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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

tarzan

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Tarzan, #Wilhelm Thiele
Le Triomphe de Tarzan (Tarzan triumphs - Wilhelm Thiele, 1943)

Tarzan revient. Encore (1).

Tout d’abord, comme Maureen O’Sullivan était indisposée, indisponible et lasse (2), les scénaristes ont usé du subterfuge disant que Jane était restée à la grande ville pour s’occuper de sa mère.

Autre changement notable : la MGM a cédé les droits du personnage d’Edgar Rice Burroughs à la RKO.

Nous avons donc notre Tarzan (Johnny Weissmuller) et Boy (Johnny Sheffield) seuls dans la jungle, et notre héros obligé de prendre la place de Jane pour éduquer Boy.

Mais heureusement, la princesse de la cité mystérieuse (Palandria) du voisinage, la belle Zandra (Frances Gifford), prendra un peu la place de Jane, sinon dans le cœur tout du moins aux côtés de notre « bon sauvage ».

 

Mais nous sommes en 1942 quand le film est tourné et les Etats-Unis sont entrés en guerre contre l’Allemagne nazie. C’est pourquoi à son tour, Tarzan va servir la cause des Alliés, même dans ses contrées franchement perdues. Tellement perdues que le côté africain a été totalement gommé et les animaux présents – les archives de la RKO la plupart du temps – sont répartis un peu partout dans le monde : le lion d’Afrique, bien sûr, mais l’éléphant est « d’Inde » et on n’aperçoit aussi un nasique qui vit, comme nous le savons tous depuis Vol 714 pour Sidney, sur l’île de Bornéo. Mais passons. Cet universalisme animal permet de déplacer les intrigues à la convenance du réalisateur et en finit une bonne fois pour toute avec les porteurs africains sacrifiés par les Blancs dans les premiers épisodes. De plus, la place plus importante prise par les Afro-américains pendant la guerre va aider à éliminer cette vision colonialiste un tantinet méprisante mais surtout raciste : les autochtones noirs étant facilement escamotables du fait de la couleur de leur peau.

 

Mais ces contrées ne sont pas si perdues, puisqu’un escadron de nazis va atterrir à Palandria, contrôler la cité et exploiter ses habitants sous le prétexte habituel chez ces affreux : « les plus forts dominent ».

Nous allons alors assister à de terribles exactions, d’autant plus terribles qu’elles concernent des gens considérés ouvertement « inférieurs », les nazis se considérant comme « la race des seigneurs ». Bien sûr, c’est plutôt la race des « saigneurs » qui nous est montrée ici.

Et ce déséquilibre dans l’intrigue (3) va amener Tarzan progressivement à intervenir.

 

Vous l’avez compris, à travers ce scénario un tantinet convenu, c’est la deuxième Guerre Mondiale qui est évoquée : les Nazis sont eux-mêmes et donc d’affreux salauds meurtriers et racistes, et Tarzan symbolise l’Amérique ezn lutte.

Et comme l’Amérique dans les premières années du conflit, Tarzan n'intervient pas tant qu'on ne le dérange pas. Un des  soldats le qualifie alors d’isolationniste, ce qui était la position américaine jusqu’à Pearl Harbour.

Mais à partir du moment où les nazis s’en prennent à Boy, Tarzan entre en guerre et, bien sûr, va triompher. D’où le titre.

 

Rien de bien notable dans ce film de propagande si ce n’est tout de même l’utilisation très limitée des animaux dans les différents épisodes de l’intrigue, mis à part Cheetah, toujours fidèle au poste, et Buli, un jeune éléphant qui apparaît au début.

Mais il faut dire qu’en passant de la MGM à la RKO, Johnny Weissmuller n’a pas pu amener son cri si caractéristique. Nous avons donc droit à une pâle imitation plutôt dans les aigus, qui est d’ailleurs peu utilisée (on comprend donc pourquoi).

 

J’oubliais : parmi les infâmes nazis, on trouve un sergent interprété par une ancienne connaissance, Sig Ruman. Comme dans To be or not to be (« Concentration Camp » Ehrhardt) ou encore Stalag 17 (Sergent Schultz) il interprète un Allemand aux caractéristiques légèrement comiques, mais qui se révèle tout de même redoutable dans l’exercice de ses fonctions (soldatesques).

 

  1. C’est le septième film pour Johnny Weissmuller, le quatrième pour Johnny Sheffield.
  2. Elle demanda d’être libérée de son contrat pour s’occuper de son mari (et aussi de ses enfants).
  3. Le déséquilibre propre aux contes et autres belles histoires qui amène la quête principale du héros et qui va lui permettre de se transfigurer en remettant tout en ordre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #J.P. McGowan, #Tarzan
Tarzan et le Lion d'or (Tarzan and the golden Lion - J.P. McGowan, 1927)

Si l’année 1927 est l’une des plus belles du cinéma, cela n’a pas empêché la production de films plutôt mineurs. C’est le cas de cet épisode des aventures de Tarzan,  réalisé par J.P. McGowan et pourtant supervisé par Edgar Rice Burroughs soi-même, avec dans le rôle-titre son gendre : l’athlétique James Pierce*.

Mais çà ne prend pas. Aujourd’hui. Parce que 90 ans auparavant, ce fut un succès auprès du public. Mais entretemps est passée la tornade Johnny Weissmuller.

 

Lord Greystoke (James Pierce, donc) habite une belle case en Afrique (le genre de case qu’on appellerait plus volontiers maison si elle n’était pas en bois et branchages). Il y vit avec sa femme Jane (Dorothy Dunbar). Y résident aussi Betty, la sœur de Tarzan, ainsi que son fiancé Jack Bradley (Harold Goodwin) qui sera même appelé Burton, ou alors je n’ai pas out compris.

Quand Tarzan est chez lui, il porte un magnifique complet qu’il troque pour partir à l’aventure avec la tenue d’apparat des Wazari, la tribu qui habite juste à côté et dont Tarzan est bien entendu le chef.

Tarzan n’a pas son pareil pour s’entendre avec les animaux. Il possède même un lion apprivoisé qui répond au nom de Jab et qui l’accompagne au gré de ses pérégrinations. Il a aussi un singe qu’il affectionne mais une bande d’affreux pilleurs l’a tué. Ces méchants personnages sont menés par trois hommes sans scrupule : Esteban Miranda (Frederick Peters), grand, costaud et courageux ; John Peebles, petit et un tantinet lâche ; Weezo (Boris Karloff), un renégat de la tribu Wazari qui s’était dressé contre Tarzan.

On trouve aussi une autre tribu ennemie : les Tangani, ignorants et crédules, menés par des blancs sans scrupule.

 

Bref, nous avions tous les ingrédients pour faire une grande fresque, et malheureusement, ça tombe à l’eau. On en arrive presque à trouver la scène de deuil simiesque le meilleur moment du film**.

En fait, on ne croit pas un instant à cette histoire. Et c’est dommage. Le format (57 minutes) étant peut-être un handicap pour apprécier ce film, mais je ne pense pas que cela suffise.

Les situations décrites, et surtout la vie dans le « repaire » de Tarzan, sont beaucoup trop décalées de ce que nous connaissons de Tarzan. Quant aux gentils Wazari, leur rôle est tout de même bien simpliste : ce sont de grands enfants qui rentrent de la chasse victorieux en dansant et sont sans cesse en mouvement. Mais ils ont bénéficié des bienfaits de la civilisation (dont Tarzan est un élément) : ils utilisent des fusils pour se défendre.

 

Comme je le disais, quand le film est sorti, le public lui a fait un bon accueil, mais la critique ne s’est pas gênée pour l’éreinter, ce qui me semble a posteriori juste.

Il reste la curiosité de voir Boris Karloff, méchant de service comme de bien entendu, un peu perdu dans cette aventure ratée.

Ca fait tout de même léger comme avantage…

 

          * qui, pour faire plaisir à son beau-père, a bien voulu laisser le rôle du cadet White dans Wings de Wellman. Ce fut Gary Cooper qui s’en chargea, avec la carrière qui suivit…

Ce même Pierce ne sera pas tendre avec ce film, lui aussi. Ce sera d’ailleurs son dernier film en tant que premier rôle (le premier, il le partageait avec un chien…).

 

          ** Le chimpanzé tué par les méchants est recouvert de branchages par ces congénères dont l’un se cache les yeux pour le pleurer.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan à New York (Tarzan's New York Adventure (Richard Thorpe, 1942)

Si la civilisation ne vient pas à Tarzan, alors... Tarzan ira à elle !

 

En vingt minutes, le cahier des charges de la série est quasiment rempli : des étrangers qui débarquent dans le domaine de Tarzan ; l'un d'entre eux - Buck Rand (Charles Bickford) -  est une fripouille patentée ; ils sont attaqués par une tribu hostile (le retour - bref - des Jaconis) ; arrivée de Tarzan pour les sauver. Il ne manque que le sauvetage par les éléphants, à la dernière minute (mais il y sera tout de même, rassurez-vous !). Pourtant, c'est à l'arrivée de Tarzan que tout bascule. Les intrus seront sauvés, certes, mais pas grâce à Tarzan. Et en plus, ils vont emmener son fils !

Tarzan n'a alors plus qu'une solution : aller récupérer Boy (Johnny Sheffield).  C'est à dire rejoindre la civilisation.

 

Nous sommes dans la continuité de l'épisode précédent. La fois passée, la civilisation avait essayé de s'installer dans le domaine de Tarzan, avec  ses camions, son cinéma et sa soif de l'or. D'ailleurs, le début est très similaire avec le générique sur fond de carte d'Afrique, puis les images d'introduction : le rappel de l'escarpement en haut duquel vit Tarzan, et les images puisées dans les docs animaliers de la MGM. Différents cette fois-ci, histoire de donner un petit peu de lustre au film. Malgré tout, les anciennes archives seront tout de même utilisées un peu plus tard...

L'intérêt de cette histoire réside dans la découverte de la civilisation par Tarzan : il faut l'habiller, il doit patienter... Bref il doit se plier aux règles. Mais les règles - c'est bien connu - ne sont faites que pour être contournées, surtout par Rand et son acolyte Sargent (Cy Kendall). Nous assistons donc à quelques péripéties (les « aventures » du titre original) de Tarzan à New York, juste assez décalées pour nous faire sourire, mais aussi pour conforter Jane d'avoir fait le bon choix en restant avec Tarzan.

Ici encore, on retrouve un adjuvant sacrificiel. Après Rawlins (Tarzan s'évade) et Lord Lancing (Tarzan trouve un Fils), c'est Manchester Mountford, le dresseur d'animaux. Il n'a ni le côté comique du premier, ni la grandeur du second, mais son sacrifice est indispensable, et bien entendu fatal.

Mais plus que les manquement à l'étiquette de Tarzan, on s'amuse des réactions de Cheeta dans New York. Richard Thorpe semble s'être amusé à nous montrer le chimpanzé semer le chaos à chaque endroit où il/elle passe.

Mais tout se termine bien - ce dont ne douta pas un seul instant - et que restera-t-il de cet escapade « civilisatrice » ? Le maillet du juge.

 

C'est l'épisode le plus court du duo Johnny Weissmuller - Maureen O'Sullivan. C'est la dernière fois qu'ils interprèteront le couple mythique Jane-Tarzan. C'est aussi la dernière contribution de Richard Thorpe pour cette série. Bref, ça sent la fin. Pourtant, Weissmuller tournera encore six épisodes.

Là encore, c'est une autre histoire. Et même six autres !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Le Trésor de Tarzan (Tarzan's secret Treasure - Richard Thorpe, 1941)

Dans ce cinquième opus de la série avec Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan, Richard Thorpe essaie de rompre avec le schéma des épisodes précédents. Pas d'Anglais qui débarque d'un bateau, pas d'expédition vers le pays de Tarzan (enfin pas tout de suite) : nous sommes déjà en haut de l'Escarpement Metia et retrouvons la petite famille dans sa vie de tous les jours.

Même s'ils sont loin de la civilisation, leur confort s'améliore un peu plus. Après la maison dans les arbres, c'est la cuisine à l'eau chaude naturelle qui nous est présentée.  Cela permet de cuire le poisson ainsi que les œufs durs, surveillés par Cheeta et chronométré par un sablier en noix de coco. Bref, une vie sauvage qui ressemble tout de même beaucoup à la vie civilisée.

Et puis il y a le bain - habituel - où la famille s'ébroue avec bonheur. Et dans le fond de la rivière, Boy (Johnny Sheffield, un tout petit peu plus âgé) découvre des cailloux brillants : c'est de l'or. Et avec cet or, c'est la civilisation qui entre dans le monde de Tarzan.

Pas directement, mais insidieusement : Jane parle à son fils de ce qu'on fait avec de l'or dans le monde qu'elle a abandonné. Alors ça donne des idées à Boy : il va rejoindre la civilisation et s'acheter un avion avec l'or qu'il a trouvé.

Mais au lieu de trouver la civilisation, c'est elle qui le trouvera par l'intermédiaire de l'expédition du professeur Elliot (Reginald Owen), qui comprend aussi M. O'Doul (Barry Fitzgerald), caméraman, Medford (Tom Conway) et Vandemeer (Philip Dorn) des guides  pas bien nets...
Et quand Boy leur montre l'or qu'il a trouvé, ces deux derniers personnages passent définitivement du côté obscur, prêts à tout pour trouver l'or de la montagne dont seul Tarzan connaît l'emplacement (d'où le titre).

 

Avec cette nouvelle aventure, Thorpe semble avoir trouvé le ton et le rythme  de ces aventures. Même si, pour cause de restriction budgétaire, il réutilise des séquences antérieures (surtout prises dans Tarzan s'évade, ou dans les archives animalières de la MGM déjà utilisées).

Le renouveau dont je parlais s'annonce : Thorpe introduit des éléments de la civilisation occidentale dans le monde de Tarzan : camions, caméra, cinéma. C'est une nouvelle épreuve pour lui, même s'il pressent un sort funeste. Mais la civilisation n'en porte que le nom : l'avidité de Medford et Vandemeer entraîne encore une fois des événements malheureux dont ils feront les frais (normal, les méchants sont toujours châtiés !).

Malgré ce renouveau, les vieilles recettes fonctionnent encore : pas de rivière sans crocodile, pas de sauvetage sans troupeau d'éléphant...

Le sort des porteurs s'est un (petit) peu amélioré : aucun d'eux ne tombe dans le ravin lors de l'ascension, et pas de coup de fouet, cette fois-ci. Il faut dire qu'à l'origine, l'expédition est à caractère scientifique et on imagine mal un ethnologue comme le professeur Elliot faisant marcher ses porteurs à coups de fouet ! Par contre, quand les deux affreux prennent le commandement de l'expédition, c'est à coup de fusil qu'ils se font obéir !

Malgré tout, lors des rituels cruels de la tribu hostile (incontournable) - les Jaconi - ce sont tout de même les porteurs qui sont suppliciés (réutilisation des méfaits de Tarzan s'évade). Comme toujours, l'un des éléments de l'expédition a un bon fond : c'étaient Rawlins (Herbert Mundin) dans Tarzan s'évade et Sir Thomas Lancing (Henry Stephenson) dans Tarzan trouve un fils. Ici, c'est O'Doul. Mais si les deux précédents sont abattus sans scrupule, ici, O'Doul s'en tire, et avec les honneurs. C'est d'ailleurs un personnage attachant campé par Barry Fitzgerald : Irlandais avant tout (buveur invétéré, donc), pas toujours très courageux - il rejoint Rawlins sur ce point - mais comique surtout, à l'image de l'Irlandais Michaleen Oge Flynn qu'il interprètera dans L'Homme tranquille. Une réussite.

 

Cette introduction (timide) des éléments civilisateurs annonce l'épisode suivant, qui va dans la droite ligne de celui-ci : ce sera à Tarzan d'aller à la rencontre de cette civilisation.

 

Mais ceci est une autre histoire...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan trouve un Fils (Tarzan finds a Son! - Richard Thorpe, 1939)

Un avion survole la « jungle ». Je sais, en Afrique, il n'y a pas de jungle, on dit la savane, tout comme il n'y a pas de Tigre, n'en déplaise à Jane). Il n'empêche, il y a bien un avion qui survole cette partie de l'Afrique. A son bord, le futur Lord Greystoke (Morton Lowry), sa femme (Laraine Day) et leur héritier.

Mais des turbulences surviennent et l'avion s'écrasent. Le silence s'installe, rapidement troublé par les cris du seul sur vivant : le fils (moins d'un an). Ce sont les chimpanzés qui le découvrent et l'emmènent à Tarzan (l'immuable Johnny Weissmuller).

Tarzan est intrigué : pensez donc, un bébé. Il n'en a jamais vu sans poil. Mais rapidement, il s'apprivoisent l'un et l'autre, et comme le dit Jane (Maureen O'Sullivan, toujours aussi belle) : « Le roi a un fils ! »

Cinq ans plus tard, un nouveau safari débarque dans la province de Tarzan : ce sont les Greystoke, à la recherche d'un éventuel survivant du crash de l'avion...

 

Trois ans après le (très) moyen Tarzan s'évade, Richard Thorpe retente l'aventure d'adapter Tarzan. Et cette fois-ci, on se dit qu'il recolle au roman de Rice-Burroughs : un bébé recueilli par les singes après la mort de ses parents. Et en plus, c'est un héritier Greystoke...

Mais non. Rapidement, le bébé est refilé à Tarzan (jeté par Cheetah) pour la plus grande joie de Jane. Mais si le début rappelle le récit fondateur du mythe Tarzan, rapidement, Thorpe retourne aux codes de la série : un safari de blancs avec porteurs noirs ; une sombre histoire de profit ; les animaux des documentaires de la MGM ; et, bien entendu, une tribu (les Zambeles) hostile et cruelle qui tue ses prisonniers pour en faire des sortes de poupées réduites, après un rituel sanglant.

Cette fois-ci, ce sont deux méchants que nous avons : des parents du jeune Greystoke, attirés par l'héritage de cet enfant en Angleterre. Mais comme toujours, le plus méchant sera châtié, après destruction du village des Zambeles par une horde d'éléphants. Rien que de très normal.

L'intérêt, comme la vérité, est ailleurs : la famille de Tarzan s'agrandit.

Depuis cinq ans que le Code Hays est en vigueur, Thorpe bouscule l'ordre établi en balançant dans les bras de Tarzan un fils littéralement tombé du ciel. Or, nous savons que ce fameux Code réprouvait toute union hors mariage. Et Jane a beau prétendre que Tarzan est son mari, il n'y a pas eu de cérémonie le prouvant. Quant à un écrit, n'y pensons même pas. Ils vivent ensemble « maritalement », comme on dit de nos jours, mais pas comme l'entendaient les tenants de l'ordre moral de l'époque. Avec l'arrivée de cet enfant dans la série, c'est un tabou qui est envisagé : la relation charnelle entre Jane et Tarzan. En effet, depuis le temps qu'ils vivent ensemble, et comme Jane présente Tarzan comme son mari, on peut raisonnablement imaginer qu'ils ne font pas que dormir ensemble... Il semblait logique qu'un enfant naisse de cette union.

Mais, pas de ça dans le cinéma hollywoodien de 1939 ! Alors on fait tomber du ciel un bébé, et le tour est joué. Bien joué, monsieur Thorpe !

Pour le reste, c'est un épisode qui suit un schéma bien rôdé, même si cette fois-ci aucun porteur ne tombe dans le ravin lors de l'escalade du Mutia. Mais ce sont tout de même les Noirs les premiers sacrifiés par les Zambeles.

Et puis les traversées de rivière se font toujours avec des crocodiles alentours, et cette fois-ci, pas de bête féroce dans le tableau de chasse de Tarzan : seulement quelques mygales pas vraiment rapides, alors pas étonnant qu'elles soient éliminées.

Malgré tout, on ne peut s'empêcher de remarquer le côté déjà vu du film. Surtout pour nous, plus de soixante-quinze ans après sa sortie, qui pouvons voir et revoir cette série quand bon nous semble. N'oubliez pas que les spectateurs ont attendu trois ans pour voir cette nouvelle aventure (réjouissante). Et cette fois-ci, l'attente fut récompensée.

 

Malgré tout, il va falloir trouver autre chose pour relancer la série.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Thorpe, #Tarzan
Tarzan s'évade (Tarzan escapes - Richard Thorpe, 1936)

C'est James McKay qui devait tourner le film, en 1935. Une fois terminé, la MGM a décidé que ça n'allait pas. Alors on a demandé à John Farrow de recommencer. Mais c'est finalement Richard Thorpe qui signe le produit fini.

Et quel produit ! On retrouve les ingrédients des films précédents : safari, tribu hostile et cruelle, méchant fourbe (châtié bien entendu à la fin) et animaux en pagaille (la plupart du temps des images prises sur des films documentaires de la MGM), qui contribueront au sauvetage final, comme à l'habitude.

 

On commence avec l'arrivée d'Européens, encore une fois, mais ceux-ci ont un nom qui ne nous est pas étranger, ce sont Rita et Eric Parker (Benita Hume et William Henry), les cousins de Jane (Maureen O'Sullivan, toujours là, et toujours belle). Ils sont venus la chercher pour une sombre histoire d'héritage. Pour les accueillir, un drôle de petit bonhomme, Rawlins (Herbert Mundin) qui est associé au « chef blanc » du coin, le capitaine Fry (John Buckler, malheureusement décédé peu de jours avant la sortie du film). Fry est le nouveau méchant, un mélange de Holt (Tarzan l'Homme singe) et Arlington (Tarzan et sa Compagne). Lui aussi a le réflexe de fouetter les Africains (noirs) quand ils ne veulent plus avancer. Et tout ce beau monde porte de magnifiques casques coloniaux.
Amis ce film possède tout de même quelques nouveautés :

- Jane est habillée. Finies, les peaux de bêtes qui la couvraient à peine. Cette fois - code Hays oblige - elle porte ce qui ressemble à une jupe (avec entrejambe), et pendant la (courte) séquence sous l'eau, il na pas été question de l'enlever.

- Tarzan a un mot de passe sensationnel : « Ungawa ». A peine entendu dans l'épisode précédent, il en fait un usage fréquent dans cette nouvelle aventure. C'est un mot très pratique puisqu'il signifie aussi bien « va-t-en », « allons-y », ou encore « remonte l'ascenseur s'il te plaît ».

- Tarzan et Jane ont une maison. Pas une villa, mais une habitation dans les arbres, dans le plus pur style Robinson Suisse, avec eau courante (qu'on fait monter de la rivière en bas par des bambous creux, et l'ascenseur précédemment mentionné, actionné par un éléphant.

Bref, la vie sauvage de Jane s'est grandement améliorée.

Mais pour le reste, nous assistons à une nouvelle aventure, proche des deux précédentes dont les variantes sont la cruauté de la tribu hostile : une nouvelle façon de tuer les porteurs noirs, les éléments blancs étant à chaque fois épargnés.

Et puis il y a Rawlins. C'est lui qui donne le ton comique au film. Il vole la vedette à Cheetah. Il est petit courageux de loin voire un tantinet lâche,  mais sait apprécier Tarzan à sa propre valeur. Une réussite.

Enfin, il y a le Code Hays. Quand le film sort, cela fait deux ans que les puritains ont commencé à réglementer le cinéma. Pourtant, ce même Code, à cheval sur la morale et la décence, ne relève pas un élément qui pouvait passer pour scandaleux à cette époque : Tarzan et Jane dorment sur un même lit. Tout d'abord, ce n'est pas un vrai lit, mais plutôt des peaux de bêtes disposées sur le sol, et même si nos deux héros dorment dans une maison (rudimentaire tout de même), il n'était pas possible d'y caser les deux lits jumeaux qui fleurissent dans les films des années 1930 : Jane explique qu'ils ont des nids un peu partout dans la « jungle » pour dormir ; et du point de vue de la vraisemblance de l'intrigue, ces deux accessoires auraient tout de même fait déplacés.

Reste un film tout de même mineur par rapport aux deux premiers, mais Thorpe prenait ses marques avant de tourner le suivant, qui sortira trois ans plus tard...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cedric Gibbons, #Tarzan
Tarzan et sa Compagne (Tarzan and his Mate - Cedric Gibbons, 1934)

Un an a passé.

Harry Holt (Neil Hamilton) est retourné à son commerce. Il pense toujours à Jane (Maureen O'Sullivan). Cette fois-ci, il accueille son vieil ami Martin Arlington (Paul Cavanagh) afin de partir avec lui récupérer l'ivoire du cimetière des éléphants grâce à Tarzan (Johnny Weissmuller).

On assiste alors au départ d'une nouvelle expédition (avec plus d'hommes, surtout armés). Mais Harry ne compte pas seulement récupérer de l'ivoire. Si Jane pouvait revenir avec lui...

 

Ce deuxième opus, - avec Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan - est construit comme le premier : même objectif (l'ivoire) ; même genre d'expédition ; même itinéraire ; encre des porteurs qui tombent dans le ravin ; et encore une tribu hostile. Cette fois-ci, ce sont les Mangeurs de Lion. Enfin c'est comme ça que les appelle Tarzan. Et, bien entendu, une nouvelle charge d'animaux.

Ce qui change, c'est le ton utilisé. Ce n'est plus van Dyke, mais Cedric Gibbons, le responsable des décors de la MGM. Il sera par la suite remplacé par Jack Conway (qui n'apparaît pas dans le générique). Cet épisode de Tarzan est plus dur que le précédent. Si Harry Holt a perdu de sa méchanceté - il n'y a pas autant de scène de fouettage des porteurs noirs - son acolyte Arlington est un individu peu recommandable : coureur de jupon invétéré, il ne recule devant rien pour arriver à ses fins : il tente de séduire Jane puis essaie de tuer Tarzan. Rien que ça ! Mais la morale sera sauve, il sera châtié de sa méchanceté.
Puisqu'on parle de morale, je ne peux m'empêcher d'évoquer la séquence de bain qui fut retrouvée et remontée dans la version actuelle : Tarzan et Jane décident d'aller se baigner. Tarzan jette Jane à l'eau mais sa robe se prend aux branches et y reste accrochée. S'ensuit un ballet nautique dans lequel Tarzan se baigne avec une Jane totalement nue* ! Et ça dure, et ça dure !

Bien entendu, cette séquence - qui dormait dans les coffres de la MGM avant d'être (re)découverte - fut censurée et retirée lors de l'application du code Hays. Une autre version avait été filmée avec la jeune femme en costume deux pièces, et encore une autre sans le haut. Il va sans dire que ces deux autres versions connurent le même sort.
A propos du code Hays et de ses conséquences : le costume de Jane - parfois très lâche, ne permettant pas seulement d'imaginer (!) - va considérablement évoluer dans le prochain épisode. Ici, elle porte un deux-pièces plus que suggestif. La prochaine fois, ce sera ce qui ressemble le plus à une robe tout en permettant à Jane de garder son côté sauvageonne.

Pour le reste, Gibbons et Conway déroulent selon le modèle de van Dyke et finalement, peu de surprises. Tarzan acquiert du vocabulaire et ajoute d'autres animaux à son tableau de chasse : un rhinocéros et un crocodile. D'ailleurs, nul ne peut tomber dans une rivière ou essayer de la traverser sans faire venir ces mêmes crocodiles. C'était le cas avec van Dyke, il en va toujours de même ici.

Et Cheeta ? Fidèle à lui-même : un peu d'élément comique, et une aide précieuse pour sauver notre héroïne. Avec en plus, un épisode « familial »...

 

*Ne vous excitez pas trop : ce n'est pas Maureen O'Sullivan qui nage, mais Josephine McKim, une championne de natation américaine, qui comme Johnny Weissmuller a participé aux Jeux Olympiques de 1924 et 1928.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Woody S. van Dyke, #Tarzan
Tarzan l'Homme singe (Tarzan the ape Man - Woody S. van Dyke, 1932)

Une petite pensée pour Hubert

 

Le cri.
C'est son cri qu'on retient en premier.

C'est ce cri qui fait qu'il est Tarzan avant tout. Qu'il est le seul et unique, que les autres, même s'ils ne sont pas des copies resteront toujours loin derrière.

Tarzan, c'est Johnny Weissmuller, avant tout un athlète, mais surtout la personnification du héros d'Edgar Rice Burroughs.

Combien de générations d'enfants a-t-il fait rêver ?

 

Jane Parker (Maureen O'Sullivan) vient d'arriver en Afrique : elle y rejoint son père James (C. Aubrey Smith) qui fait du commerce avec les populations autochtone, avec son partenaire Harry Holt (Neil Hamilton).

Mais leur objectif est autre : ils veulent découvrir le fameux cimetière des éléphants afin de fournir de l'ivoire pour le monde entier (et toucher au passage la prime de 1.000.000 de Livres...). Jane est ravie de cette idée et décide de les accompagner.

Sur leur chemin, en plus des dangers intrinsèques à la savane et la brousse, un personnage enlève Jane : c'est Tarzan, un homme qui vit avec les singes et communique avec les animaux.

 

Du roman original de Burroughs, peu de choses, sinon cet homme sauvage qui vit au milieu des singes. Van Dyke part du principe que les spectateurs connaissent son histoire - malheureuse - avec la mort de ses parents. Mais surtout van Dyke met en place les personnages qui feront le succès de cette série qui comportera douze épisodes (dont la moitié avec Maureen O'Sullivan) et se poursuivra jusqu'en 1948.

Tarzan fait partie des films exotiques chers au cinéma américain, avant d'être éclipsé par les histoires fantastiques de James Whale ou encore Cooper & Schoedsack, et toute cette vague de films où les créatures d'épouvante vont se succéder pendant quelques décennies. Mais Tarzan tiendra bon et rassemblera petits et grands pour ses aventures.

L'Afrique de van Dyke est avant tout sauvage. Mais Parker et Holt sont avant tout des colons. Ils se comportent en supérieurs aux Africains. Dès le début, il y a une tentation documentaire, quand Jane arrive. Holt lui fait découvrir les peuplades avec lesquelles il traite (je n'ai pas dit qu'il les exploitait). Mais quand l'expédition se met en marche, Parker et surtout Holt montrent leur vrai visage : les porteurs sont tous noirs - ce qui est normal, c'est la population majoritaire en Afrique - et menés par Riano (Ivory Williams), qui n'hésite pas à utiliser le fouet pour faire avancer l'expédition. Et quand Riano n'y arrive plus, c'est Holt lui-même qui fouette ses porteurs afin de les faire avancer.

Une telle expédition est totalement inconcevable de nos jours - du fait de la préservation des espèces, même si ça ne décourage pas les braconniers - surtout quand on voit le nombre d'hippopotames tués lors du passage de la rivière. Et Jane n'est pas passive, tuant un hippopotame un peu trop entreprenant. Et puis ce cimetière des éléphants n'est qu'une chimère, qui fera fantasmer les chasseurs d'ivoire jusqu'au milieu du vingtième siècle.

 

Mais Tarzan, c'est aussi l'avènement du bon sauvage cher à Rousseau. Sa rencontre avec Jane le présente comme un enfant découvrant peu à peu le monde - en accéléré - et essayant de l'apprivoiser. Si la première réaction de Jane est la peur - c'est toujours pareil quand on ne connaît pas - elle ne dure pas : rapidement elle va apprécier ce rude sauvage totalement glabre (ça explique qu'il ne soit pas hirsute, comme le voudrait la logique), jusqu'à l'aimer. « Il m'appartient» finit-elle par avouer, après leurs adieux.

Et puis il y a le dernier ingrédient des films à venir : la tribu hostile. Ici ce sont des nains noirs (on a récupéré ceux qui travaillaient à la MGM et on les a carrément peints !). Ils sont cruels - c'est obligatoire - et offrent leur victime en sacrifice à un énorme gorille (Ray Corrigan). Là encore, on remarque le parti pris de l'époque : seuls les éléments noirs de l'expédition sont tués par cette créature.

Enfin, je n'oublierai pas la troisième star de ce film, après Johnny Weissmuller et Maureen O'Sullivan : Cheeta. C'est un personnage imaginé pour le film et qui a un rôle très important. C'est lui qui va alerter Tarzan quand Jane et ses compagnons sont enlevés par les nains. Van Dyke n'hésite pas à montrer de larges séquences de ce chimpanzé, nous permettant d'admirer son adresse et son agilité.

 

A noter que les dialogues - dont le célèbre « Tarzan. Jane. Tarzan. Jane... » sont d'Ivor Novello, celui qui fut l'étrange locataire d'Alfred Hitchcock dans le film éponyme.

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