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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

animation

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Norman Ferguson, #T. Hee, #Wilfred Jackson, #Animation, #Walt Disney
Pinocchio (Norman Ferguson, T. Hee & Wilfred Jackson, 1940)

Forts du succès de Blanche Neige trois ans plus tôt, les studios Disney reviennent au devant de la scène avec une nouvelle production. C’est donc le conte de Carlo Collodi qui est adapté avec beaucoup de brio, visuellement parlant, cela s’entend.

C’est magnifique, tout point de vue.

 

Si Blanche Neige était une formidable réussite, il n’existe alors pas beaucoup de mots pour décrire ce second long métrage des studios Disney : l’animation est à son plus haut niveau, assurée par une équipe de haute volée. Et à nouveau, les décors sont extraordinaires. Si on n’y trouve pas les aspects inquiétants de la forêt de BN, ceux de « L’Ile enchantée » (Pleasure Island) une fois que la fête est finie sont extraordinaires de désolation. Et Jiminy Cricket (voix de Cliff Edwards) ne s’y trompe pas, comparant l’endroit à un cimetière. Là où les couleurs le disputaient au faste, ce ne sont que vestiges morts : comment y a-t-il pu avoir de la vie là ?

 

Mais Pinocchio, c’est avant tout l’histoire de cette marionnette (voix de Dickie Jones) sans fil (1), découvrant la vie d’un œil candide, véritable proie facile pour toute sorte d’escrocs et autres malfaisants. Ils son quatre, formant trois partis distincts dont le duo Gideon (voix borborygmes du grand Mel Blanc) & Honest John (voix de Walter Catlett) est le lien avec les deux autres. Ce sont deux rabatteurs sans scrupule ni quelque conscience que ce soit. Mais avec tout de même une force comique indispensable afin d’atténuer l’aspect noir de leurs manigances. C’est un duo (improbable, est-il besoin de le préciser) complémentaire qui allie l’intelligence et la bêtise, la ruse et la violence, mais se termine souvent dans le ridicule. Oui, on peut penser à Laurel & Hardy même si ces deux comiques n’avaient pas les noirs desseins de ces deux filous-là.

Les deux autres infâmes le sont beaucoup plus, et l’équipe d’animation ne s’y trompe pas : entre Stromboli (voix de Charles Judels) qui représente une caricature d’un goût douteux aujourd’hui (2), et le cocher (même voix) au visage faussement débonnaire mais véritablement torve, ce sont deux individus d’une grande méchanceté, les deux composantes d’une même entité maléfique dont l’appât du gain reste le moteur principal, tout comme les deux autres, d’ailleurs.

Et Monstro ? Comme c’est un animal (il ne parle pas), et malgré son nom, on ne peut pas le classer dans les méchants. On le qualifiera de dangereux, tout simplement.

 

A côté de ces éléments négatifs, on trouve – déjà – la magie qui va perdurer pendant des décennies et faire la réputation des studios Disney. Il n’est étonnant pour personne qu’un cricket parle, tout comme une marionnette. Mais pour la marionnette, l’intervention magique de la Fée Bleue (voix d’Evelyn Venable) est une justification plausible. Par contre, que Honest John soit un renard parlant, on est en droit de se poser des questions. Mais si on rapproche le renard de la ruse, alors quoi de mieux pour représenter un tel personnage. Et s’il parle, c’est tout à fait normal : nous sommes au cinéma ! Mais on retrouve alors le paradoxe disneyien qui voit que Gideon est habillé et semble être doté de parole alors que Figaro est un chat tout à fait normal. Sauf qu’il ne mange pas le poisson de Geppetto (voix de Christian Rub), Cleo.

Et cette dernière est l’un des personnages les plus réussis du film : c’est un poisson hautement féminin, avec de long cils et une grâce qui n’ont absolument rien d’ichtyologique.

 

La magie s’opère aussi quand les objets inanimés sont mis en mouvement quand Geppetto est heureux. On leur découvre alors une âme et des effets comiques souvent provoqués par Jiminy. Il en va de même des marionnettes de Stromboli qui prennent vie grâce surtout au talent des animateurs (les ficelles de Stromboli ne sont là que pour le décor) et l’utilisation d’accents pour les différentes femmes est du plus bel effet (en VO en tout cas).

Et puis il y a le monde sous-marin qui va apporter son lot de féerie, véritable feux d’artifices coloré avec des poissons dont certains traits rappellent plus ceux des humains que des animaux. Et on voit d’ailleurs la différence quand Geppetto – encore lui – pêche des (petits) thons : ils sont impersonnels, académiques. Normal, ils sont destinés à être mangés : on ne peut pas leur donner un aspect sympathique…

Et là encore, l’épisode maritime confirmera la haute maîtrise de l’équipe technique du film : c’est absolument magnifique. Et je suis modéré.

 

Un chef-d’œuvre, je vous dis !

 

PS : On notera la présence dans l’équipe des animateurs de Preston Blair qui travaillera sur les deux prochains films des studios avant d’aller à la MGM collaborer avec le non moins immense Tex Avery.

 

  1. Comme chez Jim Henson !
  2. Un croisement entre un Gitan et un Juif, deux cibles privilégiées de l’époque (et malheureusement aujourd’hui) en Amérique comme ailleurs…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Andrew Adamson, #Vicky Jenson
Shrek (Andrew Adamson & Vicky Jenson, 2001)

 

Shrek (voix de Mike « Austin Powers » Myers) vit tranquille dans son marais éloigné de toute civilisation. Jusqu’au jour où Lord Farquaad (John Lithgow) décide de chasser tous les personnages merveilleux de son domaine : ils trouvent alors refuge dans celui de Shrek, qui ne l’entend pas de cette oreille (ridicule). Ce dernier s’en va trouver Farquaad qui lui propose de vider son marais s’il lui rapporte la princesse Fiona (voix de Cameron Diaz) pour l’épouser (et devenir roi par la même occasion).

Shrek accepte, et c’est flanqué d’un compagnon improbable – Donkey (voix d’Eddie Murphy) un âne qui parle (1) – qu’il s’en va affronter les périls et surtout le dragon qui garde la princesse dans la plus haute tour de son château.

 

Un vent frais (1) souffle sur le dessin animé alors que commence le vingt et unième siècle. Après une soixantaine d’années d’hégémonie disneyenne, le cinéma découvre qu’on peut aussi adapter les contes de fées d’une autre façon. Shrek se situe à mi-chemin entre le dessin animé pour enfant et celui pour adulte : c’est là sa véritable force.

En effet, le film de film d’Andrew Adamson & Vicky Jenson (une réalisation paritaire…) se regarde avec beaucoup de plaisir, s’amusant avec les contes traditionnels (et les passant à la moulinette) et surtout en donnant la part belle à celui qui est toujours considéré comme l’un des plus grands méchants du genre : l’ogre.

Rappelez-vous : la première fois qu’on a entendu parler d’un ogre, c’est avec Le petit Poucet. Et en une histoire, il réussit à se faire une réputation de mangeur d’enfants et comme si ce n’était pas assez, il tue ses petites filles en croyant s’occuper de Poucet et ses frères. Bref, un personnage d’une haute malfaisance.

 

Quant à Shrek, s’il n’a pas la beauté, il a tout de la Bête de Madame de Beaumont : certes, il n’en a pas les manières mais il en a le cœur, comme il l’explique à son compagnon d’infortune. Et d’une manière générale, le film, sous des dehors pas toujours très reluisants (ça rote, ça pète…) est aussi un plaidoyer pour la différence : Shrek est affreux, mais on ne peut qu’apprécier sa compagnie. C’est le cas de Donkey, mais c’est surtout parce qu’il est seul, et aussi de Fiona qui découvre progressivement qui est ce curieux personnage à la fois repoussant et attirant.

 

Mais le film fonctionne aussi parce que le méchant est réussi : Farquaad a tout contre lui. Premièrement, c’est un nabot au visage un tantinet trop carré et dont le menton porte les reflets ombrés d’une personne qui ne se rase pas tous les jours, mais surtout dont les desseins sont tout sauf honorables : s’il veut épouser Fiona, c’est pour devenir roi, sans quelque sous-entendu amoureux que ce soit. Mais surtout, il ajoute à son immense ambition une lâcheté qui l’empêche d’aller lui-même chercher la princesse. Bref, un personnage hautement antipathique, comme on les aime détester.

 

Bien entendu, la structure reste celle du conte et si tout se termine bien, en faisant bien attention, on remarque que quand le livre de l’intrigue se referme, on n’y lit pas le célèbre « they lived happily ever after » (4) qui conclut habituellement les histoire des frères Grimm et autre Perrault : je vous laisse trouver le mot de substitution…

Bref, on s’amuse, pas toujours finement, mais Adamson et Jenson ont réussi leur pari : rendre plus humains ces personnages féériques (ou maléfiques).

Après, on peut (largement) préférer le dessin d’autres studios (Pixar, par exemple), mais il n’empêche : on s’amuse beaucoup des pérégrinations de ce gentil monstre vert, et les musiques utilisées sont bien éloignées de celles qu’on aurait pu attendre (chez Disney, par exemple). D’ailleurs, la seule fois où la princesse se conduit comme une de ses consoeurs disneyennes, le résultat est fort peu réjouissant. Encore que… C’est une question de point de vue.

 

Oui, c’est vraiment une question de point de vue, et d’ailleurs quand le film est sorti, deux camps se sont dressés (sans s’affronter, heureusement) : ceux qui adoraient et ceux qui détestaient.

Vous avez deviné dans quel camp je me suis retrouvé…

 

  1. « donkey » signifie « âne ».
  2. Peut on parler de vent frais quand on parle de ceux de Shrek ?
  3. Je n’ai rien contre les nains personnes de petite taille, rassurez-vous…
  4. « Ils vécurent heureux longtemps. »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Animation, #Segundo de Chomòn
La Maison ensorcelée (Segundo de Chomòn, 1906)

Un trio – une femme et deux hommes sont surpris par l’orage. Ils se réfugient dans une maison abandonnée qui va s’animer dès leur approche : chaises qui disparaissent quand on veut s’asseoir dessus, table qui se dresse seule et repas qui se sert sans aucune aide… Sans oublier un tableau qui s’anime et fait apparaître un personnage aussi étonnant qu’inquiétant…

 

Même s’il s’agit de l’une des premières réalisations comportant une maison hantée, le domaine reste la comédie. Il n’y a rien de bien sérieux dans ce petit film (en durée), et ses personnages, s’ils sont embêtés par les différentes actions autonomes de la maison, ne manifestent aucune peur.

De plus, tous les trois sont grimés d’une façon qui rappelle plus le maquillage des clowns qu’autre chose. Et bien sûr, les différentes péripéties qui surviennent prêtent plus à rire qu’à autre chose. Seule la figure qui apparaît dans le tableau semble inquiétante, mais rattachée à l’ensemble, c’est son aspect qui retient l’attention plus qu’autre chose.

 

Le véritable intérêt du film, c’est avant tout le travail en image par image : l’apparentement avec Méliès est flagrant (la société qui produit ce film, Pathé Frères, voulait d’ailleurs faire concurrence au grand Georges) dans l’utilisation des trucages et surimpressions, mais ce qui frappe le plus ici, c’est donc l’utilisation de ce procédé « stop animation » (1). La préparation du repas est un modèle du genre, qui voit le couteau découper saucisson et pain, la serviette se dépliant pour l’essuyer et enlever les miettes. Sans oublier une pointe humoristique avec la rondelle qui ne veut pas rentrer dans le rang.

 

De plus, les différents effets « spéciaux » sont réalisés avec beaucoup de soin : les habits qui se lèvent et prennent vie sont impressionnant, tout comme (dans une moindre mesure) la valise qui « se fait la malle » (2) dès l’entrée des personnages dans la maison. C’est limpide, les artifices utilisés n’apparaissant pas.

Et surtout, Segundo de Chomòn (3) pose les bases du cinéma d’animation européen avec cette histoire de maison hantée qu’il reprendra dans d’autres films.

 

Encore une de ces pépites que renferme le cinéma des origines, et un autre réalisateur aujourd’hui malheureusement oublié, à faire découvrir de toute urgence !

 

  1. [stopænɪmeɪʃən] Procédé image par image qu’on appelait alors (1906) procédé américain…
  2. Je sais, elle est facile, mais il était difficile de passer à côté…
  3. De son nom complet Segundo Vìctor Aurelio Chomón y Ruiz (1871-1929)

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Brad Bird
Le Géant de fer (The iron Giant - Brad Bird, 1999)

1957.

Nous sommes en pleine Guerre froide. C’est ce moment que choisissent des extraterrestres pour envoyer sur terre un géant de fer (voix de Vin Diesel). Mais c’est Hogarth (voix d’Eli Marienthal) qui le découvre. Aidé de Dean McCoppin (voix de Harry Connick Jr.), il va survivre à l’ombre de l’armée et surtout de Kent Mansley (voix de Christopher McDonald), agent de renseignement du gouvernement qui ne voit en ce robot qu’une menace plus ou moins envoyée par les Rouges (URSS, Chine) dans un but de destruction du « Monde libre ».

Bien évidemment, il n’en est rien : ce géant de fer est bon, comme essaie de le prouver Hogarth.

 

C’est beau comme du Disney, comme le confirme le style, mais avec une dimension réaliste – et surtout sérieuse – qu’on ne trouve que très rarement chez le studio créé par le descendant des soldats normands d’Isigny. Le trait rappelle sans hésitation celui de l’époque dorée des studios, mais le propos est réaliste, et surtout : on n’y chante pas ! (1)

Et Brad Bird réussit à nous proposer une magnifique fable antimilitariste avec, encore une fois, un éloge de la différence : ce géant n’est pas la menace que Kent veut faire croire, gonflé qu’il est des résidus du maccarthysme qui régna au début des années 1950.

Parce que le véritable méchant de cette histoire, c’est Kent. Il est l’archétype de l’agent « spécial » du gouvernement qui traque ceux qui ne sont pas comme lui (ou/et qui ne pensent pas comme lui).

 

On suit alors avec plaisir cette relation entre cet enfant un tantinet seul et ce robot qui l’est encore plus, débarqué dans un monde entièrement différent de ce qu’il peut (a pu ?) connaître. Et cette relation nous ramène au monde de Disney : ces deux extrêmes s’attirent comme Peter et Elliott (film homonyme), ou encore Rox et Rouky (The Fox & the hound). Parce que malgré tout, c’est de la différence que naît la richesse, et le film de Brad Bird n’y fait pas exception.

Et comme l’intrigue se situe en pleine guerre froide, on n’hésite pas à utiliser ce que les acteurs de l’époque n’ont jamais voulu utiliser : la bombe H. Comme nous sommes au cinéma, je rappelle que tout est possible. Mais cette utilisation extrême (voire extrémiste) se retourne bien entendu contre son instigateur, et c’est tant mieux.

Certes tout est possible, mais il faut aussi savoir rester raisonnable.

 

Au final, un très beau film d’animation (2), avec un message d’espoir (nous sommes au Etats-Unis, ne l’oublions pas). On peut juste relever que le personnage de Dean, dans son apparence, n’a pas grand-chose à voir avec les gens qu’on croisait à cette époque.

Mais là encore : au cinéma, tout est possible…

 

  1. Si je suis un grand amateur des films du studio, les chansons inhérentes ont une certaine tendance à m’irriter.
  2. J’ai toujours eu du mal avec cette désignation : comme si un film était statique…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Biopic, #Drame, #Marjane Satrapi, #Vincent Paronnaud
Persepolis (Marjane Satrapi & Vincent Paronnaud, 2007)

15 ans.

Quinze ans d’une vie marquée par la révolution, la guerre, et surtout la mort. Quinze ans dans la vie d’une femme, de son enfance à son entrée dans l’âge adulte.

Tout commence en 1978, à Téhéran, capitale de l’Iran, qui fut autrefois la Perse, d’où le titre (1).

Quand éclate la révolution, elle a 9 ans. Quand elle arrive à Paris, elle en a 24. Entre les deux, une vie chaotique, rythmée par la violence, physique et bien sûr morale.

Il faut dire que l’Iran, en quelques années est tombé de Charybde en Scylla, la dictature du shah s’effaçant pour laisser la place à celle des barbus de Khomeiny qui n’est d’ailleurs à aucun moment cité dans le film (2). Sans oublier le conflit qui opposa le pays à l’Irak de Saddam et qui fit un million de victimes. Pour quoi ? Pour rien. Normal, c’est la guerre.

 

Voici un nouveau dessin animé pour adultes, loin de l’univers magique des studios Disney ou encore des délires de Crumb et son Fritz the Cat. Et du point de vue de l’animation, nous sommes aussi très loin de Pixar et de ses réalisations bien léchées et colorées.

L’animation reprend le style du dessin de Marjane Satrapi, qui coréalise le film donc avec Vincent Paronnaud, et suit l’intrigue de la bande dessinée de l’auteure parue entre 2000 et 2003.

Mais si l’animation semble, somme toute, assez sommaire, les images qui y sont présentées ont une force fantastique. La preuve ? Le film a été interdit dans de nombreux pays où l’Islam est religion d’état. On se demande bien pourquoi (3)…

 

Le film consiste en l’évocation des souvenirs de la jeune Marjane lors de son émigration – forcée – à Paris et s’illustre par deux éléments visuels bien distincts : le présent de la narratrice est en couleur alors que l’évocation est en noir et blanc, couleurs de la tragédie s’il en est.

Et effectivement, c’est une véritable tragédie qui s’abat sur le pays et la vie de Marjane, avec des proches qui meurent, pendant que le régime enferme de plus en plus les gens et surtout les esprits. Et comme Marjane vient d’une famille où la liberté est une base de vie, la situation de vient vite intenable, les barbus inventant toujours de nouveaux tourments pour ce peuple soumis malgré lui.

 

C’est un film magnifique, qui devrait être montré souvent, surtout à ceux et celles qui répètent, telle la professeure de religion que le voile est une liberté pour les femmes. Pour leur rappeler aussi qu’aujourd’hui, des femmes iraniennes bravent l’interdit en posant sans voile.

Mais pas que. Il faut voir le film parce que malgré sa technique semble-t-il sommaire, les images sont très belles, sublimées par ce noir et blanc propice à des effets de lumière. Sans oublier certains éléments de dessin qui rappellent l’art traditionnel perse et un style parfois très épuré qui se marie très bien avec les deux teintes.

 

Bref : un chef-d’œuvre.

 

  1. Non, Persépolis n’est pas l’ancien nom de Téhéran !
  2. Nul besoin de le citer, son empreinte sur la société suffit pour l’identifier derrière ce régime.
  3. Oui, ceci est ironique.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Animation, #Shane Acker
Numéro 9 (9 - Shane Acker, 2009)

Sorti en 2009 (coïncidence ? Je ne crois pas), ce film intitulé originalement 9 est un film d’animation steam punk des plus réjouissants.

Nous sommes sur une terre post-apocalyptique, où les machines se sont retournées contre les humains qui les avaient conçues. Qu’elles aient détruit les humains, passe encore, mais dans le même temps, toute forme de vie a été éradiquée par l’emploi de gaz létaux.

De ce chaos sont apparues de drôles de poupées de toile (1) dont le dernier exemplaire, 9 (voix d’Elijah « Frodo » Wood) part à la découverte du monde.

 

C’est un univers très bizarre qui nous est proposé là, avec ces petits personnages aux yeux mécaniques trop grands, dans un monde hostile où les seuls « animaux » sont des machines infernales générées par un cerveau mécanique malade.

Mais c’est surtout une vision bien pessimiste de l’avenir de l’humanité que nous voyons, et qui finalement risque de se réaliser, l’homme, sans obligatoirement utiliser de gaz létal, détruit consciencieusement les différents êtres vivants de sa planète.

Mais malgré tout, Shane Acker instille un tout petit peu d’espoir : pour ses poupées, pas pour les humains. Encore que…

 

Bien sûr, s’il s’agit d’un film d’animation un tantinet bizarre, on peut s’attendre à trouver Tim Burton. Il est là, dans la production, très certainement intéressé par le court-métrage original d’Acker (sorti en 2005).

Que reste-t-il du court original ?

Le fait qu’Acker ait tourné lui-même cette extension nous fait supposer qu’elle respecte son projet original (c’est le cas de le dire). On notera tout de même au scénario la présence de Pamela Pettler, qui avait déjà cosigné celui des Noces Funèbres du même Burton.

 

Bref, un film malgré tout très sympathique, où on peut entendre quelques voix célèbres (Christopher Plummer, par exemple) et où chaque poupée a sa particularité qui nous fait penser au monologue de Tom Joad à la fin des Raisins de la Colère (2).

 

[Attention : révélation de la résolution de l’intrigue. Vous avez toujours le même choix : aller jusqu’au bout ou attendre de voir le film pour lire ce qui va suivre.]

 

Chacune des poupées porte en elle une partie de l’âme du concepteur de la machine, une partie humaine. Et c’est l’union de ces différentes parties qui amène la résolution de l’intrigue, détruisant la machine infernale et ramenant l’espoir – dans une séquence un tantinet mystique – avec la tombée des premières gouttes de pluie : et quand on sait que l’eau est indispensable à la vie, on est en lieu d’espérer une régénération du vivant à plus ou moins long terme (3).

Sans les hommes bien sûr, mais qui s’en plaindrait ?

 

  1. A partir de celle des sacs de sable ?
  2. « Peut-être que c’est comme le dit Casey : on n’a pas une âme à soi, mais seulement un morceau d’une grande âme collective… » (« Maybe it's like Casey says. A fellow ain't got a soul of his own. Just a little piece of a big soul. The one big soul that belongs to everybody. »)
  3. Ces poupées n’étant pas organiques, le concept de temps devient alors obsolète.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jim Henson, #Frank Oz, #Animation, #Fantastique
Dark Crystal (The dark Crystal - Jim Henson - Frank Oz, 1982)

Le monde de Thra. Un autre ailleurs. Un autre temps.

Le Cristal a été brisé. Alors sont nés deux espèces : les gentils Mystiks et les méchants Skeksis.

Une prophétie : si le Cristal n'est pas réparé à la prochaine Conjonction (des trois soleils), les Skeksis règneront à jamais.

Jen est un Gelfling, une sorte de créature elfe (en anglais elfling), avec un G devant. Il a été élevé par les Mystiks.

C'est le dernier représentant de sa race.

C'est lui qui doit réaliser la prophétie.

 

Déjà trente-cinq ans que Jim Henson et son complice Frank Oz nous ont proposé ce merveilleux film.

Pas de star, pas de visage connu. Et pour cause : les vedettes sont des marionnettes. Mais pas n'importe lesquelles : des marionnettes sans fil, comme toujours chez ces deux créateurs géniaux. On les connaissait tous les deux pour avoir créé et animé le Muppet Show. Ils débarquent au cinéma avec - comme diraient les Monty Python - « quelque chose de complètement différent. »

Les marionnettes sont sorties de leur castelet et vivent leur vie. Et quelle vie !

 

Jim Henson propose une belle histoire avec des personnages assez différents des marionnettes habituelles, mais pas trop quand même, pour permettre de s'identifier à eux. On connaît sa propension à créer des monstres tous plus affreux les uns que les autres. Mais ici, on peut dire qu'ils sont très réussis. Ils n'ont certainement pas l'allure comique de ceux du Muppet Show (grand pourvoyeurs de marionnettes affreuses) : plus affreux, mais aussi plus travaillés, plus réussis.

Et les Gelflings font pâle figure par rapport aux Skeksis et aux Mystiks : trop lisses, trop gentils. Mais qu'importe, il faut aussi des personnages plus familiers pour que le spectateur s'y retrouve.

 

Les Mystiks et les Skeksis sont deux espèces antinomiques. C'est normal, le monde de Thra est dual. Il y a une certaine ressemblance morphologique entre ces deux races. Mais leur caractéristique première (le Bien ou le Mal), conditionne leur aspect physique. Les Mystiks sont « doux » : non seulement ils sont pacifiques et calmes, mais leur morphologie est toute en rondeur et suavité. Les Skeksis sont « cruels » : non seulement ils sont bêtes et méchants, mais en plus, leur morphologie est angulaire et sèche.

 

Quant à la nature environnante (quand il y en a une), la faune et la flore se mélangent habilement. Il est difficile de discerner ce que est plante ou animal : des sortes de fleurs s'envolent, un amas de rochers et de racines est en fait une énorme plante carnivore... Il est difficile de se repérer dans un monde aussi étrange ! Heureusement pour Jen - et pour nous ! - Kira (l'autre Gelfling) connaît très bien cet environnement.

 

Dark Crystal, ce sont quatre-vingt-treize minutes de bonheur, de féérie, de fantastique et de merveilleux... En marionnettes ! C'est à dire sans véritables effets spéciaux pour les personnages. Pas d'effet numérique (ça n'existait pas !), pas de morphing (non plus). Juste la technique habituelle, héritée de Méliès et consort. De vraies images, avec des éléments tangibles, faites par des marionnettistes de génie.

 

C'est aussi pour ça que ce film est magnifique.

 

 

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