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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Victor Schertzinger, #Mabel Normand
La jolie Castillane (What happened to Rosa - Victor Schertzinger, 1920)

Mais qu’est-il arrivé à Rosa ?

Rosa, c’est la jolie castillane du titre en français, qui n’est autre que Mayme Ladd (Mabel Normand), une jeune vendeuse du rayon lingerie d’un grand magasin.

Un jour, une cliente – madame Yvette O’Donnell (Eugenie Besserer), voyante extralucide à ses heures perdues – lui propose une séance de spiritisme à laquelle elle répond présente. Madame O’Donnell lui annonce qu’elle est la réincarnation de Rosa Alvaro, une jeune femme irrésistible d’origine espagnole, et qu’elle va rencontrer un beau jeune homme ténébreux… Bref, que du classique.

Elle fait bel et bien la rencontre du docteur Drew (Hugh Thomson) qui est beau et ténébreux, mais dans le déguisement de la belle Rosa, à un bal costumé. Prête à être démasquée et redevenir la simple petite employée de magasin, elle s’enfuit à la nage, laissant les autres convives – et le docteur – inquiets, se demandant ce qui lui est arrivé…

 

Mabel Normand est au fait de sa gloire. Dans un an, elle va tomber de son piédestal avec la mort de William Desmond Taylor, qu’elle est la dernière à avoir vu vivant avant son assassinat. En attendant, voici une nouvelle comédie écrite sur mesure par Gerald C. Duffy. Elle y interprète une nouvelle fois une jeune femme un tantinet naïve à qui il arrive de drôles d’aventures. Et Schertzinger joue avec tous les ressorts de la comédie, ayant à sa dispoition l’une des plus talentueuses actrices comiques : on y retrouve les aspects burlesques qui ont fait la notoriété de l’actrice, mais il joue aussi avec les intertitres pour exprimer un accent espagnol de pacotille que Mayme emprunte pour se fondre dans son personnage de Rosa.

Ses différentes métamorphoses sont d’ailleurs autant d’occasions de s’amuser tant elle surjoue avec bonheur cette possession à laquelle il n’y a (presque) qu’elle qui croit.

 

Et avec ce personnage (doublement) fictif de Rosa Alvaro, Mabel nous montre qu’elle peut aussi interpréter une véritable femme, sensuelle, loin de la jeune femme vierge qu’on lui connaît. Mais elle est avant tout une comique et de nombreuses occasions nous sont offertes de rire en sa compagnie, reprenant, avec beaucoup d’à propos le gag des jambes de mannequin : non seulement le docteur Drew s’y laisse prendre, mais le spectateur aussi !

Bref, une de ces comédies qui faisaient la part belle à cette immense actrice, soutenue, et c’est indispensable par une distribution à la hauteur, dont quelques noms vont durer dans les nombreuses années qui vont suivre, alors que la grande Mabel va disparaître : outre Eugenie Besserer, on trouve l’incontournable Tully Marshall, affublé d’une magnifique moustache de morse et parmi les amis du docteur, le distingué Adolphe Menjou.

Du beau monde, je vous dis. (1)

 

  1. On y trouve même au département décor un jeune décorateur qui ira loin : Cedric Gibbons. Quand Goldwyn (qui produit le film) va s’associer à la Metro et Mayer, il deviendra le décorateur en chef de cette immense compagnie.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Edwin Carew, #Dolores del Rio
Ramona (Edwin Carewe, 1928)

La belle Ramona (Dolores del Rio) est la fille adoptive de l’austère señora Moreno (Vera Lewis) et a grandi avec le fils de celle-ci, Felipe (Roland Drew).

Revenue de chez les sœurs qui ont pourvu à son éducation, elle fait la connaissance d’Alessandro (Warner « Cisco Kid » Baxter), le chef des Indiens qui viennent tondre les moutons des Moreno.
Bien entendu, elle tombe sous le charme du bel Indien au grand dam de sa mère adoptive qui refuse cette union contre nature. Mais la señora Moreno gardait aussi un secret sur les origines de Ramona : elle est la fille d’un homme blanc et d’une Indienne, ce qui explique le manque d’affection de cette femme envers la jeune fille.

Cet amour est aussi une grande déception pour Felipe qui saura s’effacer pour permettre aux amoureux de fuir.
Mariés, Ramona et Alessandro s’installent dans un village indien. Et là, les ennuis vont s’enchaîner.

 

Comme écrit précédemment, La Flèche brisée ne fut pas le premier western qui donnait le beau rôle aux Indiens. Et Ramona en est une très bonne illustration. Il faut dire que Le réalisateur est lui-même issu de la tribu des Chicachas (sud-est des Etats-Unis), qui font partie de ce qu’on appelle les « cinq tribus civilisées » : on les considère comme civilisées parce qu’elles ont adopté certaines coutumes des hommes blancs.

D’ailleurs Edwin Carewe, sur un scénario de son frère Finis Fox, décrivent le chef indien comme un Chicacha, ayant adopté le christianisme comme religion comme on le voit à différents moments du film : le mariage, la bénédiction répétée du père Salvierderra (John T. Prince), la prière matinale.

 

Mais comme (presque) toujours à cette époque, on ne trouve que très peu (voire pas du tout) de véritables Indiens dans la distribution, Warner Baxter en tête. Mais qu’importe, on va suivre les (désastreuses) aventures de ce couple marqué par le destin : perte de l’enfant, attaque (très) meurtrière d’une bande de « maraudeurs ». C’est une véritable surenchère !

Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver une certaine ambiguïté à ce film (1) : certes, Carewe a des origines indiennes, mais la résolution de l’intrigue induit d’une certaine manière que la « civilisation » occidentale est la meilleure, puisque Ramona ne trouvera la paix qu’auprès de Felipe. Cette ambiguïté est d’ailleurs accentuée par la dernière réplique (intertitre) de Ramona, qui trouve le bonheur dans les bras de Felipe : « c’est comme si je n’étais jamais partie ». Avoir suivi Alessandro semble donc un mauvais choix qui s’annule à la fin et qui fut la cause de tous ses malheurs. (2)

 

Par contre, Carewe nous montre tout de même que la cohabitation entre les blancs et les Indiens est possible, comme l’illustrent les différentes séquences qui se déroulent dans le ranch Moreno : outre la prière matinale commune qui rassemble la maisonnée et l’Indien, on remarque que les serviteurs des Moreno ne sont pas vraiment blancs. On trouve ce qui ressemble à des Mexicain·e·s et des Indiennes au service de ces colons espagnols (3). Mais là encore, peu de véritables autochtones puisqu’on peut même reconnaître la (très) plantureuse Mathilde Comont.

 

Quoi qu’il en soit, Carewe signe ici un film très bien léché, grâce aussi à la caméra mobile de Robert Kurrle, et l’interprétation magnifique de la belle Dolores. De son côté, Baxter campe un Alessandro qui n’est pas sans rappeler l’allure de Douglas Fairbanks, et si la copie restaurée par la Library of Congress grâce à une copie retrouvée à la cinémathèque de Prague, est très belle, on peut regretter que ce ne soit pas celle qui fut sonorisée (3), le parlant ayant fait son apparition.

On ne peut pas tout avoir…

 

  1. Attention ! Révélation sur la fin du film.
  2. Comme je l’ai déjà écrit ici, les métis n’avaient pas le vent en poupe à l’époque.
    Nous sommes en Californie du temps de l’occupation espagnole, comme dans Zorro !
  3. Encore que…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Robert Carlyle
La Légende de Barney Thomson (The Legend of Barney Thomson - Robert Carlyle, 2015)

Barney Thomson (Robert « Franco » Carlyle) est coiffeur au salon Henderson. Mais ce n’est pas le plus recherché : taciturne, il ne parle jamais et s’emporte facilement. Lassé, Wullie Henderson (Stephen  McCole) décide, avec l’assentiment de son père (James « Old Bear » Cosmo) de se séparer de lui. Barney est effondré. Il s’accroche à cet homme, trébuche et Wullie tombe, mort, les ciseaux de Barney plantés dans le cœur.

C’est un accident. Mais c’est tout de même gênant et Barney décide de se débarrasser du corps, avec l’aide de sa mère (Emma Thompson). Hélas pour Barney, la police veille : il faut dire qu’un tueur en série poste des morceaux de ses victimes à leurs proches.

L’inspecteur Holdall (Ray Winston), contre l’avis de sa supérieure (Ashley Jensen) est sur la piste de ce coiffeur bien particulier…

 

Quand un acteur passe derrière la caméra, on s’attend toujours à un grand spectacle de la part de ses interprètes. Et là encore, on n’est pas déçu. C’est un véritable festival. Carlyle lui-même est déjà formidable, mais on attend le sublime quand on voit apparaître Emma Thompson. Elle qui n’a que deux ans de plus que Carlyle interprète la mère de Barney. Et quelle mère ! Le maquillage est magnifique de deux façons : celui qui lui donne une vingtaine d’années de plus ainsi que celui que se met son personnage et qui lui donne un air des plus vulgaires. Ajoutez à cela un accent écossais ambiant à couper au couteau et vous avez déjà une première idée de cette comédie singulière.

 

Parce que malgré l’intrigue criminelle, on est en pleine comédie. Noire. Très noire même. Et cet humour de la même couleur est accentué par les trognes des différents personnages : pas ou peu de personnes au physique très avenant, comme si le maquilleur ne s’était occupé que de la grande Emma.

Et la force du film de Robert Carlyle, c’est son aspect atemporel. En effet, l’intrigue peut se dérouler à n’importe quel moment. Aucun élément technologique actuel, mais aucun véritable marqueur très ancien. Comme si le temps s’était arrêté entre 1960 et 2000, avec une petite préférence pour la fin de siècle du fait des véhicules. Et 1960 pour le salon de coiffure qui n’est pas de la première jeunesse (sa devanture, ses sièges vintage…). Entre les deux, Barney et sa coiffure elle aussi particulière : une coupe années 1980 avec une bonne couche de gel (de la gomina ?) comme vingt ou trente ans plus tôt.

Quant aux mémères qui entourent Cemolina (le prénom de la mère de Barney), elles peuvent très bien appartenir à n’importe quelle époque voire de nos jours tant elles sont stéréotypées.

 

Parce que c’est surtout cela qui rend le film irrésistible : des stéréotypes, voire des archétypes. Entre la vieille dame indigne (Cemolina), le flic borné qui se fie à son intuition (et son pif), et le célibataire qui se croit irrésistible dans son beau costume (Brian Pettifer), on n’a que l’embarras du choix question personnages ringards.

Et au milieu de tout cela, Barney, un autre pauvre type au mauvais endroit et au mauvais moment, et qui voit les cadavres s’accumuler malgré lui.

 

Réjouissant.

 

Mais, qu’ont donc fait les coiffeurs aux réalisateurs pour se retrouver dans des histoires de meurtres ? (1)

 

  1. The Barber (2001), Sweeney Todd (2006 & 2007)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Albert S. Rogell
Le Chat noir (The black Cat - ALbert S. Rogell, 1941)

Deuxième adaptation de la nouvelle (formidable) d’Edgar Allan Poe, à nouveau nous sommes bien loin  de l’histoire originale, même si les chats  et en particulier le noir – tiennent un plus grand rôle.

Henrietta Winslow (Cecilia Loftus dans son dernier rôle au cinéma) a réuni, malgré elle, ses héritiers : la sachant malade, ils ont tous accouru dans l’espoir de toucher – enfin – l’héritage convoité de cette vieille parente immensément riche.

Mais c’est une fausse alerte. Pourtant, l'un de ses héritiers a des impatiences et va tenter de la supprimer. Et comme la première fois ça ne fonctionne pas, la seconde sera la bonne. Un témoin a tout vu mais ne peut pas vraiment faire avancer l’enquête : le chat noir, symbole de mort comme on va s’en rendre compte.

 

Dix ans après Frankenstein, la Universal continue de produire des films d’horreur, puisant, à nouveau, dans l’œuvre de Poe, et surtout encore une fois avec l’incontournable Béla Lugosi (Eduardo Vigos). Bien que le début nous incite à penser que ce dernier va encore interpréter un personnage terrifiant et cruel – l’indispensable plan rapproché sur son regard d’acier – il n’est ici qu’un simple jardinier dans la maison gothique d’Henrietta. Mais peut-il vraiment n’être qu’un simple employé de maison ?

Outre Lugosi, on note la présence de Basil Rathbone (Montague Hartley) qui, s’il a commencé une série de Sherlock Holmes, rappelle qu’il a accédé à la notoriété en interprétant des personnages qui appartiennent au côté obscur.

 

Et Rogell va s’appuyer sur ces deux acteurs pour accentuer l’aspect angoissant de l’intrigue, l’installant dans un décor plusieurs fois utilisé dans les films de ce genre : une grande demeure sombre à l’aspect gothique, où bien entendu la quasi-totalité du scénario se passe de nuit. Avec en prime un orage violent et un vent de tempête qui va ouvrir les fenêtres et agiter les rideaux, comme de bien entendu.

Mais, et c’est peut-être là l’intérêt du film (1), Rogell nous envoie sur des fausses pistes – personnages qui s’épient, coup de téléphone qui peut être interprété – pour mieux amener la révélation finale… Que je me garderai bien de vous partager !

N’ayant pas (encore) vu la version 1934, je ne peux pas vous en parler ici, ni surtout la comparer avec celle-ci. Sachez toutefois que la référence à Poe ne s’arrête pas à la présence du chat noir : son intervention finale (en fait, c’est une voix humaine qui imite celle du chat) va permettre de confondre l’assassin.

 

Mais comme l’intrigue originale ne peut décemment pas être portée fidèlement à l’écran en 1941 (2), Rogell – et surtout ses scénaristes, Robert Lees, Robert Neville, Frederic I. Rinaldo, Eric Taylor (3) – va la transposer en un huis clos dans la lignée des intrigues d’Agatha Christie, avec tentatives plus ou moins réussies de meurtre(s). Au final nous dénombrons quatre morts pas vraiment naturelles voire carrément horribles.

Mais cette accumulation de cadavres s’accompagne tout de même d’une bonne dose d’humour (4), par l’intermédiaire d'un personnage (pas si) extérieur à l’intrigue principale : Mr. Penny (Hugh Herbert), un potentiel acheteur du manoir amené par A. Gilmore « Gil » Smith (Broderick Crawford), un habitué de la maison (il martyrisait les chats quand il était plus jeune !).

 

Au final, nous ne sommes pas déçu par le film de par son atmosphère et son interprétation – outre les deux stars énoncées plus haut, on notera la belle performance de Gale Sondergaard (Abigail Doone) en gouvernante aux allures froides et mystérieuses.

Mais tout le battage fait autour de la nouvelle initiale sur les différentes affiches de promotion est tout de même un tantinet racoleur.

 

  1. Avec les prises de vue de Stanley Cortez (excusez du peu).
  2. Ah, le code Hays…
  3. Oui, ils s’y sont mis à quatre !
  4. Le « soulagement comique » salutaire (comic relief, comme ils disent…)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Delmer Daves
La Flèche brisée (Broken arrow - Delmer Daves, 1950)

1870.
Tom Jeffords (James Stewart) est prospecteur en Arizona. Il rencontre un jeune apache blessé (Robert Foster Dover) qu’il va soigner. Cet acte miséricordieux va l’amener à rencontrer les Apaches et leur chef prestigieux Cochise (Jeff Chandler) avec qui il va développer une grande amitié, et qui va entraîner l’arrêt définitif de la guerre contre les Apaches.

Mais tout ceci ne se fera pas sans tragédie parce que tout le monde n’a pas envie de cette paix : certains Indiens, derrière Geronimo, ne veulent pas d’un traité à leur désavantage (sinon bafoué) ; et certains hommes blancs qui considèrent (toujours) qu’un bon Indien est un Indien mort.

 

Superbe.

Delmer Daves, avec ce film, entre de plain pied dans le cercle des grands réalisateurs de westerns, contribuant en outre à changer les esprits des spectateurs et surtout d’Hollywood : son western, pour une fois, n’est pas manichéen et donne une vision réaliste et surtout positive de la nation apache. Mieux, on ne peut que s’indigner devant le guet-apens organisé par les hommes blancs irréductibles et racistes.

De même, s’appuyant sur le roman d’Elliott Arnold (Blood Brother), il retrace cet épisode historique avec beaucoup de fidélité, donnant (enfin) le beau rôle à ces véritables Américains qui furent chassés par ces envahisseurs (1) qui n’avaient que deux arguments : la Bible et le fusil.

 

Qu’on ne se méprenne pas : ce n’est pas le premier film qui considère les Amérindiens comme, de véritables êtres humains, et non comme des sauvages : déjà, en 1916, Allan Dwan et Douglas Fairbanks prenaient le parti des Indiens dans le magnifique the Half-Breed.

Mais c’est celui qui ouvre la voie à ces grands films humanistes sur la nation indienne qui vont fleurir dans les décennies suivantes : de Cheyenne Autumn à Hostiles, en passant par Little big Man et A Man called Horse, sans oublier le superbe Dances with Wolves.

Le seul reproche qu’on peut faire à Daves tient dans la distribution : si les mentalités vont changer, cela va prendre du temps. En effet, outre Jay Silverheels (Geronimo), peu de véritables descendants d’Indiens ont des rôles proéminents dans ce film. Et encore, le rôle de Geronimo est tient dans son prestige que dans a durée : on en le voit que très peu à l’écran et ses répliques sont minimales.

 

Il n’empêche, les mentalités vont évoluer et il n’est donc pas étonnant de trouver à l’écriture de ce scénario humaniste un pestiféré d’Hollywood : Albert Matz, sous le pseudonyme de Michael Blankfort. Ce dernier étant sur la Liste Noire héritée du maccarthysme, pas besoin d’aller chercher bien loin une telle intrigue qui prône l’entente et l’acceptation.

Et l’autre atout de ce film, c’est bien sûr la présence de James Stewart dans le rôle de ce négociateur prépondérant. Stewart, en plus de sa notoriété, amène de la conviction dans son interprétation. En effet, c’est à nouveau un grand personnage positif qu’il incarne ici, et qui soutient admirablement la thèse humaniste du film.

 

Et comme toujours, c’est aussi parce que ceux qui jouent avec lui sont à sa hauteur que le film dégage cette grande force. De Jeff Chandler (dans son premier rôle de Cochise, il y reviendra) à la jeune Debra « Lilia » Paget (Sonseeahray) qui porte des lentilles (2), tous apportent leur contribution pour faire de ce film une grande date du Western.

 

  1. Dirait-on « migrants » aujourd’hui pour les désigner ?
  2. Ses yeux bleus ne convenaient pas vraiment pour une Apache…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Casse, #Philip Martin
L'Affaire Monet (The Forger - Philip Martin, 2014)

Ray Cutter (John Travolta) est un faussaire génial. Mais comme cette activité n’est pas bien reconnue par la Loi, il est en prison. Et sa demande de liberté conditionnelle a (encore) été rejetée. Pourtant il doit sortir : son fils (Tye Sheridan) a un cancer du cerveau.
Il fait alors appel à Keegan (Anson Mount), qui n’a rien du footballeur de mon enfance (1) : c’est un truand très dangereux. Ce dernier va donc soudoyer un juge qui accordera cette conditionnelle tant attendue. Mais un service en vaut un autre, surtout dans ce « milieu ».

Keegan demande donc à Cutter de lui réaliser une copie (parfaite, évidemment) d’un tableau de Monet : La Promenade (1875), rien que ça !

Et comme ce n’est pas suffisant, il faudra aussi le substituer à l’original qui est de passage à Boston.

Une promenade de santé donc…

 

J’ai déjà dit plusieurs fois ici que des bonnes intentions (2) ne font pas toujours un grand film. Et c’est le cas ici. Non pas que ce film est un navet absolu, mais on était en droit d’attendre un peu plus de celui-ci. Certes, le scénario de Richard D'Ovidio est riche, mais c’est aussi là que le bât blesse : à force d’énumérer de nombreuses pistes, on ne fait que survoler celles-ci, laissant au final un goût d’inachevé pour les spectateurs.

Il faut dire que Philip %Martin a beaucoup de pain sur la planche traiter, en 91 minutes des sujets aussi différents que :

  • la maladie du fils ;
  • les relations entre Ray et ce même fils ;
  • l’intervention de certains membres de la famille : le père de Ray (Christopher Plummer) et la mère (Jennifer Ehle) de ce même fils que Ray ne fréquente plus depuis longtemps ;
  • la réalisation de la copie ;
  • la substitution.

Sans oublier les manœuvres policières par l’intermédiaire de la belle Catherine Paisley (Abigail Spencer). Vous comprenez bien que le format temporel ne convient pas vraiment.

 

Et comme tout est traité de la même façon, on ressort tout de même déçu : le cambriolage aurait mérité un plus grand développement, tout comme la réalisation (délicate) du tableau.

Et comme on sait que tout va (à peu près) bien se terminer (le fils n’est pas guéri, mais on s’en tamponne un peu), on reste vraiment sur sa faim.

Alors non, ce n’est pas un navet, mais ce n’est pas un film impérissable. C’est un de ces films dont l’unique visionnage est suffisant.

 

Un petit souci tout de même : une vieille marque de vidéo cassettes (années 1980s, donc) avait pour devise « tout film qui ne mérite pas d’être revu, ne mérite pas d’être vu. »

 

  1. Kevin Keegan, qui fit les beaux jours de Liverpool (entre autres).
  2. En général elles pavent très bien l’enfer.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur
Saw II (Darren Lynn Bousman, 2005)

John Kramer (Tobin Bell), le tueur au puzzle, n’a pas cessé son activité meurtrière. Après les deux victimes (entre autres) du premier opus, il est de retour avec une maison dans laquelle sont enfermés plusieurs personnes, dont le fils du policier Eric Mathews (Donnie Wahlberg, le frère de), le jeune Daniel (Eric Knudsen).
Le policier – avec équipe d’intervention – a deux heures pour délivrer son fils, faute de quoi il périra par intoxication due à un gaz létal.

Mais cette fois-ci, il a un atout appréciable dans son jeu : il a mis la main sur John Kramer, qui lui propose – chose peu étonnante – un nouveau jeu. Le principe ? Discuter avec lui pour sauver son fils. Mais l’heure tourne et les participants du premier jeu meurent les uns après les autres, plus ou moins volontairement (1).

 

James Wan a laissé la place à Darren Lynn Bousman, et ce pour quelques films (2), qui signe en outre le scénario, avec celui qui avait élaboré l’intrigue – habile – du premier épisode : Leigh Whannell. On y retrouve en outre une ancienne « candidate » des jeux de Kramer : Amanda (Shawnee Smith), une ex-toxico. Mais à part ces personnages récurrents et le principe sadique qui régit Jigsaw-Kramer, nous sommes bien loin du premier épisode.

En effet, alors que l’intrigue montrait une certaine subtilité – malgré l’aspect gore assumé – ici Bousman construit son film dans la même verve que les films d’horreur d’antan » (Friday the 13th ou The evil Dead, pour ne citer qu’eux) : un groupe d’individu menacé par un psychopathe qui leur en veut.

 

Mais alors que d’habitude, cela se passe la nuit, ici, le seul temps important est celui qui s’écoule et les rapproche de l’issue fatale. Mais pour le reste, on reprend les mêmes ficelles : chacun – ou presque – va essayer de se la jouer solo, ne pensant qu’à sa propre survie, quitte à passer sur le corps (sans vie) des autres : ne vont-ils jamais au cinéma, toutes ces victimes ? Ne savent-ils pas qu’il faut s’unir si on veut avoir une chance de s’en sortir ? Encore que…

Quoi qu’il en soit, l’autre grande différence, c’est la quantité de sang versé tout au long du film, les différents protagonistes ne disparaissant pas des suites d’une maladie. Le sang est omniprésent, et même ceux qui ne meurent pas tout de suite en perdent tout de même du fait du poison respiré.

 

Bref, il n’y a pas que le policier qui voit rouge face à cet assassin singulier. Et alors que le premier opus nous avait gratifié de quelques éléments bien sanglants, Bousman et Whannell nous en proposent d’autre encore plus forts : nous sommes bel et bien dans un slasher à la limite du supportable, dans lequel Tobin Bell demeure un assassin toujours aussi fascinant. Sa retenue face à Mathews n’a d’égale que la sauvagerie générée par les situations dans lesquelles il a placé ses victimes.

 

Mais malgré tout, si l’intrigue possède à nouveau une subtilité – un tantinet prévisible tout de même – j’en suis arrivé à un moment de saturation : tout ce sang combiné au rythme parfois trop rapide des images (3) a tendance à étourdir le spectateur.

 

Il va me falloir du temps (pas mal) avant d’envisager de voir le troisième volet…

 

  1. Plutôt moins que plus, par ailleurs…
  2. Il va en tourner trois à suivre.
  3. C’est la première décennie du millénaire où les images sur l’écran se bousculent dans une seconde presque autant que sur une pellicule celluloïd (sans nitrate, bien entendu)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Fred Niblo
The red Lily (Fred Niblo, 1924)

Jean Léonnec (Ramon Novarro), le fils du maire de Vivonne (Frank Currier), aime la douce et belle Marise La Noue (Enid Bennett, madame Niblo à la ville), la fille du sabotier. Malheureusement, ce dernier vient à mourir et la jeune femme doit aller vivre chez sa famille qui lui reste : un couple d’ignobles ivrognes dont le mari est violent. Bref, des gens vraiment peu recommandables.

Pourchassée par ce dernier, Marise revient dans son ancienne maison et est consolée par Jean. Mais au matin, elle est chassée de son village (elle est pauvre, comprenez-vous).

Jean décide de partir avec elle. Ensemble, ils prennent le train pour Paris, gonflés des promesses d’une nouvelle vie.

Malheureusement, Jean est arrêté (injustement) pour vol, et doit abandonner Marise à la gare (1), qui l’attend. Quand il s’échappe et revient à cette même gare, Marise est partie.

Va alors commencer sa recherche de la femme « qui a le visage d’un ange », qui va se transformer en descente en enfer.

 

C’est beau comme un film de Fred Niblo (ça tombe bien, c’est lui qui est aux manettes), mais avec tout de même une accumulation excessive : non seulement les deux amoureux se perdent de vue, mais en plus, ils se trouvent entraînés dans la déchéance, descendant toujours plus bas dans la société humaine avec au bout deux limites (prévisibles) : la délinquance pour lui, et la prostitution pour elle.

Mais si cette accumulation de malheur est un tantinet exagérée, elle n’en demeure pas moins filmée avec beaucoup de soin, voire de brio (2). Les images de Victor Milner sont superbes, et en particulier la séquence d’orage qui voit Marise retourner dans son ancienne demeure : les éclairages sont somptueux et accentuent la menace que laisse planer cet orage sur les deux protagonistes.

Bref, c’est magnifique.

 

Alors oui, l’intrigue accumule (trop) les malheurs, mais encore une fois, c’est la façon de les amener qui est primordiale : les deux jeunes gens se perdent, mais à chaque fois, ça ne se joue pas à beaucoup de chose :

  • quand Jean revient à la gare, il entre par une issue pendant qu’elle sort par une autre, cachée par un pilier de séparation (voir ci-dessous) ;
  • plus tard, en bord de Seine, elle est assise sur un banc, tournant le dos à un jeune homme accoudé devant le fleuve : quand elle s’en va, on se rend compte que c’est lui.

Même leurs retrouvailles sont tragiques, modérées par un jeu de lumière des plus pertinents : chacun des deux est placé devant une source lumineuse (l’éclairage urbain pour lui, la cage d’escalier pour elle) qui les empêche de distinguer leurs traits respectifs. Ce n’est qu’une fois le piètre éclairage de la chambre mansardée de Marise est allumé qu’ils se rendent compte de leur réunion.

 

Et cette intrigue un brin outrancière, est soutenue par une distribution haute en couleur. Ramon Novarro est un jeune premier tout à fait acceptable et il est vrai que sa partenaire, Enid Bennett a vraiment un visage d’ange (3 ; mais c’est dans les seconds rôles qu’on retrouve une faune digne des bas-fonds parisiens, avec trognes patibulaires et maquillages féminins excessifs. On retrouve quelques « gueules » qui vont agrémenter cette compagnie qui vient de naître, la MGM : Gibson « McTeague » Gowland (un client un tantinet trop entreprenant), Dick Sutherland (The Toad – le Crapaud – un voyou violent), John « Cojo » George, sans oublier Emily Fitzroy (Mme Bouchard) et l’incontournable Wallace Beery (Bo-Bo). Une mention spéciale aussi pour Rosemary Theby (Nana) qui semble tout droit échappée de chez Zola : illustration idéale de cette vulgarité stéréotypée des filles de joie maquillées à outrance.

 

Au final un film superbe qui, si son intrigue est outrancière, est porté par une interprétation de qualité avec des images qui le sont aussi, et une direction à la hauteur des espérances.

Niblo est prêt pour ce qui va devenir son chef-d’œuvre l’année suivante : Ben Hur: a Tale of the Christ.

 

  1. D’Orsay, je suppose, mais ce n’est pas dit. Le réalisme hollywoodien a ses limites.
  2. Une petite réserve tout de même pour un raccord plus que maladroit du monteur (Lloyd Nosler) à l’arrivée du maire chez le défunt sabotier.
  3. Etre madame Niblo est aussi une motivation pour le réalisateur d’en faire une figure angélique, sinon mariale…
The red Lily (Fred Niblo, 1924)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Clarence Brown, #Norma Talmadge
Kiki (Clarence Brown, 1926)

Kiki (Norma Talmadge) vend des journaux à la sauvette, devant l’entrée des artistes des Folies Barbès. Cet établissement hautement culturel est dirigé par le séduisant Victor Rénal (Ronald Colman) et a pour vedette sa maîtresse, Paulette Mascar (Gertrude Astor).

Bien évidemment, Kiki est amoureuse de Rénal et profite d’une série de quiproquos pour se faire engager dans la revue, suite à une défection.

Malheureusement pour elle, la première est une catastrophe et elle est remerciée.

Malheureusement pour lui, elle n’a plus d’endroit où aller et il doit la garder chez lui…

 

En 1926, Norma Talmadge est au fait de sa gloire et c’est un scénario sur mesure qui lui est proposé ici, d’après une pièce de théâtre d’André Picard. Et on peut dire que pour du sur mesure, cela lui va vraiment comme un gant ! Non seulement elle est une grande actrice (je l’ai déjà annoncé ici) mais en plus, elle nous fait rire.

Et Clarence Brown, qu’on a connu beaucoup plus sérieux dans ses intrigues semble prendre un réel plaisir à tourner cette comédie, y mettant la même application que pour ses sujets dits « sérieux ». (1)

Non seulement les images sont (encore une fois) bien léchées, mais en plus les différents interprètes sont au meilleur de leur art, même Marc McDermott qui réussit à ne pas mourir dans la première demi-heure.

 

Certes, c’est un Paris de carton-pâte et qui ressemble beaucoup à Hollywood ou Los Angeles : n’étaient-ce les enseignes en français, on s’y croirait presque ! Mais comme toujours dans ces cas-là (2), la très grande majorité des séquences se déroulent en intérieur. Mais à la différence d’autres pièces filmées, Brown réussit à varier les endroits, même si la plupart du temps nous restons chez Rénal. C’est d’ailleurs quand on arrive chez lui que la comédie se débride et s’installe définitivement.

Norma Talmadge est magnifique et extrêmement drôle, d’autant plus que Colman reste imperturbable, bien que son personnage ne soit pas indifférent à cette jeune femme naturelle qui vient de débarquer chez lui.

 

« Naturelle » est ce qui qualifie le mieux la personnalité de Kiki et la grande Norma, parvient à nous faire oublier qu’elle n’a plus vingt ans en composant un personnage tout en jeunesse. C’est quand la tragédie va – pendant un court instant – essayer de s’immiscer dans cette intrigue qu’elle ne peut cacher qu’elle a dépassé la trentaine. Mais cet instant est si fugace qu’on l’oublie aussi vite qu’il est venu et on se réjouit de cette jeune femme fraîche et nature qu’on ne peut qu’adorer.

Mais comme d’habitude, une actrice n’est grande que si ses partenaires le sont aussi et c’est le cas ici (Ronald Colman est toujours formidable, alors…), avec une mention spéciale pour George K. Arthur (Adolphe, le serviteur de Rénal), d’une drôlerie p^phénoménale. Son antagonisme avec Kiki est très réjouissant et les différentes interventions de Colman-Rénal dans cette opposition accentuent l’effet comique de chaque situation. Un régal.

 

Avec Kiki, Clarence Brown nous montre que lui aussi sait manier tous les genres, le tragique (ce que nous savions déjà, comme le comique avec toujours le même souci esthétique et la rigueur qui a fait la force de ses autres réalisations.

Ce fut sa seule réalisation avec Norma Talmadge, mais alors quelle rencontre au sommet !

Dommage qu’il n’y en eût pas d’autre…

 

  1. Faire rire est une entreprise très sérieuse !
  2. C’est une pièce de théâtre, à l’origine, ne l’oublions pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Espionnage, #J. Gordon Edwards
Sa Patrie (The silent Command - J. Gordon Edwards, 1923)

Le capitaine Decatur (Edmund Lowe) a été chargé par le haut commandement de la sûreté du Canal de Panama, seule possibilité pour la Navy de se rejoindre rapidement. Mais une puissance étrangère veille et veut à tout prix empêcher ce rapprochement facile. Deux faux propriétaires de plantations de cannes à sucre – mais véritables espions – vont tenter de détourner ce brillant militaire de son devoir : Benedict Hisston (Béla Lugosi) et Menchen (Carl Harbaugh).

Comment ? En lui présentant la belle et trouble (et bien sûr irrésistible) Peg Williams (Martha Mansfield) pour semer le désordre dans sa vie bien réglée (normal, c’est un militaire).

 

Encore une fois, on peut se demander ce qui est arrivé au traducteur du titre : comment « l’ordre silencieux (1) » peut-il se transformer en « sa patrie » ? Certes, il y est question d’honneur patriotique (je l’ai déjà dit, c’est un militaire) mais ce qui fait le sel de cette intrigue, c’est tout de même cet ordre qu’on n’entend pas, ou plutôt dot on n’apprend l’existence une fois la résolution de l’intrigue commencée. Et cet ordre si discret n’est pas sans annoncer celui que l’on donnera au commandant Lex (Gary Cooper) près de trente ans plus tard (Springfield Rifle, 1952).

 

Reconnaissons-le, il s’agit d’un film mineur mais qui a la particularité de compter la présence de Béla Lugosi que ses différents rôles fantastiques ont amené à une place privilégiée dans la culture populaire. C’était un acteur au regard pénétrant et inquiétant, ce que les deux chefs opérateurs ont compris puisqu’on a droit plusieurs fois à des plans resserrés sur ses yeux qui même en noir et blanc ne peuvent qu’être bleus.

Et d’une manière générale, le duo de cameramen (George W. Lane & Bennie Miggins) proposent des cadrages très intéressants, mettant en valeur des détails pertinents, soit en serrant le plan, soit en utilisant des caches (droits et obliques) pour soutenir l’intrigue.

 

Malheureusement, ce travail visuel est parfois gâché par le monteur dont les raccords ne sont pas toujours bien pertinents. En effet, il arrive plusieurs fois qu’un plan rapproché suive un plan d’ensemble et ce dernier reprend la dernière seconde du premier, empêchant une fluidité bienvenue et surtout hachant un tantinet la continuité du film.

Pour le reste, J Gordon Edwards recycle avec habileté des images d’archives, montrant au passage la forte armada de son pays (un peu de propagande bon marché ne nuit pas…).

 

Bref, un petit film d’aventures (militaires) qui se laisse regarder sans déplaisir, mais dont on peut tout aussi bien se passer, et préférer cette même année, au hasard (2), Safety Last!

 

  1. Voire secret…
  2. Non, pas au hasard.

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