Quatre jours.
Quatre morts.
Tous par balle.
Tous avec la même arme : une carabine de précision (un fusil à lunette, quoi !).
Seulement voilà, comme l’annonce le titre, il n’y a pas de mobile apparent.
Et cela ennuie bien Stéphane Carella (Jean-Louis Trintignant), l’inspecteur en charge de l’affaire.
Une seule possibilité : chercher dans le passé de ces personnes un détail commun.
Oui, j’ai toujours trouvé qu’il y avait une parenté avec La Mariée était en noir, sorti trois ans plus tôt. Mais Labro n’est pas Truffaut (heureusement ?), et surtout le point de vue développé est celui de l’enquêteur plutôt que du tueur. C’est donc une quête niçoise teintée d’une patine sociale : nous sommes à l’aube des années 1970 et Labro dresse une sorte de tableau de la société et plus particulièrement des médias et de la police.
En effet, on y trouve plusieurs interventions des médias et en particuliers : des extraits radiophoniques avec la voix caractéristique d’André Arnaud (1) sur une station qui se revendiquait numéro un ; la presse écrite qui étale ses titres qui étale ses titres plus ou moins sensationnels ; et la télévision avec ses inévitables jeux, dont celui qui nous concerne est présenté par Julien Sabirnou (Sacha Distel). Sans oublier la ruée des journalistes vers le cœur de l’info !
Question police, nous avons le fonctionnement habituel (comme nous le trouvons ailleurs à la même époque) avec surtout le déploiement des forces de l’ordre, autre signe d’une époque. On y trouve aussi les éternels ennemis de la police en ligne de mire : les « gauchistes » fustigés par un sous-préfet à la recherche de solutions rapides.
C’est, bien entendu, un film complètement enraciné dans son époque (comme toujours, je vous le rappelle) et qui se laisse regarder avec beaucoup de plaisir.
Labro filme tranquillement son intrigue, servi par une distribution à la hauteur de son événement. On y retrouve quelques seconds rôles qui vont émailler la décennie et en prime l’énaurme Jean-Claude Rémoleux dans le rôle – furtif – d’un candidat au jeu-télé. Candidat malheureux, cela va de soi.
Sans oublier la très belle Dominique Sanda (Sandra Forest) qui participe ici à (seulement) son deuxième film français.
Et bien sûr le formidable Jean-Louis Trintignant, inspecteur dubitatif obnubilé par le lavage de ses mains.
Au final, un film policier bien ficelé où Labro, dont c’est le deuxième long métrage, prend son temps, suivant en outre les conseils de Melville. J’espère toutefois qu’il n’était pas aussi autoritaire que le maître…
Le scénario est signé Lanzmann (Jacques) et annonce une collaboration pour ses trois suivants.
Nous sommes donc en très bonne compagnie, alors nous savourons…
- Je vous parle d’un temps que les moins de 40 ans ne peuvent pas (beaucoup) connaître…
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