Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

actualite

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Actualité, #Matteo Garrone
Moi Capitaine (Io Capitano - Matteo Garrone, 2023)

Seydou (Seydou Sarr) a 16 ans et vit au Sénégal avec sa mère et ses sœurs, près de chez son cousin Moussa (Moustapha Fall). Tous les deux ont un rêve : aller en Europe et devenir des stars de la musique. Seulement le voyage pour l’Europe n’est pas donné et surtout très dangereux. A force de travailler sur des chantiers, les deux cousins économisent assez pour partir et s’enfuient.

Tout se passe à peu près bien jusqu’au Mali, où il faut commencer à payer pour avoir un passeport. Puis c’est les bakchichs pour la police et le prix du voyage vers l’Italie.

Et quand nos deux héros arrivent en Libye, les choses se gâtent sévèrement : prison, torture...

 

Si le titre fait référence à la dernière réplique du film, il ne faut surtout pas oublier que c’est avant tout un récit du parcours des migrants africains qu’il est question ici. A travers les deux adolescents, ce sont des milliers de personnes qui sont concernées par ce voyage hautement périlleux. Mais malgré ce cadre des plus tragiques, Matteo Garrone exalte le courage et l’optimisme de Seydou, pourtant peu enclin à partir quand le film commence : entre sa maman (Ndeye Khady Sy) et celui qui connaît la procédure, il y a franchement de quoi refroidir les ardeurs (les cadavres qui jonchent le chemin, entre autres). D’ailleurs, arrivés dans le désert, nous pouvons voir les corps de ceux qui ont déjà essayé avant eux : des corps desséchés qui ne se décomposent pas faute d’humidité…

 

Et surtout, ce film est un incroyable road-movie. Ces deux jeunes gens vont parcourir quelques milliers de kilomètres en utilisant différents moyens de locomotion : en car, en 4x4, à pied et bien sûr en bateau. Et comme tous les films du genre, le héros – Seydou – va évoluer et devenir quelqu’un d’autre, une fois arrivé à destination (1). Quand il part, il est encore écolier, ne sait pas grand-chose de la vie sinon qu’elle lui a pris son père.

Quand il arrive au terme des ses pérégrinations, il a appris un métier (2), a été confronté directement à la mort et n’a plus aucune réticence quant au voyage entrepris.

Bref, il a grandi, tout comme son cousin, mais d’une autre façon.

 

En plus d’y décrire les conditions extrêmes que peuvent vivre certains migrants, il y a une symbolique dans le fait que ce soit Matteo Garrone, un Italien, qui ait réalisé ce film : alors que l’Italie a vu revenir – plus officiellement en tout cas – l’extrême-droite au pouvoir dans son pays, ce film devient presque un pied de nez à ces gouvernants pour qui ceux qui ne sont pas italiens sont quantité négligeable. Sans parler des polémiques et autres histoires concernant une autre île italienne où débarquent fréquemment de nombreux migrants : Lampedusa.

 

Au final, c’est un film formidable que nous propose ici Garrone, sans concession envers le trafic humain qui est inhérent à ce genre de voyage, n’éludant pas les images choc telles celles concernant la mort et la torture, avec tout de même une dimension onirique sublime. Seydou n’est pas encore adulte et se raccroche à ses croyances enfantines, illustrées par le shaman sénégalais et sa proximité des divinités. Cet onirisme se fond pleinement dans l’intrigue et il nous faut un (petit) temps d’adaptation pour nous dire que ce que nous voyons n’est rien d’autre qu’un rêve et que malheureusement, Seydou va se réveiller et retrouver sa triste condition.

Le tout rythmé par la musique toujours pertinente de Andrea Farri, mêlant rythmes africains et occidentaux avec bonheur.

 

Bref, un film à voir absolument !

 

  1. Encore que quand le film se termine, l’épopée n’est pas (près d’être) finie pour les deux garçons…
  2.  J’aurais tendance à dire « un métier et demi »…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité
B.S.M.A

Depuis quelques temps, je me désole de la disparition des caissières (1) dans les supermarchés. Non pas du fait du COVID mais d’un choix délibéré des différentes chaînes de grande distribution qui préfèrent placer des caisses automatiques dans leurs grandes surfaces plutôt : là où travaillaient deux personnes, on a pu mettre quatre machines ! Quel gain de place et d’argent à venir, sans oublier l’absence de revendications : le seul inconvénient avec la machine, c‘est la panne. Mécanique ou de secteur.

En attendant, le supermarché – que dis-je, l’hypermarché – près de chez moi a la moitié de ses caisses qui sont automatiques. Et cette enseigne ne compte pas en rester là, comme me disait une ex-caissière devenue surveillante (superviseuse ?) de ce nouvel espace. En effet, alors qu’elle m’incitait à utiliser ces machines, je lui répondais aimablement que je ne travaillais pas ici : je paye, mais je ne vais pas en plus donner de ma personne pour pouvoir faire mes courses… Mais elle enchaîna en me disant que bientôt, je n’aurai plus le choix, qu’il n’y aura que des caisses automatiques. Et cette même enseigne prépare les clients à ce changement terrible : alors que la moitié des caisses ont donc été automatisées, les restantes sont très peu ouvertes (2 ou 3 sur une quinzaine), poussant donc les gens à se ruer sur les machines. Tu parles d’un choix…

Mais derrière cette prouesse technologique se cache une réalité beaucoup moins idyllique : que deviennent les caissières ? Puisqu’il ne faut que trois ou quatre personnes pour superviser le point automatique (une quinzaine de caisses, donc), où sont passées les 11 ou 12 restantes ? (2) De plus, le COVID que j’évoquais plus haut a montré l’importance de ces personnes : pour nombre de gens, elles étaient le seul interlocuteur qu’elles rencontraient pendant la période de confinement. Car curieusement (et à l’encontre des calculs prévisionnels établis), les clients préféraient faire la queue aux caisses « habitées » plutôt que d’utiliser les fameuses machines.

Sans oublier le contact humain que représentent ces personnes : ça commence par un « Bonjour » plus ou moins souriant (ça dépend de la présence ou non du masque) ce qui n’est pas toujours un réflexe dans le reste de la population ; puis vient le « s’il vous plaît » qui accompagne la note » ; le merci une fois la dette réglée ; et enfin le « au revoir » qui ponctue l’échange. Et ça, c’est seulement pour le client occasionnel. L’habitué a toujours droit à quelques petits mots gentils et parfois un dialogue s’instaure, sans pour autant nuire au travail : un client à qui on consacre quelques instants (le temps d’un passage en caisse, quoi) sera plus enclin à revenir qu’après une entrevue automatique et impersonnelle. (3)

Une seule solution, donc : boycottez les caisses automatiques !

(1)   Oui, il n’y a pas que des femmes, mais comme elles sont les plus nombreuses, je déroge à la règle (sexiste) d’orthographe.

(2)   Oui, au chômage : on ne les a pas obligatoirement virées, mais on n’a pas remplacé celles qui sont parties de leur plein gré (retraite, changement de boulot…)

(3)   Ces quatre expressions de base de la société que beaucoup ont oubliées ou n’ont pas apprises à leurs enfants, comme ces chères caissières peuvent se rendre compte tous les jours (4). Ces quatre expressions qui forment l’acronyme du titre…

(4)   Ainsi que toute personne exerçant un métier au contact du public.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité, #Politique
Essayez la Dictature, vous verrez...

« Une dictature, c'est un régime où une personne ou un clan décident des lois. Une dictature, c'est un régime où on ne change pas les dirigeants, jamais. Si la France c'est cela, essayez la dictature et vous verrez ! »

Emmanuel Macron (Le Point, 24-01-2020)

 

Notre cher Président s’exprimait alors qu’on lui reprochait de s’appuyer un peu trop fortement (voire violemment) sur la police pour faire régner (1) l’ordre.

Il semblerait que cette exhortation du chef de l’Etat a fait son chemin pendant ces quelques mois, surtout avec l’arrivée (programmée ?) du coronavirus qui, lui aussi, a été importé de Chine, comme beaucoup de produits ces derniers temps.

Je ne reviendrai pas sur la gestion sanitaire (lamentable) de la Covid-19, j’en ai déjà parlé ici. Mais je reviendrai sur la gestion humaine de cette même épidémie, depuis le confinement qui a commencé le 17 mars 2020 et qui est toujours d’actualité aujourd’hui, après une trêve estivale indispensable (2).

 

Mais depuis la fin du déconfinement, c’est une surenchère sécuritaire qui s’est abattu sur ce « beau pays de France », le faisant ressembler de plus en plus à une de ces dictatures que ce même président nous encourageait à essayer. En effet, du fait des gestes barrières et autres distances de sécurité obligatoires, les rassemblements de plusieurs personnes, qui avaient beaucoup empoisonné l’action du gouvernement ces derniers mois, sont maintenant beaucoup plus compliqués à organiser (3). Mais ce n’était pas suffisant, et il a fallu renforcer les mesures déjà en place.


Alors on a demandé aux étudiants de rester chez eux.

Certes, l’enseignement était toujours dispensé, mais distillé en visioconférences, très loin les uns des autres. Mais pourquoi interdire les cours d’université sur place et dans le même temps autoriser les autres élèves (4) à se rendre dans leurs établissements, avec en prime un passage par les transports en commun dont l’application des distances de sécurité sont un modèle du genre (5).

Mais pourquoi interdire aux étudiants ce qu’on autorise à (presque) tous les autres ?

Pour une raison toute simple : les universités ont toujours été des foyers de contestation, et ce bien avant 1968. N’oublions pas que les universités ont été déplacées hors des centres-villes pour éviter les régulières manifestations plus ou moins pacifiques.

Mais cet isolement individuel ne suffisait pas et nos gouvernants pont trouvé une nouvelle mesure pour museler un peu plus les étudiants : la pénalisation de l’occupation des campus. Finies, toutes ces veilles nocturnes dans les amphis, à guetter le reflet d’un bouclier ou d’une matraque de CRS. Fini les assemblées générales plus ou moins houleuses où la parole se libère et l’espérance d’un monde meilleur se construire s’élabore, et toute cette sorte de choses.

 

Mais l’autre menace pour le gouvernement, c’est l’information. A défaut d’user de fake news comme un futur ex-président américain, il a été décidé de s’attaquer à la source de l’information : les journalistes. Et les débordements de la manifestation du 17 novembre n’ont pas apaisé les tensions. A nouveau, nous avons eu droit à des violences policières – qui n’existent d’ailleurs pas, si on en croit le gouvernement – et des intimidations envers ces mêmes journalistes.

Après le contrôle de la jeunesse (contestataire), c’est le contrôle de l’information (libre), base de toute bonne dictature qui se conçoit. A quand le retour du Ministère de l’Information, tombé en désuétude depuis 1974 ?

 

Une réflexion vient de me venir.
Outre les étudiants, ces gauchistes contestataires, les autres victimes de ce confinement sont les personnes âgées, réputées fragiles face à ce virus, qui n’ont le droit de sortir que parcimonieusement.

Or que remarque-t-on quand on visionne les images de propagande tournées par les différents régimes autoritaires des XXème et XXIème siècles ? Une absence totale (ou presque) de personnes âgées(6).

Pourquoi ? Parce que ces gens montrent l’inéluctable : la vieillesse, cette dégénérescence cellulaire naturelle  inévitable qui amène vers une issue encore plus inévitable, la mort.

De tout temps, les dictateurs ont voulu paraître plus jeunes, afin d’incarner un idéal de force et de santé, et ont toujours écarté les différentes images qui rappellent cet inéluctable universel.

D’où la volonté de cacher ces « vieux » qui sont un outrage à l’essor dynamique plus ou moins impulsé par le(s) dirigeant(s).

 

Alors, essayer la dictature ? Non merci, c’est tout vu.

 

  1. Terme, semble-t-il, pas usurpé.
  2. Il ne faut pas compromettre les rentrées financières touristiques.
  3. Mais pas impossibles comme le confirment les dernières manifestations contre la dérive (ultra) sécuritaire de ce même gouvernement.
  4. Les étudiants, malgré leur statut, restent des élèves.
  5. Modèle de ce qu’il ne faudrait pas faire, cela va de soi.
  6. Les plus âgés sont en général les dirigeants…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité, #Politique
Banque de France

Avec un ancien banquier devenu président de la république, ça devrait arriver…

 

Je lisais la semaine dernière les articles de Charlie Hebdo sur la privatisation progressive de la France par ce gouvernement, autour de trois grands services emblématiques: la Santé, la Police et l'Ecole.

Et qu'apprend-on ? Que ce que nous appelons encore service public est en voie de disparition au profit d'une prestation de service, privée bien sûr, qui permettra à l'Etat de se désengager et surtout de moins payer, évitant alors de dépenser un « pognon de dingue » plus utile ailleurs (1).

Ca avait commencé dans les années 1980-90 quand on avait doucement privatisé partiellement de grandes entreprises et de grands services publics emblématiques comme La Poste ou Renault (2). On se souvient aussi des privatisations mises en place par Edouard Balladur alors ministre des finances de Jacques Chirac (Paribas, BNP, Saint-Gobain) qui furent des opérations juteuses, et pas seulement pour l'Etat : je me souviens d'un copain qui était élève en terminale économique  et qui avait décidé de se faire un peu d'argent de poche en achetant du Paribas...

Mais avec le président Macron, on passe aux choses sérieuses.

Les rares préceptes constitutionnels qui subsistaient dans les services publics encore ne activité vont eux aussi disparaître. Après la liberté qui prit un méchant coup sous couvert d'une crise sanitaire gérée au jour le jour sans véritable plan d'action, mais j'en ai déjà parlé ici.

C'est maintenant à l'égalité et à la fraternité que s'attaquent nos dirigeants, en dézinguant l'hôpital public et l'école.

 

Je rejoins tout à fait Yann Diener (Charlie Hebdo du 24-6) quand il; déclare que les riches ne veulent pas se faire soigner avec les pauvres. Et beaucoup d'entre eux passent déjà par des cliniques privées pour soigner leurs bobos. Avec ce que veut le gouvernement, tout le monde sera obligé d'aller se faire soigner dans le secteur privé. En effet, nos amis riches en ont assez de système où  tout le monde peut être soigné même (surtout !) sans payer.

Le système de sécurité sociale n'aura donc plus de raison d'être, et ça tombe bien, c'est une source de gouffre financier. Sauf que récemment, la Sécu s'est retrouvée positive. Et curieusement, les médias n'en ont pas fait leurs choux gras... Heureusement, on a trouvé rapidement une utilisation à cet excédent exceptionnel (?) et on a retrouvé cette dette sociale si confortable pour ceux qui nous gouvernent.

Et les pauvres?  Ils iront dans ces établissements qui fleurent bon la misère et qu'on a connus jusqu'au siècle dernier : des dispensaires. Vous imaginez bien que le matériel ne sera pas toujours à la pointe du progrès. Parce qu'il ne faut pas oublier que pendant que les pauvres ne se soigneront plus, les riches profiteront des dernières avancées technologiques.

 

Quant à l'école, encore une fois, ce système coûte tellement que le gouvernement a régulièrement délégué les missions pour s'en désengager. En effet, ce sont les collectivités locales qui ont déjà pris le relai de l'Etat pour tout ce qui relève de la logistique. La prochaine étape ?  On demandera à ces mêmes collectivités de rémunérer les enseignants. Encore une fois, on assistera à une inégalité flagrante entre les communes, départements, régions riches et les plus pauvres. C'est déjà le cas quand on voit la  notoriété de certains établissements publics par rapport à d'autres. Mais avec ce qui arrive, ce sera systématique. Et en plus, ce sera payant.

Il restera toujours une école publique et gratuite (3). Mais comme elles seront entièrement à la charge des collectivités locales – qui reçoivent toujours moins d'aides de l'Etat – l'enseignement prodigué ne sera pas au niveau des établissements privés financés par les familles mais aussi les organismes privés. Ces organismes auront aussi la mainmise sur les programmes – normal, ce seront les payeurs – amenant un appauvrissement des savoirs humanistes au profit des savoirs pratiques, amenant dans le même temps une baisse du niveau de réflexion : on aura ainsi des travailleurs dociles qui se laisseront exploiter par des patrons sans scrupule (ce seront le même qu'aujourd'hui) sans se poser de question.

 

Et donc nous en arriverons à la disparition du service public tel que nous le connaissons. Mais ce ne sera pas pour autant la disparition des impôts et autres taxes qui le financent encore.

Mais alors, s'il n'y a plus de service public, que restera-t-il de l'Etat ?

Comme maintenant, il financera le secteur privé qui se sera emparé des pouvoirs régaliens. Et en plus, il n'y aura plus cette fameuse (et fumeuse) dette. Par contre, il n'aura que très peu de pouvoir décisionnaire – ce qui est déjà un peu le cas actuellement – se contentant d'accorder ou non des crédits aux différents secteurs privatisés.

En clair, l'Etat sera devenu une banque.

Normal, le président actuel est un banquier.

 

(1) Pour qui ? La réponse plus loin.

(2) Nationalisé à la fin de la 2ème Guerre Mondiale pour fait de collaboration.

(3) Laïque ? Ca m'étonnerait, vu les poussées communautaristes qui ne cessent d'augmenter et qu'on ne veut « pas de problème »...

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité, #Politique
Rupture de Stocks

« Il y a eu une doctrine restrictive pour ne jamais être en rupture, que le gouvernement a prise et qui je pense était la bonne. Il y a eu ensuite un approvisionnement renforcé et une production renforcée, et nous n’avons jamais été en rupture. » Emmanuel Macron (BFMTV, 18-5-2020)

On a beaucoup glosé sur cette déclaration de notre chef de l’Etat, cette assertion relevant pour la majorité de ses détracteurs d’une volonté de prendre les gens pour des imbéciles.

Et cela se comprend puisque le matériel de protection dont il est question n’était disponible nulle part, pour la population (qui était confinée) et encore plus pour le personnel soignant qui se retrouvait « à poil » pour reprendre l’expression d’un médecin atterré qui s’exprimait sur une autre chaîne de télévision.

Je m’étonne tout de même que personne n’a pris le parti du président et de se dire qu’il disait la vérité quant aux stocks de masques.

 

En effet, en pleine prolifération des célèbres « fake news » (1) mises au goût du jour par un président blond américain, on se doit de se poser la question de la vérité de l’affirmation. Non pas pour savoir s’il y avait vraiment des masques, faire une enquête n’est pas de mon ressort ni dans mes capacités, mais au moins imaginer qu’il ait pu nous livrer une vérité, à défaut de LA Vérité que nous sommes tous en permanence en train de rechercher.

Mais prendre le parti de reconnaître que le président Macron a dit la vérité me fait beaucoup plus peur qu’autre chose.

En effet, si, comme il le dit, il n’y a jamais eu rupture de stock, où étaient les masques nécessaires au bon fonctionnement des hôpitaux, services et entreprises indispensables qui en en avaient un besoin vital (2) ?

Cela conduirait à penser que des stocks furent sciemment mis de côté en plein cœur de l’épidémie, laissant des infirmières, médecins, caissières et tout autre personnel indispensable dans une situation dangereuse voire mortifère.

J’en déduis une responsabilité criminelle de la part de ceux qui savaient qu’il existait ces masques et qui ont laissé une forme de pénurie s’installer.

Certes, la population a montré qu’elle savait être solidaire et a participer à la confection du matériel manquant (surblouses, etc.) mais cela n’enlève aucunement les responsabilités aux différents niveaux de l’Etat (jusqu’au plus haut qui assume au niveau national). Responsabilités qu’il faudra établir et responsables qu’il faudra d’une manière ou d’une autre juger : plus de 29.000 personnes sont mortes (3) !

 

En conclusion, je pense que notre cher président, ce 18 mai dernier, aurait mieux fait ne rien déclarer concernant les stocks de matériel, puisque de quelque côté qu’on se place – vérité ou mensonge – on en arrive à une situation inextricable :

-          Soit le président nous ment (est-ce envisageable de la part d’un aussi haut serviteur de l’Etat ?) et on peut en outre lui reprocher une gestion de crise des plus minables ;

-          Soit il dit la vérité et dans ce cas c’est sciemment qu’on a laissé le virus se propager, envoyant à la mort des milliers de personnes.

 

Effrayant, non ?

 

(1)    Ca sonne mieux que « mensonges » !

(2)    Dans un tel contexte, ce terme est on ne peut plus pertinent et effrayant.

(3)    Au moment où j’écris (10-6-2020)

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité, #Guerre
11 Novembre

Ce 11 novembre, comme tous les ans, nous avons célébré l’Armistice de 1918, ce qui ne correspond qu’à l’arrêt des combats mais pas à la fin de la guerre puisque la paix ne sera officiellement signée que le 28 juin 1919, avec le très controversé Traité de Versailles.

Depuis ce temps, nous fêtons la fin de cette guerre – ô combien meurtrière – qui annonça enfin le début du 20ème siècle (1).

Ces commémorations régulières (depuis 1922) ont pour objectif que plus jamais on ne vive une telle horreur meurtrière.

Mais nous savons tous – et cent ans après la paix, encore plus – que cette cérémonie du souvenir n'a en rien empêché de nouveaux conflits avec en point culminant celui de 1939-1945 qui se solda par un nombre de morts inimaginable alors par ceux qui célébrèrent cette première commémoration.

 

Et tous les ans, c’est la même chose : dans les villes françaises (2) on se rassemble devant le monument aux morts (qui fut d’ailleurs édifié après cette même 1ère Guerre Mondiale) en présence de quelques têtes galonnées et on y écoute avec recueillement le message du ministre en charge des anciens combattants et/ou celui du Président de la République (3).

Ensuite, nous avons droit à la Sonnerie aux Morts que tout le monde écoute religieusement, rendant ainsi hommage à ceux qui s’en allèrent joyeux mourir pour leur pays bien loin de chez eux pour la plupart.

 

Puis, c’est le grand moment de ferveur patriotique : La Marseillaise.

Nous sommes bien loin de l’émotion qu’on peut trouver dans des films comme Napoléon (Abel Gance, 1927), La grande Illusion (Jean Renoir, 1937) ou encore Casablanca (1943) où cet hymne national prend à chaque fois une connotation émouvante en rapport direct avec l’intrigue, lui donnant une dimension qui va au-delà du nationalisme que certains peuvent ressentir lors de son exécution (terme intéressant dans ce contexte…) en d’autres circonstances (matches de football, Jeux Olympiques...).

En effet, quand les participants entonnent l’hymne, on est étonné d’entendre de telles paroles dans une cérémonie dont le but principal, je vous le rappelle, est d’éviter une nouvelle guerre :

 

« Aux armes, citoyens !

Formez vos bataillons

Marchons, marchons,

Qu’un sang impur abreuve nos sillons. »

 

Si ce n’est pas un appel à la guerre, je vous demande un peu ce que c’est.

Mais si ce n’était « que » ça : dans de nombreuses communes, on demande aux enfants des écoles de participer à cette commémoration, leur apprenant alors à chanter cet hymne afin de donner un meilleur effet à la cérémonie. Vous pouvez encore plus juger de l’effet produit par ces paroles à la violence avérée dans la bouche de jeunes enfants à la voix cristalline.

 

Je suggère donc que pour commémorer la Première Guerre Mondiale, nous laissions de côté l’hymne aux connotations guerrière pour lui substituer une chanson dont les paroles  furent composées à la même époque que ce conflit célébré : La Chanson de Craonne.

En plus d’exprimer le sentiment de nombres de soldats morts pendant ces quatre années (et quelques) de combats, elle remet en cause les motifs de cette « guerre infâme » : au lieu de « pour quoi » se battre, on passe à « pour qui ».

 

Je vous laisse donc avec cette très belle chanson, véritable œuvre antimilitariste et qu’il serait, à mon avis, de bon ton d’apprendre dans les écoles, ou tout du moins de l’y faire découvrir.

  1. Certains siècles ont tendance à être en retard par rapport à la date officielle : ainsi le 19ème commença en 1815 (défaite de Napoléon à Waterloo), mais heureusement (?), le 21ème a commencé en 2001. Par contre, ce fut encore une fois suite à un événement qu’on peut qualifier de guerrier : l’attentat contre les Tours Jumelles, le 11 septembre.
  2. Etant français, je connais mieux cet aspect national, pour les autres, s’adresser aux ressortissants des pays concernés.
  3. Ou du premier ministre, du dernier ministre… Ca dépend des années !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité
Marre...

Depuis un peu plus de trois mois, les samedis sont occupés par une actualité étonnante : les Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, on entend pis que pendre des Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, la révolte gronde au sein des masses (1).

Depuis un peu plus de trois mois, le pouvoir en place méprise les Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, la démocratie s’efface, laissant de plus en plus place à la violence, à la bêtise, et à ce qui faisait de ce pays un parangon de la Liberté, un état guidé par l’esprit des Lumières. (2)

 

Il semble que les Lumières se soient éteintes, comme l’Amérique au lendemain de la passation de pouvoir entre Barack Obama et son successeur. Le monde sombre peu à peu dans le chaos, sans que ceux qu’on nommait les « intellectuels de gauche » ne s’en émeuvent, fascinés qu’ils sont par leur souci de ne déplaire à personne, incapable d’appeler un chat un chat et un intégriste un intégriste – on parle alors de désésquilibré, de peur de froisser toute une communauté – ou un terroriste par ce qu’il est vraiment : quelqu’un qui use de la violence pour faire peur, pour intimider une institution ou un état et ses membres, les « citoyens ».

 

Le terme « citoyens » a, bizarrement (?) disparu des discours des gens en place, ceux qui savent et qui essaient d’expliquer à coup de com’ ou de matraques (3) à ces mêmes « citoyens » (qui sont donc devenues des « cibles ») qu’ils ne comprennent pas ce que le gouvernement fait de bien pour eux, et qu’il faut à nouveau lancer une campagne de com’ pour faire preuve de « pédagogie » et mieux expliquer ce qu’il se passe.

 

C’est exactement ce qui se passe actuellement dans ce beau pays de France (comme on dit). D’un côté on a une masse hétéroclite de gens qui ne sont pas contents, et de l’autre un gouvernement qui applique un programme pour lequel il a été à peu près élu. « A peu près » ? Oui, beaucoup ont voté au deuxième tour contre une candidate plutôt que pour un ancien ministre des finances. Il n’est pas question ici de remettre en cause la légitimité de ce gouvernement : les élections ont été régulières, et il n’y a pas à revenir là-dessus.

 

Par contre, ce qu’il est nécessaire de revoir, c’est l’attitude de ce gouvernement par rapport à ces électeurs. Depuis, presque 2 ans, nous assistons à un broyage en règle de ce qui fut la démocratie « à la française ». Après avoir commencé à casser le Code du Travail (4), le gouvernement continue sur sa lancée et réduit progressivement les libertés : le droit de manifestation devient soumis – encore plus – à l’autorisation du Préfet ; la nouvelle Loi Education qui s’appelle déjà « Blanquer » et qui réduit comme peau de chagrin la liberté d’enseigner quand ce n’est pas la Liberté elle-même. (5)

 

Et puis il y a les manifestations.

Depuis quelques siècle, le peuple de France à l’habitude de s’exprimer contre certaines mesures en défilant et parfois remettant en cause physiquement certain des pratiques plus ou moins liberticides.

Depuis donc un peu plus de 3 mois, les manifestations s’enchaînent à une cadence hebdomadaire, contre une mesure qui, à l’origine semblait inique  pour les militants: le prix des carburants et surtout son augmentation.

Le mot d’ordre appelant les manifestants et autres personnes solidaires concernait une obligation récente pour les conducteurs : le gilet jaune.

Nous avons alors assisté à de nombreuses démonstrations de force (c’est à ça que servent les manifestations) dans chaque coin de notre beau pays.

Bien sûr les manifestants n’étaient pas tous issus des meilleures familles, ni titulaires de diplômes prestigieux. Mais malgré tout, comme dans toute démocratie, ils avaient le droit de manifester pour exprimer leur mécontentement.

Ce mécontentement fut écouté et même entendu, puisque des mesures « en urgence » furent prises et moult promesses furent émises par un gouvernement qui montrait alors qu’il avait peur.

 

Peur ? Comment un gouvernement démocratique peut-il avoir peur ? Par essence, ce gouvernement applique une politique pour laquelle il a été mandaté et est donc dans son bon droit quand il le fait.

Sauf qu’on en revient à l’élection : beaucoup ont voté pour l’un pour ne pas voter pour l’autre, désigné « naturellement » comme beaucoup plus dangereux.

Mais depuis ces trois mois et quelques, on peut se poser la question de cette préférence. Si le régime actuel n’est pas ce que proposait l’alternative présidentielle, les retombées n’en sont pas moins anti-démocratiques.

Les forces (6) de l’ordre, après un préambule  neutre voire parfois en faveur de ce mouvement qui fut à l’origine – n’en déplaise à ses détracteurs – un mouvement citoyen, se sont retournées et se livrent à des exactions qui sont indignes d’une démocratie, quelle qu’elle soit. A une protestation, il oppose une violence aveugle et inutile, amenant le contraire de ce qu’il voudrait.

 

La violence est cette utilisation irraisonnée de la force, qui caractérise les pays totalitaires. Or depuis plusieurs semaines, si certains policiers/gendarmes s’opposent légitimement à des hordes plus ou moins barbares et qui ne sont en rien représentatives d’un quelconque mouvement social, il n’en demeure pas moins que certains policiers outrepassent leur mandat : ce sont les lycéens de Mantes-la-Jolie qui sont humiliés et pire, dont le calvaire est partagé sur des réseaux qui n’ont de sociaux que le titre ; des manifestants qui sont roués de coups sans véritable justification que le fait qu’ils étaient venus manifester ; voire des quidams qui ont eu le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment (tout le monde n’est pas les Beatles).

 

Dernière exaction qui m’a (enfin) fait réagir (ici) : un manifestant qui est emmené par ces fameuses forces de l’ordre et qui perd ses lunettes pendant l’interpellation (musclée, cela va sans dire).

Pour ces gendarmes mobiles, il semble qu’embarquer le jeune homme ne soit pas suffisant : pour le même prix, l’un d’entre eux à délibérément piétiné les lunettes au sol, exprimant sans doute quelque chose que je n’ai pas bien saisi. Y aura-t-il des retombées pour ce gendarme si « consciencieux » ?

 

J’en doute.

 

PS : Certains pourront s’indigner/s’insurger/râler/réagir (etc.) devant cette diatribe qui n’a que très peu de rapport avec le cinéma. Mais la page d’accueil du blog ne laisse aucun doute : nous sommes ici dans la rubrique « toute cette sorte de choses »…

 

  1. Non, ce n’est pas une contrepèterie, n’en déplaise au grand Pierre Desproges…
  2. Depuis quelques années, nous voyions l’émergence d’idées aussi nauséabondes que dangereuses ayant pour nom « identité nationale », « communautarisme » et toute cette sorte d’aberrations rationnelles.
  3. Quand ce ne sont pas des balles en caoutchouc qui ne s’appellent pas « flashballs » mais ont le même effet sur les victimes.
  4. Loi El Khomri, qui devrait s’appeler plus justement Loi Macron, en rapport direct avec celui qui n’était alors que Ministre des Finances (excusez du peu).
  5. En clair : dire du mal de l’institution et donc du ministère sera mal et passible de révocation (le « licenciement » de la fonction publique) et induit d’elle-même une interdiction de faire grève.
  6. La force est ce que la démocratie a à opposer pour faire appliquer ses lois considérées comme justes quand une partie de la population les refuse.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog