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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

guy ritchie

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gangsters, #Guy Ritchie
Arnaques, Crimes et botanique (Lock, Stock and two smoking barrels - Guy Ritchie, 1998)

500.000 livres sterling.

4 copains.

3 cartes de poker.

2 fusils de collection.

1 collecteur de fonds.

 

Eddy (Nick Moran) est un petit arnaqueur, mais avant tout un prodige du poker à trois cartes. Sauf quand un adversaire triche. C’est le cas de Hatchet Harry (P.H. Moriarty – avec un nom pareil, le rôle du méchant est assuré !) qui non seulement lui prend les 100.000 livres qu’il a amenées mais en plus lui prête les 500.000 annoncées. Qu’il va devoir rembourser, sinon…

Avec Tom (Jason Flemyng), Soap (Dexter Fletcher) & Bacon (Jason « Turkish » Statham) il va monter un coup pour pouvoir rembourser ce terrible créancier (1).

Les fusils ? Ce sont ceux que convoite ce même Harry, et pour lequel deux petits malfrats (Victor McGuire & Jake Abrahams) vont cambrioler une grande propriété.

 

Guy Ritchie fait ses premières armes en long métrage, et il faut avouer que c’est parfaitement réussi. C’est très bien fait, l’intrigue est très bien ficelée, les interprètes au niveau de l’enjeu, et en plus, c’est drôle. Bref, vingt-six ans après, on se rend compte que Ritchie faisait déjà du Ritchie (2) !

Déjà, les gangsters ont des noms pittoresques ; déjà le plus redoutable (Harry) possède une lame dans son surnom (3) ; déjà Alan « Bricktop » Ford est là : c’est lui qui nous narre cette aventure improbable. Et surtout, nous découvrons deux autres figures qui seront-elles aussi dans son prochain film : outre Jason Statham, c’est Vinnie « Bullet-tooth » Jones (Chris), dont ce sont les premiers rôles importants. Chris, c’est le collecteur de fonds, l’instrument du Destin.

Et déjà, les gangsters, pour la plus grande partie d’entre eux, sont des minables.

 

Bref, il s’agirait presque d’une répétition de Snatch, mais en beaucoup plus simple. Avec aussi un résultat aussi calamiteux et meurtrier. Mais tellement jouissif !

Ayant déjà parlé ici du film suivant, je risque de me répéter. Tant pis.

Encore une fois, il y a une histoire d’amitié entre petits gangsters anglais. Et du gibier trop gros pour ces mêmes jeunes gens ! Certes Harry n’a pas la méchanceté intrinsèque de Bricktop, mais il n’en demeure pas moins un très rude adversaire. D’ailleurs, à part les quatre et les deux voleurs de fusils, ce sont tous ce qu’on pourrait appeler des pointures du milieu londonien. Des gens dont on n’aimerait pas faire la connaissance, même à un gala de charité !

Et c’est bien sûr le décalage entre le caïd et les autres qui fait tout le sel du film. Déjà (encore une fois) ce sont les minables qui font pencher la balance du mauvais côté (pour Harry & C°) mais avec tout de même une fin un tantinet scorsesienne, puisque ces quatre amis ne vont pas beaucoup évoluer : le seul changement qui va arriver (inévitablement), c’est le déménagement d’Eddy, puisque sa maison est un petit peu encombrée… De cadavres ! [NB : malgré son penchant appuyé pour l’alcool, ces cadavres ne sont pas des bouteilles vides !]

 

Et la botanique ? On la trouve chez une autre bande de copains jardiniers. Enfin pas des jardiniers courants : ils cultivent des plants de ganja qu’ils revendent à prix d’or. Leur rôle dans tout ça ?

Allez voir…

 

Un régal !

 

  1. Il ne s’appelle pas « The Hatchet » (« la Hache ») pour rien…
  2. Evidemment, à l’époque, on ne le savait pas encore !
  3. Le prochain sera Boris « The Blade » Yurinov (Rade Serbedzija).

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Guy Ritchie
The Gentlemen (Guy Ritchie, 2019)

Le seul problème, avec Guy Ritchie, c’est qu’il est capable du mieux – Snatch, Sherlock Holmes – comme du pire – King Arthur: Legend of the Sword – et fort heureusement pour nous, The Gentlemen appartient à la première catégorie.

Rassemblant quelques noms du cinéma britannique (Hugh Grant, Colin Farrell, Eddie « Lestrade » Marsan), et les Américains Matthew McConaughey et Jeremy Strong, il nous propose une nouvelle histoire de gangsters dont le titre nie ouvertement les pratiques.

Parce que ces gens qui s’expriment avec beaucoup de facilité et un langage (presque) toujours châtié ne sont rien que des brigands, un tantinet meurtriers sur les bords.

 

Mike « Mickey » Fearson (McConaughey, donc) est un caïd des drogues douces (marijuana…) à opposer aux drogues dures (héroïne) qui sont plus le bizness de Lord George (Tom Wu). Il est secondé par une espèce de consigliere, Ray (Charlie « Arthur » Hunnam), qui s’occupe surtout de tout ce qui est intendance parallèle (1). Il est sur le point de revendre son affaire à un autre trafiquant notoire, Matthew (Jeremy Strong). Mais tout ne se passe pas comme prévu, et en plus un journaliste – Fletcher (Hugh Grant – décide de le faire chanter…

 

C’est encore une fois une comédie, même si elle l’est beaucoup moins ouvertement que Snatch. Certes, ce ne sont pas des enfants de chœur et on a là encore notre lot de cadavres. Mais bien sûr, c’est l’opposition entre ce que sont réellement ces hommes et le titre qui fait tout le sel du film, reprenant tout de même les différents éléments du genre : cadavres, donc, mais aussi armes diverses, fusillades, bagarres et langage de rue.

Mais alors que tous les ingrédients sont là pour faire un film de gangsters sérieux, Ritchie introduit quelques personnages légèrement décalés dans cette intrigue de gros méchants : les boxeurs du « Coach » (Colin Farrell). Et ce dernier, véritable éducateur sportif qui veut les voir sortir de la galère prend sur lui les erreurs de ses protégés qui étaient allés s’attaquer à trop fort pour eux (Mickey). A son entrevue avec Ray ne manque qu’une parole : celle qu’on trouve à Luc, 23:34. (2)

 

Mais plus que ce film de gangsters pour de rire, c’est avant tout la façon de nous l’exposer qui est assez remarquable (3). Ritchie se joue de la narration avec beaucoup de bonheur, soutenu par la prestation elle aussi remarquable de Hugh Grant. De plus, il brouille les différents temps du récit, passant d’une situation présente (ou telle) qui n’a qu’une issue incertaine : Matthew se rend au pub, commande une pinte de bière et un œuf, appelle son épouse (Michelle Dockery) avant que la caméra sorte de son champ, pendant qu’un coup de feu fait gicler du sang sur et dans le verre de bière. Mais ce n’était pas le présent. C’était un passé récent, parce que le véritable présent, c’est le moment du récit de Fletcher, imaginé comme un scénario de film avec les éléments de langage qui vont avec quand ce ne sont pas des références très techniques. Bien sûr, Ritchie est maître de la narration, interrompant sans cesse ce que nous voyons et amenant progressivement l’intrigue proprement dite avec la résolution qui est amenée de manière assez admirable.

Bref, c’est du grand art.

 

Par contre, Ritchie a la bougeotte, et encore une fois, on a droit à des mouvements de caméra parois un peu trop vifs, voire étourdissants. Mais que voulez-vous, il faut bien que Ritchie impose sa patte à son œuvre.

Alors préparez-vous à cette histoire un tantinet improbable de gentlemen-gangsters bien loin de notre cambrioleur de l’Entre-deux guerres qui fut récemment remis au goût du jour.

Certes, ils ont des manières, mais ce sont des méchants !

 

  1. Disparition de cadavre, règlement (définitif) de situation, information en tout genre…
  2. Je vous laisse chercher.
  3. Digne d’être remarquée, donc.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chevalerie, #Guy Ritchie
Le Roi Arthur : la Légende d'Excalibur (King Arthur: Legend of the Sword - Guy Ritchie, 2017)

Oubliez tout ce que vous savez sur la légende arthurienne : Guy Ritchie nous propose ici un nouvel avatar du roi Arthur (Charlie Hunnam), avec épée dans le roc, magie et archi-méchant, l’usurpateur Vortigern (Jude Law).

Nous sommes bien loin des romans de la table ronde et du cycle du Graal cher à  Chrétien de Troyes.

En effet, nous sommes dans les âges sombres qui suivirent la chute de Rome (1), et le (faux) roi Vortigern a éliminé son frère Uther Pen-Dragon (Eric Bana) pour prendre sa place.

Mais son fils Arthur grandit loin de Camelot où il reviendra chasser son oncle et prendre la tête de l’Angleterre.

 

J’ai beau être un amateur du cinéma de Guy Ritchie, je n’arrive pas à sauver ce film. Pourtant, on y retrouve la même façon de filmer, alternant les rythmes et (ab)usant du ralenti pendant les temps forts, mais malgré tout ça, ça ne prend pas.

Dès l’ouverture ça ne va pas. On se retrouve plongé dans une sorte de resucée du Seigneur des Anneaux visitant Harry Potter.

Et la présence de l’immense Jude « Dr. Watson » Law – un habitué de Ritchie – n’y change rien : non seulement l’intrigue est poussive, mais en plus on se prend à bailler devant une telle débauche d’effets visuels.

Pare que c’est spectaculaire. Un peu trop d’ailleurs, à mon goût, Ritchie retrouvant les travers du cinéma du début des années 2000 : une multitude de plans séquences sur une minimum de temps amène rapidement une indigestion visuelle.

Et en plus il n’y a même pas Merlin !

 

D’une certaine façon, ce film est à la légende arthurienne ce que Gods of Egypt (l'année précédente) est à la mythologie égyptienne : un objet pompeux – très esthétique – mais qui n’a plus grand-chose à voir avec l’original.

J’ai déjà parlé ici de la version que John Boorman tira de cette même légende, la trouvant insipide et datée. Je dois avouer que grâce à la version Ritchie, je dois réviser mon jugement.

Mais, heureusement, il reste celle de Richard Thorpe, qui reste, à mon humble avis, la version cinématographique de base, même si elle n’est pas obligatoirement très respectueuse du cycle arthurien.

 

Bref, ne vous dérangez pas pour cette nouvelle adaptation et reprenez les essentiels : 1953, Robert Taylor (Lancelot), Ava Gardner (Guenièvre), Mel Ferrer (Arthur) & Felix Aylmer (Merlin), le tout réalisé par Richard Thorpe au meilleur de sa forme…

 

  1. Un beau cirque romain trône au milieu du Londinium qu’on n’appelle pas encore Londres.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Guy Ritchie
Agents très spéciaux : Code UNCLE (The Man from UNCLE - Guy Ritchie, 2015)

Cinquante ans après leur création, les agents très spéciaux de l’U.N.C.L.E. (1) reviennent sous la houlette de Guy Ritchie. Alors si vous avez beaucoup aimé la série et qu’en plus vous n’aimez pas Guy Ritchie, passez votre chemin pour aujourd’hui et revenez demain au même endroit sinon à la même heure.

Pour ma part je n’ai que peu de souvenir de cette série, dont j’ai aperçu quelques épisodes sur la télévision anglaise voilà maintenant trente ans (2).

Henry « Superman » Cavill (Napoleon Solo) a remplacé le regretté Robert Vaughn, et Armie « Lone Ranger » Hammer (Illya Kuryakin) a pris la place du charismatique David McCallum (85 ans en septembre dernier).

A-t-on perdu ou gagné au change ? Peu m’importe, tout comme Hugh Grant (Alexander Waverly – à la place de Leo G. Carroll)  j’aime beaucoup les films de Guy Ritchie alors attendez-vous à une critique fort partiale.

 

Tout d’abord, il y a le contexte. Ici aussi nous avons la Guerre Froide en toile de fond, mais à la différence d’avant, Ritchie et son complice au scénario Lionel Wigram créent une genèse de cette association franchement insolite dans une période certes marquée par la détente qui a suivi la crise de Cuba (3). Et quand le film commence nous sommes da        ns l’année qui l’a suivie, avec Kennedy encore président des Etats-Unis (4).

Ensuite, il y a l’indispensable élément féminin, ici elles sont deux, aussi redoutable l’une que l’autre : Gaby Teller (Alicia Vikander), une jeune Allemande de l’Est que Solo aide à passer à l’Ouest, et Victoria Vinciguerra (Elizabeth Debicki), une Italienne au tempérament de feu et accessoirement du côté obscur de l’intrigue.

 

Parce qu’il y a un troisième camp qui se dégage dans cette intrigue. Puisque le SPECTRE est déjà pris par une autre série d’espionnage, on a alors recours aux méchants estampillés d’origine contrôlée : les Nazis (5). Ils ne sont pas en uniforme mais sont tout de même aussi dangereux, et cette fois-ci, ils ont la bombe atomique. Enfin ils essaient de l’avoir mais comme Solo et Kuryakin sont à leurs trousses, ça complique un tantinet les choses.

 

Comme je le disais, nous sommes chez Guy Ritchie et nous retrouvons son style efficace voire parfois un peu trop rapide à mon goût. Surtout qu’il adopte parfois un découpage de l’image qui rappelle certaines pratiques des séries des années 1960s, ce qui demande parfois d’avoir un œil supplémentaire pour tout suivre. Mais fort heureusement, cela ne gêne pas la narration, ce qui est le plus important tout de même.

Par contre, et c’est là que je me régale, il y a un souci du détail qui amène à chaque fois une rupture dans la narration et permet de revenir sur des questionnements qu’a pu se poser le spectateur face à des situations ambiguës voire cruciales.

Et encore une fois, il nous propose un duo plus ou moins improbable mais toujours complémentaire. Après Turkish & Tommy (Snatch) et Sherlock Holmes et Watson (2009-2011), voici deux agents secrets qui portent bien leur nom : ils sont très spéciaux.

De plus leur différence de caractère amène une touche supplémentaire d’humour, ce qui n’est jamais superflu. D’un côté un Américain très flegmatique du genre galant escroc – pour une fois que Cavill ne fait pas que montrer ses muscles – et de l’autre un excité à la tête froide (6), le mélange est des plus savoureux.

S’ajoutent à ce duo la belle Gaby et le très british Waverly : nous avons alors un quatuor qui nous emmènerait vers de nouvelles et futures aventures…

 

Mais ceci est (peut-être) une autre histoire. Ou plusieurs. Ou rien.

Au choix ?

 

PS : à noter la présence de Jared « Moriarty » Harris, dans le rôle de Saunders, grand manitou de la CIA.

  1. United Network Command for Law and Enforcement : « Commandement Uni du Réseau pour la Loi et son Application », ça marche moins bien en français, « CURLA » ne veut rien dire…
  2. Trente ans… Déjà !?!?
  3. Allez voir par vous-même, je n’ai pas le temps de revenir là-dessus.
  4. Il fait d’ailleurs une courte apparition à la télévision.
  5. Voir à ce sujet OSS 117 : Le Caire, Nid d’espions.
  6. Je sais, ça semble relever de l’oxymore, mais ce n’est pas de ma faute si Kuryakin cache mal sa nervosité et a les pratiques d’un tueur de sang-froid du KGB… L’épisode des toilettes italiennes nous offrant une très belle ellipse, d’ailleurs.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guy Ritchie, #Sherlock Holmes
Sherlock Holmes : Jeu d'ombres (Sherlock Holmes: a Game of shadows - Guy Ritchie, 2011)

Sherlock Holmes (Robert Downey Jr.) et John Watson (Jude Law) sont de retour. Ainsi que la belle Irene Adler (Rachel McAdams) et l’inspecteur Lestrade (Eddie Marsan).

Mais si ces deux derniers ne font qu’une courte apparition, nous avons le plaisir de rencontrer deux nouveaux personnages : Mycroft Holmes (Stephen Fry), frère aîné de Sherlock et le célèbre professeur Moriarty (Jared Harris), méchant patenté, qui n’est plus une ombre.

 

C’est donc reparti pour une nouvelle aventure (la dernière semble-t-il, tout du moins avec cette distribution…) d’un des duos les plus célèbre de la culture populaire mondiale. En effet, Holmes et Watson ne sont pas seulement des héros de papier : la réplique de Holmes (élémentaire…) est sur toutes les lèvres dès qu’on parle de lui ou qu’une situation quotidienne paraît évidente. C’est le plus grand détective de la littérature, et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Hercule Poirot (allez relire Agatha Christie).

Mais revenons au film. Guy Ritchie reprend l’intrigue quelques temps après la fin du film précédent, et surtout nous présente le seul rival possible de Sherlock : le professeur Moriarty*.

Nous avons affaire à un personnage extrêmement bien armé, un négatif du détective. Lui aussi est brillant et le sait, mais là où Holmes entend rendre justice et préserver la paix, Moriarty assassine impunément et entend semer la guerre. C’est un méchant magnifique, digne de Conan Doyle : on retrouve le flegme britannique additionné d’un grand sang-froid et d’une attitude réservée voire glaciale, comme sait l’être un gentleman. Tout comme Holmes, il ne cède pas à l’émotion, poursuivant sans relâche son objectif létal.

Et leur confrontation finale est une explosion de déductions – élémentaires (bien sûr) – pour eux, reprenant la méthode holmésienne de combat, anticipant chaque mouvement en fonction de son contexte. Le tout dans un ralenti qui a tendance à un peu trop être présent dans le film.

Certes, ce ralenti nous permet de mieux apprécier la même scène en vitesse normale, mais ça devient lassant à un moment.

 

Mais si l’opposant est réussi (et comment** !) l’adjuvant – Mycroft – l’est tout autant. Stephen Fry a l’allure du Mycroft dessiné par Sidney Paget pour le Strand Magazine, ainsi qu’une attitude so British encore plus caractéristique que celle du docteur Watson, ce dernier cédant tout de même à ses émotions (il se marie !). Mycroft est très certainement pire que Sherlock, toujours imperturbable mais l’esprit éternellement aux aguets. Sa façon de déambuler dans sa demeure en présence de Mrs Watson vaut vraiment le coup d’œil.

 

Quoi qu’il en soit, nous assistons à une conclusion de leur « relation » – « partenariat », préfère Watson) – qui va dans le sens de l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle : Moriarty et Holmes sont engloutis par la cataracte de (Reichenbachfall dans le roman). Mais cette relation va se terminer dans une apothéose de péripéties merveilleuses, allant de l’enterrement de vie de garçon de Holmes à la véritable lune de miel de Watson et Madame (Kelly Reilly).

Nous retrouvons le sel de ce qui fit notre bonheur dans le premier film : l’intrusion inévitable de Holmes dans la vie de Watson, comme celle d’un ancien amant délaissé. Oui, j’exagère un peu. Mais tout de même, leur dernière activité commune est une valse dont la conclusion résume cette relation particulière. Un grand moment, bien que court.

 

Une dernière enquête magnifique pour un personnage qui ne l’est pas moins.

 

 


 

 

 

 

* Mycroft aurait pu être cet égal s’il n’était encore supérieur à son frère, droit d’aînesse (pourquoi pas) exige.

 

** Condition sine qua non d’un bon film !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guy Ritchie, #Sherlock Holmes
Sherlock Holmes (Guy Ritchie, 2009)

Une loupe.

Une pipe.

Un violon.

Sherlock Holmes est de retour au cinéma.


Après John Barrymore, Basil Rathbone ou encore Robert Stephens (pour ne citer qu’eux), c’est Robert Downey Jr. qui reprend le rôle du détective le plus célèbre. Et en plus, il nous gratifie d’une interprétation somptueuse. Il faut dire qu’il est bien entouré : avec Rachel McAdams (Irene Adler) et Jude Law (John Watson),  ils composent un trio qui donne un sacré coup de jeune aux aventures du héros de Sir Arthur Conan Doyle.

 

Parce que Guy Ritchie – britannique, cela va de soi – réussit à redonner vie à ce personnage mythique en reprenant un peu l’esprit des livres de Sir Arthur.

Certes, nous sommes en pleine ère victorienne (Le Tower Bridge ayant été mis en service en 1894, on peut dater la période aux alentours de 1890), mais malgré tout, Holmes est un personnage moderne qui ne répugne pas à utiliser ses poings pour réussir.

Alors que Basil Rathbone a amené le côté flegmatique du personnage qu’on lui connaît, ici, on brise les standards et on fait de Holmes un homme jeune, loin d’être coincé, mais l’esprit toujours aiguisé. Et puis, de toute façon, Downey étant américain, il partait avec un désavantage sur Rathbone, britannique s’il en fut.

L’autre bonne surprise, c’est Watson. Là, pas de problème, c’est un autre véritable britannique : Jude Law.

Makis alors que Watson nous apparaît comme un médecin bien pépère, un tantinet bedonnant et au flegme légendaire, nous avons la surprise de découvrir un docteur flegmatique certes, mais absolument pas sur le modèle attendu.

Watson est encore un jeune docteur, mais jouit tout de même d’une bonne réputation.

 

Il y a un autre détail étonnant : Watson quitte le 221B, Baker Street, pour un nouveau logement en vue d’un mariage ultérieur.

Oui, Watson quitte Holmes. Pour une femme. Et cette rupture, même si elle est programmée et autant que faire se peut effective, n’en revient pas moins souvent dans les rapports entre les deux amis. Il y aurait une dose d’homosexualité – latente – que je n’en serais pas surpris. Les producteurs non plus puisqu’ils ont de mandé  Guy Ritchie de cesser les insinuations s’il voulait pouvoir tourner une suite.

Il est clair que le lien entre Holmes et Watson est plus fort que dans certaines versions précédentes. Mais il n’en demeure pas moins que ce lien, malgré ce mariage imminent, ne pourra jamais être sectionné. Il ne peut y avoir de Holmes sans Watson : pour sa patience, pour son esprit plus pragmatique, et surtout pour son indispensable aide dans les enquêtes.


Et là encore, Watson nous montre que dans les grandes écoles anglaises, on ne fait pas qu’étudier la médecine. Les sports y sont pratiqués (combat, tir…) et se révèlent nécessaires dans ces nouvelles aventures du duo.

Mais si le flegme a quitté Holmes, il n’en va pas de même pour Watson, toujours impeccable, même dans les coups durs.

Mais la présence de femmes autour de nos deux gentlemen donne aussi un caractère authentique à leurs aventures. En effet, Watson aime une femme et compte bien l’épouser, malgré les critiques et stratagèmes de Holmes pour le discréditer auprès de sa bien-aimée.

Mais si Watson est amoureux, on peut en dire de même de Holmes, épris fébrilement de la belle Irène, mais n’avouant jamais qu’il en va ainsi, gardant enfouis en lui ses sentiments pour la belle aventurière : on est britannique ou on ne l’est pas.

Alors on suit avec beaucoup de jubilation cette histoire de Britanniques dans une époque hautement caractéristique et si propice au cinéma. Londres retrouve son lustre de la deuxième moitié du XIXème siècle sans pour autant faire oublier ses quartiers louches des bords de la Tamise.
 

Alors Ritchie déroule. Ca s’enchaîne dans un rythme effréné certes, mais ponctué de cet humour britannique cher au réalisateur. De plus, les dialogues rythment souvent l’action (à moins que ce soit le contraire), donnant encore plus de force à cet humour très particulier, mais tellement bon.

 

Bref, une belle réussite, n’est-elle pas ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Comédie, #Guy Ritchie
Snatch (Guy Ritchie, 2000)

Un diamant (84 carats).

Un flambeur à quatre doigts :  Franky « Four Fingers » (Benicio del Toro).

Deux bookmakers noirs : Vinny (Robbie Gee) & Sol (Lennie James).

Un conducteur maladroit : Tyrone (Ade).

Un russe qui évite les balles : Boris Bullet Dodger « The Blade » (Rade Serbedzija).

Un Anglais au dents de plomb : « Bullet-Tooth » Tony (Vinnie Jones).

Un caïd myope : Brick Top (Alan Ford).

Tommy (Stephen Graham).

Turkish (Jason Statham).

Des Manouches.

Un chien.

Et des cochons. Qu'il faut bien  nourrir...

 

Difficile de raconter une telle histoire. Toujours est-il que Turkish & Tommy organisent des matches de boxe interdits, auxquels participe Mickey (Brad Pitt), le champion des manouches ; et un diamant est volé à Anvers. Celui de 84 carats.

En gros, il s'agit de récupérer le diamant. Tous sont concernés sauf Tommy, Turkish et les manouches.

L'histoire est aussi décousue que la liste des participants. Mais malgré tout, on suit. On suit, mais surtout on s'amuse.

Parce que Guy Ritchie nous promène dans un milieu improbable ou des gens - eux-mêmes improbables - se rencontrent autour du prétexte : le diamant. Il passe de mains en mains et même ailleurs !

 

Et ce sont les personnages qui sont les plus intéressants. C'est une galerie des horreurs mâtinée de bras cassés. Chacun est dans l'illégalité : de Turkish et Tommy, petits escrocs, à Brick Top, grand ponte éleveurs de cochons (il faut pouvoir faire disparaître aisément des cadavres...), en passant par Vinny, Sol & Tyrone, trio de Pieds Nickelés franchement minables et maladroits. Le tout à Londres, donc avec la retenue et le flegme légendaires des sujets de Sa Gracieuse Majesté.

 

Mais là où est le talent de Ritchie, c'est dans la narration. Tout a son importance. Du fait le plus important - le braquage initial qui entraîne toute l'intrigue du film - au plus infime détail - Tommy jetant par la fenêtre le brick de lait de Turkish.

Parce qu'il n'y a pas de petit détail. Tout est pertinent et ne peut être enlevé sans altérer l'histoire voire l'arrêter.

Et si l'on excepte Tommy et Turkish, somme toute assez insignifiants et presque normaux, on a une ribambelle de dingos assez extraordinaires, avec en tête Brad Pitt, manouche psychopathe au langage assez déroutant (surtout en VO !), et Brick Top, caïd aussi froid qu'il est terrifiant .

 

C'est un film totalement délirant, rythmé par quelques musiques bien choisies dont le Golden Brown des Stranglers et son rythme ternaire,  entraînant Tommy (et Turkish, bien sûr) dans un tourbillon qui ne s'arrêtera qu'avec le film !

Un petit bémol toutefois, le rythme parfois un peu trop rapide de certaines séquences qui a parfois tendance à nous assommer, à l'instar des boxeurs à poings nus de Turkish et Tommy.

Pour le reste, un film très british, où supprimer un chien, pour un tueur de sang-froid, est parfois plus difficile que de tuer Boris, le bien nommé Bullet Dodger !


Et, en prime, un générique habile où tout se passe à travers les moniteurs de la vidéo-surveillance !

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