Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Billy Wilder, #Marilyn Monroe

Un cycle, ça dure sept ans.

Ca tombe bien, Richard Sherman (Tom Ewell) est marié à Helen (Evelyn Keyes) depuis sept ans. Alors il est en bout de cycle. Et ça le démange (d’où le titre original…).

Et comme tout bon Américain de Manhattan, il a envoyé sa femme et son fils passer l’été au vert (vieille coutume indienne…).

Bien sûr, il a promis de bien se conduire : pas de cigarette, ni d’alcool.

Et il s’y tient. Jusqu’à l’arrivée de la fille (Marilyn Monroe). Elle n’a pas de nom. Ce n’est pas grave, elle a tout le reste. Sauf de l’imagination. Ni l’air conditionné.

Alors quand elle renverse un plant de tomates sur la chaise longue, passé l’énervement, Richard n’a pas d’autre solution que de l’inviter à prendre un verre chez lui…

En tout bien tout honneur, bien entendu. Et aussi avec le deuxième concerto pour piano de Rachmaninov.

 

S’ensuit une aventure qui n’en est pas une. Il ne se passe pas grand-chose entre eux deux. Juste quelques baisers furtifs…

Ce qui domine le film, c’est l’imagination de Richard. Il en a pour deux.

Tout est prétexte à la laisser vagabonder, avec bien entendu, une bonne dose de culpabilité. Et Billy Wilder s’amuse à filmer les débordements de cette imagination, ce qui fait qu’à un moment, le spectateur lui-même se demande si ce qu’il voit est réel ou non. Avec, en prime, quelques références cinématographiques (revoyez-le pour les connaître).

 

Et puis il y a Marilyn Monroe. Elle est phénoménale. En plus d’être belle, sexy, adorable (etc.), elle est superbement dirigée. Elle joue une fille qui joue à Marilyn Monroe. Elle a une façon de se moquer d’elle-même qui est assez subtile. Elle joue une ingénue avec beaucoup de talent. Quand Richard part sur de grandes réflexions, elle se demande si son ventilateur lui sera remboursé ; quand il imagine qu’il la séduit, elle est habillée comme une vamp et prend les poses idoines… Et son intervention dans la publicité pour Dazzledent vaut le déplacement…

 

Le seul point commun entre ces deux personnes, c’est leur adresse. Pour le reste, tout les oppose : il est marié, elle non ; il a de l’imagination, pas elle ; il a un physique commun d’homme proche de la quarantaine, elle est sublime…

Mais pourtant, l’alchimie fonctionne, et les situations dans lesquelles ils se mettent – en vrai ou en faux – sont extrêmement réjouissantes. Merci, monsieur Wilder.

Un an après sa tournée (triomphale, bien entendu) en Corée – magnifique coup de pub – c’est le film qui va réellement propulser Marilyn au rang de mythe.

 

Magnifique, tout simplement.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean-Paul Rappeneau

Le château, c’est celui de Jérôme (Philippe Noiret). De noblesse normande désargentée, il vit avec sa mère, et aussi sa jeune femme, Marie (Catherine Deneuve), qui préfèrerait être à Paris.

Mais quand on est avec une jolie femme (qui en plus est plus jeune), on n’a pas envie de la partager, alors la vie parisienne, c’est plutôt compromis.

Heureusement, Julien tombe du ciel : il a été parachuté pour des repérages.

Julien s’éprend de Marie, et Marie voit là sa porte de sortie vers la capitale.

Mais. Mais les Allemands s’installent dans le château, et les plans élaborés par Julien – de guerre et d’amour – sont compromis.

J’avais oublié, nous sommes en 1944, en juin. Début juin. Un peu avant le 6.

Qu’importe, Marie ira à Paris !

 

Il s’agit ici d’un vaudeville gentillet, où la grande histoire côtoie l’anecdote avec beaucoup de charme.

C’est un film sur mesure pour Catherine Deneuve, star montante qui sort de Répulsion et encore un peu avant Les Parapluies de Cherbourg. Dès le générique, Rappeneau nous propose des gros plants du visage de Catherine Deneuve, en alternance avec ceux d’un pistolet, menace de la guerre oblige.

Tout tourne autour d’elle : l’action et les hommes. La guerre ? Bof, elle s’en fiche, du moment qu’elle n’est pas dérangée. Les hommes : Julien, un officier de résistance (Henri Garcin), et Sigmund (Carlos Thompson), un officier allemand. Tous les deux sont séduits par le charme de Marie, et vont rivaliser afin de l’emporter, en venant, bien entendu aux mains.

 

Alors nous suivons ses aventures, ou ce qui aurait pu en être avec plaisir, même si elle n’a pas le petit truc en plus qu’avait sa sœur (Françoise Dorléac) qui la rendait irrésistible dans une comédie.

Parce que Deneuve, même si elle est belle, pétulante (etc.), reste Deneuve. Et il lui manque un je ne sais quoi d’innocence pour se faire passer pour une vraie fille de la campagne.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir. Et savourons aussi les interprétations de Pierre Brasseur et Mary Marquet (les parents de Marie et Jérôme), aussi ronchons l’un que l’autre mais tellement complémentaires.

Quant à Philippe Noiret, il annonce Julien Dandieu, personnage qu’il incarne dans Le vieux Fusil, qui a lui aussi une très jolie femme, et qui un jour doit sortir le fusil de son étui. La période est la même, seul le ton (comique ici) est différent.

 

A voir ? Oh oui !

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Weir, #Comédie
The Truman Show (Peter Weir, 1998)

 

« Et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre… » (Apocalypse, 6 :13)

Ca commence par une étoile qui tombe dans la rue. C’était Sirius.

Mais pour Truman (Jim Carrey), c’est le début de ce qui sera la Révélation (en Grec apokálupsis).

Truman va avoir trente ans. Il travaille dans les assurances, est mariée à Méryl (Laura Linney), une infirmière et son meilleur ami – Marlon (Noah Emmerich) – amène toujours des bières quand il vient le voir.

Sauf que Truman ne sait pas qu’il est la vedette d’une émission de (fausse) télé-réalité. Alors, quand un projecteur marqué « Sirius » tombe de nulle part, il a de quoi se poser des questions.

 

Et Truman ne va cesser de s’en poser, en observant le monde (fabriqué) qui l’entoure.

Et son étonnement va grandissant, pendant que nous découvrons progressivement l’univers créé pour ce jeune adulte.

Alors on s’amuse des artifices déployés pour guider cet homme. On se réjouit des impromptus qu’il crée, mais on espère aussi. On espère qu’il va découvrir la vérité.

Dans le même temps, on aperçoit des téléspectateurs qui suivent avec grand intérêt l’évolution de Truman. Ce programme est devenu le centre de leur vie. Ils veulent se repaître de cette vie par procuration.

Il y a une jubilation lors de chaque nouvelle vision : connaissant les ficelles du scénario, on s’amuse des subterfuges utilisés ou des solutions improvisées face aux réactions de Truman.

 

Nous sommes à la frontière entre Frankenstein et 1984.

  • Frankenstein :

Truman est la créature de Christof (Ed Harris). Harris est un autre Prométhée moderne. C’est lui qui l’a façonné, élaborant un scénario dans lequel il évolue depuis près de trente ans. S’il n’a pas créé la vie, il a dirigé unilatéralement le destin de Truman. Mais au-delà du créateur, il est un artiste, et « Christof» est son nom d’artiste, sa signature. Il est coiffé d’un béret comme en ont souvent les peintres représentés.

Il est le démiurge de cette émission, créant en plus les dialogues soufflés aux acteurs en fonction des situations. Mais s’il a créé cet homme, qu’il est dieu, il peut aussi bien devenir destructeur, Truman n’étant plus humain, mais un objet (d’art ?) que son créateur peut éliminer s’il ne correspond plus à son idée originelle.

  • 1984 :

On pourrait plutôt parler d’anti-1984, car ici, ce n’est pas Big Brother qui vous regarde, mais vous qui regardez Big Brother. Mais si dans le roman d’Orwell, chaque individu se sait épié, ici, Truman est totalement inconscient de ce qui lui arrive. A l’instar des occupants de la caverne de Platon, Truman reconnaît le monde dans lequel il est comme la réalité.

Nous sommes dans le stade ultime du totalitarisme : un monde créé selon les critères d’une personne pour des gens qui n’auront connu que ce monde. Et Truman est heureux. Et comment ne pourrait-il l’être : tout tourne autour de sa personne. Et Christof (Ed Harris), en bon dictateur se défend en disant que c’est pour son bien.

 

Mais l’essence même de l’homme, cette conscience, ce libre arbitre l’emporte tout de même. Finalement, Truman saute dans l’inconnu, c’est sa deuxième naissance, la vraie. Celle qui amènera une vie basée sur ses propres choix.

Enfin, ce qui est réconfortant dans le propos du film, c’est qu’une fois l’émission sabordée, les gens retournent à leur vraie vie, et surtout, se réjouissent de l’heureuse fin de ce destin, alors que leur raison de vivre pendant toutes ces années vient de disparaître.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #David Cronenberg
La Mouche (The Fly - David Cronenberg, 1986)

Avec Cronenberg, il y a toujours une dose d’inéluctabilité. Une personne enclenche un processus d’irréversibilité, voire irrémédiable.

Ici, c’est Seth Brundle (Jeff Goldblum, épatant) qui s’y colle.

A une soirée, il rencontre la belle Veronica « Ronnie » Quaife (Geena Davis, toujours formidable), journaliste scientifique.

Seth est un génie. Rien d’autre. Il porte toujours la même tenue (ça évite de se poser la question de ce qu’on va mettre le matin), mange des cheeseburger (comme ça, pas besoin de se prendre la tête à faire à manger, et il est coiffé d’un magnifique brushing comme on en voyait dans les années 80.

Pour le reste, il a inventé une machine capable d’assouvir l’autre rêve l’humanité : la téléportation. Le premier étant le voyage dans le temps.

Ca fonctionne magnifiquement pour les bas. Un petit peu moins bien avec les babouins, mais avec un réglage, tout va mieux.

Alors il lui reste à accomplir le test ultime : se téléporter. Et il réussit !

Sauf.

Sauf qu’il a emmené avec lui une mouche. Et lors de la régénération (je vous passe les détails techniques), son ADN et celui de la mouche se sont mélangés.

Donc, Seth devient… Une mouche !

Progressivement. Doucement au début, puis les choses s’accélèrent.

 

Le voilà, le côté irrémédiable et irréversible du film : Seth devient mouche, sans retour possible. Devant les yeux effarés puis terrifiés de Ronnie.

L’idée du film, à l’instar de Seth est géniale. Et la transformation est véritablement bluffante. On assiste aux différents stades de développement de Seth la Mouche domestique avec émerveillement. N’oublions pas que le morphing ou tout autre trucage numérique n’est pas encore utilisé. C’est une technique à l’ancienne qui nous montre les différents aspects de Seth : le maquillage. Pas de fondu, des plans différents. A chaque rencontre, il continue sa mutation. Impressionnant.

 

Cronenberg est dans une phase de mutation. Il quitte peu à peu le côté gore du cinéma pour entrer dans des sujets un peu plus réalistes et moins sanguinolents (son film suivant sera *Faux semblant*, une autre histoire de mutation avec moins d’effets spéciaux).

Malgré tout, les effets un tantinet dégoûtants sont là, et Cronenberg s’en rit en les comparant avec les cheeseburgers chers à Seth.

Oui, c’est un remake. Oui, l’histoire n’est pas originale. Malgré tout, le rendu est assez admirable, si on met de côté l’aspect dégoulinant de certains effets…

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Wes Craven, #Horreur

Que de chemin parcouru depuis Halloween !

Alors que Carpenter, avec un petit budget enclenchait le déferlement des slashers, ici, Wes Craven fait dans le grandiose.

L’atmosphère est là, la peur aussi, sans parler de l’hémoglobine qui coule à flot.

Mais au-delà des poncifs du genre, il y a toute une réflexion sur les films d’horreur qui permet une distanciation assez salutaire.

J’ai déjà exprimé mon peu d’intérêt pour les slashers, mais je dois avouer que celui-ci est un incontournable.

 

Craven nous donne une grande leçon de cinéma d’horreur. Son maître, c’est Carpenter, et le film possède non seulement des similitudes avec Halloween, mais aussi carrément des extraits d’icelui.

Halloween, pour Craven et ses ados – tous des spécialistes du film d’horreur – c’est le film de base, celui qui amène les autres. Pas étonnant que le premier film nommé, c’est celui-là. Et Craven va plus loin quand un personnage parle d’un film de « Wes Carpenter » : Craven se considère, avec Carpenter comme le plus grand du genre. Et j’ai du mal à lui donner tort.

Toujours est-il que le scénario fourmille d’hommages à Carpenter et de détails réjouissants :

  • le proviseur Himbry est joué par Henry « Fonzy » Winkler. Dans sa garde robe, on peut apercevoir un perfecto… Celui de Happy Days ?
  • L’homme d’entretien porte un pull rouge et se prénomme Fred… Comme par hasard !
  • Les codes du film d’horreur sont exposés par Randy (Jamie Kennedy) puis utilisés dans les scènes qui suivent, dont le célèbre « Je reviens » que dira Gale Weathers (Courteney Cox) à Dewey (David Arquette).
  • Le meurtrier masqué n’est pas un assassin habituel, de type professionnel comme on en trouve généralement : il trébuche, prend des coups, en rate d’autres. Il n’a pas la précision, par exemple, de Michael Myers dans Halloween.

 

Non seulement Craven réussit un magnifique slasher, mais en plus, il en nous révèle son savoir-faire. Il y a une véritable distanciation par rapport au film. Il réussit à filmer l’histoire et à se regarder la filmer, prenant un recul rare pour ce type de cinéma.

On est au-delà du film d’horreur de base.

Comme Carpenter, Craven va au-delà du genre. Et ce n’est pas prétentieux de sa part de faire dire à Gale Weathers qu’elle fut témoin d’une histoire sensationnelle (« amazing breaking story »).

 

Nous avons assisté à un grand moment de cinéma d’horreur.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Carpenter, #Horreur
Halloween (John Carpenter, 1978)

Michael est sorti.

Demain c’est Halloween.

Il est prêt.

Michael n’a pas dit un mot en quinze ans.

Pas depuis Halloween 1963. Ce jour où il est rentré chez lui, a vu sa sœur avec son petit ami puis l’a tuée à coup de couteau.

Il avait six ans.

Il vient de s’évader et retourne dans sa ville, poursuivi par le docteur Loomis (Donald Pleasance, formidable), qui l’avait pris en charge et a essayé de le soigner.

Parce que Michael est un incurable.

Attention, le croque-mitaine (boogeyman!) arrive !

 

Dans ce film, John Carpenter relance une tendance qui était née avec Massacre à la Tronçonneuse : le slasher. Un film où ça zigouille à tour de bras le tout en faisant peur au spectateur. [Vendredi 13 suivra deux ans après]

Mais ce n’est pas aussi sanglant que le prévoyaient les amateurs du genre (dont je ne suis pas), et c’est tant mieux.

 

Il est clair que Carpenter se plaît à créer une ambiance. La violence – vue à travers le masque de Michael au début – est écartée de l’intrigue pendant les 50 minutes suivantes (sur les 86 que dure le film). Seule l’atmosphère s’épaissit. Nous suivons Laurie (la belle Jamie Lee Curtis) et son amie Annie dans les heures précédant la soirée fatale. Michael rôde, on l’aperçoit, comme vision fugitive. Le temps de tourner la tête, et il a disparu. Et en plus, il porte un masque. On ne verra son visage qu’à la toute fin, histoire de montrer qu’il est bien réel…

 

Bien entendu, il y a des fausses pistes qui nous font sursauter, on a déjà vu ça. Mais en 1978, c’était moins courant.

L’habileté de Carpenter, c’est de réussir un film très honorable avec un budget très serré. D’où le soin porté à la création de l’atmosphère, aux éclairages, à la place de l’obscurité. Le tout accompagné d’une musique (signée Carpenter, elle aussi) électronique très caractéristique de l’époque et du genre.

 

Et puis, tout est prêt pour une suite, qui arrivera trois ans plus tard. Et quand je dis une suite, je veux dire plusieurs !

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #J.J. Abrams
Super 8 (J. J. Abrams, 2011)

Ca commence comme un film de Spielberg. Des enfants qui tournent un film de zombies. Jusque là, tout va bien.

Et puis il y a l’accident de train. Et j’avoue que j’ai rarement vu un aussi bel accident. C’est l’un des meilleurs avec celui du Mécano de la General. Vraiment impressionnant.

Nous sommes dans l’Ohio, été 1979.

Joe – qui vient de perdre sa mère – et ses amis tournent donc un film en vue d’un festival.

Ils viennent de trouver UNE interprète. Mais c'est le soir de ses débuts que tout se met - comme le train - à dérailler.

 

Le train qui a déraillé transportait une créature extra-terrestre. Un train de l’Air Force.

Et tout se met en branle : évacuation, traque, attaque… Tout ce qui peut être fait pour l’éliminer.

Et au milieu de tout ça, les enfants qui exploitent toutes les situations pour leur film, avant de devenir part entière de l’action, suite à la disparition de la fille, Alice (Elle Fanning, formidable).

 

Les références à Spielberg sont omniprésentes. Là aussi, on utilise un prétexte pour évacuer les environs et là encore, un groupe de gens motivés veut et va revenir voir. C’est ce qu’aurait pu être Rencontres du troisième Type, si ça avait mal tourné. Si l’extraterrestre qui était resté, par exemple, avait voulu repartir chez lui.

Mais pour le reste, ce n’est pas du Spielberg : il y a une histoire (d’amour) entre le garçon et la fille !

 

Et puis il y a la reconstitution : 1979.

On s’y croirait : la mode, les coupes de cheveux, les lunettes, le walkman qui débarque, et bien entendu, le disco, avec l’incontournable tube de cette année-là : Le Freak (c’est chic). Et en prime, comme générique de fin: My Sharona !

Et puis aussi, un rappel de ce qui fut la grande peur d’invasion de cette période : les Soviétiques (guerre froide oblige !).

 

Enfin, il y a la créature. La grande force, dans ce cas-là, c’est de la suggérer. Et Abrams le fait pendant plus d’une heure. L’apparition est progressive. C’est d’abord une force plutôt qu’une créature. On voit des objets (lourds) voler, les gens approchés sont frappés de terreur. Et c’est seulement dans la dernière demi-heure que nous pourrons l’apercevoir, puis la voir complètement. Et cette découverte – pour les personnages comme pour nous – se fait graduellement. Abrams nous montre de plus en plus ce qu’est cette créature.

Très habile.

 

C’est efficace et bien fait. Du grand Abrams. Et en plus, si on reste pendant le générique de fin, on a droit au film des enfants ! (Et comme on regarde, on ne peut pas savoir qui était la script girl…)

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Weir, #Policier
Witness (Peter Weir, 1985)

Avec Peter Weir, on assiste toujours à un passage. Et ici, ça ne rate pas.

Rachel (Kelly McGillis, superbe) vient de perdre son mari Jacob. Elle reste seule avec son fils Samuel (Lukas Haas), et son beau-père Eli (Jan Rubes). A première vue, on pourrait se croire dans une famille juive. Pas du tout. Nous sommes chez les Amish, une communauté sectaire de Pennsylvanie.

Ce sont des gens extrêmement religieux qui vivent comme à la fin du XVIIème siècle. Alors évidemment, c’est assez arriéré.

 

Rachel doit se rendre à Baltimore. Donc, prendre le train. Passer d’un monde à l’autre. Arrivée, avec Samuel, à Philadelphie, elle apprend que son train a du retard. Alors ils attendent. Plusieurs heures. Et Samuel a une envie naturelle. Au moment de sortir, il assiste au meurtre d’un policier. Il sera le témoin : « witness ».

John Book (Harrison Ford, toujours impeccable) est policier, c’est lui qui dirige l’enquête. Mais rapidement, il sait – grâce à Samuel – que c’est un autre policier qui a tué. De ce fait, il devient lui aussi une cible et va se cacher – et se remettre d’une blessure – dans la communauté amish. A son tour, John Book passe d’un monde à l’autre.

 

Mais si Rachel emprunte l’autre monde – le nôtre – parce qu’elle ne peut faire autrement, Book, pour sa part va s’immerger dans ce monde anachronique. A partir de ce moment, peter Weir va faire passer ses deux personnages principaux d’un monde à l’autre.

C’est John Book qui va – consciemment ou non – faire passer Rachel dans la fin du XXème siècle. C’est une publicité pour le café, la voiture ou la chanson What a wonderful World de Sam Cooke qui permettent cette échappée. A chaque fois, cette bouffée d’air frais est chassée par Eli, garant de l’ordre amish, l’« Ordnung ».

Mais le poids culturel est très lourd, et jamais John ou Rachel ne passera définitivement de l’autre côté. La scène montrant le mieux cet état de fait étant celle où John parle à Rachel à travers le grillage du poulailler : la séparation est très fine, mais on ne peut la franchir.

 

L’autre composante importante du film, peut-être primordiale, c’est le regard.

Celui de Samuel, devant le monde nouveau qui s’ouvre à lui : la gare de Philadelphie devient un lieu étonnant avec sa statue d’ange. Ce même regard naïf qui lui fait assister à une mort violente particulièrement atroce pour un petit garçon innocent.

Celui de Rachel ensuite, dégoûtée, intriguée, puis conquise par cet « Anglais » pour qui la violence est le quotidien.

Celui de John enfin, décalé par rapport à ce monde archaïque. Mais son regard s’intensifie quand il se pose sur Rachel.

Et les adieux entre les deux adultes sont muets. Seuls les regards sont expressifs et nous dispensent un quelconque discours, de toute façon impossible, leurs mondes étant trop différents.

 

Au début, le témoin, c’est Samuel. Mais en fin de compte, ce rôle échoit à John dans ce monde qu’il ne connaît pas.

Et John n’a pas seulement un rôle de témoin. Il ne fait pas qu’observer, il participe aux activités communautaires (non religieuses). Il subit une sorte de rite.

Et l’épreuve de passage – la plus importante – il la rate : il refuse de coucher avec Rachel. Il reste dans son monde et la laisse dans le sien.

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Peter Weir, #Guerre

Peter Weir est le cinéaste du passage.

Passage à l’âge adulte pour les jeunes filles de Picnic at Hanging Rock ou les jeunes garçons du Cercle des Poètes disparus, passage à la réalité pour The Truman Show

Ici, comme pour les jeunes précédemment cités, nous assistons à la transformation de deux jeunes gens, férus de course. Faire son service militaire était considéré comme le véritable passage à l’âge adulte pour beaucoup. Alors faire la guerre…

Ils sont australiens : Archy Hamilton (Mark Lee) vient du Bush, l’autre Frank Dunne (Mel Gibson) de Perth. Ils ont une passion commune : la course.

Malheureusement, la période n’est pas aux amusements : 1915. L’Australie est entrée en guerre et les journaux vantent le courage des soldats. Alors ça enrôle, et ça s’engage. Difficile d’y échapper.

Les voilà partis pour le Front… En Egypte, pour faire leurs classes, puis c’est le vrai départ, pour Gallipoli, sur la côte turque.

Enfin la guerre. Si Archy est content, Frank est beaucoup plus réservé. Pourtant, que la guerre est belle ! Le débarquement se fait de nuit, et l’approche des bateaux vers les petites lumières des campements pendant que les obus éclatent est une vision féérique d’une abomination.

Ensuite, c’est l’attente des assauts.

Weir nous en propose deux. Le premier est vécu par Archy et Frank alors que des amis à eux y participent. Il n’est pas long : un coup de sifflet, des coups de feu, des rafales de mitrailleuses. Seuls les visages inquiets des deux héros importent.

Nous ne verrons de cet assaut que son effet sur les blessés : terrible. Rapidement, l’hôpital de guerre s’inquiète de la morphine qui va manquer.

L’autre assaut va concerner directement nos deux héros. Cet assaut reprend le propos dans Les Sentiers de la Gloire : un assaut stupide qui va causer des mortes inutiles. Mais cette fois, c’est seulement un colonel qui le commande.

Et c’est là que Weir devient formidable. Le colonel a décidé d’envoyer ses soldats à la mort. Il les a condamnés à mort. Il s’agit donc d’une exécution capitale.

Les soldats partagent leur dernière cigarette – celle du condamné à mort – et se soutiennent les uns les autres avant de partir mourir.

Nous ne sommes plus dans la vision idyllique de l’arrivée. La mort n’est plus une abstraction comme lors de l’assaut précédent. Elle devient présente, palpable, inéluctable, mais – hélas – inutile.

Même le recours gracieux – le message suspensif transporté par Frank – n’arrivera pas à temps.

Alors on assiste aux adieux que chacun écrit pour sa famille, des objets personnels sont déposés, leur mémoire.

Et puis c’est l’assaut.

L’autre habileté de Peter Weir dans ce film, c’est le traitement de l’espace. Nous passons de l’Australie, gigantesque, avec le désert infini où règne la solitude (on n’y trouve que trois personnes et un cheval) à l’Egypte, où les soldats sont plus nombreux et en limite de désert. L’espace s’est réduit, même s’il permet toute évolution.

Nous arrivons enfin à Gallipoli où les soldats sont entassés – morts comme vivants – sur une plage ridicule aux pieds d’une falaise. L’espace s’est encore réduit alors que les occupants ont augmenté. Même dans cet espace confiné, tout chemin n’est pas utilisable, des sentinelles turques rappelant aux soldats leur présence mortelle.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #David Lean, #Biopic

Un homme bichonne sa moto. Puis, il s’en va faire un tour. Il fonce. C’est un aventurier moderne.

Mais il y a des cyclistes imprudents. Il fait une embardée, qui l’emmène vers la cathédrale Saint Paul, où l’on peut admirer son buste de bronze.

Reste une paire de lunettes de pilote, se balançant à une branche.

Un mythe vient de mourir.

T. E. Lawrence était devenu un mythe. Celui qui n’était un petit officier un peu fantasque était devenu un grand unificateur de l’Arabie.

Et ceux qui en parlent, ne sont pas ceux qui l’ont connu. Car qui l’a connu ?

Ceux qui l’ont connu ne sont pas à Saint Paul, ce jour-là. Ils sont morts ou restés au Moyen-Orient.

Mais quel destin. Rien ne pouvait dire qu’il deviendrait ce grand personnage, si ce n’est sa connaissance du désert ou de la culture arabe.

Alors Lean déroule.

Ce n’est pas le premier « biopic ». Hollywood en a fait déjà beaucoup en 1962.

Mais cette fois-ci, ce n’est pas Hollywood qui commande, ce sont les Anglais, sous couvert de Columbia Pictures. Et quand les Anglais filment l’histoire d’un autre Anglais…

Et ce qui n’était que la vie d’un être au destin sans pareil devient une fresque d’un demi-dieu.

Seul Cecil B. DeMille avait donné autant de flamboyance à un destin hors norme, dans Les dix Commandements (1956). Mais c’était du domaine biblique, donc sacré.

Ici, pas de religion, ou si peu. Lawrence d’ailleurs refuse la prédestination religieuse et se veut maître de son destin et que les hommes autour de lui le soient aussi.

Comme chez DeMille, le désert est présent, mais pas dans les mêmes proportions. Ce qui pour Moïse était un lieu hostile, devient un lieu de prédilection. Jamais le désert n’a été aussi bien filmé.

Alors que d’habitude, on fait du désert un enfer, ici, cela devient un endroit grandiose. Tout est gigantesque.

Et les hommes ? A l’échelle de ce lieu démesuré : minuscules. Même dans le quartier général du Caire, les soldats ne sont que de petits êtres dans un lieu trop grand pour eux.

Lean prend le parti de les filmer extrêmement petits dans un lieu extraordinairement beau.

Et Lawrence réussit parce qu’il aime cet endroit. Alors que les Arabes déclarent aimer les lieux d’abondance et de verdure, Lawrence maîtrise le désert : il bravera les conseils pour retrouver un égaré à pied, et reviendra, malgré le peu de chances qui lui étaient concédées.

L’atout de ce film, c’est Peter O’Toole. Son premier grand rôle.

Il est grandiose. Plus Lawrence que Lawrence lui-même, peut-être. Et sa ressemblance avec l’original donne encore plus de vraisemblance à l’histoire.

L’autre atout, c’est une distribution de luxe : Omar Sharif (shérif Ali), Anthony Quinn (Auda Ibu Tayi), Claude Rains (Dryden), Alec Guiness (Fayçal), Anthony Quayle (Colonel Brighton), Jack Hawkins (Général Allenby)…

Tous utilisés à bon escient. Alec Guiness, le fidèle d’entre tous les fidèles, depuis Les Grandes Espérances (1946) joue un sheik tout en retenue et fidèle à l’éducation anglaise qu’il reçut au Caire ; Omar Sharif, nouvelle star du cinéma mondial, qui tournera à nouveau avec Lean dans Dr Jivago (1965) ; Claude Rains, dans un rôle de politicien retors comme il savait bien les jouer (etc…)

Bref, trois heures quarante-sept de flamboyance profane, le tout accompagné de la musique inoubliable de Maurice Jarre, autre compagnon de route de David Lean.

Du grand art. Un énorme moment.

PS : Et les femmes dans tout ça ? Il est clair que c’est un film d’hommes. Peu de femmes, voire pas du tout. Elles sont entraperçues dans le camp d’Auda, et une poignée d’infirmières investissent l’hôpital turc de Damas. Pour les reste, rien. Pas une seule.

Doit-on en conclure que Thomas Edward Lawrence ne les prisait pas ? Peut-être. Surtout quand Auda remarque que le shérif Ali pleure quand Lawrence quitte le prince Fayçal (Alec Guiness)…

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog