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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joe Wright, #Comédie, #Fantastique
Pan (Joe Wright, 2015)

Merveilleux.

Joe Wright réécrit Peter Pan, et c’est fabuleux…

 

Moi qui ai été élevé en partie à coup de Disney, j’avais déjà eu un choc – culturel et agréable, rassurez-vous – quand Loisel avait fait paraître son Peter Pan (1990-2004), replaçant le héros dans la période victorienne mâtinée de Jack l’Eventreur.

Mais ici, rien de tout ça. Tout d’abord, on assiste à une sorte de mise à jour : ça se passe toujours à Londres mais pendant le Blitz. Peter (Levi Miller) est l’un des nombreux enfants abandonnés qui fréquentent l’orphelinat Lambert Home for Boys dirigé par l’infâme Mère Barnabas (Kathy Burke). Une nuit, il est enlevé par des pirates pendant un bombardement allemand. Il est ensuite conduit au Pays Imaginaire (Neverland), qui est beaucoup moins féérique qu’on avait pu le croire étant enfant…

Là, il fait la connaissance de l’ignoble Barbe-Noire (Hugh Jackman), et surtout d’un allié précieux, James Hook (Garrett Hedlund)…

 

En fait, le scénario de Jason Fuchs nous propose un grand retour en arrière avant ce qu’a imaginé J.M. Barrie, une genèse improbable d’une histoire maintenant très célèbre. Très célèbre mais pas tant adaptée que cela au cinéma, avec des acteurs en chair et en os s’entend. En effet, depuis le film d’Herbert Brenon (1924), on ne compte qu’une seule version, celle de Paul J. Hogan (2003). La version de Spielberg (1991) étant le pendant postérieur de la version qui nous occupe aujourd’hui.

 

Nous sommes donc 90 ans après le premier muet et on y retrouve tout de même les ingrédients principaux : les enfants perdus (pas pour tout le monde), des pirates, des fées, des autochtones plus ou moins sauvages (1), des sirènes (2), le tout dans un pays où tout est possible, même de faire voler des bateaux !

C’est d’ailleurs ce dernier point qui est la source d’émerveillement du spectateur.

En effet, les progrès numériques donnent – enfin ? – la mesure du merveilleux du monde de Barrie. Lui qui avait supervisé le film de Brennan (il avait d’ailleurs imposé Betty Bronson pour le rôle titre) aurait très certainement apprécié le traitement visuel qui est fait de son univers.

 

Non seulement c’est beau, mais on assiste à des changements de rythmes très pertinents amenant par moment des ruptures salutaires et merveilleuse : quand le galion se retrouve dans l’espace après avoir été pourchassé par des Spitfires (3) le calme abrupt donne une touche de magie, voire de poésie, qu’on retrouve dans Les Aventures du Baron de Munchausen quand leur vaisseau lui aussi se retrouve dans l’espace. Cet effet étant accentué par l’effet de pesanteur et permet à Peter de voler pour la première fois.

Autre moment magique : quand Peter, Hook et Tiger Lily (Rooney Mara) sont attaqués par des crocodiles et sont alors sauvés par les sirènes. On trouve de la grâce dans leur évolution dans l’eau ainsi qu’un éclairage de leurs corps en rapport avec leurs ondulations qui reproduit ce même effet de calme et de sérénité.

Et à propos d’eau, l’évolution de Peter dans les airs pendant le combat final rappelle plus un poisson qui nage qu’un oiseau qui vole.

 

Bref, c’est un festival de féérie, de merveilleux et de magie où on a plaisir à se perdre, et on se dit, une fois le film terminé, que c’est maintenant que les choses commencent réellement.

Et encore, on ne parle pas de Wendy et compagnie : beaucoup de choses doivent survenir avant !

 

 

PS : Je vous laisse savourer la dernière réplique…

  1. Est-ce dû à la tendance identitaire qui veut pourfendre les racismes et encourage à édulcorer même les histoires les plus belles de peur de froisser les susceptibilités qu’on ne parle de çà aucun moment d’Indiens ?
  2. Elles sont trois et interprétées par une seule et même actrice, la très belle Cara Delevingne.
  3. Petit détail réjouissant : l’état-major qui s’occupe de la bataille aérienne est exclusivement composé de femmes !

 

 

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