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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Actualité
Marre...

Depuis un peu plus de trois mois, les samedis sont occupés par une actualité étonnante : les Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, on entend pis que pendre des Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, la révolte gronde au sein des masses (1).

Depuis un peu plus de trois mois, le pouvoir en place méprise les Gilets Jaunes.

Depuis un peu plus de trois mois, la démocratie s’efface, laissant de plus en plus place à la violence, à la bêtise, et à ce qui faisait de ce pays un parangon de la Liberté, un état guidé par l’esprit des Lumières. (2)

 

Il semble que les Lumières se soient éteintes, comme l’Amérique au lendemain de la passation de pouvoir entre Barack Obama et son successeur. Le monde sombre peu à peu dans le chaos, sans que ceux qu’on nommait les « intellectuels de gauche » ne s’en émeuvent, fascinés qu’ils sont par leur souci de ne déplaire à personne, incapable d’appeler un chat un chat et un intégriste un intégriste – on parle alors de désésquilibré, de peur de froisser toute une communauté – ou un terroriste par ce qu’il est vraiment : quelqu’un qui use de la violence pour faire peur, pour intimider une institution ou un état et ses membres, les « citoyens ».

 

Le terme « citoyens » a, bizarrement (?) disparu des discours des gens en place, ceux qui savent et qui essaient d’expliquer à coup de com’ ou de matraques (3) à ces mêmes « citoyens » (qui sont donc devenues des « cibles ») qu’ils ne comprennent pas ce que le gouvernement fait de bien pour eux, et qu’il faut à nouveau lancer une campagne de com’ pour faire preuve de « pédagogie » et mieux expliquer ce qu’il se passe.

 

C’est exactement ce qui se passe actuellement dans ce beau pays de France (comme on dit). D’un côté on a une masse hétéroclite de gens qui ne sont pas contents, et de l’autre un gouvernement qui applique un programme pour lequel il a été à peu près élu. « A peu près » ? Oui, beaucoup ont voté au deuxième tour contre une candidate plutôt que pour un ancien ministre des finances. Il n’est pas question ici de remettre en cause la légitimité de ce gouvernement : les élections ont été régulières, et il n’y a pas à revenir là-dessus.

 

Par contre, ce qu’il est nécessaire de revoir, c’est l’attitude de ce gouvernement par rapport à ces électeurs. Depuis, presque 2 ans, nous assistons à un broyage en règle de ce qui fut la démocratie « à la française ». Après avoir commencé à casser le Code du Travail (4), le gouvernement continue sur sa lancée et réduit progressivement les libertés : le droit de manifestation devient soumis – encore plus – à l’autorisation du Préfet ; la nouvelle Loi Education qui s’appelle déjà « Blanquer » et qui réduit comme peau de chagrin la liberté d’enseigner quand ce n’est pas la Liberté elle-même. (5)

 

Et puis il y a les manifestations.

Depuis quelques siècle, le peuple de France à l’habitude de s’exprimer contre certaines mesures en défilant et parfois remettant en cause physiquement certain des pratiques plus ou moins liberticides.

Depuis donc un peu plus de 3 mois, les manifestations s’enchaînent à une cadence hebdomadaire, contre une mesure qui, à l’origine semblait inique  pour les militants: le prix des carburants et surtout son augmentation.

Le mot d’ordre appelant les manifestants et autres personnes solidaires concernait une obligation récente pour les conducteurs : le gilet jaune.

Nous avons alors assisté à de nombreuses démonstrations de force (c’est à ça que servent les manifestations) dans chaque coin de notre beau pays.

Bien sûr les manifestants n’étaient pas tous issus des meilleures familles, ni titulaires de diplômes prestigieux. Mais malgré tout, comme dans toute démocratie, ils avaient le droit de manifester pour exprimer leur mécontentement.

Ce mécontentement fut écouté et même entendu, puisque des mesures « en urgence » furent prises et moult promesses furent émises par un gouvernement qui montrait alors qu’il avait peur.

 

Peur ? Comment un gouvernement démocratique peut-il avoir peur ? Par essence, ce gouvernement applique une politique pour laquelle il a été mandaté et est donc dans son bon droit quand il le fait.

Sauf qu’on en revient à l’élection : beaucoup ont voté pour l’un pour ne pas voter pour l’autre, désigné « naturellement » comme beaucoup plus dangereux.

Mais depuis ces trois mois et quelques, on peut se poser la question de cette préférence. Si le régime actuel n’est pas ce que proposait l’alternative présidentielle, les retombées n’en sont pas moins anti-démocratiques.

Les forces (6) de l’ordre, après un préambule  neutre voire parfois en faveur de ce mouvement qui fut à l’origine – n’en déplaise à ses détracteurs – un mouvement citoyen, se sont retournées et se livrent à des exactions qui sont indignes d’une démocratie, quelle qu’elle soit. A une protestation, il oppose une violence aveugle et inutile, amenant le contraire de ce qu’il voudrait.

 

La violence est cette utilisation irraisonnée de la force, qui caractérise les pays totalitaires. Or depuis plusieurs semaines, si certains policiers/gendarmes s’opposent légitimement à des hordes plus ou moins barbares et qui ne sont en rien représentatives d’un quelconque mouvement social, il n’en demeure pas moins que certains policiers outrepassent leur mandat : ce sont les lycéens de Mantes-la-Jolie qui sont humiliés et pire, dont le calvaire est partagé sur des réseaux qui n’ont de sociaux que le titre ; des manifestants qui sont roués de coups sans véritable justification que le fait qu’ils étaient venus manifester ; voire des quidams qui ont eu le malheur d’être au mauvais endroit au mauvais moment (tout le monde n’est pas les Beatles).

 

Dernière exaction qui m’a (enfin) fait réagir (ici) : un manifestant qui est emmené par ces fameuses forces de l’ordre et qui perd ses lunettes pendant l’interpellation (musclée, cela va sans dire).

Pour ces gendarmes mobiles, il semble qu’embarquer le jeune homme ne soit pas suffisant : pour le même prix, l’un d’entre eux à délibérément piétiné les lunettes au sol, exprimant sans doute quelque chose que je n’ai pas bien saisi. Y aura-t-il des retombées pour ce gendarme si « consciencieux » ?

 

J’en doute.

 

PS : Certains pourront s’indigner/s’insurger/râler/réagir (etc.) devant cette diatribe qui n’a que très peu de rapport avec le cinéma. Mais la page d’accueil du blog ne laisse aucun doute : nous sommes ici dans la rubrique « toute cette sorte de choses »…

 

  1. Non, ce n’est pas une contrepèterie, n’en déplaise au grand Pierre Desproges…
  2. Depuis quelques années, nous voyions l’émergence d’idées aussi nauséabondes que dangereuses ayant pour nom « identité nationale », « communautarisme » et toute cette sorte d’aberrations rationnelles.
  3. Quand ce ne sont pas des balles en caoutchouc qui ne s’appellent pas « flashballs » mais ont le même effet sur les victimes.
  4. Loi El Khomri, qui devrait s’appeler plus justement Loi Macron, en rapport direct avec celui qui n’était alors que Ministre des Finances (excusez du peu).
  5. En clair : dire du mal de l’institution et donc du ministère sera mal et passible de révocation (le « licenciement » de la fonction publique) et induit d’elle-même une interdiction de faire grève.
  6. La force est ce que la démocratie a à opposer pour faire appliquer ses lois considérées comme justes quand une partie de la population les refuse.
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