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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Francis Ford Coppola, #Robert de Niro

Décembre 1958. Nous retrouvons la famille Corleone, trois ans après le premier opus. Michael (Al Pacino) est toujours le chef de famille, et il règle toujours ses affaires en faisant des offres qu’on peut difficilement refuser… Michael est toujours en quête de légalité. Il a émigré à Las Vegas, mais rien n’a changé.

Ou plutôt si. Le monde change : bientôt les Barbudos prendront le pouvoir à Cuba, et aux Etats-Unis, Kennedy sera élu. Une nouvelle ère s’ouvre. Alors Michael s’associe avec un grand ponte : Hyman Roth (Lee Strasberg). Mais Roth est un adversaire coriace, et Michael sera à deux doigts de tomber.

Parallèlement, nous assistons à l’avènement de Vito Corleone, de son départ précipité de Sicile (en 1901), à ses débuts de protecteur de quartier (dans les années 1920). Nous voyons apparaître successivement Santino, Fredo, Michael et bien entendu Connie, les enfants de Vito, ainsi que Clemenza et Tessio, les futurs hommes de main du « Parrain ».

 

Ce deuxième épisode de la saga Corleone est magnifique. Il se base sur quelques chapitres du livre, écartés dans le premier film. Coppola recrée sous nos yeux Little Italy en 1917. C’est magique. Il ne manque que le linge entre deux immeubles ! Pour le reste, Vito (Robert de Niro impeccable), suivant les pas de son père met en place sa stratégie que tout le monde connaît : « je vais lui faire une offre qu’il ne pourra pas refuser. » Le personnage de Vito est de plus riche de sentiments. La famille est quelque chose d’important pour lui, comme l’honneur et le devoir. Il faut le voir s’inquiéter de la santé de Fredo pour le comprendre.

 

Ce parallèle est important pour la saga : elle détermine deux instants cruciaux de la famille Corleone : l’avènement de Vito d’une part, l’évolution de la famille vers une ère nouvelle d’autre part. Mais c’est sans conteste la partie retro que l’on préfère. Elle est superbement reconstituée. Il paraît évident qu’elle inspirera Sergio Leone pour Il était une fois en Amérique, qui, en plus, utilisera le même acteur.

On ne peut que regretter la mort de Mario Puzo alors que lui et Coppola avaient en projet la période intermédiaire : comment Vito est devenu chef d’une grande famille de New York. C’est comme ça.

 

Pour le reste, c’est du grand Coppola. Nous avons l’incontournable montage parallèle final, qui, là encore, permettra à Michael de solder ses comptes et son passé. Mais c’est aussi l’heure de la solitude : Kay va le quitter, sa mère et Fredo vont mourir. Il ne restera plus que lui et Connie.

La scène de l’anniversaire de Vito de 1941 (on parle de l’attaque de Pearl Harbour) est assez caractéristique du film : les enfants attendent leur père pour lui faire une surprise. Mais, rapidement, la situation va s’envenimer et Michael se retrouvera (déjà) seul. Cette solitude s’installe inexorablement, et atteindra son point d’orgue dans le troisième volet.

 

Pour l’heure, nous assistons à l’évolution du monde de Michael, en bien comme en mal. Cet épisode est aussi beaucoup plus marqué que le précédent : plusieurs indices temporels nous permettent de nous repérer dans l’histoire. Alors que dans le premier épisode, on savait que le film commençait juste après la deuxième guerre mondiale, nous avons ici des références plus tangibles de l’époque : la prise de pouvoir par Fidel Castro à Cuba, des références à l’administration d’Eisenhower. Pour la partie passé, les dates sont carrément inscrites et nous permettent de nous plonger dans le temps.

 

On dit souvent que la suite d’un film est toujours mineure. Cela ne s’applique pas pour ce film. ON reste dans une intrigue solide, avec des acteurs justes et efficaces. La présence de Mario Puzo – l’auteur du livre – est pour quelque chose. Il est clair que Coppola et lui ont fait un travail remarquable.

 

Mais trêve d’éloges : regardez-le !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joel & Ethan Coen, #Comédie, #George Clooney

Hollywood, années cinquante : péplum, comédie musicale ou de mœurs, western chantant, et au milieu de tout cela, Eddie Mannix (Josh Brolin).

Eddie Mannix, catholique pratiquant, ment à sa femme : il n’a pas vraiment arrêté de fumer !

Par contre, il n’arrête pas non plus de régler les problèmes du studio : une mère célibataire, un acteur-cowboy bombardé dans une comédie de mœurs raffinée, un péplum religieux qui ne doit pas heurter les consciences… Et, parce que ce n’est pas tout, il doit prendre une grande décision sur son avenir : rester au studio et en baver ou accepter un petit job pépère chez Lockheed.

Comme si cela ne suffisait pas, son acteur vedette, Baird Whitlock (George Clooney), est enlevé par une cellule communiste des auteurs de cinéma.

 

Bien entendu, cette histoire est improbable, voire un simple prétexte. Même si Eddie Mannix a réellement existé, c’est essentiellement la reconstitution qui prime avant tout. Et là, les frères Coen n’ont pas fait dans la demi-mesure. C’est un hommage constant à Hollywood, et même mieux, au chant du cygne de l’âge d’or du cinéma, car les années soixante vont faire exploser le cinéma tel qu’on le connaissait alors.

 

Alors on savoure avec beaucoup de gourmandise. On est obligé de penser à Ben Hur, quand on voit George Clooney en Romain rencontre Jésus ; on se souvient de Un Jour à New York quand on admire Channing Tatum danser ; ou encore n’importe quel film avec Esther Williams, quand Scarlett Johansson apparaît en sirène… Bref, nous assistons à une mise en abîme merveilleuse.

Et puis on s’amuse de ce petit monde : Laurence Laurentz (Ralph Fiennes, formidable) essaye d’apprendre à Hobie Doyle (Alden Ehrenreich, plouc à souhait) à parler ; les sœurs Thora & Thessaly Thacker (Tilda Swinton, magnifique) à la recherche d’un scoop plus ou moins croustillant ; et bien entendu Baird Whitlock, le personnage d’abruti réservé à George Clooney, comme d’habitude chez les frères Coen, etc*...

 

Alors, préparez-vous à un voyage dans le temps fabuleux, quand fumer était autorisé, les mères célibataires un véritable scandale et le communisme une menace extrêmement sérieuse !

 

* On retrouve même le couple ennemi Clancy Brown/Christophe Lambert de Highlander : cherchez bien, ils sont tous les deux là !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Sjöström, #Lon Chaney, #Muet, #Drame

D’un côté les bons : Consuelo (Norma Shearer) et Bazeno (John Gilbert). De l’autre les méchants : Le baron Regnard (Marc McDermott) et le comte Mancini (Tully Marshall).

Au milieu : Paul Beaumont (Lon Chaney) – celui qui se fait gifler (d’où le titre original).

Paul Beaumont est un anthropologue de génie. Il vient de mettre au point sa théorie de l’espèce. Mais il est doublé par son mécène, le baron Regnard, qui en plus de lui piquer sa découverte, lui prend dans la foulée sa femme, le laissant ridicule et ridiculisé aux yeux du monde scientifique (giflé en public).

Alors, comme il a fait rire les savants en étant giflé, il trouve sa nouvelle voie : il fera rire en prenant des claques.

Rapidement, il devient la coqueluche du cirque parisien. Les gens se déplacent en masse pour le voir déguster.

Dans ce cirque, il y a aussi le beau Bezano. C’est un cavalier accompli et un redresseur de torts à l’occasion. Mais quand Consuelo, fille du comte Mancini, se propose pour l’accompagner dans son numéro, il ne tergiverse pas. Que ne ferait-on pour les (très) beaux yeux de Norma Shearer ? [Ce qui prouve qu’il arrivait à Irving Thalberg d’avoir du goût…]

Mais les hommes étant ce qu’ils sont, le comte Mancini un aristocrate désargenté, le baron Regnard plein aux as, et Consuelo un cœur à prendre (semble-t-il…), les deux méchants s’arrangent… Mais « Celui qui se fait gifler » veille…

Victor Sjöström, recruté par Mayer suite au succès de ses films suédois, signe ici un film tout en nuance, comme il sait le faire. Il a à sa disposition un trio vedette – même si Norma Shearer n’est encore qu’une actrice de seconde zone. Elle a un potentiel et le montre. Et surtout, elle a de très beaux yeux. Mais si John Gilbert est un jeune premier comme il faut, c’est, bien entendu (encore), Lon Chaney qui porte le film. Pas de déformation, pas de rôle de grand méchant. Non. Un rôle de personnage humilié qui cherche la rédemption : d’une certaine façon, ce personnage annonce Letty dans Le Vent.

Mais Lon Chaney, s’il n’a pas à se déformer ou s’affubler d’un maquillage qui enlaidit, possède ce jeu de regards qui font tout son talent. Il est difficile à un partenaire, aussi talentueux soit-il, de s’imposer devant un tel monstre. C’est pourquoi les deux autres protagonistes qui tirent leur épingle du jeu sont les deux affreux : Regnard, un magnifique salaud sans scrupule, et Mancini, un fourbe vénal. Devant eux, Chaney déroule.

Mais ce qu’on retient surtout de ce film, ce sont les quelques moments d’intimité. Si le cirque ne vit que pour et par le public, les artistes ont besoin de calme et de solitude. Il faut voir Lon Chaney ramasser son cœur en tissus rembourré, au milieu de la piste, son visage restant éclairé dans l’obscurité pour apprécier pleinement ces moments intimistes. Le raccommodage du costume par Consuelo amène aussi un grand moment d’émotion pour le clown… Et puis l’insouciance des amoureux, échafaudant leur bonheur pendant que les deux crapules scellent le destin de la jeune fille, dans un montage parallèle mémorable…

Et puis il y a les surimpressions que n’aurait pas renié Fritz Lang…

Un très beau film, où deux maîtres se rencontrent : Sjöström, le Cinéaste, et Chaney, l’Acteur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Colleen Moore, #Alfred E. Green, #Muet, #Comédie

Ella (Colleen Moore) vit à Roseville, petite ville du Colorado. Elle habite avec sa belle-mère (Vera Lewis) – on dit aussi marâtre – et les deux filles de cette dernière : Lotta (Doris Baker) et Pressie (Emily Gerdes).

Hélas, Ella n’est que la servante de ces trois personnes, sa belle-mère ayant définitivement épuisé son père…

Mais heureusement, il y a Waite Lifter (Lloyd Hughes), le livreur de glace, son (bon) ami.

Un jour, un concours de beauté a lieu à Roseville. La lauréate se verra attribuer, en plus d’une récompense substantielle, une chance de tourner à Hollywood !

C’est à l’issue du bal que sera décerné le prix.

Ella décide de participer. Et bien entendu, elle l’emporte.

Ca vous rappelle quelque chose ? Normal. En anglais, Cendrillon se dit « Cinderella ». Et tous les ingrédients du conte (de Perrault ou des frères Grimm, ça dépend de votre nationalité) sont là : Ella qui fait le ménage, le bal, le prince charmant… Et même la chaussure qu’elle perd !)

Et ce que vit Ella Cinders ressemble fortement à un conte de fée.

Sauf que…

Sauf que le film est essentiellement basé sur des malentendus :

  • C’est un malentendu qui fait qu’elle gagne le concours ;
  • A son arrivée à Hollywood, ce n’est pas elle qui est attendue ;
  • Waite Lifter n’est pas celui qu’on croit ;
  • Quand Waite retrouve Ella, il se méprend sur son compte…

Le film fourmille de situations qui ne sont pas ce qu’elles montrent. Et c’est bien normal, nous sommes au cinéma. Tout n’est qu’illusion.

Au-delà de cette mise en abime très réussie, Alfred E. Green aborde un aspect peu développé de l’industrie du cinéma : les jeunes femmes qui débarquent de leur campagne pour réussir au cinéma. Ici, le sujet est traité avec beaucoup d’humour, mais on ne peut s’empêcher de rire jaune parfois. La situation d’Ella étant des plus catastrophiques à son arrivée dans la nouvelle Babylone : les organisateurs du concours étant des escrocs, elle se retrouve sans rien. On lui conseille même de retourner d’où elle vient. Mais elle refuse, préférant vivoter en attendant de trouver son graal, un engagement.

Mais nous sommes dans une comédie et tout se terminera bien.

Quoi que…

Je vous laisse juge de cette fin que je trouve en demi-teinte.

Le film repose sur les (frêles ?) épaules de Colleen Moore. Elle était l’une des flappers les plus en vue. Et on ne peut s’empêcher de penser à Olive Thomas dans le film éponyme, tant Ella partage le côté mi-ingénue/mi-délurée de son personnage. Mais Colleen Moore va encore plus loin dans le ridicule des situations. Il faut la voir s’entraîner aux exercices oculaires ou participer malgré elles aux situations de tournages qu’elle considère véridiques. Elle rencontre même Harry Langdon – autre vedette de la 1st National Pictures – sans le reconnaître, ce qui le met un tantinet mal à l’aise, mais ne l’empêche pas d’aider cette jeune fille aux abois, la transformant en table !

C’est aussi une comédie sur le cinéma – comme plus tard Show People de King Vidor, dévoilant au spectateur comment sont tournées les séquences, en studio ou en plein air. L’irruption d’un train en plein milieu du tournage étant caractéristique de l’activité hollywoodienne : le metteur en scène (à casquette, bien entendu) ne se formalise pas tant que ça de cette interruption, persuadé d’avoir fait le nécessaire pour ne pas être dérangé.

Mais ce qui ressort le plus de tout ceci, c’est la volonté évidente du metteur en scène de nous égarer dans certaines situations, révélant au dernier moment – par travelling arrière, entre autres – que ce que nous avons vu n’était pas vrai, juste une scène de tournage : un film dans le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Sjöström, #Lillian Gish, #Muet, #Drame

Huit ans après A travers l’Orage, Lillian Gish est à nouveau la proie des éléments.

Mais cette fois-ci, c’est du sur mesure : elle a choisi le scénario, le metteur en scène et son partenaire.

Comme dans la Lettre écarlate sorti deux ans auparavant, Victor Sjöström est aux commandes, et Lars Hanson son partenaire. Pour jouer le méchant, on a fait appel à Montagu Love, un habitué du genre.

Letty (Lillian Gish) débarque au Pays des Vents, chez son cousin. Celui-ci est marié, a trois enfants et une femme très jalouse. Comme Letty prend de plus en plus de place dans cette famille, elle la force à s’installer ailleurs.

Ca tombe bien, elle a rencontré un homme charmant dans le train : Whit Roddy (Montagu Love).

Sauf que ce monsieur est tellement charmant qu’il a déjà une femme. Alors en avoir une deuxième ne l’emballe guère. Il veut bien – à la rigueur – une maîtresse, mais on est au début du vingtième siècle, tout de même !

Alors elle se rabat sur les indigènes : Lige (Lars Hanson), un paysan du crû, amoureux d’elle (qui ne le serait pas ?).

Mais le mariage est bâti sur du sable (celui que le vent fait voler), alors, évidemment, il n’y a pas de quoi être heureux.

Surtout que Roddy revient…

Lillian Gish a trente-cinq ans quand sort le film. Mais qu’importe, c’est toujours une (très) jeune première. Elle est absolument éblouissante dans ce film fait pour elle. Elle expose son talent dans les grandes largeurs. Jamais elle n’a été aussi fabuleuse. Et je ne dis pas ça parce que je suis amoureux d’elle !

Et c’est le vent qui lui offre l’un de ses plus beaux rôles, sinon le plus beau. Parce que son véritable partenaire n’est pas Lars Hanson. C’est ce vent omniprésent et lancinant qui partage la vedette.

Sans cesse, Sjöström y fait référence et insère des plans de coupe où il se déchaîne. L’allégorie indienne du cheval sauvage est finement trouvée. Il y a dans ce vent une fougue et une force irrésistible. On en arrive presque à l'entendre. [Ne pas oublier de couper la bande-son, elle n'apporte rien]

Et comme le dit Lige au tout début : il rend fou, surtout les femmes.

Parce que nous sommes à une époque où les femmes sont avant tout des ménagères. Alors Letty reste chez elle, à voir et entendre le vent souffler. Même toutes portes closes, le vent fait bouger les objets en équilibre. Alors quand le vent du nord – le plus terrible – se lève, la folie qui guettait Letty, s’empare d’elle. Le visage de Lillian Gish devenant terrifiant de justesse dans cet état anormal. Avec en plus les mouvements de caméras accentuant le dérangement de son esprit.

Et comme si ça ne suffisait pas, c’est à ce moment que Roddy revient la harceler.

Mais – et c’est là que Sjöström est véritablement un maître – la confrontation entre ces deux êtres que tout oppose n’est pas formellement avérée : en effet, en proie à ce vent affolant, Letty a-t-elle vraiment vécu cette confrontation ? S’est-il réellement passé quelque chose entre Roddy et elle ? Aurait-elle pu imaginer tout ça ?

Sjöström choisit de ne pas répondre directement. C’est Lige qui a la bonne réponse : le vent enfouit tout.

Nous avons vu ce qui a pu se passer. A nous de nous faire notre opinion.

La mienne est faite…

A vous de faire la vôtre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tod Browning, #Lon Chaney, #Muet, #Drame

Si Lon Chaney est la star du film, ce n’est pas pour autant le personnage principal. Bien entendu, il joue un rôle de méchant, ce qu’il a toujours fait avec beaucoup de brio.

C’est Priscilla Dean, la « fleur sans tache ».

Mary Stevens est une crocheteuse qui travaille avec Stoop Connors (Lon Chaney) et accessoirement pour son « parrain » Fadem (Spottiswood Aitken), un fourgue qui a tout du fourbe.

Après un larcin, elle se réfugie chez Kent Mortimer (Wellington A. Playter), un homme qui vient de tout perdre, jusqu’à sa fiancée, qui ne peut décemment pas rester avec quelqu’un de condition inférieure…

Une fois la surprise passée, il accepte Mary.

C’est alors que la « rose de caniveau » se met à s’épanouir : elle renonce à son ancien métier et se trouve une situation honnête. Mortimer la retrouve et commence à la fréquenter.

Mais Mary a gardé le fruit de son dernier « travail » : le collier de perles volé à l’ancienne fiancée de Mortimer.

Elle sait qu’elle ne peut rendre ce collier sans perdre l’homme qu’elle aime…

Il s’agit ici de la quatrième collaboration du tandem Lon Chaney – Tod Browning. C’est aussi le quatrième film que Browning tourne avec Priscilla Dean. Il était temps que ces deux acteurs se rencontrent… Ils joueront encore ensemble un an plus tard dans Outside the Law.

Même si nous suivons les déboires de Mary, c’est tout de même Stoop qui retient notre attention. Lon Chaney est un truand franchement mauvais. Il annonce, dans son allure, le personnage de Blackbird dans le film éponyme, avec toutefois une dose de faiblesse voire de lâcheté. Il n’est pas omnipotent, et quand la situation lui échappe, il lui reste toujours un revolver.

Mais il a toujours ce visage inoubliable. Il passe du sourire à la menace avec une habileté et un naturel formidables. Et ses plus grands rôles sont encore à venir…

Au final, nous avons une histoire édifiante (pré-Prohibition), où une deuxième chance n’est jamais gâchée, avec des acteurs qui jouent juste. Malheureusement, quelques plans ont disparu, mais c’est toujours un plaisir de retrouver Lon Chaney, l’autre homme qu’on pouvait aimer haïr…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Buster Keaton, #Edward Sedgwick, #Muet, #Comédie

Dernier film muet de Buster Keaton, c’est un film partiellement sonore (applaudissements, rires…). C’est aussi le troisième long métrage qui se passe sur un bateau.

Elmer (Gantry, bien entendu, le roman de Sinclair Lewis étant paru en 1927) réalise le rêve de sa vie : il épouse la comédienne Trilby Drew (Dorothy Sebastian), dont il suit la carrière et ne rate aucune de ses représentations.

Sauf que.

Sauf qu’elle ne l’aime pas. Sauf qu’elle aime un autre comédien qui a une aventure avec une autre femme, une blonde. Sauf que ce comédien doit se fiancer avec elle (la blonde). Alors, par dépit, elle épouse Elmer (d’où le titre original), qui n’en revient pas.

Mais Elmer déchante vite. Les seuls moments d’intimité qu’il a avec elle arrivent quand elle est inconsciente.

Alors elle s’en va, en attendant qu’il la quitte réellement et puisse divorcer.

Mais si la rupture est inévitable, les retrouvailles le sont tout autant. Et Elmer la retrouvera… Sur un bateau.

Mais ce n’est pas The Navigator. Ici, l’amour n’est pas (encore) réciproque.

On retrouve ici le même ton doux-amer qui prévalait pour The Cameraman. Là encore, le personnage de Buster Keaton est malmené par la vie : il aime une femme qui ne l’aime pas ; il est un (très) piètre acteur ; il se retrouve involontairement embarqué dans une histoire de trafiquants. Et si la fin est heureuse, c’est – encore une fois – au tout dernier moment. Il est peu probable qu’un « repasseur de pantalons » devienne l’époux d’une star du théâtre.

Mais c’est du cinéma, c’est Keaton, alors tout est possible.

Pourtant, Keaton aurait aimé faire de ce film son premier parlant. La MGM a pour sa part préféré une version partiellement sonorisée, timorée à l’idée de perdre un de ses acteurs phares si le test du parlant était défavorable. Cette bande sonore n’apportant pas grand-chose : la demi-mesure n’étant jamais une bonne solution. Et puis les rires du restaurant ont une certaine tendance à me lasser.

Mais nous retrouvons Buster Keaton plus bondissant que dans The Cameraman : il se déchaîne sur le bateau, rappelant ses précédents films marins.

Parlons du titre français.

Pour une fois, il n’est pas si mal choisi que ça… Pas de « Malec », ni de « Frigo », c’est déjà ça. Mais surtout, le terme de figurant fait appel à deux réalités :

  • la figuration qu’effectue Elmer dans la pièce de Trilby Drew. Après une séance de maquillage d’anthologie, nous assistons à une figuration un peu trop présente – malheureusement accompagnée des rires du public – où, là encore, les tentatives d’Elmer sont vouées à l’échec. Il remplace l’acteur pour pouvoir embrasser la star, mais au moment d’y parvenir, tout s’écroule…
  • le statut d’Elmer dans ce mariage « par dépit » où il n’a que le rôle de mari, mais pas la fonction.

On pourrait même trouver une troisième réalité, prémonitoire celle-là : Keaton va peu à peu perdre son statut de star, jusqu’à ne plus faire que quelques apparitions – notables, tout de même.

Mais ça reste du Keaton, alors on savoure – une dernière fois – cette aventure muette en regrettant un peu, tout de même, l’avènement du parlant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Buster Keaton, #Edward Sedgwick, #Muet, #Comédie

A New York, Buster fait des portraits minutes pour les passants.

Alors qu’il prend un type en photo, une grande cérémonie intervient avec défilé et papiers qui volent. Le genre de réception qui fut réservé à Tintin, à la fin de l’album en Amérique.

A cette occasion, il se retrouve pressé contre Sally, secrétaire aux MGM News.

Enivré de son parfum, il lui propose un portrait… Mais elle s’en va le laissant avec ses photos.

La visitant à son travail, il décide de devenir caméraman. Surtout pour pouvoir la côtoyer…

Mais être caméraman n’est pas un métier qui s’improvise. Tout d’abord, ça coûte cher. Une fois le modèle de base (en occasion !) acheté, il filme tout ce qu’il trouve intéressant.

Ensuite, le problème, c’est qu’il faut toujours tourner la manivelle dans le même sens.

Ca nous permet un magnifique court métrage dans le film, où Buster nous gratifie d’une séquence dans un sens puis dans l’autre, d’une superposition rue/cuirassé, et enfin d’une dernière séquence diffusée simultanément dans quatre secteurs. Bien entendu, c’est un fiasco et il est éconduit par le patron des informations.

Et pourtant…

Pourtant, s’il ne s’était agi que de tourner la manivelle dans un sens puis dans l’autre, je ne pense pas qu’on aurait obtenu le même résultat…

Pourtant, Sally l’encourage à persévérer. Elle accepte même de sortir se promener avec lui. Mais comme tout ce qu’il entreprend depuis le début, ça ne se termine pas comme escompté.

Elle va alors lui laisser une dernière chance.

Vous imaginez aisément comment ça va se conclure…

Voici un film qui annonce la fin du muet. Le Chanteur de Jazz est sorti, relançant la Warner. Keaton sort son avant-dernier film muet : c’est le chant du cygne.

Il y a beaucoup de mélancolie, voire de tristesse dans l’histoire de ce caméraman timide. Tout ce qu’il entreprend tombe à l’eau, même sa promise… Quand tout est terminé, qu’il a revendu se caméra et qu’il retourne à ses portraits minutes, il rate même ses adieux. La pellicule envoyée ne se révèle pas ce qu’il imaginait. Même sa sortie, il la rate : il est engagé !

Malgré tout, ce film nous offre des scènes inoubliables : les escaliers, la cabine de bain, la guerre des Tongs…

Mais ce que Keaton réussit à faire, c’est montrer l’envers du décor des reportages. Il va même jusqu’à arranger les combats entre les Chinois ! [Comme si c’était la pratique…]

Il n’empêche qu’il nous donne une belle leçon de reportage, filmant malgré tout au plus près !

Mais c’est le chant du cygne. Keaton aura de moins en moins sa place dans le cinéma, hélas. La scène finale de célébration peut sembler prémonitoire. On termine là où on a commencé, pendant une grande fête municipale à portée (inter)nationale. Mais cette célébration n’est pas destinée à son personnage comme celui-ci le croit. C’est Lindbergh qui est revenu et célébré par New York après son vol transatlantique ! Cette fin en demi-teinte atténuant le retournement de toute dernière minute du film…

Le film suivant de Keaton sera son dernier muet : Spite Marriage (Le Figurant), où la tristesse s’installera encore plus.

Tout ceci ne nous empêche pas malgré tout de rire de bon cœur aux trouvailles de celui qui fut l’un des grands maîtres du burlesque.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Clarence Badger, #Muet, #Clara Bow, #Comédie

Sept ans après The Flapper, voici un nouveau mythe qui débarque : It (« ça »).

Qu’est-ce que it ?

Ce n’est pas bien clair, malgré les explications (trois fois) de Mme Elinor Glyn, créatrice du terme.

Mais si on cherche bien, on pourrait parler de ce que les Français appellent le Charme, avec jusque ce qu’il faut de sex-appeal.

Et là, Betty Lou Spence en a à revendre. C’est bien simple, c’est la fille it.

Mais c’est facile, puisque Betty Lou Spence, c’est Clara Bow.

Elle est le charme personnifié. Elle a tellement de it en elle qu’elle EST it.

Betty travaille dans le grand magasin de Mr Waltham. Elle vend du tissu, et doit parfois se battre avec les clientes revêches.

Cyrus Waltham (Antonio Moreno) a pris la succession de son père. C’est son premier jour. Il est accompagné de son fidèle grand ami Monty (William Austin), un dandy oisif à la recherche de la perle rare : la fille it !

Il n’y a pourtant pas besoin d’aller la chercher bien loin : elle est au rayon textile ! Mais à chaque fois que Cyrus se trouve en présence de Betty, il ne la regarde pas. Ce qui est un peu normal, elle n’est qu’employée.

Par contre, elle n’échappe pas à Monty qui entame une cour auprès d’elle.

Mais Betty n’a qu’un seul but : conquérir Cyrus. Elle va donc utiliser le très consentant Monty pour y parvenir.

Clara Bow, comme Olive Thomas ans le film éponyme, est une flapper. Mais cela va plus loin. Il y a, dans le personnage de Betty, une assurance et une force que ne connaît pas obligatoirement la flapper. Il y a en plus une innocence, voire de la naïveté chez Olive Thomas ou Colleen Moore, qui n’est plus là chez Clara Bow. La scène dans laquelle elle protège son amie menacée des se voir retirer son fils par les dames patronnesses et caractéristique de cette assurance et de cette force. Elle prend sur elle d’affirmer que cet enfant est sien et qu’il n’a pas de père (un scandale en 1927 !).

Cyrus, dès qu’il lève la tête sur Betty tombe sous son charme. C’est là qu’est le coup de foudre du titre français. Encore un titre malheureux, tiens… Car un coup de foudre ne dure pas, alors que Cyrus tombe de façon irrémédiable sous le charme de Betty : il ne peut la réprimander après avoir éconduit une cliente acariâtre ; sur son bateau, il ne peut détourner son regard de cette femme moitié nature, moitié lascive qui se prélasse sur le bastingage.

Et il faut dire que Clara Bow est irrésistible. Même aujourd’hui, on ne peut rester insensible à cette façon qu’elle avait de se tenir, de lancer des regards… Bref, elle était It, et même plus encore !

[En prime, un jeune acteur au regard de velours, bourré lui aussi de it, qui s’épanouira dans la décennie suivante : Gary Cooper !]

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