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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

x-men

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Simon Kingberg
X-Men : Dark Phoenix (Simon Kinberg, 2019)

Vingt ans après Famke Janssen, c’est au tour de Sophie « Sansa » Turner d’interpréter le rôle terrible de Jean Grey, surnommée « Dark Phoenix », surtout après les terribles événements du X-Men III (2006), dont d’ailleurs on retrouve certains échos, ce qui me semble tout à fait normal.

On y retrouve aussi un mélange des personnages de la trilogie précédente (avec Xavier (James McAvoy) et Erik « Magneto » Lehnsherr (Michael Fassbender), mais aussi quelques vieilles connaissances de la trilogie « originale » entamée par Bryan Singer.

 

Mais c’est peut-être ce mélange qui mine ce film, confirmé par un succès des plus mitigés lors de son exploitation en salle (1).

En effet, on ne sait pas comment se positionner par rapport à ce  film et surtout par rapport à la place qu’il doit prendre dans la saga qui va fêter ses 20 ans.

En effet, si on retrouve certains personnages et ce malgré les décalages déjà visibles dans l’épisode précédent – X-Men : Apocalypse (2016) – un élément de l’intrigue chamboule tout ce que l’on sait : la mort de Raven/Mystique (Jennifer Lawrence).

Mais surtout, on a du mal à retrouver celle qui fut notre Jean Grey pendant les premières années : certes, elle a mal terminé, mais du fait des ses (trop) grands pouvoirs, c’était un mal nécessaire qu’elle-même reconnaissait.

 

Certes, Sophie Turner est une Jean Grey très appréciable et son expérience en tant que Sansa Stark dans Game of Thrones la prédisposait à un nouveau rôle de femme (très) forte, et de ce côté-là, pas de souci.

C’est plus dans l’intrigue que le malaise s’installe qui va d’une certaine façon déséquilibrer le film et l’emmener loin des préoccupations premières des X-Men et d’une certaine façon ce qui était leur raison d’être : la coexistence pacifique avec les non-mutants et la reconnaissance des mutants comme des citoyens à part entière dans la société (américaine, cela va de soi).

 

Et Simon Kinberg, qui réalise ici cet épisode, occulte cet aspect relationnel humain/mutant au profit du spectacle, tout comme l’avait fait en son temps Brett Ratner en tournant X-Men III, sur un scénario du même Simon Kinberg (tiens, tiens…).

Alors oui, des éléments se répondent entre ces deux films, mais là encore le visuel l’emporte sur le fond, la menace devenant ici des créatures venues d’ailleurs, menées par la belle et dangereuse Vuk (Jessica Chastain), en quête du pouvoir incommensurable de Jean Grey/Phoenix.

 

En effet, si la différence humains/mutants reparaît à un moment, ce  n’est pas vraiment cela qui intéresse Kinberg. Et on pourrait le comprendre au vu des très belles images qui nous sont proposées : l’affrontement final (il y en a toujours un, qu’on le veuille ou non) est époustouflant, le montage très (trop ?) dynamique accentuant la vitesse déjà présente du fait du train qui sert de décor à cette péripétie.

Bref, on en a plein les yeux, mais il manque tout de même cette dimension humaine qui était l’une des bases de films de Bryan Singer.

 

Alors, que X-Men : Apocalypse ait redistribué les cartes du fait du « paradoxe temporel » (2) passe encore, mais qu’on passe à la trappe la notion de différence plus ou moins assumée par les différents personnages a une petite tendance à me gêner.

Même notre ami Magneto a perdu de ses convictions un tantinet extrêmes – convictions qu’on retrouve grandissantes chez Raven/Mystique avant sa disparition, d’ailleurs – et perd par là-même un peu de sa consistance. Il est toujours aussi puissant, mais il lui manque ce qui faisait son identité propre : son engagement (physique et moral) un tantinet extrémiste comparé aux valeurs plus tolérantes de Charles.

 

Je terminerai en parlant de deux éléments qui font écho au fameux X-Men III et qui me semblent – au moins pour le premier – très pertinents quand on les ramène au niveau général de la saga :

 

[NB : si vous ne voulez pas connaître la fin du film, arrêtez tout de suite et revenez demain ; Les autres, suivez-moi !]

 

  • Alors que Jean et Vuk s’affrontent dans un combat qui verra avec la vainqueure la fin de notre monde (si c’est Vuk) ou la continuation (si c’est l’autre, donc), c’est l’amour qui va sauver le monde (3) : Jean va s’éloigner avec son adversaire afin de protéger (et sauver) ses amis, ou plus justement sa « famille ». C’était déjà ce qu’il s’était passé lors de XMen III : Wolverine fut le seul capable de résister à Dark Phoenix et donc la tuer. Et déjà là, c’était une histoire d’amour : la tuer, c’était avant tout la libérer d’une force qui la dépassait et la faisait souffrir, ne pouvant plus aimer les deux hommes de sa vie (Logan et Scott).
  • La fin (finale, après il n’y a plus rien) voit Charles et Erik commencer une partie d’échecs, à la terrasse d’un café parisien (4), tout comme Erik/Magneto s’était retrouvé seul devant un échiquier à la fin du film de 2006.

 

  1. 50 petits millions de bénéfices sur les 220 attendus…
  2. De plus, cela permet un « reboot » sans avoir à justifier quelque incohérence apparente de l’intrigue au vu de la saga dans son entier : « oui, Mystique ne mourait pas en 1992 (année de l’intrigue de ce film), mais comme Apocalypse a modifié le continuum espace-temps, tout devient  possible. » Même que Charles (Patrick Stewart) et Erik (Ian McKellen) n’aillent plus chercher Jean Grey, pendant qu’un des voisins arrose son jardin (Stan Lee dans X-Men III).
  3. Je sais, c’est un cliché on ne peut plus rebattu…
  4. Clin d’œil un tantinet mielleux pour les francophones et autres francophiles : le café est celui des « vieux amis », à l’angle de la Rue de la Paix. On ne peut pas faire plus clair, non ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Brett Ratner
X-Men : L'Affrontement final (X-Men: The last Stand - Brett Ratner, 2006)

Et de trois ! (1)

Nous en étions restés à la fuite du barrage, les flots entraînant Jean Grey (Famke Janssen), laissant ces compagnons X-Men désemparés.

Mais comme le suggérait le plan final du second opus, elle n’est pas morte.

Par contre, si elle n’est pas morte, elle n’en devient pas moins redoutable, devenue la mutante la plus puissante, reléguant notre ami Eric « Magneto » Lehnsherr (Sir Ian McKellen) à un statut de curiosité de foire.

Et comme ce dernier l’annonçait et le souhaitait dans les deux premiers épisodes, la guerre entre les mutants et les hommes va avoir lieu.

 

C’est un véritable festival d’effets spéciaux numériques et pyrotechniques qui nous est offert pour ce dernier opus (2). On y retrouve les mêmes protagonistes, avec bien sûr une nouvelle brochette de mutants étonnants et plus ou moins dangereux.

Mais il y en a un qui manque à l’appel : Bryan Singer a été remplacé par Brett Ratner pour conclure cette épopée. On n’y trouve donc pas les transitions subtiles que Singer a coutume d’utiliser pendant ses films, amenant une agréable fluidité dans la narration.

De même, la dimension humaine et humaniste a complètement disparu, l’intrigue se resserrant sur l’affrontement promis par le titre.

 

En effet, alors que la base de cet affrontement est un traitement contre les gènes facteurs de la mutation, le scénario de Zak Penn et Simon Kinberg ne s’étendent pas beaucoup sur ces deux concepts de base : d’un côté le traitement qui considère intrinsèquement que la mutation est une maladie ; de l’autre cette négation d’humanité que confère cette même mutation pour ceux qui n’en sont pas porteurs.

Bref, on remet les discussions philosophiques aux calendes grecques et on s’embarque pour un affrontement final qui devrait voire le triomphe de l’un ou l’autre des camps, reprenant alors le concept manichéen initial et un tantinet réducteur.

 

Question action, on est donc servi, mais est-ce vraiment la seule chose qui importe ? Pour ma part, je trouve bien dommage qu’on n’ait pas développé tout ce pan de réflexion que pouvait amener l’intrigue, la réduisant à cet affrontement spectaculaire certes mais peut-être pas si indispensable que ça.

Mais comme dans le même temps nous perdons quelques personnages-phares de la série, cet affrontement qui aurait pu être évité ne l’est pas : le grand diplomate Charles Xavier (Sir Patrick Stewart) ne pourra donc pas empêcher la guerre de Magneto.

 

Je n’irai pas jusqu’à dire que ce troisième opus n’était pas nécessaire, mais je le trouve franchement un ou deux crans en dessous des deux précédents. La durée est aussi un des facteurs expliquant ce resserrage de l’intrigue autour de l’affrontement : on perd 30 minutes entre les deux épisodes, peut-être celles qui auraient pu développer les implications théoriques énoncées ci-dessus.

De même le personnage de Magneto perd de sa superbe, passant d’un rôle de meneur qui n’est pas sans rappeler d’aucun dictateur passé célèbre (3), à une sorte de petit vieux pleurnichard devant les dégâts qu’il a pu créer, aveuglé par sa propre haine des autres humains.

 

Alors oui, ce film clôt la série. Enfin, clôt provisoirement cette série puisque nous savons que d’autres épisodes ont été tournés depuis, avec bien sûr notre ami Stan Lee qui, en plus de produire, apparaît dans ce film comme dans les autres. Ici, il est en train d’arroser son jardin…

 

  1. Vous avez remarqué que toutes les productions Marvel des différents super-héros vont par trois ?
  2. De cette histoire, d’autres épisodes seront tournés) pour raconter le avant et même le après de cette fresque.
  3. Le passé de Magneto (voir la séquence d’ouverture de X-Men, 2003) ne le destine pas vraiment à ce rôle de chef tout puissant.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Bryan Singer
X-Men 2 (X2 - Bryan Singer, 2003)

X2.

Ca se présente comme une formule de Pacôme Hégésippe Adélard Ladislas comte de Champignac. Et si certains protagonistes ont une force surhumaine (comme avec le X1 du même savant), je vous rappelle que le X2 avait tendance à faire vieillir celui qui l’absorbait.

Et surtout, nous sommes bien loin de l’univers loufoque du grand André (1).

 

Ils sont donc de retour, mais avec quelques nouveaux venus : Pyro (Aaron Stanford) qui maîtrise le feu sans toutefois l’allumer (tout le monde n’est pas chanteur de rock) ; et l’étonnant Kurt Wagner, dit Nightcrawler (Alan Cumming), qui se téléporte à volonté.

Mais nous restons tout de même dans une dynamique manichéenne avec d’un côté les bons mutants – Logan/Wolverine (Hugh Jackman), Charles Xavier (Sir Patrick Stewart), Storm (Halle Berry), sans oublier Jean Grey (Famke Janssen), etc. – et de l’autre les Méchants – Magneto (Sir Ian McKellen) et sa fidèle Mystique (Rebecca Romijn-Stamos).

Mais entre ces deux forces vient se placer un troisième camp, en guerre ouverte contre les deux autres, dirigé par William Stryker (Brian Cox) et qui a l’intention de se débarrasser définitivement de tous ces mutants.

Nous assistons alors à une trêve puis une alliance afin de se débarrasser de cet importun.

 

On retrouve avec plaisir ces personnages hors du commun, trois ans après leur apparition au cinéma, et si Marie/Rogue (Anna Paquin) passe au second plan, Jean Gray va prendre sa place : sur l’écran et dans le cœur de Wolverine, réveillant un petit conflit entre ce dernier et le régulier de Jean, Cyclops (James Marsden).

Mais surtout, la situation va évoluer jusqu’à une sorte de cristallisation, les deux camps bien distincts, en marche route vers un affrontement inévitable.

 

On remarque dans la mise en scène de Bryan Singer une aisance qu’il n’y avait pas dans le premier opus. On sent qu’il cerne bien son sujet et de ce fait travaille beaucoup plus sur cette mise en scène et surtout a mise en image : les plans de transitions sont des plus soignés et surtout pertinents, j’en veux pour preuve la tête de loup qui se transforme en Wolverine, les yeux de l’un se plaçant au même endroit que ceux de l’autre.

On retrouve à nouveau, mais de façon moins appuyée la tentative d’ostracisation des mutants par les « normaux », les premiers étant essentiellement considérés comme des pestiférés, ou pire des dégénérés.

Si le premier film faisait référence au statut des Juifs, ici nous sommes dans une autre thématique : c’est Bobby/Ice Man (Shawn Ashmore) qui va annoncer à ses parents qu’il est un mutant, ce que ces derniers ignoraient, persuadés qu’ils étaient que leur enfant était dans une école pour surdoués ordinaire (2). L’annonce à la famille ressemble plus à un coming out : Sir Ian a d’ailleurs travaillé sur le scénario afin de donner à cette révélation cet aspect (3).

 

Pour le reste, on a droit encore à de superbes effets spéciaux numériques, donnant plus de poids à la narration, servant avec pertinence le scénario.

S’ajoute à nouveau le talent des différents interprètes et on a alors une suite qui ne dépare pas avec le premier opus, comme on aurait pu le craindre.

Et quand le film se termine, cette fois-si tout est prêt pour une conclusion qui s’annonce des plus explosives.

Une mention spéciale pour Famke Janssen qui interprète ce personnage des plus subtile mais certainement la mutante la plus évoluée et donc la plus puissante. D’ailleurs, on pourrait presque donner à cet épisode le sous-titre suivant : Jean Grey face à son Destin.

 

Suite et fin trois ans plus tard…

 

  1. Franquin (1924-1997).
  2. Si ce genre d’école peut être considérée comme « ordinaire ».
  3. Ian McKellen est aussi un homme actif au sein des combats pour les droits des LGBT.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #Bryan Singer
X-Men (Bryan Singer, 2000)

Dans un futur proche, l’humanité a commencé une nouvelle mutation, amenant des personnes à devenir fortement différente : des mutants.

Et comme d’habitude, quand quelque chose est nouveau et surtout différent, les hommes sont méfiants voire agressifs sinon plus.

Alors ces mutants capables de traverser les murs, lire dans les esprits ou encore s’auto-régénérer sont montrés du doigt par les politiques – dont le sénateur Kelly (Bruce Davison) – affirmant qu’il devient urgent de légiférer à propos de ces nouveaux « dégénérés ».

Mais qui sont ces nouveaux mutants, Des amis ? Des ennemis ? Les deux ?

 

Malgré les différentes adaptations antérieures (jeux vidéo, dessins animés…) il s’agit réellement de la première au cinéma, reprenant les personnages de Stan Lee et Jack Kirby dans une histoire originale, nous présentant progressivement ces nouveaux super-héros, dont Logan/Wolverine (Hugh Jackman) est le principal.

Qui sont les X-Men ? Des mutants donc mais qui ont réussi à maîtrisé leur mutation pour la mettre au service du Bien (1) – Ororo Munroe/Storm (Halle Berry ; Scott Summers/Cyclops (James Marsden) ; Dr Jean Grey (Famke Janssen) – sous la direction du professeur Charles Xavier (Sir Patrick « Picard » Stewart).

Et s’il y a le Bien, c’est qu’il y a le Mal : certains de ces mutants n’ont pas tous des intentions honorables, et c’est le cas d’Eric Lehnsherr/Magneto (Sir Ian « Gandalf » McKellen), secondé par la troublante Mystique (Rebecca Romijn-Stamos).

 

On connaissait Brian Synger pour son mémorable Usual Suspects, et maintenant, on ne peut négliger l’impact qu’a eu ce film dans le développement de la franchise Marvel au cinéma. Certes, ce n’est pas encore la lourde machine Avengers & C°, mais là encore, on a de quoi se régaler dans cette histoire qui, à première vue nous raconte une énième rencontre entre le Bien et le Mal, mais avec une teinte particulière qui est exposée dès la séquence d’introduction.

En effet, alors que nous voyons des Juifs dans un camp de concentration allemand être « sélectionnés » par leurs bourreaux (2), nous découvrons en même temps un jeune garçon séparé de ses parents qui, tenaillé par le désespoir et la tristesse fera se plier les grilles de séparations par sa seule force mentale.

L’analogie est alors claire, et quand l’intrigue principale (presque contemporaine) s’ouvre sur une séance du Sénat à propos du statut des mutants, on se dit alors que le cauchemar va pouvoir recommencer.

Mais heureusement les X-Men veillent, et ce nouveau « statut » n’est pas encore au programme, mais pour combien de temps ?

 

Il y a dans ce X-Men un souffle frais qui s’étend sur le cinéma américain, utilisant à bon escient les effets spéciaux numériques pour donner à ces différents personnages hors du commun une touche réaliste bienvenue. De plus, si le manichéisme est très présent, les personnages n’en sont tout de même pas tous blancs ou noirs, et le Wolverine en est l’illustration la plus évidente : Logan n’est pas un être social et sociable, sa longévité (3) l’ayant peut-être contraint à ne pas trop s’attacher aux autres.

Et c’est sa différence par rapports aux « vrais » X-Men qui fait tout le charme de ce personnage.

Sans oublier que Hugh Jackman a profité de ce rôle pour se retrouver sur le devant de la scène, lui qui n’était pas très célèbre avant.

Et j’avoue que Logan est un de mes personnages préféré dans cette nouvelle saga.

 

Nouvelle saga ? Bien sûr, la fin ne laisse aucun doute là-dessus, tout comme l’affrontement qui est inévitable pour Magneto malgré les bons sentiments de Xavier.

Et la suite lui donnera raison. Mais nous n’en sommes pas encore là, et vous le savez bien : ceci est une autre histoire…

 

  1. Oui, le manichéisme est bien là.
  2. D’un côté ceux qui vont (sur)vivre, et de l’autre ceux qui vont mourir : l’ellipse est très habile, nous montrant une immense cheminée dont nous ne voyons pas le sommet. Nul besoin d’insister en montrant une fumée s’en échapper, il s’agit bien d’un four crématoire.
  3. Il est fait référence au fait qu’il pût être plus âgé que Xavier.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #X-Men, #James Mangold
Logan (James Mangold, 2017)

2029.

Il n'y a plus de mutant. Enfin pas de nouveaux venus. Seulement les vieux, qui attendent la mort, quand ils peuvent mourir.

Parce que Logan (Hugh Jacman) - James Howlett - est immortel. Il est le Wolverine. Celui qui sort des lames de ses mains, entre ses doigts.

Mais depuis quelques temps, les lames sortent moins bien. Il a des cheveux gris. Il boite.

Il vieillit.

Il vit à l'écart, avec un homme qui ne sort jamais à découvert : Caliban (Stephen Merchant). Il vit aussi avec un vieux paralytique : Charles Xavier (Patrick Stewart).

On dit même que ce vieil infirme a autrefois dirigé une école très particulière. Pour des enfants eux aussi, très particuliers.

Alors quand Gabriela (Elizabeth Rodriguez) débarque dans leur vie avec sa fille Laura (Dafne Keen), ils réalisent que leur tranquillité est terminée. Cette gamine est recherchée.

Recherchée par des gens qui ne lui veulent pas que du bien.

 

Wolverine est de retour. Mais ce n'est plus le même. C'est lui, sans être lui. On l'a réveillé alors qu'il cuvait : alors il n'est pas très content. Jusque là, rien de bien changé.

Mais c'est son aspect qui nous frappe : il a vieilli. Ses cheveux grisonnent, il boite, et il encaisse de plus en plus difficilement. Il a toujours ses réflexes, certes, mais il arrive en bout de course.

C'est la même chose pour Charles Xavier. Il est nonagénaire, maintenant. Lui aussi arrive en bout de course.

Alors quand Laura débarque dans leur vie plus ou moins tranquille, c'est une révolution. L'ultime épreuve des X-Men, ou plutôt de ce qu'il en reste.

 

James Mangold ne fait pas dans la dentelle : ça cogne, ça flingue et ça découpe à tour de bras. Mais malgré tout, il travaille à l'ancienne : ce n'est pas - comme je le craignais - un déferlement de prises de vue d'un dixième de seconde mises bout à bout. Il prend son temps. On a le temps de voir ce qui se passe. On a le temps de digérer les informations. Un peu trop parfois, tant les images sont crues. Ce n'est pas Wolverine qui impressionne le plus, c'est Laura. Elle a l'agilité et les pouvoir de son aîné, mais c'est une enfant. C'est en cela que le film est terrible.

Malgré tout, Mangold reste dans un registre humain. Ce en sont pas des prouesses toujours plus incroyables les unes que les autres. Il reste dans une forme de réalisme (malgré le côté futuriste de l'intrigue) qui rend les images plus proches de nous et parfois un peu rudes.

C'est aussi ce réalisme qui donne tout son sel à ce film, brisant par là une espèce de tabou : que deviennent les super-héros quand ils vieillissent ?

Une fois la question posée, le reste suit et le film enchaîne scènes d'action et de répit, avec en bout de course, inéluctablement - même pour Wolverine, semble-t-il - la mort. La mort qu'il attend et qu'il désire depuis le premier épisode.

Mais Wolverine est immortel, nous le savons tous.

Alors nous assistons à ce que nous subodorions dès premières passes d'arme de Laura. Et avec un certain plaisir. Wolverine vieillit. Mais il grandit. Il a des responsabilités, lui qui a toujours tout fait pour les fuir. Et il ira jusqu'au bout. Cette fille qui lui tombe du ciel, n'est-ce pas aussi sa rédemption - thème cher au cinéma américain - qui arrive ? N'a-t-il pas vécu toutes ces décennies que pour cet instant-là ?

 

Avec cet ultime épisode (en date), c'est une page qui se tourne. Est-ce la dernière ?

Comme le dit mon ami Farid : « ça m'étonnerait qu'ils lâchent une telle franchise ».

Il a certainement raison.

Hélas ?

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