Il ne s'agit pas ici d'une féminisation du film de Dalton Trumbo . Même si on y pense dès la lecture du titre. Pas de guerre mondiale, pas d'hôpital.
Un western. Un vrai, avec des bons et des méchants et une bonne dose de réalisme chère à Sergio Leone. En effet, les personnages masculins semblent s'être échappés des films du maître italien. Mais...
Mais il y a une femme. Elle s'appelle Jane (Natalie Portman), vit retirée avec son « mari » Bill Hammond (Noah Emmerich), qui rentre après avoir eu une explication avec un vieil ennemi, John Bishop (Ewan McGregor, méchant distingué). Résultat : cinq balles dans le buffet, avec en prime une chasse à l'homme. Alors Jane, seule, va trouver son seul allié potentiel, Dan Frost (Joel Edgerton), qui fut en outre son premier fiancé.
Pendant que Bishop recherche Bill, Jane et Ned préparent le siège qui aura inévitablement lieu.
Pendant longtemps, les rôles de femmes dans les westerns étaient restreints. On trouvait la jeune fille/femme courtisée avec qui le héros s'en allait fonder une famille. Il y avait aussi la femme mûre qui s'occupait des autres, et l'incontournable prostituée (au cœur plus ou moins grand). Et puis Calamity Jane. Mais comme cette dernière portait un flingue, le était plutôt asexuée.
Alors quand on annonce que Jane a reçu un flingue (titre francisé), on pouvait craindre une femme dans le genre hommasse, prompte à la gâchette, et flinguant à vue. Or Jane, c'est Natalie Portman. Difficile donc de faire hommasse...
Jane est une vraie femme : elle s'occupe de son intérieur, fait la lessive, des bocaux... Bref, une vraie femme de l'Ouest qui attend le retour de son mari. Mais.
Mais elle sait se servir d'un revolver (d'où le titre).
En plus du siège qui se prépare, Jane se trouve à la croisée des chemins. D'un côté son mari moribond, de l'autre son ex-fiancé qui est revenu. Alors Jane se souvient. Elle se souvient de Ned, et aussi de Bill, comment ils sont entrés et sortis de sa vie, pour se retrouver dans le cercle rouge : tous les trois dans cette maison isolée. Mais les souvenirs qui remontent touchent aussi Dan, qui lui aussi se souvient : comment il a quitté Jane (« quelle connerie la guerre »), et comment il l'a perdue...
Et le lien entre leurs deux vies séparées : John Bishop, méchant distingué. Bishop est élégant, parle avec distinction. Mais ne vous y fiez pas, c'est une magnifique crapule, réduisant à la prostitution les jeunes femmes faibles qu'il était censé protéger.
Tout est donc prêt pour un règlement de compte formidable. Et on n'est pas déçu.
Et ça se termine bien (enfin, ça dépend du point de vue).
Mais on a un léger regret quant au film : il manque cette pointe d'humour qui pimentait les westerns des grands maîtres (Ford, Walsh & Hawks, pour ne citer qu'eux...).
/image%2F1589176%2F20150507%2Fob_e5ab85_jihesse.png)





/image%2F1589176%2F20240901%2Fob_6db2af_huit-salopards-les.png)


