Ca devait être un vol de routine. Frank Towns (James Stewart) et son second Lew Moran (Richard Attenborough) ramènent douze passagers d’une exploitation pétrolière.
Mais…
La radio ne fonctionne pas. Et malgré les dernières nouvelles encourageantes, une tempête de sable engloutit l’avion, bloquant ses moteurs : l’avion doit se poser – violemment.
A une centaine de kilomètres de toute habitation, les deux pilotes et dix hommes (deux sont morts dans le crash) doivent survivre en attendant des secours. Des secours qui, bien entendu, ne viendront pas.
C’est un jeune ingénieur, Heinrich Dorfmann (Harry Kruger) qui a une idée : recycler l’avion, inutilisable pour en faire un modèle plus léger mais qui vole.
Seulement les réserves d’eau ne sont pas éternelles…
Bien entendu, ils parviendront à faire voler leur engin, mais c’est, bien évidemment, dans l’élaboration et la réalisation de cet objet volant identifié que réside tout l’intérêt. Et Aldrich construit progressivement son histoire, jouant sur les personnalités différentes voire peu compatibles de ces naufragés du sable.
Et malgré l’étendue immense et aride qui entoure ces hommes, le film est construit comme un huis clos où chacun doit s’adapter aux circonstances, et surtout aux autres ! On sent la pression monter entre ces hommes, avec en prime une inimitié pour Dorfmann qui est allemand : la Deuxième Guerre Mondiale est dans les mémoires et on imagine bien que certains des protagonistes – « Ratbags » Crow (Ian Bannen), par exemple – y ont participé. Les sous-entendus de ce même Ratbags sont d’une lourdeur pénible, même pour le spectateur !
Mais si l’avion décolle au final, le parcours est long et de nombreux ex-passagers y laisseront la vie (ils ne seront que sept à l’arrivée, la moitié de l’effectif de départ). Et Aldrich insiste sur les différents décès, aucun naturel, cela va de soit : un gros plan sur des mains près d’un objet pertinent dans l’accident initial et nous savons qui est trépassé. Pour les autres, seul Carlos n’a pas de mort définie : on suppose qu’il n’a pas réussi à revenir.
Bien entendu, le casting est à la hauteur de l’événement.
James Stewart, toujours impeccable est presque à contre emploi : Towns n’est pas un personnage complètement sympathique. C’est un vieux pilote qui connaît son affaire et ne se remet pas trop en question. Certes, il assume pleinement la responsabilité de l’accident mais son attitude envers Dorfmann frôle la bêtise : il n’aime pas avoir tort !
De son côté, Attenborough campe un pilote raté avec beaucoup de justesse, affublé d’un léger bégaiement qui accentue son aspect « raté ».
On retrouve avec beaucoup de plaisir Ernest Borgnine (E. Trucker Cobb) dans un petit rôle mais là aussi d’une grande justesse : Cobb est un ouvrier peu qualifié et peu éduqué, une espèce de simple d’esprit.
Autre acteur dans une sorte de contre emploi : Dan Duryea (Standish). Lui qui fut un mauvais garçon patenté dans les années 1940 et 1950 est ici un homme un tantinet dévot, affublé d’une paire de lunettes et surtout d’une bible !
Et les femmes dans tout ça ?
Il n’y en a pas. Enfin presque pas puisque nous avons droit à une danse du ventre/mirage imaginé par le sergent Watson (Ronald Fraser) qui voit la belle Farida (Barrie Chase) danser pour ce soldat peu recommandable.
Au final Aldrich nous sert un film qui s’annonce catastrophique – en ce qui concerne l’intrigue – mais qui se transforme en aventure pour ces naufragés du désert.
La catastrophe, c’est que ce film fut un échec commercial.
On se demande bien pourquoi !
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