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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer, #Comédie

Un an avant Grandma’s Boy, on trouvait déjà la même équipe : Fred C. Newmeyer à la réalisation, Hal Roach à la production et au scénario, et bien entendu Harold Lloyd comme interprète principal.

Il y avait déjà aussi Mildred Davis qui jouait la jeune fille à marier (avant que Lloyd l’épouse réellement en 1924 !), et Dick Sutherland comme l’infâme sultan qui veut la femme pour lui.

Le titre original est plus près de l’intrigue : un homme devenu marin. En effet, le personnage de Lloyd, de riche dandy oisif insupportable, devient un marin courageux pour la femme qu’il aime.

Mais le résumé de l’intrigue sur un intertitre au début du film est plus parlant : « un garçon américain est amoureux d’une fille américaine. Et c’est parti ! »

Cela nous montre bien que le but du film est de s’amuser. Peu importe le sujet.

Et ça marche : coups de pieds aux fesses, portes qui claquent, chutes diverses… Et Harold Lloyd. Il est toujours aussi merveilleux, en jeune homme timide mais résolu.

Le couple Roach-Lloyd continue de fonctionner à merveille pour notre plus grand plaisir.

De plus, les seconds rôles – Noah Young en faire valoir, et Dick Sutherland aux yeux haineux exorbités – sont formidables.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Nexmeyer, #Comédie

Harold est un grand échalas amoureux.

  • Le problème ?

Il est faible.

Depuis qu’il est bébé (à lunettes), il a toujours été martyrisé par un autre. Qu’il soit plus petit ou plus grand, il a toujours eu le dessous. Et plus il grandit, moins ça s’arrange.

Adulte, il aime sa jolie voisine qui le lui rend bien.

  • Le problème ?

Il a un rival plus costaud et tyrannique.

Chaque situation est un souci pour lui jusqu’à la solution de Grand-mère : un talisman qui protège du mauvais sort.

  • Le problème ?

Il n’y en a plus !

Un tel afflux de courage et de protection ne peut que changer notre avorton.

Et quel changement !

Du grand Harold Lloyd, avec derrière tout ça, un certain Hal Roach (coscénariste et producteur), alors évidemment, nous sommes en de bonnes mains. Et on rit. On rit d’autant plus que les circonstances extérieures ne nous donnent pas beaucoup l’occasion de le faire.

Nous rions des boules de naphtaline, du râteau, du punch plutôt costaud, de la traque du criminel, et surtout de la bagarre finale, qui n’a rien à envier à celles de John Ford !

Un bon moment de détente et de plaisir à ne bouder sous aucun prétexte.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jean Renoir, #Drame, #Jean Gabin
La Bête humaine (Jean Renoir, 1938)

Un homme : Jacques Lantier. Fils de Gervaise Macquart et de Auguste Lantier. Fils d’alcoolique, petit-fils d’alcoolique, et de tous les autres avant. Alors évidemment, ça laisse des traces.

Elles sont deux dans sa vie : Séverine et Lison.

Séverine, c’est la femme de Roubaud, le chef de gare, c’est dire si c’est pratique.

L’autre, c’est Lison, la machine, la locomotive. Celle qui l’emmène de Paris à Séverine, au Havre.

Lantier, c’est Gabin. Ses yeux bleus délavés, son regard perdu qui parfois se transforme en celui d’une bête.

Ca commençait bien, Lantier avait sa petite vie réglée, avec sa marraine qui habitait près du Havre, avec Flore qui avait grandi et était devenue une femme. Une vie toute tracée.

Mais un soir, dans le train de Paris, il y a un meurtre, et Roubaud, et Séverine. Alors il dit qu’il n’a rien vu, qu’il avait quelque chose dans l’œil.

Et de fil en aiguille, il se retrouve dans les bras de Séverine, pendant que son mari travaille. Mais Séverine ne quitte pas son mari. Il faudrait l’aider. Et Lantier, malgré ses antécédents, n’y arrive pas.

Alors on en reste là. Jusqu’à la prochaine occasion.

Gabin est impeccable, comme toujours dans les films de cette période. A ses côtés, Carette est sobre, humain, compréhensif. Fernand Ledoux est un beau cocu, mais c’est Simone Simon qui tire son épingle du jeu. C’est l’un de ses films emblématiques (avec La Féline de Tourneur).

Elle est pleine de charme et de rouerie, encourageant – sans le dire ouvertement – Lantier à tuer son mari. Elle a un visage tellement angélique, qu’on ferait n’importe quoi pour elle. Mais elle ne rencontre pas la bonne personne. Tant pis.

Et puis il y a l’éclairage, cette lumière qui n’éclaire que les hauts des visages : les yeux bleus des deux protagonistes, associés – malgré eux – dans le crime.

Et puis, on peut se dire que l’adaptation s’éloigne du livre. Quelle importance. Reste Lantier et ses deux compagnes, dont l’infidélité de l’une (une panne) lui amène l’autre, qui devient à son tour infidèle.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Albert Parker, #Douglas Fairbanks, #Pirates

« Enfin un film de pirates ! », ont dû se dire les spectateurs de ce film, voilà déjà 90 ans !

Ca saute, ça virevolte, ça se bat à l’épée, ça douglasfairbankse, quoi !

Il faut dire que tous les ingrédients du film de pirate sont rassemblés dans ce film de Albert Parker.

  • Des pirates sans foi ni loi qui tuent comme ils respirent, comme ça, par habitude ;
  • Un capitaine encore plus rude ;
  • Un trésor enfoui ;
  • Des pirates abimés par la vie et les combats : un unijambiste et un manchot (Donald Crisp, formidable pirate écossais) ;
  • Des bateaux pris d’assaut et mis à sac ;
  • Une jeune femme prisonnière, convoitise des pirates (encore plus) méchants ;
  • Le supplice de la planche ;
  • Un assaut final grandiose ;
  • Des descentes sur les voiles accroché à un couteau…

En plus, une histoire de vengeance d’un fils suite à la mort de son père ; un lieutenant moustachu fourbe (Sam de Grasse) ; une bonne dose d’humour…

Bref, tout pour faire un film épatant.

Au-delà du film d’action cher à Douglas Fairbanks, c’est l’archétype du genre qui nous est proposé. Ensuite, chaque réalisateur n’aura qu’à se servir pour réaliser son propre film de pirates. Même l’intervention de l’escadron de sauveteurs sera utilisé dans James Bond !

Et en plus, c’est en couleur ! Admirer les yeux clairs de monsieur Fairbanks est un sacré atout, surtout pour les spectatrices de l’époque, habitués au noir et blanc parfois teinté.

Le Technicolor est là pour soutenir le film, et nul besoin de couleurs criardes – même si on voit bien le rouge ! – il est clair que ça donne une certaine actualité au film.

Pour le reste, Fairbanks joue sur du velours : il saute de mât en mât, nage comme un dieu, brette comme un spadassin à un contre quatre, et embrasse la fille à la fin !

Une heure trente-quatre de plaisir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fantastique, #Comédie, #Larry Semon
Le Sorcier d'Oz (The Wizard of Oz - Larry Semon, 1925)

Voici une adaptation très libre du roman de Lyman Frank Baum. Rien à voir avec ce que fera Fleming une dizaine d’années plus tard.

Nous sommes déjà à Oz et dans le Kansas (avec sa célèbre tornade) ; Dorothy a déjà une tante Em ; elle rencontre bien sûr l’épouvantail et le bûcheron en fer blanc ; il y a même le lion couard.

Il y a même un magicien, à Oz. Enfin, quand je dis magicien…

Voilà pour les restes de l’histoire originale.

 

Larry Semon récupère ces ingrédients et arrange tout ça à sa sauce pour notre plus grand plaisir. En plus, il s’entoure d’acteurs fidèles (dont un certain Oliver N. Hardy…)

Après, ça nous donne une version décoiffante où les gags côtoient les effets spéciaux : l’essaim d’abeilles, les éclairs et la scène des caisses, pour ne citer que ceux-ci.

 

Pour le reste, l’humour de Larry Semon s’exprime de différentes façon : le burlesque habituel (chutes savoureuses, coups de pied dans les fesses…) ; jeux de mots divers autour des appellation des personnages et des titres princiers) ; ballet.

Ballet ? Oui, parce que quand Larry Semon se déplace, c’est gracieux, c’est léger, ça vole et ça virevolte.

 

Un régal.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Josef von Sternberg, #Gangsters

Un film de gangster. Un vrai. Enfin pas tant que ça. Plutôt un film de rédemption, comme les Américains savent les faire.

Sauf que c’est un Allemand qui a pris les commandes du film, et que ça se voit.

Ca commence comme n’importe quel film de gangster, avec une scène de violence : une explosion. Apparaît alors Bull Weed (George Bancroft). Et Bull Weed, il porte bien son nom : il fonce comme un taureau, et c’est de la mauvaise graine.

Sur son chemin, il rencontre Rolls Royce (Clive Brooks) à qui il va remettre le pied à l’étrier.

Il a une petite amie, Feathers McCoy (la belle Evelyne Brent), qui porte toujours une tenue emplumée, et un partenaire, Slippy Lewis toujours prêt à plaisanter (Larry Semon, très drôle).

Mais c’est un taureau furieux, et quand son ennemi – Buck Mulligan (Fred Kohler) tente de s’en prendre à Feathers, il ne fait pas dans le détail, il le flingue.

Condamné à mort, il s’évade, etc… Je ne vais pas tout raconter.

Par contre, ce qui semblait être un film de gangster américain typique s’est muté en autre chose : une espèce de film allemand.

Pourtant, Sternberg est aux Etats-Unis depuis 1910 et n’a pas de contacts avec les cinéastes d’outre-Rhin.

Mais sa façon de filmer rappelle celle des Austro-Allemands : surtout l’usage des ombres et des visages lors du bal des truands.

Pour le reste, un personnage de Bull Weed en quête de rédemption et qui la trouve, même si son issue est fatale.

Parce que Bull Weed doit mourir, c’est intrinsèque au personnage. Que fait-on des mauvaises herbes (weed) ? On les arrache pour s’en débarrasser.

Un curiosité donc, à savourer tranquillement, en prenant aussi plaisir à voir Larry Semon, gangster pour de faux.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Fritz Lang, #Karl Freund

GRANDIOSE

Un sommet du cinéma. Fritz Lang était un véritable génie.

Avec Metropolis, Fritz Lang nous dévoile la dernière page de son histoire allemande : l’Allemagne demain.

Mais ce demain est très proche du présent de l’auteur. En effet, Metropolis, la cité décrite, est survolée par des avions qui ne sont pas différents de ceux que l’on trouve au-dessus de Berlin en 1926, tout comme les voitures qui y circulent.

De plus, la vie dans les cabarets n’est pas sans rappeler la vie nocturne de Berlin telle quelle est montrée – entre autres – dans les tableaux de Otto Dix. Parce que Metropolis, c’est Berlin. Berlin futuriste, mâtinée de New York, mais Berlin tout de même.

 

Dans ce demain de Fritz Lang, nous sommes tout de même dans une vision du monde très dualiste : la parité est l’un des deux éléments numéraire du film.

On y trouve deux mondes, deux Maria, deux amoureux de Hel…

Deux mondes :

  • Au-dessus, le monde des dirigeants ;
  • En-dessous, le monde des ouvriers.

 

Le monde du dessus est le monde spirituel, le monde du beau du grand : il représente le cerveau. Mais c’est aussi un monde d’insouciance, de corruption et de débauche. Dès qu’un ouvrier s’échappe de son monde, il ne peut que répondre à l’appel du vice.

Le monde du dessous, c’est celui des ténèbres, du vil, du matériel : il représente la main. C’est aussi là que sont les machines et ceux qui vivent et meurent pour elles, les ouvriers. Ils n’ont aucun avenir que la machine. Ils sont résignés, la tête baissée, qu’ils viennent ou reviennent de la machine. Ce sont les machines qui permettent le fonctionnement du monde du dessus.

 

Et dans les ténèbres laborieuses : une lumière, Maria, qui annonce la venue d’un médiateur entre le haut et le bas. Et les ouvriers descendent encore plus profondément pour voir cette lumière.

Deux Maria :

  • La vraie (Brigitte Helm, fantastique), celle qui annonce la venue du médiateur, qui appelle à la réconciliation du cerveau et des mains.
  • L’autre, le robot. Une Maria corrompue, qui sévit à la surface comme dans les bas-fonds. Il s’agit du négatif de la vraie. Elle encourage encore plus la débauche et veut définitivement séparer le cerveau de la main.

Deux amoureux de Hel :

  • Joh Fredersen (Alfred Abel, dur, loin des personnages qu'il interpréta dans Le Docteur Mabuse ou dans Phantom de Murnau : le grand patron de Metropolis. Celui qui l’a créée, qui la dirige. Le père de Freder (Gustav Fröhlich), fils de Hel.
  • Rotwang (Rudolf Klein-Rogge, égal à lui-même), le savant fou : Prométhée moderne, avant le docteur Frankenstein de James Whale, il insuffle la vie dans un robot, dans un laboratoire fait de manettes, d’étincelles et d’incandescence.

Et quelle animation ! Ca s’illumine de partout. C’est une féérie de lumière et d’effets spéciaux. Il faut voir la créature s’animer au milieu des anneaux électriques : extraordinaire.

 

L’autre nombre de ce film est le trois :

  • Le film comporte trois parties : Commencement – Intermède – Furioso. Chaque partie s’enchaîne à la suivante comme dans un concerto, avec une tension qui augmente crescendo avec l’action. Lang va toujours plus loin dans son propos.
  • Les trois lettres de Hel, pas une de plus. Mais on pourrait gloser longtemps sur le nom de cette femme qui est morte en couches. Faut-il y comprendre « Elle », comme le pronom féminin qui suggérerait la féminité absolue de cette femme, ou plutôt y lire « Hell », comme l’enfer chez les Anglo-saxons, suggérant en cela que l’héritage de cette femme apportera le chaos à Joh Fredersen ?
  • Les trois organes de la société de Metropolis : le cerveau qui dirige, le bras qui travaille, tous les deux liés par le cœur.

 

Un autre aspect du film est le côté religieux. Il est fait référence plusieurs fois à la Genèse avec l’histoire de la Tour de Babel, allégorie de la cité Metropolis. Dans la cathédrale, un bas relief représentant la mort et les sept péchés capitaux, péchés ravivés par la fausse Maria. Ces péchés, statufiés ne sont pas sans rappeler les nains qui (sup)portent le trésor des Nibelungen.

Mais c’est dans la trinité cerveau-cœur-main qu’il faut trouver le symbole religieux le plus fort. En effet, ces trois éléments représentent les trois religions monothéistes avec les symboles qui leur sont attribués. Mais là, je m’égare. Quoi que.

 

Et puis il y a Karl Freund et sa caméra. Il fallait que Lang et lui se rencontrent. Ce fut lors de Metropolis. La caméra vivante de Freund apporte beaucoup au style de Lang, rendant le film encore plus magnifique. Cela accentué part un montage dynamique, surtout quand l’histoire s’emballe.

Le film devient même frénétique grâce à l’utilisation de surimpression et de superposition d’images comme Lang aimait à le faire dans ses films précédents. Ce sont des visages, des yeux qui recouvrent l’écran accentuant l’impression de frénésie qui s’empare du film, frénésie qui atteindra son apogée lors de l’inondation de la ville basse.

 

Metropolis est un film inoubliable et que l’on revoit avec un œil toujours nouveau. A chaque projection, de nouveaux détails se révèlent.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Arthur Hopkins, #Lillian Gish, #Comédie

Il s’agit d’un film basé sur le quiproquo. Un homme qui est pris pour un autre meurt. Cet autre assiste impuissant à la supercherie.

Priam Farrel (Roland Young) est cet homme dépassé par les événements. Il assiste à ses propres obsèques, et bien entendu, y pleure.

Il a beau faire des pieds et des mains, personne ne le croit. Il n’est que le valet du défunt.

Heureusement, avec lui il y a Alice Chalice (Lillian Gish, toujours merveilleuse), femme seule qui l’accepte tel qu’il est et refuse qu’il trouve un nouvel engagement chez un nouveau maître (ce dont Priam Farrel serait bien incapable !).

Il est clair qu’on s’amuse de ce quiproquo. On voit la machine implacable qui se met en marche et élimine d’un trait la vie d’un homme. Ce qui pourrait être tragique – combien de fois avons-nous entendu de ces histoires où quelqu’un doit prouver qu’il est en vie – devient une comédie habile, servie par deux personnages complémentaires : d’un côté un artiste incapable de faire autre chose que peindre, de l’autre une femme qui a la tête sur les épaules et lui permet de s’adonner à son œuvre. Peu importe qui il est. L’important, c’est d’être bien ensemble.

Mais bien entendu, la société ne peut laisser cet homme tranquille. Les gens ont besoin de certitude, et notre homme, après avoir été déclaré mort, doit à son tour, prouver qu’il est vivant, afin qu’on le laisse tranquille.

Ce n’est bien sûr pas un chef d’œuvre, mais un film bien sympathique qui se laisse regarder avec d’autant plus de plaisir que nous avons affaire à Lillian Gish et Roland Young, deux acteurs attachants. Avec une mention spéciale pour Montagu Love, ridicule à souhait.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fritz Lang

Deuxième volet de la légende allemande, l’histoire débute après la mort de Siegfried. Kriemhild veut châtier l’assassin de son mari, Hagen Tronje. Mais les Burgondes ne veulent pas le lui donner, lui, le fidèle d’entre les fidèles.

Alors Kriemhild s’en va, répondant favorablement à la demande de mariage de Attila (Rudolf Klein-Rogge, méconnaissable)

Mais c’est surtout en pensant qu’il sera facile d’utiliser Attila pour se venger de ses frères et de Hagen.

Plus tard, elle met au monde un fils et en profite pour faire inviter les Burgondes à célébrer le solstice avec Attila et elle.

Ces frères acceptent, et nous savons alors que ce solstice sera leur dernier.

Cette deuxième partie est placée sous le signe du combat. Il s’agit d’un film sombre, aussi sombre que l’âme de Kriemhild. Il n’y est question que d’honneur, mais cela entraîne un carnage démesuré.

Hagen y est encore une fois méprisable – il tue l’enfant de Kriemhild et Attila – et les Burgondes s’obstinent dans la protection du félon.

Finalement, de la légender grandiose commencée avec Siegfried, ne reste que le côté noir : la mort est omniprésente. Tout se règle par la violence. Plus rien n’est noble, depuis le lâche assassinat de Siegfried. C’est le côté obscur qui l’a emporté. Et au milieu de tout ça : Attila. Il n’est que le jouet de Kriemhild. Il lui obéit car il a juré, mais il n’est pas d’accord.

Et quand tout est terminé, qu’a-t-il gagné ? Rien. Au contraire : la plupart de ses guerriers sont morts, son palais est détruit, et sa femme – qui n’a jamais aimé que Siegfried – est morte.

Le rythme de cet épisode est un peu plus soutenu du fait des scènes de bataille. Mais la grandeur initiale est toujours là. Il est aussi intéressant de comparer les Burgondes et les Huns. Les Burgondes habitent un grand château austère alors que les Huns vivent dans ce qui ressemble à des huttes. Les Burgondes portent armures et grandes robes alors que les Huns sont vêtus de peau de bête. Tout les oppose, s’il n’y avait Kriemhild. Les Huns, qui sont plutôt primitifs ont finalement déteint sur Kriemhild. Elle renonce à la grandeur burgonde pour devenir à son tour une barbare assoiffée de sang.

Il est clair que le film repose sur les épaules de Margarete Schön, qui campe une Kriemhild aux yeux bleus et froids à la poursuite exclusive de sa vengeance. Mais à quel prix…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fritz Lang, #Fantastique

On prend les mêmes, et on recommence.

Pour ce film, Fritz Lang a utilisé les mêmes que pour Le Docteur Mabuse : Carl Hoffmann derrière la caméra, Otto Hunte pour les décors, ainsi que les acteurs Paul Richter, Bernhardt Goetzke, Hans Adalbert Schlettow et Georg John. Seul Rudolf Klein-Rogge n’est pas là, il apparaîtra dans le deuxième épisode.

Après avoir illustré l’Allemagne éternelle dans Les trois Lumières, l’Allemagne contemporaine dans Docteur Mabuse, le Joueur, Fritz Long continue son œuvre avec l’Allemagne légendaire, mythologique.

Avant lui, Wagner avait mis en musique cette saga norroise. Depuis, cette histoire est intimement liée à ce film exceptionnel.

Lang, avec ce film, réussit à montrer la grandeur des opéras wagnériens. Cette histoire n’est pas une historiette. Nous sommes dans le mythe fondateur, celui de la grandeur allemande. Il faut dire que les décors de Otto Hunte y sont pour beaucoup. Ces décors épurés inspireront Marcel Carné dans Les Visiteurs du soir, mais sans y apporter le souffle épique qui baigne le film de Lang. Pour une fois, on peut regretter que ce film ne fût pas en couleur, tant les motifs sont nombreux et semblent chamarrés voire chatoyants. Mais qu’importe, ils soulignent la grandeur de cette saga. Que de portes, d’arches et de fenêtres, amenant des symétries accentuant cette grandeur. Ces décors sont grandioses, gigantesques, et montrent aussi que l’homme, aussi valeureux soit-il est petit et rien d’autre qu’un jouet dans les mains du Destin.

Parce que le Destin est omniprésent. En tuant le roi Nibelung, Siegfried s’empare de son trésor, mais aussi s’attire sa malédiction. A partir de ce moment, quoi qu’il fasse, nous savons qu’il périra.

Et puis, il y a les femmes. Elles sont toujours essentielles chez Lang. Ici, elles sont toutes les deux fières et farouches. D’un côté Krimhild, épouse de Siegfried, de l’autre, Brunhild, épouse du roi Günther. Ce soint elles qui précipitent la mort de Siegfried. Leur orgueil mal placé amenant le geste fatal de Hagen, fidèle d’entre les fidèles de Günther. Ce geste amenant une soif de vengeance chez Krimhild, qui s’épanouira dans le deuxième opus de cette saga.

Lang, avec ce film, joue la carte du fantastique et s’en tire très bien, grâce aussi aux surimpressions qui lui sont chères et déjà utilisées dans ses films précédents. Et puis le dragon que combat Siegfried n’a rien à envier au King Kong de Cooper & Schoedsack.

Lang, en réalisant cette fresque, s’inscrit totalement dans son époque. Suite à la défaite de 1918, l’Allemagne souffre du complexe du vaincu. C’est un pays qui doit se reconstruire. En plus, l’année précédente, le pays a subi une récession sans précédent – le Docteur Mabuse n’y fut pour rien – entraînant une flambée des prix astronomique (une miche de pain valait des milliards de Deutsch Marks). Nous trouvons donc dans cette histoire ce désir (conscient ou non) de retour à la grandeur de l’Allemagne, qu’il soit social ou moral. Lang l’exprime de cette façon. Hitler – qui a raté son putsch l’année précédente – aura d’autres arguments.

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