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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #McG
Charlie et ses drôles de Dames (Charlie's Angels - McG, 2000)

Elles sont trois. Elles sont belles. Elles sont brillantes.

Mais comme le dit le titre français, ce sont de drôles de dames !

Natalie (Cameron Diaz), Alex (Lucy Liu) et Dylan (Drew Barrymore) ont été découvertes et leurs compétences ont été exploitées par un riche homme d’affaire qui répond au nom de Charlie Townsend (voix de John Forsythe), mais qu’elles n’ont jamais vu.

S’ajoute à cela l’homme de confiance de Charlie, Bosley (Bill Murray), et cela donne un film très agréable à regarder, où le trio féminin joue le jeu de ces trois bombes efficaces avec le recul nécessaire pour en faire une comédie, certes rythmée mais avant tout très sympathique.

 

A aucun du film, les interprètes se prennent au sérieux. Au con traire, c’est une accumulation de situations plus rocambolesques les unes que les autres où les trois filles et Bosley usent et abusent de couvertures plus ou moins élaborées : à chaque situation un déguisement différent, allant de la masseuse geisha au jeune cadre dynamique (masculin !).

S’ajoute à cela une intrigue avec juste ce qu’il faut de sauvetage du monde et surtout des méchants plutôt réussis, ainsi qu’une crise existentielle que traverse Alex, officiellement esthéticienne pour son petit ami (Matt LeBlanc) : elle se reproche de lui cacher sa double identité, alors que lui-même est acteur, donc jamais le même personnage…

 

McG, en adaptant ola série l’a fortement dépoussiérée, « et surtout, les trois actrices ne se prennent jamais trop au sérieux. Elles se mettent dans des situations plutôt inextricables mais s’en sortent toujours avec brio et une souplesse un tantinet exagérée.

Ce décalage avec la série originelle est indispensable pour rendre ce film intéressant. On ne pouvait pas se contenter de tourner un épisode supplémentaire à la série, d’où une dimension personnelle qui donne un peu d’épaisseur à ces trois femmes.

 

C’est pourquoi on a la crise d’Alex mais aussi les aventures de Natalie, jeune femme célibataire et toujours maladroite avec les hommes, jusqu’à sa rencontre avec Pete (Luke Wilson) qui n’est pas plus adroit qu’elle.

Quant à Dylan, on retrouve une Drew Barrymore sexy, voire plus, qui a le chic pour se trouver dans des situations impossibles.

Quant aux personnages masculins, si on ne peut que distinguer un tout petit peu Charlie, il est amusant de noter que c’était déjà John Forsythe qui prêtait sa voix à ce fantôme.

Outre Bosley – un Bill Murray en pleine forme lui aussi – on peut retrouver Tim Curry dans le rôle du dindon de la farce, mais cette fois-ci dans un rôle d’homme ordinaire (1) ; et enfin un personnage mystérieux : Thin Man (2) – je vous épargne la traduction. Il ne possède pas de nom mais est d’une certaine façon une synthèse des compétences physiques des trois filles, avec toutefois un avantagez par rapport aux autres méchants : il s’en sort (presque) toujours !

 

Ce sont donc 93 minutes d’actions et de prouesses à couper le souffle, rythmées par un montage dynamique qui reste encore supportable, le spectateur ayant le temps d’apprécier ce qu’il voit sans avoir la tête qui tourne.

Et franchement, ces trois « drôles de Dames  sont vraiment attachantes…

Dans tous les sens du terme !

 

  1. Ni guêpière, ni maquillage de clown…
  2. Petit clin d’œil à William Powell et Myrna Loy qui jouèrent dans une série de film reprenant cette appellation (1936-1947). Il est interprété par Crispin Glover, le père de Marty McFly…

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Publié le par Djayesse
Une Journée de fous (The dream Team - Howard Zieff, 1989)

Une équipe de rêve (1) : Billy Caufield (Michael Keaton), mythomane aux tendances à la violence ; Henry Sikorsky (Christopher Lloyd), schizophrène mâtiné paranoïaque) ; Albert Ianuzzi (Stephen Furst), incapable de parler aux autres ; et Jack McDermott (Peter Boyle), réincarnation du Messie…

Bref, cette journée de fous s’annonce prometteuse.

Et le contrat est rempli : ces quatre dingos, chacun dans sa spécialité, sont magnifiques. S’ils sont de doux dingues – sauf Billy, bien sûr – ils n’en demeurent pas moins humains et ont tout de même de très beaux moments de lucidité dans leurs délires.

 

Le docteur Weitzman (Dennis Boutsikaris) a décidé d’emmener ces quatre personnages à New York, voir un match de baseball. Malheureusement, il est agressé et les quatre protagonistes se retrouvent livrés à eux-mêmes, dans une ville qui est certainement plus folle qu’eux.

Ajouter à cela un couple de policier (James Remar & Philip Bosco) qui n’a qu’ne idée en tête : éliminer le docteur qui a été le témoin d’une exécution perpétrée par ces mêmes policiers.
Au final, une situation inextricable pour des gens normaux dans des conditions normales, alors avec des « fous »…

 

Howard Zieff nous propose ici une comédie « débridée » (2) où sa bande des quatre est formidable, la névrose de chacun d’eux amenant une complémentarité judicieuse, ou au final chacun tire son épingle du jeu.

Si Billy est violent et mythomane, il nous apparaît tout de même comme le plus « normal » des quatre, ayant tout de même quelques rechutes spectaculaires.

Christopher Lloyd, pour sa part, retrouve une hôpital psychiatrique près de 15 ans après Vol au-dessus d’un Nid de coucous, dans un rôle où son personnage, s’il n’est pas bien équilibré, reste tout de même très sobre, et la séquence où il retrouve sa femme et sa fille est empreinte d’une émotion particulière, en total décalage avec cet homme obnubilé par l’ordre et le règlement. Son premier contact physique avec sa fille faisant tout de même ressortir sa maladie.

Peter Boyle est grandiose d’une mégalomanie poussée à son paroxysme : il n’est rien moins que le « Fils de Dieu » avec toutefois quelques tendances à l’effeuillage, autre source de comique.

Stephen Furst enfin est certainement le personnage le plus réussi des quatre de par son manque de communication vers les autres : il ne prononce que des phrases ou des bouts de phrases qu’il a entendu à la télévision. Sa première apparition ne laissant pas voir tout de suite ses problèmes : il chante l’hymne national – jusque là, rien de bien méchant – mais, quand ensuite il se contente de répéter ce qu’il entend, on se rend compte de son état, amenant un rôle qui est la plupart du temps muet, lui permettant quasiment tout le temps d’exprimer ses sentiments ou ses envies exclusivement avec son visage.

 

Si Dennis Boutsirakis n’apparaît que très peu dans le film, son personnage de psychiatre est tout de même bien rendu : c’est un personnage qui sort de la pratique traditionnelle, estimant que c’est en sortant ses patients de leur cadre – avant tout sécurisant – qu’il pourra les réinsérer plus facilement dans la société.

Sa façon d’annoncer l’accord pour leur sortie à chacun d’entre eux est certainement l’une de ses plus belles interventions, prenant le temps de s’adresser à chacun en tenant compte de sa maladie. Subtil.

 

Le cocktail est savamment mélangé et on y croit à cette équipe de branquignols qui va, le temps d’une excursion, se sortir d’une situation franchement improbable, épaulés par la belle Riley (Lorraine Bracco), ex et future petite amie de Billy.

 

Alors oui, l’intrigue paraît improbable, mais je vous rappelle deux choses :

  • nous sommes au cinéma alors tout est permis ;
  • l’action se passe à New York, où, on le sait bien, tout peut arriver !

 

 

 

  1. Le titre original
  2. Pour une fois, le terme est adéquat

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventure, #Ang Lee
L'Odyssée de Pi (Life of Pi - Ang Lee, 2012)

Superbe.

C’est le mot qui nous vient à la sortie d’une vision.

C’est un film d’un très grand esthétisme, interprété par des acteurs convaincants, servis par une photo sublime.

On y retrouve les couleurs de l’Inde (le héros est originaire de Pondichéry) est un bestiaire improbable. Non pas parce que les animaux n’existent pas, mais parce qu’on ne s’attend pas à voir un tigre, un zèbre ou encore un orang-outan dans un canot de survie.

 

Mais reprenons : Pi (Suraj Sharma) est un petit garçon qui grandit à Pondichéry et a un drôle de handicap : Pi est le diminutif de Piscine Molitor. Pour des Français, seule l’incongruité du nom est notable (1). Mais dans un pays anglophone, piscine se rapproche du terme « pissing » qui n’a rien d’agréable (2)…
Alors pour simplifier, on l’appelle « Pi », comme π (3).

Les parents de Pi sont des gens rationnels : sa mère Gita (Tabu) est botaniste et son père Santosh (Adil Hussain) est directeur du zoo de Pondichéry.

Malheureusement le zoo ferme et la famille Patel s’en va au Canada.

En cours de route le bateau coule et Pi se retrouve seul dans un canot, fréquenté aussi par un zèbre, une femelle orang-outan (Orange Juice) et un tigre qui répond au nom de Richard Parker.

S’ensuit une odyssée dans le Pacifique – 227 jours – où Pi va devoir survivre tout en cohabitant avec Richard Parker.

 

Nous allons alors suivre toutes ces journées qui semblent interminables, avec finalement un océan qui porte bien son nom : de nombreux plans nous montrent l’embarcation sur une eau tellement calme qu’on croirait voir un miroir, avec aussi des méduses lumineuses qui donnent une dimension surnaturelle à l’intrigue.

L’odyssée de Pi est tout sauf ordinaire, et on en vient parfois à douter de la véracité de l’histoire que raconte un Pi adulte (Irrfan Khan) toujours ému par son histoire.

 

Et il y a de quoi, parce que si l’extraordinaire histoire qu’il raconte est vraie ou fausse, il n’empêche que Pi a perdu toute sa famille dans le naufrage.

En effet, les compagnies d’assurance étant ce qu’elles sont, Pi doit tout de même raconter une histoire plausible : alors il le fait.

Laquelle renferme donc la vérité ? A vous de choisir.

Ou faites comme les Japonais qui ont fait le déplacement au Canada pour recueillir le récit du naufrage du bateau…

 

Mais quelle que soit votre version de préférence, vous vous laisserez envahir par cette histoire où jamais un naufrage ne fut plus beau (4), et expédition de survie aussi fabuleuse.

 

 

  1. Si des parents français donnent parfois des prénoms bizarres à leurs enfants, je n’ai jamais entendu parler d’un enfant au nom d’un bâtiment ou autre lieu public.
  2. Je vous laisse aller chercher la traduction.
  3. Une scène le voir même remplir les tableaux de la classe avec quelques décimales…
  4. Même le Titanic de James Cameron n’a pas ces merveilleuses teintes… Ce qui est normal, car là, c’était surtout le bateau qui était le centre de l’intrigue.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Abel Gance
La Roue (Abel Gance, 1923)

 

Elle tourne.

Inlassablement.

Et quand elle s’arrête enfin, le film est terminé, elle retourne d’où elle vient.

 

La Roue d’Abel Gance, c’est un film fleuve où le titre n’est certainement pas usurpé : tout tourne, tout n’est que rondeur : des objets aux paysages, jusqu’aux plans en iris.

Ce ne sont que courbes et rotondités qui rythment un drame inévitable, irrémédiable.

 

Sisif (Séverin-Mars) est cheminot de première classe, il conduit sa locomotive aidé de Mâchefer (Georges Téroff), son manœuvre un tantinet nonchalant et bien sûr porté sur la bouteille.

Un jour, Sisif a un accident dont une des victimes laisse une petite fille : Norma. Norma, sans aucun parent connu est adoptée par Sisif, afin qu’elle tienne compagnie à Elie, lui aussi orphelin de mère.

Mais quand les enfants atteignent l’âge adulte, le mensonge (par omission) de Sisif est trop lourd à porter : Sisif est amoureux de cette jeune femme (Ivy Close).

Il la laisse alors partir avec Hersan (Pierre Magnier), un homme riche et jaloux (mais fidèle) au grand désespoir d’Elie (Gabriel de Gravone), qui apprend que Norma n’était pas sa sœur…

 

C’est une intrigue très élaborée que met en scène Abel Gance (intrigue qu’il a lui-même écrite) avec un sens de l’image formidable, prélude au Napoléon qui va suivre (1).

La caméra, mobile (libre !) est toujours au bon endroit, ce qui nous donne de superbes plans magnifiquement éclairés, tournés par Gaston Brun, Marc Bujard, Léonce-Henri Burel et Maurice Duverger (rien que ça !).

De plus, il a pour assistant l’homme à la main coupée : Blaise Cendrars, par ailleurs cité dans un des intertitres.

 

C’est un film extraordinaire, porté de bout en bout par Séverin-Mars (2), un homme au regard inoubliable, surtout dans ce film où les yeux en sont, avec la roue, le leitmotiv.

Si la première roue qui tourne est celle de la locomotive, la seconde est celle du Destin, véritable maître du jeu de l’intrigue (3).

C’est le Destin qui met Norma sur la route de Sisif, et c’est ce même Destin qui amènera la déchéance de Sisif : une première fois quand il perdra la vue à cause d’une négligence de Mâchefer, et une seconde fois quand il voudra tuer sa locomotive – qu’il a rebaptisée Norma – et sera finalement déplacé, sur une voie qu’on pourrait qualifier de garage.

Parce que Sisif perd peu à peu la vue, suite à un jet de vapeur brulante reçu un jour que Mâchefer s’était endormi sur la machine, commandant le jet fatal.

 

Et puisque c’est le Destin/Abel Gance qui mène la danse, il n’en oublie pas d’être farceur, amenant toutes sortes de situations qui rappellent aussi que Gance était un grand admirateur de Griffith.

Le Destin est farceur : c’est quand Sisif perd progressivement la vue qu’il est envoyé conduire le funiculaire du Mont Blanc, lieu grandiose et majestueux par excellence. Avec sa cécité progressive, le Mont Blanc ne représente pour Sisif que la deuxième partie de son nom.

Et quand Sisif aveugle regarde (?) les villageois danser, c’est un œil qu’il verrait : une grande ronde (l’iris) avec quatre danseurs au milieu pour illustrer la pupille.

 

Mais si le Destin est farceur, il est aussi cruel car, à l’instar du même Griffith, il nous donne à voir des situations tendues avec un sauvetage possible – et souhaité – à l’arrivée, mais à chaque fois, le couperet tombe : personne n’est sauvé.

On assiste alors à un montage de plus en plus rapide, utilisant jusqu’à plus de 10 cadrages différents, amenant à chaque fois une issue funeste.

La dernière qui nous est offerte voit la mort d’Elie, alors que Norma était près de le rattraper…

 

Cette tragédie ultime va pourtant rapprocher Norma et celui qu’elle ne connaît que comme son père, partageant sa vie de reclus, non pas au pied du Mont Blanc du fait de son altitude (3000 mètres), mais plutôt à ses épaules.

 

Au final, tout dans ce film confirme le talent et le génie de Gance. Ses interprète (Séverin-Mars et Ivy Close en tête) sont merveilleux, et Gance use (et abuse ?) des gros plans pour nous montrer leurs émotions, dans une intrigue qui, du fait de sa longueur (261 minutes), se transforme en épopée et, je le rappelle met en place les bases pour son Napoléon.

 

 

P.S. : le nom de Sisif n’est pas innocent. Comme son homophone grec, le cheminot fait rouler sa machine jusqu’au bout de la ligne, et quand elle est arrivée, il repart dans l’autre sens, inévitablement…

 

  1. Entre les deux, il réalisera Au Secours ! pour et avec Max Linder : il faut bien vivre…
  2. De son vrai nom Armand Jean Malafayde, mourut après le tournage.
  3. La présentation du film et des principaux acteurs nous laisse voir Gance lui-même, véritable démiurge et donc maître du Destin !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Danny Boyle
Slumdog Millionaire (Danny Boyle, 2008)

Un homme est interrogé par la police de Mumbai : il est soupçonné d’avoir triché à un jeu télévisé.

En effet, Jamal Malik (Dev Patel) a répondu juste à toutes les questions proposées : il ne lui reste que la question finale, celle qui rapporte 20.000.000 de Roupies.

Mais un jeune homme qui sort d’un taudis (1) de Mumbai et qui sait répondre à toutes les questions, c’est louche.

Alors il est interrogé. Brutalement d’abord – des coups – puis avec une technique plus moderne – gégène – et finalement, le policier chargé de l’enquête (Irfan Khan) lui demande comment il a vraiment fait.

Alors Jamal raconte : chaque question le renvoie à un moment de sa vie, terrible, erratique et dangereuse, jusqu’à un dénouement qui, s’il est prévisible est tout de même inattendu.

Quoi que…

 

Danny Boyle adapte donc le roman de Vikas Swarup publié trois ans plus tôt, et qui fut déjà repris pour la radio.

C’est une plongée dans la misère de l’Inde, celle qu’on ne nous montre jamais et qui pourtant concerne de très nombreux Indiens : celle des quartiers où la misère s’accumule, avec les ordures et la délinquance.
Et l’art du réalisateur (sur une très bonne adaptation de Simon Beaufoy) est de mélanger cette Inde miséreuse avec les images idylliques de l’Inde : c’est donc un festival de couleurs, de très beaux paysages, avec bien entendu, un passage obligé au Taj Mahal.

 

Mais surtout, c’est une description de l’errance deux jeunes garçons – Jamal (Ayush Mahesh Khedekar puis Tanay Chheda) et Salim (Azharuddin Mohammed Ismail – Ashutosh Lobo Gajiwala – Madhur Mittal) – qui ont eu la malchance de naître dans un quartier désolé de Bombay, et d’être musulmans  de surcroît.

Cette dernière caractéristique est le déclencheur des années d’errance des deux garçons : une descente des Hindous dans le quartier musulman de la ville avec tabassages, incendies et meurtres des habitants qui n’ont pas la même religion qu’eux : ils perdent alors la seule famille qu’ils avaient, leur mère.

 

Mais si cet épisode tragique, d’une grande violence, les condamnent à errer seuls, il faut y voir aussi les conséquences heureuses – pas tout de suite, bien sûr – qui vont en découler.

Il y a chez Jamal – plus que chez Salim – une acceptation de son sort qui transparaît dans toutes les situations : il est persuadé que les choses s’arrangeront, et qu’il retrouvera celle qu’il aime : Latika (Rubina Ali – Tanvi Ganesh Lonkar – Freida Pinto).

 

Parce que toute l’intrigue du film repose sur elle : Jamal va remuer ciel et terre pour la retrouver après chaque séparation, jusqu’aux retrouvailles finales (2), mais dans quelles conditions !

Latika est avant tout comme eux et va vivre la même errance qui l’amènera de faux orphelinat à une vie de marginale où elle sera utilisée pour la seule richesse qu’elle possède : son corps.

Certes, ce n’est pas une prostituée, mais son sort n’est pas enviable.

Mais à chaque fois qu’elle sera séparée de Jamal, ce dernier, inlassablement partira à sa recherche, qui s’apparente aussi à une quête du bonheur.

 

C’est beau, c’est grand, c’est magnifique.

Quant à la dernière question, celle qui doit le faire entrer dans la légende, c’est avant tout un concentré de toute sa vie : c’est la réponse absolue qui justifie toutes ces années d’errance.

Avec malgré tout un dernier tribut à acquitter avant d’accéder à ce bonheur tant désiré.

 

 

  1. « Slum »en VO
  2. L’affiche du film ne laisse aucun doute sur une issue heureuse. Tant mieux, d’ailleurs.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean Renoir
La Nuit du carrefour (Jean Renoir, 1932)

Un crime, des bières, des sandwiches et une bonne pipe : Maigret est de retour.

Ou plutôt : Maigret débarque au cinéma. Jean Renoir, grand amateur de Georges Simenon (1), inaugure les adaptations du commissaire le plus célèbre du cinéma et de la télévision, dont le seul véritable concurrent fut – et reste – Sherlock Holmes, autre fumeur de pipe.

 

Si on a sandwich et bière, ce n’est pas pour autant à la Tour Pointue (2) que l’intrigue se déroule. C’est en Province, à un carrefour bien entendu où se dressent trois propriété dont l’une est un garage tenu par le truculent Oscar (André Dignimont, par ailleurs véritable artiste en dehors du cinéma). Une autre propriété est habitée par le couple Michonnet (Jean Gehret), lui est un bon bourgeois « bien français » qui trempe dans des affaires louches. La troisième demeure est habitée par Karl Andersen (Georges Coudria) et sa « sœur » Else (Winna Winfried), des Danois.

 

Si Maigret (Pierre Renoir) s’est déplacé dans ce trou paumé de banlieue, c’est parce qu’un certain Goldberg, diamantaire a été retrouvé mort dans la voiture de Michonnet, chez les Andersen.

Bref, une histoire bien embrouillée et un tantinet rocambolesque.

Il faut dire que tous les ingrédients du film policier sont déjà là : crime, jolie femme aux mœurs un tantinet légères, poursuite en voiture et fusillade. Tout ce qu’on retrouvera dans ce genre de film en France, comme c’est déjà le cas aux Etats-Unis.

 

Si c’est la première apparition de Maigret, ce n’est pas obligatoirement la meilleure, car il manque à Pierre Renoir l’épaisseur de certains de ses successeurs. De plus, on le surprend avec des cigarettes, ce qui semble presque une incongruité !

Non, il faudra attendre avant de trouver un Maigret à la hauteur de son personnage. Si Albert Préjean (1942, 1944) et surtout Jean Gabin (1958-1963) sont des Maigret fort convaincants, et malgré l’avis de Simenon lui-même qui voyait en Michel Simon l’interprète le plus fidèle, c’est tout de même Bruno Crémer qui est – à mon avis – le plus complet : patron indiscutable de son service, amateur de bon vin et de bière (avec ou sans sandwich), et d’une sensibilité (3) qui n’empêche pas la colère (justifiée) face à des témoins/accusés récalcitrants.

 

En attendant (près de 60 ans : 1991), l’arrivée du Maigret-Crémer, on peut se divertir en voyant Pierre Renoir, qui fut longtemps considéré par Simenon comme un interprète très fidèle, malgré l’adaptation qui l’était beaucoup moins.

 

 

  1. Grand merci à Patrick Brion, autre maître du cinéma.
  2. 36, Quai des Orfèvres.
  3. Surtout avec les enfants.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fanstatique, #Rob Bowman
Le Règne du feu (Reign of Fire - Rob Bowman, 2002)

Londres, peu après l’an 2000.

Le petit Quinn pénètre dans une grotte récemment découverte. Mal lui en prend, elle abrite un dragon qui se réveille et commence à dévaster tout sur son chemin.

2020, quelque part en Angleterre.

Quinn (Christian Bale) dirige un groupe de survivants : les dragons ont détruit (presque) toute la terre. Il survit uniquement dans la crainte d’une attaque, espérant une hypothétique moisson.

C’est alors qu’arrive un groupe de militaires dirigés par Denton van Zan (Matt McConaughey) : ce sont des tueurs de dragons.

 

C’est un film dystopique (1) que nous propose Rob Bowman, avec pour une fois un changement de taille : pas d’extra-terrestre ou de robots tueurs : des dragons !

Et ce mélange de heroic fantasy et d’apocalypse est très réjouissant.

Et si Matt McConaughey et Christian Bale ont tous les deux des carrures d’athlète, ce n’est pourtant pas ce qui est le  plus important chez eux.

En effet, chacun à son niveau est responsable de son groupe, et chaque perte est une tragédie pour ces deux hommes. Et l’allure de brute (2) de McConaughey est totalement oubliée dès qu’il intervient après une ou plusieurs morts : son discours est juste et surtout, ses yeux sont remplis de larmes qu’il retient, profondément marqué par l’horreur qu’il vient de vivre.

 

Et puis il y a la femme : Alex (Izabelle Scorupco).

Au contraire des dragons, les femmes ici sont très peu nombreuses. En outre, la belle Alex a un rôle qu’on n’attend pas au cinéma : elle pilote un hélicoptère (3). C’est une femme de caractère (sinon elle ne serait pas là) qui a une beauté proportionnelle son courage (4). Toutefois, lors de l’assaut final, van Zan lui conseille de ne pas bouger…

 

Au final on a un film très plaisant, avec des décors apocalyptiques magnifiques, et une intrigue pas si primaires que ça. Les dragons sont aussi impressionnants que dans GOT, bien loin du beau Cœur de Dragon, cinq ans plus tôt.

De plus, les interprètes sont convaincus et surtout convaincants.

C’est une petite gourmandise (pas si petite que ça) telle que le cinéma nous propose de temps à autres : un film très bien fait à l’intrigue habile et élaborée, et surtout un film qui se savoure avec délice (6).

 

PS : un tout petit détail qui peut turlupiner le spectateur (ce fut mon cas) : comment trouvent-ils du carburant pour l’hélicoptère alors que tout n’est que désolation…

 

 

  1. Ca fait toujours bien d’utiliser ce terme.
  2. C’est un militaire, ne l’oublions pas…
  3. Enfin un rôle qui sort du sempiternel rôle féminin de mère protectrice qui reste à la base ou de récompense du guerrier.
  4. Donc très courageuse, Hollywood filme rarement des femmes quelconques voire laides…
  5. avec, passage obligé, une vision de la Tour Eiffel en morceau, comme dans Le Secret de l’Espadon
  6. Donc sans modération…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Curtis Bernhardt
Carrefour (Curtis Bernhardt, 1938)

Un homme marche, dans le brouillard. Une voix l’arrête et lui demande de lancer l’argent par-dessus le mur.

Cet homme s’appelle Roger de Vétheuil (Charles Vanel) et on le fait chanter : il s’appellerait en fait Jean Pelletier et aurait usurpé l’identité de Vétheuil après la guerre.

 

Curtis Bernhardt – de son vrai nom Kurt Bernhardt – était un réalisateur allemand, juif de surcroît,  ce qui lui valut d’être arrêté par la Gestapo, à laquelle il échappa pour rejoindre la France puis les Etats-Unis. C’est d’ailleurs avec ce film qu’il fut appelé à Hollywood par la Warner.

Il faut dire que l’histoire racontée est de tout premier ordre : un remake sera tourné en Angleterre en 1940 (Dead man’s Shoes) et Hollywood en tirera sa version en 1942 (Crossroads).

 

En plus d’une histoire solide, nous avons droit à une distribution prestigieuse : outre Charles Vanel, on trouve Jules Berry (Lucien Sarroux) un tantinet cabotin, comme on l’aime, quoi ; Suzy Prim (Michèle) dans un rôle rédempteur, magnifique ; Amiot, Palau, Pérès etc.

Et en plus quelques personnes qu’on retrouve au gré des films de cette décennie : le jeune  Jean Claudio qui était pensionnaire à Saint-Agil six mois plus tôt ; Marcelle Géniat qu’on avait aperçue dans La belle Equipe ; et en prime Jean Tissier, brièvement, qui loue les mérites de l’Egypte sans y avoir jamais mis les pieds…

 

Bien entendu, ce sont Charles Vanel et Jules Berry qui portent le film, chacun dans son genre : Vanel en bourgeois honnête et Berry en escroc notoire, bien entendu. Quand Berry apparaît, on sait – par habitude essentiellement – qu’il n’est pas là par philanthropie… Et une fois le procès terminé, qui réapparaît chez Vétheuil ? Ce même Sarroux, pour le faire chanter.

 

Certes, Vétheuil n’est peut-être pas Vétheuil, et c’est là tout le nœud de l’intrigue, mais Charles Vanel interprète un homme qui ne sait plus où il en est : si Pelletier était un truand (2), bien connu des services de police, Vétheuil était quant à lui héritier d’une grosse fortune.

Mais cet homme habité par le doute est avant tout honnête.

Or cet homme est réellement revenu de la guerre 14-18 (3), après une blessure qui l’a laissé amnésique, et tout ça alors que les deux compagnies étaient au même endroit, d’où le doute réel. Alors évidemment, la déposition de Sarroux au procès est capitale et assujettit alors la vie de celui qui se fait appeler Vétheuil.

 

Mais, et c’est là qu’est l’habileté du scénario, car Sarroux est gagnant sur tous les tableaux, et surtout celui qui pense être Vétheuil perd tout : soit Sarroux le sauve, mais il devra payer pour cela ; soit Sarroux le dénonce et l’autre n’a plus rien.

Alors oui, la scène a bien lieu, ce n’est pas seulement une accroche, mais de là à dire que Vétheuil tue Sarroux, il y a un pas que je ne franchirai pas, vous laissant le plaisir de la résolution finale de cette intrigue rondement menée (4).

 

  1. Au moment du procès en diffamation que Vétheuil intente à un journaliste qui avait mis en doute son identité.
  2. Il était très ami avec Sarroux, alors forcément…
  3. L’histoire se passerait aux alentours de 1926-27.
  4. Hans Kafka était un écrivain d’origine allemande (1902-1974) : on ne sait que très peu de choses sur lui, sinon qu’il a écrit de nombreuses histoires qui ont été adaptées sur grand écran.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Giuliano Montaldo
Sacco e Vanzetti (Giuliano Montaldo, 1971)

Une séquence générique en noir et blanc : une descente de police dans les milieux anarchistes italiens, avec destruction et tabassage en règle. Parmi les hommes arrêtés, l’un d’entre eux est retrouvé mort devant l’hôtel de police après une chute d’un étage.

Quatre mois plus tard, Nicola Sacco (Riccardo Cucciolla) et Bartolomeo Vanzetti (Gian Maria Volonte) sont arrêtés et inculpés de braquage et d’homicide.

S’ensuit un procès retentissant qui amènera à l’exécution des deux hommes – à nouveau en noir et blanc – malgré les fortes pressions nationales et internationales.

 

Un sujet fort. La musique du grand Ennio Morricone et la sublime voix de Joan Baez. Deux grands acteurs italiens.

Sacco et Vanzetti fait partie de ces films engagés des années 1970s, que ce soit en Italie ou ailleurs dans le monde.

 

Il s’agit ici de la reconstitution (partielle) de l’une des plus grandes erreurs judiciaires du XXème siècle. Les faits réels étant plus compliqués et difficilement montrables dans un format horaire tout public, il est bien entendu que Giuliano Montaldo et Fabrizio Onofri sont allés à l’essentiel, s’attardant plus sur la personnalité – publique – des différents protagonistes de cette affaire.

On retrouve donc d’un côté ceux qui les ont soutenu – l’épouse Rosa Sacco (Rosanna Fratello), l’avocat Moore (Milo O’Shea), le journaliste (Claude Mann), l’avocat Thomson (William Prince) ; de l’autre ceux qui les ont enfoncés – le juge Thayer (Geoffrey Keen) et surtout le procureur Katzmann (Cyril Cusack).

Et entre ces deux groupes, les principaux intéressés.

 

Si les deux groupes ne sont montrés qu’essentiellement d’un point de vue objectif et surtout comme le public les percevait à travers les différents reportages et articles de journaux, il n’en va pas de même pour Sacco et Vanzetti qui sont suivis plus intensément, plus intimement.

Ces deux hommes ne se ressemblent pas. Absolument pas.

 

Sacco est petit, chétif, un tantinet timide et est soutien de famille. Il n’est pas assuré, malgré la présence de tous ceux qui l’entourent ou aimeraient le faire de plus près. Les moments où Montaldo suit Sacco sont toujours plus forts que ceux avec Vanzetti. Le petit Nicola est un homme faible. Il ne parle pas très bien l’anglais, et il sait que les étrangers sont mal-traités (choisissez en un mot ou en deux) par la police (1). Alors quand on le surprend dans son intimité, on le voit craquer nerveusement et finir à l’hôpital. Son retour parmi les autres prisonniers est un moment fort du film quand Vanzetti vient le saluer : pas de mot ni d’effusion, un regard intense du géant pour son compagnon d’infortune, et c’est tout.

 

Vanzetti, lui, est un colosse au verbe fort et facile : normal, quand on vend du poisson dans les rues, on a l’habitude pousser une voiture à bras volumineuse et de parler : son monologue (presque) final est d’une grande envolée et d’une justesse magnifique. Gian Maria Volonte a su interpréter ce personnage avec son talent (immense) habituel. Sa harangue (2) est précise et émouvante, c’est un autre moment très fort du film.

 

En face d’eux, les deux protagonistes sont assez terribles. Katzmann est un procureur extrêmement antipathique, doublé d’un homme roué voire fourbe. Il faut une énergie presque surhumaine pour que Moore fasse entendre ses arguments, seule vérité des échanges judiciaires. Il en ira de même pour Thomson qui reprendra l’affaire plus tard.

Katzmann est un procureur partial interprété – là encore magistralement – par Cyril Cusack : le procès criminel devient politique et les accusations disparaissent au profit de l’intolérance et la xénophobie. Sacco et Vanzetti seront condamnés non pas pour un crime qu’ils n’ont pas commis, mais avant tout parce qu’ils sont anarchistes, dans une période (début des années 1920s) où l’influence communiste née de la Révolution Russe est en train de se développer partout dans le monde. Cette affaire devient alors un exemple de ce que les Etats-Unis (conservateurs) pensent de cette nouvelle idéologie. Le pendant xénophobe de l’attitude de Katzmann fait réagir – avec justesse – Moore qui parle alors de Ku-Klux-Klan, dont la réapparition aux Etats-Unis était d’actualité depuis le film que vous savez.

Mais si Katzmann est une ordure qui influence les témoins (quand il ne les suborne pas), la responsabilité suprême dans cette affaire revient au juge Thayer, personnage dans la même lignée que Katzmann, en pire peut-être puisqu’il en tient aucun compte des différents recours et demande de révision.

 

47 ans plus tard, l’émotion, les images (3) et la force de l’interprétation sont intactes.

 

Il faudra 50 ans (1) pour que Sacco et Vanzetti soient réhabilités. Par un démocrate, évidemment : Michael Dukakis.

 

 

P.S. : Un petit bémol toutefois à propos de la version proposée : nous avons le choix entre deux versions sonores, une première doublée en français et une autre partiellement en italien. IL serait tout de même plus intéressant d’avoir une version conservant les véritables dialogues, américains et italien, cela aurait évité le décalage obligatoire et gênant des interventions en italiens d’acteurs américains.

 

  1. Il est étonnant que cette attitude envers les étrangers soit toujours d’actualité dans presque tous les pays du monde. En 100 ans, rien n’a donc changé ?
  2. Normal, il vendait des poissons…
  3. Des images d’archives terribles montrant la même répression de la police : à New York ou San Francisco, puis en Angleterre, en France, en Inde…
  4. Jour pour jour après leur exécution, le 23 août 1977 !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards
La Panthère rose (The pink Panther - Blake Edwards, 1963)

Naissance d’une légende.

Ou plutôt deux : la Panthère rose – animal imaginé par Freleng, dotée de la magnifique musique d’Henry Mancini – et l’inspecteur Clouseau (Peter Sellers).

Mais cil est sûr que tous les deux ont atteint le statut de légende avec ce film et surtout les suites qui en ont découlé : une série de dessins animés de haut vol et une série de film par Blake Edwards pendant 30 ans (1).

 

C’est l’animal, qu’on aperçoit en premier, participant au superbe générique d’ouverture, piratant quand c’est possible les inscriptions.

Puis nous entrons dans le vif du sujet : l’autre Panthère rose.

Ca commence comme une histoire des Mille et une Nuits, avec un souverain oriental à qui on a offert un fabuleux diamant présentant un tout petit défaut : une teinte plus sombre rappelant un animal (2).

Ce diamant est alors volé par un individu laissant sa marque : un gant brodé de la lettre P (3).

Mais, chose étonnante, personne ne parle de ce larcin. Par contre on parle beaucoup du Phantom, de son vrai nom Sir Charles Lytton (David Niven) : la malhonnêteté ne connaît pas de barrière sociale.

 

Parmi tous ceux qui parlent du Phantom, un seul nous intéresse : l’inspecteur Jacques Clouseau, as de la police française et surtout le type le plus maladroit depuis l’avènement du cinéma parlant.

Il faut dire que Peter Sellers est extraordinaire dans ce rôle. Lui qui fut membre du Goon Show avec Spike Milligan – une équipe de comiques qui influença les Monty Python (et bien d’autres) – ne pouvait qu’être Clouseau.

A chaque intervention, c’est une catastrophe, en amenant une autre, etc. 

 

Mais Peter Sellers partage la vedette avec l’immense David Niven (voir générique) et c’est plus sur ce dernier que se focalise l’intrigue, son adresse criminelle et les conquêtes féminines : la princesse Dala (Claudia Cardinale) et la belle Simone Clouseau (Capucine), la propre femme de Clouseau.

S’ajoute à cela un neveu un tantinet escroc – George Lytton (Robert Wagner) – et un bal costumé qui se termine en apothéose. Bref, du grand spectacle.

Ce final de bal costumé nous ramène aux Keystone Cops de Mack Sennett, où tout était prétexte à une poursuite folle. Et Blake Edwards renouvelle le genre en utilisant un figurant qui sort d’une trattoria et veux traverser la route : les voitures défilent dans tous les sens alors le type prend une chaise et s’assoit, attendant la fin inévitable de cette poursuite (4).


On s’amuse alors beaucoup, surtout aux dépens de Clouseau et on se dit qu’on aurait aimé un peu plus le suivre dans ses déplacements. Ce sera le cas l’année suivante que Blake Edwards et Peter Sellers retourneront ensemble.

Mais, encore une fois, ceci est une autre histoire.

 

 

P.S. : Un réalisateur français, dont je tairai le nom, a voulu reprendre à son compte cette idée de bal costumé l’année suivante. Mais tout le monde n’est pas Blake Edwards, et ce qui fait le sel de cette séquence ne se retrouve pas dans sa pâle copie franchouillarde… Tant mieux pour nous !

 

  1. Deux autres films sont sortis depuis avec Steve Martin dans le rôle de Clouseau.
  2. Pas besoin de vous dire lequel.
  3. Comme « Phantom » (en VO).
  4. Je vous laisse la (re)découvrir.

 

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