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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

navet

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Navet, #Ford Sterling, #Charles Chaplin
The thief Catcher (Ford Sterling, 1914)

Le policier Suspicious John (Ford Sterling) se promène avec son chien, quand il croise le chemin de trois brigands (dont Edgar Kennedy & Mack Swain). Il les prend en photo mais est rapidement  repéré. S’ensuit une poursuite à laquelle vont participer les inévitables Keystone Cops, avec parmi eux un jeune homme de 24 ans qui a déjà fait parler de lui : Charles Spencer Chaplin…

 

Nous sommes donc toujours dans les débuts de Chaplin, et s’il participe à ce petit film un tantinet médiocre de Sterling, ce n’est pas pour sa qualité… N’oublions pas que lui aussi est sous contrat chez Sennett.

Et comme c’est Sterling qui dirige, c’est aussi lui qui tient le premier rôle. Certes, son apparence est assez réussie – on a du mal à reconnaître celui qui sera Aubry Piper dans The Show-off quelques années plus tard – mais son jeu est des plus sommaires, sinon très outré (euphémisme). Bref, nous sommes dans une comédie de chez Sennett où tout est bon pour ridiculiser la police, sans faire dans la finesse.

De toute façon, ce n’était pas ce que le public venait chercher. Et s’il n’y a pas l’inévitable (elle aussi) tarte à la crème, un seau d’eau envoyé dans la figure de notre héros la remplace tout aussi efficacement, mais là encore sans grande distinction.

 

Peut-être est-ce dû au fait que Sterling est encore novice dans le domaine de la réalisation (c’est son second film de l’autre côté de la caméra), mais c’est tout de même un film très mineur où le niveau d’humour est assez bas et surtout sans subtilité.

Pour sa part, Chaplin a sa moustache caractéristique, mais son personnage fétiche n’a pas été appelé et son jeu se perd dans la médiocrité ambiante. Certes, on ne peut pas le rater, mais ça ne suffit pas.

Et Ford Sterling ne réussit pas vraiment à nous soutirer le moindre sourire, et ce malgré mon indulgence naturelle pour la période muette. Je me suis ennuyé malgré le format (un peu plus de 12 minutes) devant cette intrigue rachitique où même la fin n’est pas spécialement réussie ni logique.

 

Et au final, un tout petit film – et pas seulement dans la longueur – où le seul véritable intérêt qu’on peut en tirer, c’est d’essayer de retrouver les différents interprètes : aucune mention, sauf dans quelques livres et sur les sites spécialisés… On remarquera aussi un policier qui n’est pas sûr de la fixation de sa moustache, mais surtout que le véritable héros de cette histoire, c’est le chien : il est le seul à accomplir un exploit !

Bref, un film à oublier, ce que Chaplin ne fera certainement pas : on peut penser qu’il le prendra un peu comme modèle de ce qu’il ne faut pas faire… Mais ça, ça reste à prouver.

 

Sterling n’insistera pas trop dans le domaine de la réalisation et reviendra au seul jeu, avec seulement dix-sept films réalisés sur une période de 8 ans, dont quinze avant l’année 1916…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventure, #Navet, #Tony Scott
Top Gun (Tony Scott, 1986)

Top Gun, c’est une académie de pilotage de supersoniques.

Et Peter « Maverick (1) » Mitchell a été accepté dans cette école (très) prestigieuse de ma Marine américaine (US Navy), suite à un exploit : affronter des MiG-28 soviétiques.

Pendant sa formation, il y rencontre un autre pilote avec qui la concurrence va être rude – Tom « Iceman » Kazansky (Val Kilmer) – et l’amour avec la belle Charlotte « Charlie » Blackwood (Kelly McGillis), astrophysicienne. Il y rencontrera aussi Mike « Viper » Metcalf (Tom Skerritt) qui a connu son père, pilote lui aussi qui est mort au Viêtnam.

Bien entendu, les MiG-28 vont revenir et permettre à Maverick de pleinement se réaliser.

 

Dire que je suis passé à côté de ce film « culte » à sa sortie ! Et qu’il aura fallu attendre 36 ans avant que je le voie (enfin). Et finalement, je me dis que je n’ai pas manqué grand-chose !

Certes, les images de combat aérien sont époustouflantes (Tony Scott sait être spectaculaire), mais dès qu’on repose le pied sur le plancher des vaches, l’ennui nous gagne à la vitesse grand V.

Oui, c’est le film qui a lancé définitivement Tom Cruise. Mais cela n’en fait pas pour autant un chef-d’œuvre absolu ! (Loin de là).

 

En 1986, la Guerre froide est toujours d’actualité, même si Gorbatchev est le chef de URSS. Et le film ressemble plus à un élément de propagande pour rejoindre les forces armées américaines qu’à autre chose : on y glorifie ces héros qui sont un véritable rempart contre la vermine communiste qui n’a peur de rien (Reagan est président, ne l’oublions pas) et vient défier les Américains à la moindre occasion.

Quant à la fin qui voit toutes les inimitiés disparaître avec en prime une réception triomphale, j’avoue que j’ai du mal à la supporter…

 

Tony Scott réussit un film dans l’air du temps, et qui, quelques décennies plus tard, a du mal à tenir la route. Mais l’objectif fut atteint : un succès commercial pour l’équipe du tournage et la Paramount ; une recrudescence des demandes d’enrôlement pour la Navy (+ 500 %).

 

Bref, pas sûr de vouloir voir la suite qui vient d’être présentée il y a quelques jours…

 

  1. Un  maverick est « une personne qui pense et agit de manière indépendante, se comportant souvent différemment de la manière attendue ou habituelle » (Cambridge Dictionnary). Pour l’origine du nom, je vous renvoie à l’histoire courte éponyme de la série Lucky Luke.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Navet, #Gangsters, #Brian A. Miller
Backtrace (Brian A. Miller, 2018)

Encore une fois, des bonnes intentions ne font pas un bon film.

Vous prenez deux acteurs un tantinet vieillissant (et l’un plus que l’autre). Vous les mettez dans une intrigue improbable d’amnésie mâtinée de braquage qui tourne mal. Puis, vous y ajoutez un soupçon de corruption, et pour finir, vous n’oubliez pas de faire intervenir le FBI, avec sa légendaire opposition à n’importe quelle police américaine locale.

 

Sept ans plus tôt (1), Donovan MacDonald (Matthew Modine) a organisé le braquage d’une banque avec deux complices pour un quatrième homme, policier. Mais ce dernier n’a pas le même sens du partage que les trois autres et deux complices restent sur le carreau et MacDonald prend une balle dans la tête.

Sept ans après (2), Mac, amnésique depuis sept ans, réussit à s’évader de l’hôpital-prison où il était enfermé grâce à certaines complicités internes : Lukas (Ryan Guzman), Erin (Meadow Williams) Farren (Tyler Jon Olson). Cette évasion n’est pas gratuite : il est question d’aider Mac à retrouver la mémoire. Et surtout de récupérer le reste de l’argent qui a été enterré.

Bien sûr, on retrouvera l’argent, et Mac la mémoire. Pas besoin d’aller jusqu’au bout du film pour le savoir. Bien entendu, le seul intérêt du film, c’est le comment de ce retour mnémonique. Avec dans le même temps une chasse à l’homme – Mac est un criminel, ne l’oublions pas – dirigée par un policier têtu : Sykes (Sylvester « Sly » Stallone). C’est d’ailleurs ce dernier qui est bien entendu en opposition avec le FBI.

 

Brian A. Miller fait partie de ces réalisateurs qui ne font pas dans la dentelle. Et c’est ici le moins que l’on puisse dire. Non seulement, il n’y a pas beaucoup de place pour la subtilité, mais en plus, c’est une suite de fusillades tonitruantes, où les différents policiers impliqués feraient bien d’aller s’entraîner plus régulièrement. Surtout quand on voit le nombre incroyable de munitions utilisées pour un total de victimes somme toute fort maigre…

Mais s’il n’y avait que cela…

Le jeu des acteurs est ce qu’on peut considérer minimal. En effet, peu de travail de visage : les personnages en ressortent sommaires et seul Matthew Modine, en proie à des hallucinations (le traitement qui doit lui faire retrouver le passé) utilise (un peu) autre chose qu’un masque neutre. Bien sûr, c’est Stallone qui emporte le tournoi avec son personnage qui lui garde exactement la même apparence faciale d’un bout à l’autre du film.

Bref, on aurait aimé un peu plus d’épaisseur et surtout des émotions variées chez les différents protagonistes.

Autre élément à charge : les prises de vue. Outre un montage dynamique (trop pour moi parfois), on a droit à une accumulation de cadrages gratuits, donnant (volontairement ou non, mais en tout cas inutilement) des fausses pistes au spectateur. Sans oublier les caméras subjectives qui se mêlent à des plans du visage de celui qui est censé voir : Miller nous prend-il pour des imbéciles en insérant le visage de Matthew Modine dans ses souvenirs ? Il ne nous croit pas capable de comprendre que c’est son point de vue ? Ou alors, il ne le fait pas exprès. Et là, ça devient plus grave.

 

Est-il besoin de préciser qu’on peut éviter de voir ce film ?

Pour ma part, c’est trop tard. Mais pas pour vous !

 

  1. Plus tôt que le temps de l’intrigue principale.
  2. Le présent de l’intrigue, donc

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Navet, #James Franco, #Bruce Thierry CHeung
Future World (James Franco & Bruce Thierry Cheung, 2018)

On n’attendait pas James Franco dans ce registre. Depuis Spiderman de Sam Raimi, on a eu l’habitude de le voir dans des rôles très intéressants, voire très humains. Alors le retrouver à codiriger un film post-apocalyptique était une surprise.

Malheureusement, ce n’en fut pas une bonne.

Mais reprenons.

 

C’est une androïde qui parle : Ash (Suki Waterhouse). Elle raconte – brièvement – la fin du monde des hommes, celle d’après du « monde d’avant » (1). Des hordes de motards écument les rares concentrations humaines, semant la mort et la désolation. A l’écart de ce monde ravagé se trouve l’Oasis où la reine (Lucy Liu) se meurt des suites de la « fièvre rouge ». Son fils, Prince (Jeffrey Wahlberg, le neveu de), va entreprendre un périple pour lui rapporter le traitement capable de la sauver. Il va devoir affronter les hordes de motards pour y parvenir. Mais s’il n’y avait qu’eux…

 

Dès les premières images, on a une sensation de « déjà vu » (2) : ces hordes de motard rappellent les barbares de la route de Mad Max 2, et la narration post-apocalyptique a déjà été utilisée (3). Et les images qui nous sont proposées sont très prometteuses. Les décors choisis sont très pertinents et très bien cadrés. Mais voilà, c’est tout. Le reste n’est qu’un road movie pas toujours très cohérent et l’intrigue proposée, si elle part d’une situation intéressante bien qu’un tantinet éculée, ne tient pas la distance, accumulant les incohérences et la complaisance racoleuse.

C’est une suite d’images de violence gratuite où le même James Franco semble n’avoir qu’un seul but : rire afin de nous exposer sa gencive remplie de chicots pourris. Les personnages sont très (trop) superficiels et les affrontements cruels ne proposent aucun recul voire second degré : ça flingue, ça poignarde, ça décapite à qui mieux mieux jusqu’à l’écœurement.

 

Bref : répugnant.

A fuir.

 

  1. Avec leur manie de nous parler du « monde d’avant » (la COVID-19), on en perd la continuité temporelle au cinéma (surtout avec les salles fermées). Ici, c’est donc le monde d’après du monde d’avant. C’est clair ? Non ? Tant pis. Ca n’a pas beaucoup d’importance.
  2. Comme disent les anglophones.
  3. Je ne sais plus où et je n’ai pas envie de chercher. N’hésitez pas à me renseigner

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Navet, #Fred Dekker
Robocop 3 (Fred Dekker, 1993)

Il était temps que cela se termine. Commencée six ans plus tôt avec Paul Verhoeven, la trilogie Robocop arrive à terme et accouche, dans la douleur comme c’est souvent le cas, d’un dernier opus qu’on aurait peut-être pu éviter. Même Frank Miller, qui est à l’origine du personnage a jeté l’éponge, dégoûté par les manœuvres du studio qui a écarté ses (bonnes ?) idées. Et avoir choisi un spécialiste de l’horreur – Fred Dekker – pour la réalisation n’a peut-être pas été non plus une bonne idée.

Résultat un film poussif (1) où les personnages sont élaborés à coup de serpe et où la base même du personnage de Robocop (Robert John Burke), la dualité homme/machine, se noie dans une débauche de séquences d’action et surtout de fusillades, avec avènement de Robocop en super-héros (il vole !).

 

OCP (le consortium de salauds qui veut asservir le monde) a été racheté par une firme japonaise mais ses pratiques n’ont pas changé d’un iota : il est prévu d’évacuer Cadillac Heights (Detroit, Michigan) pour y implanter un nouveau complexe futuriste (2). En clair, ils virent les gens de chez eux (et les éliminent définitivement du paysage) pour implanter des structures qui rapporteront encore plus d’argent. Mais Robocop, qui a vu mourir sa partenaire historique Anne Lewis (Nancy Allen) se range du côté des insurgés pour faire triompher la justice contre cette bandes de « sacs à merde capitalistes ».

 

Il y a deux sortes de films de science-fiction : ceux qui jouent sur la situation et ceux qui jouent sur les accessoires. Inutile de vous dire que le film de Dekker appartient à la deuxième catégorie (4). Cette dernière a le malheur de mal vieillir à mesure que le temps passe et que la réalité des spectateurs rejoint le temps de l’intrigue. Et Robocop n’échappe pas à cet écueil. 

 

Bien sûr, les effets spéciaux sont devenus obsolètes avec l’avènement du numérique mais cela n’est pas là le plus gênant : Cary Grant dévalant ivre la pente dans North by Northwest avec incrustation d’images dans le pare-brise arrière n’est pas beaucoup mieux. Ce qui prête à sourire c’est tout le reste : la télécommunication est un très bel exemple de fausse route empruntée par les scénaristes : à l’heure du téléphone portable et de l’internet, on n’imagine pas un appel Skype facturé ! Quant à l’appareil dans la voiture d’Anne Lewis, on peut franchement en rire (ne parlons pas non plus informatique…).

 

Quant aux personnages, si on retrouve avec plaisir Rip Torn dans un rôle de faux-cul magnifique, on est frustré de la minceur des différents personnages. Le méchant – Paul McDaggett (John Castle)  – l’est mais cela ne suffit pas : il ne se distingue en rien des autres qu’on a pu rencontrer ici ou là et aurait pu être remplacé par n’importe qui : un type basique comme la plupart des personnages du film, sans véritable contexte.

Et pourtant, il y avait des occasions de creuser un peu plus, mais ce ne fut pas le cap choisi par Dekker qui enchaîne les scènes plus ou moins spectaculaires, essayant (peut-être) de battre un quelconque record de morts dans un film. Et encore.

 

Bref : à oublier.

 

  1. C’est comme ça qu’on dit dans les revues spécialisées…
  2. Toute ressemblance avec quelque situation actuelle est absolument fortuite, cela va sans dire.
  3. Propos tenu par le docteur Lazarius (Jill Hennessy).
  4. Ah tiens, finalement, si.

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