Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

steven soderbergh

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Comédie dramatique, #Steven Soderbergh
The Informant! (Steven Soderbergh, 2009)

 

Mark Whitacre (Matt Damon) travaille pour ADM à un poste élevé. Il découvre un jour des malversations au sein de l’entreprise et contacte alors le FBI. Il va tout décrire à Brian Shepard (Scott « Sam Beckett » Bakula qui en référera plus haut, jusqu’au sommet de l’Etat : un immense scandale financier se profile. Sauf que.

Sauf que Whitacre est un menteur. Un incroyable menteur qui profite du système de cette entreprise – qui  n’est tout de même pas innocente dans toute cette histoire : il a détourné, à son propre profit plusieurs millions de dollars.
Combien ? Difficile à dire avec un tel personnage…

 

Réjouissant (1).

Steven Soderbergh est imprévisible. Et The Informant! en est une véritable illustration. En effet, après sa trilogie Ocean et son diptyque Che, le voilà dans une comédie dramatique foisonnante, servie par un Matt Damon en pleine forme (2) dans ce rôle à contre emploi : nous découvrons la supercherie en même temps que le FBI, ayant été menés en bateau par Soderbergh comme les agents fédéraux par Whitacre !

Mais l’affiche aurait dû nous avertir : cet homme pose mains à la taille, comme quelqu’un qui a réussi, alors que son ombre nous fait des grimaces.

Mais comme c’est Matt Damon, on a tendance à prendre pour argent comptant ce qu’il raconte.

 

Et pour accentuer l’aspect comédie du film – c’est pourtant une histoire assez grave de détournement de fond et d’entente commerciale illicite – Soderbergh a fait appel à quelques pointures de la stand-up comedy américaine. Et bien entendu, ces derniers ne se font pas remarquer pour leur s atouts comiques. Il faut dire que la performance de Damon suffit amplement. Bien entendu, ce film doit être revu pour apprécier pleinement les mensonges – réalistes, cela va de soi – de leur propriétaire. C’est une véritable montagne de fausses informations qui est délivrée à Shepard et consort qui n’a alors d’autre choix que de se retourner contre sa hiérarchie, amenant le paroxysme inévitable et attendu qui va précipiter la chute de Whitacre. Et comme la montagne est haute, la chute est spectaculaire.

 

Et à aucun moment on n’est désolé pour ce drôle de bonhomme qui ment comme il respire : outre le fait que c’est Matt Damon qui l’interprète, son histoire (ses histoires) est absolument fabuleuse, et on ne peut qu’avoir une légère admiration pour avoir su mener en bateau tout ce monde jusqu’au Ministère d’Etat !

Bien sûr, il a été envoyé en prison pour ses détournements de fonds (entre autres : 45 chefs d’accusation !), mais on se dit que 9 ans, ce n’est pas tant que ça, au final, et malgré ce qu’il semble en penser dans une des dernières séquences du film : Steven Russell (I love you Phillip Morris de Ficarra & Requa, qui sort la même année) croupit toujours en prison pour certainement moins que ça, d’un point de vue criminel (3).

 

Alors on salue l’artiste (4) et on savoure comme il se doit cette comédie très singulière.

 

[NB : Le pire dans tout ça, c’est que c’est d’après une histoire vraie !]

 

  1. D’aucuns diraient « jubilatoire », mais j’exècre ce mot.
  2. Et même en pleines formes : il a pris 10 kg pour le rôle.
  3. Si ce dernier est toujours enchristé, c’est avant tout pour avoir ridiculisé l’état du Texas.
  4. Le réalisateur ? L’acteur ? Le menteur ? Choisissez.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Steven Soderbergh
Erin Brockovich (Steven Soderbergh, 2000)

La vie n’est pas simple quand vous êtes une femme seule, avec trois enfants issus de deux maris qui se sont sauvés : en plus de les élever, vous devez travailler afin au moins de les nourrir. Mais quand on les a eus (trop) tôt, avoir un travail stable et bien payé relève de la gageure. Si en plus d’essuyer refus sur refus, un type riche (il roule en jaguar) vous rentre de dedans et vous blesse et que votre avocat n’arrive pas à vous faire obtenir gain de cause, vous vous pouvez vous dire que la vie est bien injuste.

C’est un (gros) peu ce qui arrive à Erin Brockovich (Julia Roberts, magnifique). Quant à son avocat, Ed Masry (Albert « Big Fish » Finney), il va peut-être regretter d’avoir croisé le chemin de cette drôle de cliente.

En effet, alors qu’il ne répond à aucun de ses appels, elle décide de s’imposer à lui et se fait donc engager comme assistante.

Mais bien sûr, il ne va pas le regretter.

 

Si cette présentation possède un caractère un tantinet primesautier, il ne faut pas en conclure que nous avons ici un film léger. En effet, le thème abordé, les ravages de la pollution industrielle sur la population, est des plus graves et surtout toujours d’actualité. Et en plus, tout ceci s’appuie sur une histoire vraie, celle d’Erin Brockovich (qui fait une apparition dans le film) qui amena au grand jour le scandale du chrome 6 à Hinkley (Californie).

Mais bien sûr, c’est avant tout cette jeune femme qui va se battre pour une cause on ne peut plus juste qui nous intéresse avant tout.

 

Ce qui nous frappe le plus dans ce destin particulier, c’est l’attitude volontaire qui ne quitte jamais notre héroïne, et ce malgré les coups du sort (malheureux, cela va de soi) qui s’acharne sur elle. Cette volonté inébranlable se double d’un courage sans faille, même si cette nouvelle vie est plutôt compliquée.

Comme pour toutes les femmes, la société demande à Erin de choisir : sa vie professionnelle ou sa vie familiale. Ce choix qui ne s’impose jamais aux hommes, Erin le subit de plein fouet, même par son nouveau compagnon, George (Aaron « Two-Face » Eckhart). Certes, ce n’est pas abrupt, mais le résultat est le même : elle doit changer de boulot pour être plus présente pour ses enfants !

Ce qu’elle ne va pas faire, fort heureusement, réussissant tout de même à conjuguer les deux aspects primordiaux de sa vie, même si parfois c’est très dur. J’en veux pour preuve la séquence quand Erin apprend que sa fille Beth (Ashley & Britanny Pimental) prononce son premier mot : toute la dimension du dilemme s’expose sous nos yeux.

 

Et Julia Roberts campe une Erin Brockovich formidable, parfait équilibre entre l’intelligence (supérieure) et la beauté. Son jeu subtil nous fait balancer de son côté dès le début : on ne peut résister à une telle femme. Face à elle, Albert Finney est à la hauteur (qui en aurait douté ?) et nous propose un partenaire à la mesure du personnage principal : les rapports sont houleux mais n’en demeurent pas moins empreints de respect, comme le confirme la séquence finale.

Bref, nous sommes dans une comédie (ça se termine bien) dramatique (vous avez besoin d’explication) menée de main de maître par Steven Soderbergh, alliant sourire et larmes sans pour autant tomber dans le pathos, et surtout avec – et c’est aussi cela qu’on vient chercher au cinéma – une bonne dose d’émotion(s).

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Casse, #Gangsters, #Gary Ross, #Steven Soderbergh
Ocean's Eight (Gary Ross, 2018)

Danny Ocean (George Clooney) n’est plus. Sa sœur Debbie (Sandra Bullock) va se recueillir près de son columbarium alors qu’elle sort après 5 années de prison.

Et tout comme son frère au début de la trilogie de Steven Soderbergh (1), elle a déjà songé à son coup suivant. Il faut dire que son désœuvrement forcé y fut pour beaucoup.

Alors avec l’aide de si antres jeunes femmes, elle va monter un coup fumant : le vol du Toussaint, une rivière de diamant estimée à près de 150 millions de dollars.

Et comme son frère, elle va réussir son coup.

 

Vous excuserez cette révélation, mais je ne pense pas violer un secret d’état en annonçant que le coup va marcher : c’est ce que nous sommes venus voir, et comme toujours dans ces cas-là, c’est le comment du coup qui est le plus intéressant.

Et Gary Ross reprend la formule qui réussit à Soderbergh, élaborant en plus le scénario avec Olivia Milch.

 

Il était un peu osé de s’attaquer à la trilogie antérieure sans prendre un risque : celui de filmer une resucée, voire un digest des trois films. Et On ne peut s’empêcher tout de même » d’y penser, surtout que Ross a fait appel à Elliott Gould (Reuben) qui apparaît dans la séquence de columbarium.

Un autre membre des 11, 12 et 13 est aussi présent dans le film, et je vous laisserai le découvrir, afin de ne pas non plus tout vous dévoiler.

 

Quoi qu’il en soit, on passe un bon moment avec toutes ces femmes peu communes, chacune experte dans son domaine : informatique (« Nine Ball » / Rihanna), pickpocket (Constance / Awkwafina), DRH (Tammy / Sarah Paulson), orfèvrerie (Amita / Mindy Kaling). Sans oublier la direction des opérations supervisée par Debbie et Lou (Cate Blanchett), ni la formidable styliste (Rose Weil / Helena Bonham Carter).

Ca manque d’hommes pourrait-on dire, mais ce n’est absolument pas mon avis, même s’il en faut tout de même : le bellâtre Claude Becker (Richard « Thorin Oakenshield » Armiutage), ex-escroc mâtiné d’une bonne dose de rouerie ; et James Corden en expert d’assurance, sorte de membre – malgré lui – de la famille Ocean.

Quoi qu’il en soit, à 8 (2), elles sont tout de même beaucoup plus efficaces que les 11, 12 ou 3 ci-dessus mentionnés.

 

Et tout comme chez Soderbergh, nous avons droit à une sorte de basculement final qui permet de remplir les éventuels trous du plan (ou/et du scénario).

On s’amuse beaucoup de ce casse très habile, mais on peut tout de même faire quelques reproches à ce côté déjà vu qui baigne toute l’opération.

Et heureusement pour nous, les différentes interprètes sont à la hauteur, et qui plus est très jolies, ce qui ne gâte rien.

 

Tout de même.

On a du mal à accepter que Danny Ocean soit mort à 53 ans…

 

 

  1. Qui produit le film.
  2. Cherchez-là.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Policier
L'Anglais (The Limey - Steven Soderbergh, 1999)

L’Anglais du titre, c’est Dave Wilson (Terence Stamp). Il débarque à Los Angeles parce que sa fille est morte dans un accident de voiture.

Sauf qu’il n’y croit pas beaucoup.

Il va alors enquêter afin de savoir ce qu’il s’est vraiment passé.

 

C’est un film policier très particulier que nous propose ici Steven Soderbergh. EN effet, si le genre est « policier », on n’en voit pas beaucoup. L’intrigue se concentre autour de cet Angliche (1) traquant celui qui a tué sa fille, car il ne peut pas en être autrement pour lui : sa fille était trop raisonnable pour se droguer jusqu’à l’excès.

Mais la narration de cette traque impitoyable est assez originale.

 

En effet, pendant tout le film on alterne les prises de vue de rencontres pour chaque personnage : Quand Wilson rencontre Eduardo (Luis Guzman) (2), le dialogue commence mais les différentes répliques ne se font pas toutes au même endroit. Et il en va de même à chaque personne rencontrée.

Le spectateur semble brinquebalé d’un lieu à l’autre alors que le dialogue se poursuit dans sa continuité.

 

Et là on réalise : le point de vue est celui de Wilson. Mais au lieu de tourner en caméra subjective, Soderbergh nous retranscrit la pensée de Wilson. D’où des personnages qui s’expriment en continuité avec des lieux différents et même parfois des plans de coupe amenant des flashbacks récurrents (sa fille, sa vie avec sa femme) ou encore le meurtre de Terry Valentine (Peter Fonda) de différentes manières.

 

Cavanna expliquait qu’il avait écrit Les Ritals comme lui venaient les souvenirs, dans le désordre, même si son personnage (le petit François) grandissait à mesure que le livre avançait.

Ici c’est la même démarche qui nous est montrée : Wilson fait appel à sa mémoire et se souvient des gens à qui il a parlé, les lieux n’ayant qu’une importance secondaire, sauf à chaque moment de tension (souvent avec échange de coups de feu). Peu importe donc l’endroit où se situe l’échange, c’est ce qui est dit et qui fait avancer son enquête qui est le plus important.

Une fois cette figure de style identifiée, l’intrigue retrouve sa limpidité et tout se met en place : non, ce n’était pas un accident (3).

 

Mais n’oublions pas le titre du film.

Wilson est un Anglais, et ça s’entend. Certes, ce n’est pas un sujet modèle – il a passé de nombreuses années en prison – mais on ne peut que ressentir une certaine empathie devant cet homme à qui la vie a pris en plus sa femme et tout récemment sa fille.

Mais Wilson est surtout un truand, et même dangereux (4). Il n’hésite pas une seule fois dans ses intentions. Même roué de coups (première séquence violente) et menacé de mort, il retourne au combat, prêt à tout pour avoir ce qu’il demande. Et qu’il obtient !

 

Terence Stamp est un « Angliche » magnifiquement terrible. Il possède ce même flegme britannique qu’on peut trouver chez les Britanniques, mais avec une dose certaine de violence et un vocabulaire fort difficile à comprendre pour ses adversaires (comme pour les spectateurs non anglophones) amenant quelques éléments comiques dans cette histoire bien noire.

En face de lui, Peter Fonda et surtout Barry Newman (Jim Avery) sont des adversaires à sa mesure : d’un côté un vieux beau tombant les jeunes femmes un tantinet naïves, mais au final sans beaucoup de courage ; et de l’autre un homme de main qui ne salit pas les siennes, préférant utiliser un professionnel : Stacy (Nicky Katt), redoutable avec juste ce qu’il faut d’un psychopathe pour faire bonne mesure.

 

Bref, un film qui, s’il n’est pas aussi populaire que la série Ocean’s 11/12/13 (par exemple), mérite tout de même notre attention. La narration, déroutante dans un premier temps, se révèle passionnante et surtout originale, remplaçant la caméra subjective par le cheminement de la pensée.

 

A voir !

 

  1. « Limey » peut se traduire pas « Angliche », « rosbif » ou autres joyeusetés.
  2. Eduardo porte trois tee-shirts différents (Che Guevara, Mao, Khomeiny) mais de la même facture : ces différences sont dues à la mémoire de Wilson, les souvenirs n’étant jamais précis car ce qui est important, c’est avant tout ce qu’il apprend à Wilson et non son apparence.
  3. Je vous laisse découvrir, je ne vais pas tout révéler tout de même !
  4. Attaque à main armée, excusez du peu !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh
Contagion (Steven Soderbergh, 2011)

Beth Emhoff (Gwyneth Paltrow) rentre d’un voyage d’affaire en extrême orient. Il s’emble qu’elle ait attrapé une petite grippe. Rien de bien terrible.

Sauf qu’elle a contracté un virus extrêmement dangereux. Elle est la première d’une longue liste de morts dans le monde entier.

D’un côté des gens qui meurent les uns après les autres, de l’autre le monde médical désemparé qui travaille à un vaccin. Entre ces deux mondes, deux hommes : Mitch Emhoff (Matt Damon), immunisé ; Alan Krumwiede (Jude Law), journaliste du net avec ses 12 000 000 de « followers ».

 

Dès la première séquence, et du fait du titre, Steve Soderbergh nous rend témoins de la propagation d’un virus non identifié, et qui envahit progressivement et exponentiellement le monde. Ce ne sont que des gestes simples, courants, que nous faisons nous même sans s’en apercevoir, comme marcher ou respirer. Et les prises de vue accentuent l’impact de cette contagion en insistant bien sur les objets, les lieux ou les gens que Beth touche, répandant involontairement cette menace invisible mais surtout fatale.

 

Nous allons alors suivre les différentes étapes de la création d’un vaccin parallèlement à la détérioration des conditions sociales qu’implique une pandémie mondiale, pendant une période proche d’une année. Ce sont donc des millions de personnes qui disparaissent pendant que les gouvernements, impuissants face à cette menace ne peuvent qu’essayer de contenir une population se laissant de plus en plus aller vers comportements de plus en plus violents.

Jusqu’au jour où…

 

Avec un tel film, Steve Soderbergh nous offre un film catastrophe servi par une kyrielle de vedettes (toutes au top !) comme les Américains nous en proposaient pendant les années 1970s. Mais rarement, ces années-là, n’atteignions-nous un tableau aussi apocalyptique.

Il y a une part d’aléatoire extrêmement importante, ramenant finalement tous à un même statut : une sorte d’égalité devant la mort éventuelle. Et ce n’est pas par hasard que la distribution des vaccins (1). Avec une nuance tout de même : il est bien évident que les différents chefs d’états et autres personnages importants ne participent pas à cette loterie (2).

Et c’est là qu’intervient le blogueur ! C’est ce qu’on appelle un lanceur d’alerte. Mais ce genre de personnes ont des objectifs avant tout humains, voire humanistes, celui-ci est beaucoup plus retors et pas si naïf qu’on pourrait le croire. Et Jude Law est magnifique dans ce rôle.

 

En face de lui (mais jamais en opposition, ils ne se croisent jamais) est Mitch, mari de la première victime. C’est un homme normal, qui a juste la chance de ne pas réagir au virus. Ce qui n’est pas le cas du fils de sa femme qui est lui aussi emporté. Avec Mitch, c’est le quotidien que nous montre Soderbergh : comment (sur)vivre dans un environnement si hostile ? Comment protéger la seule personne qui lui reste : sa fille Jory (Anna Jacoby-Heron).

 

C’est avec ces deux personnages que nous prenons conscience des ravages de cette pandémie qui ne sont pas seulement sanitaires. Krumwiede nous fait découvrir un San Francisco absolument dévasté, vide et jonché d’ordures. Impressionnant.

Du côté de Mitch, ce sont les comportements agressifs des gens que nous suivons : les razzias dans les maisons ou les locaux qui rapportent (magasins, banques), réveillant aussi chez lui un instinct de survie dû à l’envie de protéger Jory.

 

Le film est absolument spectaculaire (3) : les scènes urbaines, qu’elles soient avec du monde ou vides sont à couper le souffle ! Il y a un réalisme effrayant.

Parce que c’est le réalisme qui fait peur, plus que le reste. On entend parler de la Grippe Espagnole d’après la première guerre mondiale. Mais si ce n’est plus la grippe qui peut faire de tels ravages (encore que…), nous ne sommes pas à l’abri d’un quelconque virus qui se développe aléatoirement comme il est question ici.

Certes, les grandes maladies ont été éradiquées (peste, variole…) mais si on ne vaccine plus les enfants contre la variole, ça ne veut pas dire qu’elle ne peut pas revenir (4) : dans un monde où des groupes d’individus veulent imposer par la force leurs croyances, faisant toujours plus de victimes innocentes (pléonasme), sommes-nous à l’abri d’un tel cataclysme ?

 

C’est là que réside la force de ce film : tout le monde est concerné, pas seulement quelques dizaines de personnes en haut d’un gratte-ciel ou dans avion en perdition…

 

 

  1. Bien sûr, ils en trouvent un, ce n’est pas là le plus important, c’est tout ce qu’il y a autour.
  2. Etonnant, non ? Non ?
  3. Il n’a certainement pas à rougir devant ses aînés des années 1970 !
  4. Je ne veux pas sombrer dans le pessimisme, mais quand même…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Thirteen (Steven Soderbergh, 2007)

Et de trois !

 

Danny Ocean (George Clooney) revient une dernière fois pour un nouveau coup du siècle (que va-t-il rester pour les braqueurs suivants ?). Avec lui, sa fine équipe de monte-en-l’air le suit dans une aventure qui nous ramène aux origines : Las Vegas.

Mais cette fois-ci, il n’est pas question de s’attaquer à Benedict (Andy Garcia). Il existe un autre genre de patron de casino, de la pire espèce : Willy Bank (Al Pacino).

Al Pacino est un ami de Reuben (Elliot Gould). Mais si ce dernier n’est pas toujours du bon côté de la loi, il a un sens de l’honneur qui fait cruellement défaut à Bank. De plus, ils sont unis par un lien invisible et indéfectible : ils ont serré la main de Sinatra !

Et comme Bank, de par sa malhonnêteté (oui, chez les voleurs, on sait rester honnête !), a failli tuer Reuben, Danny et ses copains ont décidé de donner une bonne leçon à cet importun.

 

On retrouve donc les mêmes protagonistes, de Danny Ocean à Saul Bloom (Carl Reiner), en passant par Frank (Bernie Mac, qui mourra un an après la sortie du film), Livingston (Eddie Jemison), ou encore les frères (ennemis) Malloy (Casey Affleck & Scott Caan, le fils de James)…

Sans oublier l’incontournable Terry Benedict, qui, pour cette occasion passe de l’autre côté ( ?).


Mais si nous nous retrouvons dans un schéma éprouvé, le renouvellement se fait avant tout dans les motivations de notre équipe préférée. Alors que le premier coup (2001) permettait à nos voleurs de devenir riches assez rapidement, que le deuxième coup (2004) leur permettait de sauver leur peau, ici, il en va tout autrement : il s’agit d’une vengeance contre un personnage qui a l’avantage de faire converger toutes les antipathies du milieu : autant dire que nous spectateurs sommes absolument conquis par cette idée et allons soutenir cette entreprise.

En effet, et comme le dit le proverbe : « voler un voleur, ce n’est pas voler. »

Enfin, un petit peu quand même…

 

Nous sommes donc prêts à assister à un magnifique coup d’éclat. Et de ce côté-là, on n’est pas déçu. C’est à nouveau un festival de ruses, de faux-fuyants et entourloupes, exécutés de mains de maîtres, nous donnant un plaisir encore plus grand que dans les précédents épisodes : nous savons comment travaillent ces hommes, et nous réjouissons donc de les voir à nouveau enfumer leur(s) victime(s). Et la présence de François Toulour (Vincent Cassel) – le Renard de la Nuit, un tantinet mauvais joueur quant à ses déboires passés – ne les arrêtera pas, malgré la menace qui plane sur leur entreprise.

 

Ce sont donc deux heures de mise en place et exécution d’un plan réglé au millimètre, voire à la milliseconde, sans toutefois nous éviter un petit accroc de dernière minute – l’intervention de l’agent Caldwell (Bob Einstein) du FBI – afin de pimenter cette expédition au résultat (trop ?) couru d’avance.

Le tout avec un ton un peu plus ironique, un peu comme s’il existait une complicité entre les braqueurs et leurs spectateurs de l’autre côté de l’écran.


Et les femmes dans tout ça ? Si on excepte Abigail Sponder (Ellen Barkin) et Debbie, on ne les voit pas beaucoup. Ni Tess (Julia Roberts) ni Isabel (Catherine Zeta-Jones). C’est avant tout une histoire d’hommes, et surtout, comme le dit Danny : « ce n’est pas leur combat ! ».


Qu’importe, le résultat est là, et magnifiquement là.

 

 

PS : En prime, Deux beaux moments du film :
- Linus (Matt Damon) interprétant Lenny Pepperidge;
- Danny & Rusty (Brad Pitt) regardant Oprah Winfrey à la télévision.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Twelve (Steven Soderbergh, 2004)

Trois ans ont passé. Chacun est retourné vivre sa vie, profitant des quelques millions de dollars subtilisés à Terry Benedict (Andy Garcia).
C’est alors qu’entre en scène le Renard de la Nuit (the Night Fox – Vincent Cassel). Le Renard de la Nuit est très certainement le plus habile des voleurs dans le circuit. Et il semble un petit peu jaloux du coup fabuleux entrepris par nos onze experts.

Il leur propose donc une épreuve, et pour les faire accepter balance à Benedict les noms de ceux qui lui ont fait perdre son argent.

 

Le Renard de la Nuit est, bien entendu, français. Il est extrêmement sûr de lui (trop ?), et il atout à fait raison : c’est une véritable pointure. Et qui d’autre pour interpréter ce jeune artiste que Vincent Cassel, nouvelle star française des Américains et autres cinéphiles étrangers.

Mais malgré tout, c’est notre bande de voleurs qui restent nos préférés, l’outrecuidance de ce nouveau venu est un tantinet insupportable.

 

On reprend (presque) le même schéma, mais si tout commence comme il faut, rapidement le système s’effondre : les uns après les autres se retrouvent derrière les barreaux, et la promesse de Benedict de les éliminer s’ils ne remboursent pas n’est pas suspendue pour autant.

On assiste alors à une course contre la montre faussée par l’élément étranger qui n’a pas l’intention de leur céder la première place dans le hit parade des voleurs de génie.

 

Steven Soderbergh est à l’image de son équipe : un expert. Il reprend d’une certaine manière le même schéma que trois ans auparavant en réussissant l’exploit de faire effondrer le stratagème de Danny Ocean (George Clooney) et consort, tout en les faisant retomber sur leurs pattes (là encore, on ne peut imaginer une issue fatale à une telle équipe).

Nous suivons au plus près les préparatifs des différentes expéditions et tentatives de vol, comme dans le premier film, mais cette fois-ci, la machine bien huilée promise se grippe et on a recours à des expédients plus ou moins (surtout) efficaces, avec une magnifique mise en abîme : Julia Roberts joue Tess Ocean qui se fait passer pour Julia Roberts* devant un Bruce Willis (qui joue son propre rôle) amusé par cette performance.

 

Parce que c’est une magnifique performance, que Linus (Matt Damon, superbe candide en recherche d’affirmation de soi) ne cesse de vouloir évoquer sans qu’on le laisse finir sa phrase.

C’est bel et bien Tess qui est la douzième personne. Il était temps que les femmes trouvent leur place dans une telle organisation, qu’elle le veuille – Tess – ou non – Isabel Lahiri (Catherine Zeta-Jones). Il existe une troisième femme qui joue un rôle important que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

En plus de tout ceci, Soderbergh nous propose trois points de vue du casse (un œuf Fabergé, rien que ça), utilisant un montage parallèle pour nous montrer l’évolution des projets (les douze, Le Renard et Isabel, un temps la petite amie de Rusty (Brad Pitt). Mais si nous suivons cette évolution, le metteur en scène se garde par devers lui des cartouches qu’il nous envoie à la fin, nous faisant endosser à tour de rôle les trois points de vue sus nommés.

 

Encore une fois, c’est fabuleusement bluffant.

 

Vivement le troisième !

 

 

* Ne manquez pas le générique final !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Eleven (Steven Soderbergh, 2001)

Danny Ocean (George Clooney), le bouc réglementaire, sort de prison.

A peine sorti, il remonte sur le ring : un nouveau casse est en préparation : trois casinos contrôlés par Terry Benedict (Andy Garcia), patron riche et surtout très redoutable.

Mais surtout, Terry sort maintenant avec l’ex-femme de Danny, la ((très) belle Tess (Julia Roberts).

On se venge comme on peut…

 

Non, il ne s’agit pas d’une histoire de vengeance. Quoi que…
Nous assistons plutôt à l’un des plus beaux casses du cinéma. Presque cent ans après Le Vol du grand rapide, film fondateur du type « braquages et casses », Steven Soderbergh nous offre un bijou du genre. Car non seulement nous assistons à un exploit, mais en plus, nous avons droit à toute l’élaboration et la mise en place du casse.

Et, cerise sur le gâteau, une dernière pirouette qui nous apprend encore mieux ce qu’on vient de voir : le casse est un coup dur et un mystère pour Benedict, mais nous, spectateurs qui avons tout suivi depuis le début, avons droit à une révélation finale qui nous scotche littéralement sur notre siège (ça ne nous assoit pas comme on dit d’habitude, on est déjà assis).

Il faut dire que Soderbergh est un magnifique narrateur (conteur ?). On a beau avoir tout suivi en détail, il a quand même réussi à nous surprendre au final.

 

Il y a une fascination générale pour les films de braquage, et pour ceux qui en dévoilent les moindres détails de la préparation. Cette fascination s’explique aisément par le fait que la très grande majorité des spectateurs sont tout bonnement honnêtes et qu’un tel acte est attractif car interdit. Il en va de même des films d’évasion où le spectateur se projette dans ce genre de héros qui en fin de compte risque, voire joue sa vie sur un plan extrêmement risqué.

Il s’agit, bien sûr du remake de L’Inconnu de Las Vegas (Lewis Milestone, 1960 – Ocean’s Eleven en VO), mais quarante ans après, les mœurs ont évolué : alors que ce dernier film se terminait un peu comme L’ultime Razzia (Stanley Kubrick, 1956), avec l’argent malencontreusement perdu pour les braqueurs, ici le braquage sera un succès total*. Qui en aurait douté avant de voir le film ?

 

Il faut dire que les protagonistes – les 11 du titre – sont magnifiques. Du plus jeune – Yen (Shaobo Qin) – au plus âgé – Saul (Carl Reiner, père de Rob) – respectivement 19 et 79 ans, nous assistons à un casting de rêve : que ce soit dans l’intrigue comme sur l’écran.

Il n’y a ni ordre ni préséance dans cette organisation. Danny, s’il amène le coup n’est pas pour autant le chef de ce gang. Ou alors un tout petit peu. Rusty (Brad Pitt) ou tout autre est un engrenage indispensable de cette grande machinerie qu’est ce braquage qui en devient légendaire.


Et quand le film se termine, on peut très bien s’en contenter. Au moment de la sortie, il n’était pas encore question d’en faire une suite. Mais la tournée promotionnelle aura raison de Soderbergh : lors de son passage en Italie, il imagine rapidement une suite, qu’il mettra trois ans à nous présenter, reprenant (condition sine qua non ?) les mêmes protagonistes, dont Carl Reiner qui, à 85 ans sera même dans le troisième opus (il sera même dans le produit dérivé...).

 

Mais, là encore, ceci est une autre histoire.

 

 

* L’est-ce vraiment ? Y aurait-il eu une suite si ce fut un vrai succès ?

 

PS : le titre original n’a pas été, cette fois-ci, traduit en France. En effet, réutiliser L’Inconnu de Las Vegas, comme ce fut le cas au Québec, ne correspond pas vraiment à l’intrigue. Danny Ocean est très bien connu des services de police d’une part, et de Benedict d’autre part, grâce à sa fréquentation de Tess.

 

 

 


 

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog