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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Don Siegel, #Clint Eastwood
L'Inspecteur Harry (Dirty Harry - Donald Siegel, 1971)

Scorpio (Andrew Robinson) est un tueur psychopathe. Armé d’un fusil à lunette, il tue, à distance chaque victime au hasard. Satisfait de ses exploits il tente de monnayer ses actions auprès du maire de San Francisco (John Vernon) : si on lui verse 100.000 puis 200.000 (inflation oblige ?), il ne tuera personne, sinon…

Mais ce que Scorpio n’avait pas prévu, c’est que l’affaire serait confiée à l’inspecteur Harry Callahan (Clint Eastwood), qu’on surnomme dans sa brigade « Dirty Harry » (d’où le titre original).

 

Harry, c’est un flic intègre (trop ?). Il est revenu de tout et a usé ses coéquipiers l’un après l’autre : soit ils sont blessés, soit ils reposent en paix… Alors quand on lui présente un nouvel accompagnateur – Chico Gonzalez (Reni Santoni) – il est un tantinet circonspect, voire hostile à ce choix. Mais Harry est un bon flic, alors il accepte.

Quant à dire qu’Harry est un bon flic, il faut voir.

En effet, nous apprenons qu’il a descendu un type en pleine rue. C’est vrai que ce type était nu, armé d’un couteau de boucher, et avait l’intention de violer une femme.

Et quand nous le voyons pour la première fois sortir son arme, c’est pour tuer deux hommes et en blesser un troisième, coupables d’avoir braqué une banque. On est alors en droit de se demander qui est cet inspecteur aussi expéditif.

Mais il faut aussi se replacer dans le contexte américain. Pendant le tournage et à la sortie du film, la peine de mort aux Etats-Unis était abolie depuis 1967, et aucune exécution capitale n’eut lieu avant 17 janvier 1977, date d’exécution de Gary Gilmore.

Je ne dis pas que Harry est juge et bourreau à la fois. D’ailleurs, on ne lui tient pas rigueur d’avoir tué les deux hommes lors de son intervention sus décrite, son chef allant même jusqu’à le féliciter : ne serait-ce pas là qu’est le véritable problème ?

Mais son système d’éradication de la violence a tout de même un côté définitif fort discutable, répondant à la violence par la violence. Et son surnom de « dirty » (sale, salopard, affreux, à vous de choisir), semble lui convenir. Il est d’ailleurs d’accord avec ce sobriquet, mais pour une toute autre raison : on ne lui confie pas toujours les tâches les plus nobles.

 

Mais Callahan, s’il n’est pas non plus abolitionniste a une manière de penser assez logique. Il semble avoir l’âge de son interprète (35-40 ans) et n’est plus, depuis longtemps une jeune recrue idéaliste quant à sa mission dans la Force. De plus, sa femme a été tuée dans un accident de voiture causée par un chauffard. Ce dernier argument nous aide à  comprendre son attitude sans pour autant la justifier.

 

De plus, cet homme est, d’une certaine façon, un paradoxe. Son aptitude à dégainer (et tirer, cela va sans dire) facilement est contrebalancée par certains principes : il se place toujours du côté des victimes contre un meurtrier – éventuel comme avéré. Sa façon de neutraliser l’homme qui voulait se suicider montre aussi que la vie humaine n’est pas rien pour lui, malgré son apparente misanthropie. Mais il a des méthodes qui ne sont pas du goût de tout le monde et surtout en dehors de la légalité. Sa façon d’obtenir des aveux de Scorpio est fortement discutable – voire carrément illicite : il le torture ! – et Donald Siegel, n’insiste d’ailleurs pas beaucoup sur cet aspect, la caméra prenant du recul et de la hauteur pour faire disparaître cette exaction dans la brume nocturne.

 

Mais cet aspect un tantinet tortionnaire s’oublie un petit peu quand on se rend compte du degré de dangerosité de Scorpio, capable de prendre en otage des enfants : s’attaquer à des enfants a toujours été, et est toujours, la pire des exactions qu’un méchant de cinéma peut faire – rappelez-vous M le Maudit – et aux yeux de la majorité, tuer un tortionnaire d’enfants passe beaucoup plus facilement. Mais n’en déplaise aux partisans de la peine capitale, l’exécution des coupables n’a jamais fait diminuer le nombre de méfaits.

Mais nous sommes ici au cinéma et laissons donc ce débat – qui ne sera certainement jamais fermé – pour revenir au film.

 

Eastwood est, pour la première fois cet inspecteur – radical – un tantinet insolent mais tout de même efficace (trop ?) qu’on retrouvera dans quatre autres films. Harry nous rappelle dans Un Shérif à New York du même Siegel et avec déjà le grand Clint. Mais si Coogan change et ne tue pas son prisonnier, il n’en va pas de même pour Callahan.

Quoi qu’il en soit, Siegel et Eastwood nous offrent un film efficace certes, mais qui pose tout de même la question de la peine de mort, sans y répondre de façon péremptoire.
 

Et cet aspect discutable de juge et bourreau de Callahan sera atténué, voire remis en cause, dans le second opus : Magnum Force.
 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Denis Villeneuve
Premier Contact (Arrival - Denis Villeneuve, 2016)

Un enfant naît, grandit, tombe malade… et meurt ?

Toujours est-il qu’en quelques plans, Denis Villeneuve a résumé une vie avec une délicatesse et une beauté d’images.
Cette introduction un tantinet pessimiste est aussi intimiste. Celle qui parle, c’est Louise Banks (Amy Adams). Elle est une linguiste experte dispensant des cours à l’université.

Mais c’est une femme seule : son enfant est mort et elle vit isolée dans une grande maison.
Seule, elle l’est aussi dans la vie en générale : alors que le monde entier a les yeux braqués sur une information capitale – douze vaisseaux extra-terrestres ont apparu dans différents points du monde – elle, ne s’en rend pas compte et continue sa routine.

Même quand l’état d’alerte a été promulgué, elle reste la seule à l’ignorer et à poursuivre inlassable ment sa même vie. Jusqu’à l’arrivée du colonel Weber (Forest Whitaker qui, même dans un rôle de militaire, reste sympathique) qui la choisit comme interprète pour les pourparlers avec les « créatures venues d’un autre monde ».

Pour l’aider dans cette tâche lourde de conséquences, un autre expert, physicien : Ian Donnelly (Jeremy Renner*).

 

Cela faisait 47 ans qu’on n’avait pas eu ce genre de film science fiction. En effet, depuis que Stanley Kubrick a réalisé 2001, l’Odyssée de l’espace, rarement (voire jamais) des extra-terrestres n’ont été aussi peu humanoïdes, tout en étant pacifiques. Ici, ce sont des heptapodes : du grec hepta – sept – et pode – le pied.

Il y a – à mon humble avis – une autre parenté évidente : Rencontres du troisième Type. En effet, le maître mot (terme on ne peut plus judicieux) du film est le langage. Alors que dans le film de Spielberg, la communication se fait plutôt facilement, ici, c’est tout l’apprentissage d’une langue qui est mis en évidence, et surtout la difficulté et la longueur de temps nécessaires à sa maîtrise.

Le tout filmé magnifiquement.

 

Ce film est absolument fabuleux dans tous les domaines. Il y a une maîtrise globale des différentes composantes d’un film. Villeneuve nous propose une histoire plausible dans un environnement vraisemblable avec une utilisation extrêmement intelligente des procédés numériques visuels : jamais on ne se demande comment ils ont pu faire ça. Il y a une unité dans ce film qui tient du chef-d’œuvre. [Je suis peut-être excessif, mais pour ma part, j’ai l’impression d’user d’un euphémisme.

Rarement une telle maîtrise totale d’un film nous est offerte, surtout dans un domaine aussi particulier que l’est la science-fiction.

Non seulement nous avons droit à l’arrivée (titre original) des E.T. et des relations possibles tenues en face d’eux – allant de la fraternisation à la menace – mais en plus, cela est fait avec un rythme normal, sans précipitation ni lenteur. Villeneuve prend le temps de la communication naturelle d’une langue où l’évolution – qu’elle s’adresse à quelqu’un de très intelligent ou de complètement stupide – est obligatoirement progressive. Il n’y a pas cet enthousiasme de Spielberg dans le film susnommé qui fait brûler les étapes et considère que le contact est bon donc tout suit normalement et tout de même rapidement.

Ici, les personnages doutent, et s’ils arrivent à échanger (leur langue et leurs idées), c’est avec toujours une phase de doute (du côté terrien, c’est avant tout celui que nous connaissons le mieux), qu’elle vienne de l’apprenant ou de l’enseignant, reproduisant le schéma invariablement duel d’une langue, dont la base est l’opposition entre signifiant (son/image) et signifié (sens). Pour plus de précision, je vous renvoie à Ferdinand de Saussure.

 

Et puis il y a l’indispensable ingrédient pour un film : la narration. Quoi qu’il se passe dans le film, c’est avant tout du point de vue de Louise que se place la caméra pour nous montrer les progressions. C’est pourquoi nous ne voyons jamais comment ces créatures sont arrivées. Du jour au lendemain elles sont là, et nous les découvrons avec elle. . Et plus tard, même l’apparition des E.T. est toujours nimbée d’une atmosphère opaque, rendant leurs contours difficiles à distinguer.

Et il faut attendre la dix-neuvième minute du film pour enfin avoir une vision claire du vaisseau installé dans le Montana où réside Louise.

Et en plus, le temps – de la narration comme celui qui passe pour Louise – est distordu, interrompu qu’il est par des flashbacks de la vie de Louise jusqu’à l’explication finale que je n’ai pas l’intention de vous raconter ni même très légèrement dévoiler…

 

Avec ce film, Villeneuve nous montre deux grandes choses :

  • on peut entrer en contact avec des extraterrestres sans les attaquer ;
  • On peut aussi faire un film de science-fiction humainement, sans explosion d’effets spéciaux bruyants autant que spectaculaires.

 

Un véritable chef-d’œuvre (je sais, je me répète, mais quand c’est le cas, il ne faut pas hésiter à le répéter), qui, je l’espère deviendra une nouvelle référence dans ce domaine cinématographique.

 

 

PS : La traduction française de premier contact reflète une réalité du film mais a tout de même ses limites, alors que le titre original « Arrival » ouvre de nombreuses perspectives développées par le film. 

 

 

* Tiens, un palindrome…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Cromwell, #Bette Davis
L'Emprise (Of human Bondage - John Cromwell, 1934)

Philip Carey (Leslie Howard) est un jeune artiste peintre anglais installé à Paris. Mais rapidement il déchante : il n’a pas vraiment de talent.

Il laisse donc la peinture à Paris pour étudier la médecine à Londres.

Là, il fait la connaissance de Mildred Rogers (Bette Davis), une jolie serveuse blonde, un tantinet pimbêche mais avec des yeux magnifiques.
Rapidement, il s’éprend d’elle. Mais cet amour est dans un seul sens…

 

Ce film est avant tout la consécration de Bette Davis comme une star incontournable de Hollywood. C’est le premier d’une longue liste où la star offrira à son public toute l’étendue de son talent.

Nous suivons – pendant 82 minutes – la déchéance d’une jeune femme jusqu’à sa mort à l’hôpital des suites d’un fléau qu’on ne veut pas nommer : la drogue. Son aspect se dégrade à chaque nouvelle apparition jusqu’à l’issue fatale.
Et pourtant…

 

Pourtant, Philip l’a aimée et n’a jamais pu la chasser de son esprit. A chaque fois que sa propre situation s’améliore, elle revient, remettant tout en désordre et l’entraînant dans sa chute.

Cette emprise de Mildred sur Philip est la même que celle de la drogue sur Mildred. Il a besoin de la voir, de lui parler, de l’embrasser. Mais Mildred ne peut pas se contenter de Philip, un homme somme toute terne et coincé, et infirme de surcroît. Parce que Philip a un pied bot, qui l’a toujours freiné dans sa vie, et pas seulement pour marcher. C’est une tare qu’il traîne comme un boulet, l’empêchant d’inviter des femmes à danser (et plus si affinités, mais comme on est en Angleterre et dans les années 30, alors ne vous faites pas trop d’illusion), le condamnant à la solitude.
Alors quand Mildred commence à répondre à ses appels, c’est une porte nouvelle qui s’ouvre : il ne pense qu’à elle, ne rêve que d’elle… Au point de négliger le reste, dont, bien sûr, ses études.
Mais c’est quand il pense qu’elle va être à lui qu’elle s’esquive, partant avec un autre, jusqu’à la prochaine fois.

Parce qu’il y a toujours une prochaine fois. Et cette nouvelle aventure va encore plus loin dans la dégradation de leurs relations. Mildred dépérit au même rythme que sa relation  avec Philip, revenant toujours vers celui qu’elle sait follement épris d’elle et qui n’a jamais su lui fermer la porte.
Et l’analogie avec une addiction à la drogue est pertinente. En effet, il n’y a pas de cure possible (en 1934 comme un peu encore aujourd’hui) : la seule issue est la mort. Et c’est quand Mildred mourra que Philip pourra vivre librement. L’issue est inévitablement fatale : ce sera lui ou elle, mais si c’est lui qui disparaît, elle ne survivra tout de même pas, plus personne ne veut d’elle. Il faut donc que ce soit lui qui s’en sorte.


Il y a dans l’apparition de Thorpe Athelny (Reginald Owen) comme une sorte de traitement à l’addiction dont souffre Philip. Avec Athelny, c’est aussi l’arrivée de sa fille Sally (Frances Dee), une autre jeune femme qui semble le sortir de cette relation terrible. Mais inlassablement Mildred revient, chamboulant ce fragile équilibre qu’il avait tenté de construire. Le retour de Mildred s’accompagne toujours d’une déchéance : sociale pour Philip, physique pour Mildred, et ce jusqu’à la fin (tragique).

 

Le dernier plan de Bette Davis est encore plus terrible parce que révélant une tragédie sans artifice : Mildred n’est plus qu’une loque, assise (vautrée serait peut-être plus judicieux) près de son lit défait, dans une chambre miteuse de Londres, le corps fatigué et les yeux dans le vague. C’est une femme usée prématurément (Mildred, comme Bette Davis au moment du tournage, a 25 ans). Elle ne va pas survivre longtemps, rincée par sa vie dissolue et très certainement la drogue (ce n’est jamais dit, je le répète), alors que dans le même temps Philip a réussi à s’en sortir.

 

Un rôle difficile pour Bette Davis qui lui ouvre toute grande les portes de la gloire. A partir de ce film, elle va camper des femmes fortes et indépendantes : Joyce Heath (L'Intruse, 1935), Julie Marsden (L'Insoumise, 1938), Elizabeth I (La Vie privée d'Elizabeth d'Angleterre, 1939) pour ne citer que ceux-ci.

Elle sera une femme très belle, mais toujours avec beaucoup de caractère voire de cruauté, et un tantinet calculatrice.

A chaque fois des rôles inoubliables pour une immense actrice inoubliable, même pour ceux qui ne l’appréci(ai)ent pas beaucoup.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Christopher McQuarrie, #Mission impossible
Mission: Impossible - Rogue Nation (Christopher McQuarrie, 2015)

Et c’est (encore) reparti.
On retrouve Ethan, dirigeant sa fine équipe : Brandt (Jeremy Renner), Benji (Simon Pegg) et un revenant (la belle Paula Hutton n’est pas revenue) en la personne de Luther Stickell (Ving Rhames), le prodige de l’informatique.

A ces quatre hommes s’ajoutent une femme – il y en a toujours une – qui est, bien entendu très jolie et qui s’appelle Ilsa Faust (Rebecca Ferguson).
Si l’on en croit le prochain opus – prévu pour juillet 2018 – la nouvelle configuration qui nous est proposée dans cet épisode est appelée à perdurer, à tous les niveaux : le nouveau patron est le directeur de la CIA : Alan Hunley (Alec Baldwin). Ce dernier semblait un tantinet agacé que des opérations d’envergure se déroulaient dans son dos.

 

On repart donc pour un peu plus de deux heures de suspense (plus ou moins) haletant avec en fond sonore la musique indispensable de Lalo Schifrin, un peu perdu dans celle de Joe Kraemer.

On retrouve aussi les ingrédients habituels : poursuite infernale, saut dans le vide avec réception au millimètre…

Presque. Cette fois-ci, c’est un plongeon dans un courant d’eau avec réception brusque et impression de claustrophobie (3 minutes sous l’eau sans respirer). Quant à la poursuite, elle est aussi spectaculaire que les autres puisqu’on reprend presque tout ce qui fut utilisé auparavant  moins l’hélicoptère (qui n’a pas été invité ?) : une voiture 4X4 poursuit un groupe de motos qui poursuit une berline elle-même à la poursuite d’une autre moto…

Le tout dans les rues de Casablanca, qui sont aussi larges que celles de Dubaï dans l’épisode précédent.


Encore une fois, Hunt et ses hommes doivent travailler en free-lance puisque Hunley n’est pas vraiment convaincu de leur efficacité – au début tout du moins.

Et cette fois-ci, ce n’est pas un dingue qu’on doit mettre hors circuit mais un groupe d’ex-agents secrets recrutés par un autre ex-agent – Solomon Lane (Sean Harris) – qui a créé une espèce de nation rebelle* répondant au nom sans équivoque de Syndicate (sans e en français).

 

L’apparition de ce regroupement d’agents rappelle bien sûr le Spectre dans la série James Bond. Mais là où Bond travaille seul, Hunt a une équipe, et pas autant de flegme que le Britannique.
Nous avons donc d’un côté le MI6 avec son super espion flegmatique et charmeur qui travaille en solo et de l’autre un Américain efficace et sérieux.

Et entre les deux ? Il allie le flegme de Bond et l’efficacité de Hunt avec une pointe d’humour – parfois tout de même à ses dépens. Vous comprendrez aisément pourquoi il est mon préféré.

Et en plus, il n’est pas scientologue, alors…

 

Malgré tout, ce cinquième volet de la saga est un tantinet construit comme le précédent, et on peut ressentir une certaine lassitude, même devant les scènes les plus spectaculaires.

Le sixième apportera-t-il une autre dimension ?

Rendez-vous fin juillet.

 

Si je ne suis pas là, allez-y sans moi…

 

 

* D'où le titre

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Brad Bird, #Mission impossible
Mission: Impossible - Ghost Protocol (Brad Bird, 2011)

Et de 4 !

 

Ethan Hunt nous revient, prêt à tout pour sauver le monde, et encore une fois, c’est Tom Cruise qui l’interprète.

On reste sur la même teinte humaine amorcée dans MI-2, avec l’humour (plutôt British) qui s’installait dans MI-3.

Et cet humour est renforcé par celui qui n’avait qu’un petit rôle la dernière fois : Benji (Simon Pegg).
Benji est l’Anglais de service, flegmatique comme seul le peut être un Anglais, mêlant sérieux et humour pince-sans-rire comme on l’aime (enfin comme JE l’aime).

C’est ce nouveau ton qui amène un petit plus à cette saga, empêchant la série de se prendre un peu trop au sérieux.

 

Et encore une fois on retrouve les trois éléments (comme dans les trois premiers) qui font d’une certaine façon le film :

  • La musique de Lalo Schifrin : un peu mise en sourdine, mais tout de même reconnaissable ;
  • Une descente accroché à un câble avec point d’arrêt à quelques centimètres de l’impact possible : cette foisci, c’est Brandt (Jeremy Renner), un petit nouveau qui se retrouve sorti – malgré lui – de son bureau où il se morfondait un tantinet ;
  • La poursuite (infernale) : pas d’hélicoptère ni de train : juste quelques voitures qui servent plus de décor à cette poursuite qui se déroule (en deux temps) à pied, Ethan coursant le méchant savant (fou, évidemment) atomiste Kurt Hendricks (Michael Nyqvist, qui nous a quittés en juin dernier).

Si les deux premiers éléments sont plutôt anecdotiques, les deux temps de la poursuite, eux, ne le sont pas.
En effet, la course se fait tout d’abord dans les rues de Dubaï, avec échoppes de marchands les encombrant, avec un petit plus : une tempête de sable. Bref, un moment haletant, et pas seulement pour le spectateur.
La deuxième partie a lieu dans Bombay et plus précisément dans un parking automatique pour voiture de luxe, où a lieu l’explication finale entre Ethan et Hendricks.

 

Pour le reste, c’est un épisode qui reprend les mêmes ingrédients : cette fois, un savant fou qui veut déclencher une guerre atomique afin de sélectionner les plus forts ; nous avons droit à une scène à couper le souffle pendant laquelle Ethan escalade un gratte-ciel (jamais ce vocable ne fut aussi juste) ; le tout en free-lance (comme dans MI-1), le gouvernement américain ayant déclaré lâcher l’IMF, d’où le titre de l’épisode : « protocole fantôme ».

 

Avec en prime, deux apparitions de vieilles connaissances : je vous laisse les découvrir.

 

Enfin, la différence avec les épisodes précédents, c’est le changement de statut d’Ethan : il devient le véritable chef d’équipe qu’était Jim Phelps, qui ne travaillait qu’avec des gens qu’il connaissait bien. Et son expérience* joue pour lui.Ce n’est donc pas un hasard si le film suivant rassemble les trois hommes susnommés…

 

 

* Voilà tout de même 15 ans que le premier opus est sorti

 

 

PS : un petit détail. Encore une fois, c’est un personnage français qui joue le rôle de tueur, et en l’occurrence d'une tueuse : Sabine Moreau (Léa Seydoux). Et comme elle est française et très combative, elle se bat contre l'agent Carter (la belle et envoutante Paula Patton) avec toute sorte d’arme à sa portée, dont une, très caractéristique de sa nationalité (voir photo).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #J.J. Abrams, #Mission impossible
Mission: Impossible III (J.J. Abrams, 2006)

Jamais deux sans trois.

« Ethan Hunt, le retour : la mort dans la tête ».

On retrouve donc Ethan (Tom Cruise, encore une fois), embarqué dans des péripéties tellement incroyables qu’elles en sont impossibles. Et pour la troisième fois, il emmène son complice Luther (Ving Rhames), dans une mission pour sauver le monde, cela va sans dire, et aussi pour sauver son mariage.

Parce que Ethan s’est marié. Comme un autre agent secret célèbre*, Ethan convole. Sauf que son voyage de noces ressemble plus à un cauchemar, et qu’en plus, ce n’est pas un voyage de noces.
Et une fois le film terminé, on en arrive à la même conclusion que James Bond : il vaut mieux rester célibataire quand on fait un tel métier…


Cette fois-ci, c’est J.J. Abrams qui dirige la destinée d’Ethan Hunt qui s’humanise encore un peu plus, puisqu’il semble avoir quitté la belle Nyah Hall (Thandie Newton) pour Julia Meade (Michelle Monaghan) et qu’en plus il a hérité d’une nouvelle famille, dont un beau-frère qui ne tient pas l’alcool…
Et cet engagement va jusqu’au mariage, un peu avant la grande mission : celle qui ouvre le film.

Oui, le film s’ouvre par une mission – très mal engagée – où Ethan est interrogé rudement par un drôle de méchant – Owen Davian (Philip Seymour Hoffman) – avant de nous montrer comment on en est arrivé à cette situation catastrophique (pour Ethan).
Et si le film se hisse – à mon avis – à un degré plus haut que les autres opus, c’est avant tout grâce à la présence de ce personnage.
Je ne vais pas rappeler ce que disait Hitchcock à propos des méchants dans les films, mais il faut avouer qu’ici nous avons affaire à un véritable salopard, froid et déterminé comme on en voit de temps en temps dans les films de ce genre. Davian est un méchant de la trempe du Joker de Christopher Nolan dans Batman: the dark Knight.

Et Seymour Hoffman est magnifique dans un rôle extrêmement antipathique. C’était vraiment un très grand acteur, capable de se faire aimer (Good Morning, England) autant que haïr ici.

 

Et comme si cet affreux ne suffisait pas, on a ajouté un écueil supplémentaire : l’Administration, cet hydre tentaculaire qui paralyse les hommes (enfin pas tout le temps, quand même !) en la personne du chef du service IMF – Impossible Mission Force – en la personne de Laurence « Morpheus » Fishburn.

 

De plus, le thème du grand Lalo Schifrin est plus marqué que dans l’épisode précédent, et on y retrouve quelques constantes qui perdurent tout au long des films :

  • Ethan descend d’une grande hauteur, suspendu horizontalement à un câble, avec arrêt à quelques centimètres du sol ;
  • Une poursuite (infernale, évidemment) : après un hélicoptère poursuivant un TGV, une moto donnant la chasse à une autre, voici une poursuite d’hélicoptères dans un champ d’éoliennes, avec pour spectateurs des moutons.

Décidément, on n’arrête pas le progrès. Ou la surenchère**.

 

Toujours est-il que Abrams nous propose une version un petit peu plus éloignée de la série mais définitivement plus humaine : Ethan, qui nous avait montré qu’il avait des émotions et pouvait se trouver confronté à un dilemme, est à nouveau tiraillé entre sa vie professionnelle (son devoir) et sa vie privée (son mariage), la deuxième prenant le pas sur la première, amenant une série d’échecs plus ou moins cuisants mais toujours – pour notre grand plaisir – très spectaculaires, sans avoir besoin d’(ab)user de ralentis…
Le tout avec une pointe d’humour qui – à mon avis – faisait défaut à ce genre de films : une petite touche d’humour (so) british qu’on avait entrevu à Sidney (
MI 2) et qui se développe ici.


On aurait (peut-être) aimé qu’on en restât là avec cette franchise.

Mais non. On attend, à ce jour, le sixième…

 

 

* Au service secret de Sa Majesté (Peter Hunt, 1969)

** Et la prochaine fois, qui poursuivra qui ou quoi ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Woo, #Mission impossible
Mission: Impossible 2 (John Woo, 2000)

Et c’est reparti.

La mèche s’allume toujours, mais la musique de Lalo Schifrin (l’un des charmes de la série originelle) a tendance à se perdre dans un flot de guitare pendant que les lettres du titre s’égrènent une à une.
Ethan Hunt (Tom Cruise) est monté en grade, c’est lui qui dirige l’unité IMF  à la place du regretté (?) Mr Phelps.
La mission (qu’il choisit d’accepter) lui est délivrée dans des circonstances improbables (je n’ai pas dit impossible, sinon, pas de film !), et la machine se remet en marche.

 

C’est John Woo qui se charge d’adapter cette nouvelle mission, qui si elle est considérée comme impossible n’en reste pas moins plausible (?).
Mais si John Woo remplit sa mission quant aux scènes d’actions spectaculaires (avec un ralenti pour les éléments qui le sont le plus), il ajoute à l’intrigue la dimension humaine qui manquait au film de Brian de Palma.

 

Par contre, ça flingue à tout va.

C’est un  festival de mitraillage où Ethan est lui aussi partie prenante, brisant en quelque sorte un tabou : il tue des gens. Certes, ces derniers avaient l’intention de l’envoyer dans un monde meilleur, mais tout de même. On n’était plutôt habitué à des missions où le nombre de morts était assez limité, où les gens de l’IMF essayaient de remplir leur mission sans faire de victimes. Autre temps…

 

Et puis il y a la poursuite – inévitable, dans le premier, c’était un hélicoptère qui poursuivait un TGV – mais renouvelée cette fois où le véritable enjeu, une fois les voitures envoyées dans le décor, se focalise entre Ethan et son pendant maléfique, Sean Ambrose (Dougray Scott), chacun au guidon d’une moto, avec force dérapages et acrobaties, pour se terminer e bord de plage dans un combat de titans. Bref, là encore, du grand spectacle.

 

Et puis, je l’ai écrit plus haut, John Woo introduit une dimension humaine dans l’intrigue, se démarquant doucement du schéma traditionnel institué par la série.
En effet, le film de Brian de Palma n’était, tout compte fait, qu’un épisode supplémentaire de la série où le schéma nouvelle mission–mise en place–résolution s’enchaînait plus ou moins tranquillement, mais avec une dimension grandiose due au support (l’écran de cinéma).
Ici, Woo donne à Ethan des sentiments. Passée la phase découverte, il ressent quelque chose pour celle qu’on lui a assignée pour cette mission : Nyah Hall (la très belle Thandie Newton). Et à ce qui n’était qu’une mission de routine (sauver le monde) s’ajoute une dimension personnelle voire sentimentale, amenant une situation où Ethan doit faire des choix, à laquelle il n’était pas habituée.


Et ça fonctionne très bien, même si l’issue est très prévisible, avec toutefois un bémol : le recours continuel (voire systématique) au ralenti – pour les explosions et autres prouesses spectaculaires – a un peu tendance à devenir lassant.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Brian de Palma, #Mission impossible
Mission: Impossible (Brian de Palma, 1996)

Une mèche s’allume.

La musique de Lalo Schifrin démarre.

Mr Phelps (Jon Voight).

Nous y sommes : Mission impossible.

 

Après un retour sur les petits écrans entre 1988 et 1990, la mythique série de 1966 créée par Bruce Geller arrive (enfin ?) sur les écrans. Alors préparez-vous à des sensations fortes, parce que ça va décoiffer (surtout à la fin).

 

On commence par une opération qui se termine, avant d’en engager une autre, commandée à Mr Phelps, sur une cassette vidéo (on ne fait plus les bandes magnétiques), qui, bien entendu, va s’autodétruire dans les cinq secondes qui suivront la retransmission.

Nous sommes donc en terrain connu, et nous attendons la mise en place d’un stratagème autant ambitieux qu’impossible (sinon, pourquoi un tel titre ?). Et nous l’avons. Jim met en place son équipe, et en route pour Prague : avec, entre autres, sa femme Claire (Emmanuelle Béart), Sarah (Kristin Scott Thomas) et l’inévitable transformiste Ethan Hunt (Tom Cruise).
 

C’est Brian De Palma qui est à la direction, alors il va y avoir du sang. Il y en a, mais pas autant que d’habitude. Quant au sexe, qu’on retrouve souvent dans son cinéma, il n’en est pas question ici, la série originelle n’étant pas spécialement axée sur ce thème.

Mais pour le reste, on en a pour son argent. Des opérations d’envergure (pénétrer dans le siège de la CIA à Langley, échange de disquette sur l’Eurostar…), c’est un festival d’images fortes pour des sensations similaires, grâce à l’arrivée du numérique au cinéma, permettant de nouvelles possibilités techniques en termes d’effets spéciaux.

Mais si la technique est de pointe, il est amusant de constater l’obsolescence du matériel utilisé dans les opérations menées par cette équipe (de rêve ?) : des disquettes !

Pour le reste, ça marche. Sauf que…

 

Sauf que dès la première demi-heure, de Palma casse son jouet : l’opération à Prague est un fiasco, tout le monde meurt (même Mr Phelps !) ou presque. Reste Ethan, bien seul face à une administration qui se rend bien compte que sa survie est louche, surtout qu’il existait une taupe dans l’organisation.

Nous sommes donc sauvés, l’aventure va continuer : Ethan reprend le flambeau. Mais sans Jim Phelps, c’est tout le charme de la série qui s’efface. Déjà que ce n’était pas Peter Graves…


Pour le reste, de Palma reste dans le cahier des charges, proposant tout de même une lutte spectaculaire sur le TGV dans le Tunnel sous la manche – le « Chunnel » l’appelle Max (Vanessa Redgrave et ses magnifiques yeux bleus) – avec en plus du train un hélicoptère piloté par une espèce de psychopathe renvoyé de la CIA – on comprend rapidement pourquoi – du nom de Krieger (Jean Réno, qui avait les faveurs du public américain depuis Léon), le out à la vitesse intrinsèque du train (voilà aussi la raison pour laquelle « ça décoiffe ! »).

 

Impressionnant. Mais il manque tout de même un petit quelque chose pour faire de ce film autre chose qu’un épisode supplémentaire de la série sur grand écran. Peut-être une dimension plus humaine des personnages qui ne sont ici que des spécialistes remplissant des tâches bien précises pour un résultat qui, s’il éradique un mal, ne procure qu’un contentement relatif, les protagonistes retournant, semble-t-il à leur anonymat.


A moins qu’il y ait une suite…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Justin Kurzel
Assassin's Creed (Justin Kurzel, 2016)

Les Assassins étaient une secte d’obédience islamique rassemblant des gens très efficaces et très meurtriers, qui auraient tiré leur bravoure du haschich, d’où leur nom original : hashashin.
Ca ; c’est ce qu’on peut trouver sur internet.

Dans ce film, il s’agit toujours d’une secte qui protègerait un secret fondamental : la pomme originelle, celle de l’Arbre de la Connaissance du jardin d’Eden, qu’Adam et Eve auraient croquée, leur amenant une prise de conscience d’où seraient nés tous les maux de la terre.

Et donc, le libre arbitre : celui qui nous permet de faire une action, qu’elle soit juste ou non, bonne ou mauvaise.

Une équipe de scientifiques, menés par Sophia Rikkin (Marion Cotillard) et son père Alan (Jeremy Irons), travaillant en sous-main pour une autre secte (?) aussi déterminée, mais elle à retrouver cette pomme : les Templiers.

Ils pensent que cette pomme leur permettrait d’éradiquer définitivement le mal, en privant donc l’homme de ce qui fait sa force (ou sa faiblesse) : sa faculté de pouvoir choisir.

Bref, un vieux rêve des religieux de tous poils : contrôler le monde, rien que ça.

 

Bof.

Ca commence par un rapace (aigle ? faucon ? Buse ? Oui, peut-être buse…) qui vole majestueusement. C’est d’ailleurs le facteur commun de toutes les scènes du film. Mais dès ce début, nous voyons que ce rapace est virtuel (au moins dans sa conception) et cela génère un sentiment de gêne qui ira toujours en s’amplifiant : ce que nous voyons, toutes ces magnifiques images (parce qu’elles sont vraiment très belles), sont fausses. Rien ou presque n’existe. Nous sommes comme Cal Lynch (Michael Fassbender), à l’intérieur d’un processus de réalité virtuelle, les jouets de personnes mal intentionnées.

 

Assassin’s Creed, c’est d’abord un jeu vidéo* magnifique qui nous emmène dans le passé et dans des lieux historiquement symboliques (ex : le premier opus se déroule à Jérusalem en 1191 pendant la troisième Croisade), qui existe depuis maintenant plus de 10 ans (2007).

Il est toujours délicat d’adapter un jeu vidéo, et beaucoup se sont cassés les dents à essayer.

Malheureusement, il en va de même pour cette tentative.

Certes, on est cloué sur son siège par l’abondance d’actions réglées par effets spéciaux époustouflant. Mais comme je l’écrivais plus haut, le secret est rapidement éventé : tout est factice.

Sans parler de l’intrigue : un objet mythique que se disputent des sociétés selon un schéma duel manichéen. D’un côté les bons – les Templiers – qui veulent éradiquer le Mal de la surface de la terre, de l’autre les méchants Assassins qui les en empêchent. A moins que ce ne soit le contraire : les bons Assassins qui veulent empêcher les méchants Templiers d’imposer un monde ou chacun n’aura plus la possibilité de choisir… Finalement, on en revient au même dilemme que dans Orange mécanique, quand l’aumônier intervient pendant la démonstration finale de la méthode Ludovico.

Mais si le film de Kubrick (et surtout le livre de Burgess) amène un débat, ici, il n’en est pas question : on n’a pas le temps, il faut que ça bouge.

 

Alors on regarde, et on finit par s’ennuyer, car si dans le jeu*, on vit les aventures de l’assassin avec beaucoup de plaisir (je n’y ai pas joué mais je connais des gens qui l’ont testé), ici, on n’est que spectateur, donc finalement peu partie prenante de l’aventure.


Et on termine en suspens, vers une ouverture où une suite devient nécessaire…

 

* Nous retrouvons ici un jeu de plateformes mâtiné de combats où la dextérité et la souplesse sont de mise, mais où Cal (IRL) ne marche tout de même pas autant sur les murs comme son avatar in game.

 

Désolé, mon cher professeur Allen John, ce n’est vraiment pas un film pour vous.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
L'Emigrant (The Immigrant - Charles Chaplin, 1917)

Une jeune femme (Edna Purviance).

Un artiste (Henry Bergman).

Un serveur (Eric Campbell).

Un immigrant barbu et malade (Albert Austin).

Et au milieu de tout ce beau (?) monde : un immigrant à moustache, chapeau melon et canne (Charles Chaplin).

 

Chaplin, pour son avant-dernier film pour la Mutual (son âge d’or d’après son autobiographie), nous propose une réalité toute actuelle dans cette Amérique des années 1910 : l’arrivée des immigrants à New York. Nous ne verrons pas le passage à Ellis Island, le carrefour incontournable, car le format du film (court, un peu plus de 25 minutes) ne permet pas de s’appesantir sur les formalités administratives (par ailleurs peut-être une source de comique limitée), mais nous avons tout de même droit à la Statue de la Liberté, seul vrai symbole pour ces voyageurs fatigués par une grande traversée passée la majeure partie sur le pont. Nous avons d’ailleurs quelques éléments de cette traversée : les repas sur une mer agitée, les différentes occupations des voyageurs (le jeu, le repos et les allers-retours vers le bastingage, sans oublier l’incontournable mal de mer inhérent à ce genre d’équipée. C’est d’ailleurs là-dessus que commence le film, nous montrant les candidats à l’immigration rassemblés pêle-mêle, attendant que le voyage se termine.

 

Mais alors que le film pourrait être un documentaire (bien sûr, Chaplin n’avait pas cette intention), l’apparition d’une figure familière – le Vagabond – remet en cause cette première impression, créant de suite un décalage : nous sommes bien chez Chaplin, et ce que nous allons voir est peut-être un sujet un peu grave, mais nous allons tout de même rire.

Et cent (un) ans après, ça fonctionne toujours.

On reconnaît l’équipe habituelle : les acteurs cités plus haut, plus d’autres habitués (John Rand, Tiny Sandford…), dans des rôles multiples, sauf, comme d’habitude, Edna Purviance* (toujours aussi belle...).

 

Après le voyage, qui fait se séparer les voyageurs, livrés à eux-mêmes dans un pays certes libre, mais tout de même onéreux, nous assistons aux retrouvailles** de la jeune femme et du vagabond, dans un restaurant où sert l’incontournable (de fait) Eric Campbell.
Eric Campbell était lui aussi un habitué des films de Chaplin. Et même s’il participa à onze d’entre eux, c’est ce serveur qui nous vient à l’idée quand nous évoquons cet acteur. Il s’agit ici de son avant-dernier film avec le Maître : il mourra le 20 décembre de cette même année 1917, dans un accident de voiture qu’il provoqua, alors qu’il revenait d’une soirée beaucoup trop arrosée.

Quel gâchis.

Il faut tout de même dire que son personnage de serveur sévère est magnifique : une carrure d’athlète (du genre haltérophile plus que coureur à pied), des sourcils fournis et en pointe, et une paire de mâchoires propices à détecter les fausses pièces de monnaie. Et en prime, une poigne de fer qui sait autant saisir que frapper, comme en fait l’expérience un client à qui il manquait 10 cents (John Rand).


Et puis il y a le déclencheur, celui qui permet aux deux amoureux d’espérer un avenir meilleur : l’artiste peintre qui va les engager (Henry Bergman).

Nos héros sont donc sauvés. Mais pour combien de temps ?

Cela nous amène à une fin mi-figue, mi-raisin, cela dépend de votre humeur ou de votre appréciation de la situation.

Une fin heureuse ? Si vous me lisez depuis longtemps, vous connaissez ma réponse. Et même si une averse*** éclate et se déchaîne, je n’y crois pas.

 

 

* Quand le vagabond l'embrasse, est-ce sur la bouche ?

 

** Une rencontre pleine d’émotion où un simple mouchoir à liseré remplace un intertitre : du cinéma muet, du vrai !

 

*** (attention Spoiler) Mariage pluvieux...

Eric Campbell

Eric Campbell

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