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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

danny devito

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Batman, #Tim Burton, #Danny DeVito
Batman : Le Défi (Batman returns - Tim Burton, 1992)

Trois ans ont passé depuis que Tim Burton a renvoyé Batman sur les grands écrans : Gotham est toujours une ville gangrenée par le crime, Batman (Michael Keaton) doit toujours intervenir pour assurer la sécurité de ses concitoyens, et surtout, Vicky Vale (Kim Basinger) est partie !

Mais heureusement (pour nous) de nouveaux méchants sont arrivés : Max Schreck (Christopher Walken), homme d’affaires (très) louche qui veut mettre Gotham sous sa coupe (malfaisante) et un curieux personnage handicapé qui répond au nom d’Oswald Cobblepot, mais qu’on connaît surtout sous le pseudonyme du Pingouin (Danny DeVito).

 

Et autant vous le dire tout de suite, c’est bien le Pingouin qui attire toute l’attention, campé par un Danny DeVito en grande forme, maquillé avec brio par Shane Mahan (d’après la conception de Mark McCreety) et est presque méconnaissable (1). C’est en outre la première de plusieurs collaborations entre  lui et le réalisateur, avec à chaque fois des créatures différentes, qu’on n’appelle plus des « monstres ».

Et la grande différence avec le premier opus, c’est l’appropriation de l’univers de Bob Kane (2) par un réalisateur obsédé par la différence. La séquence d’introduction qui voit l’arrivée à la vie du Pingouin est dans la plus pure veine burtonienne : un décor gothique, des personnages au physique particulier (les parents d’Oswald : Diane Salinger & Paul Reubens) et qu’on enferme dans une cage. Quand à la demeure qu’ils habitent, elle n’est pas sans rappeler celle de La Famille Adams que Barry Sonnenfeld a porté à l’écran l’année précédente.

 

Mais (parce qu’il y a toujours un mais, c’est aussi là que le bât blesse : à force de s’approprier ce monde et d’en faire un univers burtonien, on arrive à un excès qui se traduit par certains jeux un tantinet outrancier : si le Pingouin est par essence exubérant, le personnage de Catwoman (Michelle Pfeiffer) en devient insupportable, et on préfère largement la (belle) prestation qu’en fera Zoë Kravitz trente ans plus tard.

Et dans l’ensemble, la bonne impression qu’avait laissé le premier film s’estompe : on ne retrouve pas la même atmosphère ni les mêmes références. Disparue la référence à Fritz Lang et son Metropolis : Gotham nous apparaît artificielle, voire en carton-pâte.

Et pourtant le budget a été doublé !

Et si l’artificialité se prêtait admirablement à son film précédent (Edward Scissorhands), il n’en va pas de même ici, et c’est bien dommage parce qu’en plus l’aspect grotesque prend le pas sur le reste et Batman devient alors un personnage presque secondaire : difficile de rivaliser avec un tel Pingouin !

 

Un dernier mot enfin. Le nom du personnage de Christopher Walken est bien sûr inspiré de l’acteur qui interpréta le formidable Nosferatu de Murnau. A l’instar de ce vampire qui aspire la vie (et donc l’énergie) de ses proies par une morsure dans le cou, il est dit ici que la réalisation de Schreck (une centrale électrique) va aspirer l’énergie de Gotham.

A son propre profit, cela va de soi…

 

PS : AU fait le titre original, c'est Batman revient. Moins vendeur semble-t-il...

  1. La taille caractéristique de l’acteur le trahit.
  2. Le créateur du Batman.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Jake Kasdan, #Danny DeVito
Jumanji: The next Level (Jake Kasdan, 2019)

Et de trois.
Enfin plutôt deux. Si le film de Johnston (1995) fut le premier, on ne peut le relier à ce film que par le jeu commun. Il s’agit ici essentiellement de la suite de Jumanji : Welcome to the Jungle, sorti il y a deux ans. On y retrouve les mêmes personnages – quatre ados envoyés dans un monde parallèle qui fonctionne comme un jeu vidéo (1) – mais avec quelques variantes : un nouveau niveau de jeu, quoi.

Nouveau niveau, nouveaux personnages : outre Spencer (Alex Wolff), Fridge (Ser’Darius Blain), Martha (Morgan Turner) et Bethany (Madison Iseman), on fait la connaissance d’un duo singulier : Milo (Danny Glover) et Eddie (Danny DeVito). Ces deux derniers ne sont plus des ados depuis longtemps puisque Eddie est le grand-père de Spencer. Milo, pour sa part, était son associé et son ami.

Tout ce beau monde est donc en route pour une nouvelle aventure et sauver Jumanji du chaos apporté par Jurgen the Brutal (Rory « Hound » McCann).

Et bien sûr, ils y parviennent en faisant la promesse que c’était la dernière fois qu’ils jouaient.

 

Encore une fois, il faut se méfier des séries, surtout d’un deuxième épisode. Malgré tout, Jake Kasdan (le fils de Lawrence), s’en sort avec les honneurs, réussissant une suite certes convenue – c’est un jeu vidéo et à la fin les protagonistes principaux doivent gagner – mais rafraîchie par la présence de deux nouveaux personnages et surtout des interversions dans les avatars : Dr. Bravestone (Dwayne Johnson), le héros absolu au regard de tombeur, est repris par Eddie, Finbar (Kevin Hart), le zoologiste est celui de Milo et le cartographe Oberon (Jack Black) est l’avatar de Fridge, bien déçu d’être ce patapouf barbu non endurant. Quant à Martha, elle est à nouveau l’irrésistible Ruby (Karen Gillan), aussi létale de sexy.

Bien sûr, les deux nouveaux joueurs amènent, de par leur décalage un élément comique nouveau pendant les deux tiers du film avant que ne sonne la fin de la récréation : chacun retrouvera son avatar de prédilection et nous pourrons alors assister à la dernière partie qui verra le triomphe inévitable de nos héros.

 

Alors en attendant l’issue inéluctable, on s’amuse de ses péripéties pour de rire, dans de somptueux décors dont un désert de dunes à perte de vue qui permet à Henry Jackman, le compositeur de la BO, de rendre hommage à David Lean (2).

On s’amuse, mais on se pose légitimement la question d’une suite, aussi drôle soit-elle. Surtout quand les choses se remettent en ordre (voir plus haut) afin de préparer à la fin : la rupture est un tantinet brutale et on peut regretter l’aspect un brin sérieux que prend l’intrigue.

Quant à la promesse finale de ne plus toucher au jeu Jumanji, il faut croire qu’elle n’engage que ceux qui y croient (3) : les producteurs ne semblent pas faire partie de ces derniers puisque on annonce une troisième aventure.

Hélas ?

 

  1. Normal, c’en est un.
  2. Vous devinerez facilement la musique originale…
  3. Comme disait Charles Pasqua.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Robert Zemeckis, #Danny DeVito
A la Poursuite du diamant vert (Romancing the Stone - Robert Zemeckis, 1984)

Angelina (Kathleen Turner) est menacée par l’infâme Grogan (Ted « Jason » White) : il veut son or et plus car affinités. Mais heureusement, elle portait dissimulé un couteau qu’elle envoie dans le cœur de son opposant, et une fois sauvée des frères de Grogan, le beau Jessie la sauve et l’emmène vers le bonheur.

Fin.

 

Enfin, fin du roman que Joan Wilder (Kathleen Kennedy) vient d’écrire et va porter à son éditrice (Holland Taylor).

A la poste ce matin, une lettre renfermant une carte que des méchants veulent à tout prix récupérer, si Joan veut pour sa part récupérer sa sœur (Mary Ellen Trainor, Mme Zemeckis à la ville) en échange.

Voilà donc Joan Wilder qui n’a jamais quitté New York sur la router de l’aventure, mais aussi sur celle de Jack T. Colton (Michael Douglas), ainsi que du dangereux Zolo (Manuel Ojeda) colonel et chirurgien mais surtout boucher notoire.

 

Avec ce film, Robert Zemeckis fut projeté en avant de la scène, enchaînant ensuite de nombreux succès dont le suivant Retour vers le Futur est emblématique de son cinéma : mêlant humour et scénario solide et un très bon sens du timing comme le montre dans ce film la descente forcée de Joan et Jack.

Bien sûr, ce film n’est pas sérieux. Mais sans tomber dans l’outrance du trio Abrahams, Zucker & Zucker (Top Secret cette année-là), Zemeckis réussit une très belle parodie du film d’aventure, mélangeant les ingrédients susnommés avec bonheur.

 

Il faut dire qu’on retrouve, outre l’emprunt au western d’introduction, tous les éléments des films d’aventure : un chasseur (Jack) solitaire (1) ; un méchant sadique (Zolo) ; deux truands à la petite semaine – un grand mince (Ira/Zack Norman) et un petit gros (Ralph/Danny DeVito) – et une belle nunuche (Joan) obligée, malgré elle, de vivre le destin de son héroïne la belle Angelina. Mais il faut avouer que traverser la jungle colombienne en talons aiguille n’est pas une très bonne idée (2).

 

On s’amuse beaucoup de cette intrigue qui (elle aussi) mêle avec bonheur les éléments des romans de Joan et sa véritable aventure, et quand se termine le film, on se demande alors quelle est la vérité entre ce qu’on a pu voir et ce qu’elle a pu écrire (3). Rassurez-vous, l’ultime séquence remet les choses au point et la fin est – pouvait-on en douter ? – heureuse.

Quoi qu’il en soit, Zemeckis nous emmène là où il veut et comme il le veut, le spectateur étant alors séduit par cette histoire qui en outre recèle des narcotrafiquants et des poursuites en voiture (avec une 4-L, s’il vous plaît) ainsi qu’une cascade et comme si cela ne suffisait pas des crocodiles. Ai-je parlé du pont qui enjambe une vallée avec rivière tout en bas ?

Bref, nous sommes gâtés et nous ressortons du film un sourire aux lèvres, comme c’est très souvent le cas avec les films de Zemeckis.

 

Par contre, le succès (mérité) amena des producteurs (dont Michael Douglas) à en faire une suite, avec le trio Kennedy-Douglas-DeVito. Et comme Zemeckis travaillait sur Retour versle futur, il ne put y participer : le résultat s’en fait sentir.

Et on en revient à la question habituelle : Une suite était-elle nécessaire ?

Franchement ?

Non.

 

  1. Il chasse les oiseaux pour les revendre.
  2. Un argument publicitaire du film à sa sortie.
  3. D’où le titre original qui allie l’émeraude et le métier de Joan qui mélange aventure et romance dans ses livres.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Danny DeVito, #Comédie
Balance Maman hors du Train (Throw Momma from the Train - Danny DeVito, 1987)

D’un côté Larry Donner (Billy Crystal), professeur de littérature, écrivain plus ou moins raté et surtout ex-époux de Margaret (Kate Mulgrew) qui est partie avec le livre qu’il avait écrit et en tirant au passage de juteux bénéfices.

De l’autre Owen Lift (Danny DeVito), élève au cours dispensé par Harry, écrivain en herbe donc, et tyrannisé par une mère on ne peut plus abusive (Anna Ramsey).

Le lien entre ces deux hommes : une envie irrépressible de se débarrasser de cette « femme de leur vie » fort encombrante.

Alors quand Owen annonce à son professeur qu’il a rempli sa part du marché en tuant son ex-femme, Larry sait qu’il a mis le pied où il ne fallait pas.

 

On pense à Hitchcock tout de suite devant intrigue où deux personnes s’échangent leur meurtre. Et Danny DeVito, dans c’est le premier film, ne s’en cache à aucun moment, amenant Owen au cinéma pour y voir Strangers on a Train qui traite de la même histoire, l’humour en moins.

Mais DeVito ne s’arrête pas à ce seul film, et si vous regardez bien, vous aurez aussi des références à Dial M for Murder ou encore North by Northwest.

Et au final, pour un premier film, c’est prometteur.


On s’amuse beaucoup de cette histoire encore une fois improbable et surtout du duo qui la mène : deux hommes que tout oppose sauf l’écriture, et encore là aussi ils ne jouent pas dans la même cour.

Mais il est une choser sur laquelle ils se retrouvent, c’est la mère d’Owen. C’est une harpie et encore je trouve que ce terme est un tantinet faible.

Il faut dire qu’Anne Ramsey est formidable dans ce rôle de mégère, amenant même le spectateur à avoir envie de la trucider tant elle est désagréable : vieille, moche et hurlante, elle a tout pour déplaire. Et Owen et Larry ne sont pas trop de deux pour éradiquer une telle menace.

Mais c’est une comédie, et tout va (à peu près) bien se finir, et si le titre n’est pas respecté complètement, ce n’est pas bien grave : tout ceci n’est pas sérieux, encore que…

 

Ce coup d’essai de Danny DeVito se révèle au final payant, le spectateur se laissant conduire dans cette intrigue-hommage avec beaucoup de grâce. Et la quand on étudie d’un peu plus près les différents noms qui ont participé au film, on comprend aussi pourquoi DeVito ne pouvait pas beaucoup se tromper : outre Anne Ramsey et Billy Crystal, on retrouve Rob Reiner qui fait une apparition comme agent littéraire, et aussi Barry Sonnenfeld derrière la caméra (1).

Et puisqu’on en est à la technique, on peut saluer le travail de montage de Michael Jablow qui réussit de très belles transitions passant d’un lieu à l’autre à partir d’un élément comment de ces deux lieux.

 

Pari réussi donc pour Danny DeVito, réussissant à jongler entre humour et mort, rêve et réalité, effleurant même l’émotion quand Owen montre sa collection de pièces de monnaie à Larry, n’étant plus alors seulement le faire-valoir de ce dernier.

Il réitèrera cela dans son film suivant : La Guerre des Rose, ou humour (noir) et mort (violente) seront à nouveau au rendez-vous.

 

 

(1) C’est derrière la caméra que Barry a commencé avant de passer à la réalisation, faisant tourner Danny DeVito à son tour dans Get Shorty quelques années plus tard (1995).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Curtis Hanson, #Danny DeVito
L.A. Confidential (Curtis Hanson, 1997)

Los Angeles (comme le dit le titre), années 1950s…

Alors qu’Hollywood vit son âge d’or, le LAPD (1) n’est pas au mieux : suite à une bavure, plusieurs flics sont mis à pieds – Bud White, officier plutôt impulsif – et certains même mis dehors – Dick Stensland (Graham Beckel) – suite au témoignage d’un jeune loup aux dents longues – Ed Exley (Guy Pearce) – dont le père lui aussi policier a été tué en service par un meurtrier inconnu.

Alors quand le même Stensland est retrouvé mort parmi les victimes d’un massacre dans un snack-bar, les policiers sont sur les dents. Mais cette tuerie cache d’autres enjeux que White et Exley vont tenter de découvrir, chacun de leur côté.

 

Il s’agit du troisième volet de la tétralogie de James Ellroy à propos de la police de Los Angeles. Comme dans le roman, nous sommes en plein dans les années d’après-guerre. Et Curtis Hanson recrée avec bonheur l’ambiance de ces années-là, mêlant avec habileté la police et la machine cinématographique, dont Jack Vincennes (Kevin Spacey) est le lien.

Ajoutez à cela le personnage de Sid Hudgens (Danny de Vito), journaliste de presse à scandale, et vous avez un film où policiers (et donc truands) cinéma et presse de caniveau ne font pas si mauvais ménage que cela.

 

En outre, nous avons une distribution des plus prestigieuses (évidemment) – même si à l’époque Russell Crowe est encore novice à Hollywood (2) – qui assure une interprétation solide, donnant au film un cachet d’authenticité indéniable.

On retrouve aussi – tout comme dans le roman d’Ellroy – le cachet de l’époque, voire les éléments de film noir qu’on pouvait trouver dans le cinéma de cette même époque. La grande différence étant que le code Hays n’était plus en action : les fusillades y sont donc beaucoup plus réalistes, et surtout, on ne lésine pas sur l’hémoglobine. Ce qui est tout à fait normal, une mort par balle(s) entraîne un certain débit de sang de la part de la victime.

Mais ne nous y trompons pas, si cadavres sanglants il y a, ce n’est pas, nous restons dans une mesure acceptable, mais surtout c’est en relation directe avec l’intrigue, subtilement élaborée par Hanson et Brian Helgeland.

 

C’est un film de haut niveau où même les seconds rôles sont interprétés avec brio, dépoussiérant un peu les films noirs de la même période. De plus, Kevin Spacey y joue un personnage ambigu mais dont on se méfie suite aux quelques rôles marquants qu’il a pu interpréter auparavant (The Usual Suspects ou encore Se7en). Malgré certaines craintes, les deux Australiens (Crowe & Pearce) s’adaptent parfaitement dans ces rôles de flics américains, soutenus par quelques « vétérans » (James Cromwell, Kim Basinger…) eux aussi au niveau.

 

Il n’est donc pas étonnant que ce film a été sélectionné par le National Film Registry pour être conservé dans la Bibliothèque du Congrès en 2015 : la maîtrise cinématographique, le jeu des actrices et acteurs ainsi que la reconstitution d’une époque en font un film incontournable.

De plus, ce film manie avec bonheur quelques éléments ironiques voire comiques : la narration de Sid Hudgens alors qu’il écrit ses articles donnent un certain recul alors que nous assistons à des morts très violentes ; et en prime, un épisode avec Lana Turner (Brenda Bakke) assez savoureux, rappelant en même temps ses amitiés particulières de cette période…

 

Un film à REvoir (3) avec toujours le même plaisir.

 

 

  1. Los Angeles Police Department.
  2. Cela fait moins de 2 ans qu’il tourne aux Etats-Unis, ayant quitté son Australie natale.
  3. Oh oui !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Sonnenfeld, #Gangsters, #Danny DeVito
Get Shorty (Barry Sonnenfeld, 1995)

Shorty, c’est Martin Weir (Danny DeVito).

Et s’il faut « avoir Shorty », c’est surtout dans un film.

Pourtant, ce n’est pas qu’une histoire de film à produire : avant tout, c'est une histoire de gangster, où le personnage principal, c’est Chili Palmer (John Travolta), un bailleur de fonds qui, lâché par son protecteur (crise cardiaque), doit récupérer une certaine somme d’argent d’un escroc à la petite semaine, Leo Devoe (David Paymer).

Mais ça, c’est l’intrigue initiale.

Parce que, bien entendu (1), ça ne se passe pas comme prévu.

 

John Travolta vient de terminer un film avec Tarantino quand il accepte un nouveau rôle de truand. Mais si Pulp Fiction reste dans une tendance sérieuse, il n’en va pas du tout de même ici.

Son rôle, aussi violent soit-il n’est jamais complètement sérieux. Et puis un truand cinéphile, ça ne court pas les rues…

Quoi qu’il en soit, on se régale avec cette comédie aux bases bien noires. Et la distribution y est pour beaucoup. Outre Travolta et DeVito, on peut croiser Gene Hackman, dans un rôle décalé par rapport aux personnages sérieux qu’il a l’habitude de jouer. Harry Zimm est un producteur souvent mal inspiré dont la production rappelle certains films de série B (voire plus loin dans l’alphabet) qui sentent bon les années 1950s… Mais qui sont tout de même contemporains de l’intrigue, la présence de Rene Russo dans ces films l’attestant.

D’une manière générale, Zimm est un abruti, pas toujours au bon endroit ni au bon moment.

 

Mais les véritables éléments comiques, il faut les chercher chez les truands, et pas seulement chez Chili Palmer.

En effet, outrez ce dernier, on rencontre un phénomène quand apparaît Ray « Bones »  Barboni (Dennis Farina). Dès la séquence d’ouverture, on a un échantillon de ce que va être le film, un chassé-croisé entre lui et Chili. Bones est un personnage aussi bête qu’inculte, incapable de prononcer une phrase sans y inclure le fameux « F-Word » (2). Sa rencontre avec Zimm est un sommet dans le genre.


Autres personnages réjouissants : Bo Catlett (Delroy Lindo) et Bear (James Gandolfini). Il n’en manque qu’un pour avoir les Pieds Nickelés, mais leur seule présence est suffisante pour déclencher le rire. Bo, sous ses dehors de caïd (et surtout sa carrure) est avant tout un truand minable (3), accompagné d’un ex-cascadeur peu efficace si on en croit ses deux premières rencontres avec Chili. Mais comme toujours avec ce genre de personnage, il faut se méfier.

 

Et puis il y a Shorty. Comme son nom l’indique, il n’est pas bien haut, mais son succès est inversement proportionnel à sa taille. C’est un acteur, un vrai, capable de tout faire, même s’il faut l’aiguiller longtemps. Sa performance lors de sa rencontre avec Chili est magnifique, égratignant au passage l’Actor’s Studio (4).

 

Barry Sonnenfeld, ici, nous offre un film réjouissant  et qui ne se prend jamais au sérieux, tout comme les acteurs (Travolta en tête) semblent éprouver du plaisir à cette parodie jouissive.

Avec en prime une magnifique transition finale avec une guest star inattendue bien que tout de même annoncée.

 

 

(1) Normal, c’est Barry Sonnenfeld !

(2) « Fuck » et toutes ses conjugaisons…

(3) Rendez-vous compte, sa salle de bain est rose !

(4) Gene Hackman y fut un élève.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tim Burton, #Comédie dramatique, #Danny DeVito
Big Fish (Tim Burton, 2003)

Edward Bloom (Ewan McGregor quand il est jeune, Albert Finney quand il est vieux) ne séduit pas, il envoute. Il a toujours une anecdote pour chaque moment de sa vie. Alors on l'écoute, et on se prend à rêver.

Pour son fils Will (Billy Crudup), c'est avant tout un baratineur. Il faut dire qu'il n'était pas là pour sa naissance, alors ça donne un motif de fâcherie. Et puis ses histoires, il les a tellement entendues qu'il s'en est lassé.

Mais maintenant, Edward est en train de mourir, et Will se dit qu'il serait temps de faire la paix. Même s'il faut pour cela l'entendre à nouveau narrer ses aventures abracadabrantesques.

Il se rend avec sa femme Joséphine (Marion Cotillard), qui elle, ne connaît pas toutes ces histoires...

Alors Edward raconte, une dernière fois, et nous spectateurs, découvrons ce monde (presque) fabuleux qui nous emmène de Ashton, Alabama à... Ashton Alabama. Mais en passant par Le Japon et la mystérieuse ville de Spectre où il n'était pas attendu si tôt ; rencontrant une sorcière (Helena Bonham Carter), Karl - un géant - (Matthew McGrory), Amos - un directeur de cirque - (Danny deVito), Jing & Ping - des siamoises - (Ada & Arlene Tai), et bien sûr celle qui sera sa femme : Sandra (Alison Lohman quand elle est jeune, Jessica Lange, quand elle est âgée).

 

Toutes ces histoires sont des prétextes. Prétexte à raconter pour Edward, prétexte à se fâcher pour Will. Mais Will n'a pas encore compris que son père ne vit qu'e par et pour ses histoires. Pour Will, c'est un tissus de mensonges sans cesse développé, renouvelé, embelli. Il ne supporte plus les élucubrations de ce père à l'imagination débordante. Mais pour Tim Burton, un personnage pareil est une aubaine. Son imagination débridée lui permet un véritable feu d'artifices d'images et de couleurs, dans des décors trop bien arrangés pour être vrais.

Mais c'est aussi l'occasion de s'arrêter sur les relations familiales entre un père encombrant et un fils avide de vérité quant à ses racines.

 

Les enfants ont toujours cette peur d'avoir été abandonnés à la naissance et adoptés par une autre famille. Ils ont besoin d'être rassurés, d'être confortés quant à leurs réelles racines. Et Edward n'est pas un parent très rassurant, racontant chaque épisode de sa vie antérieure comme s'il s'agissait d'une superproduction hollywoodienne, où tout s'enchaîne en dépit de la vraisemblance. Peu importe la vraisemblance, d'ailleurs, pour Edward, qui semble avoir fait sienne la citation de Boris Vian : « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. »

Et comme toujours dans ces cas-là, cette réalité virtuelle a une base très réelle. Il a suffi à Edward de grossir très légèrement sa réalité pour la rendre féérique.

 

Mais finalement, ne faisons-nous pas tous un peu comme Edward ? Quand nous racontons une (més)aventure qui nous est arrivée, n'enjolivons-nous pas la réalité (à notre profit, bien sûr) ?

Et pour Edward, raconter sa vie de cette façon, n'est-ce pas finalement faire preuve d'une forme d'altruisme : en sublimant la réalité pour son auditoire, ne la rend-il pas un peu plus facile à affronter, voire à supporter ? 

Quant au gros poisson du titre, il est là. Tout le temps.

Il suffit d'ouvrir son esprit, et il apparaîtra. Tout d'un coup.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Milos Forman, #Drame, #Danny DeVito
Vol au-dessus d'un Nid de coucou (One flew over the cuckoo's Nest - Milos Forman, 1975)

Une voiture arrive, dans le lointain. C'est le matin.

L'intérieur d'un dortoir, dans un hôpital.

Une porte. Grillagée.

L'infirmière chef vient d'arriver. Miss Ratched (Louise Fletcher, impeccable et imperturbable).

Nous sommes dans un hôpital psychiatrique, avec ses pensionnaires, ses infirmiers aux gros bras, ses habitudes.

Bref, un endroit bien défini, au rituel immuable.

Arrive alors Randall Patrick McMurphy (Jack Nicholson, inoubliable). C'est un truand à la petite semaine, violent, simulateur, et qui compte terminer son temps de détention tranquillement.

Mais si on sait quand on entre dans ce genre d'établissement, la date de sortie est la véritable inconnue. McMurphy l'apprend. A ses dépens.

 

Jack Nicholson est extraordinaire. Son personnage de faux fou est une réussite. Non seulement, il simule, mais en plus, son action déstabilise l'hôpital lui-même. Il en arriverait presque à soigner ses congénères. Mais la nurse Ratched veille et circonscrit tout débordement, on pourrait presque parler dans son cas de répression.

 

Parce que la folie de McMurphy, c'est son désir de liberté. Et cette folie est contagieuse. Mais Ratched - et l'institution - ne le voient pas du même œil, et quand cela va trop loin, une dose d'électrochocs remet les idées - et les pensionnaires - en place. On est obligé de penser aux méthodes des pays communistes dans cette histoire. Milos Forman avait réussi à quitter la Hongrie pendant l'écrasement du Printemps de Prague, mais le ressentir est toujours là. McMurphy est son porte-parole, Ratched et l'institution représentent son ancien pays qui réprima - parfois définitivement - les élans et aspirations de liberté.

 

Les patients de l'hôpital aussi valent aussi le détour. On y découvre de nouveaux venus dans le cinéma (Brad Dourif, Danny deVito, ou encore Christopher Lloyd), mais surtout de véritables gueules inquiétantes : Vincent Schiavelli et Michael Berryman, en tête (c'est le cas de le dire) !

Bref, des fous plus vrais que nature, dans des scènes qui sont devenues cultes : jeux de cartes, sortie en mer, fête nocturne...

 

Bien sûr, il y a l'affrontement entre McMurphy et Ratched. Nicholson a son visage de fou plus vrai que nature, auquel répond le visage impassible voire inflexible de Louise Fletcher. En plus de l'état policier hongrois, l'infirmière représente la société américaine de 1963 : elle est empesée et stricte, autoritaire et intransigeante. Elle contient encore le flot libertaire qui va souffler à partir de 1967 et balayer cet état d'esprit sclérosé et archaïque. Miss Ratched est une véritable saloperie. Magnifique interprétation de Louise Fletcher.

 

Et puis il y a les visages : souriants, tristes, inquiets, inquiétants, curieux... Chaque scène est entrecoupée de visages (patients, infirmiers, personne extérieure) en gros plan, amenant une déstabilisation du spectateur, voire une gêne : il faut voir Christopher Lloyd hurler de joie puis s'arrêter net, son visage devenant tout à coup menaçant pour comprendre ce malaise. En face de ces visages malgré tout vivants, ceux des deux infirmières : impassibles, fermés.

 

Inhumains.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tim Burton, #Science-Fiction, #Comédie, #Danny DeVito

Au début, c’est un jeu de cartes des années 60.

Avec Tim Burton, c’est devenu un jeu de dominos : il les a bien alignés avant de les faire tomber un par un.

Le casting est éblouissant. Les effets spéciaux sont à la pointe et le film se situe dans la vague de films catastrophe de la deuxième moitié des années 90 : Independance Day, Armaggedon, Deep Impact.

Mais à la différence de ces trois films, les effets spéciaux servent le film et surtout, Burton ne se prend pas au sérieux.

Le film s’ouvre sur une image que j’ai toujours trouvée surréaliste : des vaches en feu qui courent.

Surtout, le ton du début est des plus sérieux : comme pour X-Files, nous avons des situations précises à des horaires précis, afin d’injecter un peu de réalisme. Le décor se plante et nous sommes sans cesse ballotés d’une époque à l’autre.

En effet, tout ce qui concerne les Martiens est daté années 60, alors que sur terre, la limite est plus floue. Alors qu’une ère numérique s’ouvre, le traducteur sophistiqué utilise des bandes magnétiques ! Les téléphones sont filaires et la vie dans le Kansas est un tantinet arriérée.

Mais c’est cette absence de limite franche qui fait la réussite de ce film.

Nous avons l’impression d’être dans un de ces films de science fiction des années 50, avec les techniques des années 90.

Et tout y est :

  • les Martiens hideux ;
  • l’attaque inopinée contre les Etats-Unis ;
  • les expériences scientifiques douteuses ;
  • le président américain arrogant ;
  • les scientifiques optimistes même devant l’évidence ;
  • la destruction des grands monuments par les Martiens (Obélisque de Washington, Tour Eiffel, Taj-Mahal et surtout Big Ben) ;
  • et même le monologue humaniste et pacifiste par ce même président, avec en prime la larme dans l’œil du méchant extraterrestre.

Pour le reste, c’est 1h45 de plaisir. Le casting permet des seconds rôles interprétés par des pointures, ce qui ne nous donne aucun instant de répit. Je donnerai même une mention spéciale à Danny deVito, en avocat rustre et égoïste.

Rien n’est pris au sérieux, et c’est pour ça que ça marche. Mais aussi, parce que les moyens sont là. Il faut, pour réussir une parodie, s’en donner les moyens et ne pas lésiner sur la production, ce que Burton fait avec brio.

Alors on savoure.

Je n’ajouterai qu’une chose : « Ak ak, ak, ak ak ak, ak ! »

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