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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #F. W. Murnau
The last Man (der Letzte Mann - F. W. Murnau, 1925)

Friedrich Wilhelm Murnau's wonderful direction. Karl Freund's living camera. Walter Röhrig's half-expressionist settings. And Emil Janning's performance. Everything which makes this film unforgettable.

This is one of the greatest films of the silent cinema. Pure cinema: only images, no intertitles.  Well, just two: to warn us at the beginning; to explain that the end was so depressing that they had to shoot another one. This is what we call a universal film.

 

It is also a very simple story: a hotel doorman sinks and becomes a bathroom attendant.

 

What makes this film great is the way this story is told.

We follow each level of the old man's downfall. This small and common story becomes a great classical tragedy. This man with his shiny costume is no ordinary doorman: he commands the army of the people receiving the customers in the hotel with his whistle. He is not a doorman, he is the Marshall Hindenburg!

But Time gets a grip on him. He is now a weak old man. He cannot carry suitcases like before. He is "degraded". He cannot wear his uniform anymore: it will rot in a cupboard. Now, he will look after the hotel bathroom, in the basement. Everyone in the hotel is above him: professionally and physically. He now has the lowest job in the hotel. Moreover, he sometimes has to crawl on the floor to clean it.

Now that he works in the basement, we can say that his job has become an inferno.

But one has to save the face: nobody must know what happened to him. Before coming home, he brings his old costume and wears it in front of his daughter and the neighbours.

Unfortunately, his secret is revealed and everyone mocks him. Even his daughter.

He cannot come back home.

So he stays in his bathroom, alone, forgotten. Maybe waiting for death.

This is the first ending. But as I said previously, the producers thought it was a bit too pessimistic (or was it too realistic?). So they shot another one.

 

I cannot believe in this new ending.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Curtiz, #Pirates
Capitaine Blood (Captain Blood - Michael Curtiz, 1935)

Peter Blood (Errol Flynn) est un médecin irlandais qui voue sa vie à soigner son prochain, quel qu'il soit, sans distinction, qu'elle soit politique ou religieuse. Mais quand son prochain est un rebelle de son roi, évidemment, ça pose problème. Et c'est comme ça que le docteur Blood (étrange nom pour un docteur) est arrêté pour avoir porté assistance aux mutins. Et lui aussi est envoyé en Jamaïque pour y être vendu comme esclave à l'affreux colonel Bishop (Lionel Atwill). C'est sa nièce Arabella (la très belle Olivia de Havilland) - séduite par ce beau gaillard - qui l'achète et va lui assurer une vie un peu plus facile en le recommandant comme médecin auprès du gouverneur. Mais bien entendu, son seul espoir - ainsi que celui de ses compagnons - c'est de s'enfuir. Ils y parviennent en volant un galion espagnol qui avait attaqué l'île. Ils seront désormais des pirates, sans patrie ni attache, éventuellement chassés par le colonel Bishop, frustré de les avoir laissé échapper.

 

Un mois (à peu près) après Les Révoltés du Bounty, produit par la MGM, la Warner Bros sort son film maritime. Mais cette fois, il s'agit d'un film mêlant cape & épée et piraterie. Coup double, et réussi !

Avant, on avait admiré Douglas Fairbanks dans Le Pirate noir d'Albert Parker. Il y a maintenant Errol Flynn ! Lui aussi est un magnifique pirate. Il ne bondit pas aussi bien ni aussi souvent, mais malgré tout, son personnage est tout aussi attachant.
Et puis ce film est l'occasion de découvrir un duo mythique du cinéma : Errol Flynn et Olivia de Havilland. N'oublions pas non plus un autre acteur qui fait un court passage mais qu'on retrouvera en face des deux précédents : Basil Rathbone dans le rôle du pirate Levasseur, et accessoirement déjà un personnage fourbe qui nous offrira un beau duel à l'épée avec Errol Flynn, annonciateur de celui qui les verra s'affronter dans Les Aventures de Robin des Bois du même Michael Curtiz (quelle longue phrase !).

Ce duo fonctionne très bien et leur rencontre dans le film fait écho à leur première véritable rencontre, si on en croit les mémoires d'Errol Flynn (Mes 400 coups / My wicked, wicked Ways, 1959). Allez les lire, vous vous ferez votre idée.

 

En tout cas, voici le retour de la grande aventure. Blood est un capitaine intelligent et charismatique : ses hommes - de joyeux flibustiers - le suivraient au bout du monde, et je crois que les spectateurs aussi ! Il faut dire que question piraterie, on est servi il y a toutes les caractéristiques :

- Un code d'honneur auquel tout le monde doit adhérer et qui punit ceux qui désobéissent (c'est le cas de Levasseur, par exemple) ;

- Un abordage au plus près de l'action, avec montée de hauban, grappins et envolée sur un boute d'un bateau à l'autre ;

- Des batailles navales - avec maquettes visibles, tout de même - de grande intensité.

Du grand spectacle !

Et puis dirigé de main de maître par Curtiz, dont on peut en plus, admirer les célèbres plans où les ombres gigantesques mangent l'écran :

- Quand Peter Blood soigne le rebelle, au moment de son arrestation ;

- Pendant le siège de Port Royal, on aperçoit les soldats espagnols en route vers le pillage en règle de l'île.

 

Il faudra trois ans pour que Curtiz rassemble le trio Flynn-Havilland-Rathbone dans une autre grande aventure : Les Aventures de Robin des Bois. Là encore, il y aura des duels, des batailles, et ça bondira encore plus joyeusement.

Et en plus, ce sera en couleurs !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Rex Ingram, #Cape & Epées, #Histoire
Scaramouche (Rex Ingram, 1923)

Un an après le Prisonnier de Zenda, Rex Ingram reprend les mêmes et recommence un film en costume. Son cadre : la Révolution française. On retrouve donc Alice Terry (Mme Ingram), Lewis Stone et Ramon Novarro. En cherchant bien, on en trouve d'autres : Edward Snitz, John George, Edward Connelly...

Scaramouche, c'est là où se rencontrent deux histoires : la petite et la grande.

La petite histoire, c'est celle du jeune André Louis Moreau (Ramon Novarro), orphelin, ami d'un défenseur de la Liberté lâchement assassiné par le marquis de la Tour d'Azyr (Lewis Stone), et amoureux de la belle Aline de Kercadiou (Alice Terry).

La grande histoire, c'est l'Histoire de France. Mais revue par Hollywood. Alors évidemment, quand on est français, ça coince un tantinet... Après la Révolution par Griffith (Les deux Orphelines), voici celle de Rex Ingram. Pas de Robespierre communiste, mais un Danton (George Siegman) au visage vérolé. Et une foule parisienne hirsute, barbare, braillarde, assoiffée de sang et avide de têtes aristocratiques. Bref, du grand spectacle. Et côte personnage célèbre, quelques incontournables : Louis XVI et Marie-Antoinette (et leurs enfants), Danton (déjà cité), Marat (Roy Coulson) - qui ressemble au vrai : il a un tissus sur la tête ! -, et un jeune officier artilleur inoccupé, Napoléon Bonaparte (Slavko Vorkapich). Les incontournables.

Heureusement, ce qui nous intéresse, c'est la « petite » histoire. Ramon Novarro est beau, brave et adroit à l'épée ; Alice Terry est belle et a la larme facile ; quant à Lewis Stone, il conserve son aplomb habituel, avec en plus le mauvais rôle, celui qui tue l'ami de Moreau.

Et cette fois-ci, le duel d'explication entre Moreau et La Tour est plus crédible que dans Zenda.

Mais ce qui marque le spectateur, c'est l'éclat des yeux.

Ca commence dans la séquence d'ouverture, quand on amène à une paysanne le corps de son mari, tué par la tyrannie aristocratique : cette femme pleure et ses larmes brillent sur son profil éploré. Ensuite, ce sera le regard de Moreau à chaque grand moment de sa vie : à la mort de son ami, quand il s'adresse à La Tour ; quand il s'adresse au peuple de Rennes... D'autres aussi auront ce regard brillant aux grands moments du film.

 

Et puis il y a les deux incontournables d'une histoire : l'espace et le temps. Et là, il vaut mieux être américain et ne pas bien connaître l'histoire ni la géographie de la France. En effet, on compte trois lieux d'intrigue : Gavrillac, qui, comme son nom ne l'indique pas, se trouverait en Bretagne, Rennes et Paris.

Gavrillac, c'est l'endroit où Moreau a grandi, près d'Alice, dans le château de Quintin de Kercadiou (Lloyd Ingraham).

Rennes est l'endroit où Moreau fait un grand discours sur la Liberté. Il y rencontre en outre Marat et son tissus sur la tête.

Paris, enfin, où se joue l'intrigue, où tous se rencontrent : Aline, La Tour et Moreau, venu avec une troupe de comédiens présenter Figaro-Scaramouche où il joue le rôle titulaire (d'où le titre du film).

Mais si les lieux sont plus ou moins bien définis, leur disposition n'est pas bien vraisemblable. On passe de Rennes à Paris à une vitesse incroyable, alors qu'un tel déplacement se faisait en calèche et pouvait prendre de nombreux jours. En moins d'une journée, ici, Moreau a quitté Rennes et rejoint Paris...

Quant au temps, je préfère ne pas trop en parler : on mélange préambule de la Déclaration des Droits de l'homme et Etats généraux... La seule date effective et véritablement correcte est celle du 10 août 1792 : quand le peuple de Paris prend d'assaut les Tuileries. Et quel assaut : un vrai massacre.

 

Malgré tout, ce Scaramouche est un film avec beaucoup de charme. Pour son duel (un peu plus court que dans celui de George Sidney en 1952), pour ses interprètes, et pour la révélation finale, amenant le sacrifice de La Tour.

Et malgré la naïveté de Moreau (et du scénario), on est tout de même bien content pour lui !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #English, #Rupert Julian, #Lon Chaney
The Phantom of the Opera (Rupert Julian, 1925)

Lon Chaney was "the Man with the thousand faces".

Nevertheless, in this film, we have to wait for forty-five minutes before being able to see his made-up face. Before that, he wears a mask.

But it was worth waiting. We have rarely seen such a hideous face. There is ugliness, wickedness, but also despair in this face. This hideous face shows the hideous but tortured soul inside.

AS we do not always see his face, Lon Chaney uses his hands a lot. These are very expressive and help very much in the story.

What about the story?

There is a curse which struck the Opera Garnier in Paris. A ghost rules it. This ghost had the diva Carlotta (Mary Fabian) replaced by a young singer: Christine Daaé (Mary Philbin).

But since she has been promoted, Mary Daaé has troubles with the Phantom. She has to love him. But she cannot, she loves another man: Raoul de Chagny (Norman Kerry).

 

Once again, Lon Chaney plays a frustrated lover. Erik (the Phantom's name) - and later Alonzo in The Unknown (Tod Browning, 1927) - loves but is not loved back. And when Christine takes off his mask, we understand why. [Her disgust is certainly not faked: in an effort to give us a true effect of Mary's surprise - and disgust -, she discovered his face at this very moment!] One has to say that this face is quite disturbing: it is said that a few spectators fainted when they saw his face.

The use of colour is also very important in this film. A few filters are used - like in other movies: blue for the night, yellow for the sun... - but here, the ball scene was entirely shot in real colours. And thanks to the work of the great Kevin Brownlow (his name be praised!), we can now see a very good copy of this film and enjoy ninety-four minutes of Lon Chaney: no more fog, nor blur, nor any sign of film deterioration.

And the shadows...

Sometimes, we could think we are in a 1920s German movie. At first, the Phantom himself (itself?) is a shadow in a dark setting. And this shadow is scary enough to make the dancers flee with fear. We do not know if he really exists.

This is one of Lon Chaney's most significant roles. You cannot forget Erik, this evil angel, who is a sort of Mephisto's doppelganger in the Faust which is played in the Opera. Lon Chaney - just like in The Penalty - suffered a lot for this character: his nose bled and he used rubbers and small hooks to create this distorted face. But Chaney will be Chaney!

Despite his appearance, Erik is not a ghost. He is very human: he is in love. A desperate lover. Everything in his attitude shows his despair.

First, he thinks Christine loves him for what he has done to her. But then he discovers it is not true. She tells him she loves him - to save Raoul - but he realizes it is nothing but a lie. So he has nothing to lose anymore. And his final scene - the only possibility left for such an insane character - is full of despair.

And his last laughter rings us a last bell: "Humour is the politeness of despair."

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Henri-Georges Clouzot, #Policier
L'assassin habite au 21 (Henri-Georges Clouzot, 1942)

« Monsieur Durand, c'est moi. »

Monsieur Durand, c'est surtout un tueur anonyme qui élimine ses victimes pour leur dérober leur argent. Ca commence - pour nous - avec Alfred (René Génin), un SDF comme on dit de nos jours, qui vient de gagner à la loterie. Un coup d'épée et hop. Plus d'Alfred.

Le problème, c'est que c'est déjà la dixième victime de ce monsieur mystérieux.

Alors la police met sur le coup son meilleur limier : Wenceslas Worobietchik (Pierre Fresnay) - Wens, c'est plus facile à dire.

Rapidement, Wens repère son repaire (!...) : La pension de famille les Mimosas, rue Junot. au 21.

 

Un an après le Dernier des 6, voici le retour de du commissaire Wens, encore interprété par Pierre Fresnay. Encore une fois, l'histoire de Steeman est adaptée par Clouzot, mais cette fois-ci, c'est ce dernier qui est passé derrière la caméra. Et comme si ça ne suffisait pas, il a aussi écrit les dialogues. Et pour un premier long métrage, c'est plutôt réussi. Et comme dans tous les films qui vont suivre, ce n'est pas spécialement l'intrigue qu'on retient, mais plutôt les gens et les rapports qu'ils entretiennent entre eux. Nous sommes dans une atmosphère policière digne des films noirs américains, et pourtant, il n'y a pas de super détective pour résoudre l'énigme. Même Wens, qu'on peut considérer comme un ténor de la Police Judiciaire, n'est pas un surhomme : il a des points noirs et dort avec un bonnet de coton ! Et en plus, il est affublée du femme hors du commun : Mila Malou (Suzy Delair). Parce qu'il faut la supporter, la Mila. Ce n'est pas ce qu'on peut appeler une femme fatale. Dans la série Les Capricieuses, elle a sa place. Elle s'est débarrassée de sa bonne qui l'avait traitée d'enquiquineuse, ce à quoi Wens a répliqué : « toute vérité n'est pas bonne à dire. » Et cela résume bien la personnalité de Mila, malgré tout très amoureuse de son Wens.

Après, les autres pensionnaires des Mimosas valent le déplacement : M. Colin (Pierre Larquey), artisan qui fabrique des poupées à l'effigie de Monsieur Durand ; le docteur Linz (Noël Roquevert), ancien médecin de la Colonial ; Lalah-Poor (Jean Tissier), illusionniste et un tantinet kleptomane ; et Melle Cuq (Maximilienne), « une vraie jeune fille »; et le serviteur-siffleur, et madame Point (Odette Talazac), « une grosse dondon » un peu hommasse, et le boxeur Kid Robert... Toute une faune ! [Et en plus, servie par une distribution riche : beaucoup de seconds rôles du cinéma, de Balpêtre à Pérès, en passant par Gabriello... Des Noms !]

Mais c'est dans leurs rapports que Clouzot s'épanouit. Ils se guettent, ils s'épient, fouillent les uns chez les autres... Quand ils ne se chamaillent pas dans la salle commune !

D'ailleurs, le trio Larquey-Roquevert-Tissier est magnifique à en voler la vedette à Pierre Fresnay, la star annoncée au générique. Nous avons ce qui se faisait de mieux dans les seconds rôles du cinéma français de l'époque. On retrouvera d'ailleurs les deux premiers (avec Fresnay) dans le film suivant de Clouzot : le Corbeau.

Et puis il y a l'Arlésienne du film : Monsieur Durand. On parle beaucoup de lui, on assiste à ses méfaits... Mais on ne le voit jamais. On sait qu'il attaque au pistolet et à l'épée, qu'il a une canne (pour dissimuler son épée) et donc boîte, et qu'il fume à l'aide d'un porte-cigarette. Pour le reste, Clouzot utilise, avec brio, une caméra subjective dès la première agression, et pour les suivantes. Seule la dernière agression nous donnera (une partie de) la solution quant au meurtrier.

Mais qu'importe, le plus important, c'était cette atmosphère un rien mesquine, un rien poisseuse qui nous a réjouit pendant ces quatre-vingt-quatre minutes. Sans parler des dialogues qui valent bien ceux de Jeanson ou Prévert -autres dialoguistes de génie de l'époque.

Oh, et puis si parlons-en, des dialogues :

« Vous êtes libre ? - Où allez-vous ? - A Jaurès. - Pas moi. » (René Génin, taxi)

« T'as tellement confiance en moi ? - Comme dans ma sœur, parce que vous lui ressemblez.

- Qu'est-ce qu'elle fait, ta sœur ? - Elle est taulière, à Clermont. » (Pierre Fresnay, Raymond Bussières)

 « J'aime mieux mon château hanté.

- Evidemment, vous vous sentirez plus à votre aise au milieu des vieilles chouettes ! » (Maximilienne & Noël Roquevert)

« Dans les rues de Montmartre, on trouve moins de pasteurs que de pouffiasses... Euh, je veux dire : plus d'âmes égarées que de ministres du culte. » (Odette Talazac)

 

Un premier film qui est déjà un coup de maître.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jacques Becker, #Jean Gabin, #Gangsters
Touchez pas au Grisbi (Jacques Becker, 1954)

Le grisbi. le pognon. L'artiche. L'argent, quoi.

Ce qui fait tourner le monde. En 1953 comme aujourd'hui.

Et en plus, ici, le grisbi, c'est le nom de la musique qui revient sans cesse quand on en parle. La musique fétiche de Max (Jean Gabin).

Max, c'est Max-le-Menteur, personnage haut en couleur d'Albert Simonin. C'est le même personnage - à l'origine du moins - que celui de Grisbi or not grisbi, que Lautner adaptera en 1963 avec les Tontons Flingueurs.

 

Nous sommes en octobre 1953. Voilà vingt ans que Max et Riton (René Dary) sont inséparables. Ca compte dans une vie de truand. Surtout qu'en général, la vie est courte...

Ils viennent de faire leur dernier coup, celui qui leur permettra de se ranger. Mais la vie est ainsi faite qu'on sait très bien qu'il n'en sera rien, que bien mal acquis (etc.).

Max, c'est l'ancienne génération de truands, celle d'avant-guerre. Toujours bien sapé, impeccable, calme, posé, et irrésistible auprès des dames (on en compte trois à son actif dans le film).

Mais Max et Riton vieillissent. Ils ont les cheveux qui blanchissent (surtout Max), des poches sous les yeux, un début de goitre. Bref, leur âge se voit de plus en plus.
Alors ce dernier coup, ,c'est la dernière chance, celle de partir en beauté, avec les honneurs.

 

Et en face, une nouvelle génération est apparue : celle qui marche à la came, qui n'a peur de rien et qui n'a plus la même façon de voir les affaires. En tête, Angelo (Lino Ventura).

Alors bien entendu, à un moment, cette différence de style amène des complications qui ne pourront se régler que dans un affrontement.

 

Jacques Becker nous propose ici un film de truands à l'ancienne. Des valeurs d'avant-guerre dans un monde en mouvement. Entendez-moi bien : ce n'est pas le film qui est vieux, ce sont les truands eux-mêmes ! Gabin approche de la cinquantaine, comme son personnage, comme Riton, comme l'ami Pierrot (Paul Frankeur). Ils n'ont plus le même rythme. Ils ne peuvent plus lever des jeunettes, veiller, et comme dit Max, « se les farcir » en plus ! En outre, Max doit mettre des lunettes pour lire...

 

C'est ce qu'on appelle un polar atypique. Rarement les gangsters sont montrés sous ce jour si peu flatteur. On était habitué aux têtes brûlées ou aux durs-à-cuire, mais pas à ces messieurs vieillissant. Il y a beaucoup de mélancolie dans le personnage de Max. Il sait que l'heure est venue de raccrocher, alors que Riton se berce encore d'illusions. C'est lui qui a raison. Il faut en finir avec cette vie en bâtons de chaise. Et Riton, quand il n'en tient pas compte, les précipite vers une issue qui ne peut être que fatale. De toute façon, la société n'aurait pas permis qu'un truand réussisse ce dernier coup : que ce soit Max ou Angelo.

Malgré tout, on éprouve de la sympathie pour ces gangsters rattrapés par leur âge et leur passé - dépassé -, trop vieux dans un monde qui change.

 

C'est certainement le film qui a relancé Gabin pour la dernière partie de sa carrière. Mais si sa propension à beugler va bientôt se développer, ici, il n'en est rien. IL joue toujours avec cette même subtilité qui fit son succès avant guerre.

Et ce film est aussi l'occasion de (re)découvrir un nouveau venu dans le cinéma, ancien catcheur et appelé un jour à remplacer Gabin dans le rôle de Max-le-Menteur : Lino Ventura. Et comme il débute et qu'il a un physique de brute, il joue - bien évidemment - un méchant gangster. Il en sera de même dans son film suivant (encore avec Gabin) : Razzia sur la Chnouf (Henri Decoin, 1955).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #English, #King Vidor
The Crowd (King Vidor, 1928)

John (James Murray) and Mary (Eleanor Boardman - Mrs Vidor) are two, faces in the crowd. They meet, they get married, they have children.

A common story. But in the cinema, nothing is common.

 

We are more interested in John. He is a good little boy full of promises. He will become someone important. Unless… Unless his father dies, which happens when he is 12.

Now we switch the figures. John is 21. He lands in New York convinced he is different and will tame this city.
Meanwhile, he works as an accountant in an insurance company. But he studies at night, to become – still – someone important.

One evening, his friend Bert (Bert Roach) invites him to Coney Island with two girls. At first, he refuses but in the end, he accepts. There, he meets Mary. They kiss in the Tunnel of Love. They are soon to get married.

Despite Bert’s pessimism, their marriage lasts. They have two kids.

One day, John has a brilliant idea for an advertisement. He gets 500 dollars. He calls his children to celebrate this great moment. This is when Fate intervenes: their little girl gets run over by a car.

Misfortunes will multiply, and John will have to fight the Crowd of those who did not want to be different.

 

This film by King Vidor is not what we call a joyful film. It is very different from what the MG was offering to the movie audiences. Showing normal people was not a very good marketing product. It was not well accepted to show ordinary people and a sad ending. Therefore, Vidor held on and this ending is one of the nine endings which were shot. This is the least sad ending (the least bad ending?): John does not reach his goal. He will never be someone important. Just a face in the crowd, among many (many, many…) others.

This is why the film is very interesting. We can see a quick romance. Quick, because the whole society demands it. everything goes fast: cars, trains and people going to work. Therefore, people have very little time for themselves, or to build something. The crowd is a huge wave which overwhelms everything. The peak hours are a moment which show this very well. When the clock strikes the end of the day's work, you can see crowds of people rushing to the elevators or the undergrounds alone or as couples.

But John just want one thing: being different. He feels superior to the others. He thinks he has a mission, a great purpose. And this feeling starts irritating the others. He even mocks the poor guys who have to juggle to make (a bit of) a living, advertising for a restaurant. But would he have mock them if he had known that one day, he would have to do the same thing?

As soon as John enters New York, things are different. Vidor picks up a building, the camera travels from bottom to the top, stops in front of a window, and then enters: desks, desks, desks... Hundreds of them! So he goes on, forward, to one desk: John Sim, 137. And he takes this man - a face in this desk crowd - and brings him to the light. We are going to learn everything which makes him a man: his life, his dreams, his wife, his kids, his (step) family... And his misfortunes! [Vidor will recall the emotion of the little girl's death in another movie - Hallelujah - when another child dies.]

Even if this child brings him his misfortune, the other brings him anew hope: he is completely desperate, on the brink of suicide when he realizes that his other child LOVES him. His son wishes to become like him! This was what he needed. Now we know he will get better and better.

But to get better, he will have to accept to be just a member of the society like anyone else, and therefore be just a face in the crowd.

And he accepts it. The story is over. The camera goes backwards revealing us the crowd of people around him, again and again, till he disappears in this overwhelming crowd.

Vidor has put him back where he originally belonged.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Powell, #Emeric PressBurger, #Drame
Le Narcisse noir (Black Narcissus - Michael Powell-Emeric PressBurger, 1947)

Elles sont deux.

L’une en face de l’autre.

C’est un duel.

Chacune prépare ses armes : un bâton de rouge à lèvres contre un livre de prières.

Gagnera celle qui tiendra le plus longtemps.

 

Mabu est un palais dans la montagne. On dit que le prince y envoyait ses femmes.

Ses murs sont recouverts de fresques rappelant le faste de cette époque : des femmes, richement vêtues, dénudées, dansant, se baignant…

C'est là que les Sœurs de l'Ordre des Servantes de Sainte Marie ont été envoyées, pour y installer une école et un dispensaire. Elles sont cinq. Cinq femmes envoyées dans un palais de femmes, et accueillies... Par des hommes !

Le premier, c'est l'hôte des lieux : le vieux général (Esmond Knight). C'est lui qui met à disposition ce palais.

Le second, et ce terme lui sied tout à fait, c'est Mr Dean (David Farrar) : il aide, il conseille les nonnes, sans toutefois leur cacher que leur place n'est pas ici.

Le troisième, c'est le jeune général, celui qui donne son titre au film : il porte sur lui un foulard imbibé d'un parfum anglais acheté à Londres, le Narcisse noir.

Nous suivons alors les efforts des religieuses pour apprivoiser les indigènes, les appelant inlassablement chaque matin à six heures, sonnant la cloche au bord du précipice.

 

Ce sont des religieuses. Ce ne sont plus des femmes. Entre leur vie antérieure et l'instant présent, une frontière qui n'est pas que symbolique : un voile. C'est ce voile qui empêche ces femmes d'être elles-mêmes. Et quand l'une d'entre elles le rend, elle redevient femme, dans toute sa splendeur, dans toute sa beauté.

Pourtant, c'est là qu'est le cœur de l'intrigue : le voile ou non ?

En venant dans ce palais, chaque sœur, l'une après l'autre redevient femme. Les souvenirs de leur vie d'avant émergent puis les submergent. Sauf peut-être sœur Briony (Judith Furse), qui est peut-être un peu trop hommasse pour être concernée...

- Sœur Philippa (Flora Robson)oublie ses devoirs de jardinière, reléguant les cultures potagères dans des endroits moins voyants, et les remplaçant par des fleurs ;

- Sœur Blanche (Jenny Laird) outrepasse ses prérogatives en laissant parler un instinct maternel trop longtemps refoulé ;

- Sœur Ruth (Kathleen Byron) est celle pour qui le palais amènera la Révélation : elle rendra son voile ;

-Sœur Clonagh (Deborah Kerr), enfin, la Supérieure, ne peut endiguer ses émotions passées, mais ne cèdera pas pour autant à l'appel de la féminité, malgré tout de même la présence de Dean.

 

Dean. Le seule véritable homme de l'histoire. Le vieux général est résumé par son épithète, tout comme son neveu - jeune général - le fameux « Narcisse noir ». Dean, lui, est un homme, un vrai. Sa masculinité déborde. Il est peu vêtu (essentiellement un short) et sa pilosité ressort de plus en plus. Plus le film avance, et moins il est habillé. Il commence avec une chemise qui va s'ouvrir et même disparaître, dévoilant (!) aux religieuses son torse velu et viril.

Sans le vouloir (?), il deviendra l'enjeu. L'enjeu des deux femmes. L'enjeu de l'affrontement décrit précédemment. Mais il refuse d'être cet enjeu.

Et en fin de compte, c'est lui qui a raison. Les sœurs repartiront d'où elles sont venues, vers d'autres destinées. Lui restera, seul.

 

Le départ des sœurs, c'est le retour au voile qu'elles avaient (presque) oublié. Et ce voile qu'elles re-porteront s'applique au palais qu'elles quittent : le dernier regard que nous y portons nous montre le brouillard l'envelopper tel un autre voile, fermant la parenthèse que fut ce séjour montagnard. Cette parenthèse qui les fit à nouveau se sentir femmes, et qui se referme comme si elles émergeaient d'un étrange rêve.

 

Cette cinquième collaboration entre Michael Powell et Emeric Pressburger est merveilleuse. Nous assistons à une féérie sensuelle : ces sœurs redeviennent femmes, et leurs sens se réveillent. Elles parlent des couleurs du tissus, de la fragrances du Narcisse noir ;  mais aussi, les fleurs qui seront plantées en évidence le sont pour leur apparence (jonquilles) ou leur senteur (chèvrefeuille).

 

Et puis il y a le Technicolor. Son utilisation judicieuse nous ramène au Robin Hood de Michael Curtiz. Mais là où les couleurs éclataient, ici, elles sont plus douces - le bleu de la salle ou danse Kanchi (Jean Simmons) - mais parfois tranchent avec l'habit blanc des religieuses : le rouge à lèvre de (Sœur) Ruth, le sang sur la robe de Sœur Blanche, les yeux de Ruth... Sœur Ruth qui se penchait en souriant en regardant le fond de la vallée, du haut de son palais...

 

Une autre féérie de couleurs.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Scorsese, #Drame, #Paul Schrader, #Robert de Niro, #Jodie Foster
Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976)

Travis Bickle (Robert de Niro). C'est lui, le conducteur du taxi.

C'est un insomniaque, un ancien du Viet Nam, un petit, un sans grade...

Alors pour meubler ses nuits, il devient chauffeur: « n'importe quand, n'importe où ».

Alors il charge des passagers, de toutes sortes, des hommes, des femmes, des noirs, des blancs, des gens honnêtes, des truands, et puis un soir, un enfant. Un fille de douze ans. Et demi.

Et là, sa vie bascule.

 

Travis n'est pas un type normal. Mais comme on est en 1975, on ne parle pas encore du traumatisme post-Vietnam. Pourtant, ça pourrait expliquer des choses, non ?

Il n'a pas beaucoup d'éducation : il en est gêné quand il est embauché pour faire le taxi. Et quand il rencontre Betsy (Cybill Shepherd) une belle jeune femme, il l'invite au cinéma... pornographique. C'est en vogue. Et c'est le seul qu'il fréquente.

Travis a une petite vie, dans un petit studio, à la limite de la salubrité, allongé sur un petit lit, et regarde le monde à travers la petite lucarne de sa télévision.

 

C'est cette petite vie que nous suivons. Sa lente descente en enfer qui le mènera au salut.

Dès l'ouverture, nous voyons le monde - son monde - à travers le pare-brise, un soir de pluie. C'est très coloré, mais c'est aussi déformé, distordu, agressif. Avec une sale touche de rouge. Le rouge est la couleur du film : le rouge des feux de circulations, des feux tricolores, des enseignes qui font rougir les visages, des sièges du cinéma... Et le rouge du sang ! Chaque voyage du taxi de Travis est marqué par le rouge. Parfois même, les sièges arrières en sont recouverts.

 

Et puis il y a sa rencontre avec Iris (Jodie Foster). Cette exploitation sexuelle d'une enfant, c'est trop pour lui. Alors il change. Son esprit et son apparence changent simultanément.

Amouraché de Betsy, il s'intéresse de loin à la politique. Et quand il rencontre son candidat, il lui expose son opinion. On se rend alors compte, en voyant les conseillers, que ses idées et celle du sénateur ne sont pas vraiment compatibles.

Travis a des idées de plus en plus courtes. Elles raccourcissent avec ses cheveux. Quand enfin il ne lui reste plus qu'une bande centrale, façon iroquois, il est prêt à agir. il ne veut (ni ne peut, d'ailleurs) plus réfléchir. Il va agir.

 

Cette action amènera son salut. C'est une scène forte, dans tous les sens du terme. De part sa violence qui est crue et implacable (comme toujours chez Scorsese), et de par sa portée symbolique. Le tout sans musique. Nous ne percevons que les seuls bruits de la réalité. Jusqu'à l'intervention de la police où la musique de Bernard Hermann reprend le dessus et nous amène tranquillement vers la fin, alors que l'action de la police se fait en silence.

 

Deux acteurs explosent dans ce film : 

- Robert de Niro, bien entendu. C'est un Travis des plus inquiétants. C'est un personnage autodestructeur, primaire. C'est un marginal qui essaie de s'intégrer. Mais plus le film avance, plus nous sentons que ce qui n'était qu'un TOC devient une véritable folie qui ne se guérira que de manière radicale : dans le sang !

- Jodie Foster, ensuite. Elle a presque le même âge que son personnage. Elle fait preuve d'une grande maturité pour un rôle des plus difficile, heureusement - comme elle le dit - bien épaulée par de Niro.

 

Et quand Travis reprend son travail, plus tard, le regard sur le monde, à travers le pare-brise n'est plus le même : les images sont normales - floues dans la distance, évidemment - mais il n'y a plus de transformation. les couleurs ne sont plus agressives. Elles n'apparaissent même presque plus. Le rouge a disparu.

Un peu comme si Travis avait - enfin - trouvé la paix.

 

Quelques clins d'œil enfin :

- une paire de chaussures, sur une piste de danses pendant que des couples évoluent en musique, et tout de suite, on pense au film Les Chaussons rouges de Powell.

- une chanson de Kris Kristofferson et c'est à Alice n'est plus ici, dans lequel il jouait, que nous songeons.

- et enfin, quand Travis observe Betsy qui rentre dans le QG de campagne, un barbu est assis  devant la porte : Martin Scorsese. Est-ce le même personnage que celui qui ira épier sa femme dans le taxi de Travis ?

- La réplique culte : "You're talking to me?"

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Buster Keaton, #Edward Sedgwick, #English
The Cameraman (Buster Keaton and Edward Sedgwick, 1928)

In New York, Buster (Keaton) is a public photographer. You can get your picture taken for a dime.

While he is taking a picture, a big parade takes place: many people gather and amongst them, Sally (Marceline Day) a young woman who works for the News department at the MGM. The crowd is so big that he is pressed against her, smelling her perfume...

After the crowd disappears, he offers to take her picture. She agrees but has to go leaving him with her photograph.

When he visits her at work, he decides to be a cameraman... Then he will be able to see her anytime!

But you do not become a cameraman just like that: you have to learn how to do it.

First, it is an expensive job: he has to buy a camera. Even if he gets the cheapest one, he has not got any money left.

Then you have to move the handle the right way: this gives a sequence where you can images moving forwards and backwards, an overprinted ship in a street, and a sequence where the picture is multiplied. A very surrealistic movie which does not please the MGM News director.

But Sally still encourages him to go on. She even accepts a date with him. But things do not work as expected.

Still, she gives him a last chance : go and film the Chinese New Year.

You can guess how it will end...  

 

This film is Keaton's penultimate movie. The talkies are coming: The Jazz Singer was released by the Warner Bros Company. This is Keaton's swan song.

There is much melancholy, and even sadness in this story. Everything falls apart. Anything he tries is a failure. Even when he wants to end it all and go back to tintypes (he sends his last film to the studio) : instead of being mocked, he is hired!

Nevertheless, this film contains great scenes: the stairs, the swimming-pool, the Tong war...

Moreover, Keaton teaches us a great reporting lesson: he show us how things work behind the scene. He even rearranges the fights during the Tong war (nobody does that...), but still close to the fighters, risking his own life!

As I said earlier, it is his swan song. Kea      ton will be less and less important in the film industry. And the last sequence has something prophetic in it: the film ends where it started, with a big parade which he thinks has been organized for him!

But this was the day Lindbergh was celebrated after he crossed the Atlantic Ocean.

His next movie will be Spite Marriage. Sadness and melancholy will be stronger.

Meanwhile, let us enjoy this movie as it is: a very fine comedy, one of Keaton's best.

 

So, enjoy!

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