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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Tim Burton
Beetlejuice (Tim Burton, 1988)

Ca commence comme une comédie – ça tombe bien, c’en est une. Les Maitland – Barbara (Geena Davis) et Adam (Alec Baldwin) – sont en vacances et vont en profiter pour refaire les intérieurs de leur maison.

Bref, tout va bien. Sauf que…

Sauf que, malheureusement pour eux, un chien se met sur leur passage et les oblige à faire le grand plongeon : ils sont morts et enterrés, à leur insu.

C’est quand ils sont vraiment conscients de leur nouvelle qualité de décédés qu’il est déjà trop tard : les Deeze viennent de s’installer dans leur maison, les cantonnant au grenier : il faut que cela cesse.
Ils vont alors faire appel à Betelgeuse [‘bi:tldʒu:s], un exorciste en free-lance, pour se débarrasser des importuns.

 

Cela fait trente ans cette année que Tim Burton a réalisé ce film, et ce qu’on peut dire, c’est que malgré l’utilisation de techniques dépassées aujourd’hui avec l’avènement du numérique, le film n’a rien perdu de son mordant ni de sa beauté. Bien sûr, Burton utilise le fond bleu pour les scènes de désert (Jupiter ?), mais quelle importance quand c’est bien fait.
Et surtout, avec  cette réalisation, on entre de plein pied dans son univers un tantinet déformé pour être bizarre, mais pas tant que ça, ce qui nous le rend tout de même familier.

 

Ce sont des portes biscornues et des couloirs aux perspectives faussées qu’il nous propose, ainsi que toute une faune de morts vivants qui n’a plus rien à voir avec ceux de George Romero. Il y a une influence évidente des décors de Röhrig, Reimann & Warm du film Le Cabinet du docteur Caligari, mais avec en plus des personnages correspondant à ces décors.

De plus, l’utilisation des morts dans leur état de cadavre est une magnifique trouvaille, amenant des situations comiques (noires, évidemment) qui contrebalancent cette galerie des horreurs.

Avec, cerise sur le gâteau la grande (par le talent) Sylvia Sidney (77 ans quand le film sort) dans le rôle de Juno(n), sorte de conseillère administrative post-mortem, continuant de fumer malgré son état cadavérique.

Et puis il y a Beetlegeuse. Michael Keaton, qui nous campe un Beetlegeuse extraordinaire, dans tous les sens du terme. Betelgeuse est un rustaud sans manière, une espèce de barbare infect des plus repoussant. Mais tellement savoureux en tant que personnage. Il est du type primaire, extrêmement grossier et sale sur lui, ainsi que libidineux à souhait : une véritable réussite ! Michael Keaton, que Tim Burton qualifie de « complètement cintré, […] un maniaque, une pile électrique et il a des yeux incroyables. » Bref, il est totalement fait pour le rôle.

Et ce ne sont pas de vains mots. Il est méconnaissable et son regard adopte successivement de nombreuses expressions (de la pitié à la luxure…) qui contribuent grandement à son rôle comique. Mais Betelgeuse, malgré tout, est un être maléfique. Si les parents (Catherine O’Hara – superbement insupportable et Jeffrey Jones, pas si bien intentionné que ça) de Lydia (Winona Ryder, toute jeune) ne sont pas obligatoirement la crème des parents voire des humains appréciables, on ne peut tout de même pas laisser faire un personnage aussi répugnant, quoi que très drôle !


Bref, bienvenue dans le monde de Tim Burton, où la réalité, comme je l’ai déjà écrit, est décalée mais somme toute familière, où les morts ne le sont pas tout à fait, et où l’humour reste toujours d’actualité, avant ou après le grand Passage.

 

Bientôt une suite ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Thirteen (Steven Soderbergh, 2007)

Et de trois !

 

Danny Ocean (George Clooney) revient une dernière fois pour un nouveau coup du siècle (que va-t-il rester pour les braqueurs suivants ?). Avec lui, sa fine équipe de monte-en-l’air le suit dans une aventure qui nous ramène aux origines : Las Vegas.

Mais cette fois-ci, il n’est pas question de s’attaquer à Benedict (Andy Garcia). Il existe un autre genre de patron de casino, de la pire espèce : Willy Bank (Al Pacino).

Al Pacino est un ami de Reuben (Elliot Gould). Mais si ce dernier n’est pas toujours du bon côté de la loi, il a un sens de l’honneur qui fait cruellement défaut à Bank. De plus, ils sont unis par un lien invisible et indéfectible : ils ont serré la main de Sinatra !

Et comme Bank, de par sa malhonnêteté (oui, chez les voleurs, on sait rester honnête !), a failli tuer Reuben, Danny et ses copains ont décidé de donner une bonne leçon à cet importun.

 

On retrouve donc les mêmes protagonistes, de Danny Ocean à Saul Bloom (Carl Reiner), en passant par Frank (Bernie Mac, qui mourra un an après la sortie du film), Livingston (Eddie Jemison), ou encore les frères (ennemis) Malloy (Casey Affleck & Scott Caan, le fils de James)…

Sans oublier l’incontournable Terry Benedict, qui, pour cette occasion passe de l’autre côté ( ?).


Mais si nous nous retrouvons dans un schéma éprouvé, le renouvellement se fait avant tout dans les motivations de notre équipe préférée. Alors que le premier coup (2001) permettait à nos voleurs de devenir riches assez rapidement, que le deuxième coup (2004) leur permettait de sauver leur peau, ici, il en va tout autrement : il s’agit d’une vengeance contre un personnage qui a l’avantage de faire converger toutes les antipathies du milieu : autant dire que nous spectateurs sommes absolument conquis par cette idée et allons soutenir cette entreprise.

En effet, et comme le dit le proverbe : « voler un voleur, ce n’est pas voler. »

Enfin, un petit peu quand même…

 

Nous sommes donc prêts à assister à un magnifique coup d’éclat. Et de ce côté-là, on n’est pas déçu. C’est à nouveau un festival de ruses, de faux-fuyants et entourloupes, exécutés de mains de maîtres, nous donnant un plaisir encore plus grand que dans les précédents épisodes : nous savons comment travaillent ces hommes, et nous réjouissons donc de les voir à nouveau enfumer leur(s) victime(s). Et la présence de François Toulour (Vincent Cassel) – le Renard de la Nuit, un tantinet mauvais joueur quant à ses déboires passés – ne les arrêtera pas, malgré la menace qui plane sur leur entreprise.

 

Ce sont donc deux heures de mise en place et exécution d’un plan réglé au millimètre, voire à la milliseconde, sans toutefois nous éviter un petit accroc de dernière minute – l’intervention de l’agent Caldwell (Bob Einstein) du FBI – afin de pimenter cette expédition au résultat (trop ?) couru d’avance.

Le tout avec un ton un peu plus ironique, un peu comme s’il existait une complicité entre les braqueurs et leurs spectateurs de l’autre côté de l’écran.


Et les femmes dans tout ça ? Si on excepte Abigail Sponder (Ellen Barkin) et Debbie, on ne les voit pas beaucoup. Ni Tess (Julia Roberts) ni Isabel (Catherine Zeta-Jones). C’est avant tout une histoire d’hommes, et surtout, comme le dit Danny : « ce n’est pas leur combat ! ».


Qu’importe, le résultat est là, et magnifiquement là.

 

 

PS : En prime, Deux beaux moments du film :
- Linus (Matt Damon) interprétant Lenny Pepperidge;
- Danny & Rusty (Brad Pitt) regardant Oprah Winfrey à la télévision.

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