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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Bryan Singer
Valkyrie (Bryan Singer, 2008)

L’opération Valkyrie était censée prémunir l’Allemagne hitlérienne d’un coup d’état. Et c’est dans ce sens qu’elle fut déclenchée le 20 juillet 1944, peu de temps après le dernier attentat qui tenta une nouvelle fois de tuer le führer (David Bamber) : malheureusement pour les conjurés, Hitler survécut et réprime dans le sang ce coup d’état manqué, dirigé essentiellement par le comte Stauffenberg (Tom Cruise).

 

Tout commence par une tentative avortée instituée par Tresckow (Kenneth Brannagh) qui va s’en remettre à Stauffenberg pour le remplacer, étant envoyé sur le front de l’Est.

Et Bryan Singer va nous présenter Stauffenberg, celui qu’on a coutume de désigner comme la « cheville ouvrière » du complot : en Afrique, sentant la défaite venir, il fait tout pour ramener ses hommes, mais malheureusement un raid aérien en tue un très grand nombre et lui-même perdra l’œil gauche et la main droite, ainsi que deux doigts de la gauche.

Et Singer va utiliser ces blessures à mesure que le film va avancer : le premier plan nous montre l’œil encore intact, pendant que la voix de Stauffenberg/Cruise glisse naturellement de l’allemand à l’anglais (1).

 

Cette séquence d’ouverture qui nous explique les blessures et l’inéluctabilité de l’engagement de Stauffenberg aura un écho à la fin, quand tout sera terminé pour ce dernier : l’œil touché saigne et macule le sable ; Stauffenberg, exécuté, est couché sur le côté gauche, l’œil à nouveau dans le sable.

Entre ces deux plans, nous assistons à un plan qui, s’il semble minutieusement élaboré n’en demeure pas moins un travail d’amateur, à commencer par le rôle de ce même Stauffenberg qui oublie la première action à effectuer lors d’un attentat : s’assurer que la victime est bien morte.

Dès lors, ce sera l’engrenage dans lequel les différents conjurés vont être broyés, s’étant attaqués à une personnalité des plus puissantes et cruelles.

 

Ce qui frappe dans le film de Singer, outre ses transitions toujours aussi bien léchées, c’est son souci du détail, à quelque niveau d’intervention qui soit : le sang sur le sable (voir plus haut), mais aussi celui qui s’égoutte sur le plancher pendant que Fromm (Tom Wilkinson) fait disparaître les preuves de son implication (2).

C’est bien sûr l’œil de Stauffenberg qui a un traitement très particulier. En effet, la plupart du temps, ce dernier porte un bandeau sur l’œil gauche qui, avec sa main manquante lui donnerait presque l’allure d’un pirate si nous eussions été dans un film plus léger. Et curieusement, ce bandeau est utilisé le plus souvent par cet officier, reléguant l’œil de verre à un élément de dissimulation : c’est portant cet œil qu’il va déposer la mallette fatale, comme s’il voulait faire oublier qu’il est l’officier au bandeau noir.

 

Autre élément symbolique (3), sa main droite, manquant à l’appel. En effet, on a tendance à considérer généralement la main droite comme celle qui crée, celle du Bien, et donc la gauche comme celle qui détruit, celle du diable ! Le coup du sort – le raid aérien – marque alors Stauffenberg du sceau de l’infamie, ses actions criminelles y trouvant leur origine. [Oui, c’est un peu exagéré]

 

Et cet aspect symbolique, voire mystique est annoncé en préambule : tuer Hitler et débarrasser l’Allemagne d’un personnage aussi malfaisant est une occasion pour les conjurés d’accéder à une éventuelle rédemption (4) : après avoir plus ou moins lâchement suivi cet homme et lui avoir prêté allégeance (les premières paroles qu’on entend – en vo), ces conspirateurs veulent se racheter envers leurs compatriotes mais aussi aux yeux du monde. Et pour les plus impliqués, cette idée de rachat restera jusqu’au bout leur « planche de salut » (évidemment…) ayant fait leur part malgré tout.

 

  1. Huston avait usé de ce procédé pour son film d’espionnage : The Kremlin Letter (1970).
  2. Son implication (éventuelle) sera mise en évidence plus tard par ses supérieurs surtout pour avoir fait exécuter ceux qui auraient pu le dénoncer…
  3. J’extrapole peut-être…
  4. Film américain oblige (« américano-allemand » me semble plus juste)
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