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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh
Contagion (Steven Soderbergh, 2011)

Beth Emhoff (Gwyneth Paltrow) rentre d’un voyage d’affaire en extrême orient. Il s’emble qu’elle ait attrapé une petite grippe. Rien de bien terrible.

Sauf qu’elle a contracté un virus extrêmement dangereux. Elle est la première d’une longue liste de morts dans le monde entier.

D’un côté des gens qui meurent les uns après les autres, de l’autre le monde médical désemparé qui travaille à un vaccin. Entre ces deux mondes, deux hommes : Mitch Emhoff (Matt Damon), immunisé ; Alan Krumwiede (Jude Law), journaliste du net avec ses 12 000 000 de « followers ».

 

Dès la première séquence, et du fait du titre, Steve Soderbergh nous rend témoins de la propagation d’un virus non identifié, et qui envahit progressivement et exponentiellement le monde. Ce ne sont que des gestes simples, courants, que nous faisons nous même sans s’en apercevoir, comme marcher ou respirer. Et les prises de vue accentuent l’impact de cette contagion en insistant bien sur les objets, les lieux ou les gens que Beth touche, répandant involontairement cette menace invisible mais surtout fatale.

 

Nous allons alors suivre les différentes étapes de la création d’un vaccin parallèlement à la détérioration des conditions sociales qu’implique une pandémie mondiale, pendant une période proche d’une année. Ce sont donc des millions de personnes qui disparaissent pendant que les gouvernements, impuissants face à cette menace ne peuvent qu’essayer de contenir une population se laissant de plus en plus aller vers comportements de plus en plus violents.

Jusqu’au jour où…

 

Avec un tel film, Steve Soderbergh nous offre un film catastrophe servi par une kyrielle de vedettes (toutes au top !) comme les Américains nous en proposaient pendant les années 1970s. Mais rarement, ces années-là, n’atteignions-nous un tableau aussi apocalyptique.

Il y a une part d’aléatoire extrêmement importante, ramenant finalement tous à un même statut : une sorte d’égalité devant la mort éventuelle. Et ce n’est pas par hasard que la distribution des vaccins (1). Avec une nuance tout de même : il est bien évident que les différents chefs d’états et autres personnages importants ne participent pas à cette loterie (2).

Et c’est là qu’intervient le blogueur ! C’est ce qu’on appelle un lanceur d’alerte. Mais ce genre de personnes ont des objectifs avant tout humains, voire humanistes, celui-ci est beaucoup plus retors et pas si naïf qu’on pourrait le croire. Et Jude Law est magnifique dans ce rôle.

 

En face de lui (mais jamais en opposition, ils ne se croisent jamais) est Mitch, mari de la première victime. C’est un homme normal, qui a juste la chance de ne pas réagir au virus. Ce qui n’est pas le cas du fils de sa femme qui est lui aussi emporté. Avec Mitch, c’est le quotidien que nous montre Soderbergh : comment (sur)vivre dans un environnement si hostile ? Comment protéger la seule personne qui lui reste : sa fille Jory (Anna Jacoby-Heron).

 

C’est avec ces deux personnages que nous prenons conscience des ravages de cette pandémie qui ne sont pas seulement sanitaires. Krumwiede nous fait découvrir un San Francisco absolument dévasté, vide et jonché d’ordures. Impressionnant.

Du côté de Mitch, ce sont les comportements agressifs des gens que nous suivons : les razzias dans les maisons ou les locaux qui rapportent (magasins, banques), réveillant aussi chez lui un instinct de survie dû à l’envie de protéger Jory.

 

Le film est absolument spectaculaire (3) : les scènes urbaines, qu’elles soient avec du monde ou vides sont à couper le souffle ! Il y a un réalisme effrayant.

Parce que c’est le réalisme qui fait peur, plus que le reste. On entend parler de la Grippe Espagnole d’après la première guerre mondiale. Mais si ce n’est plus la grippe qui peut faire de tels ravages (encore que…), nous ne sommes pas à l’abri d’un quelconque virus qui se développe aléatoirement comme il est question ici.

Certes, les grandes maladies ont été éradiquées (peste, variole…) mais si on ne vaccine plus les enfants contre la variole, ça ne veut pas dire qu’elle ne peut pas revenir (4) : dans un monde où des groupes d’individus veulent imposer par la force leurs croyances, faisant toujours plus de victimes innocentes (pléonasme), sommes-nous à l’abri d’un tel cataclysme ?

 

C’est là que réside la force de ce film : tout le monde est concerné, pas seulement quelques dizaines de personnes en haut d’un gratte-ciel ou dans avion en perdition…

 

 

  1. Bien sûr, ils en trouvent un, ce n’est pas là le plus important, c’est tout ce qu’il y a autour.
  2. Etonnant, non ? Non ?
  3. Il n’a certainement pas à rougir devant ses aînés des années 1970 !
  4. Je ne veux pas sombrer dans le pessimisme, mais quand même…
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