En pleine guerre froide, moins de deux semaines avant
Et dès ce premier opus, il y a presque tout : M (Bernard Lee) son chef de service ; Miss Moneypenny (Lois Maxwell) la secrétaire du précédent ; Felix Leiter (Jack Lord), l’agent de
Côté action, pas de problème : une poursuite en voiture sur une route escarpée ; de la bagarre ; une base secrète qui explose…
Et, ultime ingrédient : l’humour (britannique, évidemment) et l’ironie, dans un mélange savamment dosé et fort à propos.
Il ne manque plus que Q et ses gadgets ainsi que la réplique mythique : « Je m’appelle Bond. James Bond. » (1)
Mais ça viendra.
Harry Salzman et Albert R. Broccoli – les deux producteurs devenus légendaires – ont eu le nez franchement creux en achetant les droits à Ian Fleming et en lançant cette saga.
On y trouve tous les ingrédients susceptibles de plaire (voir ci-dessus), mais c’est surtout la présence de Sean Connery – c’est la première fois qu’il tient le haut de l’affiche – qui fait tout le sel du personnage.
Connery est grand et costaud – il a fait beaucoup de musculation – et il incarne le flegme (légendaire) britannique avec beaucoup de classe.
On a l’impression qu’il ne fait pas que jouer James Bond, mais que le rôle fut écrit pour lui, tant il évolue avec aisance dans ce personnage.
Là encore, il met en place les principaux caractères de son personnage (et qu’on retrouvera chez les autres acteurs qui reprendront le rôle) : il séduit les jolies femmes (il pourrait même citer Antoine Delafoy : « Je ne séduis pas, j’envoute. ») et trouve toujours un moment à leur accorder ; il est un joueur très habile et gagne beaucoup (ici c’est au Chemin de fer qu’il a du succès : financier ET féminin) ; il boit du Martini-vodka, au shaker (pas à la cuiller) ; et ne peut s’empêcher de marivauder avec la fidèle Moneypenny (qui n’a pas de prénom dans le film) ; et enfin il a des rapports assez particuliers avec M qui le considère comme un très bon agent quoi qu’un tantinet négligent.
Et puis il y a le Docteur No (Joseph Wiseman).
C’est le premier d’une longue série d’agents du Spectre – Special Executive for Counterintelligence, Terrorism, Revenge and Extortion – dont l’objectif fondamental est, bien sûr, la domination mondiale.
No est un métisse (père allemand et mère chinoise) et en l’occurrence un spécialiste du nucléaire : d’où ses deux prothèses manuelles, conséquence d’une trop forte exposition aux radiations.
C’est un homme très raffiné et extrêmement calme. Même dans les moments les plus tendus il se maîtrise. Il possède une très grande intelligence ainsi qu’un grand orgueil (3) – condition sine qua non d’un vrai méchant – et s’exprime avec un calme qui en devient inquiétant.
Bref, s’il n’était du côté des méchants, Bond et lui auraient peut-être beaucoup de choses en commun.
Mais, fort heureusement, il n’en est rien.
Evidemment, Bond gagne à la fin, les méchants sont châtiés et quand le film se termine, on se dit qu’on en reprendrait bien un peu…
Ca arrivera l’année suivante, avec Bons Baisers de Russie.
Mais, comme toujours, ceci est une autre histoire.
(1) “My name is Bond. James Bond.”
(2) Service Pour l'Espionnage, le Contre-espionnage, le Terrorisme, la Rétorsion et l'Extorsion (ils ont dû s’amuser pour trouver un équivalent français correct…)
(3) « Vanitas vanitatum et omnia vanitas… »
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