Bleu ou rouge ?
Telle est la question essentielle du film.
Le bleu : la valeur sure, pas de souci, un monde connu et éprouvé. La sécurité avant tout.
Le rouge : l'inconnu, l'incertain. Mais surtout : la vérité, le progrès. Avancer.
De cette dichotomie colorée, le monde. D'un côté ceux qui vivent, qui suivent. De l'autre, ceux qui savent, qui ne se laissent pas faire.
Il y a un parallèle politique évident : d'un côté le monde conformiste de droite (bleu), et de l'autre, le monde incertain de gauche, celui de la vérité pas toujours évidente à voir ou a trouver (rouge).
Un peu sommaire comme résumé ? Peut-être. Et pourtant. Si on regarde à l'histoire politique d'après guerre (39-45), ,on s'aperçoit que la majorité des scandales étouffés l'ont été sous des gouvernements de droite. Attention tout de même : l'arrivée d'une gauche au pouvoir n'a pas non plus amené la vérité. Mais les scandales se sont réduits (l'homme étant ce qu'il est, on ne peut pas complètement éliminer cet aspect).
Pourquoi cette digression ?
Depuis la mort de J. F. Kennedy, une théorie n'a cessé de se développer - à tort ou à raison, nous ne sommes pas là pour en débattre - se basant sur un axiome : on nous cache quelque chose. Cette théorie du complot s'est installée et n'a cessé de se développer, surtout avec l'avènement des nouvelles technologies, permettant à chacun un accès immédiat aux images - sans toujours de discernement - et donc à ce qui pourrait être l'information.
Nous y sommes : la manipulation de(s) masses.
Ici, nous atteignons le summum du complot : le monde lui-même n'est qu'illusion. Pas de complot politique étouffé par une oligarchie. Non. La véritable arnaque, c'est que nous vivons dans un monde binaire (0 ou 1), régi par les machines : la Matrice.
Et puis est arrivé Thomas A. Anderson, dit « Neo » (Keanu Reeves). L'Elu. Celui qui doit se battre contre et triompher de la Matrice. En face de lui, des entités physiques générées par cette Matrice, avec en tête Smith (Ugo Weaving). Un combat à mort - bien entendu - s'engage. Et question combat, on est servi. C'est un déluge de tirs d'armes à feu et de close combat. Un véritable ballet. Et, là encore, à un moment, on arrive à saturation. Les ralentis n'y changent pas grand chose.
Toujours est-il que ce film se suffit à lui-même. Mais, bien entendu, un tel filon ne peut appeler que des suites (deux). Et derrière cette Matrice, c'est avant tout la liberté individuelle qui est en jeu : peut-on, doit-on tout accepter ? Jusqu'où laisserons-nous la technologie prendre possession de notre vie ?
Près de vingt ans après, Elon Musk pousse un cri d'alarme : l'Intelligence artificielle est le « plus grand danger pour la civilisation humaine ».
Et si finalement, les frères/sœurs Wachowski avaient eu raison ?
Vous reprendrez bien une petite pilule ? De quelle couleur ?
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