on a un plaisir un tantinet morbide à regarder cette suite horrifique. S’il n’y a plus le côté découverte du premier film, on y trouve tout de même un autre intérêt : le rôle des militaires.

Ce sont les véritables maîtres du monde concerné : ce sont eux qui installent les rescapés (non infectés) dans un quartier officiellement sécurisé. Mais les humains étant ce qu’ils sont, et les règlements faits pour être enfreints, ce qui semblait une situation protégée devient un nouveau lieu d’horreur. Et cette famille centrale de l’intrigue devient, à plusieurs niveaux, l’instrument du destin inéluctable : le retour du virus.

 

C’est donc là qu’interviennent pleinement les militaires !

Comment ? En faisant ce pourquoi ils (se) sont engagés : tuer. Et ce, en deux phases :

  1. Des tireurs d’élite (les fameux snipers) qui sélectionnent avec beaucoup d’attention leurs cibles (les infectés) ;
  2. Quand il n’est plus possible de distinguer qui est sain et qui ne l’est pas, on retrouve les vieux réflexes militaires de base : ils tirent dans le tas, sans aucune distinction, jusqu’à extermination totale des protagonistes.

Mais, malgré tout, Fresnadillo laissent une fenêtre d’espoir dans ce corps soldatesque : Scarlet (Rose Byrne) et surtout Doyle (Jeremy « Hawkeye » Renner). Tous deux font partie du corps militaire mais chacun, à sa manière a déserté : Scarlet malgré elle dans la cohue qui a suivi le retour du virus, et Doyle parce qu’il ne pouvait plus tirer au hasard, surtout avec la présence d’un enfant.

Les autres, par contre, ne s’embarrassent pas de détail !

 

Au final, malgré les réserves énoncées plus haut, ce film est une bonne suite du premier, développant un autre aspect entrevu brièvement lors de l’épisode précédent : comment une famille réagit face à cette calamité.

Et, décidément, Robert Carlyle sait tout faire !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Jan de Bont, #Bill Paxton
Twister (Jan de Bont, 1996)

1996.
C'était le temps où les effets spéciaux numériques étaient encore balbutiants. Tellement que l'intrigue était mise de côté pour le spectacle (Indepedance Day, Deep Impact...). Mais heureusement, il restait des films spectaculaires qui avaient du sens, voire de l'humour (Mars Attacks!).
Et Twister fait partie de cette deuxième catégorie: des effets spéciaux à couper le souffle au service d'une intrigue intéressante, avec en prime quelques petites pointes d'humour. Bref, un film.

Bill Harding (Bill Paxton), spécialiste des tornades (en anglais twister), est en train de changer de vie: il va épouser une nouvelle femme, Melissa (Jami Gertz), et a décroché un contrat pour présenter la météo sur une grande chaîne de télévision. Mais il a besoin de réaliser une dernière petite formalité: récupérer les papiers du divorce - signés - auprès de sa future ex-femme, Jo (Helen Hunt), elle aussi spécialiste des ouragans et autres vents plus que forts.
Une fois sur place, il se rend compte qu'elle a fait avancer leur projet commun d'étude des tornades au-delà de ses espérances.
Et comme un tempête phénoménale approche...

Pour son deuxième film – sur un total de cinq – en tant que réalisateur, Jan de Bont nous gratifie à nouveau d'un film spectaculaire, utilisant à bon escient la technologie, abordant un autre genre du film catastrophe, la tempête. Nous sommes, bien sûr, très loin du Kansas de Dorothy (1), non pas pour la force de la tempête, mais bien pour les effets sur les humains et les objets, et surtout, nous ne trouvons pas les incohérences relevées dans Hurricane (Rob Cohen, 2018). Jan de Bont, réitère l’exploit de Speed (1994) et nous emmène au plus près de l’ouragan avec, encore une fois, un couple qui doit se éparer mais n’y arrive pas.

Non, je ne révèle pas la fin du film : si Jami Gertz est très séduisante, elle ne peut pas faire le poids face à Helen Hunt ! Surtout que le personnage qu’interprète HH, est autrement plus intéressant.

 

C’est d’ailleurs elle le personnage central de cette intrigue. Et Michael Crichton (au scénario) l’a gâtée : c’est elle qui est à l’origine de l’évolution de la recherche depuis que Bill est parti (2) et surtout de la présence des nouvelles machines.

Et encore une fois, Helen Hunt campe magnifiquement son personnage qui, à l’instar de Sandra Bullock dans le film précédent de Bont possède une grande force. Elle complète très bien le personnage de Bill Paxton, lui aussi impeccable.

Alors oui, Jami Gertz est un personnage plus lisse qui a tendance à s’effacer voire se retirer devant l’activité de son ex-futur mari : plus qu’un métier, c’est une passion dévorante – et dangereuse – qu’elle n’est pas prête à partager. Pas étonnant donc que Jo & Bill restent ensemble à la fin. Et là encore, ce n’est tout de même pas le plus important.

 

Le plus important, c’est bien sûr les tempêtes qui se suivent – et ne se ressemblent pas, bien entendu – qui sont chassées par Jo & Bill mais pas en tant qu’ennemies ou nuisibles. Il y a une admiration pour ces phénomènes climatiques extrêmes qu’on ne retrouve pas dans l’autre personnage (presque) important de cette histoire, Jonas (Car « Wesley » Elwes). Et ceci pour une très bonne raison : Jonas est le méchant de l’intrigue. C’est un ancien coéquipier des deux autres, mais on peut dire qu’il a mal tourné. Quoi qu’il en soit, c’est avant tout un concurrent dans l’étude des ouragans, plutôt qu’un affreux. D’ailleurs, on ne le suit ni ne le rencontre pas beaucoup. Et le film n’a pas vraiment besoin d’un méchant pour être réussi.

Alors attachez-vous bien à votre fauteuil, et si vous êtes perspicace, vous reconnaîtrez du premier coup Philip Seymour Hoffman : il ales cheveux longs !

 

  1. On y fait tout de même référence…
  2. Si c’était le contraire, Jo n’aurait pas la même équipe autour d’elle. De toute façon, e n’est pas très important.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Jean Negulesco
Titanic (Jean Negulesco, 1953)

15 avril 1912, 2 h 20 : le Titanic coule 2 heures et cinquante minutes après avoir heurté un iceberg. Environ 1500 morts et 700 rescapés.

Parmi les passagers, outre les personnalités – Guggenheim (Camillo Guercio) ou les Astor (Frances Bergen & William Johnstone), on trouve les Sturges. Elle (Barbara Stanwyck) fuit son mari (Clifton Webb) avec ses enfants (Audrey Dalton & Harper Carter). Sturges, averti au dernier moment, réussit à prendre place dans le bateau, pour une explication sérieuse, et malheureusement finale…

 

Nous sommes donc lors de la première – et dernière –è traversée du Titanic, et déjà, nous savons que tout cela se finira très mal. Mais comme d’habitude, c’est la façon dont la catastrophe va arriver qui nous intéresse. Tout comme les différente destins croisés : les Sturges, le révérend Healey (Richard Basehart) ou encore le jeune Giff Rogers (Robert Wagner), amoureux d’Annette (Audrey Dalton).

Côté Sturges, la moitié est sure de d’en tirer (les femmes), ce qui n’en va pas de même pour les deux hommes, même si Norman (Harper Carter) n’est pas ce qu’on peut considérer un homme, mais il porte tout de même un pantalon, alors…

 

Bien sûr, le nœud de l’intrigue (1) concerne les parents Sturges, et surtout l’attitude de Richard.

Autant le dire tout de suite, Richard Ward Sturges est un personnage très peu recommandable, bouffi de vanité et d’orgueil dont le seul plaisir dans la vie est de participer à n’importe quelle cérémonie mondaine, quelle qu’elle soit. Avec en prime le désir de placer sa fille dans les bras d’un riche héritier. Bref, un type assez répugnant. Surtout que les révélations que va lui faire sa femme ne sont pas pour apaiser les esprits.

 

Mais comme nous sommes dans un film américain, même si Negulesco était roumain, le naufrage va être le prétexte à différents rachats. Que voulez-vous, on en revient à la sempiternelle rédemption. Elle va toucher deux personnages plus que d’autres : Healey et bien sûr Sturges.

Healey parce qu’il est un prêtre défroqué qui rentre de Rome vers les Etats-Unis, chassé de l’Eglise pour alcoolisme. Sturges enfin, parce qu’un personnage aussi vil ne peut pas être complètement mauvais, surtout quand il est interprété par Clifton Webb. Dès que le choc avec l’iceberg se produit, ce sale personnage se transforme en véritable gentleman, conscient de ses responsabilités : un passager modèle. Il en profite pour faire la paix avec sa femme et quitter dignement ses enfants. Bref, il n’a pas volé son salut.

 

Il est le digne représentant des passagers de ce bateau qui est en train de sombrer : nulle panique, nulle excitation alors que le navire s’enfonce inlassablement dans l’océan. Seules quelques explosions nous rappellent le tragique de la situation, ainsi que les différents plans inclinés dus à l’avant qui s’enfonce.

Et c’est là que le bât blesse dans le film de Negulesco. Il est difficile de croire que tous ces hommes – les femmes sont dans les bateaux, ne l’oublions pas – ont attendu patiemment que le bateau les engloutisse tous pendant qu’ils chantaient Plus près de Toi, mon Dieu. Et cela d’autant plus quand on a vu le formidable film homonyme de James Cameron. Il y a un manque flagrant de réalisme. Et je ne parle pas de l’utilisation (impeccable) des maquettes (2) de Maurice Ransford et Lyle R. Wheeler.

D’une manière générale, ce naufrage est très statique, chacun attendant patiemment la fin. Difficile tout de même d’y croire.

 

Reste une adaptation très académique et ma foi fort agréable à regarder, scénarisée par un Charles Brackett en pleine forme et qui a beaucoup fait pour ce film. Outre l’écriture du scénario, il est aussi producteur de ce film à grand spectacle. Et ce fut payant : en plus du succès, le film reçut un Oscar… Pour le scénario (3).

 

  1. Principale, nous savons que le bateau coule, alors ça devient accessoire…
  2. Difficile, en 1953, d’avoir recours aux effets spéciaux numériques…
  3. « Original », comme ils disent…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Rob Cohen
Hurricane (The hurricane Heist - Rob Cohen, 2018)

Un braquage pendant un ouragan.

En voilà une bonne idée !

On ajoute à la panique un aspect opportuniste franchement immoral très prometteur.

Mais, là encore, les limites sont atteintes et ce qui aurait pu être une vraie bonne idée se transforme en baudruche, se dégonflant progressivement alors que le cyclone lui, gagne en intensité.

Mais reprenons.

 

Tout commence en 1991, pendant le cyclone Andrew. Les enfants Rutledge voient leur père écrasé par un réservoir au plus fort de la tempête.

Vingt-cinq ans plus tard, on retrouve ces mêmes enfants – adultes, bien sûr – à l’approche d’une nouvelle tempête exceptionnelle (1).

Dans le même temps, un convoi de billets usagers arrive au centre de destruction de Gulfport (Alabama).

Alors que la ville se vide du fait de l’imminence de la catastrophe annoncé&e, une bande de voleurs termine les derniers préparatifs d’un coup exceptionnel (lui aussi) : voler les centaines de millions de dollars qui attendent la remise en marche de la déchiqueteuse.

Et les enfants du début (adultes maintenant) ? Ils aident.

 

Dommage.

C’est le mot qui me vient naturellement pour exprimer ce que je ressens sur ce film.

Dommage parce qu’il y a de bonnes intentions, et on pourrait presque y croire s’il n’y avait certaines incohérences. Tout d’abord le fait que Will (Toby Kebbell), le cadet des deux frères, malgré l’expérience traumatisante initiale soit météorologue, mais ça, c’est le moins important.

Le plus incohérent, à mon avis, c’est de voir des voitures s’envoler et dans le même temps des humains réussir à avancer sans dévier de leur trajectoire.

Même Keaton ne l’a pas fait (Steamboat Bill Jr.) !

Et le problème avec ce genre d’incohérence, c’est qu’à partir du moment où on l’a identifiée, on ne peut plus la chasser de son esprit, revenant sans cesse polluer l’action qui continue son cours.

 

Côté catastrophe, nous sommes servis. Si on met de côté ce dont je parlais précédemment, le reste des effets de la tempête (2) est plutôt bien rendu. Outre les voitures volantes, ce sont les maisons qui s’envolent (quand elles ne sont pas réduites en poussières…) sans aucune comparaison avec celle de Dorothy dans The Wizard of Oz.

Bref, du très grand spectacle !

Mais si le film ne fonctionne pas comme on aurait pu le prévoir, c’est aussi dû au scénario qui oublie un élément primordial du film de braquage : la préparation.

Certes, ici les voleurs ne sont pas les gentils (3), mais tout de même, un peu plus de complicité avec le spectateur aurait certainement amené un peu plus de clarté dans l’intrigue.

 

Autre élément à charge, les méchants, en plus de l’être sont tout de même un tantinet caricaturaux : entre les hackers obsédés et les hommes de main psychopathes, on se demande comment un tel coup a pu être mis en œuvre !

Quant au chef des méchants, Perkins (Ralph Ineson), son revirement ajoute à l’incohérence du scénario : alors qu’il se targue d’avoir pris possession des lieux sans effusion de sang,  il abat froidement deux hommes sans grande pertinence.

 

Au final, un petit film catastrophe, servi par des acteurs dans le ton certes, mais qui ne peuvent pas rattraper les faiblesses du scénario.

De plus, la présence d’une star incontournable aurait certainement été un plus, mais qui aurait voulu s’engager là-dedans ?

 

  1. Un peu trop d’ailleurs : les ouragans sur Jupiter ont cette même force…
  2. Tammy de son petit nom…
  3. Tout le monde ne peut pas s’appeler Danny Ocean.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Seong-hun Kim
Tunnel (Teo-neol - Seong-hun Kim, 2016)

 

Lee (Ha Jeong-woo) prend  sa voiture et se rend à son travail.

Il traverse le tunnel qui mène à Hado. Enfin le raccourci qui doit encore plus lui permettre de gagner encore plus de temps.

Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles (1). Sauf que quand il accélère, le plafond a tendance à lui tomber dessus :

En clair : ce jour-là, Lee aurait mieux fait d’être malade. En effet, ce n’est pas seulement le tunnel qui lui tombe dessus, mais toute la montagne.

Alors bien sûr, quand il réussit à accéder à un peu de réseau, les pompiers sont bien embêtés : comment sauver un type qui est enseveli sous une montagne ?

 

C’est une très belle surprise qui nous est proposée ici : un film-catastrophe formidable et en plus ce ne sont pas les Américains qui l’ont produit !

On a tout ce qu’il faut pour un film de ce genre : un homme qui utilise une nouvelle route qui fait gagner du temps de transport et qui en plus est toute neuve ! Mais c’est sans compter sur le théorème de La Tour infernale : si c’est aussi neuf et beau, c’est qu’on a dû rogner sur quelque chose.

Et ça ne rate pas : quelques dizaines de tunnels coréens sont dans le même cas : on a rogné sur la qualité afin de gagner du temps dans la construction (2).

 

A priori donc, nous avons un film-catastrophe habituel avec suspense et toute cette sorte de choses.

Oui, et non.

Deux points de vue se disputent la narration : d’un côté Lee, seul au monde, avec quelques milliers de tonnes de terre et gravats au-dessus de lui ; et de l’autre Dae-kyeong (Oh Dal-soo ) responsable des secours et qui a la lourde responsabilité de faire croire à Lee qu’on va le sauver. Parce que bien sûr nous, spectateurs, savons que c’est cuit pour lui : qui voudrait sauver une vie  dans un tel cataclysme alors que dans le même temps des dizaines de vies sont dans la balance, rien que du fait de la circulation habituelle.

 

Et c’est là que le film prend son envol : la ministre (Hae-sook Kim) décide que les secours doivent mettre tout en œuvre pour sauver Lee, comme s’il était pour tous un membre de leur famille.

Nous allons alors voir les différents modus operandi pour essayer de sauver cet homme, avec des chances qui ne sont pas vraiment de son côté…

Et c’est là que le réalisme s’enracine : alors qu’on peut croire que les différents organismes de sauvetage mettent tout en œuvre pour essayer de récupérer Lee se pose le problème fiscal : chaque jour nouveau est une nouvelle ligne dans les dépenses du budget des promoteurs qui ont déjà entamé une deuxième double-voie d’accès à ce tunnel (3).

 

Et ce pan financier est un argument des plus pertinent ;: d’habitude, les facteurs économiques sont effacés par les différents enjeux humains. Or Seong-hun Kim, d’une certaine façon, met les pieds dans le plat et interroge ses protagonistes sur le prix d’une vie humaine, et Dae-kyeong devient alors son porte-parole qui n’hésite pas à interrompre un débat « fiscal » pour recentrer l’action sur le fait que c’est d’un être humain qu’ion parle, et que la vie n’a donc pas de prix.

 

Et cette vie humaine .nous est présentée de très belle façon. Ha Jeong-woo est un naufragé des plus crédibles et son odyssée est remarquable. Parce que d’une certaine façon Lee es(t seul sur son île, loin de tous, même sui cette île est un havre de paix au milieu de gravats des plus instables et donc dangereux.

Mais Lee a les spectateurs avec lui, et nous vivons avec une certaine angoisse les différents coups que le sort lui réserve.

Et le scénario ne nous épargne rien : alors qu’il est donc seul dans cet univers de désolation, une voix s’élève et le voilà alors responsable d’une femme elle aussi sinistrée.

Bien sûr, ce caprice du Destin ne l’aide pas, même si elle lui fait prendre conscience de sa qualité humaine qu’il avait eu tendance à oublier (4). Et sa réaction est des plus humaines,

 

Cette incursion humaine est des plus pertinentes (encore une fois) parce que Mi-na, (Ji-Hyun Nam) la jeune femme qui lui demande assistance est un lien humain indispensable dans son isolation. De plus, la survie du chien de cette femme est un adjuvant des plus indispensables.

 

Au final, Seong-hun Kim nous propose ici un film qui n’a pas à rougir de ses aînés américains, mixant avec bonheur les codes du film-catastrophe avec ce qu’il faut de réalisme (financier), et nous régale, nous spectateurs gourmands de ce genre de spectacle.

Que demander de plus ?

 

  1. Bonjour Voltaire !
  2. J’aurais pu aussi dire Titanic
  3. Avec ce que ça comporte de vice de forme, au vu du premier tronçon...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Catastrophe
Les Dents de la mer (Jaws - Steven Spielberg, 1975)

 

Mythique autant que culte.

Le film de Spielberg – son troisième long métrage en comptant Duel – est passé avec le temps à un niveau inimaginable lors de sa sortie.

Certes, ce fut un événement quand il fut présenté et il y avait de quoi !

A moins de 30 ans Spielberg prouve qu’il est un cinéaste majeur. Et ce en changeant encore une fois de thème : après Le road-movie et la cavale (autre road-movie d’une certaine façon), c’est à l’épouvante qu’il se mesure.

Et il faut dire que près de 45 ans après, le film n’a pas beaucoup vieilli, si ce n’étaient quelques objets technologiques, mais ce n’est vraiment pas le plus important.

 

Non, le plus important, c’est cette maîtrise cinématographique qui baigne ce film. EN effet, Spielberg alterne les différentes prises de vue et donc les points de vue – les humains d’un côté et la bête de l’autre – amenant un suspense incroyable, lui-même renforcé par une bande originale elle aussi devenue culte. (1) Ou pas.

En effet, à différents moments, si la musique augmente la menace qu’est le requin, les moments de silence &accentuent beaucoup plus l’insécurité des personnages.

Le moment où Hooper (Richard Dreyfuss) plonge près d’un bateau à la dérive a de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête.

Sans parler de la bête elle-même, un « 25 pieds », dit Quint (Robert Shaw).

 

Bien sûr, tout commence paisiblement sur l’Ile d’Amity, où une nuit, une bande de jeunes squatte la plage. Parmi eux, Chrissy Watkins (Susan Blacklinie) et un jeune homme s’écartent pour se baigner nus. Bien sûr, la musique s’enclenche et la jeune femme est sauvagement tuée pendant que le jeune cuve.

Plus tard, on retrouve les restes de la jeune femme et le cauchemar commence. Avec en prime l’aspect désastreux pour le commerce poussant le maire Vaughn (Murray Hamilton) à minimiser l’incident, devant le chef de la police Brody (Roy Scheider) effondré devant une telle attitude irresponsable.

C’est à partir de là que tout devient possible et Spielberg ira jusqu’au bout de l’horreur. Un enfant emporté par la bête dans un bouillon d’écume et de sang, un bout de bras ou encore un  morceau de jambe nous sont montrés, sans oublier la mort terrible d’un des personnages principaux (3).

 

Bref, c’est du grand spectacle et on a toujours plaisir à revoir ce film. Et les suites qui ont été faites dans les années suivantes ne sont qu’une (très) pâle copie. La seule réjouissance qu’on peut trouver autour du film, c’est celui de Joe Dante trois ans plus tard : Piranhas. Non seulement il reprenait le même canevas, mais en plus il avait la bénédiction du maître.

Bien sûr, Spielberg lui-même sera capable de s’auto-parodier dans 1941 : la baigneuse du début est toujours aussi nue, mais surtout, c’est la même actrice !

 

 

  1. Le journal télévisé d’une chaîne français s’en est servi en le modifiant légèrement, donnant au téléspectateur une impression d’insécurité. Bref, ça ressemble à de la manipulation.
  2. Un petit peu plus de 7,6 mètres, mais à cette taille-là, on n’est pas à deux centimètres  près.
  3. Je ne vous dirai pas qui : si vous avez vu le film, vous savez de qui je parle, si non, précipitez-vous sur ce chef-d’œuvre.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Berg, #Catastrophe
Deepwater Horizon (Peter Berg, 2016)

Il n’y a pas à dire : les Américains savent faire des films catastrophes !

Et ça ne date pas d’hier : dès l’époque du muet, on avait déjà eu le fameux tremblement de terre de San Francisco de 1906, entre autres, et régulièrement, Hollywood nous gratifiait d’une nouvelle catastrophe impressionnante, avec plus ou moins de réussite.

Quoi qu’il en soit, ce Deepwater fait partie des plus impressionnants.

Certes, on ne retrouve pas l’aspect symbolique d’un Titanic (celui de Cameron, cela va de soi) ou le charisme porté par les deux géants de Towering Inferno, mais on se laisse prendre au jeu avec beaucoup de plaisir et aussi un peu d’émotion, sinon ça ne peut pas marcher.

 

Encore une fois, il s’agit d’une base véridique : l’accident du Deepwater Horizon (le titre original), une plateforme de prospection pétrolière de la British Petroleum dans la nuit du 20 avril 2010, amenant une marée noire sans précédent aux Etats-Unis, et surtout causant la mort de 11 personnes (1).

Nous suivons donc Mike Williams (Mark Wahlberg), le chef électricien, lors de ce qui devait être le dernier jour de travail sur cette plateforme (2).
Et dès le départ, on sait que ça va foirer : les techniciens venus vérifier tous les aspects de la sécurité repartent – rappelés par BP, vous comprenez, ça coûte de l’argent ces choses-là – sans avoir fini totalement l’inspection.

Et bien entendu dans ces cas-là, c’est là qu’a lieu l’incident qui entraîne l’immense catastrophe.

Et l’incident, on l’a dès la séquence d’ouverture : un rivet (un boulon ? une vis ? difficile à dire) se détache de la chape de béton au fond de l’eau, là où a été coulée la plateforme de forage.

 

A partir de là, on attend la catastrophe.

Pourtant tout allait bien, jusqu’à la période des tests, qui ne sont pas complètement concluants : des plans de coupe nous aiguillent vers les dysfonctionnements, et on ne peut se retenir de penser que ces « responsables » de la BP – Vidrine (John Malkovich, toujours magnifique, même en salaud) & Kaluza (Brad Leland) – ne le sont décidément pas, lissant, comme d’habitude primer les intérêts financiers.

La dernière séquence – juste avant le générique de fin – nous permet, grâce à de véritables séquences du procès, de voir que ces deux personnes, après avoir été accusées de forfaiture ont été relaxées.

Décidément, la justice est parfois bien capricieuse.

 

Mais au-delà des suites pénales, c’est tout de même un film extrêmement spectaculaire qui nous est proposé ici. Et deux des principales têtes d’affiche n’en sont pas à leur premier film catastrophe : Mark Wahlberg a déjà essuyé la tempête dans The perfect Storm et Kurt Russel de beaux incendies (déjà) dans Backdraft. Tous deux mènent avec courage cette épopée, épaulés par Gina Rodriguez qui interprète Andrea Fleytas, la seule femme de la plateforme.

La première heure du film nous montre comment fonctionne une plateforme de prospection, dans ses moindres détails. Et Peter Berg construit cette première partie comme un film documentaire, balayant les différents points d’activité et les relations entre les travailleurs du lieu. C’est une journée presque comme les autres qui commence, si ce n’est le dernier jour sur cette base.

Ensuite, tout part en vrille. Magnifiquement (3).

 

Par contre, Berg monte graduellement la pression – c’est vraiment le cas de le dire ici – et souligne chaque petit élément qui va faire pencher – irrémédiablement – la balance.

Ensuite, la plateforme se transforme en brasier géant avec une débauche d’effets spéciaux impressionnants, donnant raison à ces hommes  qui, quand tout allait bien, appelait l’endroit « le Puits de l’Enfer ».

Bien sûr, cela devient dantesque.

Ca explose de partout, le ciel s’embrase, c’est une catastrophe absolument totale, magnifiquement filmée et surtout montée : malgré la tentation du sensationnel (4), ce n’est pas une déferlante de plans surmultipliés comme on peut toujours en voir dans d’autres productions plutôt sur-humaines, si vous voyez ce que je veux dire…

Mais surtout, malgré l’ampleur de la catastrophe, on reste toujours au niveau des humains. La caméra est presque toujours au milieu de l’action, suivant les différents destins plus ou moins tragiques qui ont émaillé cette catastrophe.

 

Bien sûr, comme c’est un film américain, on ne passe pas à côté de la dimension religieuse et on a droit à une prière par les rescapés sur le bateau de secours.

Mais si Dieu avait été de la partie, aurait-il relaxé les deux « responsables » ?

 

 

  1. Ces victimes sont citées deux fois dans le film : la première quand le chef de la plateforme fait l’appel des survivants, la seconde avant le générique de fin, avec en plus des photos les représentant, la plupart du temps en famille.
  2. Malheureusement, ce fut réellement le dernier jour.
  3. Hélas.
  4. Rassurez-vous, il y en a un peu quand même…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Joe Dante
Piranha (Joe Dante, 1978)

Une clôture grillagée avec un écriteau défendant l’entrée, ça vous rappelle quelque chose ?

Oui. Moi aussi. Mais cette fois-ci, c’est l’écriteau qui conclut la mini séquence (avant l’intervention des premiers personnages). Et au lieu de remonter le grillage, nous partons du haut pour aller tout en bas. Logique, c’est ici que se trouve l’ouverture – interdite, mais comme il y a un espace – par laquelle passent les deux premières victimes…

 

 

Déjà l’affiche nous prévenait : une baigneuse que regardent en contre-plongée des poissons aux dents aiguisées…

Oui, ça rappelle Jaws, mais attention : ce n’est pas Jaws !

Tout d’abord parce que ce n’est pas le même budget, et aussi parce que Joe Dante (réalisateur injustement méprisé) n’est Pas Spielberg.

Mais on retrouve tout de même quelques éléments du film précédent dans l’histoire de John Sayles (et Richard Robinson) :

  • des baigneurs sont attaqués par des poissons furieusement affamés ;
  • un événement à caractère aquatique a lieu en même temps ;
  • le directeur, averti et conscient du désastre annoncé, refuse d’annuler les réjouissances ;
  • les lanceurs d’alerte sont muselés (1).
  •  

 

Mais une fois les références écartées, on assiste tout de même à un film réjouissant (malgré le thème plutôt horrible), e-t qui n’est pas sans rappeler la manière de faire de Roger Corman.

C’est normal, c’est lui l’un des producteurs exécutifs qui a demandé au jeune Joe Dante de tourner cette histoire à mi-chemin entre la parodie et le film gore.

Alors on retrouve certaines de manières de faire de Corman, comme le bricolage, ici poussé à un haut niveau avec des spécialistes comme Phil Tippett, Rob Bottin et Phil Walas (2).

En outre, on retrouve Dick Miller (Buck Gardner, adepte précoce du recyclage), l’acteur fétiche du vieux réalisateur (92 ans cette année) et qui deviendra indispensable dans les autres films du plus jeune (« seulement » 72 ans).

 

 

Nous assistons donc à un va-et-vient constant entre la tragédie et la comédie, avec des morts qui se succèdent, le tout avec une dénonciation des pratiques militaires de la Guerre froide expliquée par le vétéran Kevin McCarthy, qui sera lui aussi dans plusieurs films de Dante. Et rythmé par quelques éléments comiques et des jeunes femmes dénudées.

Bref, c’est un film à grand spectacle mais à petit budget, où les scènes d’horreur sont nombreuses et impressionnante, rythmées par le bruitage des poissons (en caoutchouc, c’est moins dangereux) qui se ruent sur une proie pour la dévorer, avec en prime des attaques sur des enfants, ce qui est plus rare dans ce genre de films.

 

 

Au final, on passe un bon moment en regardant ce film assez surprenant. Spielberg lui-même fut agréablement surpris par le film, protégeant Dante des foudres de la Universal qui allait sortir un Jaws 2, et lui proposant même de tourner Gremlins quelques années plus tard.

 

 

(1) Comme quoi, ça ne date pas d’hier…

(2) Qui ont respectivement travaillé : sur les premiers Starwars et Indiana Jones (Tippett), avec John Carpenter (Bottin), ou encore sur La Mouche (Walas), pour ne citer que ceci. Pour le reste, allez voir sur IMdB ou ailleurs…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Ron Howard, #Robert de Niro
Backdraft (Ron Howard, 1991)

Spectaculaire.
Spectaculaire et émouvant.

Voilà comment résumer ce beau film de Ron Howard, qui ressemblait alors encore beaucoup au jeune Richie Cunningham (c’était avant de perdre ses cheveux…).

 

On est pompiers de père en fils, chez les McCaffrey. Après Dennis (le père), c’est Steven »Bull » (Kurt Russel dans les deux rôles) qui a repris le flambeau (c’est le cas de le dire).

Et maintenant, c’est le fils cadet, Brian (William Baldwin) qui vient d’être reçu. Mais, malheureusement pour lui, il se retrouve dans la même unité que son grand frère.
Et comme ils ne se sont pas parlés pendant plusieurs années, les rencontres sont loin d’être chaleureuses (un comble, non ?).

 

C’était encore au temps où le numérique balbutiait, et comme l’explique Howard dans l’introduction au film (version Bluray), un test avait été fait pour simuler les incendies et ce fut un fiasco : on n’y croyait absolument pas.

Alors le génial Allen Hall a élaboré tout un système pour recréer des situations d’incendies plus vraies que nature, mais cela n’allait pas sans quelques moments d’intense chaleur pour les acteurs comme pour Mikael Salomon (le chef-op’ qui a dû parfois tourner en combinaison anti-feu.


Mais le résultat peut être considéré comme au-delà des espérances tant Howard filme l’un des acteurs les plus difficiles à maîtriser : le feu lui-même.

C’est une véritable ode au feu, avec des personnages qui le redoutent mais qui ne peu vent que l’aimer. Il est partout et il en devient de plus en plus fascinant à mesure que l’intrigue se déroule. Rarement le feu aura été si beau à contempler, aussi hypnotisant.

Mais si le feu est grandiose et extrêmement bien rendu, il n’en demeure pas moins un élément au service de l’intrigue (un tantinet compliquée) du film.


En effet, derrière cet hommage aux soldats du feu, il y a une intrigue policière – qui provoque ces « backdrafts » meurtriers et pourquoi ? – ainsi qu’une chronique familiale plus ou moins ordinaire : des frères qui ne parlent pas ; l’un des deux qui a des problèmes dans son couple ; ou encore le second qui ne sait pas se poser quelque part…

Parce que c’est là qu’est tout le talent de Ron Howard : faire un film de superhéros avec des gens ordinaires.

 

Car ces hommes sont des superhéros, Steve le premier, digne héritier des son père « mort au champ d’honneur », pourrait-on dire. Ils combattent inlassablement contre un ennemi tangible (le feu) comme le Bien combat le Mal : avec force, mais avec respect pour cet ennemi terrible.

Mais bien évidemment, ces hommes ne voient pas leur rôle comme cela. C’est leur métier, c’est leur devoir. Il suffit de les écouter se reconnaître à la télévision pour comprendre qu’ils n’en tirent aucune fierté, juste le plaisir de se voir et des reconnaître un ami. Parc e que ces hommes ne sont pas seulement des collègues. Il existe – et a toujours existé – une solidarité forte et indéfectible, résumée par le leitmotiv : « si tu tombes, nous tombons. » (1)

 

Et puis, pour rehausser le tout (comme s’il y en avait besoin…), deux géants apportent leur contribution : Robert de Niro (Rimgale) et Donald Sutherland (Ronald Bartel).

Les deux personnages qu’ils interprètent – brillamment – sont absolument complémentaires et sur deux niveaux.

Tout d’abord parce que Ronald est un pyromane (extrêmement) dangereux et Rimgale un pompier qui l’a sauvé une fois, celle de trop.

Et aussi parce que c’est à leur contact, en les observant ou les écoutant que Brian va grandir et

Devenir le véritable fils de son père (et le frère de son frère…), atteignant alors cette rédemption (2) longuement cherchée : une rédemption double puisqu’elle concerne aussi ce frère longtemps étranger.

 

Magnifique.

 

 

PS : le film nous propose aussi une magnifique collection d’yeux bleu clair. Entre plus des deux frères McCaffrey, on trouve Helen (Rebecca de Mornay), la femme de Steve, ainsi que Ronald et le politicien Swayzak (J.T. Walsh, qui nous a quittés voilà déjà 20 ans…)

 

(1) “If YOU go, WE go.”

(2) Eh oui, toujours cette bonne vieille rédemption…

 

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