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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joel & Ethan Coen, #Comédie
The big Lebowski (Joel & Ethan Coen, 1998)

Il est difficile de parler de ce film, tant il est riche.

Tout commence par un quiproquo improbable : peut-on décemment confondre Jeffrey Lebowski, riche homme d’affaire flanqué d’une femme de cinquante ans plus jeune, avec Jeffrey Lebowski, dit the Dude, his Dudeness, the Duder, ou encore El Duderino (Jeff Bridges) ? Hein, peut-on ?

Toujours est-il que c’est le départ d’une histoire rocambolesque qui se résume à une seule question :

« Où est l’argent ? » (Vous pouvez glisser dans la phrase des mots grossiers si vous le souhaitez)

 

Alors nous suivons le Dude. Il ne travaille pas, porte des tenues pratiques et des lunettes noires, et surtout, il est cool. Jamais personnage ne fut plus cool. Même Steve McQueen. Quand il a du temps libre, il fait un tour en voiture, joue au bowling ou fume un joint. Puisque je vous dis qu’il est cool ! Alors quand deux types débarquent chez lui, lui mettent la tête dans la lunette des WC et en prime urinent sur le tapis, ça ne peut plus aller : il lui faut un nouveau tapis !

C’est comme ça que Jeffrey Dude Lebowski va rencontrer son homonyme.

 

Mais au-delà de l’intrigue, ce sont les personnages qui donnent toute la saveur au film :

  • Walter Sobchak (John Goodman) : vétéran de la guerre du Viet Nam, qui ne peut envisager chaque moment de la vie que comme une conséquence directe de ce conflit. Joue au bowling avec un revolver dans son sac. Cela évite la contestation.
  • Theodor Donald Donnie Kerabatsos (Steve Buscemi) : autre joueur de bowling. Ne dit pas grand-chose, et de toute façon, les deux autres lui disent toujours de se taire.
  • Maude Lebowski (Julianne Moore) : fille de l’autre. Peintre contemporaine à la recherche d’un géniteur pour son enfant.
  • Bunny Lebowski : jolie fille qui n’a pas épousé l’autre que par amour. Possède une voiture dont la plaque minéralogique est – bien entendu – « LAPIN ».
  • Les nihilistes : ex-formation musicale allemande, qui malgré leur idéologie aimerait quand même récupérer l’argent.
  • Jesus, enfin (John Turturro) : n’a absolument rien à voir avec l’intrigue pécuniaire. Il ne fait que jouer au bowling (très bien d’ailleurs), mais surtout, il porte une tenue de jeu magnifique et surtout a LA réplique du film : « Nobody fucks with the Jesus ! »

Avec tout ce beau monde, on assiste à une véritable épopée. Le film enchaîne des situations et des répliques qui sont devenues cultes avec en prime des scènes de rêve dignes de Lloyd Bacon ou Busby Berkeley.

 

Et puis il y a la musique :

Le Dude écoute Creedence Clearwater Revival, ou Bob Dylan, quand l’autre préfère le « Requiem » de Mozart. Et quand il demande à un chauffeur de taxi de changer pur ne pas entendre les Eagles, il se fait jeter hors du véhicule. Le summum du mauvais goût dudesque étant Jesus dansant sur une version Gypsy King de Hotel California !

 

Bref, un film extraordinaire, qui se redécouvre sans cesse.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mikael Håfström, #Fantastique

On aurait pu aussi appeler ce film L’Exorciste V : Le retour du fils maudit

C’est ici l’histoire d’un jeune homme (Colin O'Donoghue) qui aide son père, croque-mort de son état. Pour fuir le foyer, il s’inscrit au séminaire et est reçu : quatre ans loin de son père.

Mais au bout de ces années de théologie, à deux doigts de prononcer ses vœux, il envoie sa lettre de démission, qui est refusée, et on lui propose d’aller suivre un stage d’exorcisme à Rome. Là, il rencontrera un vrai exorciste : le père Lucas (Anthony Hopkins). Le problème : il n’a pas la foi. Mais à force de fréquenter le père Lucas, il l’acquerra et pourra pratiquer son premier exorcisme.

Le film commence par deux assertions : la première de Jean-Paul II rappelant que le diable est toujours là ; la deuxième annonçant que ce film est basé sur des faits réels. En effet, ici, pas de brume, pas de vomi : des faits** !

Mais c’est de là que vient le malaise. Nous n’assistons donc pas à une histoire d’exorcisme, mais à un docu-fiction, dont le propos est : ayez la foi.

Je ne rentre pas dans ce genre de prosélytisme.

Alors évidemment, ensuite, le film a un arrière-goût amer.

Dommage.

Revoyez plutôt l’Exorciste.

*Clin d’œil : il fait de la boxe.

**Clin d’œil : « vous vous attendiez à voir une tête se retourner ? »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Epouvante, #William Friedkin
L'Exorciste (The Exorcist - William Friedkin, 1973)

Ca commence au nord de l’Irak, vers Ninive.

On y trouve le père Merrin (Max von Sydow), archéologue. On y trouve aussi une médaille de St Joseph, et un bout de statuette d’un démon assyrien – Pazuzu, en l’occurrence, même s’il n’est jamais nommé.

Chris McNeil (Ellen Burstyn) est une actrice de cinéma. Elle vit à Georgetown avec sa fille Regan (Linda Blair), pendant un tournage.

Damian Karras (Jason Miller), enfin, est prêtre-psychologue à Georgetown, sa mère vit à New York.

Jusque là, rien que de très banal.

 

Et doucement, l’intrigue s’installe.

Ca commence par des bruits dans le grenier. Ensuite, ce sont des plaintes de Regan comme quoi son lit remue. Après, il y a les propos injurieux envers le médecin.

Et finalement, on en arrive à la conclusion qui donne son sens au film : Regan est possédée !

 

Mais ça ne vient pas tout de suite.

Avant d’en arriver à cette éventualité qui sent bon son Moyen-Age, Regan doit subir toute une batterie d’examens qui nous permettent de voir où en était la médecine américaine du début des années 1970. [Avec en prime, la prescription du célèbre Ritalin, qui ne fit pas que des heureux.]

Mais quand les signes paranormaux apparaissent sans plus aucun doute possible, alors l’appel est fait à l’exorciste : le père Merrin.

 

L’intérêt du film ne réside pas dans l’exorcisme en lui-même, mais dans la lente évolution de la situation vers cette extrémité. En tant que spectateur (attendant l’exorcisme), on ne peut que se désoler de voir ces médecins essayer de raisonner sur un cas irrationnel. Voire refuser ce quel leurs yeux voient. Le médecin de famille assistant à une manifestation violente refuse une explication irrationnelle et s’en tient à son traitement (ritalin).

Les effets spéciaux sont là (un tantinet outré, peut-être), le maquillage de Linda Blair est époustouflant.

 

Et William Friedkin prend son temps pour amener la possession. Rien n’est laissé au hasard : la présence de Pazuzu au début prend tout son sens à la fin. [Elle donnera en outre une possibilité de suite…]

Il n’y a pas le côté sensationnaliste digital et limite gore qu’on pourra trouver dans la « suite » de 2004.

 

Non. Rien de tout ça. Du cinéma, tout simplement.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marc Caro, #Jean-Pierre Jeunet

Quatre ans après, on prend (presque) les mêmes, et on recommence… Autre chose !

Caro et Jeunet sont toujours là, à la même place : l’un directeur artistique et l’autre metteur en scène. Dominique Pinon, Jean-Claude Dreyfus, Rufus, Ticky Holgado, Jacques Mathou et Dominique Bettenfeld sont aussi là, et bien là. Surtout Dominique Pinon, d’ailleurs.

Cette fois-ci, pas de décor post apocalyptique. Un port. Dans une cité où le soleil ne se lève jamais. Au large, une autre cité, une sorte de plateforme pétrolière surmontée de dômes.

Dans cette cité de fer, tout droit sortie de l’univers « steampunk », Krank (Daniel Emilfork, extraordinaire). En Allemand, Krank signifie malade. Et c’est ce qu’il est : un malade. Grand, chauve, cadavérique, à la diction particulière, il n’arrive pas à rêver. Alors, il fait enlever des enfants et s’introduit dans leurs rêves. Mais à chaque fois, il les pervertit et les transforme en cauchemar.

Autour de lui, d’autres sujets de laboratoire : Marthe (Mireille Mossé, étonnante, dans tous les sens du terme), une naine ; Irvin (voix de Jean-Louis Trintignant), un cerveau qui baigne dans un liquide amniotique et qui possède quelques fonctions sensorielles (vue, ouïe, douleur) ; et six fois Dominique Pinon, des clones !

L’autre pointure, après Emilfork, c’est Ron Perlman. Pour une fois (la seule !), à l’instar de Pinon dans Delicatessen, il a le rôle du jeune premier !

Parce que là encore, Caro et Jeunet ont réussi à utiliser un acteur à contre emploi. Ron Perlman – qu’on avait pu voir dans La Guerre du feu (il faisait un homme préhistorique !) puis dans le Nom de la Rose (il était Salvatore, un simple d’esprit difforme et bossu) – joue le rôle de One, un hercule de foire à la recherche de son « petit frère ». Il va rencontrer la (très) jeune Miette (Judith Vittet), et entre eux va se nouer une amitié un peu amoureuse très subtile, One malgré son allure de colosse, étant d’une délicatesse rare.

Comme dans Delicatessen, nous sommes dans un espace atemporel. Ce n’est d’ailleurs pas le plus important. Ce qui importe, c’est le décor. Ici, il est magnifique, rappelant en outre la vétusté de leur film précédent. Et puis la façon de filmer est la même : gros plans un tantinet déformés, attention particulière aux objets et autres détails, et scène de rêve distordue.

Alors que dans Delicatessen, le rêve n’était qu’une anecdote, ici, il est primordial.

Après l’avortement du tout premier au début du film, nous assistons à une plus longue séquence onirique vers la fin. En plus, elle est chargée d’une certaine émotion pendant l’évolution des personnages.

P. S. : Avec en prime, un hommage à Freaks de Tod Browning.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Yates, #Steve McQueen

Steve McQueen est Bullit.

Frank Bullit est un lieutenant de la police de San Francisco.

Et comme Steve McQueen est Bullit, alors Bullit est cool. Même en pyjama.

A l’origine, une banale histoire de protection de témoin. Mais tout est banal. Rien d’extraordinaire. C’est la façon de le montrer qui l’est. Bullit n’est pas un excité. Mais il est tout de même énergique. Il connait son boulot. Pas besoin de lui expliquer. Il ne se laisse pas faire, sans pour autant s’énerver. Alors qu’il y aurait de quoi !

Mais quand on flingue son témoin, ça ne se passe plus. Il y a quelque chose qui cloche, et il veut savoir. Et il va savoir.

 

Bullit est un film policier différent. Du début à la fin, Peter Yates utilise un rythme faussement lent pour montrer l’enquête en cours.

Faussement lent parce que tout ne vient pas instantanément. Mais aussi parce que tout est plié en moins de deux jours, le temps d’un weekend.

Mais là où dans un film policier, l’intrigue est essentiellement resserrée sur l’enquêteur, ici, le contexte est important. Il fait partie du rythme.

 

Bullit a son témoin à l’hôpital, certes. Mais l’activité dans cet hôpital a son importance. L’histoire que nous suivons est ancrée dans une réalité banale, quotidienne, où les gens vivent, s’aiment, souffrent. Ils ne sont jamais mis de côté. Chaque rebondissement est accompagné des réactions des témoins ordinaires, ceux qui vivent en même temps, qui sont présents sur les lieux.

Bullit est un flic efficace, certes. Mais il n’est rien d’autre qu’un être humain parmi tant d’autres. Il n’a jamais le statut de super-détective qu’on peut trouver dans d’autres films policiers. En plus de son boulot, il a sa propre vie à mener avec sa compagne Cathy (Jacqueline Bisset), témoin malheureuse d’un crime, qui l’amène à se poser des questions sur cette vie impitoyable que mène son compagnon.

 

Et puis surtout, il y a Steve McQueen. C’est lui qui porte le film, et il le fait admirablement. Pur produit de l’Actors Studio, il n’a pas besoin de parler beaucoup. Un regard, une attitude, et tout est dit. Son regard bleu est un discours à lui tout seul. Comme le disait Gloria Swanson dans Sunset Boulevard : « nous n’avions pas besoin de dialogue, nous avions nos visages. »

Parce que tout est là : Mc Queen est un visage. Et tout passe par là.

 

J’oubliais, nous assistons aussi à ce qui est – à mon avis – la deuxième plus grande poursuite en voiture de l’histoire du cinéma (la première étant le film Duel de Spielberg). Tout d’abord parce que celui qui est poursuivi – Bullit – se retrouve rapidement poursuivant. Et malgré la vitesse des véhicules, Peter Yates n’accélère pas le rythme de la narration. Cette poursuite à tombeau ouvert se déroule doucement. Pas besoin de rythme endiablé comme on peut le voir dans un James Bond ou n'importe quel film d'action des années 2010. Chaque détail compte. Rien n’est laissé au hasard (encore une fois).

 

Du grand art.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Otto Preminger, #Marilyn Monroe, #Western

Un western en cinemascope, ça ne se refuse pas. Surtout quand c’est Preminger qui est aux commandes. Sous ses ordres, deux pointures : Marilyn Monroe (Kay) et Robert Mitchum (Matt).

C’est un an avant deux films qui vont compter pour eux : Sept Ans de réflexion pour Marilyn, et La Nuit du chasseur pour Mitchum.

Mais nous n’en sommes pas là.

Ici, c’est du western, du vrai, en format large. Alors on en a plein les yeux : des paysages plus ou moins hostiles, mais toujours grandioses.

On a droit aussi au village de tentes des prospecteurs, où les bâtiments importants (saloon) ne sont que des tentes plus grandes. Et quand Matt y arrive, c’est en même temps qu’un pasteur en mission pour les Indiens, mais qui finalement ferait mieux de rester s’occuper des « hommes blancs ».

Et puis il y a la rivière. C’est l’autre personnage du film. Elle est sans cesse présente. Matt devra y plonger pour sauver le radeau, nous permettant de voir des plans tumultueux de cette rivière aux rapides terribles. Et quand tout est terminé, quand Marilyn est de retour au saloon, que chante-t-elle ? Oui. La rivière.

Mais ce film, c’est aussi la rencontre improbable entre deux personnes totalement différentes. Ce qui les rapproche : Mark, le fils de Matt (Tommy Rettig). Ce qui les sépare : Weston, l’amant de Kay (Rory Calhoun).

Rencontre improbable, parce que quand nous voyons pour la première fois Kay chanter, tous les hommes du saloon écoutent religieusement sa chanson et ne la quittent pas des yeux. Pendant ce temps, Matt arpente la salle à la recherche de son fils, sans jamais lever les yeux vers elle. Sans parler du mépris réciproque concernant leurs conditions : elle « chanteuse » de saloon, et lui, sortant d’une peine de prison pour meurtre.

Quand, n’ayant plus d’autre alternative, ils décident de descendre la rivière fatale, une certaine animosité s’installe entre eux deux. Mais plus ils descendent dans la rivière, et plus leurs sentiments l’un envers l’autre s’élèvent. Et s’il n’y avait Weston, peut-être que leur relation serait différente.

Alors nous suivons leur périple jonché des dangers incontournables du western : Indiens hostiles (attaque de la ferme, du radeau), nature hostile (rivière, puma, vautours…), cowboys hostiles (Colby & Benson).

Il y a même l’explication finale au pistolet, dans la rue, mais là, Preminger va prendre le contre-pied des conventions habituelles. Et c’est tant mieux.

Alors, là encore, on savoure. On savoure la nonchalance et l’amour pour son fils de Robert Mitchum, ours au cœur gros comme ça. Et puis on savoure la voix sensuelle et chaude de Marilyn, même quand elle chante Down in the Meadow !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean-Pierre Jeunet, #Marc Caro, #Comédie dramatique

Etrange et pénétrant. Tel sont les qualificatifs qui me viennent à l’esprit quand je pense à la première fois que j’ai vu ce film. Ca ressemblait à du Gilliam – tendance Brazil – mais avec un côté distordu. Comme si on était allé plus loin que Brazil. Et puis finalement, c’est autre chose.

Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet – transfuges de la BD – ont réussi à faire autre chose.

Nous sommes dans une période post apocalyptique. Que s’est-il passé : bombe atomique ? Réchauffement climatique ?

 

Toujours est-il qu’il ne reste rien que des bâtiments. Aucune végétation. Et des humains. Naufragés sur une île [du latin insula, terme qui désignait aussi un immeuble].

Et dans cet immeuble, on survit comme on peut. Heureusement, au rez-de-chaussée, il y a une boucherie avec son enseigne : « Delicatessen ».

Et Louison débarque dans ce microcosme. C’est l’homme à tout faire qui vient d’être engagé. Il faut dire que l’ancien employé a tenté de s’échapper, et rattrapé par le boucher, a permis de durer une semaine, sans compter le bouillon… Parce que dans cette boucherie, on ne sert pas de la viande animale (rappelez-vous, il ne reste rien).

 

Alors Louison fait ce pourquoi il a été engagé : il retape l’immeuble, sous le regard envieux de ses habitants…

Il est difficile de dater l’histoire du film : on pense aux années 50 (avec la télévision en noir et blanc et ses publicités ineptes, aux années 40 (les « Troglodistes » sont vilipendés sur des affiches rappelant celles de l’Etat Français), et tout à coup, on éteint la télévision avec une télécommande (sans fil !)

Mais peu importe la période. Ce qui nous réjouit, c’est le rythme.

La caméra montre une ouverture et hop, elle s’y engouffre et scrute ce nouvel espace. [Le générique est une merveille]

 

La musique, aussi, apporte une dynamique et est aussi source de comique : le rythme des ébats amoureux détermine celui de l’activité des autres locataires ; la musique hawaïenne permet de découvrir un ressort défectueux, non sans avoir auparavant improvisé une petite chorégraphie sur le lit !

Ce film est aussi la revanche des seconds rôles : tous les acteurs du film – ou presque – ont déjà joué au cinéma, mais jamais dans de telles proportions. Jean-Claude Dreyfus (le boucher), a été remarqué pour des publicités (tout comme Maurice Lamy) ; Ticky Holgado (Tapioca), Jacques Mathou (Roger Kube), Rufus (Robert Kube), Howard Vernon (Potin) Edith Ker (la grand-mère) et bien entendu l’incontournable Dominique Zardi (le taxi), tous ont une longue liste de seconds rôles dans les années (voire décennies) précédentes.

 

Mais la palme revient à Dominique Pinon : un acteur qu’on ne peut pas qualifier de beau, dans le sens hollywoodien, réussit à être, pendant quatre-vingt-dix-neuf minutes un magnifique jeune premier. Il en est même beau, physiquement et moralement.

Parmi les nouvelles têtes, une sacrée actrice : Karine Viard.

Si Caro est « directeur artistique », il est clair que c’est Jeunet qui filme : tout est en place pour les films qu’il tournera en solo. Le cadrage, les détails, les teintes.

 

Ce fut une grande claque à sa sortie en 1991. Le plaisir est toujours intact.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Guédiguian

Chez Guédiguian, il n’y a pas de super-héros. Que des êtres humains. Marius et Jeannette étaient humains, le promeneur du Champ de Mars aussi. Alors évidemment, dans ce film, il n’y a que des humains.

Et peut-il en être autrement ?

Peut-être, au regard de la situation. Pendant l’Occupation, peu étaient ceux qui résistaient. Mais qu’en plus, des gens d’origine étrangère se battent pour un pays qui « n’était pas le leur » relève d’un haut degré de sacrifice. Et puis les héros, ce sont ceux qui sont morts, les autres survivent.

Parce que là, les personnages que l’on suit vont mourir. On le sait avant le début du film, tout le monde a en mémoire l’Affiche rouge reproduite dans les manuels scolaires d’Histoire.

Alors nous allons suivre ce groupe de vingt-deux hommes et d’une femme pendant trois ans. Le temps qui a séparé le début de l’offensive allemande en Russie et leur arrestation.

D’ailleurs, le film commence au moment de leur arrestation, quand ils sont convoyés vers le siège des Brigades spéciales– la Préfecture de Police – pendant que leurs noms sont cités avec la mention « mort pour la France ». On pourrait aussi ajouter mort par la France, vu que c’est cette organisation de l’Etat français qui les a livrés aux allemands.

Nous suivons donc leurs vies, leurs amours, leurs occupations. En particulier Missak Manouchian (Simon Abkarian) et Marcel Rayman (Sagamore Stévenin). Si Rayman était très jeune (18 ans au début du film), intrépide et tête brûlée, il n’en va pas de même pour Manouchian. Avant toute chose, il était poète et répugnait à prendre la vie d’autrui. Cette « éthique » sera balayée à la première action. Après, c’est bien connu, c’est plus facile.

Alors on suit – admiratifs, tout de même – ces vies brèves dont le destin était tracé.

Je ne m’étendrai pas sur les critiques historiques que le film a soulevées. Ca n’est pas mon propos. Il s’agit d’une histoire vraie, certes, mais c’est avant tout un film. Et le message est clair : ces gens-là se sont battus pour le pays qui les a accueillis, malgré l’hostilité des dirigeants de ce même pays.

Soixante-douze ans après leur exécution, ces hommes et cette femme sont toujours d’actualité. Si on étudie la liste des vingt-trois, que constate-t-on ? Seuls trois d’entre eux peuvent dire qu'ils sont « français . Les autres ? Ce sont des étrangers. Des gens qui ont fui leur pays pour différentes raisons, mais essentiellement pour échapper aux fascistes.

C’étaient des « migrants », quoi.

Pas mal, pour des migrants, non ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Martin Scorsese, #Robert de Niro

Une voiture qui roule dans la nuit. Au volant, Henry (Ray Liotta). A côté de lui, Jimmy (Robert de Niro), à l’arrière, Tommy (Joe Pesci).

Et puis dans le coffre, Batts (Frank Vincent), l’homme de trop.

Nous sommes en 1970. Depuis bientôt 15 ans, le trio travaille avec et pour Paulie (Paul Sorvino), le mafioso local.

Alors nous suivons l’histoire de Henry Hill, qui depuis son enfance a toujours voulu devenir gangster : la vie facile, le respect (apparent), l’argent qui coule à flot. Et cette histoire s’étale sur environ vingt-cinq ans. Et ce qui commence (presque) comme un conte de fées tourne doucement, mais inévitablement au cauchemar. C’est tour à tour Henry puis sa femme Karen (Lorraine Bracco) qui narrent les péripéties auxquelles nous assistons. Arrêtant carrément l’image, quand nous assistons à un tournant des relations entre les protagonistes.

D’homme de main, Henry devient décideur et le trio Henry-Jimmy-Tommy élabore des coups de plus en gros, et de plus en plus variés.

Oui, le film est violent. Il faut dire que le sujet n’est pas une bluette. Et puis à l’origine, c’est une histoire vraie. On retrouvera cette même violence dans Casino, six ans plus tard, avec les mêmes de Niro et Pesci. Pesci trouvant un autre rôle de dingue, encore plus violent.

Mais c’est Henry qui nous intéresse. Nous assistons à sa descente aux enfers progressive. Ses démêlés avec sa femme, avec ses « copines », ses trafics.

Et quand la situation s’enlise irrémédiablement, Scorsese envoie le rock : Gimme Shelter, Layla, Mannish Boy… Nombres de standards s’enchaînent pour accompagner la chute, jusqu’à l’issue inévitable aussi : dénoncer les autres pour se sauver.

Un autre atout du film est la reconstitution des différentes époques : les intérieurs, les vêtements et les coiffures des femmes évoluent avec le temps. Seuls les hommes évoluent peu, les cheveux devenant de plus en plus blancs. [Par contre l’intérieur de Henry & Karen, dans les années 70, a tendance à piquer les yeux des spectateurs actuels…]

Il n’y aura même pas la rédemption chère au cinéma américain : Henry ne regrette qu’une chose, ne plus être gangster.

Parce que comme toujours chez Scorsese, le personnage essaie de sortir d’une condition, de s’élever (si on peut parler de s’élever dans une telle vie !). Mais la vie, inéluctablement le ramène à sa position initiale. Et Henry finira dans la peau de celui qu’il n’a jamais voulu être : un clampin comme les autres, qui croit vivre alors qu’il est déjà mort.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Pierre Granier-Deferre

Rouen, 1975.

Des colleurs d’affiches. Des gros bras ennemis : bagarre, coup de feu. Un mort. Un flic.

C’est Portor (Claude Brosset) qui a fait le coup. Portor, c’est un gros bras de Lardatte (Victor Lanoux), qui, lui, mise beaucoup sur l’élection qui arrive.

Mais avec ce mort, c’est la police qui met le nez dans l’histoire. Et la police est dirigée par Vergeat (Lino Ventura), un super-flic. Alors, évidemment, à un moment, ça va mal aller pour Portor, et par ricochet, pour Lardatte.

Nous sommes dans la France de Giscard d’Estaing, le milieu des années 70. C’est la fin des trente glorieuses. Le chômage n’est encore qu’un vague souvenir, il deviendra bientôt un fléau. C’est aussi la période du tout-auto : R16, 304, R12, et bien entendu le J9 qui sert de panier à salade. Et puis ce sont les cravates pour tous. Pas question encore d’avoir le cou libre.

Et du point de vue coiffure : rouflaquettes et cheveux un tantinet longs sont – bien entendu – de mèche !

C’est aussi la période du cinéma engagé. Celui qui dénonçait certaines dérives : policière, judiciaire, politique… Et ici, on n’y coupe pas : Portor, truand notoire, est employé par une homme politique pas très scrupuleux… Et c’est cette collusion que dénonce Pierre Granier-Deferre.

Enfin, c’est l’occasion de retrouver quelques grands noms du second rôle français : Tornade, Guiomar, Peyrelon, Beaune, Zardi, et même le figurant le plus vu de cette époque, Lionel Vitrant !

Alors on se laisse faire en suivant l’enquête de Vergeat/Ventura, flanqué d’un sacré partenaire : Patrick Dewaere. Flic nihiliste (quoique…), écolo et buveur : un sacré numéro, quoi !

Du beau cinéma français de cette période.

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