Le fauve, c’est Ralph Cotter (James Cagney), évadé du bagne dans le sang, de retour aux affaires. Il est direct et surtout, ne fait pas spécialement dans la délicatesse, éliminant sans scrupule les gêneurs.
Depuis son évasion, il vit avec Holiday Carleton (Barbara Payton) qui a organisé l’évasion de son frère (Neville Brand) dont Ralph a profité, tuant au passage ce dernier…
Voilà bientôt un an qu’est sorti L’Enfer est à lui, et nous retrouvons James Cagney dans un rôle similaire, celui d’un truand implacable et surtout extrêmement dangereux. Mais cette fois-ci, Gordon Douglas, à travers le scénario de Harry Brown, lui laisse une porte de sortie, sa rédemption : c’est le personnage de Margaret Dobson (Helena Carter) qu’il trouve sur son chemin. C’est une héritière qui lui permettrait une vie aisée, et surtout légale !
Mais bien entendu, le Destin veille, et surtout nous sommes toujours à une époque où il n’est pas question qu’un tel personnage s’en sorte. Qu’il gagne son salut, d’accord, mais qu’il y reste en même temps !
A nouveau, le film commence par la fin : c’est le jugement des complices de Cotter qui ouvre le film, avec une évidence, Cotter n’est pas là. Le principal artisan des méfaits dont nous allons être les témoins est absent e »t nous apprendrons – dans l’une des dernières séquences – pourquoi.
Et Douglas fait défiler les différents protagonistes à la barre, recréant pour nous dans une série de flashbacks, toute l’affaire : de l’évasion jusqu’à la résolution – tragique, est-il besoin de le dire – de toute cette affaire.
Et à nouveau, James Cagney crève l’écran – en plus de quelques buffets par l’intermédiaire de son personnage – interprétant un truand magnifique, dont nous savons dès le début son destin tragique (nous sommes en 1950, rappelez-vous !).
Cagney nous renvoie près de vingt ans plus tôt quand il était chez Wellman et interprétait Tom Powers : un truand sûr de lui, agissant en toute impunité.
Mais Cotter n’est pas Powers, et la grande différence entre les deux personnages vient avant tout du temps qui a passé : Powers était un jeune chien fou alors que Cotter a vécu. Il a même fait de la prison, ce qui l’a tout de même bien calmé. Quoi qu’on puisse en douter puisqu’une fois sorti, il n’a qu’une idée en tête : reprendre sa vie d’avant, avec en ligne de mire l’envie d’amasser un maximum d’argent. Pour quoi faire ? On n’en sait toujours rien, comme d’habitude !
Mais si Cagney crève l’écran c’est aussi parce que le reste de la distribution est à la hauteur et en particulier un « méchant » qu’on n’attendait pas : Ward Bond. Si ce dernier s’est installé dans le microcosme fordien, il n’en demeure pas moins une pointure dans le second rôle hollywoodien et Gordon Douglas utilise merveilleusement ses capacité : Charles Webber est un flic pourri, piégé par Cotter. D’un autre côté, c’est un doux piège : il ne fallait pas beaucoup le pousser pour qu’il passe du côté obscur…
Bref, un film noir réalisé de main de maître par un réalisateur qu’on aurait tendance à qualifier de discret et dont on reparlera très certainement ici.
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