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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

david lean

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #David Lean
L'Esprit s'amuse (Blithe Spirit - David Lean, 1945)

« La bigamie, c’est quand on a une femme de trop, la monogamie aussi. » (Coluche).

 

Une femme de trop, c’est ce qu’il arrive à Charles Condomine (Rex Harrison)…

Auteur à succès, il projette un nouveau livre mystérieux et fait appel à Madame Arcati (Margaret Rutherford), medium, afin d’organiser une séance de spiritisme.

Celle-ci se passe tellement bien que la medium perd connaissance !

Et elle a aussi laissé des traces… St surtout une : Elvira Condomine (Kay Hammond), la première femme de Charles, qui est morte d’une pneumonie. Enfin plutôt son fantôme. Mais lui seul peut la voir et lui parler

Et Ruth (Constance Cummings), sa deuxième femme, se demande ce qu’il prend à son mari, qui se met à parler tout seul…

 

Encore, David Lean, qui vient de tourner sa Brève Rencontre (qui sortira cinq mois plus tard), s’est attaqué au théâtre filmé. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il s’en sort très bien.  Mais aurait-on pu en douter ?  Surtout que la pièce de Noel Coward (la troisième qu’ils adaptent ensemble) se prête magnifiquement au cinéma, ayant recours alors aux effets difficilement reproductibles sur une scène tous les soirs (1), surtout 1997 fois de suite (!) dans le West End !

Et Rex Harrison, qui n’est pas encore le professeur Higgins, est un magnifique Charles, british jusqu’au bout des ongles, ce qui est bien normal : nous sommes en plein cœur de l’Angleterre !

Et surtout, c’est Margaret Rutherford qui remporte tous les suffrages !

 

Non seulement, elle est une piètre médium, mais en plus possède, en tant que Madame Arcati, un fort pouvoir comique (involontaire, cela va de soi, sinon, ce ne serait pas drôle) ! On s’amuse de ses passes médiumniques extravagantes et rimées (rythmées, aussi, cela va de soi !), sans qu’elle perde toutefois jamais pied avec la réalité, surtout quand il s’agit d’un « Martini dry »… Et il faut tout le talent de Rex Harrison pour tenir le haut de l’affiche face à une telle interprète.

 

Bien entendu, les deux autres rôles féminins ne sont pas en reste, et si Ruth semble s’effacer face à cette revenante – qu’elle ne peut pas voir – cela ne dure pas.

Tant mieux pour nous d’ailleurs, mais celui qui en fait les frais, c’est bien sûr Condomine qui doit hisser drapeau blanc et faire cesser cette situation, semble-t-il, inextricable.

Alors on recommence avec Madame Arcati…

Mais je ne vais pas développer plus.

Sachez toutefois que Lean, réussit tout de même à sortir un peu ses interprètes de leur décor initial, nous évitant un huis clos presque inévitable.

 

Quoi qu’il en soit, on s’amuse de bout en bout, même près de quatre-vingts ans plus tard : nous sommes bien loin du drame qui va consacrer Lean (encore une fois avec une intrigue de Noel Coward) à la fin de cette même année 1945.

Alors profitons de ce répit léger, qui se déguste comme une de ces friandises, une de celles qu’on se garde pour soi et qu’on savoure en cachette, et qu’une fois goûtée, on ne peut plus y résister, jusqu’à la partager !

 

PS : C’est Noel Coward himself qui présente le film…

 

  1. Passer réellement à travers une personne, par exemple…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #David Lean
Docteur Jivago (Doctor Zhivago - David Lean, 1965)

La petite histoire dans la grande histoire

Celle de Youri Andreievitch Jivago (Omar Sharif) pendant une durée approximative de vingt ans. De 1913 au début des années 1930.

C'est un jeune homme qui finit ses études de médecine et qui est promis à un bel avenir. Il épouse celle avec qui il a grandi : Tonya (Géraldine Chaplin). Et puis la guerre éclate. Il part sur le front. C'est là qu'il rencontre celle qui va bouleverser sa vie : Larissa « Lara » Antipova (Julie Christie).

 

Jivago est l'homme des occasions manquées : il n'est jamais là où il faut, ni quand il le faut. Il est pour la Révolution mais n'est pas au parti ; alors qu'il rentre chez lui, il est emmené par les partisans pour deux ans... C'est un homme libre dans un pays qui ne l'est plus. Pis que cela, un poète.

Parce que Jivago est avant tout un humaniste. Il a des principes avec lesquels il ne transige pas, surtout quand il s'agit de l'ignoble Komarovsky (Rod Steiger).

Et puis il y a Lara. Elle est blonde aux yeux bleus, douce, et passionnée. Elle est tout simplement magnifique.

 

Nous assistons à une monumentale fresque dirigée de main de maître par un spécialiste du genre : David Lean. C'est aussi le troisième film de suite qu'il tourne avec Alec Guiness, ici narrateur et demi-frère de Jivago.

Et du roman, qu'ne reste-t-il ? La guerre civile qui suivit la Révolution de février puis le coup d'état d'octobre entrecoupe le récit des aventures picaresques de Jivago. A chaque déplacement intervient ce conflit, dans toute sa terrible réalité : une bataille interminable entre gens d'un même pays pour l'avènement d'une utopie qui éliminera ses premiers héros. Le passage du train à Minsk ravagée est un moment fort : ces victimes collatérales chassées de leur chez eux détruit est bouleversant.

Et puis il y a cet amour hors du commun entre ces deux êtres qui n'ont pas eu la chance de se rencontrer avant. On sait rapidement que cet amour, une fois qu'il sera assumé sera tragique. Il n'y a pas d'autre alternative. Jivago le sait tout de suite. Lara mettra plus de temps.

Enfin, il y a cette Russie éternelle : ces grandes étendues enneigées avec ses maisons aux dômes caractéristiques, alors que s'entend le son mélodieux des balalaïkas...

Russie éternelle recréée en Espagne !

Tout bonnement bluffant !


Alors on se laisse emporter par cette superbe histoire d'amour, dans des paysages quasiment surréels en fredonnant le thème de Lara...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Lean, #Guerre
Le Pont de la rivière Kwaï (The Bridge on the river Kwai - David lean, 1957)

« Qu'ai-je fait ? »

C'est toujours ce qu'on dit quand on réalise qu'on a fit une terrible bêtise (une c...) et que rien ne peut plus l'empêcher.

Et c'est ce que pense le colonel Nicholson (Alec « Obi-wan » Guiness), officier commandant une armée de prisonniers de guerre dans la jungle birmane, quand il réalise dans quelle situation il se trouve.

Mais il est trop tard. Quoi que...

Nicholson est colonel de l'armée de sa gracieuse Majesté George VI. Il commande une armée faite prisonnière « volontairement » des armées japonaise. Pourquoi ? On ne le saura jamais. Mais certainement pas pour construire un pont sur cette fameuse rivière.

Et pourtant, c'est ce que ces hommes vont faire. Un magnifique pont pour relier Rangoon (Birmanie) et Bangkok (Thaïlande).

Mais les Alliés veillent : il faut faire sauter ce pont !

 

Vingt ans après Renoir et la Grande Illusion, David Lean s'essaye au film de prisonniers de guerre, trois ans avant la grande Evasion mais déjà quatre ans après Stalag 17 où Wilder avait déjà décrit les conditions de vie des prisonniers alliés dans un camp allemand.

David Lean nous emmène dans la guerre du pacifique (celle que nous Français ne connaissons pas beaucoup), dans un camp japonais - réputé difficile, comme tous les camps japonais - dirigé d'une main de fer par le colonel Saïto (Sessue Hayakawa) - encore un colonel - en plein milieu de la jungle birmane. Les conditions de vie sont difficiles, il suffit de voir le nombre de tombes qui jonchent la voie ferrée et les abords du camp pour s'en convaincre. Mais Lean ne se concentre pas sur cet aspect. Il filme les vivants, et de deux d'entre eux en particulier : les deux colonels.

 

Ce sont deux officiers de même grade, mais ennemis. En plus d'être dans des camps antagonistes, ils appartiennent à deux civilisations totalement différentes, voire incompatibles.

D'un côté, le soldat oriental, adepte scrupuleux du Bushido (code d'honneur samouraï), intraitable, fier, guidé par l'honneur : Saïto.

De l'autre, le soldat britannique, respectueux de la convention de Genève, intraitable lui-aussi, orgueilleux, guidé par sa suffisance et son arrogance : Nicholson.

 

Ces deux hommes sont bouffis d'orgueil. Aucun ne cèdera avant l'autre, mais malgré tout, c'est Saïto qui flanche, pressé par le temps. Mais il ne veut pas perdre la face, alors il prend comme prétexte une fête nationale pour revenir sur ses positions et adoucir la vie des prisonniers. En clair : il abandonne la partie. dès lors, il dirigera le camp, mais pas autre chose. Il s'agit d'un coup d'état particulier : le commandement anglais a pris la tête des opérations, et Saïto n'est plus qu'un exécutant, répétant à chaque demande anglaise qui sera de facto satisfaite: « j'ai donné les ordres. »

C'est un revers terrible pour Saïto. Il est déshonoré. Dès que le pont sera inauguré, il sait ce qu'il lui reste à faire. Tout est prêt.

 

Et le film ne serait pas complet sans la partie commando, et surtout ses deux membres principaux : Shears (William Holden, toujours aussi bien), et Warden (Jack Hawkins), british jusqu'au bout des ongles. Une autre opposition de style entre ce Yankee et cet officier très supérieur.

Cette opposition est accentuée par le fait que Shears n'a pas d'autre alternative que de retourner là d'où il s'est évadé, frôlant la mort pendant son périple. Cette opposition, par contre, ira en s'atténuant, le devoir l'emportant sur les sentiments personnels.

 

Et toutes ces oppositions pour quoi, en fin de compte ?

Une escalade d'orgueil, d'arrogance et de futilité(s), si on regarde bien. On pourrait presque penser que le méchant n'est pas là où on le penserait, quand on voit l'attitude de Nicholson.

A chacun de se faire son idée.

 

Finalement, c'est Clipton (James Donald) qui a raison devant le résultat de toute cette opération : folie. Parce que ce n'est rien d'autre qu'une folie, la guerre. Et ce que nous venons de voir en est une démonstration magistrale.

 

Il n'empêche, quand le film se termine, une irrépressible envie vous prend de siffler...

... Ou pas !

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Lean, #Biopic

Un homme bichonne sa moto. Puis, il s’en va faire un tour. Il fonce. C’est un aventurier moderne.

Mais il y a des cyclistes imprudents. Il fait une embardée, qui l’emmène vers la cathédrale Saint Paul, où l’on peut admirer son buste de bronze.

Reste une paire de lunettes de pilote, se balançant à une branche.

Un mythe vient de mourir.

T. E. Lawrence était devenu un mythe. Celui qui n’était un petit officier un peu fantasque était devenu un grand unificateur de l’Arabie.

Et ceux qui en parlent, ne sont pas ceux qui l’ont connu. Car qui l’a connu ?

Ceux qui l’ont connu ne sont pas à Saint Paul, ce jour-là. Ils sont morts ou restés au Moyen-Orient.

Mais quel destin. Rien ne pouvait dire qu’il deviendrait ce grand personnage, si ce n’est sa connaissance du désert ou de la culture arabe.

Alors Lean déroule.

Ce n’est pas le premier « biopic ». Hollywood en a fait déjà beaucoup en 1962.

Mais cette fois-ci, ce n’est pas Hollywood qui commande, ce sont les Anglais, sous couvert de Columbia Pictures. Et quand les Anglais filment l’histoire d’un autre Anglais…

Et ce qui n’était que la vie d’un être au destin sans pareil devient une fresque d’un demi-dieu.

Seul Cecil B. DeMille avait donné autant de flamboyance à un destin hors norme, dans Les dix Commandements (1956). Mais c’était du domaine biblique, donc sacré.

Ici, pas de religion, ou si peu. Lawrence d’ailleurs refuse la prédestination religieuse et se veut maître de son destin et que les hommes autour de lui le soient aussi.

Comme chez DeMille, le désert est présent, mais pas dans les mêmes proportions. Ce qui pour Moïse était un lieu hostile, devient un lieu de prédilection. Jamais le désert n’a été aussi bien filmé.

Alors que d’habitude, on fait du désert un enfer, ici, cela devient un endroit grandiose. Tout est gigantesque.

Et les hommes ? A l’échelle de ce lieu démesuré : minuscules. Même dans le quartier général du Caire, les soldats ne sont que de petits êtres dans un lieu trop grand pour eux.

Lean prend le parti de les filmer extrêmement petits dans un lieu extraordinairement beau.

Et Lawrence réussit parce qu’il aime cet endroit. Alors que les Arabes déclarent aimer les lieux d’abondance et de verdure, Lawrence maîtrise le désert : il bravera les conseils pour retrouver un égaré à pied, et reviendra, malgré le peu de chances qui lui étaient concédées.

L’atout de ce film, c’est Peter O’Toole. Son premier grand rôle.

Il est grandiose. Plus Lawrence que Lawrence lui-même, peut-être. Et sa ressemblance avec l’original donne encore plus de vraisemblance à l’histoire.

L’autre atout, c’est une distribution de luxe : Omar Sharif (shérif Ali), Anthony Quinn (Auda Ibu Tayi), Claude Rains (Dryden), Alec Guiness (Fayçal), Anthony Quayle (Colonel Brighton), Jack Hawkins (Général Allenby)…

Tous utilisés à bon escient. Alec Guiness, le fidèle d’entre tous les fidèles, depuis Les Grandes Espérances (1946) joue un sheik tout en retenue et fidèle à l’éducation anglaise qu’il reçut au Caire ; Omar Sharif, nouvelle star du cinéma mondial, qui tournera à nouveau avec Lean dans Dr Jivago (1965) ; Claude Rains, dans un rôle de politicien retors comme il savait bien les jouer (etc…)

Bref, trois heures quarante-sept de flamboyance profane, le tout accompagné de la musique inoubliable de Maurice Jarre, autre compagnon de route de David Lean.

Du grand art. Un énorme moment.

PS : Et les femmes dans tout ça ? Il est clair que c’est un film d’hommes. Peu de femmes, voire pas du tout. Elles sont entraperçues dans le camp d’Auda, et une poignée d’infirmières investissent l’hôpital turc de Damas. Pour les reste, rien. Pas une seule.

Doit-on en conclure que Thomas Edward Lawrence ne les prisait pas ? Peut-être. Surtout quand Auda remarque que le shérif Ali pleure quand Lawrence quitte le prince Fayçal (Alec Guiness)…

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