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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

eric besnard

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Histoire, #Comédie dramatique, #Eric Besnard
Délicieux (Eric Besnard, 2021)

Rarement un film n’aura porté aussi judicieusement son nom !

Le long métrage que nous propose Eric Besnard est absolument délicieux, et se déguste avec gourmandise et en prenant son temps, comme un bon repas.

 

Pierre Manceron (Grégory Gadebois) est le cuisinier attitré du duc de Chamfort (Benjamin Lavernhe). A chaque agape, c’est une profusion de mets variés et colorés, dont la richesse n’a d’égale que celle de son commanditaire. Malheureusement pour lui, un jour il a la mauvaise idée de marier truffe et pomme de terre, ce vil légume. Il est renvoyé et se retrouve dans un taudis qui fut jadis occupé par son père : un ancien relais de poste. Aidé de son fils Benjamin (Lorenzo Lefèbvre), il rouvre l’établissement, proposant un brouet restaurant pour les voyageurs de passage qui cherchent avant tout à reprendre des forces.

Et puis arrive Louise (Isabelle Carré), une femme sortie de nulle part et qui veut apprendre auprès de ce célèbre maître-queux tombé en disgrâce.

Pendant ce temps, l’homme commence à voler grâce aux frères Montgolfier…

 

Nous sommes donc à la fin des années 1780, et quand le film se termine, une nouvelle ère va s’ouvrir. Pour la France mais aussi pour la gastronomie. En effet, si Pierre Manceron est un personnage fictif, il n’est donc pas l’inventeur du restaurant qui existe depuis longtemps déjà en Chine et une trentaine d’années à Paris. Mais ce qu’il propose dans son établissement est l’autre révolution, la culinaire. Tous les concepts relatifs au restaurant que nous connaissons aujourd’hui sont là : qualité de la nourriture, mesure des portions, accueil, tarifs progressifs… Puisque je vous dis qu’il y a tout !

 

Mais ce qu’il y a de plus intéressant – qui fait le sel du film, évidemment – c’est le rapport entre la nourriture et les hommes et surtout entre les différents ordres auxquels appartiennent ces nouveaux consommateurs. Parce que ce que propose Manceron est un immense chamboulement des pratiques : tout le monde peut manger au même endroit ! Il n’y a plus de domestique en cuisine, de maître en chambre ou encore de noble dans sa salle d’apparat…Tous à la même enseigne : Le Délicieux !

Et ce rapprochement entre le changement qui arrive (la grande Histoire) et celui que nous pouvons observer (la « petite » Histoire) n’est pas pour déplaire. Il y a dans ce qui ne s’appelle pas encore un restaurant – dans l’acception actuelle – tout le concentré de la société féodale à bout de souffle.

 

Et ce restaurant – cette « gargote », comme ils disent – est aussi un lieu central et indispensable pour la résolution de l’intrigue. Et Eric Besnard amène patiemment cette résolution (1), nous laissant par là même entrevoir une révolution. De plus, les images de Jean-Marie Dreujou combinées au montage équilibré de Lydia Decobert donnent une dimension esthétique des plus agréables. Certes, la comparaison a déjà été faite, mais c’est une évidence qui saute aux yeux : nous nous retrouvons plongés dans un tableau de Chardin, une de ses natures mortes où des victuailles sont exposées et dont l’éclairage donnent une tout autre dimension.

Avec en prime de très belles transitions, ce qui ne gâche rien au spectacle.

 

De plus, l’interprétation est à la hauteur de l’enjeu. Grégory Gadebois n’est pas seulement un Pierre Manceron crédible du fait de sa stature. Il est aussi cet être subtil capable de passer de l’apathie à l’enthousiasme, galvanisé par celle qu’il ne voulait pas engager de prime abord. Normal, elle est comme lui, aussi entêtée. Et Isabelle Carré hisse son personnage petit à petit au niveau de celui de son partenaire, annonçant là encore le changement social et sociétal qui arrive.

Quant aux « méchants » de l’histoire (et de l’Histoire) – les aristocrates – ils sont encore une fois bien définis : imbus d’eux-mêmes, méprisants et tout ce que vous pouvez trouver par ailleurs (2), ou bien sûr dans le formidable film de Patrice Leconte, Ridicule.

 

Un beau film qui se déguste, bien évidemment, « sans modération » (elle est facile, mais tellement vraie).

 

  1. Dont une partie est – bien sûr – très prévisible, mais ce n’est pas la plus intéressante.
  2. Dans les romans de Jean-François Parrot (série Nicolas Le Floch), par exemple.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Eric Besnard, #Josiane Balasko
Mes Héros (Eric Besnard, 2012)

Maxime (Clovis Cornillac) reçoit un coup de téléphone qui lui apprend que sa maman, Olga (Josiane Balasko), est en garde à vue après avoir tabassé un policier (!). Déjà que son entreprise d’ambulances a tendance à battre de l’aile et que sa femme (Anne Charrier) est allée voir ailleurs, lassée de l’attendre… Et comme si cela ne suffisait pas, sa mère qu’il est allé chercher à Bordeaux (il habite Paris) a décidé de planquer un petit garçon, Tiémoko (Ibrahim Burama Darboe), dont la mère est en cours de reconduite à la frontière.

Maxime décide alors de ramener cette mère singulière et le petit garçon chez elle, envisageant le pire lors de la confrontation avec son père, Jacques (Gérard Jugnot) : elle était partie parce que ce dernier lui tapait sur les nerfs et ne voyait pas d’un bon œil l’arrivée d’un enfant de sans papier chez lui…Et comme si cela ne suffisait pas, Jacques sort d’un AVC…

 

Et bien, malgré ce résumé pessimiste, il s’agit d’une comédie. On s’en serait douté rien qu’avec la présence du duo Balasko-Jugnot et de Pierre Richard (Jean, l’ami de Jacques). Mais, et c’est là tout l’intérêt du film d’Eric Besnard, on arrive à rire d’une situation franchement très difficile (pour Maxime et Tiékomo), grâce à l’intervention de ces deux parents qui ne sont ni pires ni meilleurs que les autres mais réussissent tout de même à démêler cet écheveau. Comment ? Par l’amour, évidemment.

Parce que ce film est aussi une belle histoire d’amour entre deux personnes qui se connaissent par cœur et ne se lassent (presque) pas de la présence de l’autre. Bien sûr, il y a des bas (le départ d’Olga qui amène cette intrigue), mais ce sont surtout les hauts que l’on retient, tant ce couple est attachant.

 

Et ça fait plaisir de retrouver Balasko et Jugnot dans un autre couple que celui des Bronzés (celui que vous voulez), dans un rôle plus tendre, plus intelligent, mais tout de même comique (on ne peut pas renier ses racines !). Et de son côté, Besnard brouille les pistes quand il les présente sur l’affiche : lui bougon et elle complice : Balasko passe (une bonne partie de) son temps à râler tandis que Jugnot cherche par tous les moyens à lui échapper : une balade aux champignons (et autres choses qu’on peut ramasser) est toujours la bienvenue, surtout quand son acolyte est Pierre Richard, toujours aussi lunaire, comme on l’aime. Enfin comme je l’aime.

 

Alors si le film d’Eric Besnard ne casse pas trois pattes à un canard, il se laisse tout de même regarder avec beaucoup d’indulgence, le sourire toujours au coin des lèvres.

Bref unfilm qui fait du bien.

C’est aussi ça qu’on recherche quand on va voir un film…

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