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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

fred zinnemann

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fred Zinnemann
Puis vint le Jour de la vengeance (Behold a pale Horse - Fred Zinnemann, 1964)

Comme les autres, Manuel Artiguez (Gregory Peck) a rendu les armes et s’est exilé en 1939, quand la Guerre Civile a pris fin, et il s’est réfugié à Pau, réalisant de temps en temps quelques percées à San Martin, histoire de se rappeler au bon souvenir de l’infâme sergent Viñolas (Anthony Quinn).

Vingt ans après, c’est le jeune Paco Dages (Marietto), fils de son meilleur ami, qui vient le voir dans sa retraite : Viñolas a torturé à mort son père pour qu’il trahisse Manuel.

Il lui demande alors de le venger et de tuer le policier.

Comme la mère de Manuel (Mildred Dunnock) est mourante, Viñolas décide de tendre une embuscade à Manuel quand il viendra la voir à l’hôpital.

Mais un prêtre (Omar Sharif) confesse la vieille femme et veut à tout prix empêcher Artiguez de se jeter dans la gueule du loup.

 

Encore une fois, Fred Zinnemann nous conte une solitude, et à l’instar de celle de Bill Kane (Gary Cooper) dans High Noon, se mêle une notion d’honneur, voire de devoir. Répondre favorablement à la demande de l’enfant, c’est aussi rendre un superbe hommage à celui qui a bien voulu mourir pour lui. Et c’est de cette vengeance que parle le titre français. Parce que le titre original est tout de suite expliqué par l’extrait de l’Apocalypse le concernant (6 : 8) : « Je regardai, et voici, parut un cheval d'une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l'accompagnait. »

Pas de doute, donc : il va y avoir des morts violentes. Et l’enfant qui vient trouver Manuel n’est rien d’autre qu’un messager de mort.

Mais il faudra attendre la toute fin pour que celle-ci arrive, telle un duel final de western.

 

Et avant ?

Avant, ce sont, bien entendu, les préparatifs. Ceux de Viñolas pour coincer son « bandit » préféré, et ceux d’Artiguez pour aller voir sa mère qu’il ne sait pas encore mourante. Et c’est là que l’enfant joue un rôle prépondérant :

  • C’est lui qui demande vengeance à Artiguez ;
  • C’est lui qui détruit la lettre qui pourrait sauver ce dernier ;
  • C’est lui qui se rachète en dénonçant le traître (Raymond Pellegrin) à Manuel.

Et c’est cette partie autour de laquelle se construit le film, enchaînant de nombreux gros plans sur les regards, traduisant toute la tension de l’intrigue.

 

Et encore une fois, Gregory Peck est impeccable (impeckable, bien sûr), interprétant ce héros populaire qui, malgré tout, a vieilli : Carlos lui échappe surtout parce qu’il est plus vif parce que plus jeune ! (1)

Et la Mort annoncée en préambule a aussi un rapport avec ce temps qui a passé : Artiguez n’est plus le jeune homme qu’il était et la situation d’exil lui pèse. La demande de Paco devient alors aussi une dernière occasion d’attaquer ce régime abhorré : un véritable baroud d’honneur.

Face à lui, Anthony Quinn est ignoble à souhait : non seulement il profite de l’agonie de la mère d’Artiguez, mais sa vie personnelle n’est pas des plus vertueuses, malgré le discours moralisateur qu’il répand autour de lui.

Quant à la troisième « star » du film, Omar Sharif, il est lui aussi à la hauteur de l’enjeu, et son face à face avec Gregory Peck est d’une grande intensité et très juste.

 

Le seul regret, qu’on pourrait avoir quant à l’interprétation, c’est l’absence de confrontation directe entre Peck et Quinn : ils s’affrontent indirectement tout au long du film et la vengeance annoncée n’est pas si usurpée que ça. Certes, Viñolas ne meurt pas à la fin, mais cela semble tout de même logique : c’est avant tout Carlos qui est le traître, et Artiguez nous avait prévenu quant au sort qu’il réservait à cette engeance…

 

  1. Raymond Pellegrin a neuf ans de moins que Peck.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Fred Zinnemann, #Marlon Brando
C'étaient des Hommes (The Men - Fred Zinnemann, 1950)

Ces Hommes, du titre (original ou non), sont ceux qui sont revenus d’Europe, dans la première moitié des années 1940, entiers, mais pas tant que ça : tout comme Ken Wilocek (Marlon Brando), ils sont revenus paraplégiques. Et bien sûr sans véritable espoir de remarcher un jour.

Ken Wilocek était en Allemagne quand c’est arrivé : une balle dans le dos a réduit tous ses espoirs à néant. Maintenant, il végète dans un hôpital militaire tenu par le singulier Dr. Brock (Everett Sloane), refusant toute visite. Et comme il est orphelin, il n’y a qu’une visite qu’il refuse : celle d’Ellen (Teresa Wright), qu’il devait épouser.

Mais ça, c’était avant. Avant la guerre et ses conséquences.

 

Une étoile est née.

Avec ce premier film, c’est la révélation ! Marlon Brando, malgré l’échec retentissant du film, est en route pour devenir l’un des plus grands acteurs du cinéma américain. Il faut dire que son interprétation de Ken Wilocek ne laisse pas indifférent. Il est ce vétéran désespéré, appelé à un brillant futur et qui est abattu dans la fleur de son âge, comme ils disent. ET Brando s’en sort à merveille, donnant une interprétation très juste et surtout une superbe performance, réussissant à éviter une quelconque dérive pathétique voire larmoyante qui aurait pu gagner le film.  Parce qu’à aucun moment, il est fait appel à la pitié du spectateur. Certes, leurs conditions de vie ne sont pas faciles, et surtout leur état d’esprit.

 

Parce que quand le film sort, la place du handicap dans la société (‘américaine ou autre) n’est pas vraiment acceptée : il suffit de voir le changement d’atmosphère dans le restaurant où se rendent Ken et Ellen pour s’en rendre compte : tous les regards sont braqués sur eux, mélange de honte, de pitié et de dégoût que Ken ne peut pas supporter. Et cette atmosphère gênante est accentuée par la chanson qui accompagne la séquence dans laquelle la chanteuse déclare « les hommes comme toi rendent ma vie utile » (1) : on ne peut qu’associer ces paroles à la situation d’Ellen face à cette nouvelle vie qui s’ouvre à elle.

Ouvrir est peut-être un bien grand mot tant les difficultés à venir vont s’amonceler.

 

En effet, outre le regard des autres, Ellen doit en plus affronter celui de ses parents qui, sous des dehors affables et presque heureux qu’elle se marie avec Ken, sont eux-mêmes désespérés de cette union qui en devient, à leurs yeux, contre nature ! Comme si le handicap était contagieux. Et l’adaptation française du titre du film (2) va dans le même sens : l’utilisation du passé dans le titre va à l’encontre du propos du film : alors qu’on encourage Ken à essayer de mener une vie presque normale, le traducteur rabaisse les gens dont on parle, les traitant (presque) comme des sous-hommes.

En effet, l’intertitre d’introduction est sans équivoque : ces hommes le sont à plus d’un titre (des hommes), se battant une deuxième fois pour leur vie. La première, ce fut avec des armes, à la guerre. La seconde, c’est sans armes, mais avec le même engagement (indispensable). Et si ces hommes sont diminués par leur handicap, ils n’en demeurent pas moins des hommes, avec les mêmes envies, et les mêmes besoins, et les mêmes défauts (3).

 

Et Zinneman filme avec beaucoup de précisions le sort de ces hommes qui se battent pour leur propre dignité, avec leurs joies et leurs découragements, accrochés à un espoir si infime qu’ils n’en parlent presque jamais, celui de remarcher. Et on notera aussi la prestation d’Everett Sloane dans le rôle de ce docteur des invalides. Il y a chez lui un grand professionnalisme qui le fait s’adresser à chacun toujours de la bonne façon, sachant encourager ou réprimander selon l’attitude du malade. Mais il y a aussi du découragement chez lui, surtout quand l’un de ses patients succombe, malgré les soins. Et cela se traduit par un éclat qui malgré tout se comprend : tout comme ses pensionnaires, il est humain, et donc faillible.

Et puis il y a Ellen. C’est un rôle difficile que Teresa Wright interprète avec elle aussi beaucoup de justesse, là encore sans tomber dans l’excès : c’est une jeune femme forte qui va se dresser contre ses parents qui voient d’un mauvais œil donc cette union, mais aussi contre cette société qui ne donne pas (encore) leur place aux handicapés. Et là, ce sont des mutilés de guerre, donc plus acceptés que ceux qui sont nés ainsi et qu’on cache (4).

 

Ce film était une formidable occasion pour leur donner cette place légitime. Malheureusement, entre la fin du tournage et la sortie du film, un peu plus de trois semaines avant (le 25 juin 1950) commençait la Guerre de Corée. La situation avait changé. Le film resta deux semaines à l’affiche et fut retiré. Pas question de montrer des mutilés/handicapés de guerre alors que des jeunes gens partaient se battre pour leur pays (encore une fois !).

Reste un film fort, plus de soixante-dix ans après sa sortie, où Zinneman montrait un rare talent : faire un film de guerre sans la guerre (ou presque) : il recommencera avec Tant qu’il y aura des Hommes où la Guerre a proprement parler ne s’invitera qu’à la toute fin du film, presque de façon anecdotique…

 

  1. “Men like you make my life worthwhile”
  2. Traduction = trahison, je le répète assez ici !
  3. Alcool, violence… Rien ne leur est épargné ou inconnu.
  4. Surtout les trisomiques.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Fred Zinnemann
Le Train sifflera trois fois (High Noon - Fred Zinnemann, 1952)

Mythique.

 

Dimanche matin à Hadleyville. Pendant que certains vont à l’église, Will Kane (Gary Cooper) se marie avec la belle Amy (Grace Kelly).

C’est aussi ce matin-là qu’arrivent Jack Kolby (Lee van Cleef), Jim Pierce (Robert J. Wilke) et Ben Miller (Sheb Wooley), pour accueillir Frank (Ian MacDonald), le frère de ce dernier.

Frank revient après avoir été libéré. Il retourne à Hadleyville pour tuer celui qui l’a fait condamner : le marshal Kane.

 

Fred Zinnemann, servi par la musique inoubliable de Dimitri Tiomkin, signe ici l’un des plus grands westerns du cinéma, soutenu en outre par une distribution impeccable.

Gary Cooper est – encore une fois – extraordinaire, dans le rôle de ce shérif abandonné de tous, même de sa femme, alors qu’il sait que sa vie ne tient plus qu’à un fil.

Il exprime toute la douleur et toute la solitude humaine face à la mort dans ce rôle, à la croisée des chemins de l’honneur, du courage et du devoir.

Sa position – celle de Kane – n’est pas si simple que ça. Certes, Miller est revenu le tuer, et fuir eût été la solution pour un homme normal, mais Kane n’est pas cet homme-là.

Il ne peut fuir sans cesse son destin – celui d’affronter Miller – car s’il fuit maintenant, ce ne sera que pour déplacer le problème et gagner un léger sursis : l’affrontement doit avoir lieu, alors pourquoi attendre ?

 

En restant affronter Miller, c’est un dernier service qu’il rend à la ville qui l’a vu la protéger pendant de nombreuses années.

Mais qu’en est-il de la ville ? Si certains sont disposés à lui venir en aide, ils ne sont pas les plus nombreux, mais surtout c’est le fait de rester qui amène le danger sur cette même ville : en partant, il aurait déplacé son problème, mais surtout, les habitants auraient certainement été débarrassés de Miller, temporairement tout du moins.

C’est d’ailleurs ce que lui déclare le maire Henderson (Thomas Mitchell, pour une fois sobre dans un western) pendant le débat qui a lieu dans l’église alors que Kane est venu recruter des adjoints.

Il y a dans cette intervention comme dans toutes autres qui émaillent les différentes tentatives de Kane une façon élégante de décliner l’offre sans pour autant passer pour un lâche voire un traître. Mais si les arguments semblent légitimes, ils n’en reviennent pas moins à la même conclusion : Kane sera seul pour affronter les quatre bandits.

 

Mais c’est cet affrontement qui fait la force du film de Zinnemann. En effet, alors qu’on est habitué à des justiciers solitaires qui nettoient la ville sans aide ni hésitation, Zinnemann nous montre ici un justicier malgré lui, obligé de réparer une erreur judiciaire : la libération de Miller (1).

Et surtout, ce justicier se sent faible et abandonné de tous (normal, c’est le cas). Un plan résume formidablement cette idée : Kane sort de son bureau et se retrouve dans la rue, de plus en plus seul à mesure que la caméra prend de la hauteur et révèle cette rue absolument déserte, la hauteur le rendant plus petit et encore plus seul.

 

Mais ce qui ressort avant tout, c’est la gestion de la tension.

Zinnemann mène l’intrigue de main de maître en la graduant en fonction de la solitude grandissante de Kane. C’est à chaque fois un nouvel événement qui va le rendre plus seul et le décourager toujours plus.

Et quand le dénouement approchera, avec l’arrivée imminente de Miller, Zinneman nous renverra à tous ceux que Kane a démarchés et qui ont répondu non à son appel, certains espérant d’ailleurs qu’il n’en sortirait pas…

Cette revue de détail se fait alors que la caméra se rapproche de plus en plus des personnages filmés, pour finir sur le cadran de l’horloge indiquant qu’il est midi (2).

 

Autre composant originale pour un western de 1952 : les femmes.

Elles sont deux (3) et d’une certaine manière sont identiques, ou plutôt complémentaires. De par leur statut et leurs attitudes.

La première, c’est donc Amy que Kane vient d’épouser. C’est une quaker qui refuse les armes, ce qui est un paradoxe quand on connaît le métier de Kane : pourtant, il compte partir avec elle pour établir un commerce !

L’obstination de son mari tout neuf (le film commence à leur mariage, un peu après 10 heures 40) lui est incompréhensible : elle décide donc de partir sans lui.

L’autre, c’est Helen Ramirez (Katy Jurado), l’ancienne « fiancée » du même Kane. Elle fut même fiancée à Miller encore avant. Elle aussi veut partir, mais pour d’autres raisons. Quoi que.

D’un côté, elle craint le retour de Miller, présenté comme un homme détraqué : c’est le genre de personnage capable de tout, et surtout du pire. Mais d’un autre, elle est lasse de cette ville et des hommes qu’elle y a connus, dont le dernier en date Harvey Pell (Lloyd Bridges, le père du Dude) : ce dernier abandonne lui aussi Kane pour des motifs mesquins.

 

Il était indispensable que ces deux femmes se croisent, leurs vies (passée ou future) avec Kane étant leur dénominateur commun. Elles vont d’ailleurs aller ensemble prendre le train, ce qui sera l’occasion de deux éléments très importants de leur impact sur l’intrigue :

  • elles passent devant Kane désespérément seul : l’une regardant le chemin sans détourner la tête (Amy), l’autre fixant et suivant le regard de Kane jusqu’au bout avant de disparaître.
  • Le début de la fusillade qui voit Amy redescendre du train alors qu’Helen reste, imperturbable, ne tournant même pas la tête, qui reste dirigée vers son futur.

La première situation nous ferait presque croire que l’amour pour Kane a changé de camp. Mais la seconde remet les pendules à l’heure (4) : Helen a tiré un trait définitif sur Kane et laisse la place à la belle Amy. Peut-on voir dans ce départ le fait que Kane ne pouvait plus lui revenir, étant marié ?

 

Pour le reste, l’affrontement final tient ses promesses, et si Kane est seul, cela ne l’empêche pas d’être le meilleur mais c’est normal : c’est Gary Cooper.

Mais cet affrontement n’est pas pour autant l’élément le plus important du film Il a lieu, logiquement. Mais c’est tout ce qu’il y a autour qui fait de ce film l’un des plus grands westerns qui soit, par un réalisateur dont ce fut portant la seule incursion dans le genre.

 

PS : A noter la présence (anecdotique) d’un second rôle récurrent du western, Jack Elam…

 

  1. Autre habitude balayée : une erreur judiciaire a toujours lieu contre un innocent. Ici, l’erreur, c’est de ne pas garder un coupable en prison. Et sans toutefois que cela tourne en pamphlet contre une justice laxiste (etc. : refrain connu).
  2. Le titre original : « High Noon » signifie midi, zénith…
  3. Celles qui ont un vrai poids sur l’intrigue, je ne parle pas de celles qui sont les femmes de.
  4. C’est le cas de le dire ici. On remarque d’ailleurs beaucoup de références au temps dans le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Fred Zinnemann
Tant qu'il y aura des Hommes (From here to Eternity - Fred ZinnemannFred z, 1953)

Hawaï, 1941.

Le soldat Prewitt (Montgomery Clift) vient d'être affecté à Schofield (8 miles de Pearl Harbour). C'est avant tout un joueur de clairon. Mais par le passé, il a été boxeur. Suite à un accident, il a raccroché les gants. Mais Holmes (Philip Ober), le commandant de la base, ne l'entend pas de cette oreille. Il veut que Prewitt remonte sur le ring.

Comme Prewitt refuse, il met en place le « Traitement », pour le faire craquer.

 

1953. Un nouveau film de guerre. Mais cette fois-ci, pas de guerre. Ou si peu. On se concentre alors sur la vie d'une garnison en temps de paix. Mais la menace est malgré tout présente. Plusieurs fois, le journal de Warden (Burt Lancaster) annonce des développements en Europe.

Mais soldats américains s'ennuient à répéter leurs exercices. Alors ils font des rencontres inter-corps. De la boxe, par exemple.

 

Ce n'est pas un film sur l'entraînement des soldats comme on aurait pu l'imaginer, mais bien le dernier moment de répit avant le conflit. On sent d'ailleurs que ce conflit est inéluctable. Mais aussi salvateur pour ces hommes malgré tout oisifs. Leurs seuls frissons, c'est la cuite qu'ils prendront lors de leur prochaine sortie. Il est temps que ces hommes retrouvent le chemin des champs de bataille.

Cette oisiveté les fait se monter les uns contre les autres : les boxeurs contre Prewitt, Fatso Rudson (Ernest Borgnine) contre Maggio (Frank Sinatra)...

Mais c'est cette suite d'antagonismes fait le sel du film. Il faut voir Prewitt en baver et Maggio s'attaquer à Rudson pour prendre toute la mesure de cette violence contenue par ces hommes. Violence qui va bientôt pouvoir s'extérioriser dans cette guerre qui arrive : ce sont avant tout des soldats.

Parallèlement, on assiste à deux histoires d'amour. La première entre le Warden, l'homme de confiance de  Holmes, et Karen, la femme de ce dernier (la belle Deborah Kerr). La seconde entre Prewitt et Lorene (Donna Reed), une entraineuse.

Ces deux relations amoureuses elles aussi sont teintées de violence : tout n'est pas serein. Il faut dire aussi que les protagonistes de ces romances sont des accidentés de la vie, surtout Prewitt et Karen .


Et puis il y a ces hommes dont parle titre français. A l'origine, ils ne sont pas mauvais. Mais le désœuvrement les rend méchants, cherchant parmi eux leur ennemi, puisque la guerre se fait alors sans eux. Et Monty Clift et Frank Sinatra jouent de magnifiques parties. Monty par sa capacité à encaisser, Sinatra par sa témérité qui frôle l'inconscience. C'est certainement l'un de ses plus beaux rôles (avec l'Homme au bras d'or). Maggio est à la fois avenant et prévenant mais sait se transformer en bête violente si l'occasion se présente. Et Borgnine, son ennemi ici, est un adversaire de choix : un magnifique salaud.

Alors on attend. On attend le 7 décembre (jour de l'attaque), et surtout, on attend la scène archiconnue du baiser sur la plage avec la vague qui les submerge !


Et enfin... Enfin on pense à Harvey Kurtzman et Bernie Krigstein qui ont signé une magnifique satire de ce film pour MAD, un peu après sa sortie.

A voir autant que le film !

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