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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Wes Ball
Le Labyrinthe : La Terre brûlée (Maze Runner: The scorch Trials - Wes Ball, 2015)

On retrouve nos héros, enfin les survivants seulement, qui viennent d’être évacués. Ils arrivent dans un complexe militaro-industriel magnifique, dirigé par un homme sympathique et jovial, ou tout du moins c’est l’image qu’il veut donner. Parce que, en fait, c’est Aidan Gillen qui interprète Janson, et comme dans Game of Thrones (il est Petyr « Littlefinger » Baelish), il n’est pas très clair. Et là, il n’est pas clair du tout. Et même encore plus.


Le titre reprend le terme Labyrinthe mais il n’en est nullement question ici, seulement pour rappeler d’où viennent les protagonistes principaux. Le titre original « The Scorch Trial » est plus parlant et proche de la réalité du film : on pourrait traduire par « l’épreuve (trial) de la terre brûlée ».
Cela nous replace dans la dimension initiatique de l’intrigue, annoncée en fin de première partie par le docteur Paige (Patricia Clarkson). Et en plus, cela rappelle le titre de la trilogie romanesque, l’Epreuve.

 

Donc nous retrouvons nos héros dans une nouvelle épreuve qui consistera à :

  1. s’évader de ce lieu maléfique ;
  2. retrouver un type qui donnerait une indication pour en trouver un autre ;
  3. échapper à Wicked, qui n’est plus aussi bon qu’on le prétendait dans le premier film ;
  4. survivre, bien entendu.

 

Et tout ça avec de nouveaux adjuvants – Brenda (Rosa Salazar) et Jorge (Giancarlo Esposito) – un tantinet commerçants, voire trafiquants, ainsi que de sacré opposants qui ne sont pas sans rappeler certains jeunes du Labyrinthe qui avaient été piqués. Ces opposants – les « fondus » (« cranks » en VO) – sont une espèce de morts vivants moitié zombis, moitié animaux qui se repaissent de chair fraîche. Ces joyeux lurons ne se meuvent que dans le noir, ce qui permet un peu de répit à nos héros.


Reste un troisième groupe : une armée de rebelles menés par Vince (Barry Pepper) qui sont, eux aussi intéressés par ces jeunes gens qui ont survécu au Labyrinthe et ont une particularité physique : ils sont immunisés contre le virus « Braise » (« Flare » en VO) qui transforme les hommes.

 

Bref, l’intrigue se corse et le Labyrinthe du début ressemble de plus en plus à une partie de pique-nique, au vu de ces nouvelles difficultés.

Le rythme du film s’emballe, bien entendu, sans pour autant nous abreuver de plans malgré cette accélération de l’action.

 

Et puis il y a les décors. Le Labyrinthe possédait une allure imposante et inquiétante et ces changements étaient vraiment impressionnants. Ici, c’est un paysage dévasté qui nous est proposé. Une jungle urbaine de délabrement, fréquentée la nuit ou dans les endroits sombres par les fameux fondus. Ce ne sont que buildings dévastés, délabrés et tombés les uns contre les autres. On peut même d’ailleurs apercevoir le Golden Gate Bridge dont seules les armatures témoignent de son existence, avec en fond les Rocheuses.

Un décor fabuleux malgré la désolation. Une magnifique apocalypse.

 

Bref, une épopée qui gagne en puissance et en spectacle.

Espérons qu’ils ne feront qu’un seul film pour conclure la trilogie de James Dashner, histoire d’éviter délayage qu’on a connu dans Hunger Games

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Zemeckis
The Walk : Rêver plus haut (The Walk - Robert Zemeckis, 2015)

11 septembre 2001. Personne n’a oublié cette date.

Mais bien avant, il y a eu le 7 août 1974.

Ce jour-là, Philippe Petit (Joseph Gordon-Levitt), un funambule, a traversé la distance qui sépare les Tours Jumelles du World Trade Center, sur un fil, au petit matin.

 

Et Robert Zemeckis nous raconte alors comment c’est arrivé. Rapidement, on apprend comme Philippe est devenu funambule, parce que ce n’est pas ça le plus important. Le plus important, c’est comment il a réussi un tel « coup » comme disent les Anglo-Saxons… Sauf la rencontre du vieux sages qui lui ouvrira les portes de cet exploit : Papa Rudy (Ben Kingsley).

Mais il faut avouer que c’est la mise en place de cet exploit le plus passionnant du film. Nous avons l’impression d’assister réellement à une entreprise illégale (ce qui fut le cas : une centaine de règlements ont été enfreints…).

 

Parce que  Zemeckis organise cette expédition comme pour un film de gangsters réalisant un casse : repérage, préparation, mise en place, accomplissement.

Et pendant 90 minutes, on assiste à tous ces préparatifs : les moments d’euphorie comme de découragement et bien entendu les moments forts, déconseillés aux gens qui ont le vertige.
Et moi qui l’ai facilement, j’avoue qu’à certains moments, on est à la limite de supportable. On a beau se dire que ce n’est que du cinéma, l’angoisse subsiste. Jusqu’au bout ? Non

 

Paradoxalement, c’est quand Philippe commence son voyage (sa promenade comme pourrait le dire le titre original…) que toutes les appréhensions s’estompent et qu’on jouit de cette quasi envolée du héros.

Car c’est là qu’est la force de Zemeckis : il aime ses personnages et nous fait partager une certaine empathie envers eux. Rappelez-vous ce que vous avez ressenti en suivant les péripéties de Forrest Gump ou encore l’isolement de Chuck Noland dans Seul au Monde (tous les deux interprétés par le fabuleux Tom Hanks).

 

On retrouve aussi le tandem des films d’initiation : un jeune fougueux et un vieux briscard, qui regardent ensemble vers la même direction, comme Marty et Doc dans Retour vers le Futur. Mais ici, c’est le plus âgé qui décourage le plus jeune (Jusqu’à un certain point, sinon, pas de film…).

Mais si la préparation est passionnante et amène son lot d’émotions fortes en rapport avec le vide, c’est l’exploit en lui-même qui est un véritable tour de force. Nous vivons la traversée, sans avoir besoin d’effet 3D. La concentration de l’artiste face à son fil devient réelle. Nous voyons le décor s’estomper et disparaître pendant que Philippe se met en condition. Jusqu’au premiers pas. Et une fois la prouesse engagée, le monde alentour revient, replaçant cet exploit extraordinaire dans le monde. Et nous regardons époustouflés ce marcheur qui va d’une tour à l’autre, serein, nous faisant partager sa sérénité. On n’a plus peur, on sait qu’il y arrivera.

 

Un hommage magnifique aux Tours Jumelles, recréées magnifiquement, sans une seule fois mentionner la catastrophe du 11 septembre, comme on aurait pu l’attendre. Non, seulement un instant magique qui donna un souffle de vie à ces deux bâtiments, les rendant presque vivantes*. Parce que Philippe ne s’est jamais senti ni ne se sentira jamais plus aussi vivant qu’à ce moment.

On comprend alors encore mieux la tristesse des New-yorkais après leur destruction, qui va au-delà des pertes humaines.

New York sans elle, ce n’est plus tout à fait New York.

 

Eblouissant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Wes Ball
Le Labyrinthe (The Maze Runner - Wes Ball, 2014)

Un groupe de jeunes garçons, au milieu de nulle part.

Quand ? Dans un futur improbable.

Chacun est arrivé après l’autre, depuis trois ans.

Un jour, Thomas (Dylan O’Brien) arrive.

Il découvre un camp coincé entre quatre murs gigantesques : le Labyrinthe.

 

Nous sommes à la croisée des chemins entre Peter Pan et Sa Majesté des mouches, sans oublier le côté Thésée du héros.

Ce qui saute aux yeux au début, c’est l’absence de femme. Aucune, sinon dans des bribes de rêves de Thomas. Un visage aperçu à travers une vitre. Rêve ou réalité ? On l’apprendra plus tard.

 

Et puis il y a le Labyrinthe.

Et là, ça vaut le coup d’œil. C’est un décor magnifique qui n’est pas sans rappeler le rêve urbain de Sam Lowry dans Brazil. Surtout lors des changements de disposition des parois, amenant en outre les obligatoires angoisses claustrophobes et d’écrasement.

 

Je citais Peter Pan parce qu’on retrouve une bande de jeunes garçons abandonnés, livrés à eux-mêmes, rassemblés autour d’Alby (Aml Ameen) – le premier arrivé dans ce lieu – dans un embryon de société humaine. Chacun a son rôle, et surtout, ils vivent en bonne intelligence, sans agression.

C’est quand Teresa (Kaya Scodelario) – la femme ou plutôt la fille – paraît que tout bascule : plus personne ne viendra, et toutes les issues du labyrinthe s’ouvrent et ne se refermeront plus.

Les jeunes gens ne sont plus en sécurité dans leur îlot central de verdure. Il va falloir sortir.
 

Et c’est à ce moment que l’intrigue rappelle Sa Majesté des mouches. Le chef étant diminué suite à une blessure, deux garçons vont s’affronter : Thomas, bien sûr, et Gally (Will Poulter).

Gally, coureur athlétique, se rapproche plus de Jack de par son attitude autoritaire et basée sur la force. Alors que Thomas serait plutôt Ralph, représentant les idées démocratiques, allant même jusqu’à oublier les différents pour sortir tous ensemble du labyrinthe.

 

Quant au mythe de Thésée, le fait qu’un groupe de jeunes gens soient enfermés dans le labyrinthe, tribut payé à un éventuel minotaure est flagrant. On retrouve d’ailleurs un élément similaire dans Hunger Games. Et si la survie dans ces deux films est le maître mot des jeunes gens, la manière d’y parvenir est totalement opposée : alors que la lutte à mort est de mise dans HG, ici, c’est de la coopération qu’elle sera possible. Mais là encore, certains payeront de leur vie cette liberté éventuelle.

Bien entendu, dès le début du film, on se doute qu’ils vont parvenir à sortir du Labyrinthe.
Mais comme le roman de James Dashner comporte trois tomes, il est évident que la sortie du Labyrinthe n’est pas une fin en soi, mais plutôt un préambule à quelque chose de plus important.


A suivre, donc…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Bruce Mitchell
Dynamite Dan (Bruce Mitchell, 1924)

Dan McLeod (Kenneth MacDonald) travaille pour un patron plutôt mal embouché (Frank Rice). Mais le contremaître, Tony Garcia (Boris Karloff) est encore plus rude. Conséquence : il part après avoir réglé leur compte à ces deux énergumènes. Mais Tony se relève plus vite et profite de la situation pour voler la caisse, accusant dans le même coup Dan.

Sans emploi, Dan est finalement embauché par une institution pour jeunes femmes que fréquente sa petite amie Helen Havens (Diana Arden).

A nouveau renvoyé, il devient boxeur après avoir corrigé un importun qui avait embêté sa fiancée. Cet importun n’est autre que le champion Brute Lacy (Harry Woods).

Et pendant ce temps, Sherlock Jones (Eddie Harris) est toujours à la poursuite du prétendu voleur…

 

Ca paraît compliqué comme ça, mais ça l’est ! Nous avons différentes pistes dans la même intrigue qui oscille entre film comique et film policier, le tout sur fond de boxe. Mais qu’on se rassure, ces différentes sous intrigues vont se résoudre et à la fin le bien triomphera (sinon, ce ne serait pas une comédie !).

Certes, ce n’est pas un immense film, mais on s’amuse beaucoup. Autant certainement que le personnage principal qui passe en un tournemain d’un pensionnat de jeunes femmes à un ring de boxe.
Le pensionnat est, bien entendu, le lieu idéal pour une série de gags essentiellement visuels : une échelle qui ne cesse de se déplacer, des jeunes filles qui se trémoussent quand un professeur beau et musclé arrive, et surtout une pensionnaire un peu particulière : Toodles (Emily Gerdes). Elle n’est pas à proprement parler très jolie et en use avec beaucoup de talent. Elle est grande et sèche, toujours fourrée avec une amie petite et boulotte (pour le contraste), et surtout elle se croit irrésistible. Une belle performance d’une actrice méconnue.

L’autre élément comique, c’est l’apprenti détective : Sherlock Jones. Il est petit et chétif, et myope par-dessus le marché ! Sans cesse rabroué par les autres protagonistes beaucoup plus grands et costauds que lui, il n’en continue pas moins de poursuivre celui qu’il pense être le voleur.

 

Mais l’intérêt des spectateurs d’aujourd’hui se focalise surtout sur la présence d’un second rôle qui fera parler de lui quelques années après : Boris Karloff. Son personnage est méchant. Il est rude, violent et malhonnête ; bref, il a tout ce qu’il faut pour être un magnifique méchant. Et en plus, il possède l’indispensable moustache fine, attribut classique des fourbes.


Bien sûr, l’histoire est invraisemblable. Mais qu’est-ce que ça peut faire ? On s’amuse et c’est là le grand atout du film qui, en outre, accumule quelques montages parallèles qui ne sont pas désagréables.

Et en prime, une référence soulignée au film de Charles Chaplin Charlot Boxeur, reprenant l’incontournable gag du fer à cheval, mais pas comme on pourrait l’imaginer.

 

Je vous laisse donc découvrir…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Billy Wilder, #Otto Preminger
Stalag 17 (Billy Wilder, 1953)

Un camp de prisonniers, en plein cœur de l’Allemagne nazie (comme toujours), pendant la bataille des Ardennes, 1944.

Dans ce camp, des sergents. Rien que des sergents. Imaginez…

Parmi eux, Sefton (William Holden), qui se débrouille un peu mieux que les autres grâce au trafic. Alors quand on soupçonne un traître dans le baraquement, tout le monde se retourne vers lui…

 

Dix ans avant La grande Evasion, Billy Wilder proposait cette adaptation de la pièce éponyme de Donald Bevan & Edmund Trzcinski (très difficile à prononcer), ce dernier faisant quelques apparitions.

Loin des scènes de combats, nous suivons le quotidien sordide des prisonniers, où la solidarité n’est pas toujours de mise : les conditions terribles encourageaient les hommes à des sauver eux-mêmes avant de penser aux autres.

Sefton est un de ces hommes un tantinet personnels et qui profite de cette situation, proposant des distractions voire un alcool d’épluchures de pommes de terre un peu du même style que Steve McQueen et ses acolytes proposeront dans le film de Sturges susnommé.

 

Avec Sefton, c’est tout un microcosme qui vit en vase clos dans un baraquement peu chauffé (voire pas du tout, d’ailleurs), avec bien entendu les affres de la promiscuité, mais additionnée de suspicion. Comme dans tout bon film de prisonniers de guerre, des rôles sont établis, même si ici, à part le chef de baraque et l’agent de renseignement, chacun est plutôt caractérisé par un surnom dû à son apparence ou son comportement, voire les deux, quand il s’agit de L’Animal (Robert Strauss). On trouve donc un comique – Shapiro aux lèvres sucrées (Harvey Lembeck) – Sugar-Lips Shapiro en VO – Duke (Neville Brand), Blondie (Robert Shawley), etc. Et bien sûr  l’incontournable monsieur Sécurité (Peter Graves).

 

En face, il y a les gardiens et leur chef von Scherbach (Otto Preminger, qui, quand il ne tournait pas, endossait le rôle du méchant Allemand), sadique à souhait  et l’infatigable Schultz (Sig Ruman), sous-officier un tantinet idiot, ou du moins c’est ainsi qu’il se montre.

 

Et comme nous sommes dans un film de prisonniers, il faut au moins une tentative d’évasion, sinon, l’intérêt s’émousse.

Wilder nous en propose deux, en ouverture puis en fermeture du film, avec des résolutions différentes (je vous laisse deviner celle qui aboutit). Mais comme annoncé dès le début par Cookie (Gil Stratton), le narrateur, rien de spectaculaire ne va se passer. Chaque évasion est simple, sans artifice ni plan longuement mûri. On attend la bonne occasion.

 

Comme nous sommes dans un film de Wilder, on retrouve ses pointes de comédie. Mais c’est un humour qui se place dans un contexte qui ne s’y prête pas. Et surtout, il met en évidence des comportements qu’on n’attend pas d’un film au contexte historique.

Le personnage de Sefton est certainement le plus intéressant, tant il pose certaines questions sur les comportements de ces « héroïques » prisonniers.

Sefton est un égoïste. Peut-être que ses premiers déboires dans le camp l’ont encouragé à le devenir, mais il est intraitable dès qu’il s’agit de commerce (troc, achat…). Et si Sefton est tout de suite considéré comme la taupe des nazis, c’est avant tout à cause de son activité. La jalousie aveugle toujours ceux qui la vivent. Mais quand les autres passent aux actes et le violentent, on n’est plus dans cet esprit de camaraderie qu’on retrouve dans le film de Sturges ou encore de Renoir (La grande Illusion, bien entendu).

 


Et Wilder ajoute un autre élément (qui fut aussi exploité par Renoir, mais plus sobrement) : les femmes ou l’absence de femmes.

L’Animal est un grand admirateur de Betty Grable, mais des photos n’ont jamais remplacé une personne. Quant aux prisonnières russes, mis à part un énorme bakchich de cigarettes, elles ne sont que des formes imaginées derrière des fenêtres de salle de douche embuées.
Mais vient Noël et ses festivités (qu’il faut bien sûr ramener au niveau d’un camp de prisonniers). Les hommes dansent entre eux en couple, sur des musiques plutôt improbables (la musique américaine étant bannie pendant la période nazie). Et puis Shapiro, le clown du baraquement se grime en femme, donnant une scène plutôt équivoque dans un tel contexte. Même si, il ne faut pas se leurrer, cela pouvait représenter une éventualité. Et Wilder ira encore plus loin dans ce domaine avec Certains l’aiment chaud (1959).

En attendant, on rit du couple Shapiro-L’Animal, véritable duo comique du film Mais ce  rire est tout de même teinté d’un certain sous-entendu qui aurait pu rendre mal à l’aise les spectateurs de 1953… Car contrairement à d’habitude, ce n’est pas celui qui est déguisé en femme qui fait le plus rire…

 

Bref, un film de guerre qui, même s’il n’en a pas les aspects spectaculaires, n’en demeure pas moins intéressant pour les thèmes qu’il aborde : de la survie dans un camp à la justice individuelle, le tout dans un contexte où se mêlent comédie et tragédie, avec une distribution impeccable.

Un grand film du maître Wilder.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Sturges, #Richard Attenborough, #Guerre
La grande Evasion (The great Escape - John Sturges, 1963)

Les garants de « l’Ordre Nouveau » ont décidé d’innover aussi dans leur conception de gestion des camps de prisonniers.

Un nouveau camp.

De nouvelles méthodes.

Tous les œufs pourris dans le même panier, explique le commandant von Luger (Hannes Messemer) au colonel Ramsey (James Donald), le SBO (Senior British Officer) à la lèvre supérieure rigide réglementaire.

 

Et quel panier : Hilts (Steve McQueen), Danny (Charles Bronson), Hendley (James Garner) le chapardeur, Mac Donald (Gordon Jackson) le chef du renseignement, Blythe (Donald Pleasance) le faussaire. Sans oublier Ashley-Pitt (David McCallum), Bartlett (Richard Attenborough) ou encore Sedgwick (James Coburn) l’Australien à la grande valise.

Bref, que du (très) beau monde.


John Sturges, vingt-cinq ans après Jean Renoir (La grande Illusion), nous emmène en plein cœur de l’Allemagne (nazie) pour assister à l’une des plus formidables évasions. Cela donne un film de prisonniers guerre époustouflant, devenu – tout comme Stalag 17 de Bill Wilder dix ans plus tôt – un classique du genre. Sturges retrouve par la même occasion trois de ses 7 mercenaires : McQueen, Bronson et Coburn.

 

Ce sont près de trois heures de grand spectacle où la gravité côtoie l’humour pour notre plus grand plaisir. Pour chaque action favorable aux prisonniers, Sturges ajoute un revers favorable alors aux Allemands (les « Goons » en VO, terme peu reluisant, cf. Harraps).

Et comme il s’agit d’un camp qui accueille essentiellement des prisonniers britanniques, on retrouve le flegme attendu de ces officiers. Flegme de façade, contrebalancé par une propension à vouloir s’échapper qui amène aussi le sourire (voir leur arrivée).


Mais le champion de l’évasion, c’est incontestablement Hilts. Et avoir confié ce rôle à Steve McQueen, était une très bonne idée. Je l’ai déjà dit ici, McQueen est l’archétype de l’acteur cool. Pas étonnant qu’il soit appelé le Roi du frigo (frigo se dit « cooler » en VO, comme un fait exprès…) dans le générique de fin.

 

Comme chez Renoir, on assiste à la mise en place et au développement d’un tunnel. Mais si chez Renoir le sort empêche les prisonniers de s’en servir, ici, l’évasion ira (presque) jusqu’au bout, malgré les difficultés.

C’est alors une succession de stratagèmes mis en place pour récupérer des outils, étouffer le bruit ou encore prévenir l’arrivée des geôliers.

 

Puis, après une tournée d’alcool de patates mémorable – pour son effet sur les dignes représentants de sa très gracieuse Majesté, comme pour son dénouement tragique (toujours ce terrible contrepoids) – on assiste à la cavale des protagonistes. Elle tournera court pour la majorité d’entre eux, mais certaines histoires étaient dignes d’intérêt :

  • d’un côté un parcours plutôt pépère : Danny & Willie (John Leyton), les « Rois du tunnel », en duo* :
  • de l’autre un périple spectaculaire : Hendley et Blythe myope comme une taupe à bord ‘un avion.

Et puis il y a encore Steve McQueen, inoubliable dans son escapade en moto. McQueen fut presque toujours l’auteur des cascades (hormis le saut) et sa tentative est l’une des plus célèbres du cinéma. Un véritable régal.

Mais si l’envolée de McQueen ne se finit pas trop mal, il n’en va pas de même pour la grande majorité des prisonniers broyés par l’implacable machine de guerre nazie**.


Un film qui se laisse toujours regarder avec le même plaisir. Même après vingt-sept visionnages.

A moins que ce ne soit plus…

 

 

 

* J’ai failli écrire « en couple » car la relation entre Danny et Willie est plutôt intime.

 

** Les nazis et les membres de la Gestapo sont toujours évoqués distinctement des militaires de la Wehrmacht.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Martin Scorsese, #Paul Schrader
A Tombeau ouvert (Bringing out the Dead - Martin Scorsese, 1999)

« Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il les conduisit seuls à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; ses vêtements devinrent resplendissants, et d'une telle blancheur qu'il n'est pas de foulon sur la terre qui puisse blanchir ainsi. » (Marc, 9 :2-3)

 

Trois nuits.

Trois nuits de la vie de Frank Pierce (Nicolas Cage), ambulancier, à New York, au début des années 1990.
Trois nuit dans celle de New York : les petits, les sans-grade, les bas-fonds. Et la violence.

 

Martin Scorsese revient à New York qu’il avait quittée après Les Affranchis. Et encore une fois, la Ville est un lieu de violences et de désespoir.

Violence des truands, trafiquants de drogues, mais aussi violence de ceux qui essaient parfois de les sauver.
Chaque nuit est une descente aux enfers pour Frank, torturé par les esprits de ceux qu’il n’a pas pu sauver.


Et Frank essaie de se sortir de cet enfer. Chaque jour il espère qu’il sera viré. Mais chaque jour il doit reprendre le chemin des morts.

Parce qu’ils meurent tous. Sauf un : Burke (Cullen O. Johnson). Pourtant il devrait. Mais non. Il ne peut pas mourir. Le veut-il ? C’est là tout le débat dans la tête de Frank : et si Burke voulait mourir ?

Et Frank a beau s’enfoncer dans la nuit de New York, à chaque fois il revient vers Burke. Pour Burke, mais aussi pour sa fille, Mary (Patricia Arquette).

 

Frank est un Christ moderne. Il prend sur lui non pas les péchés du monde, mais la souffrance des gens. Chaque mort est une avancée de plus dans la nuit, dans sa nuit. Sa seule échappatoire : dormir. Dormir, parce que dormir, c’est mourir un peu. Mais la réalité le réveille, même dans ses rêves. Alors il boit. Il essaie trouver dans l’alcool le soulagement qu’il n’obtient pas dans le sommeil.

Et cette dimension religieuse de Frank est renforcée par l’utilisation de blancs saturés, transfiguration furtive de ce Christ, descendu dans les bas-fonds pour essayer de sauver une nouvelle vie.  Frank est le Sauveur. Mais il ne sauve personne. Ou il sauve ceux qui ne le veulent pas : Noel (Marc Anthony). Noel qui passe son temps en transit dans la salle d’urgence mais en sort toujours avant d’être soigné, jusqu’à la dernière hospitalisation.

Et puis il y a Rose (Cynthia Roman). Celle qu’il n’a pas pu sauver et qui le poursuit, qui le hante. Mais c’est normal, lui disent ses collègues Larry (John Goodman) et Marcus (Ving Rhames). Tout le monde passe par là. Il faut juste passer au-dessus.

Et c’est pour ça que Frank ne va pas bien : il revient sans cesse à ses échecs, incapable de retrouver la sensation magique d’avoir sauvé quelqu’un : quand ils donnent naissance à deux bébés, Marcus se réjouit de l’arrivée du petit garçon, alors que Frank ne retient que celui qui meurt.

 

Il y a un lien de parenté entre Frank et Travis (Taxi Driver). Tous les deux sont des oiseaux de nuit, témoins de cette nuit new-yorkaise. Mais si Travis utilise la violence pour chasser la nuit et ses démons, Frank, lui, subit cette violence et doit à un moment la vivre.

Et le paradoxe est là : la violence dont Frank et ses collègues essaient d’annuler l’effet se traduit chez eux par la conduite. Rarement on n’a conduit avec autant de violence. Le rythme des images s’accélère, la musique se fait plus forte et plus rythmée (l’incontournable rock’n’roll des films de Scorsese), et le trajet vers une victime à sauver devient une virée agressive, toujours dans cette nuit noire. Les vitesses craquent, le moteur hurle, le cadrage se déforme.

Stade ultime de cette violence routière : l’accident qui laisse un premier véhicule couché sur le flanc, puis Tom frappant le sien avec une matraque.

 

 

Et il en va ainsi jusqu’à la rédemption (je ne vous l’explique pas), toujours cette même rédemption si chère au cinéma américain. Et cette rédemption amène la transfiguration finale. Celle qui libère Frank et l’amène vers une autre vie.

Mais nous sommes chez Scorsese. Frank aura beau retrouver ce petit moment de félicité éprouvée après avoir sauvé quelqu’un, comme il l’explique au début du film, il n’en retournera pas moins dans son quotidien nocturne où se côtoient clochards et junkies, flot de malades et de familles régulé par Griss (Afemo Omilami), derrière ses inamovibles lunettes de soleil.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sergio Leone
Il était une Fois la révolution (Giù la testa - Duck, you Sucker! - Sergio Leone, 1971)

Mexique, 1913.

Juan Miranda (Rod Steiger) est un truand à la petite semaine. Avec ses six fils, son père et quelques complices, il rançonne les voyageurs – riches.

Juan est un Mexicain plutôt inculte, qui essaie de faire son chemin dans un pays ravagé par la révolution depuis deux ans.

Mais Juan a un grand projet dans la vie : attaquer la banque de Mesa Verde.

Alors quand il rencontre Sean « John » Mallory (James Coburn), ex-révolutionnaire irlandais (membre de l’IRA, même si le soulèvement n’aura lieu qu’en 1916) et accessoirement spécialiste en explosifs, il sent que son rêve va se réaliser.

Mais la révolution s’en mêle (s’emmêle ?), et Juan est emporté par l’Histoire en marche.

 

Deuxième volet de l’histoire de l’Amérique de Sergio Leone, c’est certainement le plus drôle, mais avant tout le plus violent et meurtrier. Les révolutionnaires et les soldats loyalistes y sont fusillés à tour de bras dans une révolution qui, selon Juan, ne va pas changer grand-chose : les intellectuels enverront les pauvres se battre pour faire changer les choses, mais à la fin, les intellectuels seront toujours là, et les pauvres, eux, seront morts… Une pensée réductrice peut-être, mais ô combien prémonitoire dans l’histoire qui nous intéresse ici.

 

La première séquence donne le ton. D’un côté, on trouve ces riches américains dans une diligence luxueuse à qui on impose un péon crasseux, un va-nu-pied inculte, bref, un homme de l’autre côté de la barrière sociale. Ce ne sont que gloses bourrées de préjugés racistes par ces gens « de bien » (dont un évêque) face à cet homme humble, portant brassard de deuil.

C’est donc un duel qui se joue devant nous : les plans se font très rapprochés sur les visages, les yeux, et les bouches qui mangent, qui parlent et même qui parlent en mangeant. D’un côté ce déluge verbal condescendant, de l’autre un homme pauvre, sale et muet. Mais comme dans tous les duels, il faut qu’il y ait un vainqueur. Et c’est le pauvre qui gagne.

Cette première séquence anticipe magnifiquement le besoin de révolution du peuple mexicain opprimé par ces nantis qui les considèrent comme du bétail, voire pire.

 

Trois ans après Il était une fois dans l’Ouest, Sergio Leone reprend le thème du temps qui passe et que certains voudraient fuir, mais qui, inexorablement les rattrape. C’est le cas de Mallory, terroriste recherché par la police britannique pour ses activités violentes, et obligé de fuir après avoir été dénoncé par son meilleur ami (David Warbeck). Dès lors, persona non grata chez lui, il va faire la révolution là où elle se trouve. Et à chaque moment-clef du film, un détail lui rappelle ses années à Dublin, comment l’insurrection se préparait…

Ces flashbacks répétés rappellent ceux de Pour quelques Dollars de plus et Il était une fois dan l’Ouest. Mais ici, ce n’est pas une scène qui se répète, mais plutôt une vie qui défile, celle d’avant. Elle progresse et nous renseigne petit à petit sur ce personnage qui débarque de nulle part (lui aussi), jaillissant d’un nuage de fumée sur sa moto.


Mallory est avant tout une apparition. Il est présent, mais on sent qu’il est déjà mort. Qu’il est mort quand il a dû quitter son pays. Il apparaît après une explosion : c’est d’abord une silhouette dans une grande gabardine (comme les hommes du Cheyenne). Puis c’est une paire d’yeux bleus à travers des lunettes. Enfin, c’est un grand homme moustachu, grisonnant, au flegme absolument britannique.

Mallory ressemble à un croisement de Mortimer (Lee van Cleef) et Joe (Clint Eastwood) dans Pour quelques Dollars de plus : le maintien de Mortimer, et l’efficacité de Joe. Et comme tout bon héros de Leone, il est avare en paroles. Ses interventions sont courtes, son regard plus qu’éloquent.

Il repart comme il est arrivé, dans une magnifique explosion.

 

L’autre personnage du film est Juan Miranda. Il possède les mêmes caractéristiques que Tuco (Eli Wallach) dans Le Bon, la brute et le truand, la violence inhérente au personnage en moins. Mais ce serait un Tuco qui aurait grandi, qui aurait mûri : Miranda, malgré son aspect abruti (« duck, you sucker ! »), est responsable de sa famille (enfants et père), et quand il arrive quelque chose à l’un d’entre eux, il n’en est que plus chagriné. Et son chagrin est sincère, magnifiquement rendu par Rod Steiger, plus mexicain que jamais.

 

Et Miranda résume très bien (voir plus haut) la vision de cette révolution décrite par Leone : une boucherie sans nom, et à la fin, rien n’a vraiment changé et les pauvres sont morts.

Mais cette révolution sera autrement plus cruelle pour Miranda, embarqué dans cette aventure, véritable héros malgré lui.

Car quand la révolution se termine (ou au moins cet épisode), il se retrouve seul : Sean n’est plus là, et ses enfants sont morts.

 

Quel prix à payer pour une gloire, somme toute, relative…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Herbert Wilcox, #Dorothy Gish
Nell Gwynn (Herbert Wilcox, 1926)

Une jeune femme tient une main qui s’agite. Et puis tout à coup, la main s’immobilise et retombe.

Le roi Charles II (Randle Ayrton) est mort, son frère le duc d’York (Gibb McLaughlin) va très bientôt lui succéder.

La jeune femme ? C’est Nell Gwynn (irrésistible Dorothy Gish), une vendeuse d’oranges devenue actrice par la volonté du roi, puis une de ses favorites.

 

Il s’agit donc d’un film historique – bien entendu romancé pour les besoins du cinéma – mais qui s’appuie tout de même sur des faits. La dernière requête de Charles mourant à son frère futur monarque : « [sois aimable avec Portsmouth, et] ne laisse pas la pauvre Nelly mourir de faim » est historique.
Mais au-delà du personnage authentique, c’est avant tout Dorothy Gish qui est la véritable vedette du film. Elle est belle, elle joue magnifiquement et en plus elle est très drôle.

C’est la sœur de Lillian Gish, certes, et la ressemblance est frappante. Mais il y a chez Dorothy un petit plus que Lillian n’a jamais eu : un petit grain de folie. Lillian Gish est extraordinaire, c’est un fait. Mais il ne faut surtout pas réduire à Dorothy à un rôle de sœur. Elles ont souvent joué ensemble sous la direction du maître (D. W. Griffith), mais pas dans le même registre.

Ici, Nell ne pouvait pas être interprétée par Lillian. Il y a trop de légèreté dans le personnage.
Et Dorothy se place exactement dans le personnage, entre sa sœur et Mary Pickford. Il y a le fond de jeu de Lillian Gish avec l’effronterie des personnages de Mary, tout en étant une femme et non une enfant.
Nell est une jeune femme délurée, effrontée et insolente. Mais elle est surtout naturelle. Rien ne lui fait peur, surtout pas le ridicule. Ridicule qu’elle use avec intelligence pour ridiculiser l’autre favorite de Charles : Lady Castlemaine (Juliette Crompton). La scène du chapeau est formidable à souhait, Dorothy y est merveilleuse.

 

D’une certaine façon, Wilcox rend très bien la période de règne de Charles II, qui prit le pouvoir après les années de gouvernement de Cromwell puis de son fils. Il y a de la légèreté et du relâchement dans les mœurs qui s’expliquent par un rejet total des doctrines puritaines de Cromwell : le cinéma – avec sa réputation sulfureuse auprès des ligues de vertu – ne pouvait qu’exploiter un tel filon historique.

Alors on s’amuse et on rit de cette petite vendeuse qui arrive, à sa façon, au sommet de l’Etat, devient une grande actrice et donna tout de même deux enfants au roi !

 

Oui, on s’amuse beaucoup de cette jeune femme libre, fraîche et impudique (normal, c’est une « actrice » comme disaient les bigots de ce temps-là) qui reste toujours elle-même, à quelque occasion que ce soit. Et qui le restera jusqu’au bout, snobant ouvertement le tout nouveau roi – qui, au passage possède une magnifique tête de faux derche, tout comme son acolyte le prince de Monmouth (Donald Marcadle).

Dorothy est une Nell encore plus vraie que la vraie, passant d’un registre comique au tragique avec le savoir faire des grandes. La transformation progressive de son visage lors de la mort annoncée du roi reste un grand moment d’émotion, que complète la scène de la main ci-dessus évoquée : cette attitude désespérée qui nous la montre caressant puis réchauffant la main afin de lui redonner vie est bouleversante.

Et Dorothy, au final nous offre une Nell Gwynn nature, et donc complètement en décalage avec la Cour, mais qui sait aussi rester digne dans l’adversité et se retire ainsi : avec la mort de Charles, c’est la fin de sa vie dans cette même Cour.

 

PS : Il serait temps de remettre à l’honneur la grande actrice qu’était Dorothy Gish, au même titre qu’une Garbo ou qu’une Swanson. Il y a une fraîcheur et une justesse dans son jeu, ainsi qu’une dose de sensualité (Nell a des décolletés plus que suggestifs) qui la rendent l’égale de ces divines.

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