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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

television

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire
Vikings (Michael Hirst, 2013-2020)

Ragnar Lothbrok (Travis Fimmel), Lagertha (Katheryn Winnick), Björn Iron-Side (Alexander Ludwig), Rollon (Clive Standen), Floki (Gustaf Skarsgård), le roi Harald (Peter Franzén) ou encore Ivar the Boneless (Alex Høgh Andersen), tels sont quelques uns des personnages plus ou moins réels que nous rencontrons dans cette incroyable série comportant pas moins de 89 épisodes.

Les différents personnages étant, pour nombre d’entre eux , semi mythiques, la vérité historique s’en trouve un tantinet tordue. Mais qui s’en plaindra ? Nous sommes au spectacle, et Michael Hirst nous en offre un plutôt impressionnant !

Bien entendu, ce sont des Vikings et leurs manières ne sont pas toujours très policées : tout est prétexte à bagarre, guerre comme paix voient toujours des affrontements. Sans oublier quelques raffinements tels que les « ailes de l’aigle » et autres joyeusetés…

 

Bien sûr, nous avons droit à des repères temporels et de véritables personnages historiques  - outre Rollon, on rencontre le roi Alfred (Ferdia Walsh-Peelo), le roi Charles (Lothaire Bluteau) ou encore sa fille Gisla (Morgane Polanski)… Ce qui nous permet de nous repérer dans l’époque. Mais comme souvent dans les sagas vikings, nous retrouvons ce que nous aimons : des guerriers rudes et combatifs, avec un système pileux très développé : peu d’acteurs ne portent pas de barbe ! Bien entendu, les signes vikings sont là : runes et tatouages émaillent la série, et on en arrive même à se demander comment Floki, seul, arrive à se faire lui-même les siens avec autant de précision…

Pour le reste, c’est une véritable épopée qui s’étend sur une bonne moitié du monde tel que nous le connaissons : Europe du Nord (Scandinavie, bien entendu) et du Sud, pourtour méditerranéen et incursions en Afrique, route de la soie… Et même un étonnant nouveau monde, plus à l’ouest !

 

Et surtout, Hirst et les différents réalisateurs qui se sont succédés recréent magnifiquement cette époque sombre et polythéiste, en donnant aux femmes une place prépondérante : non seulement elles se battaient aux côtés des hommes, mais certaines dirigeaient même des territoires, et décidaient alors sans contestation.

Et au milieu de tout cela, une intrigue (très) librement inspirée de la Saga de Ragnar Lothbrok, qui voit les périples et combats de ce héros mythique et sa succession entre ses quatre principaux fils : outre Björn et Ivar, Hirst a utilisé Hvitserk (Marco Illsø) et Ubbe (Jordan Patrick Smith), avec des destins forts différents des deux autres.

Mais ce sont ces deux autres fils qui vont permettre aux Vikings de s’intégrer au monde, autrement que par la conquête : une époque s’est terminée, une autre commence. Les dieux nordiques sont chassés, le christianisme va progressivement s’installer.

 

C’est grandiose (encore meilleur sur grand écran), palpitant et violent. Les morts s’enchaînent et même les personnages principaux ne sont pas épargnés, amenant d’autres développements dans la série, pour notre plus grand plaisir.

Quant à l’interprétation, elle est impeccable. De plus, les costumes et maquillages (élaborés) sont remarquables et nous aident à mieux nous plonger dans cette épopée médiévale. On retiendra les yeux bleus de Travis Fimmel et de Jordan Patrick Smith, mais aussi la présence de quelques noms connus, tels Steven Berkoff (le roi Olaf) ou Gabriel « Keaton » Byrne (le jarl Haraldson), ou encore Jonathan Rhys-Meyers (Heahmund), sans oublier Ray « Titus Pullo » Stevenson dans un rôle ambigu mais très pertinent.

 

Une série qui se laisse voir, et bien entendu revoir !

 

PS : ma préférence va au personnage de Floki, faux innocent mais véritable Viking…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Drame historique, #Buzz Kulik, #Anthony Hopkins
L'Affaire Lindbergh (The Lindbergh kidnapping Case -Buzz Kulik, 1976)

Si 1976 a célébré les deux cents ans de la Déclaration d’Indépendance aux Etats-Unis, elle fut aussi l’occasion d’un anniversaire beaucoup moins glorieux, voire funeste : le 4 avril 1936 était exécuté Bruno Richard Hauptmann, assassin du jeune Charles Lindbergh Jr., fils du célèbre pionnier de l’aviation du XXème siècle.

Mais reprenons.

 

Samedi 21 mai 1927, à 22 h 30, Charles Lindbergh (Cliff de Young) atterrit sur la piste du Bourget. Il reviendra en héros à New York quelques jours après. La vie reprend. Lindbergh s’est marié avec Anne Morrow (Sian Barbara Allen) et ils ont eu un petit garçon en 1930.

Mardi 1er mars 1932, le petit Charles est enlevé dans sa chambre. On le retrouvera le 12 mai suivant. Mort.

La police est sur les dents et mène une enquête approfondie afin de retrouver l’enfant (1), tandis que la presse harcèle le couple Lindbergh afin d’en tirer le plus de détails possibles.

C’est donc un immigré allemand,Bruno Hauptmann (Anthony Hopkins) qui est arrêté pour avoir écoulé un des billets de la rançon : sa voix a été reconnu par Lindbergh et l’homme qui a mené les tractations, le professeur Condon (Joseph Cotten).

Hauptmann sera donc jugé, condamné et exécuté.

 

C’est donc la chronique d’une mort annoncée qui nous racontée ici, et surtout l’une des plus grandes affaires de l’Entre-deux-guerres aux Etats-Unis (2). La mort de celui qui fut considéré –à tort ou à raison – comme le meurtrier du petit Lindbergh. Et Buzz Kulik, spécialiste du téléfilm, raconte avec beaucoup de soin cette histoire sordide, mettant en évidence les différentes passions qu’a pu déchaîner cet événement funeste.

Mais surtout, il donne à cette histoire une dimension humaine forte, s’attachant toujours à des détails qu’on peut juger de futiles, mais qui s’intègrent dans une histoire où la vie d’un enfant puis d’un homme est en jeu. Jusqu’au sténotype de la greffière qui enregistre imperturbablement les différentes étapes du procès, alors que la tension extérieure a gagné la salle d’audience.

 

Et c’est surtout en mettant l’accent sur le rôle des médias – la radio et surtout la presse – qu’il nous ramène avant tout à cette notion fondamentale : avant d’être ce héros de l’aviation, Lindbergh est un homme comme les autres. Et on peut aisément imaginer qu’il ait pu regretter son exploit pendant ces heures sombres : c’est avant tout pour ce qu’il représente et non ce qu’il est que la campagne de presse atteint un tel paroxysme. Des enfants enlevés l’étaient régulièrement – l’est toujours ? – et les journaux n’en faisaient pas pour autant leurs choux gras.

Et cette engouement fanatique et médiatique se transpose sur un public friand de sensations plus ou moins saines : plus parce que l’enlèvement d’un enfant est une expérience des plus traumatisantes et cruelles ; moins parce que d’une certaine façon, on se repaît du malheur d’autrui, d’autant plus grand que la personne est en vue.

 

Et en même temps que les progrès de l’enquête, nous voyons monter la ferveur populaire qui va progresser elle aussi jusqu’à culminer dans l’avant-dernière séquence (la dernière revient à la famille Lindbergh, exilée pour avoir un semblant de paix) : devant la prison où doit avoir lieu l’exécution, les badauds réclament encore la mort du ravisseur !

Mais, et c’est là qu’est tout l’art du réalisateur la fin publique de cet épisode se termine dans une apothéose silencieuse.

Alors que la déclaration de culpabilité et la sentence de mort sont accueillies par un enthousiasme paroxystique digne d’une victoire sportive majeure ou mieux une déclaration de paix, le public massé se disperse alors dans un silence épais, voire religieux. Comme s’il prenait le deuil de l’homme qui venait de mourir. C’est une conclusion qui m’avait marqué quand j’étais (beaucoup) plus jeune et qui s’est confirmée lors de ce nouveau visionnage. Et aujourd’hui, deux questions se bousculent à propos de cette attitude :

  • est-ce parce que le public se rend compte qu’un homme est mort qu’il quitte silencieusement les lieux du supplice ?
  • Ou est-ce parce qu’il est prêt à passer à autre chose, avec à nouveau la même ferveur ?

 

  1. Mort depuis le premier jour, mais on ne le sait pas encore…
  2. L’autre étant Sacco & Vanzetti.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Comédie dramatique, #Malin-Sarah Gozin
Clan (Malin-Sarah Gozin, 2012)

La Couille – de klote – est mort. Enfin se disent certains, et surtout certaines.

Parce que Jean-Claude Delcorps (Dirk Roofthooft) était une véritable ordure. Toujours prêt à réaliser un (très) mauvais coup, parce qu’il a de l’ambition et doit se débarrasser de rivaux, ou tout simplement parce qu’il s’ennuie.

Jean-Claude était marié à Goedele Goethals (Inge Paulussen), femme (plus que) soumise qui réalise ses moindres désirs : elle ne dit rien parce qu’elle ne travaille pas et que lui seul fait bouillir la marmite.

Mais Goedele a aussi quatre sœurs, et toutes les cinq forment le Clan annoncé : Eva (Barbara Sarafian), Veerle (Kristine van Pellicom), Birgit (Ruth Becquart) & (Re)Bekka (Maaike Neuville).

Et ces quatre sœurs vont tout tenter pour se débarrasser de ce personnage ignoble.

Mais l’assurance rechigne à payer l’assurance-vie, et pour deux raisons :

  • Sa mort est trop arrangeante pour être un accident ;
  • Suite aux magouilles du père (suicidé), les assureurs ne peuvent pas payer.

 

Voilà une (mini)série comme je les aime : une bonne dose d’humour noir, quelques éléments immoraux et surtout un méchant incroyable. Et qui en plus fait ses coups en douce, détruisant la vie des gens qu’il n’aime pas (ça fait beaucoup). Il y a une dose d’hypocrisie rarement atteinte chez ce personnage abject. Et tout le monde subit sa méchanceté : de ses belles-sœurs au restaurant chinois, en passant par son « ami » Roger (Stefaan Degand), ou son collègue Frederic Lint (Gert Winckelmans) qui a le tort (pour lui) d’être homosexuel, et surtout préféré par le patron.

Bref, Jean-Claude La Couille est une saloperie crasse.

Alors pas étonnant que ses belles-sœurs n’ont qu’un envie : le tuer.

 

La série en 10 épisodes se concentre sur les 10 derniers mois de la vie du malsain, un mois (à peu près) par épisode, avec des allers-retours constants entre le présent (novembre 2012, après sa mort) et la période depuis février de cette même année (le début des plans assassins).

Et bien sûr, à chaque fois,un tout petit détail vient contrecarrer ce qui avait été brillamment (?) échafaudé. Avec en prime des victimes collatérales : chien, détective, voisin impotent…

Mais le pire, c’est que ça nous fait rire ! On se réjouit à l’avance de la mort terrible qui va lui arriver (empoisonnement, strangulation…) tout en se disant que de toute façon, comme il reste plusieurs épisodes, ça ne va pas être le cas tout de suite. Alors on se concentre sur le grain de sable qui se glisse dans l’engrenage… Et là encore, on n’est pas déçu.

 

Si les sœurs sont formidables, n’oublions pas non plus les deux assureurs qui font vivre cette intrigue, relançant (harcelant) chacune des sœurs jusque chez elle afin de préciser telle ou telle chose. Ce sont avec leurs questions incessantes que nous retournons dans le passé, et surtout que nous prenons toute la mesure de l’ignominie de Jean-Claude.

Dirk Roofthooft a d’ailleurs reçu un prix de la télévision belge pour sa prestation : il faut dire qu’il fallait de la ressource pour interpréter un tel personnage.

Et progressivement, l’intrigue se dénoue, amenant la mort inéluctable de J-C. Certes, elle était amplement méritée, mais moralement, ça reste franchement léger.

 

Alors à vos écrans, et savourez comme il se doit la chute – lamentable – de cet homme mesquin, veule et lâche. Certes, ses petites combines fonctionnent (un temps). Mais la roue tourne (1)…

 

  1. C’est le cas de le dire !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Comédie, #Gustave Kervern
Je ne me laisserai plus faire (Gustave Kervern, 2024)

Alain est mort. Moitié dépressif et complètement cancéreux, il laisse deux enfants, une ex-femme (Marie Gillain) et sa mère, Emilie (Yolande Moreau). C’est pour cette dernière que c’est le plus dur : il payait les frais de l’EHPAD où elle résidait.

Emilie décide donc de partir. Elle loue une voiture et s’en va… Réparer quelques torts qui lui ont été faits.

En chemin, elle retrouve une des employées de l’EHPAD, Lynda (Laure Calamy), qui va l’accompagner dans sa vengeance. Et même y prendre sa part.

 

On connaît Gustave Kervern pour Groland, d’ailleurs parmi les interprètes on retrouve un de ses complices dans le rôle du commissaire « Et alors ? », Francis « Kafka » Kuntz. Mais ici, ce n’est pas le même ton. C’est un magnifique road movie qui nous est offert, porté par un duo d’actrices absolument fabuleuses. D’un côté la « vieille » Yolande Moreau qui n’a plus rien à perdre, de l’autre la (plus) jeune Laure Calamy qui est dans une situation assez similaire (virée par son compagnon parce qu’Emilie lui a offert ses boucles d’oreilles.

Et la voiture est l’élément central dans leur univers.

Mais ce road movie ne concerne pas qu’elles : en effet, les deux policiers à leurs trousses (Anna Mouglalis & Raphaël Quenard) sont eux aussi partie prenante. Etsi les deux femmes vont évoluer, il en sera de même pour les deux autres.

 

Mais rassurez-vous, il ne s’agit pas de vengeances de sang. Ca pourrait presque s’apparenter à des petits tracas, des histoires de gosse. C’est d’ailleurs le cas avec Cédric (Philippe Duquesne) qui avait forcé Emilie à montrer ses seins quand elle était en sixième. Sa vengeance est d’ailleurs en rapport au préjudice subi initialement… Bref, Kervern restant Kervern, on a plus d’une fois l’occasion de rire de cette histoire singulière. Au passage, on retrouve quelques anciens compagnons de Yolande Moreau aux Deschiens : outre Duquesne, on reconnaît Olivier Broche (le concessionnaire qui l’a virée parce qu’elle était enceinte), ou encore Olivier Saladin tout en délicatesse avec elle, surtout qu’elle vient coucher avec lui…

 

Mais encore une fois, si le duo vedette est épatant, c’est aussi parce que le reste de la distribution est à la hauteur. On va trouver, outre ceux qui subissent la vengeance, quelques personnages assez gratinés, dont deux en particulier : Georges Leplanchu dit « Tony » (Jonathan Cohen) et la directrice de l’EHPAD (Alison Wheeler).

Le premier, outre le handicap de son patronyme est un abruti de haut vol, avec discours réac et bracelet à la cheville (qu’il a découpé, parce que ses mollets enflent avec le chauffage au sol…). Le genre de type qui se la joue mais n’impressionne personne : la gueulante du policier à son encontre en est un exemple parfait.

Quant à la seconde, elle est un véritable stéréotype de la tendance. Sa discussion on ne peut plus creuse avec Emilie qui s’en va est un véritable bijou de dialogue : aucune phrase ne se termine, et si Emilie en joue, elle, ne s’en rend pas compte.

Bref, c’est réjouissant !

 

Et Kervern déroule tranquillement son histoire, s’attardant avec bonheur sur ces deux femmes qui (re)découvrent la liberté et jouissent pleinement de la vie : c’est d’ailleurs la voiture qui permet cette liberté retrouvée qui les emmènera voir Sandro, (un Italien qui n’était pas joueur de football) pour une émotion incroyable exprimée par les regards émerveillés des deux femmes.

 

Ma-gn-fi-que.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Drame, #Niccolò Ammaniti
Le Miracle (Il Miracolo - Niccolò Ammaniti, 2018)

 

Décidément, les ennuis s’accumulent autour de Fabrizio PietroMarchi (Guido Caprino), le Président du Conseil. Ca s’amoncelle, ou plutôt comme disait mon oncle Jean-René : « Ca s’accumoncelle. »

En effet, le pays (l’Italie, bien entendu) est à la croisée des chemins : va-t-il rester dans l’Europe ? Un referendum prochain (dans une semaine) doit répondre à cette question cruciale. Alors quand le général Votta (Sergio Albelli) requiert immédiatement sa présence, qu’il ne peut pas tout expliquer au téléphone, il s’inquiète.

Et il y a de quoi. Dans une piscine vide et abandonnée, on a trouvé une statue de ma Madone. Mais ce n’est pas tout. Elle a beau être en plastique, elle pleure, sans qu’on puisse expliquer pourquoi. Mais surtout, ce sont des larmes de sang !

Voilà déjà 600 litres qui ont été récupérés…

 

On n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est ce qu’a (peut-être) dû penser Niccolò Ammaniti, qui s’est entouré de quelques professionnels du genre pour créer ce Miracle télévisuel : création de l’histoire, co-scénario (avec  S. Bises, F. Manieri & F. Marciano) & co-réalisation (avec F. Munzi & L. Pellegrini), et un peu de production au début…

Le résultat : huit jours qui ébranlent l’Italie sur ses bases, mêlant politique, religion et un soupçon de truanderie.

Et en plus, c’est assez formidable !

Parce que Ammaniti a conçu la série comme un de ces romans qui mêlent plusieurs histoires semble-t-il disparates mais qui se rejoignent à un moment : le « cercle rouge » cher à Melville !

 

Pendant que Fabrizio désespère, Marcello (Tommaso Ragno) a une crise foi : prêtre, il abuse (lui aussi) des jeunes filles et s’adonne aux jeux d’argent. Mais Marcello a assisté le père Fabrizio quand ce dernier mourait, alors le Président fait appel à lui : c’est la Révélation, fini de vivre dans le pécher. Enfin presque.

De son côté, le fils ravi de Salvo (Alessio Praticò), Nicolino ramène la (très) jeune Beatrice, morte. Bien sûr, on pense que c’est le jeune garçon qui l’a tué.

Et puis il y a Sandra (Alba Rohrwacher) une chercheuse militaire dont la mère se meurt et qui se dit que le sang qui coule est peut-être vraiment miraculeux…

Bref, c’est assez compliqué, et en plus il faut ajouter les infidélités de Sole (Elena Lietti), la femme Fabrizio !

 

Mais il n’y a pas que les différents imbroglios (imbroglii ? c’est italien pourtant) de l’intrigue pour nous tenir en haleine. Le jeu des différents interprètes est à la hauteur de l’enjeu, et si la plupart sont des inconnus (pour moi), il est dommage qu’ils le restent. Tommaso Ragno est un prêtre indigne à souhait, et la façon dont Ammaniti (& C°) le présente rappelle ces courtes histoires qui basculent à la fin.

De même le jeu de la (très) jeune Sara Ciocca (Alma, la fille de Fabrizio), entre sincérité et fourberie, est d’une très grande justesse. Amenant un doute final sur son véritable rôle : maladresse ? Jalousie ?

Sans oublier Sergio Albelli, tenaillé entre le secret d’état et la volonté de révéler ce miracle peu extraordinaire. Parce que, le seul miracle qui compte, et c’est Marcello qui le dit, c’est celui de Lazare (1).

C’est d’ailleurs ce général qui aura le dernier mot, pendant le mariage de sa mère de 86 ans.

 

  1. Tous sauf Lazare est d’ailleurs le titre du second épisode.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Drame, #Denys de la Patellière
Le Comte de Monte-Cristo (Denys de la Patellière, 1979)

Avec le retour en force d’Alexandre Dumas sur les écrans français, et surtout le superbe Comte de Monte-Cristo de Mathieu Laporte et Alexandre de la Patellière, il m’a paru urgent de revoir la version du père de ce dernier, Denys, diffusée sur les petits écrans français fin 1979. L’histoire de cette vengeance implacable m’avait marqué à cette époque, et quarante-cinq ans après, mes sentiments sont les mêmes, et la prestation de Jacques Weber (Edmond Dantès) est à ce jour la meilleure que j’ai pu voir (1).

Mais souvenons-nous.

 

Edmond Dantès est envoyé au château d’If suite à un complot orchestré par l’infâme Danglars (Roger Dumas), avec la complicité de Caderousse (Claude Brosset) et Fernand Mondego (Manuel Tejada), le jour de ses noces avec la belle Mercedes (Carla Romanelli), et celle indispensable du substitut du procureur, Villefort (Jean-François Poron).

Dantès y rencontrera l’abbé Faria (Henri Virlojeux) qui lui permettra de retrouver un trésor perdu, celui de l’île de Monte-Cristo.

Une quinzaine d’années après son incarcération, Dantès débarque à Paris pour châtier ceux qui lui ont volé sa vie (les quatre) et sa fiancée (Mondego).

 

Bien évidemment, Denys de la Patellière n’a pas à sa disposition les moyens numériques qu’aura son fils, mais sa version du roman de Dumas reste magistrale. Il prend le temps de bien exposer les éléments qui vont entraîner cette terrible vengeance (ruine, déshonneur, mort), et en particulier le complot ourdi par l’ignoble Danglars : ce sera d’ailleurs lui qui conclura cette histoire (il survit !), Monte-Cristo s’occupant des quatre complices dans l’ordre des responsabilités, se gardant le comptable devenu banquier pour la fin.

 

De la même manière, il nous montre comment Monte-Cristo avance progressivement ses pièces dans cette partie d’échec qu’il est en train de jouer. Chacun des complices étant une pièce maîtresse adverse qu’il va éliminer avant de mettre Danglars mat. Ce sont différentes personnes qu’il va utiliser comme des pions : certaines iront à dame – Maximilien Morel (Diogo Dória) et Valentine de Villefort (Marie Matile) ; d’autres seront sacrifiées – Benedetto (Gerhard Acktun), Mercedes…

Et au final, comme on dit dans ces cas-là, c’est un mat imparable que Monte-Cristo inflige à ses adversaires, distribuant à ses adversaires un châtiment (mérité) à la hauteur de sa position sociale.

Bref, un coup de maître.

 

Et Jacques Weber traduit magnifiquement les sentiments de cet homme injustement puni, à qui on a volé quatorze ans de sa vie, par jalousie (Danglars, Mondego), bêtise (Caderousse) et lâcheté (Villefort). Son personnage possède la froideur implacable de la Némésis antique : cette déesse grecque de la juste colère et du châtiment céleste qui rétablit d’une certaine manière l’équilibre. Bien sûr, Dantès va un petit peu plus loin…

A ses côtés, on ne peut que saluer la prestation de Roger Dumas, en rondouillard bourgeois parvenu, pour qui une seule chose compte : l’argent. Pour elle il est prêt à tout et non seulement il le dit, mais il le fait. Jean-François Poron est lui aussi un Villefort abject à souhait, dont la lâcheté n’a d’égale que sa morgue : tout comme les deux autres qui ont réussi (Caderousse est à part), Villefort ne reconnaît pas Dantès dans cet homme richissime venu de nulle part. Il faut dire que nous sommes dans une partie de la société où l’argent ouvre toutes les portes et fait oublier ceux qui n’ont pas eu la fortune (c’est le cas de le dire) de naître  dedans. (2)

Quant aux autres personnages principaux, le doublage nous empêche d’apprécier à leur juste mesure les prestations des différents interprètes. Mais ne nous plaignons pas trop, le doublage français est l’un des meilleurs au monde.

 

Quoi qu’il en soit, cette version internationale reste, à mon avis, l’une des plus belles adaptations du chef-d’œuvre de Dumas.

 

  1. Je n’ai pas encore eu la possibilité de voir celle de Louis Jourdan dans la version de Claude Autant-Lara, dont on m’a dit du bien.
  2. Seule Mercedes le reconnaît (presque) tout de suite.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Comédie, #Arthur Mathews, #Graham Linehan
Father Ted (Graham Linehan & Arthur Mathews, 1995-1998)

Connaissez-vous Craggy Island (= « l’Ile Rocailleuse ») ? Pas étonnant puisqu’elle n’existe que dans l’imagination de Graham Linehan & Arthur Mathews : elle se situe au large de l’Irlande et accueille une (très) petite communauté catholique, dont le curé de la paroisse est le célèbre père « father » Ted Crilly (Dermot Morgan). Il est aidé (1) par deux autres prêtres, eux aussi exilés : Dougal McGuire (Ardal O’Hanlon) et Jack Hackett (Frank Kelly). Pour s’occuper d’eux, ils ont Mrs. Doyle (Pauline McLynn) qui prépare le thé comme pas deux.

Et bien sûr, pour garder un œil sur eux, on peut compter sur l’évêque Brennan (Jim Norton).

Il faut dire que ces trois hommes d’église ne sont pas tombés là par hasard : Ted a détourné l’argent du diocèse et l’a dépensé à Las Vegas ; Jack est un pervers alcoolique polymorphe au vocabulaire (-très) restreint ; et Dougal est un futur héritier de la terre (2)…

 

Décidément, quand ce ne sont pas les Britanniques qui nous proposent des divertissements hilarants (Monty Python’s flying Circus, Mr. Bean, Blackadder…), ce sont les Irlandais. Et je dois avouer que cette série qui ne dura que trois saisons est comique à souhait, voire plus. Trois saisons seulement parce que Dermot Morgan a eu la mauvaise idée de mourir après la troisième saison. Il est clair que quand on a vu son interprétation de ce prêtre fantasque, on a du mal à lui imaginer un remplaçant.

 

Bien sûr, Ted est phénoménal, mais il faut tout de même compter sur ses deux collègues, nous donnant alors une trinité improbable mais irrésistible. Certes, Ted semble le plus normal des trois, mais il a certaines attitudes qui ne font pas obligatoirement bon ménage avec sa fonction. Quant à Dougal, on peut légitimement se demander comment il a réussi à devenir prêtre avec le QI d’une huître (3). Ted lui posera la question, envisageant une explication somme toute acceptable. Quoi qu’il en soit, Dougal est absolument abruti, une espèce de grand gamin qui n’a grandi que dans son corps. Bien entendu, il reste l’inconvénient du direct : le père Jack qui passe son temps à dormir, boire TOUT ce qui lui tombe sous la main (sauf l’eau), et lancer des imprécations plus ou moins distinguées. Sauf quand il y a des (vraies) femmes : là il faut plutôt le retenir…

 

C’est loufoque à souhait, irrévérencieux comme il faut et surtout immensément drôle. Il faut dire que flanqué de ses deux acolytes, Ted n’a pas ce qu’on peut appeler la belle vie. Mais vu le peu de gens alentour, il arrive très bien à tout mener de front. Parce qu’il y a des gens. On fait leur connaissance lors de la foire annuelle (premier épisode), et sporadiquement dans les épisodes suivants. On retiendra la présence de Tom (Pat Shortt), une sorte de psychopathe simple d’esprit (lui aussi) : il fait les retraits en banque sur son compte avec un fusil ! Il y a aussi les O’Leary (Patrick Drury & Rynagh O'Grady) qui passent leur temps à se battre (oralement et physiquement) sauf quand un des prêtres passe alentour… Et je n e parle pas des autres collègues qui portent soutane, ayant tous un élément remarquable source de drôlerie.

Bref, une communauté à la hauteur du trio annoncé.

 

Le tout avec des sous-entendus plus ou moins appuyés, voire des éléments religieux inattendus chez des prêtres…

Tout pour passer un bon moment, donc.

 

  1. Enfin « aidé » est plutôt une façon de parler…
  2. Matthieu, 5 : 03
  3. Et encore, j’ai connu des huîtres plus évoluées…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Brian Clemens
Chapeau melon et Bottes de cuir (The Avengers - Brian Clemens & C°, 1961-1969)

Après le départ du docteur David Keel (Ian Hendry) qui était le personnage principal de la première saison, John Steed (Patrick Mcnee) a partagé ses aventures avec la belle Mrs Cathy Gale (Honor « Pussy Galore » Blackman) et épisodiquement Venus Smith (Julie Stevens) pour les deux saisons suivantes. Mais c’est avec l’arrivée de Mrs. Emma Peel que la série prend tout son essor, Steed ayant trouvé une sorte de pendant féminin pour lutter contre les différentes forces du mal qui s’abattent régulièrement sur l’Angleterre  (quand ce n’est pas le monde entier qui est menacé).

 

Ce sont donc les quatrième et cinquième saisons qui nous intéressent ici : jamais il n’y aura une telle complicité entre les deux protagonistes principaux. Steed et Emma Peel s’entendent merveilleusement bien et surtout, leurs aventures ont pris un autre tournant : la présence de Brian Clemens y est très certainement pour beaucoup.

De plus, le générique de la quatrième saison va donner une certaine pertinence au titre français de la série. Alors que les anglophones connaissent ces aventures sous le titre Les Vengeurs, nous (enfin le traducteur) avons préféré deux aspects vestimentaires qui caractérisent les deux agents spéciaux : le chapeau melon de Steed et les bottes de cuir d’Emma. Et si dans cette série c’est Steed qui offre un œillet à Mme Peel, dans le générique suivant (4ème saison), ce sera Emma – en couleur s’il vous plaît – qui l’accrochera au revers de la veste du British.

 

Bref, nous sommes dans une série on ne peut plus british, et même Patrick McGoohan ne pourra pas faire plus. Steed est l’archétype de l’Anglais : racé, élégant, intelligent et spirituel. Pas étonnant que Mrs. Peel le regarde avec beaucoup d’égards, voire de désir (?). De son côté, elle est une femme forte (dans le sens fordien, rien à voir avec son physique), très certainement ceinture noire de quelques arts martiaux et n’a pas son pareil pour neutraliser les différents mâles qui tombent à sa portée : à chaque fois, ils ne la considèrent que comme une femme et s’en repentent très rapidement. Mais ce qui fait ajoute à son charme, ce sont ses tenues : nous sommes pleinement dans les années 1960 et son Swinging London : elle est – d’une certaine façon – l’ambassadrice de ce qui se porte alors, mélange d’élégance et de sex appeal.

 

Et l’alchimie prend : d’un côté l’Angleterre traditionnelle de Steed se marie à la perfection à la modernité de Mrs. Peel pour notre plus grand plaisir. On suit avec beaucoup d’intérêt et le sourire aux lèvres les différents péripéties vécues par ces deux héros hors du commun (dans tous les sens du terme), jusqu’à l’épisode final qui voit Emma céder la place à une nouvelle venue : Tara King (Linda Thorson). L’association  de cette dernière avec le vieux briscard ne sera pas pour autant décevante : nous aurons plaisir à les retrouver régulièrement – avec Mère-Grand (Patrick Newell), mais il n’y aura pas la même fraîcheur, ni la même spontanéité entre les deux protagonistes.

Et puisque nous en sommes aux protagonistes, on s’amuse à reconnaître tel ou tel méchant qui va revenir – sous une autre identité, parce que les méchant sont tendance à disparaître définitivement – ou telle ou telle vedette plus ou moins reconnue (certaines le seront un peu plus tard) qui jalonne les différentes aventures du duo : Julian Glover, Charlotte Rampling, Donald Sutherland…,

 

Quoi qu’il en soit, et malgré les turpitudes des traducteurs, on ne peut que tomber sous le charme de ces deux héros singuliers, véritables reflets de leur époque, dans la lignée d’un autre agent secret qui officie en parallèle, lui aussi britannique : James Bond. D’ailleurs, Diana Rigg, Honor Blackman et Patrick Mcnee sont tous les trois apparus dans les aventures de cet autre agent secret. Mais ceci est une autre histoire, que j’ai déjà racontée ici.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Comédie, #Marcel Bluwal
Les nouvelles Aventures de Vidocq (Marcel Bluwal, 1971-1973)

Exit Bernard Noël (le premier Vidocq à la télévision, mort quatre mois avant la première diffusion). Voici le nouveau chef de la Sûreté française, dans une période troublée par les changements de régime et autre chasse aux sorcières : Claude Brasseur.

La première chose qu’on peut dire, c’est que ce nouveau Vidocq a l’allure du premier : la tête ronde, la même coiffure (ça c’est plus facile), ainsi que le même succès auprès des femmes.

Autre redondance : Flambart (Alain Mottet a laissé la place à Marc Dudicourt) toujours aussi fonctionnaire et idiot et surtout cible privilégiée de son supérieur hiérarchique direct.

Parce que la grande différence, c’est bien sûr, comme prévu dans la série précédente, Vidocq a rejoint le côté lumineux de la Force et dirige d’une façon fort peu o’orthodoxe le service mis en place sous l’Empire : ses principaux collaborateurs – outre Flambart qui lui fut imposé – sont d’anciens compagnons de chaînes (Brest, Toulon). Et parmi eux, on retrouve une ancienne connaissance : Desfossés (Jacques Seiler). Sans oublier certaines figures qu’on a déjà vu dans la première série, Pierre Pernet (L’Acrobate) en tête.

 

Mais la grande différence c’est que Vidocq doit déjouer moult complots et surtout affronter son pendant obscur en la personne de la baronne de Saint-Gély (la magnifique Danielle Lebrun). C’est une femme redoutable qui sait toujours se placer du côté des vainqueurs, et ce malgré les tentatives répétées de Vidocq qui veut la mettre hors d’état de nuire.

Jusque là, rien de bien difficile, sauf que monsieur Eugène-François Vidocq a un terrible penchant pour cette belle jeune femme avec qui il va même s’autoriser un congé…

Cette relation ambiguë n’empêche pas  les différents épisodes de faire se croiser les grands de ce monde (d’alors) et des péripéties tout aussi rocambolesques qu’auparavant.

 

Pour le reste, on ne change pas une équipe qui gagne : Georges Neveux et Marcel Bluwal sont encore une fois derrière le projet, ce qui permet une transition tout en douceur. Et en plus, c’est en couleur.

Autre plus, et pas des moindres : la musique de Jacques Loussier qui succède à celle de Michel Colombier et surtout son générique en parfaite adéquation avec le rythme parfois effréné de ces nouvelles aventures. Une musique entraînante, avec des pauses plus calmes, dans l’esprit de ce que nous allons voir.

Et à nouveau, Vidocq est à l’aise, n’hésitant jamais à arpenter le terrain pour déjouer pièges et complots, sans oublier de séduire les jeunes femmes et de ridiculiser Flambart.

 

Bref, les nouvelles aventures sont aussi intéressantes que les premières, et beaucoup plus marquées par leur époque. I1l faut dire que nous assistons à plusieurs changements à la tête de l’Etat, très bien caractérisés par les gendarmes qui ne savent plus ce qu’ils doivent crier « Vive le Roi ! » ou « Vive l’Empereur ! ». Quoi qu’il en soit, Fouché (Robert Party) assure d’une certaine façon la continuité de ce même Etat, passant d’un côté à l’autre sous le prétexte de double-triple-quadruple jeu !

Vidocq essaie de s’y retrouver dans tout ce galimatias d’intrigues, et nous en arrivons à une conclusion totalement paradoxale : lui, l’ancien bagnard doit être l’un des rares personnages honnêtes de la série !

 

 Enfin jusqu’à une certaine limite…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Georges Franju, #Jacques Champreux
L'Homme sans Visage (Georges Franju & Jacques Champreux, 1975)

C’était l’époque des R6, R16, de la 304, sans oublier la mythique DS. C’était un temps où on trouvait encore des terrains vagues dans Paris, où les bidonvilles n’avaient pas encore disparu de la banlieue, et Pompidou venait de disparaître. C’était 1974, et Jacques Champreux proposait à la Télévision Française 1 une série inspirée (librement cela va de soi) des aventures de Fantômas (1) : cet Homme sans visage est lui aussi un véritable génie du crime, motivé par le désir de dominer le monde, ou tout au moins celui qui l’entoure, celui qu’on nommait autrefois « Royaume d’Argot », la pègre.

A cette volonté de puissance s’ajoute une quête autant lucrative que spirituelle : le trésor des Templiers ! (rien que ça)

Comment ? En régnant sur une armée de robots humains, fruit du travail du docteur Dutreuil (Clément Harari), autre psychopathe préalablement interné.

Pour contrer ces mégalomanes dangereux, la police est bien désemparée et doit compter sur l’aide précieuse de Paul de Borrego (Ugo Pagliai) et sa fiancée Martine Leduc (Josephine Chaplin), ainsi que de leur ami détective Séraphin Beauminon (Patrick Préjean), le dernier des poètes parnassiens. Tout un programme !

Un programme qui ne réussira malheureusement pas à tenir en haleine les Français entre mai et juillet 1975.

 

Cette désaffection du public est bien dommage, parce que le réalisateur qui a porté ce projet avec Champreux n’est autre que Georges Franju et l’esthétisme général de la série va s’en ressentir. Certes, la filiation avec Fantômas est très flagrante, mais coupler cette volonté de puissance avec les Templiers était une bonne idée, même si on peut s’amuser des théories avancées sur l’Ordre et sa supposée survivance (2). Et Champreux n’a pas chômé, proposant une histoire haletante aux multiples rebondissements, assurant de plus le rôle-titre qui lui permet de se grimer en différents protagonistes, de la vieille fille (Melle Ermance) au magnat de l’industrie Léopold de Baklava, et j’en passe.


Comme annoncé dans le premier paragraphe, ce feuilleton est magnifiquement situé dans son époque. Outre les voitures, ce sont les tenues que portent les personnages ou encore les décorations intérieures (2) qui sont caractéristiques de la période. Tout comme le jeu des différents interprètes (et surtout du doublage, puisque c’est une production internationale européenne) qui n’est pas sans rappeler celui des Rois Maudits deux ans plus tôt. Mais alors que la série inspirée par les romans de Maurice Druon se prêtait bien à ce genre de scénographie, ici, le jeu des différents acteurs et actrices nous apparaît fort empesé. Et ce n’est pas tout. Non seulement le débit oral est un tantinet haché (euphémisme parfois), mais les déplacements et actions des personnages le sont tout autant, ainsi que les différentes prises de vue qui les accompagnent.

Cela a pour résultat une impression de longueur (qui n’est pas toujours une impression) et peut amener à la lassitude. Heureusement qu’il y a cette intrigue complexe et ce Fantômas moderne au masque rouge.

 

Et si la distribution est internationale (européenne surtout), on peut, tout comme moi, avoir le plaisir d’y retrouver quelques personnalités de l’époque tel Jean Saudray (Le Sacristain) ou Patrick Préjean qui est certainement l’un des personnages les mieux réussis. Détective aussi réussi que poète, il est bien sûr maladroit (4), mais n’ »en est pas moins un personnage courageux et astucieux. IL faut dire que Séraphin n’ayant aucune chance avec Martine (qu’il a courtisée), n’a plus d’autre choix que d’être brillant dans sa partie, ce qu’il fait très bien.

On appréciera aussi la présence de Gert Fröbe dans le rôle du commissaire Sorbier, bien loin des policiers habiles et autres enquêteurs qu’on peut découvrir à la même époque à la télévision.

Mais c’est certainement cette concurrence télévisuelle qui a fait passer au second plan cette série qui vaut tout de même le coup d’œil : comment rivaliser avec Columbo, Amicalement Vôtre ou encore Chapeau Melon et Bottes de cuir dont les péripéties sont parfois tout aussi étonnantes mais avec un rythme tout de même beaucoup plus naturel ?

 

  1. Saurez-vous retrouver la référence explicite ?
  2. A ce propos, je ne peu x que vous conseiller la lecture du livre d’Alain Demurger Les Templiers (1985-2007)
  3. La tapisserie a parfois tendance à piquer les yeux…
  4. Préjean a une aura comique dans les divers arts dramatiques tout comme sa voix, avec la quelle il a participé à de nombreux doublages. 

 

 

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