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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité, #Politique
Rupture de Stocks

« Il y a eu une doctrine restrictive pour ne jamais être en rupture, que le gouvernement a prise et qui je pense était la bonne. Il y a eu ensuite un approvisionnement renforcé et une production renforcée, et nous n’avons jamais été en rupture. » Emmanuel Macron (BFMTV, 18-5-2020)

On a beaucoup glosé sur cette déclaration de notre chef de l’Etat, cette assertion relevant pour la majorité de ses détracteurs d’une volonté de prendre les gens pour des imbéciles.

Et cela se comprend puisque le matériel de protection dont il est question n’était disponible nulle part, pour la population (qui était confinée) et encore plus pour le personnel soignant qui se retrouvait « à poil » pour reprendre l’expression d’un médecin atterré qui s’exprimait sur une autre chaîne de télévision.

Je m’étonne tout de même que personne n’a pris le parti du président et de se dire qu’il disait la vérité quant aux stocks de masques.

 

En effet, en pleine prolifération des célèbres « fake news » (1) mises au goût du jour par un président blond américain, on se doit de se poser la question de la vérité de l’affirmation. Non pas pour savoir s’il y avait vraiment des masques, faire une enquête n’est pas de mon ressort ni dans mes capacités, mais au moins imaginer qu’il ait pu nous livrer une vérité, à défaut de LA Vérité que nous sommes tous en permanence en train de rechercher.

Mais prendre le parti de reconnaître que le président Macron a dit la vérité me fait beaucoup plus peur qu’autre chose.

En effet, si, comme il le dit, il n’y a jamais eu rupture de stock, où étaient les masques nécessaires au bon fonctionnement des hôpitaux, services et entreprises indispensables qui en en avaient un besoin vital (2) ?

Cela conduirait à penser que des stocks furent sciemment mis de côté en plein cœur de l’épidémie, laissant des infirmières, médecins, caissières et tout autre personnel indispensable dans une situation dangereuse voire mortifère.

J’en déduis une responsabilité criminelle de la part de ceux qui savaient qu’il existait ces masques et qui ont laissé une forme de pénurie s’installer.

Certes, la population a montré qu’elle savait être solidaire et a participer à la confection du matériel manquant (surblouses, etc.) mais cela n’enlève aucunement les responsabilités aux différents niveaux de l’Etat (jusqu’au plus haut qui assume au niveau national). Responsabilités qu’il faudra établir et responsables qu’il faudra d’une manière ou d’une autre juger : plus de 29.000 personnes sont mortes (3) !

 

En conclusion, je pense que notre cher président, ce 18 mai dernier, aurait mieux fait ne rien déclarer concernant les stocks de matériel, puisque de quelque côté qu’on se place – vérité ou mensonge – on en arrive à une situation inextricable :

-          Soit le président nous ment (est-ce envisageable de la part d’un aussi haut serviteur de l’Etat ?) et on peut en outre lui reprocher une gestion de crise des plus minables ;

-          Soit il dit la vérité et dans ce cas c’est sciemment qu’on a laissé le virus se propager, envoyant à la mort des milliers de personnes.

 

Effrayant, non ?

 

(1)    Ca sonne mieux que « mensonges » !

(2)    Dans un tel contexte, ce terme est on ne peut plus pertinent et effrayant.

(3)    Au moment où j’écris (10-6-2020)

 

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