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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Shane Acker
Numéro 9 (9 - Shane Acker, 2009)

Sorti en 2009 (coïncidence ? Je ne crois pas), ce film intitulé originalement 9 est un film d’animation steam punk des plus réjouissants.

Nous sommes sur une terre post-apocalyptique, où les machines se sont retournées contre les humains qui les avaient conçues. Qu’elles aient détruit les humains, passe encore, mais dans le même temps, toute forme de vie a été éradiquée par l’emploi de gaz létaux.

De ce chaos sont apparues de drôles de poupées de toile (1) dont le dernier exemplaire, 9 (voix d’Elijah « Frodo » Wood) part à la découverte du monde.

 

C’est un univers très bizarre qui nous est proposé là, avec ces petits personnages aux yeux mécaniques trop grands, dans un monde hostile où les seuls « animaux » sont des machines infernales générées par un cerveau mécanique malade.

Mais c’est surtout une vision bien pessimiste de l’avenir de l’humanité que nous voyons, et qui finalement risque de se réaliser, l’homme, sans obligatoirement utiliser de gaz létal, détruit consciencieusement les différents êtres vivants de sa planète.

Mais malgré tout, Shane Acker instille un tout petit peu d’espoir : pour ses poupées, pas pour les humains. Encore que…

 

Bien sûr, s’il s’agit d’un film d’animation un tantinet bizarre, on peut s’attendre à trouver Tim Burton. Il est là, dans la production, très certainement intéressé par le court-métrage original d’Acker (sorti en 2005).

Que reste-t-il du court original ?

Le fait qu’Acker ait tourné lui-même cette extension nous fait supposer qu’elle respecte son projet original (c’est le cas de le dire). On notera tout de même au scénario la présence de Pamela Pettler, qui avait déjà cosigné celui des Noces Funèbres du même Burton.

 

Bref, un film malgré tout très sympathique, où on peut entendre quelques voix célèbres (Christopher Plummer, par exemple) et où chaque poupée a sa particularité qui nous fait penser au monologue de Tom Joad à la fin des Raisins de la Colère (2).

 

[Attention : révélation de la résolution de l’intrigue. Vous avez toujours le même choix : aller jusqu’au bout ou attendre de voir le film pour lire ce qui va suivre.]

 

Chacune des poupées porte en elle une partie de l’âme du concepteur de la machine, une partie humaine. Et c’est l’union de ces différentes parties qui amène la résolution de l’intrigue, détruisant la machine infernale et ramenant l’espoir – dans une séquence un tantinet mystique – avec la tombée des premières gouttes de pluie : et quand on sait que l’eau est indispensable à la vie, on est en lieu d’espérer une régénération du vivant à plus ou moins long terme (3).

Sans les hommes bien sûr, mais qui s’en plaindrait ?

 

  1. A partir de celle des sacs de sable ?
  2. « Peut-être que c’est comme le dit Casey : on n’a pas une âme à soi, mais seulement un morceau d’une grande âme collective… » (« Maybe it's like Casey says. A fellow ain't got a soul of his own. Just a little piece of a big soul. The one big soul that belongs to everybody. »)
  3. Ces poupées n’étant pas organiques, le concept de temps devient alors obsolète.
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