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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Tom McCarthy
Stillwater (Tom McCarthy, 2021)

Bill Baker (Matt Damon) vit à Stillwater, dans l’Oklahoma. Il travaille sur des chantiers, quand la demande est là. Parallèlement, il se rend régulièrement à Marseille pour visiter sa fille Allison (Abigail Breslin) : elle est en prison pour le meurtre de sa colocataire et amante – Lina – depuis cinq ans. Elle a beau clamer son innocence, rien ne bouge.

Bill va alors se mettre en chasse pour retrouver le véritable meurtrier de Lina, Akim (Idir Azougli). Le problème (de taille), c’est qu’il ne parle pas un mot de français. Il est alors aidé par Virginie (Camille Cottin) et sa fille Maya (Lilou Siauvaud).

 

Dernier film en date de Tom McCarthy, Stillwater est un film qui prend son temps, ce qui nous repose de la production américaine actuelle où tout va vite et de manière spectaculaire. Ici, rien n’est spectaculaire, ou alors dans un autre sens : les différentes prestations des interprètes le sont, par exemple. Avec ce film, McCarthy réussit à fusionner deux conceptions fort différentes du cinéma : le blockbuster (1) et l’exception culturelle qui fit couler beaucoup d’encre. Et le résultat est plus que concluant : c’est un film équilibré où les personnages ne sont pas que des ombres, au service d’un scénario pas si couru d’avance.

 

En effet, combien de films où un innocent clame son innocence qui se termine inévitablement par sa relaxe ? Ici, ce n’est pas aussi simple : le personnage principal est en butte à deux éléments primordiaux : la langue et la culture.

La langue parce que Bill n’est rien d’autre qu’un Américain (très) moyen qui n’a pas traîné longtemps sur les bancs de l’école, n’ayant même pas le minimum BSMA (2) dans la langue du pays qu’il visite, et ce malgré les nombreuses visites déjà effectuées (on aperçoit la liste lors de son premier passage aux Baumettes). La culture enfin parce que les choses ne se passent pas de la même façon de ce côté-ci de l’Atlantique et encore moins à Marseille.

Mais Bill est un type simple, voire simpliste et tous les moyens sont bons pour lui afin de libérer sa fille, même les extrêmes.

 

Et Matt Damon nous démontre une fois de plus qu’il est un grand acteur. A nouveau, il est un type plus que normal, humain, et dont les motivations n’ont rien de philosophiques : il n’a que très peu d’éducation et est prisonnier de son Oklahoma natal : quoi qu’il puisse arriver, il y retournera pour vivre comme il l’a toujours fait, et ses parents avant lui. On comprend alors pourquoi sa fille a voulu échapper à cette routine (mortelle).

A ses côtés, Camille Cottin est (encore une fois) très juste dans son jeu et la petite Lilou Siauvaud est une très bonne surprise : la relation entre Bill et Maya est aussi un élément important de l’intrigue, les liens entre cet homme et cette petite fille préfigurant ceux – distendus, et pour cause – qu’il a avec sa propre fille, comme s’il essayait de rattraper le temps perdu, essayant de profiter d’une nouvelle chance que la vie lui offre.

 

Mais ce film, c’est avant tout une nouvelle histoire de rédemption (3) : celle d’un homme qui réalise pleinement qu’il a une fille et qui se décide (enfin) à agir comme un père : être là quand elle en a besoin. Certes, c’est un peu tard, surtout qu’Allison a déjà purgé plus de la moitié de sa peine de prison. Mais il n’est jamais trop tard, et l’intrigue semble lui donner raison.

Mais cette rédemption, pour qu’elle s’accomplisse doit coûter à son bénéficiaire (sinon, ça ne compte pas). Ce sera bien sûr le cas, et d’une manière tragique alors que tout semblait lui sourire. Et quand il retourne à Stillwater, une fois que tout est terminé, il le ressent en lui-même : les choses ont changé. Mais je ne vous dirai pas en quoi, ce serait révéler la résolution de l’intrigue, et là, je ne peux pas. Sachez toutefois que le titre, s’il vient bien du nom de la ville, est avant tout un élément de résolution de cette intrigue intelligente. Le mcguffin (4) étant d’ailleurs lui aussi relié à ce titre.

A l’arrivée, si l’effet blockbuster ne s’est pas réalisé, le film n’en demeure pas moins une valeur sûre : la maîtrise technique est là, l’interprétation est solide et l’intrigue tient la route.

Que demander de plus ?

 

  1. Au final pas tant que ça…
  2. Bonjour – S’il vous plaît – Merci – Au revoir
  3. C’est avant tout un film américain, ne l’oubliez pas.
  4. Il y en a un ! (Il n’est pourtant pas question de lion dans les montagnes d’Ecosse)
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