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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jacques Deray, #Gangsters
Borsalino (Jacques Deray, 1970)

Des mitraillettes, des cheveux gominés, des professionnelles, Marseille, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, la musique inoubliable de Claude Bolling… C’est sûr : c’est Borsalino.

C’est un retour au film de gangster, et dans le temps. Ce sont les années 1930 dans la cité phocéenne où l’accent qui faisait le charme des pagnolades a été troqué pour un langage très terre à terre, surtout pour celui qui se faisait descendre.

 

Roch Siffredi (Alain Delon) sort de quatre mois de prison pour une peccadille (à son niveau) et trouve le milieu bien changé et sa fiancée Lola (Catherine Rouvel) aux bras d’un autre : François Capella (Jean-Paul Belmondo).

Après quelques échanges, ils deviennent amis et décident de prendre le contrôle de Marseille (rien que ça).

 

Bien que ce ne soit pas le premier film où apparaissent Delon et Belmondo ensemble, c’est tout de même la première fois qu’ils tiennent ensemble le haut de l’affiche. Il était temps pour le public qui ne rêvait que de cette rencontre qu’on peut aujourd’hui qualifier de mythique*.

Cette histoire de truands – inspirés de deux véritables caïds marseillais qui ont franchement mal tourné (si on le peut dans leur cas) – un tantinet glorifiés a pu faire grincer certains tenants de la morale. Mais il n’était pas question non plus de faire de Delon et Belmondo une paire de beaux salauds, il faut tout de même rester pragmatique et songer au box-office

 

On a donc une pègre de l’entre-deux guerres où les exactions des uns et des autres restent tout de même bien gentilles si on les compare avec un autre film de gangsters qui va sortir deux ans après : Le Parrain.

Mais on n’est pas déçu par cette intrigue musclée où la distribution est somme toute très prestigieuse, que cde soit les vedettes – Michel Bouquet, Nicole Calfan ou Julien Guiomar – ou les seconds rôles - Mario David, Lionel Vitrant (mon préféré) – on a de quoi être satisfait.

 

Alors on regarde ce film avec juste ce qu’il faut de nostalgie quand on voit les participants, mais on aurait peut-être pu attendre un peu plus de profondeur dans les personnages, même s’ils jouent avec justesse et qu’on sent tout de même une complicité entre les deux chouchous du public.

 

Mais, que voulez-vous, tout le monde n’est pas Coppola, ni servi par Mario Puzo...

 

 

* Ils ont tourné ensemble une (seule) autre fois, en 1998, pour le film de Patrice Leconte : Une Chance sur deux.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Tony Scott, #Robert Redford
Spy Game (Tony Scott, 2001)

Vingt-quatre heures de la vie d’un homme.

Nathan Muir (Robert Redford) est un homme de l’ombre : il travaille à et pour la CIA. C’est un agent recruteur et superviseur d’opérations de terrain.

Mais aujourd’hui, c’est son dernier jour : il prend sa retraite le soir même.

Mais manque de chance, son protégé, Tom Bishop (Brad Pitt) vient de se faire arrêté en Chine. Lui aussi, il lui reste vingt-quatre heures : après, c’est une retraite définitive sans aucune indemnités de quelque sorte, sans même un enterrement de seconde classe.

 

Tony Scott est, à la différence de son frère Ridley, un cinéaste efficace. Son montage est très (trop ?) dynamique et on enchaîne dans un rythme effréné des situations plus périlleuses les unes que les autres.

Pendant ces vingt-quatre à son poste, avant sa retraite, une sorte de mort professionnelle, il revoit toute sa vie avec son poulain : de leur rencontre à leur séparation. Leur vie commune se déroule devant le regard attentif des pontes de la CIA qui ne rêvent que d’une chose : se débarrasser de ce trublion (Bishop) qui risque de faire tache dans le cadre d’un voyage prochain du Président en Chine.

 

Oui, c’est très efficace. Un peu trop à mon goût car les péripéties prennent le pas sur le jeu d’acteurs et au final, Redford et Pitt n’ont pas eu beaucoup à faire montre de leur talent.

Tout juste peut-on penser à un passage de témoin entre deux sex-symbols : Redford dans les années 1970 et un peu après ; Pitt dans les années 1990s et après.

Pour le reste, pas grand-chose à dire.

 

C’est essentiellement la façon de filmer cette intrigue (intéressante tout de même) qu’on retient une fois le film terminé. En effet, cette explosion de plans multiples sur un temps très court nous fait ressortir étourdi de la séance. On tituberait presque, comme Bishop à la fin, mais pour une autre raison.


Finalement, seul Robert Redford tire (un peu) son épingle du jeu dans ce rôle de ce directeur d’opération matois, brodant des histoires à partir de détails glanés au fur et à mesure que l’échéance s’approche, prêchant alors le faux pour savoir le vrai.

Et le jour de la sortie coïncidant avec les attentats du 11 septembre, le film fut remonté et retardé afin de laisser au spectateurs le temps de se remettre, l’actualité rattrapant, hélas, l’intrigue du film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Spike Lee
Old Boy (Spike Lee, 2013)

Joe Doucett (Josh Brolin) est un sale con. Et alcoolique, en plus.

Il a une ex-femme et une petite fille : Mia.

Un matin, il se réveille dans une chambre d’hôtel, seul.

Il va y rester vingt ans, pendant que sa fille, ailleurs, grandit et devient une femme.

Libéré, Joe n’a qu’une idée : la retrouver.

 

C’est une histoire terrible que nous propose Spike Lee. Et avec la manière : nous sommes comme Joe, nous avançons dans le noir. Et nous voyons les choses se préciser en même temps que lui, comme une résurgence de la mémoire : un voile qui se déchire et qui fait revivre le passé.

Parce que la réponse est dans le passé. Et comme Joe a toujours été un sale con, il lui est difficile de répondre aux questions qui se posent quant à son aventure.

 

Spike Lee a délaissé pour un temps les histoires identitaires pour se concentrer sur une histoire pourtant très noire (sans jeu de mots !). Son héros (si on peut l’appeler ainsi n’est pas un type reluisant et son enfermement, pour injuste qu’il soit, est tout de même une bonne chose pour lui.

Et on retrouve alors le thème de la rédemption dans cet homme, coincé dans une pièce – comme Phil Connors l’est dans une journée (sans fin !) – avec comme seul contact extérieur la télévision qui lui permet de mesurer le temps qui passe. Mais cet enfermement salutaire lui permet de rompre avec son passé peu glorieux. Et quand il sort, vingt ans plus tard (un peu après la réélection d’Obama), c’est un homme neuf, plus sain, mais avec vingt ans de plus. Son ventre arrondi par les excès a laissé place à un corps athlétique et résistant.

 

Mais pourtant, cette rédemption n’est que passagère : il ne pourra être complètement transformé que quand il aura retrouvé sa fille. S’ensuit alors un déchaînement de violence comme Lee sait en proposer, ne cachant rien au spectateur quant aux effets macabres voire gore. Joe est peut-être un homme nouveau, mais c’est toujours un tueur. Avant, c’était un tueur en affaires, maintenant, c’est un tueur tout court, avec un paquet de victimes à son actif.

 

Mais parallèlement à ces épisodes brutaux, Lee nous propose de magnifiques flashbacks où ses personnages revivent des souvenirs, devenant alors observateurs de ce qu’il s’est passé dans les lieux visités. On passe alors doucement d’une époque à l’autre sans rupture de narration. C’est magique.

Mais cela n’atténue pas pour autant les images fortes proposées.

 

Si Josh Brolin interprète un Joe plutôt crédible, malgré le manque de marques du temps sur le personnage (il aurait une petite cinquantaine d’années quand il est libéré), Sharlto Copley est un terrible Adrian Pryce. Un homme d’une grande faculté de nuisance. Et son aspect d’homme riche et raffiné n’est pas pour rassurer.

 

Sans rien révéler, j’ajouterai que même la fin est surprenante et, pour une fois pas spécialement heureuse. Mais sachez tout de même que Joe atteindra cette chère rédemption, même si ça doit arriver après la fin du film.

 

Une histoire forte pour un film encore plus fort. Et même parfois insoutenable.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Policier, #David Zucker, #Jerry Zucker, #Jim Abrahams
Y a-t-il un Flic pour sauver la Reine ? (The naked Gun - ZAZ, 1988)

 

Six ans après Police Squad, le trio ZAZ adapte les aventures du policier Frank Drebin (Leslie Nielsen), l’un des pires éléments de
la Force de Los Angeles.

C’est l’effervescence à L.A. car
la Reine (Jeannette Charles, assez ressemblante) vient en visite officielle. Et bien entendu, c’est Frank Drebin et ses collègues qui doivent assurer sa sécurité.

Dans le même temps, l’inspecteur Nordberg (O.J. Simpson) à mis à jour un trafic de drogue dirigé par celui qui a organisé la venue de la Reine : l’infâme Vincent Ludwig (Ricardo Montalban).

Ajoutez à cela que la secrétaire de Ludwig, la belle Jane (Priscilla Presley, ex-femme de qui vous savez) tombe amoureuse de Frank et vous aurez une comédie complètement déjantée où, comme à leur habitude, les trois compères (Jim Abrahams, David & Jerry Zucker) enchaînent les gags à un rythme effréné, et vous aurez une dernière collaboration en apothéose, dont le feu d’artifice (involontaire) tiré grâce aux bons soins de Drebin, est un très bon exemple.


Oui, l’humour du trio ZAZ est parfois douteux. Mais on retrouve tout de même la même verve qu’on a pu apprécier dans Airplane ou Top Secret. IL y a d’ailleurs une montée en puissance du rythme des gags : de plus en plus fort pour certains, de pire en pire pour d’autres.

Je fais partie de la première catégorie et trente ans après, les facéties du lieutenant Drebin me font toujours rire.

 

On retrouve bien entendu les bases de la série de 1982 : Ed, le supérieur de Drebin est toujours là, mais c’est George Kennedy (qui regrettait de n’avoir pas pu jouer dans Airplane) qui prend la place d’Alan North parce que la production voulait une star reconnue ; Al (Tiny Ron – 2,13m), le policier immense dont on ne voit jamais la tête, Nordberg, donc ; et des gags à la pelle…

 

Comme dans Top Secret, il faut parfois se concentrer sur ce qu’il se passe dans l’arrière plan – tout en suivant ce qui se dit au premier plan – parce qu’il se passe toujours de drôles de choses, voire des choses drôles.

Le mot d’ordre est simple : de l’humour, encore de l’humour, toujours de l’humour.

Chaque scène étant prétexte à rire, il est difficile de rester indifférent à l’histoire qui se déroule sous nos yeux. En plus des gags visuels et autres jeux de mots (littéraux), le film est bourré de références à d’autres films : L’Inspecteur Harry, Un Espion de trop…

 

Bref, un festival qui se poursuit jusqu’au générique de fin où certains participants ne sont référencés que par la phrase qu’ils prononcent.

Alors oui, on aime ou on déteste ce festival d’absurdités qui ont aussi inspiré les Nuls (avec bien sûr les Monty Python). Mais il faut reconnaître que les ZAZ ont réussi à faire de Leslie Nielsen, un acteur de seconde zone (dont le premier grand rôle – mais seulement second – fut dans Planète interdite, 1956), un vieux « jeune premier » (il a 68 ans quand le film sort) tout à fait crédible par sa prestation très visuelle et très dynamique.

 

Je peux comprendre très facilement que l’on éprouve une certaine lassitude à un moment, mais en tout cas, moi, j’aime !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Drame historique, #Guerre, #Stanley Kubrick
Barry Lyndon (Stanley Kubrick, 1975)

Angleterre, XVIIIème siècle.

Grandeur et décadence de Redmond Barry, jeune Irlandais opportuniste, à travers une Europe en guerre.

 

Il y a chez Kubrick une faculté au renouvellement assez extraordinaire. EN effet, après s’être essayé aux films de gangsters, péplum, de guerre ou d’anticipation, il nous propose ici un film en costume d’une grande maîtrise technique et esthétique. Bref, c’est du Kubrick.

Mais ce qui marque le plus dans ce film, c’est  la recréation de ce dix-huitième siècle pictural qu’on peut admirer dans les œuvres de Constable, Gainsborough ou encore Hogarth : on y retrouve des éclairages similaires et comme chez ce dernier des tableaux à l’intérieur de ses toiles. Et c’est surtout dans la seconde partie qu’on peut faire ce parallèle : la première partie se passe la plupart du temps en extérieur alors que la seconde a tendance à enfermer les personnages, physiquement et moralement.

D’une manière générale, on retrouve une dualité tout au long du film, divisé en deux parties nous montrant deux facettes d’un même homme.

 

Dans la première partie donc, on découvre le jeune Redmond Barry (Ryan O’Neal), naïf et passionné, et qui se retrouve à parcourir les routes suite à un duel remporté sur un personnage influent qui voulait épouser sa cousine : le capitaine John Quin (Leonard Rossiter).

Ce sont d’ailleurs deux duels qui vont marquer les limites de la vie cinématographique de Barry : le premier l’envoie vers son destin, et le second le ramène à ce qu’il a toujours été, un homme de rien.

Ce n’est pas une révélation que de le dire : le narrateur (Michael Ordern) rappelant régulièrement la fin tragique et inéluctable de Barry. Et ce qui intéresse Kubrick c’est tout ce qui se passe entre ces deux coups de feu qui bordent la vie de son (anti ?) héros : comme une longue parenthèse dans sa vie de rien.

 

L’ascension de Barry voit le jeune homme passer d’une vie en extérieur, marquée par la Guerre de 7 ans (1756-1763). Barry y voit de suite une façon d’échapper à la justice suite au duel, et il s’engage donc dans les troupes de George III. Mais cette situation est tout de même périlleuse, les combats y étant fort meurtriers. La seconde opportunité qui s’offre à lui, la désertion, ne va réussir qu’à le faire changer de camp rejoignant donc les troupes prussiennes. Mais c’est ce revirement qui va amener toute la suite de l’intrigue, scellant définitivement son destin. De soldat il devient agent secret, espionnant un compatriote, le chevalier de Balibari (Patrick Magee, qui jouait déjà dans le film précédent de Kubrick). Et autre exemple de la dualité du film, de même que par opportunisme, il est agent double, trouvant ainsi une autre manière de quitter cette situation.

 

De retour en Angleterre avec Balibari, ils écument toutes les tables de jeu. C’est ainsi qu’il fera la rencontre la plus capitale de sa vie : la comtesse de Lyndon (la belle Marisa Berenson), qui semble échappée d’un tableau de Gainsborough.

Cette rencontre, qui se soldera par un mariage coïncide avec l’époque la plus heureuse de sa vie et terminera la première partie du film. Barry a atteint son apogée, et quand le film reprend, un titre nous annonce sa chute. Et elle est d’autant plus spectaculaire que Barry est monté haut dans la société anglaise.

C’est après la naissance de son fils que les choses se précipitent. En effet, parvenu à son objectif, il n’a plus rien à attendre de sa femme, et mène donc une double vie faite de jouissance et de plaisir. Mais cette deuxième vie va aussi stigmatiser la relation qu’il a avec son beau-fils, Lord Bullingdon  (Dominic Savage, puis Leon Vitali, qui deviendra un proche de Kubrick).

 

Cette relation faite de rancœur et d’hostilité amènera le deuxième duel, mettant ainsi un terme aux prétentions de Redmond.

Ce duel, en outre se situe dans une grange – alors que le premier était en plein air – signe ultime de l’enfermement de Barry : prisonnier de ce destin qu’il a lui-même créé et qui le renvoie à sa condition primaire.

 

En plus d’une reconstitution magnifique de l’Angleterre du XVIIIème siècle, Kubrick adopte un rythme lent. Même dans les scènes de batailles, il prend le temps : les fusillades possèdent aussi ce rythme lent du fait du temps nécessaire aux soldats pour recharger leurs armes, et de l’avancée des armées qui se fait dans l’ordre et le calme. Cette lenteur accentue le caractère inéluctable du destin de Barry. En effet, c’est une force incontrôlable qui le mène vers sa chute. Et la lenteur, faite de petits éléments mis bout à bout, cache à Redmond sa chute prochaine, jusqu’à l’intervention de trop contre son beau-fils, qui en plus se fait en public.

Dès lors, la chute s’accélère jusqu’au duel final.

 

Et c’est paradoxalement ce duel final qui va donner à Barry ce qui lui a manqué dans son ascension et aurait dû faire de lui un homme comblé : de la grandeur d’âme. Mais cette grandeur tardive scelle aussi définitivement sa déchéance, le jeune Lord Bullingdon le renvoyant à sa condition initiale, tant physique que morale.

Quoi qu’il eût pu tenter, il ne pouvait pas réussir.

 

La parenthèse se referme. L’ordre immuable de la société anglaise est respecté.
Et si la toute dernière séquence nous annonce que nous sommes en 1789, il ne faut rien y voir d’extraordinaire : c’est en France que l’ordre immuable fut bouleversé.

La déchéance de Barry - Marriage-A-la-Mode #2 (W. Hogarth, 1745)

La déchéance de Barry - Marriage-A-la-Mode #2 (W. Hogarth, 1745)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Webber
Crimes de Guerre (Emperor - Peter Webber, 2012)

Un avion dans le ciel.

Au bout du ciel : le Fuji-Yama.

Nous sommes le 30 août 1945, et le général Douglas MacArthur (Tommy Lee Jones) débarque à Tokyo. Avec lui, entre autres, le général Bonner Fellers (Matthew Fox).

Ce dernier reçoit pour mission par le premier d’exonérer l’empereur Hiro-Hito (Takatarô Kataoka) des charges de crimes de guerre (d’où le titre français) afin de pouvoir sereinement et efficacement reconstruire le Japon.

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, on a créé – et jugé – des « crimes de guerre ». Si beaucoup – dont je fais partie – considèrent que cette expression est un tantinet pléonastique, il faut reconnaître que sa réalité fut une avancée pour la civilisation humaine.
Et depuis lors, on peut voir de temps en temps un film traitant ce sujet : Jugement à Nuremberg en est un très bon exemple, sans parler du film Un Spécialiste, qui collait à la réalité en disséquant le procès d’Eichmann.

 

Si pour nous Européens, les crimes de guerre qui sont essentiellement évoqués se passent sur notre continent, il ne faut pas oublier que la seconde Guerre Mondiale a aussi eu lieu très loin de chez nous – Asie du Sud-est majoritairement – et amené son lot de crimes de guerre, essentiellement perpétrés par le Japon, alors belligérant allié des Nazis et des fascistes italiens.

Et si la responsabilité de Hitler ou Mussolini ne fait aucun doute pour nous, et que seules leurs morts prématurées ont pu leur éviter d’être jugés, il n’en va pas de même pour Hirohito*.

 

Le film de Peter Webber nous raconte justement comment MacArthur – par l’entremise de Bonner Fellers – a évité au dirigeant nippon un châtiment que d’aucuns trouvaient mérité outre Pacifique.

Nous avons donc droit aux différentes visites qu’effectua ce dernier afin de démontrer les responsabilités de chacun, et surtout les preuves concernant Hirohito : a-t-il oui ou non ordonné et déclenché la guerre ?

Pour ce faire, Webber s’appuie sur le livre de Shiro Okamoto : His Majesty's Salvation. Nous allons donc suivre les dix jours qui étaient accordés à Fellers, passant d’un protagoniste à l’autre, retraçant la conduite de l’empereur à partir de la déclaration de guerre.

 

Mais, à côté de la grande Histoire, Webber raconte celle de Fellers, amoureux d’une Japonaise – Aya Shimada (la belle Eriko Hatsune) – alors qu’ils faisaient leurs études à la même université et qu’il était allé retrouver au Japon quelques mois avant Pearl Harbour. Il va sans dire que cette petite histoire est totalement fictive, mais elle permet à Fellers (et donc au spectateur) de mieux comprendre la civilisation bimillénaire japonaise.

Cette histoire d’amour, insérée dans les recherches de Fellers amènent des pauses dans la narration principale et tranchent beaucoup avec le Japon en ruine de 1945 très bien reconstitué tout au long du film.

 

Ce n’est pas une découverte de dire qu’à la fin Hirohito est épargné, n’importe quel livre d’histoire vous le dira. Mais ici, Webber donne beaucoup de crédit à la version qu’a pu établir Fellers, sous couvert de MacArthur. Mais cela n’enlève pas – pour moi – la grande part de responsabilité qu’a eue Hirohito. Et la conclusion heureuse (pour ce dernier) laisse place à un léger sentiment de malaise, que beaucoup d’Américains ont pu ressentir plus fortement.

Mais c’est tout de même Sekiya (Isao Natsuyagi), premier ministre avant ola guerre, qui fait la remarque la plus juste quant aux responsabilités des belligérants : si Hirohito peut être tenu pour responsable de crimes de guerre, en quoi les dirigeants américains, anglais, français (etc.) ne seraient-ils pas poursuivis pour la même raison ?

D’autant plus que les deux bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki (séquence d’introduction du film) ne parlent pas en faveur du président Truman.

 

Au final, c’est un beau film où se mêlent de belles images du Japon éternel quand Fellers songe à Aya avant guerre, mais qui sont rapidement balayées par celles de destruction et de misère de Tokyo fin août-début septembre 1945.

Et Tommy Lee Jones, la pipe jaune au bec est un bon MacArthur : il a beau être roublard et calculateur (les élections de 1948 l’attiraient),  il quand même beaucoup contribué à la reconstruction le Japon...

 

Mais je continue tout de même à penser, 73 ans après, que Hiro-Hito était le véritable responsable, et qu’il aurait dû être jugé. Mais on ne va pas refaire l’Histoire..

 

 

* A l’instar des généraux qui envoient sans sourciller des soldats à la mort, à 87 ans, l’empereur mourut de sa belle mort en 1989…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Scott Cooper, #Road Movie
Hostiles (Scott Cooper, 2018)

1892, Nouveau Mexique.

Les Commanches font des raids contre les fermes isolées.
C’est ce qui arrive à Rosalie Quaid (Magnifique Rosamund Pike), qui perd sous ses yeux ses enfants et son mari.

Un peu pus loin, un capitaine de l’armée de l’Union, Joseph Blocker (Christian Bale) doit escorter Yellow Hawk (Wes Studi, lui-même d’ascendance cherokee), un chef indien mourant, vers les terrains de chasse de ses aïeux dans le Montana. Le seul problème, c’est que ce chef a tué beaucoup d’amis de Blocker, pendant les guerres indiennes.

Alors quand le convoi arrive à la ferme Quaid, les choses se compliquent.

 

Régulièrement, Hollywood nous annonce le grand retour du western, genre aussi vieux que le cinéma lui-même, ou presque. Cette fois, on nous annonce un produit hybride né de la rencontre de John Ford et de Clint Eastwood.

Oui, pourquoi pas. J’aurai plutôt parlé de Michael Cimino plutôt qu’Eastwood. En effet, on retrouve brièvement la violence de La Porte du paradis et surtout la quête de Sunchaser.

Quant à John Ford, on retrouve bien sûr un des thèmes de La Prisonnière du désert (1) – même si nous ne sommes pas dans Monument Valley – Blocker rappelant, d’une certaine manière mais pas totalement (j’y viendrai plus tard), le personnage interprété par John Wayne : Ethan Edwards.

 

Mais Blocker n’est pas Edwards, avant tout parce que Blocker est un soldat. Et son rapport avec les Indiens est avant tout un rapport professionnel. Il n’est qu’n exécutant d’ordres qu’il n’a pas à remettre en cause. Son explication avec son frère d’armes Thomas Metz (Rory Cochrane) est la clé de l’attitude de Blocker vis-à-vis de son prisonnier cheyenne.

En effet, l’échange qu’ils ont, avant de se mettre en route, est primordial pour comprendre les différentes positions que vont adopter ces deux soldats pendant leur dernière mission ensemble : Blocker retournera à la vie civile après, quoi qu’il arrive.

Mais cet échange nous montre aussi leur différence : bien qu’ils aient longtemps combattu les Indiens ensembles, ils ne voient pas leur(s) action(s) de la même façon. Pour Blocker, comme c’est dit plus haut, il n’a fait que son métier. Mais Metz lui, éprouve des remords d’avoir tué autant d’Indiens (2).

 

Et c’est là qu’intervient l’élément indispensable : la Rédemption (3). Parce que dès le moment où Blocker accepte la mission (4), nous - spectateurs - savons qu’il y aura au bout du voyage la rédemption. Et elle concerne ces deux soldats. Chacun la trouvera mais de différentes manières : si Metz fera tout pour la trouver, elle tombera sur Blocker malgré lui. En effet, si Metz a des remords – on dirait actuellement qu’il est un criminel de guerre, au vu des atrocités qu’il a pu perpétrer – Blocker a sa conscience tranquille : il faisait son travail. Cela passait par la perte de compagnons chers, mais c’était indispensable dans son métier. Et son hostilité (d’où le titre) envers Yellow Hawk n’est rien d’autre qu’un élément naturel des choses : ils ont été ennemis par le passé, et rien n’a changé pour lui. Il reste l’Ennemi. Et si cette mission a un sens pour lui, c’est avant tout de s’assurer qu’au bout du voyage, cet ennemi est bel et bien mort.

 

Parce qu’avant tout, c’est un voyage. On peut même parler de road movie, alors que les sentiers empruntés ne s’apparentent que très peu à des routes. Et cela nous donne l’occasion d’admirer de magnifiques paysages du Nouveau Mexique et du Colorado (Santa Fé pour l’un, Papagosa Springs pour l’autre, entre autres). Mais si les paysages sont grandioses, les hommes de l’expédition n’en restent pas moins seuls : un plan (très) large nous donne une idée de l’échelle : au milieu de ces collines on distingue à peine ce groupe qui s’y déplace. Mais surtout, ces hommes sont abandonnés de Dieu. Blocker l’annonce dès le début. Et ce voyage ne sera qu’une confirmation de ce fait. Même si Blocker lit les prières pour chaque homme qui tombe pendant le voyage, jamais Dieu ne se manifeste. Son livre de chevet, d’ailleurs, n’est pas comme on aurait pu le penser une bible (la forme lui ressemble) mais le récit de Jules César, dans la langue !

Dernier élément de la non-présence divine : le ciel nuageux (et sombre) qui cache un soleil qui devrait être éclatant. Alors que naturellement (5), on devrait apercevoir les rayons qui transperce cette couverture, ici, rien.

Ne restent que les coutumes indiennes, respectées scrupuleusement même par Blocker.

 

Parce que si Ethan Edwards (chez Ford) n’avait aucun respect pour les traditions indiennes et était ce qu’on pourrait appeler raciste, Blocker ne l’est pas. En effet, un autre de ses compagnons d’armes, Henry Woodsen (Jonathan Majors), est un caporal noir. Et c’est lui-même qui l’a choisi pour l’accompagner, ce que Woodsen apprécie énormément. Les adieux forcés (encore une fois) entre ces deux hommes sont déchirants pour Blocker qui reconnaît en lui un véritable frère.

Et d’une manière générale, comme expliqué plus haut, il n’en veut pas aux Indiens parce qu’ils sont Indiens, mais seulement parce qu’ils ont été un temps ennemis.

 

Mais ce temps est passé, et Blocker, avec cette mission va atteindre (avec la rédemption, bien sûr) une mort honorable, l’aboutissement d’une carrière de soldat. Quand cette mission se finit, non seulement il sera sauvé, mais il aura tourné une page de sa vie, laissant derrière lui, définitivement, le soldat qu’il fut, criminel ou non, ce n’est plus qu’une affaire entre lui et sa conscience.

 

Un dernier mot encore, qui nous ramène à John Ford. En 1962 sortait L’Homme qui tua Liberty Valance, où on assistait à l’avènement définitif de la civilisation dans l’Ouest américain. Avec ce film, Scott Cooper met un terme aux guerres indiennes qui ont ensanglanté ce même Ouest pendant le XIXème siècle. Quand le film se termine, la paix est (enfin) arrivée, et chacun va vivre avec l’autre : autrefois ennemis, ces deux peuples vont pouvoir vivre ensemble et faire de l’Amérique ce qu’elle a toujours été (6).

 

 

(1) Avec en prime ici un plan qui rappelle la fin avec John Wayne qui se détache dans l’encadrement de la porte…

(2) Blocker a arrêté de compter il y a bien longtemps.

(3) Je sais, on y revient toujours. Mais que voulez-vous, ce n’est pas moi qui ai fait ce film.

(4) Contraint, évidemment

(5) Et dans chaque film hollywoodien qui nous montre un tel ciel.

(6) Cf. citation de DH Lawrence en introduction du film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Blake Edwards
The Party (Blake Edwards, 1968)

Il suffit de peu de choses pour changer le destin : un nom, un seul. Celui de l’homme qui a ruiné un tournage : Hrundi V. Bakshi (Peter Sellers).

Mais un nom seul ne suffit pas, il faut qu’il trouve sa place : ajouté malencontreusement sur une liste d’invités.

D’invités à une soirée festive (d’où le titre).

Et quand Hrundi paraît, après avoir garé sa Morgan à trois roues, le cataclysme peut commencer.

Parce que, où que Hrundi passe, le chaos s’installe.

 

Nous sommes en pleines années 1960s (1968, quelle belle année !) et on retrouve certains éléments de cette époque en plus des tenues portées : la jeunesse contestataire et ses slogans, la mousse qui envahit le décor, et le sitar qui, s’il n’est pas joué par Ravi Shankar, ne l’est pas plus par Peter Sellers : c’est Bill Plummer qui le double…

Mais surtout, cette « party » est l’occasion pour Blake Edwards et surtout Peter Sellers de revenir à la source de l’humour au cinéma : la période muette.

 

Car si le film est tout à fait parlant, comme chez Jacques Tati, finalement, les conversations n’ont que très peu d’importance, les attitudes et les mimiques les remplaçant avantageusement. Et le personnage de Hrundi est celui qui utilise le mieux cet exercice. Et d’un autre côté, son personnage a une conversation très peu intéressante. Mais c’est un peu normal : il est Indien (d’Inde).

 

C’est un véritable festival de gags. Il se passe toujours quelque chose. Même quand la belle Michelle Monnet (Claudine Longet) chante il ne peut s’empêcher de nous faire rire.

Mais surtout, le talent (immense) de Peter Sellers (héraut de Blake Edwards) c’est de créer des catastrophes en nous faisant croire qu’il ne le fait pas exprès. Son personnage est très certainement de la même famille que l’inspecteur Clouseau. Mais si Clouseau est un gaffeur, c’est toujours (ou presque) dans le cadre de son travail, alors qu’ici, c’est gratuit. Il n’a rien à gagner, ni à perdre. C’est un véritable électron libre dans une soirée où il n’a absolument rien à faire, dans tous les sens du terme : il est étranger aux gens qu’il croise et ne peut donc pas discuter avec eux, mais en plus à part boire et écouter de la musique, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire.

Mais si les conversations sont inintéressantes, il n’en va pas de même des actions des convives ou du personnel : entre le serveur alcoolique (Steve Franken) et le majordome poussé à bout par ce dernier, les cheveux de Divot (Gavin MacLeod qui n’était pas encore le commandant Stubing) ou encore la pauvre Alice Clutterbuck (Fay McKenzie, qui vient de fêter ses 100 ans…) et son mari (J. Edward McKinley) à qui la situation échappe complètement… De la folie furieuse, mais de celle qu’on adore !


C’est donc une accumulation de gags qui va toujours en crescendo, avec au final l’intervention d’un éléphant* dans une piscine de mousse. Mais pourtant, c’est quand on arrive à ce paroxysme que ça tombe un tantinet à plat. Comme avec Clouseau qui s’entraîne avec son serviteur asiatique, c’est un peu trop. C’est Blake Edwards, que voulez-vous ?

Mais qu’importe, on rit de bout en bout, avec une fin en douceur ce qui fait beaucoup de bien après ce qu’on a vécu : parce que même s’il fut un comique unique, Peter Sellers sait aussi amener une touche de tendresse à son personnage, sans pour autant le rendre ridicule.

 

Décidément, quelle sale journée que le 24 juillet 1980 !

 

 

* On peut voir un second éléphant dans le film : l’avez-vous repéré ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Howard Hawks, #John Wayne
La Rivière rouge (Red River - Howard Hawks, 1948)

John Wayne, Walter Brennan et les Carey père (1) et fils : pas de doute, c’est un western.

Et c’est Howard Hawks qui mène le jeu : tout indique un grand film.

 

Et il n’y a pas à dire, c’est un magnifique western. Le premier des cinq qu’il tournera (2).

C’est d’ailleurs un film de premières fois :

La première fois que Montgomery Clift a un premier rôle ; la première fois que Hawks dirige John Wayne ; la première fois (et la dernière) que les Carey sont sur un même film.

Et pour cette première fois, Hawks nous gratifie d’un western légendaire où le manichéisme fréquent dans le genre n’est pas si clair que ça.

Mais il reprend tout de même quelques ingrédients indispensables à une belle aventure : un troupeau gigantesque qui s’affole, donnant une bousculade (stampede) nocturne phénoménale ; un passage de rivière (3) ; des tireurs très adroits et un vieux ronchon (enfin pas tant que ça mais quand même un peu) – Groot (Walter Brennan qui reprendra ce rôle à plusieurs reprises, en particulier dans le fantastique Rio Bravo). Bref, du grand spectacle, de la flamboyance sans le Technicolor ! Le tout avec une pincée de l’humour hawksien.

MAGNIFIQUE !

 

Mais ce film est avant tout une histoire d’amour. Les protagonistes principaux – Tom Dunson (John Wayne), Matt Garth (Monty), Tess Millay (Joanne Dru) et Groot (Walter Brennan) – sont tous impliqués dans une magnifique histoire d’amour.

 

Dunson aime Matt.

Il l’aime comme un père aime son fils. En effet, la séquence d’ouverture nous montre Dunson et Groot quittant une caravane, y laissant l’amour de Dunson, Fen (Coleen Gray), qui succombera lors d’une attaque d’Indiens. Mais alors qu’il perd sa promise, le destin lui envoie le (très) jeune Matt (Mickey Kuhn), qui lui aussi a tout perdu.
Il ne faut pas avoir fait de longues études en psychologie pour comprendre que Tom fera un transfert avec Matt : cet enfant est celui qu’il aurait pu avoir avec la belle Fen. Pour preuve, quand on retrouve Matt adulte, il porte le bracelet que Tom avait donné à Fen avant sa mort.

 

Matt aime Tom.

Il l’aime comme un fils aime son père, même s’il sait pertinemment qu’il n’y a rien de biologique entre eux. Mais surtout, il ne le lui dit pas, parce que c’est ce même Tom qui l’a élevé (avec l’aide de Groot). Mais Tom n’est pas du genre à exprimer ses sentiments, alors encore moins dire qu’il aime Matt, même s’il doit en crever.

Matt aime Tess.

Dès leur première rencontre, on sait que ces deux-là vont finir ensemble. Et ça ne rate pas. D’abord parce que Matt est libre, et aussi parce qu’il n’a pas besoin de lui dire qu’il l’aime : c’est une habitude dans les westerns de montrer des cowboys rudes et avares de paroles, et encore moins quand elles touchent aux sentiments. Et d’une manière générale, on voit rarement dans un western un homme dire à une femme qu’il l’aime : il l’embrasse et  puis c’est tout. De toute façon, vu l’éducation à laquelle a pu lui pourvoir Dunson, il y a fort à parier qu’il ne sait pas le dire.

 

Tess aime Matt (et aussi Tom, mais ce n’est pas pareil).

Comme toujours chez Hawks, il faut «  chercher la femme ! » Celle-ci est dans la lignée des précédentes. C’est une battante : elle ne craint pas de traverser une partie des Etats-Unis pour arriver à ses fins, voire à accompagner Dunson pour retrouver son Matt.

Mais comme c’est une femme de chez Hawks, c’est elle qui mène la danse.

Avec Tom d’abord : elle ne va pas se laisser abandonner une deuxième fois. Elle veut Matt et elle est bien résolue à le récupérer. Et Dunson, malgré son côté autoritaire,  ne pourra rien y faire. Elle viendra.

Avec Matt ensuite, quand elle interrompt leur discussion finale. Ca la bouffe de les voir se chicaner ainsi (il n’y a pas d’autre mot). Et c’est par dépit qu’elle intervient, ne pouvant vraiment plus supporter ces amours larvées, latentes : il est temps qu’ils assument ce que la vie a fait d’eux, des parents putatifs. Tom et Matt sont une famille, qu’ils le veuillent ou non. Et c’est d’autant plus une famille solide: si habituellement on ne choisit pas sa famille, eux se sont trouvés, et leur lien n’en est que plus fort.

 

Enfin, Groot aime les trois autres.

Tess, c’est normal, comment ne pas la trouver à son goût ? Et c'est parce qu'il sent qu'elle peut faire partie de leur famille qu'il lui raconte l'histoire des deux autres hommes de sa vie. Mais pour Matt, c’est différent. Il l’a élevé avec Tom. Et comme Tom est un homme rude, Matt avait besoin d’une figure plus maternelle pour se développer. Et Groot est cette figure maternelle. Et d’une certaine façon, Tom et Groot forment un couple. Ils ont vécu de grandes choses et Matt est l’aboutissement (plus que l’élevage) de ce qu’ils ont pu faire ensemble. Mais là encore, ce sont deux fortes têtes qui ne veulent jamais avouer leurs sentiments, alors à moment ça doit éclater. Ou plutôt ça devrait, parce que ça n’éclate jamais. Et au moment où Matt abandonne Dunson pour continuer seul, Groot le suit, après que Tom lui ait dit de s’en aller. Tous les deux savent que c’est la meilleure chose à faire, mais aucun des deux ne voudra le reconnaître. Alors, pour la galerie Tom chasse Groot, et Groot l’en remercie, comme ça il n’a pas besoin de demander à partir (3)…

 

Mais si ce film est un western, on peut aussi le qualifier de road-movie. En effet, nous assistons à une longue chevauchée entre deux états, avec en fin de parcours un changement pour les principaux protagonistes. Matt va grandir et gagner sa place auprès de Tom. Il va vraiment devenir son fils (et héritier). Quant à Tom, il va mûrir et enfin comprendre qu’il doit laisser vivre Matt selon son envie, le laisser faire ses choix (et les respecter, cela va sans dire).

 

 

  1. Harry Carey Sr. ne verra pas la sortie du film : il meurt le 21 septembre 1947 (un an avant, quasiment  jour pour jour).
  2. Howard Hughes a finalement choisi de ne faire apparaître que son nom pour Le Banni.
  3. Celle du titre !
  4. C’est bien compliqué tout ça, non ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guy Hamilton, #James Bond
Goldfinger (Guy Hamilton, 1964)

On prend le même, et on recommence :

Un James Bond au chapeau vient tirer vers les spectateurs ; une séquence prégénérique (1) nous montre ce même James Bond en opération spéciale qui se termine bien pour lui, moins bien pour ses adversaires… Et là, nouvelle innovation : la chanson du titre (elle était à la fin du deuxième opus) est chantée dès le générique, par la légendaire Shirley Bassey (2).

Puis ce sont M (Bernard Lee), Moneypenny (Lois Maxwell) – et le marivaudage habituel – ainsi que la section Q (Desmond Llewelyn est officiellement crédité du nom de Q pendant le générique de fin), et, bien entendu, les incontournable James Bond girls, Pussy Galore (Honor Blackman vous savez, celle qui a été la partenaire de John Steed dans les premiers épisodes de Chapeau Melon et bottes de cuir) en tête.
Mais cette fois, deux d’entre elles y restent, ce qui est très inhabituel dans la série comme le confirmeront les épisodes suivants.

Encore une fois, on a droit à « Bond. James Bond », qu’il essaiera de replacer à Pussy Galore (3) avec la formule qu’on lui connaît maintenant, mais, hélas pour lui, sans succès.

Dernier fait notable : le méchant est un original qui travaille seul – Auric (4) Goldfinger (Gert Froebe) – donc pas de SPECTRE à l’horizon cette fois-ci.

Un dernier détail enfin, c’est  Cec Linder qui reprend le rôle de Felix Leiter pour ce film (seulement).

 

Pour le reste, l’épisode se déroule normalement, serais-je tenté de dire, et seule l’apparition de nombreux gadgets présentés par Q relèvent un peu l’intérêt du film.
Ce n’est certes pas le meilleur, mais il faudra s’y contenter. On s’amuse donc des échanges avec Q, qui induisent un lourd passé entre les deux hommes, et surtout cela assoit le côté brise-fer de Bond, Q lui demandant pour la première fois (de la série mais certainement pas la dernière) de ramener le matériel en bon état, dont la célèbre Aston Martin DB5 (ENFIN !).

L’intrigue est intéressante pais on ne retrouve pas le ton des deux premiers films. Est-ce dû au changement de réalisateur ? Peut-être, oui. Toujours est-il que Guy Hamilton ne reviendra au personnage qu’en 1971.

 

Terminons en disant que le légendaire (encore un !) Ian Fleming mourut un mois avant la sortie du film et nous en aurons fait le tour.

En attendant le prochain annoncé à la fin de celui-ci !

 

 

(1) Cette fois (enfin ?), elle n’a aucun rapport avec l’intrigue principale.

(2) Elle ne peut qu’être légendaire après un tel tube. (et en plus elle rechantera deux fois !)

(3)Je vous laisse découvrir la traduction littérale vous-même…

(4)En latin, « or » se dit « aurum ». Etonnant, non ?

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