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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Politique, #Guerre, #Jonathan Demme
Un Crime dans la tête (The Manchurian Candidate - Jonathan Demme, 2004)

Koweït, 1991.

Une équipe de soldats américains est pris dans une embuscade. Le capitaine Marco (Denzel Washington) est touché, c’est alors le sergent Shaw (Liev Schreiber) qui prend le commandement est suave la mission héroïquement, ne déplorant que deux victimes.

Quelques années plus tard, Shaw se présente à la vice-présidence, avec comme palmarès le siège au Congrès où il a remplacé son père, et son action d’éclat au Koweït.

Mais que s’est-il donc bien passé lors de cette embuscade ?

 

C’est (encore) un film brillant que nous propose Jonathan Demme, remake de celui de Frankenheimer (1962), Denzel Washington remplaçant Frank Sinatra (1) dans le rôle de ce soldat qui doute.

Le film est brillant pour son intrigue, mais en cela, il ne diffère pas beaucoup du premier, et aussi pour son actualisation : c’est une mise à jour fort crédible, puisqu’il y est plus question d’argent que d’idéologie, n’en déplaise à ce que pense Eleanor Prentiss Shaw (Meryl Streep).

La guerre de Corée a été remplacée par celle du Golfe (2), qui était alors la nouvelle source de névroses des soldats américains. De plus, le groupe Manchurian Global remplace avantageusement la menace communiste dorénavant obsolète : on y trouve ainsi quelques bribes complotistes ou conspirationnistes bienvenues, sans toutefois la part qu’y joue l’état dans les élucubrations à ce propos.

 

Ce film est avant tout une histoire de point de vue. A de très nombreuses reprises, Demme utilise la caméra subjective pour nous plonger au cœur de l’action et surtout nous permettre un peu d’éprouver les sensations et les angoisses des deux ex-guerriers.

Washington et Schreiber sont d’ailleurs très convaincants dans leur rôle, amenant progressivement une tension palpable, appuyée par le rôle central que joue la mère de Ray.

D’ailleurs, la relation entre la mère et le fils va au-delà de l’affection naturelle : c’est une étape précédant l’inceste qu’elle fait vivre à son fils complètement désorienté.

 

Si la cadre est au goût du jour – la Guerre Froide est (presque) terminée – on n’en demeure pas moins à une intrigue manichéenne où Manchurian Global et ses agents représentent la menace qui risque de détruire les Etats-Unis en mettant à leur tête un de leurs pions. Un coup d’état en douceur, la finance prenant le pas sur le politique. (3) Nous pouvons presque parler de totalitarisme tant on nous présente la mère de Ray comme une femme aux positions très réactionnaires, et dont le mot d’ordre est la Sécurité, d’autant plus qu’elle se présente en croyante de ce système, et non en financière : d’une certaine façon, cette femme est une fanatique.

 

Et toute cette machination est magnifiquement rendue, et en particulier les scènes de lavage de cerveau, d’une haute intensité et surtout pleinement angoissantes. Ce qui n’était que des bribes d’un cauchemar devient une terrible entreprise de contrôle de la volonté. Il est bien difficile pour Marco de mettre en lumière cette opération tant les ramifications sont bien implantées et interfèrent avec d’autres organismes plus ou moins publics relevant aussi de la Défense. Bref, un magnifique complot, mais sans le complotisme : nous sommes avant tout au cinéma, et il ne faut certainement pas chercher à transposer cela dans la vie réelle.

 

Et comme toujours dans ces cas-là (4), c’est un grain de sable qui s’introduit dans l’engrenage : un petit fait de rien du tout, mais qui va prendre des proportions phénoménales et réduire à néant une machination extrêmement adroite, mais surtout meurtrière et immorale. Cette poussière porteuse de grand désordre a un nom : le facteur humain.

 

  1. Tina, sa fille, est d’ailleurs une des productrices.
  2. La première, celle de 1991.
  3. Bien sûr, c’est totalement illogique : comme si un banquier pouvait devenir Président de la République… (rire sardonique).
  4. Au cinéma.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Cox, #Gangsters
Wonderland (James Cox, 2003)

Johnny Holmes (Val Kilmer) était une star du porno américain.

Mais quand sa notoriété a baissé, il s’est enfoncé dans la drogue, jusqu’au 1er juillet 1981, jour de l’assassinat sauvage de 4 personnes dans une résidence de Wonderland Avenue (d’où le titre).

C’est cette tuerie que James Cox nous raconte, prenant appui sur les témoignages des survivants.

Son angle d’attaque tend vers le documentaire, comme une grande enquête sur les raisons de ces meurtres plutôt sauvages (1).

 

Nous suivons donc la progression de Holmes pendant les deux jours qui ont amené les meurtres, mais sans voir ce qu’il se passe réellement. En effet, deux événements sont vus à travers les yeux de Dawn Schiller (Kate Bosworth), la petite amie de John.

Quels sont-ils ? John entre dans la résidence « Wonderland » et un magnétoscope traverse une fenêtre avant de s’écraser sur la chaussée ; John retrouve Dawn qui remarque une tache de sang sur son bras : c’est un accident lui dit-il.

A partir de là, nous allons suivre l’enquête de deux policiers qui vont essayer de faire la lumière sur ce qui s’est passé cette nuit-là. Et nous aurons deux explications pour ces deux scènes : celle de David Lind (Dylan McDermott) et bien sûr celle de John.

 

Le film est donc construit comme une série de reportages autour de l’affaire, où on suit, caméra sur l’épaule, les différentes péripéties. Chaque date est introduite à partir d’un article de journal dont la photo en noir et blanc est l’amorce de la séquence filmée. On commence donc par suivre de près Dawn, puis une fois les meurtres passés, on va s’intéresser à l’enquête. Ce sont des dépositions qui nous sont présentées : David est interrogé et nous voyons son point de vue sur l’affaire. Cette version est tout à fait satisfaisante et on se dit que c’est bon pour John, il ne reste plus qu’à l’arrêter.

Mais John nous sert une autre histoire, incluant certains détails communs à la version Lind, mais il en profite pour se dédouaner des meurtres.

Qui croire ?

 

D’un côté on a un type qui n’a rien à prouver ni à perdre, et de l’autre un junky aux abois, donc prompt à mystifier pour s’en sortir. La balance penche donc vers David en ce qui concerne la vérité, mais il ne faut pas oublier que David aussi se drogue, ce qui permet de remettre en question certains éléments de son récit, voire entièrement.

Heureusement pour nous spectateurs, nous pouvons voir certains autres points de vue auxquels les policiers n’auront pas accès : les souvenirs enfouis le restant…

On a tout d’abord Dawn, puis c’est au tour de Susan Launius (Christina Applegate), la seule victime qui n’est pas morte sous les coups du ou des meurtrier(s), et enfin celui de l’ex-femme de Holmes, Sharon (Lisa Kudrow) qui le recueille au matin du 1er juillet.

Tous ces témoignages off nous permettent de bous faire une idée plus nette de ce qu’il s’est passé, même si aucune preuve ne peut étayer et permettre de faire la lumière complète sur cette affaire.

Les prolongements annoncés au final – procès puis morts de certains protagonistes, etc. – vont tout de même corroborer le point de vue du film.

 

Pour le reste, c’est un film rondement mené avec un bon équilibre dans le déroulement et où la drogue tient une place importante, beaucoup plus que le sexe – malgré le métier de John – ou encore la violence.

La séquence d’exécution des meurtres, selon un point de vue (2), est un moment difficile du fait de la force d’exécution des coups et surtout d’une bande-son un tantinet augmentée, compensant les images directes qui auraient été insupportables, voire impossibles à montrer.

Un film intéressant, essentiellement pour son montage narratif, entrevoyant une (la ?) vérité sans toutefois l’atteindre.

Et puis Val Kilmer est magnifique.

 

 

  1. A coups de tuyaux de plomb.
  2. Je vous laisse découvrir…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Carpenter, #Science-Fiction
Los Angeles 2013 (Escape from L.A. - John Carpenter, 1996)

15 ans après, soit un an avant l’année des précédentes aventures de Snake Plissken (Kurt Russel), John Carpenter nous propose une suite des aventures de ce héros un tantinet atypique.

Nous sommes sur la côte ouest, dans une Los Angeles séparée du monde suite à un tremblement de terre qui a isolé la ville du reste du pays.

Comme à New York en 1997, on y déporte les criminels mais surtout les indésirables : ce sont les mêmes.

En effet, pour être considéré comme criminel, il n’est plus besoin de voler ou tuer : on a maintenant des « crimes moraux », édictés par un président-dictateur (Cliff Robertson), garant de la liberté de faire comme il dit.

 

Bref, si Snake débarque là-dedans, ce n’est pas de gaité de cœur : il a été reconnu coupables de 27 chefs d’accusation de ces fameux crimes moraux et doit rendre un petit service au Président s’il veut s’en sortir.

Bien sûr, il va s’en sortir : dès son apparition on en est sûr.

Maintenant, comment cela va-t-il se passer ?

 

On retrouve une intrigue similaire au premier film, dans des décors et avec des personnages dans le même ton : post apocalyptique.

Au milieu de ce monde étrange et franchement décalé, Plissken se meut avec aisance et surtout un gros flingue, rencontrant des personnages plus déjantés les uns que les autres.

Encore une fois, on demande à Snake s’il est bien vivant : son image tenait de la légende avant, il est passé au niveau supérieur, il est un mythe sinon un dieu.

En effet, personne n’a encore réussi à le dégommer, et il semble que ce n’est pas près de s’arrêter.

 

On retrouve donc notre héros borgne, accompagné de diverses rencontres : Pipeline (Peter Fonda) un surfer qui attend le tsunami qui accompagne un grand tremblement de terre et Taslima (Valeria Golino) pour les adjuvants ; le méchant président et un chef de gang (Georges Corraface) assez ambitieux puisqu’il veut renverser ce même président, grâce à la fille de celui-ci (Allison Joy Langer) et la technologie qu’elle lui a offerte, pour les opposants.

Sans oublier quelques personnages ni bon ni méchant mais qui s’avèrent déterminants dans la quête de Snake :

  • « Maps to the Stars » Eddie (Steve « shut the fuck up Danny » Buscemi) passe d’un camp à l’autre sans jamais réussir à se fixer, mais connaît très bien les emplacements des vedettes sur Hollywood Boulevard.
  • Bill « Carjack » Malone, devenu Hershe Las Palmas (Pam Grier) après une opération, cheffe d’un autre gang bien décidé(e) à prendre le contrôle de L.A., amenant par ailleurs à Plissken sa porte de sortie.

Si l’intrigue est finalement assez proche de la précédente, on remarque une plus grande marge de manœuvre : le budget alloué est multiplié par 6 (1), ce qui permet des effets spéciaux moins bricolés (2), mais surtout plus à ma pointe : le numérique en est à ses balbutiements, ce qui amène parfois un effet artificiel plus marqué.

Qu’importe, on déambule dans une Los Angeles dévastée avec une séquence dans Los Angeles Memorial Coliseum qui fut construit pour les Jeux Olympiques et où on y pratique un sport aux règles légèrement différentes : parler d’arènes serait plus juste vu que les sportifs accueillis ont peu de chances d’y survivre…

Avec en prime un petit clin d’œil à la concurrence : les studios Universal ne s’en remettront pas, semble-t-il…

 

Pour le reste : Snake s’en sort, et puis voilà. (3)

 

  1. 6,25 pour être précis, mas ne chipotons pas
  2. moins intéressants ? Il est clair que ceux du premier avaient un aspect très attachant.
  3. Mais sans la fraîcheur du premier film. Comme disent les anglophones : « Déjà vu. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tomas Alfredson, #Espionnage
La Taupe (Tinker, Tailor, Soldier, Spy - Tomas Alfredson, 2011)

« Tinker, Tailor,

Soldier, Sailor,

Rich Man, Poor Man,

Beggar Man, Thief. »

 

C’est une comptine anglaise qui a inspiré le titre original, le marin (« sailor ») est alors remplacé par l’espion (« spy »). Parce que c’est une histoire d’espions.

Mais pas des espions comme James Bond ou  encore Austin Powers, ni même OSS 117… Non, pas OSS 117. Ni Austin Powers.

Nous sommes dans une histoire de barbouzes, d’hommes de l’ombre dont on ne parle jamais parce que c’est bien connu : ils n’existent pas.

Le MI6 a des ennuis : une taupe (titre français) est installée à un très haut niveau et travaille pour Moscou.

Parce que nous sommes en 1973, en plein cœur de la Détente, qui si elle a réchauffé un tantinet les relations Est-Ouest, n’en demeure pas moins une phase de la Guerre Froide.

 

Alors pas de grand spectacle, pas d’humour britannique ni encore de jolies femmes amoureuses d’agents secrets « smart ».

Ce ne sont que suspicion, délation, identification et nombre d’autres termes en « -tion », dont l’inévitable « exécution ». Parce que des exécutions, il y en a deux. Ce sont les moments les plus spectaculaires du film, encore que la seconde est plus attendue, alors que la première nous prend complètement au dépourvu.

Mais d’une certaine façon, seule la mort est spectaculaire, qu’elle soit montrée en temps réelle ou seulement découvertes ultérieurement.

 

Bienvenue au Cirque (« The Circus »), la « Piscine » (1) anglaise, où de récentes informations confirment qu’une planche pourrie renseigne Moscou, malgré les soupçons de son chef, Control (John Hurt) qu’on retrouve mort dans un hôpital.

George Smiley (Gary Oldman) va reprendre tout au départ et rencontrer les différents protagonistes impliqués dan cette fuite et remonter tout en haut vers le coupable.

 

Mais c’est long, fastidieux et surtout risqué : à partir du moment où quelqu’un de son entourage n’est pas sûr et qu’on ne s’est qui c’est, il est difficile de se confier. Alors on fait comme George, on écoute et on essaie de démêler l’écheveau on ne peut plus noué qui se présente à lui, d’autant plus qu’il ne peut pas tout prendre comme argent comptant.

En face de lui, quatre suspects : Percy « Tinker » Alleline (Toby Jones), Bill « Tailor » Haydon (Colin « Galahad » Firth), Roy « Soldier » Bland (Ciarán « Caesar » Hinds) et Toby « Poor Man » Esterhase (David Dencik).

George Smiley héritant alors le rôle du « Beggar Man » (le mendiant), à la pêche à l’information.

 

Le rythme est donc lent et les pièces du puzzle très mélangées et quand la vérité se fait jour, il n’y a plus de place pour l’hésitation : chacun a son rôle à jouer et ira jusqu’au bout.

Mais le rythme lent est ponctué de coups d’éclat : les différentes morts qui émaillent l’histoire dont surtout celle d’une femme qui est exécutée subitement.

C’est un choc autant pour le personnage témoin de cette mort que pour le spectateur tellement cette exécution semble sortie de nulle part, ce qui n’est bien sûr pas le cas : les gestes des différents acteurs et actrices sont pertinents et appartiennent à une stratégie qui ne prend tout son sens qu’une fois l’intrigue résolue.

 

PS : on retrouvera Colin Firth et Mark « Merlin » Strong (Jim Prideaux), dont les personnages qu’ils interprètent ici sont très liés, dans une autre histoire d’espionnage : Kingsman I et II.

 

 

(1) Nom donné au siège des services secrets français.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Brian Percival, #Guerre
La Voleuse de livres (The book Thief (Brian Percival, 2013)

1938.

Pour l’Europe – et le monde – c’est l’Anschluss, la Nuit de Cristal et autres joyeusetés. Pour Liesel Meminger (Sophie Nélisse), c’est la mort de son petit frère, et la dernière fois qu’elle voit sa mère.
Elle a traversé une grande partie de l’Allemagne pour aller chez les Hubermann, qui ont l’habitude d’héberger des orphelins.

Si Rosa Hubermann (Emily Watson) est une femme rigide, il n’en va pas de même de son mari Hans (Geoffrey « Barbossa » Rush) qui accueille Liesel avec une déférence teintée d’humour.

Mais si Liesel s’habitue petit à petit à sa nouvelle vie, elle a un handicap sévère qui l’isole un peu : elle ne sait pas lire. Heureusement pour elle, il y a Rudy (Nico Liersch), le sportif tout blond qui n’a qu’un rêve dans la vie : devenir Jesse Owens, l’homme le plus rapide du monde.

Mais être noir en Allemagne en 1938 n’’est pas une bonne idée…

Alors elle va apprendre, avec Hans, et bientôt, non seulement elle lira très bien, mais en plus, elle « empruntera » (comme on dit toujours) les livres afin de découvrir ce monde couché sur du papier. Un monde familier, mais aussi très différent de cette vie au milieu d’une plaie humaine absolue : le nazisme.

Certes, Liesel n’est pas juive, mais ce n’est pas pour autant que la vie est belle, dans ce monde où la guerre se déclare et emmène ceux qu’on aime.

Et puis Max (Ben Schnetzer) débarque, poursuivi par ces démons allemands (les Nazis), à la recherche d’un lieu accueillant, en plein milieu du camp de l’ennemi.

Et les Hubermann l’accueillent, sans hésiter. Et pour Liesel, c’est une autre faveur que lui faut la vie : elle lui a pris son frère mais lui amène un autre, qu’elle va pouvoir veiller (Max est malade) et dont elle va s’occuper.

 

C’est une  magnifique histoire que nous propose Brian Percival en adaptant le roman éponyme de Markus Suzack. C’est pour une fois une vision allemande de la guerre et de ses drames. Liesel n’est pas juive comme on aurait pu le penser, mais elle brave tout de même un interdit : après un autodafé, elle ramasse un livre proscrit : L’Homme invisible de Wells.

Puis ce seront d’autres livres et au final un rapport formidable avec les mots. Des mots qui peuvent amener le malheur comme ceux des nazis, ou le bonheur qui permet à Max de se représenter le ciel extérieur alors qu’il vit caché dans la cave des Hubermann.

 

C’est une très belle histoire d’amour (1) que nous voyons, à différents niveaux :

  • Au niveau personnel : cette jeune fille qui s’ouvre au monde par la lecture ; qui s’ouvre aux autres grâce à Max qui luimême est au-dessus de l’idéologie qui voudrait le récupérer ;
  • Au niveau  familial avec les Hubermann qui sont avant tout des braves gens eux aussi hors de ce système injuste : lentement mais inexorablement ils vont devenir les nouveaux parents de Liesel qui n’a plus personne pour s’occuper d’elle ;
  • Au niveau spirituel avec l’apport riche des mots qui aident à vivre, et qui aident dans ce cas à survivre : la lecture de Liesel pour Max malade est très certainement cela qui l’a maintenu.

 

Et puis il y a les livres et leur force : « ce vice impuni, la lecture » disait Valéry Larbaud. Cette voleuse de livre n’est pas vraiment une voleuse. Elle emprunte, se nourrit et ramène chacun de ses trésors récupérés dans la bibliothèque d’Ilsa Herrmann (Barbara Auer), la femme du potentat nazi du coin.
Alors bien sûr, on peut comprendre les sentiments d’Ilse face à l’autodafé où elle est contrainte d’envoyer un livre à la mort pour éviter l’ire des nazis locaux dont le jeune Franz, membre actif des terribles jeunesses hitlériennes.

 

Mais c’est cette grande histoire d’amour qui nous laisse un sourire final malgré le drame inévitable issu de la guerre. Cette histoire soutenue par le couple Watson-Rush toujours juste et très sensible, dont on se demande à la première rencontre ce qu’ils peuvent bien faire ensemble.

Chacun des deux a sa propre sensibilité qu’il exprime différemment (bien sûr) mais qui démontre surtout un grand amour pour cette fille qui leur tombe du train et va illuminer leur vie, malgré la difficulté de la période.

 

Un très beau film, tout en subtilité et qui résonne malgré tout à notre époque où certains préféreraient une société où ses membres seraient un peu moins savants, et surtout beaucoup plus influençables.

J’ai bien peur qu’on n’en sortira jamais, de ces gens-là.

 

 

(1) Existe-t-il des laides histoires d’amour ? A la limite des amours malheureuses, mais jamais laides.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Yates, #Fantastique
Les Animaux fantastiques : Les Crimes de Grindelwald (Fantastic Beasts: The Crimes of Grindelwald - David Yates, 2018)

Newt Scamander (Eddie Redmayne) est de retour !

Mais avec lui, c’est aussi Gellert Grindelwald (Johnny Depp, méconnaissable) qui revient, et surtout qui s’échappe.

Le ministère de la magie aimerait bien que le grand Albus Dumbledore (Jude Law, impeccable comme d’habitude) se charge de ce personnage déplaisant.

Mais Albus ne le souhaite pas (1).

Pourtant, il faudra bien que quelqu’un se décide à l’arrêter.

 

Après Newt à New York, voici donc Newt à Paris. Nous sommes toujours dans les années 1920s, et notre héros est toujours en quête d’animaux fabuleux. Mais l’intrigue (noire) concernant Grindelwald prend le pas sur les merveilleuses créatures. Il y en a, certes, mais elles ne sont plus le centre de l’attention.

Et c’est peut-être pour ça que j’ai trouvé cet épisode un tantinet au-dessous du précédent.

En effet, le merveilleux qui entourait l’intrigue dans le film précédent a laissé à une noirceur terrible.

Les effets spéciaux sont toujours au rendez-vous, toujours aussi impressionnants, mais ça ne fonctionne pas aussi bien.

En fait, il me semble qu’il manque le décalage entre le monde des sorciers et le monde réel. Nous sommes quasiment tout le temps dans le premier, même si le cadre parisien de l’entre deux guerres est très bien rendu.

 

Il faut dire que d’une façon générale, les décors autres éléments reconstitués (costumes, coiffures…) sont fort réalistes. Sans parler des (rares) créatures toujours fantastiques qui détendent parfois l’atmosphère et relâchent la tension sans cesse montante du film.

Avec ce film, c’est la possibilité pour les fans de la saga HP de retrouver un lieu enchanteur fort apprécié : l’école de Hogwarts. On y devine plus qu’on ne la voit le professeur McGonagall (Fiona Glascott), mais surtout on y suit Dumbledore dans son cours de Défense contre les Forces du Mal. On y reconnaît une séance qui eut lieu avec Harry et le professeur Lupin dans le toujours magnifique HP et le Prisonnier d’Askaban.

On y voit aussi la jeune Leta Lestrange (Thea Lamb) qui a fréquenté Hogwarts en même temps que Newt, et qui était fort turbulente.

 

Mais Leta a grandi (Zoë Kravitz), mais elle aime toujours Newt  qui lui, retrouve – pour son plus grand bonheur – l’auror Tina Goldstein (Katherine Waterston).

Sans oublier le «  moldu » de service : Jacob Kowalski (Dan Fogler), pour qui le monde de la magie est tout à fait acceptable, depuis qu’il a rencontré Queenie (Alison Sudol), la sœur de Tina (2).

D’une manière générale (et avant le final époustouflant), Jacob a conservé son rôle comique et pas toujours en phase avec le monde de la magie. Mais c’est justement ce côté décalé qui donnait le sel du film précédent et qui ici a beaucoup été mis de côté, donnant un résultat peut-être trop sérieux par rapport aux autres films de l’univers de J.K. Rowling.

Certes, cette dernière a écrit le scénario, et l’intrigue complexe est toujours pertinente. Mais malgré tout, je pense qu’on perd un peu de la fraîcheur de la saga originelle.

 

De plus, la séquence d’ouverture qui, si elle est encore une fois très impressionnante, émousse l’intérêt : le spectateur n’a pas véritablement le temps de rentrer dans le film. Très vite l’évasion se met en place dans un ciel sombre qui ne permet pas de bien distinguer tout ce qu’il se passe, le tout dans un montage très trop rapide.

C’est une fois que Grindelwald a disparu que le film s’installe et que le spectateur peut enfin prendre ses marques.

 

Pour le reste, nous avons plusieurs fois la possibilité d’apprécier les clins d’œil à la série originale : certains noms éveillent en nous des souvenirs et la présence de Dumbledore est un véritable enchantement (3), beaucoup de ses interventions possèdent la même malice qu’on lui connaît dans la saga HP.

Par contre, la présence de Nicolas Flamel (Brontis Jodorowsky) ne m’a pas vraiment convaincu : son utilité est bien relative, sinon nous ramener au tout premier épisode de Harry Potter (livre et film).

 

 

  1. On apprend pourquoi, bien que les fans de la série Harry Potter le savaient déjà, le lien entre les deux hommes y est évoqué.
  2. Voir épisode précédent.
  3. c’est le cas de le dire !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Ridley Scott, #Science-Fiction
Seul sur Mars (The Martian - Ridley Scott, 2015)

En VO, c’est « Le Martien ».

Si la traduction française explicite le film, il faut tout de même se rendre à l’évidence que mark Watney (Matt Damon) est bel est bien abandonné sur la planète rouge par ses collaborateurs de la mission Arès 3 (1).

Mais qu’on se rassure, il n’est pas abandonné parce qu’il est pénible : c’est une tempête qui les sépare et troue son équipement. Et comme on ne peut durer plus d’une minute dans un équipement endommagé...

Sauf que le sien ne l’est pas tant que ça…

 

Vous l’avez compris, nous allons assister à la survie d’un individu dans un milieu franchement hostile. Mais si le film est fortement gourmand en effets spéciaux, Ridley Scott se borne à n’utiliser que des effets normaux dans la résolution de son intrigue martienne (2).

Les ressources matérielles et surtout humaines sont d’une pertinence absolue, la survie de Watney étant conditionnée à sa spécialité : il est botaniste. En plus d’être botaniste, il a dans un frigo, des pommes de terre sous vide, denrée rare dans l’espace où les nourritures sont la plupart du temps (dans les films) des infâmes bouillies énergétique et synthétisées, bref, de la m… Enfin, ce n’est pas terrible.

Et les patates étant des tubercules, il va bien évidemment les planter, pour en avoir d’autres, etc…

Sauf que sur Mars, il n’y a ni eau (3) ni atmosphère respirable, la tâche s’annonce ardue.

Mais comme Watney est américain et que le film dure deux heures vingt et une, on se doute qu’il va y arriver.

 

Et c’est là que la magie (4) opère et qu’on assiste émerveillé à une entreprise de survie extraordinaire. Parce que ses pratiques ont beau être antiques (voire préhistoriques), le milieu dans lequel il les mène est tout sauf encourageant.

On va alors s’émerveiller de voir un tubercule pousser : donner une tige sur laquelle se développent des feuilles… Des trucs qu’on voit en école primaire mais qui prennent tout leur sens dans ce film.

Et les commentaires de Mark sur sa situation et ses progrès amène une dédramatisation indispensable pour le personnage. Et même si parfois, on a l’impression qu’il commence à débloquer, un élément nous ramène à sa situation initiale et rend pertinent chacun de ses gestes et chacune de paroles.

 

Encore une fois, la solitude lui pèse et tel Robinson, il ne peut s’empêcher de parler : à lui-même pour rompre le silence - assourdissant cela va de soi, ou pour éviter de trop entendre la bouillie (encore une) disco - et aussi pour laisser une trace dans un journal de bord filmé. Mais il n’y aura pas de Vendredi pour le rejoindre.

Par contre, la communication avec la Terre va tout de même s’(e r)établir : le célèbre Pathfinder qui s’était tu fin septembre 1997, vestige de la seconde mission du programme Discovery de la NASA.

Ce sera alors la possibilité d’avoir une véritable communication avec le centre de Houston et d’envisager alors un retourouston et envisager alors un

 Sur Terre.

 

Cette dimension linguistique va clore la véritable exploration de Mars par Watney. En effet, pendant son séjour martien, ce dernier nous reproduit l’évolution de notre propre planète. En effet, après avoir réinventé le feu (5) et l’agriculture afin de se sustenter, de respirer et s’hydrater, il va développer un langage : la caméra de Pathfinder envoyant des images (un petit quart d’heure par voyage pour ces images), permettant une communication basique au début – questions fermés les unes après les autres – puis qui se développe jusqu’à l’écriture – qui se fait par ordinateurs interposés.

Bref, en quelques mois (années) terrestres, Watney est passé de l’âge des cavernes à la période contemporaine technologique.

 

Et tout ça avec des images magnifiques, dans des décors somptueux – qui s’ils sont pour la plupart jordaniens et filtrés, n’en demeurent pas plus vrais que ceux de Mars. Il est clair que la postproduction fut longue et couteuse, mais le fait est que le résultat est magnifique, que ce soit sur Mars ou dans le vaisseau Hermès.

Les détails sont foisonnants et donnent une dimension réaliste à l’entreprise, amenant un film d’espace absolument à contre-courant des films habituels : si les déplacements des différents engins et vaisseau sont bien entendu le résultat d’effets numériques époustouflants, l’intrigue, quant à elle, reste on ne peut plus ordinaire. Le parcours de Watney sur Mars n’est finalement pas très éloigné de celui de Hugh Glass (Leonardo Di Caprio) dans un film qui sortit la même année mais trois mois plus tard : The Revenant. Pour ces deux aventuriers, la survie est la condition sine qua non de tout ce qu’ils entreprennent, dans des milieux différents certes, mais pas moins hostiles l’un que l’autre. 

 

Avec ce film, d’une certaine façon, on peut dire que Ridley Scott revient à la base du film qui a fait son succès : Alien. En effet, comme l’annonçait l’affiche, « dans l’espace on ne vous entendra pas crier ». Ici, personne n’est là pour entendre Watney se lamenter, mais son expérience  va profiter à ceux qui ouvriront les voies vers une hypothétique colonisation spatiale. Et donc, un vaisseau cargo qui, un jour se met en éveil à l’approche d’une étrange planète avec des objets qui ressemblent à des œufs…

Vous voyez ce que je veux dire…

 

 

P.S. : Sans oublier bien sûr David Bowie et son Starman

 

  1. Arès est le dieu grec pendant du Mars romain.
  2. Pour la partie sauvetage, les effets spéciaux sont inévitables.
  3. Je n’entrerai pas dans le débat, je parle de l’eau courante ou au moins liquide comme nous la connaissons sur terre.
  4. C’est de la science, c’est sûr, mais au cinéma, ça devient magique !
  5. Chose ardue, la NASA n’aimant pas le feu dans ses vaisseaux, ce qui se comprend aisément…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Marc Forster, #Zombies
World War Z (Marc Forster, 2013)

Haletant.

La première séquence, celle du générique d’introduction, nous propose un florilège d’informations télévisées et d’images d’une nature parfois violente, parlant de rage ou de quelque chose qui s’y apparente.

Et puis le film commence vraiment.

 

Ca commence comme un film familial : des enfants – deux filles – qui vont réveiller leurs parents avant de se préparer partir. Rien de bien transcendant, si ce n’est l’expression « Lois Martiales » qui sort de la télévision.

Ensuite c’est un embouteillage dans Philadelphie. Du normal, quoi. Jusqu’au basculement : une explosion qui rappelle le 11 septembre et une panique inexpliquée, jusqu’à l’irruption d’une foule enragée qui se rue sur ceux qui s’enfuient. Gerry (Brad Pitt), Karin (Mireille Enos) et leurs deux filles (Sterling Jerins & Abigail Hargrove) doivent fuir devant ces enragés. Ils iront à Newark puis seront évacués vers un porte-avion en plein Atlantique.

Que s’est-il passé ? Il semble qu’une bactérie soit à l’origine d’une épidémie encore plus forte que la Grippe Espagnole (1920).

Mais il reste un espoir : Gerry est un ancien de l’ONU qui va sauver la situation.

Ou pas.

 

Brad Pitt et David Morse sur une même affiche et une histoire de virus ? Non, ce n’est pas l’Armée des 12 Singes, mais l’analogie est pertinente.

D’un côté Brad Pitt est sain d’esprit, mais on ne peut pas en dire autant de Morse. On pourrait presque croire que nous assistons à l’expansion de cette maladie fatale dont James Cole essayait de trouver la source.

Mais là s’arrête l’analogie.

 

C’est un vrai film à grand spectacle (euphémisme dans le cas présent) que nous propose Marc Forster avec casting international et effets spéciaux « époustouflants » - comme dirait Marc Isaïe (1) – dans la lignée des films survivalistes où l’humanité est confrontée à une menace plus ou moins naturelle qui éradique pratiquement totalement la population.

Bien entendu – j’aurais pu dire « comme d’habitude » - les Américains sont les grands sauveurs de ce qu’il reste d’humanité, mais ce n’est pourtant pas le plus intéressant du film.

Et si la morale est un tantinet convenue voire gnangnan, il n’en demeure pas moins que ce film est magnifiquement tourné, avec des acteurs convaincus et surtout convaincants : du grand spectacle, donc, comme je l’ai écrit plus haut.

Mais le plus formidable dans ce film, c’est la solution du problème.

Je vais donc vous annoncer une grande partie de la fin, alors si vous ne voulez pas le savoir, je vous retrouve demain pour un nouveau film ou alors vous allez directement au dernier paragraphe…

 

Vous êtes toujours là ? Soit vous avez vu le film, soit vous ne vous souciez pas trop de l’intrigue. Dommage, elle n’est pas si mal que ça…

 

Il y a un véritable paradoxe dans cette résolution. En effet, alors que le péril est sauvage et plus ou moins mortifère, c’est de la mort que vient la vie.

En effet, les hordes de sauvages qui pullulent et se reproduisent par « simple » morsure (au sang, tout de même !) s’écartent étonnement de deux personnes lors de la séquence de panique dans Jérusalem emmurée : un vieillard, et un jeune garçon chauve.

Bien sûr, notre ami Gerry, qui a bien écouté le docteur Fassbach (Elyes Gabel) du début, repère que ces deux personnes sont en phase terminale de cancers, dans des corps donc peu propices au développement de notre virulent virus (je sais, je pléonasme !). Eh oui…

 

Quoi qu’il en soit – vous êtes de retour ? – toute l’épopée survivaliste de Gerry avec Karine puis avec la soldate Segen (Daniella Kertesz) est menée tambour battant, dans un rythme effréné et haletant comme annoncé au début de l’article.

Et si on a pu qualifier ce film – un peu trop vite à mon avis, mais ça ne regarde que moi – de « familial », il vaut mieux avoir des enfants relativement âgés tant les images sont fortes, mais tellement bien réalisées.

Mais le spectacle vaut le coup quand même.

 

  1. Célèbre animateur et directeur de la non moins célèbre radio belge Classic 21, grand amateur de ce qualificatif…
  2. Et tant pis pour les pisse-vinaigre peu impressionnables !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guy Hamilton, #James Bond, #Espionnage
Vivre et laisser mourir (Live and let die - Guy Hamilton, 1973)

James Bond est de retour !

Après un piètre épisode diamantaire, Guy Hamilton reprend le personnage.

Mais sans Sean Connery (1).

C’est donc le très british Roger Moore qui a l’honneur de lui succéder, devenant le troisième interprète de l’agent secret mythique.

Et dès le générique, le ton a changé.

Tout d’abord, l’agent qui s’avance à travers la mire n’a plus de chapeau, et en plus, il est blond.

 

Quand enfin il apparaît, on ne peut s’empêcher de penser à Lord Brett Sinclair : il faut dire que Roger Moore a passé les deux années précédentes sur la série.

A la différence de Sean Connery, Moore a une approche qui beaucoup plus flegmatique. Il faut dire aussi que Sir Sean est avant tout écossais.

Mais heureusement pour nous, ce nouvel interprète s’en tire assez honorablement :remplacer un tel géant n’était pas gagné. D’un autre côté, au vu du film précédent, il était difficile de faire pire.

 

Avec Sean Connery, c’est aussi un groupe immense d’adversaires qui s’en vont : Blofeld et donc le SPECTRE disparaissent de la série jusqu’au retour aux sources du début XXIème siècle et surtout Spectre (2015).

Qu’importe, ceux qui nous sont proposés font l’affaire, Kananga (Yaphet Kotto) et le terrible Tee Hee (Julius W. Harris) en tête, sans oublier le rire du Baron Samedi (Geoffrey Holder).

C’est aussi dans cet épisode que James a pour la première fois une relation avec une femme noire, la belle Rosie (Gloria Hendry). Et tous les adversaires de Bond sont cette fois-ci tous noirs.

 

Mais les premières fois ne concernent pas seulement l’interprète principal : pour la première fois donc, nous voyons M (Bernard Lee) se rendre directement chez James pour lui signifier sa nouvelle mission. Cela permet à Miss Moneypenny de s’y rendre et aussi de constater que James n’était seul ce soir-là… Quant à Q (Desmond Llewelyn), il n’est fait référence qu’à son nom à propos de la montre de Bond qui a subi quelques réparations fort utiles, ma foi.

 

Pour le reste, on a droit à deux belles poursuites : l’une en avion avec des voitures chassant James ; l’autre en hors-bord dans le Bayou, qui nous permet aussi de rencontrer un personnage bien singulier, le shérif J.W. Pepper (Clifton James).

Pepper est un flic de Louisiane, truculent et chiqueur de tabac et surtout à l’accent sudiste très prononcé (2) : une véritable caricature de shérif.

Et les James Bond Girls ? Outre Gloria Hendry, nous avons droit à la superbe Jane Seymour qui fait ses premiers pas au cinéma. Elle est Solitaire, une cartomancienne très douée mais qui perdra son don en rencontrant intimement James (3).

 

Tout est donc là pour nous faire passer un bon moment : jolies filles, action et humour british.
Que demander de plus ?

Le petit plus : c’est l’immense Paul McCartney et ses Wings qui interprètent la chanson titulaire.

 

  1. Connery était tout à fait d’accord avec le choix de Moore pour le remplacer.
  2. Clifton James (1920-2017) était né à Washington D.C. Pepper fera à nouveau une apparition dans l’univers de James Bond lors du film suivant.
  3. Comme c’est étonnant !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Irvin Willat, #Thomas H. Ince, #Lon Chaney, #Guerre
Périlleuse Mission (The false Faces - Irvin Willat, 1919)

Pendant la guerre, il se passe aussi de drôles de choses.

En effet, Michael Lanyard (Henry B. Walthall) – alias the Lone Wolf (1) – a troqué son métier de cambrioleur pour un poste d’agent secret infiltré en Allemagne.

Mais il n’est pas le seul à avoir intégré l’armée : son ennemi Ekstrom (Lon Chaney) en a fait de même, mais dans l’Armée du Kaiser.

 

C’est à la toute fin de la première Guerre mondiale que fut tourné ce film d’Irvin Willat, sous la supervision de Thomas H. Ince.  Les cartons d’ouvertures sont clairs : Ince est (presque) partout. Il produit, supervise la mise en scène et le montage. Bref, il ne reste pas beaucoup de place à Willat.

 

Bien sûr, quand le film sort, la guerre est terminée, mais tout le monde n’est pas rentré de France. L’intrigue perdit alors un peu de son intérêt, mais le film nous propose un duo qu’on retrouvera : Walthall & Chaney (2).

Bien sûr, Walthall est le gentil, et Chaney l’affreux teuton aussi cruel que possible. Et les visages dont parle le titre original sont bien entendu ceux de Lon Chaney, dans un rôle à figures multiples.

Si Eckstrom est irrécupérable, il  n’en va pas de même de Lanyard, qui profite de la Guerre pour s’amender et donc se réformer : alors que la tentation de voler est là, il surmonte ses instincts de brigand et laisse un joli butin.

 

Même si la guerre est terminée, les Allemands sont toujours les méchants : il faudra attendre quelques années pour que ces derniers rejoignent le côté des méchants, en attendant l’accession au pouvoir des Nazis qui retrouveront le côté obscure, et pour pas mal de temps.

Eckstrom, en plus d’être un brigand est même qualifié de « Hun » dans un intertitre, avec toute la connotation barbare qu’on imagine.

Il faut dire que ce « charmant » personnage est la raison pour laquelle Lanyard s’est enrôlé : en villégiature chez sa sœur (veuve) et son neveu, il échappe de peu à une exécution pendant que les deux autres sont massacrés.

 

Il est dommage que la copie disponible (3) est abimée, les intertitres originaux sont plutôt bien réalisés, jusque dans les symboles qui accompagnent la distribution : un masque pour Lanyard, des poignards pour Eckstrom ou encore des cœurs pour Mary.

Le film se décompose en trois parties découlant les unes des autres : la Guerre ; le retour de mission en bateau ; sur le sol américain.

La guerre est montrée assez longuement. Il est évident que le budget du film ne permettait pas des combats homériques entre deux armées nombreuses. Par contre, la façon de montrer l’intensité des combats retient notre attention. Ce sont des séquences de nuits au montage plutôt rapide, éclairées par un projecteur en mouvements balayant régulièrement la scène. Des ombres de corps ou d’élément de désolation contribuent à l’illusion. Ce ne sont que des suggestions mais l’effet recherché est atteint : en plus de cela, on a peloton qui se faufile à la recherche de blessés, pendant que Lanyard lui-même essaie discrètement de rejoindre les lignes anglaises. La séquence est peut-être un tantinet trop longue, mais l’effet est vraiment intéressant.

La traversée en bateau est le moment où nous rencontrons vraiment Eckstrom, et les déguisements de ce dernier donnent donc le titre original.

Quant à la dernière partie, elle offre elle aussi une belle bagarre entre les deux stars, avec un subterfuge de Lanyard qui surfe (4) sur l’idée de faux semblant du titre.

 

Quant à la mission : oui, elle est tout de même périlleuse !

 

PS : Il y a peu de chance que notre Loup solitaire le reste bien longtemps…

 

 

  1. Le Loup Solitaire
  2. Si London after Midnight a été perdu, on peut encore voir The Road to Mandalay de Tod Browning.
  3. La copie de 1h12 est en meilleur état mais les intertitres originaux ont été refaits et une partie du film disparue. La version vue est celle de 1h38.
  4. Comme on dit de nos jours…

 

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