Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Webber
Crimes de Guerre (Emperor - Peter Webber, 2012)

Un avion dans le ciel.

Au bout du ciel : le Fuji-Yama.

Nous sommes le 30 août 1945, et le général Douglas MacArthur (Tommy Lee Jones) débarque à Tokyo. Avec lui, entre autres, le général Bonner Fellers (Matthew Fox).

Ce dernier reçoit pour mission par le premier d’exonérer l’empereur Hiro-Hito (Takatarô Kataoka) des charges de crimes de guerre (d’où le titre français) afin de pouvoir sereinement et efficacement reconstruire le Japon.

 

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, on a créé – et jugé – des « crimes de guerre ». Si beaucoup – dont je fais partie – considèrent que cette expression est un tantinet pléonastique, il faut reconnaître que sa réalité fut une avancée pour la civilisation humaine.
Et depuis lors, on peut voir de temps en temps un film traitant ce sujet : Jugement à Nuremberg en est un très bon exemple, sans parler du film Un Spécialiste, qui collait à la réalité en disséquant le procès d’Eichmann.

 

Si pour nous Européens, les crimes de guerre qui sont essentiellement évoqués se passent sur notre continent, il ne faut pas oublier que la seconde Guerre Mondiale a aussi eu lieu très loin de chez nous – Asie du Sud-est majoritairement – et amené son lot de crimes de guerre, essentiellement perpétrés par le Japon, alors belligérant allié des Nazis et des fascistes italiens.

Et si la responsabilité de Hitler ou Mussolini ne fait aucun doute pour nous, et que seules leurs morts prématurées ont pu leur éviter d’être jugés, il n’en va pas de même pour Hirohito*.

 

Le film de Peter Webber nous raconte justement comment MacArthur – par l’entremise de Bonner Fellers – a évité au dirigeant nippon un châtiment que d’aucuns trouvaient mérité outre Pacifique.

Nous avons donc droit aux différentes visites qu’effectua ce dernier afin de démontrer les responsabilités de chacun, et surtout les preuves concernant Hirohito : a-t-il oui ou non ordonné et déclenché la guerre ?

Pour ce faire, Webber s’appuie sur le livre de Shiro Okamoto : His Majesty's Salvation. Nous allons donc suivre les dix jours qui étaient accordés à Fellers, passant d’un protagoniste à l’autre, retraçant la conduite de l’empereur à partir de la déclaration de guerre.

 

Mais, à côté de la grande Histoire, Webber raconte celle de Fellers, amoureux d’une Japonaise – Aya Shimada (la belle Eriko Hatsune) – alors qu’ils faisaient leurs études à la même université et qu’il était allé retrouver au Japon quelques mois avant Pearl Harbour. Il va sans dire que cette petite histoire est totalement fictive, mais elle permet à Fellers (et donc au spectateur) de mieux comprendre la civilisation bimillénaire japonaise.

Cette histoire d’amour, insérée dans les recherches de Fellers amènent des pauses dans la narration principale et tranchent beaucoup avec le Japon en ruine de 1945 très bien reconstitué tout au long du film.

 

Ce n’est pas une découverte de dire qu’à la fin Hirohito est épargné, n’importe quel livre d’histoire vous le dira. Mais ici, Webber donne beaucoup de crédit à la version qu’a pu établir Fellers, sous couvert de MacArthur. Mais cela n’enlève pas – pour moi – la grande part de responsabilité qu’a eue Hirohito. Et la conclusion heureuse (pour ce dernier) laisse place à un léger sentiment de malaise, que beaucoup d’Américains ont pu ressentir plus fortement.

Mais c’est tout de même Sekiya (Isao Natsuyagi), premier ministre avant ola guerre, qui fait la remarque la plus juste quant aux responsabilités des belligérants : si Hirohito peut être tenu pour responsable de crimes de guerre, en quoi les dirigeants américains, anglais, français (etc.) ne seraient-ils pas poursuivis pour la même raison ?

D’autant plus que les deux bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki (séquence d’introduction du film) ne parlent pas en faveur du président Truman.

 

Au final, c’est un beau film où se mêlent de belles images du Japon éternel quand Fellers songe à Aya avant guerre, mais qui sont rapidement balayées par celles de destruction et de misère de Tokyo fin août-début septembre 1945.

Et Tommy Lee Jones, la pipe jaune au bec est un bon MacArthur : il a beau être roublard et calculateur (les élections de 1948 l’attiraient),  il quand même beaucoup contribué à la reconstruction le Japon...

 

Mais je continue tout de même à penser, 73 ans après, que Hiro-Hito était le véritable responsable, et qu’il aurait dû être jugé. Mais on ne va pas refaire l’Histoire..

 

 

* A l’instar des généraux qui envoient sans sourciller des soldats à la mort, à 87 ans, l’empereur mourut de sa belle mort en 1989…

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog