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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Billy Wilder

Chicago, février 1929.

Joe (Tony Curtis) et Jerry (Jack Lemmon) sont deux musiciens de jazz. En rupture de contrat et recherchés par des mafiosi (dont George Raft, excusez du peu), ils se font passer pour deux musiciennes et sont engagés par Sweet Sue dans son jazz band de filles (exclusivement !).

Et c’est là que le film prend tout son sel.

Wilder réussit à faire rire avec un sujet qui faisait scandale en 1960 (et encore dans les milieux intégristes de nos jours !) : les travesti, et par extension, les homosexuels. Et ce rire est sain. Il n’y a pas de volonté de grossir le trait voire de se moquer, comme le font les « attardés » de la chanson de Charles Aznavour, comme ils disent.

Non, rien de tout ça. Tout d’abord parce que le choix de Joe et Jerry n’est pas sentimental mais bien une volonté de sauver leur peau.

Et si Joe/Josephine retrouve rapidement des habits d’hommes pour courtiser Sugar (Marilyn Monroe), il n’en va pas de même pour Jerry/Daphné qui joue le jeu jusqu’au bout : baignade à la mer avec les autres filles, flirt et danse avec Osgood Fielding III (Joe E. Brown, adorable)…

Car c’est Daphné qu’on aime à suivre tout au long de ce film. La scène de danse étant un beau moment. Jack Lemmon est phénoménal. Il n’est plus un homme traqué, il est devenu Daphné : il songe à son avenir avec Osgood !

Pas étonnant que ce film soit devenu l’une des références du mouvement LGTB : nulle part il n’est dit ni suggéré que l’homosexualité est condamnable (ce qui est assez novateur pour l’époque) Et la réplique finale va carrément dans ce sens !

Alors on savoure, comme toujours avec Billy Wilder.

Et puis on attend avec impatience que Marilyn nous fasse : « boop-boop-pi-doo ! »

Mais une question reste : qu’est-ce que certains aiment chaud ?

La réponse dans le film, lors de la première rencontre entre Sugar et Junior.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Quentin Tarantino
Les huit Salopards (The hateful Eight - Quentin Tarantino, 2015)

 

Passons sur le titre français.

Un western.

Du 70 mm.

Des promesses ? Oui.

Tenues. Ben non.

Parce que quand on parle de western en 70 mm, on veut des grands espaces.

Et là, à part quelques rares plans d’extérieurs, c’est du huis clos.

Dans une diligence tout d’abord.

Ensuite, chez Minnie et Sweet Dave.

 

Et ça parle.

Normal, c’est un film de Tarantino.

Ca parle, et ça joue du pistolet. Pas beaucoup, mais c’est assez efficace.

Et l’intrigue ? Comme d’habitude chez Tarantino, c’est la tchatche le plus important. Alors savoir si Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh) va s’en sortir ou non n’est pas le plus important.

C’est tout ce qu’il se passe autour qui importe. Avec en prime, une rupture dans la narration à peu près linéaire.

Chez Tarantino, il y a toujours une rupture dans la narration, pour expliquer. C’est ce qui faisait la force de Pulp Fiction, ou Jackie Brown.

Mais ici, ce n’est pas aussi intéressant. Dommage.

 

Alors on reste sur sa faim.

 

Et puis, décidément, ça parle trop.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Drame, #Robert Enrico
Le vieux Fusil (Robert Enrico, 1975)

Julien Dandieu (Philippe Noiret) est chirurgien à Montauban. Il a une fille de treize ans, Florence, et une femme belle comme le jour, Clara (Romy Schneider, lumineuse).

Tout est donc au mieux. Sauf…

Sauf que c’est la guerre, nous sommes en 1944. Les Alliés viennent de débarquer en Normandie, la division das Reich y remonte, et la Milice s’excite, voulant sauver les meubles avant qu’il soit trop tard.

Alors Julien a peur. Peur pour ses femmes. Et il décide de les envoyer dans son « château », celui qu’il retape, quand il a le temps.

Alors elles y vont.

Et quand il a un moment de libre, il va les rejoindre. Il s’arrête au hameau. Silence. Personne.

Les gens ont été rassemblés dans l’église. Là, les Allemands les ont massacrés. Ensuite, ils sont montés au château. Et Clara, et Florence…

Julien est seul, contre une dizaine de soldats. Alors il ressort le vieux fusil. Celui de la chasse. Et les cartouches, celles pour tuer le sanglier.

 

Alors nous allons suivre la vengeance de Julien. Une seule journée, le temps que les FTP arrivent.

Et pendant ce temps, Julien va éliminer les Allemands, un par un, en songeant à sa vie qui vient de s’arrêter.

Robert Enrico signe ici un film de vengeance tout en subtilité. Julien Dandieu n’est pas un excité, ni un violent. Mais ce qui lui arrive va au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer. Sans compter le poids de la culpabilité : c’est lui qui – sur le conseil de son ami François (Jean Bouise, toujours impeccable) – qui envoie les deux femmes de sa vie à l’abri, vers leur mort.

Et Julien sera taraudé deux fois par ce qui est arrivé : à la découverte du drame, puis quand tout sera terminé.

Et entre les deux, il se souviendra. Il se rappellera Clara, son sourire enchanteur et communicatif, et Florence, sa fille à lui, mais tellement proche de Clara.

 

Et nous voyons défiler ses souvenirs. Des plus proches aux plus anciens : le soir où il a rencontré Clara et que tout s’est décidé si vite, le conflit approchant. Parce que c’est là le nœud de leur vie. Ils se sont rencontrés, ont couché ensemble, et presque tout de suite après, ils se sont mariés. La guerre étant là, il fallait vivre intensément, comme si chaque jour était le dernier. Et malgré cela, leur dernier contact fut bref. Juste un au revoir à travers une vitre de voiture, puisque de tourte façon, ils devaient se revoir très tôt.

Alors ce film est très noir, très froid. Julien se venge. Mais sobrement. Pas de réaction d’enthousiasme. Une vengeance implacable, froide. Il ne se réjouit jamais de la mort d’un ennemi. Mais il continue.

 

Et quand son œuvre est terminée, que son ami François vient le chercher, il reprend le cours de sa vie, là où il en était, avant le drame. Jusqu’à ce que ce dernier le rattrape.

A partir du drame d’Oradour-sur-Glane, Enrico nous raconte une vengeance banale, mais avec une force et une émotion formidables. Noiret est magnifique, sobre. Ni courageux, ni lâche. Juste déterminé. Avec lui, Romy Schneider est – je le dis encore une fois – lumineuse. Elle éclaire chaque séquence. Et son sourire, le grand souvenir de Julien, accompagne chacun de ses souvenirs et nous gagne peu à peu. Il justifie à lui seul l’action de Julien.

 

Romy Schneider était décidément une très grande actrice.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Stanley Donen, #Gene Kelly

Encore un chef-d’œuvre !

« De la musique, encore de la musique, toujours de la musique. »

Mais surtout, du cinéma. Du vrai.

 

Voici – à mon avis – la meilleure mise en abîme sur le cinéma. Tout y est : de l’élaboration d’une histoire jusqu’à la première !

Nous avons les tournages de films d’action avec les recréations en studio de scènes à grand spectacle : attaque de train, bagarres…

Nous trouvons aussi la création d’une atmosphère sentimentale dans un immense hangar : un fond de ciel peint, quelques lumières, un ventilateur géant, et nous sommes dehors, au coucher du soleil…

Et puis les tracas de l’arrivée du parlant : les fils qui traînent, la difficulté de jouer et parler, ceux qui ne pensent pas au micro, et surtout les voix qui ne passent pas !

 

Et ici, Donen et Kelly ont réussi une comédie sur une période extrêmement dramatique du septième art : l’arrivée du parlant. Et pour paraphraser Don McLean dans American Pie : « Le jour où le cinéma est mort. »

Avec l’arrivée du parlant, c’est tout un pan de l’industrie cinématographique qui a disparu, qui a été oublié, relégué aux archives, voire détruit. Et avec l’avènement du son, ce sont des acteurs et actrices qui ont disparu, John Gilbert étant un exemple célèbre (avec, en prime pour Gilbert, la haine farouche de Louis B. Mayer qui a précipité sa chute).

Deplus, le thème est traité avec humour et on se réjouit des soucis de production d‘un parlant.

 

Il y a surtout les morceaux musicaux, avec en point d’orgue le numéro de danse entre Gene Kelly et Cyd Charisse. C’est certainement le moment le plus fort du film et en plus, il est muet ! Il se dégage une sensualité rare et une émotion intense. Et pas seulement à cause des jambes de Cyd Charisse !

Et si Gene Kelly est extraordinaire dans le rôle très complet de Don Lockwood – il joue, il chante, il danse ! – il ne faut pas sous-évaluer les rôles de deux autres protagonistes : Donald O’Connor et Jean Hagen :

  • Donald O’Connor donne magnifiquement la réplique à Gene Kelly, mais surtout le complète admirablement dans les divers numéros dansés. Il est en outre inoubliable dans la séquence Make 'Em Laugh, où, en plus de chanter, il accomplit de véritables prouesses physiques.
  • Jean Hagen est merveilleusement idiote. Elle joue à la perfection l’actrice balayée par l’arrivée du parlant. Mais sa bêtise alliée à sa méchanceté ne la font pas passer pour une victime. Et puis sa voix criarde et son accent populaire la rendent particulièrement ridicule, à nos yeux comme aux yeux des spectateurs de son film. (C’est bien connu, il faut être drôlement intelligente pour jouer un rôle d’idiote !)

 

L’époque est aussi bien recréée :

  • Les premières où les invitées rivalisaient d’extravagance vestimentaires, et où le public était hystérique ;
  • la mode s’affiche (surtout) dans la séquence Beautiful Girl où le chanteur n’est pas sans rappeler Maurice Chevalier ;
  • La prohibition est suggérée dans la séquence Broadway Melody, où Gene Kelly, dans un speakeasy, rencontre un gangster balafré (tiens, tiens !) ;
  • L’arrivée du parlant nous inonde d’images illustrant les films présentés à cette époque, mais cette fois-ci, ils sont en couleur, ce qui peut nous donner une idée de ce qu’étaient ces films que nous ne connaissons qu’en noir et blanc.

 

Enfin, il y a la scène titulaire : quand Gene Kelly chante Singin’ in the Rain en s’amusant avec et dans l’eau ! Un grand moment. Encore.

Un film indémodable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guillermo del Toro

Une femme enceinte – Carmen (Ariadna Gil) – qui est malade en voiture.

Une fillette – Ofelia (Ivana Baquero) – qui lit beaucoup.

Une pierre par terre.

Un œil sur la pierre.

Une stèle.

La petite fille remet la pierre à sa place, sur la stèle.

C’est comme ça que tout commence.

Pourtant, le film commence par la fin : la petite fille meurt, son sang s’écoule de son nez.

Mais le sang retourne dans les veines, la vie reprend et la magie peut opérer.

En remettant la pierre à sa place, elle a permis le passage d’un monde à un autre. Mais ce passage ne s’ouvrira que si elle réussit les (fameuses) trois épreuves.

 

Nous sommes ici dans un conte de fée. Pan (Doug Jones) est un faune. [Il n’a pas de nom en fait. C’est juste le titre, histoire de faire vendre…] C’est un adjuvent. Il est là pour aider Ofelia. Mais comme dans tous les contes de fées, il y a un méchant. Et celui-ci, c’est un terrible : Vidal (Sergi López).

Nous sommes en 1944. Depuis cinq ans, Franco dirige l’Espagne. Mais des poches de rebelles continuent de résister. Et Vidal est venu en éliminer une. Vidal est capitaine de l’armée franquiste. C’est un fasciste. Un sadique. Un véritable psychopathe. Il n’a aucun scrupule dans l’accomplissement de ses tâches. Sergi López est extraordinaire.

Mais c’est un conte de fée. Et Ofelia doit réussir. Elle doit redevenir la princesse égarée que le Roi son père attend depuis la nuit des temps.

 

Alors on assiste en parallèle à la quête d’Ofelia et à celle de Vidal, en sachant que de toute façon, à un moment, ils se retrouveront face à face, au moment de la résolution.

Et Guillermo del Toro nous propose un conte de fée pour adulte. Alors évidemment, rien n’est édulcoré, et la fin n’est pas complètement heureuse. Le temps d’un film, on suit Ofelia et on souhaite son succès, même si on sait qu’il y aura une issue fatale face à un tel adversaire (voir plus haut). Alors quand Vidal poursuit Ofelia dans le labyrinthe, on pense à Jack Torrence poursuivant son fils Dany dans Shining. Mais si Danny s’en sort, il n’en va pas de même pour Ofelia. Quoique…

Et c’est dans l’assaut final que la féérie s’étale. Alors qu’Ofelia est la seule à voir les fées ou Pan, la réalité se mêle et finalement l’emporte. Mais cela se passe sous une forme féérique : jamais des explosions n’auront donné autant de flamboyance et de merveilleux. Une véritable explosion de couleurs chaudes. Il faut voir le feu brûler dans une teinte presque irréelle, voire surréelle.

 

Magnifique, tout simplement.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Billy Wilder, #Marilyn Monroe

Un cycle, ça dure sept ans.

Ca tombe bien, Richard Sherman (Tom Ewell) est marié à Helen (Evelyn Keyes) depuis sept ans. Alors il est en bout de cycle. Et ça le démange (d’où le titre original…).

Et comme tout bon Américain de Manhattan, il a envoyé sa femme et son fils passer l’été au vert (vieille coutume indienne…).

Bien sûr, il a promis de bien se conduire : pas de cigarette, ni d’alcool.

Et il s’y tient. Jusqu’à l’arrivée de la fille (Marilyn Monroe). Elle n’a pas de nom. Ce n’est pas grave, elle a tout le reste. Sauf de l’imagination. Ni l’air conditionné.

Alors quand elle renverse un plant de tomates sur la chaise longue, passé l’énervement, Richard n’a pas d’autre solution que de l’inviter à prendre un verre chez lui…

En tout bien tout honneur, bien entendu. Et aussi avec le deuxième concerto pour piano de Rachmaninov.

 

S’ensuit une aventure qui n’en est pas une. Il ne se passe pas grand-chose entre eux deux. Juste quelques baisers furtifs…

Ce qui domine le film, c’est l’imagination de Richard. Il en a pour deux.

Tout est prétexte à la laisser vagabonder, avec bien entendu, une bonne dose de culpabilité. Et Billy Wilder s’amuse à filmer les débordements de cette imagination, ce qui fait qu’à un moment, le spectateur lui-même se demande si ce qu’il voit est réel ou non. Avec, en prime, quelques références cinématographiques (revoyez-le pour les connaître).

 

Et puis il y a Marilyn Monroe. Elle est phénoménale. En plus d’être belle, sexy, adorable (etc.), elle est superbement dirigée. Elle joue une fille qui joue à Marilyn Monroe. Elle a une façon de se moquer d’elle-même qui est assez subtile. Elle joue une ingénue avec beaucoup de talent. Quand Richard part sur de grandes réflexions, elle se demande si son ventilateur lui sera remboursé ; quand il imagine qu’il la séduit, elle est habillée comme une vamp et prend les poses idoines… Et son intervention dans la publicité pour Dazzledent vaut le déplacement…

 

Le seul point commun entre ces deux personnes, c’est leur adresse. Pour le reste, tout les oppose : il est marié, elle non ; il a de l’imagination, pas elle ; il a un physique commun d’homme proche de la quarantaine, elle est sublime…

Mais pourtant, l’alchimie fonctionne, et les situations dans lesquelles ils se mettent – en vrai ou en faux – sont extrêmement réjouissantes. Merci, monsieur Wilder.

Un an après sa tournée (triomphale, bien entendu) en Corée – magnifique coup de pub – c’est le film qui va réellement propulser Marilyn au rang de mythe.

 

Magnifique, tout simplement.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean-Paul Rappeneau

Le château, c’est celui de Jérôme (Philippe Noiret). De noblesse normande désargentée, il vit avec sa mère, et aussi sa jeune femme, Marie (Catherine Deneuve), qui préfèrerait être à Paris.

Mais quand on est avec une jolie femme (qui en plus est plus jeune), on n’a pas envie de la partager, alors la vie parisienne, c’est plutôt compromis.

Heureusement, Julien tombe du ciel : il a été parachuté pour des repérages.

Julien s’éprend de Marie, et Marie voit là sa porte de sortie vers la capitale.

Mais. Mais les Allemands s’installent dans le château, et les plans élaborés par Julien – de guerre et d’amour – sont compromis.

J’avais oublié, nous sommes en 1944, en juin. Début juin. Un peu avant le 6.

Qu’importe, Marie ira à Paris !

 

Il s’agit ici d’un vaudeville gentillet, où la grande histoire côtoie l’anecdote avec beaucoup de charme.

C’est un film sur mesure pour Catherine Deneuve, star montante qui sort de Répulsion et encore un peu avant Les Parapluies de Cherbourg. Dès le générique, Rappeneau nous propose des gros plants du visage de Catherine Deneuve, en alternance avec ceux d’un pistolet, menace de la guerre oblige.

Tout tourne autour d’elle : l’action et les hommes. La guerre ? Bof, elle s’en fiche, du moment qu’elle n’est pas dérangée. Les hommes : Julien, un officier de résistance (Henri Garcin), et Sigmund (Carlos Thompson), un officier allemand. Tous les deux sont séduits par le charme de Marie, et vont rivaliser afin de l’emporter, en venant, bien entendu aux mains.

 

Alors nous suivons ses aventures, ou ce qui aurait pu en être avec plaisir, même si elle n’a pas le petit truc en plus qu’avait sa sœur (Françoise Dorléac) qui la rendait irrésistible dans une comédie.

Parce que Deneuve, même si elle est belle, pétulante (etc.), reste Deneuve. Et il lui manque un je ne sais quoi d’innocence pour se faire passer pour une vraie fille de la campagne.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir. Et savourons aussi les interprétations de Pierre Brasseur et Mary Marquet (les parents de Marie et Jérôme), aussi ronchons l’un que l’autre mais tellement complémentaires.

Quant à Philippe Noiret, il annonce Julien Dandieu, personnage qu’il incarne dans Le vieux Fusil, qui a lui aussi une très jolie femme, et qui un jour doit sortir le fusil de son étui. La période est la même, seul le ton (comique ici) est différent.

 

A voir ? Oh oui !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Weir, #Comédie
The Truman Show (Peter Weir, 1998)

 

« Et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre… » (Apocalypse, 6 :13)

Ca commence par une étoile qui tombe dans la rue. C’était Sirius.

Mais pour Truman (Jim Carrey), c’est le début de ce qui sera la Révélation (en Grec apokálupsis).

Truman va avoir trente ans. Il travaille dans les assurances, est mariée à Méryl (Laura Linney), une infirmière et son meilleur ami – Marlon (Noah Emmerich) – amène toujours des bières quand il vient le voir.

Sauf que Truman ne sait pas qu’il est la vedette d’une émission de (fausse) télé-réalité. Alors, quand un projecteur marqué « Sirius » tombe de nulle part, il a de quoi se poser des questions.

 

Et Truman ne va cesser de s’en poser, en observant le monde (fabriqué) qui l’entoure.

Et son étonnement va grandissant, pendant que nous découvrons progressivement l’univers créé pour ce jeune adulte.

Alors on s’amuse des artifices déployés pour guider cet homme. On se réjouit des impromptus qu’il crée, mais on espère aussi. On espère qu’il va découvrir la vérité.

Dans le même temps, on aperçoit des téléspectateurs qui suivent avec grand intérêt l’évolution de Truman. Ce programme est devenu le centre de leur vie. Ils veulent se repaître de cette vie par procuration.

Il y a une jubilation lors de chaque nouvelle vision : connaissant les ficelles du scénario, on s’amuse des subterfuges utilisés ou des solutions improvisées face aux réactions de Truman.

 

Nous sommes à la frontière entre Frankenstein et 1984.

  • Frankenstein :

Truman est la créature de Christof (Ed Harris). Harris est un autre Prométhée moderne. C’est lui qui l’a façonné, élaborant un scénario dans lequel il évolue depuis près de trente ans. S’il n’a pas créé la vie, il a dirigé unilatéralement le destin de Truman. Mais au-delà du créateur, il est un artiste, et « Christof» est son nom d’artiste, sa signature. Il est coiffé d’un béret comme en ont souvent les peintres représentés.

Il est le démiurge de cette émission, créant en plus les dialogues soufflés aux acteurs en fonction des situations. Mais s’il a créé cet homme, qu’il est dieu, il peut aussi bien devenir destructeur, Truman n’étant plus humain, mais un objet (d’art ?) que son créateur peut éliminer s’il ne correspond plus à son idée originelle.

  • 1984 :

On pourrait plutôt parler d’anti-1984, car ici, ce n’est pas Big Brother qui vous regarde, mais vous qui regardez Big Brother. Mais si dans le roman d’Orwell, chaque individu se sait épié, ici, Truman est totalement inconscient de ce qui lui arrive. A l’instar des occupants de la caverne de Platon, Truman reconnaît le monde dans lequel il est comme la réalité.

Nous sommes dans le stade ultime du totalitarisme : un monde créé selon les critères d’une personne pour des gens qui n’auront connu que ce monde. Et Truman est heureux. Et comment ne pourrait-il l’être : tout tourne autour de sa personne. Et Christof (Ed Harris), en bon dictateur se défend en disant que c’est pour son bien.

 

Mais l’essence même de l’homme, cette conscience, ce libre arbitre l’emporte tout de même. Finalement, Truman saute dans l’inconnu, c’est sa deuxième naissance, la vraie. Celle qui amènera une vie basée sur ses propres choix.

Enfin, ce qui est réconfortant dans le propos du film, c’est qu’une fois l’émission sabordée, les gens retournent à leur vraie vie, et surtout, se réjouissent de l’heureuse fin de ce destin, alors que leur raison de vivre pendant toutes ces années vient de disparaître.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #David Cronenberg
La Mouche (The Fly - David Cronenberg, 1986)

Avec Cronenberg, il y a toujours une dose d’inéluctabilité. Une personne enclenche un processus d’irréversibilité, voire irrémédiable.

Ici, c’est Seth Brundle (Jeff Goldblum, épatant) qui s’y colle.

A une soirée, il rencontre la belle Veronica « Ronnie » Quaife (Geena Davis, toujours formidable), journaliste scientifique.

Seth est un génie. Rien d’autre. Il porte toujours la même tenue (ça évite de se poser la question de ce qu’on va mettre le matin), mange des cheeseburger (comme ça, pas besoin de se prendre la tête à faire à manger, et il est coiffé d’un magnifique brushing comme on en voyait dans les années 80.

Pour le reste, il a inventé une machine capable d’assouvir l’autre rêve l’humanité : la téléportation. Le premier étant le voyage dans le temps.

Ca fonctionne magnifiquement pour les bas. Un petit peu moins bien avec les babouins, mais avec un réglage, tout va mieux.

Alors il lui reste à accomplir le test ultime : se téléporter. Et il réussit !

Sauf.

Sauf qu’il a emmené avec lui une mouche. Et lors de la régénération (je vous passe les détails techniques), son ADN et celui de la mouche se sont mélangés.

Donc, Seth devient… Une mouche !

Progressivement. Doucement au début, puis les choses s’accélèrent.

 

Le voilà, le côté irrémédiable et irréversible du film : Seth devient mouche, sans retour possible. Devant les yeux effarés puis terrifiés de Ronnie.

L’idée du film, à l’instar de Seth est géniale. Et la transformation est véritablement bluffante. On assiste aux différents stades de développement de Seth la Mouche domestique avec émerveillement. N’oublions pas que le morphing ou tout autre trucage numérique n’est pas encore utilisé. C’est une technique à l’ancienne qui nous montre les différents aspects de Seth : le maquillage. Pas de fondu, des plans différents. A chaque rencontre, il continue sa mutation. Impressionnant.

 

Cronenberg est dans une phase de mutation. Il quitte peu à peu le côté gore du cinéma pour entrer dans des sujets un peu plus réalistes et moins sanguinolents (son film suivant sera *Faux semblant*, une autre histoire de mutation avec moins d’effets spéciaux).

Malgré tout, les effets un tantinet dégoûtants sont là, et Cronenberg s’en rit en les comparant avec les cheeseburgers chers à Seth.

Oui, c’est un remake. Oui, l’histoire n’est pas originale. Malgré tout, le rendu est assez admirable, si on met de côté l’aspect dégoulinant de certains effets…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Wes Craven, #Horreur

Que de chemin parcouru depuis Halloween !

Alors que Carpenter, avec un petit budget enclenchait le déferlement des slashers, ici, Wes Craven fait dans le grandiose.

L’atmosphère est là, la peur aussi, sans parler de l’hémoglobine qui coule à flot.

Mais au-delà des poncifs du genre, il y a toute une réflexion sur les films d’horreur qui permet une distanciation assez salutaire.

J’ai déjà exprimé mon peu d’intérêt pour les slashers, mais je dois avouer que celui-ci est un incontournable.

 

Craven nous donne une grande leçon de cinéma d’horreur. Son maître, c’est Carpenter, et le film possède non seulement des similitudes avec Halloween, mais aussi carrément des extraits d’icelui.

Halloween, pour Craven et ses ados – tous des spécialistes du film d’horreur – c’est le film de base, celui qui amène les autres. Pas étonnant que le premier film nommé, c’est celui-là. Et Craven va plus loin quand un personnage parle d’un film de « Wes Carpenter » : Craven se considère, avec Carpenter comme le plus grand du genre. Et j’ai du mal à lui donner tort.

Toujours est-il que le scénario fourmille d’hommages à Carpenter et de détails réjouissants :

  • le proviseur Himbry est joué par Henry « Fonzy » Winkler. Dans sa garde robe, on peut apercevoir un perfecto… Celui de Happy Days ?
  • L’homme d’entretien porte un pull rouge et se prénomme Fred… Comme par hasard !
  • Les codes du film d’horreur sont exposés par Randy (Jamie Kennedy) puis utilisés dans les scènes qui suivent, dont le célèbre « Je reviens » que dira Gale Weathers (Courteney Cox) à Dewey (David Arquette).
  • Le meurtrier masqué n’est pas un assassin habituel, de type professionnel comme on en trouve généralement : il trébuche, prend des coups, en rate d’autres. Il n’a pas la précision, par exemple, de Michael Myers dans Halloween.

 

Non seulement Craven réussit un magnifique slasher, mais en plus, il en nous révèle son savoir-faire. Il y a une véritable distanciation par rapport au film. Il réussit à filmer l’histoire et à se regarder la filmer, prenant un recul rare pour ce type de cinéma.

On est au-delà du film d’horreur de base.

Comme Carpenter, Craven va au-delà du genre. Et ce n’est pas prétentieux de sa part de faire dire à Gale Weathers qu’elle fut témoin d’une histoire sensationnelle (« amazing breaking story »).

 

Nous avons assisté à un grand moment de cinéma d’horreur.

 

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