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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité
B.S.M.A

Depuis quelques temps, je me désole de la disparition des caissières (1) dans les supermarchés. Non pas du fait du COVID mais d’un choix délibéré des différentes chaînes de grande distribution qui préfèrent placer des caisses automatiques dans leurs grandes surfaces plutôt : là où travaillaient deux personnes, on a pu mettre quatre machines ! Quel gain de place et d’argent à venir, sans oublier l’absence de revendications : le seul inconvénient avec la machine, c‘est la panne. Mécanique ou de secteur.

En attendant, le supermarché – que dis-je, l’hypermarché – près de chez moi a la moitié de ses caisses qui sont automatiques. Et cette enseigne ne compte pas en rester là, comme me disait une ex-caissière devenue surveillante (superviseuse ?) de ce nouvel espace. En effet, alors qu’elle m’incitait à utiliser ces machines, je lui répondais aimablement que je ne travaillais pas ici : je paye, mais je ne vais pas en plus donner de ma personne pour pouvoir faire mes courses… Mais elle enchaîna en me disant que bientôt, je n’aurai plus le choix, qu’il n’y aura que des caisses automatiques. Et cette même enseigne prépare les clients à ce changement terrible : alors que la moitié des caisses ont donc été automatisées, les restantes sont très peu ouvertes (2 ou 3 sur une quinzaine), poussant donc les gens à se ruer sur les machines. Tu parles d’un choix…

Mais derrière cette prouesse technologique se cache une réalité beaucoup moins idyllique : que deviennent les caissières ? Puisqu’il ne faut que trois ou quatre personnes pour superviser le point automatique (une quinzaine de caisses, donc), où sont passées les 11 ou 12 restantes ? (2) De plus, le COVID que j’évoquais plus haut a montré l’importance de ces personnes : pour nombre de gens, elles étaient le seul interlocuteur qu’elles rencontraient pendant la période de confinement. Car curieusement (et à l’encontre des calculs prévisionnels établis), les clients préféraient faire la queue aux caisses « habitées » plutôt que d’utiliser les fameuses machines.

Sans oublier le contact humain que représentent ces personnes : ça commence par un « Bonjour » plus ou moins souriant (ça dépend de la présence ou non du masque) ce qui n’est pas toujours un réflexe dans le reste de la population ; puis vient le « s’il vous plaît » qui accompagne la note » ; le merci une fois la dette réglée ; et enfin le « au revoir » qui ponctue l’échange. Et ça, c’est seulement pour le client occasionnel. L’habitué a toujours droit à quelques petits mots gentils et parfois un dialogue s’instaure, sans pour autant nuire au travail : un client à qui on consacre quelques instants (le temps d’un passage en caisse, quoi) sera plus enclin à revenir qu’après une entrevue automatique et impersonnelle. (3)

Une seule solution, donc : boycottez les caisses automatiques !

(1)   Oui, il n’y a pas que des femmes, mais comme elles sont les plus nombreuses, je déroge à la règle (sexiste) d’orthographe.

(2)   Oui, au chômage : on ne les a pas obligatoirement virées, mais on n’a pas remplacé celles qui sont parties de leur plein gré (retraite, changement de boulot…)

(3)   Ces quatre expressions de base de la société que beaucoup ont oubliées ou n’ont pas apprises à leurs enfants, comme ces chères caissières peuvent se rendre compte tous les jours (4). Ces quatre expressions qui forment l’acronyme du titre…

(4)   Ainsi que toute personne exerçant un métier au contact du public.

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