Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards
Quand la Panthère rose s'emmêle (The pink Panther strikes back - Blake Edwards, 1976)

Aujourd’hui est un grand jour pour l’ex-commissaire Dreyfus (Herbert Lom) : après avoir été interné, une commission doit se réunir pour autoriser sa sortie. Il est guéri : l’inspecteur Clouseau (Peter Sellers) ne lui fait plus ni chaud ni froid !

D’ailleurs ce dernier est venu apporter son soutien à son ancien supérieur… Avec les désagrément inévitables : Dreyfus restera dans l’établissement psychiatrique.

Jusqu’à ce qu’il s’évade et menace le monde !

Mais le monde n’a rien à craindre : l’inspecteur Clouseau veille et va déjouer les plans machiavélique de ce nouveau maître du crime.

 

Et de quatre !

Quatrième aventure du célèbre inspecteur où la Panthère rose – le diamant du premier épisode – n’apparaît pas, mais où l’animal introduit à nouveau l’épisode, dans un générique hommage au cinéma très réjouissant.

Pour le reste, nous retrouvons Clouseau en pleine forme – ce qui n’était malheureusement pas le cas de Peter Sellers, affaibli par les infarctus – dans une aventure qui n’est pas sans rappeler celles de James Bond : super-organisation constituée de super-criminels, rayon fatal qui fait disparaître sa cible, base secrète high-tech (etc.)…

 

On s’amuse toujours autant (même si le tournage ne fut pas des plus joyeux : Sellers & Edwards communiquaient par personnes interposées, créant de fait un climat de malaise dans l’équipe), Clouseau est toujours aussi maladroit et idiot, enclin à enfiler des déguisements et bien entendu séducteur… Malgré lui ! C’est un nouveau festival de gags le plus souvent visuels, avec quelques éléments en rapport avec l’accent français inimitable de Peter Sellers… Inimitable, mais surtout incompréhensible pour les autres protagonistes.

Ces autres protagonistes parmi lesquels on peut retrouver Omar Sharif (un tueur, égyptien cela va de soi) ou encore Roy « oompa loompa » Deep (tueur italien habillé en Robin Hood), et la voix de Julie Andrews pour doubler Jarvis (Michael Robbins), qui interprète un rôle un tantinet prémonitoire pour elle…

 

Bref, nous sommes en bonne compagnie et même si certaines séquences ont été coupées (et seront réutilisées plus tard), on ne peut que se réjouir de cette nouvelle apparition du pire inspecteur de police du cinéma : Peter Sellers était absolument fabuleux et malgré les tensions avec Blake Edwards, on ne peut que se réjouir de cette collaboration entre deux spécialistes de la comédie.

La prochaine sera, malheureusement, la dernière.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards
Quand l'Inspecteur s'emmêle (A Shot in the dark - Blake Edwards, 1964)

L’inspecteur Jacques Clouseau (Peter Sellers) est libre : son incarcération après l’épisode précédent, comme annoncée, était une erreur. Il a donc réintégré la police française et sert sous les ordres du commissaire Dreyfus (Herbert Lom).

Mais il est toujours aussi maladroit et c’est par erreur qu’il se retrouve chargé d’une enquête criminelle chez le millionnaire Benjamin Ballon (George Sanders) : quatre personnes sont progressivement tuées, et la jeune Maria Gambrelli (Elke Sommer) semble la coupable.

Mais l’inspecteur s’en mêle et, bien entendu, s’emmêle…

 

Nous sommes donc dans le deuxième épisode des aventures du commissaire Clouseau, et il faut avouer que Blake Edwards s’en donne à cœur joie, dirigeant avec brio l’extraordinaire Peter Sellers, encore plus gaffeur que la fois précédente. Nous avons même droit à une réminiscence d’un gag précédent, quand Clouseau (qui d’autre ?) fait tourner un globe terrestre.

 

Pour le reste, c’est un véritable hommage au cinéma burlesque qui nous est offert, Edwards accumulant les gags sans parole, dont une longue introduction justifiant le titre original (1) : un chassé-croisé der personnages peu fidèles qui vont de chambre en chambre jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit abattu de quatre coups de pistolet.

 

Et comme nous sommes avec Clouseau, ce sont des gags récurrents qui s’installent, grâce aussi à la présence de deux nouveaux personnages eux aussi récurrents, Dreyfus et le serviteur Kato (Burt Kwouk). Dreyfus pour sa haine viscérale de Clouseau (et son œil qui tressaute) et Kato pour ses attaques impromptues (et inopportunes) contre son maître.

 

Par contre, rapidement, nous perdons le très léger intérêt que nous pouvions avoir pour l’intrigue policière qui, si elle semble résolue in fine, ne résiste pas au rouleau compresseur que représente le petit policier : il casse, se cogne, plonge (malgré lui), échappe à une série d’attentats et doit même s’enfuir d’un camp de naturistes !

 

Bref, Edwards et Sellers sont en pleine forme, accumulant sans répit ni retenue des gags toujours plus farfelus, pour notre plus grand bonheur.

 

Un régal !

 

  1. Un coup de feu dans la nuit.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Gordon Douglas
Le Fauve en liberté (Kiss tomorrow Goodbye - Gordon Douglas, 1950)

Le fauve, c’est Ralph Cotter (James Cagney), évadé du bagne dans le sang, de retour aux affaires. Il est direct et surtout, ne fait pas spécialement dans la délicatesse, éliminant sans scrupule les gêneurs.

Depuis son évasion, il vit avec Holiday Carleton (Barbara Payton) qui a organisé l’évasion de son frère (Neville Brand) dont Ralph a profité, tuant au passage ce dernier…

 

Voilà bientôt un an qu’est sorti L’Enfer est à lui, et nous retrouvons James Cagney dans un rôle similaire, celui d’un truand implacable et surtout extrêmement dangereux. Mais cette fois-ci, Gordon Douglas, à travers le scénario de Harry Brown, lui laisse une porte de sortie, sa rédemption : c’est le personnage de Margaret Dobson (Helena Carter) qu’il trouve sur son chemin. C’est une héritière qui lui permettrait une vie aisée, et surtout légale !

Mais bien entendu, le Destin veille, et surtout nous sommes toujours à une époque où il n’est pas question qu’un tel personnage s’en sorte. Qu’il gagne son salut, d’accord, mais qu’il y reste en même temps !

 

A nouveau, le film commence par la fin : c’est le jugement des complices de Cotter qui ouvre le film, avec une évidence, Cotter n’est pas là. Le principal artisan des méfaits dont nous allons être les témoins est absent e »t nous apprendrons – dans l’une des dernières séquences – pourquoi.

Et Douglas fait défiler les différents protagonistes à la barre, recréant pour nous dans une série de flashbacks, toute l’affaire : de l’évasion jusqu’à la résolution – tragique, est-il besoin de le dire – de toute cette affaire.

 

Et à nouveau, James Cagney crève l’écran – en plus de quelques buffets par l’intermédiaire de son personnage – interprétant un truand magnifique, dont nous savons dès le début son destin tragique (nous sommes en 1950, rappelez-vous !).

Cagney nous renvoie près de vingt ans plus tôt quand il était chez Wellman et interprétait Tom Powers : un truand sûr de lui, agissant en toute impunité.

Mais Cotter n’est pas Powers, et la grande différence entre les deux personnages vient avant tout du temps qui a passé : Powers était un jeune chien fou alors que Cotter a vécu. Il a même fait de la prison, ce qui l’a tout de même bien calmé. Quoi qu’on puisse en douter puisqu’une fois sorti, il n’a qu’une idée en tête : reprendre sa vie d’avant, avec en ligne de mire l’envie d’amasser un maximum d’argent. Pour quoi faire ? On n’en sait toujours rien, comme d’habitude !

 

Mais si Cagney crève l’écran c’est aussi parce que le reste de la distribution est à la hauteur et en particulier un « méchant » qu’on n’attendait pas : Ward Bond. Si ce dernier s’est installé dans le microcosme fordien, il n’en demeure pas moins une pointure dans le second rôle hollywoodien et Gordon Douglas utilise merveilleusement ses capacité : Charles Webber est un flic pourri, piégé par Cotter. D’un autre côté, c’est un doux piège : il ne fallait pas beaucoup le pousser pour qu’il passe du côté obscur…

 

Bref, un film noir réalisé de main de maître par un réalisateur qu’on aurait tendance à qualifier de discret et dont on reparlera très certainement ici.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Viggo Mortensen
Jusqu'au Bout du monde (The Dead don't hurt - Viggo Mortensen, 2023)

C’est une femme, Vivienne (Vicky Krieps), qui meurt. Son mari, Olsen (Viggo Mortensen) lui ferme les yeux et part avec son fils (Atlas Green).

Avec la mort de Vivienne, c’est la fin d’une extraordinaire histoire d’amour, commencée un peu avant la Guerre de Sécession, à San Francisco.

Ils se rencontrent, ils s’aiment, ils s’installent ensemble. Mais il part à la guerre et l’ignoble Weston Jeffries (Solly McLeod) en profite : il la viole, lui laissant un souvenir difficile à effacer : un fils.

Alors quand Olsen revient, l’histoire d’amour ne peut plus être la même…

 

Encore une fois, Viggo Mortensen confirme que quand un acteur passe de l’autre côté de la caméra, le film se concentre un peu plus sur les interprètes. Et si Mortensen est encore une fois impeccable, notre attention se porte immanquablement sur Vicky Krieps qui campe une femme de l’Ouest tout à fait singulière.

EN effet, le western est considéré – depuis longtemps – comme un milieu masculin où très peu de femmes ont de l’importance. Il y a eu Johnny Guitar, Jane got a Gun, et maintenant, il y a donc Jusqu’au Bout du monde. Vivienne est une femme forte comme on en trouve dans cet Ouest hollywoodien : volontaire, et surtout qui sait tenir un revolver.

Mais si on pense à ces femmes fortes qui ont émaillé les films des grands spécialistes du genre – Ford, Hawks, Walsh (etc.) – Mortensen ajoute un élément que ses prédécesseurs n’osaient envisager (code Hays oblige) : le viol. Et surtout le viol qui laisse une trace indélébile, la présence d’un enfant.

 

Pour le reste, nous sommes bel et bien dans un film du genre où nous retrouvons de magnifiques (et grands) espaces naturels, et surtout une forme de manichéisme, avec un méchant qui l’est pleinement (indispensable) et bien entendu un duel final qui, s’il n’a pas lieu au soleil couchant, demeure tout de même inévitable et résout logiquement l’intrigue.

Il faut dire que le personnage de Weston Jeffries est une magnifique ordure, arrivant même à dégoûter ceux de son camp, et en particulier son père (Garret Dillahunt). Bref, un méchant absolu, qu’on a, encore une fois, du plaisir à haïr.


Et Viggo Mortensen déroule, filmant en prenant son temps une histoire d’amour singulière, là où on ne l’attendait pas. Et à l’instar de nombre des ses personnages, on retrouve une grande délicatesse dans son travail. Mais cette délicatesse n’empêche toutefois pas la violence : si le viol n’est pas montré, nous avons toutefois droit à deux pendaisons et deux morts violentes dans la première partie du film. Sans oublier le duel final qui signe la mort inéluctable du méchant (bien fait ?).

Quoi qu’il en soit, Vivienne est mise en avant pour ce qu’elle est, une femme. Mais pas une femme des années 1860 : elle est plus moderne dans sa façon de penser. Malheureusement, les hommes, eux, sont restés dans la période choisie et elle va malheureusement en souffrir. Deux éléments masculins vont faire basculer sa vie : le départ à la guerre d’Olsen (il ne peut pas s’en empêcher) et bien sûr le viol. Parce que ce sont ces deux éléments qui vont modifier cette histoire d’amour et la vie de cette femme.

 

Et je n’aime pas charger la mule, mais si Olsen n’était pas parti à la guerre…

D’un autre côté, il n’y aurait pas de film ! Enfin pas ce film-là.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Claude Zidi, #Louis de Funès
L'Aile ou la cuisse (Claude Zidi, 1976)

Charles Duchemin (Louis de Funès) est le directeur des guides du même nom, ceux qui font la pluie et le beau temps sur la cuisine française.

Il visite, note et attribue les précieuses étoiles qui font la renommée de la gastronomie française. Alors bien évidemment, il fait des jaloux et surtout un de ses concurrents les plus farouches : Jacques Tricatel (Julien Guiomar). Ce dernier est le représentant de ce que nous appelons aujourd’hui la « malbouffe », et nourrit des millions de personnes via ses restaurants d’entreprises et autre relais autoroutiers.

Qui de ces deux géants de la nourriture va l’emporter sur l’autre ? Philippe Bouvard (lui-même) va trancher.

 

Voilà cinquante ans que le film est sorti et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il reste, malheureusement d’actualité. Mais pas dans le sens où on le croyait à l’époque : la malbouffe l’a emporté (dans la plupart des endroits) et si Tricatel reste un nom fictif, on n’en pense pas moins à un autre Jacques dont le nom se termine en « el », et qui proposait déjà de la nourriture loin des standards dont Duchemin est le parangon. Lui aussi a un nom qui en rappelle un autre en « in ».

Mais ce qui est avant tout un modèle de société – surtout en France, pays de la gastronomie – reste ici au niveau de la comédie, spécialité de Claude Zidi. Et nous sommes gâtés ? Parce qu’en plus d’une intrigue propice aux gags, ce sont deux grands noms de la comédie française qui se rencontrent pour notre plus grand plaisir : Louis de Funès, donc et Michel Colucci (Coluche). Si l’un représente la comédie traditionnelle du cinéma français, Coluche, pour sa part, représente la nouvelle génération : pas étonnant donc qu’on trouve des gens comme Martin Lamotte (Roland), Marie-Anne Chazel (une des convives au repas du cirque) ou encore Gérard Lanvin (un des clients du café) !

 

La gageure était de taille : réussir à faire se rencontrer deux monuments du rire aussi différents l’un de l’autre est déjà un exploit, mais réussir en prime le film en est un autre. Certes, à sa sortie, certains milieux bien pensants on eu tendance à conspuer cette nouvelle comédie de Zidi – je ne cite personne mais il me semble que ça pourrait se terminer par « rama » – il n’empêche que le duo fonctionne à merveille et on s’amuse du talent comique des deux protagonistes principaux.

Bien entendu, De Funès se retrouve à la tête d’un film bien français, encore une fois, mais ce sujet, somme toute grave, déborde du cadre purement hexagonal et coïncide pleinement avec l’actualité gastronomique mondiale : la restauration rapide se répand dans le monde entier et il ne va pas falloir attendre bien longtemps avant qu’une marque au M jaune s’installe en France, avec ses steaks hachés en sandwiches (1), et son clown (encore un) qui n’est pourtant pas à la Maison Blanche…

 

Alors on en reprend : l’aile, la cuisse et puis tout le reste, avec beaucoup de bonheur.

Et au bout d’une quinzaine de fois (plus certainement), je n’arrive pas à m’en lasser…

 

  1. La manière de fabriquer du steak haché par l’entreprise Tricatel est inoubliable, même si un tantinet exagéré : n’est-ce pas le propre de la comédie que d’accentuer les effets ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Michael Curtiz
Mon Père et nous (Life with Father - Michael Curtiz, 1947)

« La vie avec Père », nous dit le titre original. Quelle vie… Et surtout quel père !

Clarence Day Sr. (William Powell), règne d’une main de maître sur sa maison : sa femme Vinnie (Irene Dunne), et ses quatre fils, Clarence Jr. (Jimmy Lydon), John (Martin Milner), Whitney Johnny Calkins) et le petit Harlan (Derek Scott).

Enfin, à l’instar du maître du logis de Dreyer, c’est plutôt Vinnie qui dirige tout, embrouillant, avec talent, l’esprit de son mari, le retournant telle une crêpe à la chandeleur.

Alors que les Day ont la visite de la cousine Cora (Zasu « Trina » Pitts) accompagnée de la jeune – et belle – Mary (Elizabeth Taylor), la famille se rend compte que ce même père n’a jamais été baptisé !

C’est impensable quand on a été élevé dans la religion comme Vinnie… Et ses enfants !

Et en fin de compte, s’il n’a pas été baptisé, son mariage est-il valable ?

Ces questions sont primordiales dans le New York de la fin du XIXème siècle…

 

Autant le dire tout de suite, Clarence Day Sr. n’est toujours pas baptisé quand le film se termine. Mais cela ne devrait plus tarder… Quoi qu’il en soit, Michael Curtiz réussit ici une comédie pittoresque, servie par une distribution à la hauteur de l’enjeu, Powell et Dunne assurant à eux seuls une grande partie du succès. Mais comme toujours, deux vedettes ne suffisent pas si les seconds rôles ne les soutiennent pas. Heureusement, c’est donc le cas ici et on passe un bon moment en compagnie de cette famille somme toute banale s’il n’y avait pas ce père faussement tyrannique.

Les éclats récurrents – « Goooooood ! (1) » a – de cet homme d’affaire dépassé par sa famille sont attendus avec impatience à mesure que l’intrigue se déroule. De même pour le défilé des servantes – une nouvelle chaque jour – qui lui font dire à chaque fois : «  qui est-ce ? ».

 

Et le talent de Michael Curtiz, c’est aussi de faire d’une pièce de théâtre un film, échappant au théâtre filmé grâce, entre autres, au talent de Robert M. Haas & George James Hopkins qui recréent un New York fin de siècle de toute beauté. L’introduction du film nous y prépare d’ailleurs puisque nous voyons de vieux clichés vus à travers une visionneuse à double image comme on en trouvait à l’époque. Le passage au film se fait alors tout en douceur et nous nous retrouvons comme projetés à l’intérieur de ce monde un tantinet désuet parce que révolu.

Et en touche finale pour ce décor d’un autre temps, nous avons le policier qui déambule, interprété par Monte Blue, lui aussi un acteur d’un autre temps…

 

Oui, Curtiz nous régale avec cette comédie – d’après une histoire vraie ! La famille de Clarence Day a véritablement existé et c’est Junior qui en a écrit un livre – dont l’intrigue n’est pas si simple que ça. Car, outre l’histoire du baptême paternel, nous avons droit à une histoire d’amour naissante entre Clarence Junior et la belle Mary, ainsi q’un remède miracle qui soigne (presque) tout et que John vend aux amis de la famille. Ce remède miracle, véritable poison, est tout de même un des déclencheurs de la rédemption : eh oui, c’est bien un film américain et si Vinnie tanne son mari pour qu’il soit baptisé, c’est avant tout pour assurer son salut ! On y revient toujours !

 

AU final, une comédie enlevée, servie par un duo vedette en pleine forme et un Michael Curtiz qui semble s’amuser de toutes ces péripéties.

Un film à (re)découvrir…

 

  1. « God », pas « good ». Avec un o ouvert qui tire sur le a.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Richard Boleslawski, #Charles Brabin
Raspoutine et l'Impératrice (Rasputin and the Empress - Richard Boleslawski & Charles Brabin, 1932)

Il faut attendre (et atteindre) la vingt-huitième minute pour qu’il entre enfin en scène : Grigori Efimovitch Raspoutine (Lionel Barrymore). Il porte son habit sombre et bien sûr sa longue barbe.

Il est humble, comme il se doit, mais nous ne nous y trompons pas : c’est un être malfaisant qui vient d’arriver comme le suggère la caméra du grand William H. Daniels : il s’avance vers l’impératrice (Ethel Barrymore), et son ombre va bientôt la couvrir, annonçant la main mise qu’il aura sur cette famille singulière.

Mais reprenons. Alors qu’il s’amuse avec ses sœurs, le tsarévitch Alexis (Tad Alexander) tombe et s’écorche. Rien de bien grave, normalement, mais cet incident révèle une infortune plus grave : l’hémophilie. Le docteur du palais (Edward Arnold) est impuissant, et il demande même l’aide de son confrère allemand (Gustav von Seyffertitz) qui ne peut rien de plus.

C’est alors qu’arrive l’homme de la situation, Raspoutine. Certes, il va soigner l’enfant, mais il va l’hypnotiser et le tenir sous sa coupe. Son ambition : régner sur la Russie.

 

En 1932 (quand sort le film), c’est avant tout la légende de Raspoutine qui alimente les récits : racontée par ceux qui ont participé à l’exécution de l’homme et qui ont un tantinet enjolivé les choses, faisant naître cette légende. Ce sera donc par le poison que Grigori Efimovitch va mourir, avec en prime une noyade dans une eau des plus gelées (nous sommes fin décembre 1916). Et le prince auteur de cette exécution, s’il ne s’appelle pas Ioussoupov, en est tout de même bien inspiré : Paul Chegodieff (John Barrymore).

[NB : Ce sont les balles qui ont tué Raspoutine, et il semble qu’il n’y ait eu aucune tentative d’empoisonnement…]

 

Et en plus de ce personnage particulier, l’intérêt du film réside dans la présence des trois Barrymore. Si ce n’est pas la première fois (c’était en 1917), nous sommes obligés de convenir que c’est la seule fois puisque le film précédent (National Red Cross Pageant) est perdu. Et c’est une sacrée gageure que d’avoir réussi à rassembler ces trois monstres sacrés.

Après John et son Svengali, c’est donc au tour de Lionel d’interpréter un personnage qu’on a plaisir à haïr.

Sa prestation est absolument phénoménale, proche du cabotinage, bien sûr, mais quand on est un Barrymore… Toujours est –il que son interprétation, couplée avec la caméra de Daniels nous offrent un spectacle captivant et surtout un Raspoutine ignoble à souhait : hypnose, débauche et ambition démesurée font de cet homme un être abject, archétype du méchant. Et les éclairages – quand il tente de pénétrer dans la chambre de Maria (Jean Parker) – accentuent son aspect malsain.

 

Et question décor, Gibbons (à moins que ce soit plutôt Alexander Toluboff, ce qui semblerait plus logique, Gibbons étant le grand patron du département décors) recrée la Russie tsariste avec beaucoup de faste et de magnificence. La cérémonie des trois cents ans de pouvoir des Romanov qui ouvre le film donne une assez belle idée de ce que va être l’aspect général du film. Parce qu’en plus, on a convoqué les chœurs orthodoxes grecs et russes de Los Angeles pour donner encore plus de poids à cette re-création. A cela s’ajoutent des archives documentaires de l’époque, ce qui nous donne un film on ne peut plus russe.

C’est, de ce point de vue, un vrai régal, avec en prime un véritable russe de Saint-Pétersbourg : Mischa Auer (le serveur de pâtisseries empoisonnées).

 

Bref, un film spectaculaire interprété par une kyrielle de grands noms qui, malheureusement, fut un échec à sa sortie. Dommage, il méritait beaucoup mieux !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Franklin J. Schaffner
Ces Garçons qui venaient du Brésil (The Boys from Brazil, Franklin J. Schaffner, 1978)

Attention : de véritables éléments de résolution de l’intrigue se sont glissés dans le texte qui va suivre. Lisez à vos risques et périls…

 

Et s’ils viennent du Brésil, ce n’est pas par hasard.

L’Amérique du Sud fut un eldorado après la Deuxième Guerre Mondiale, surtout pour ceux qui étaient recherchés plus ou moins activement pour leur participation aux crimes de guerre qui furent jugés à Nuremberg dès 1946.

Et parmi ces criminels recherchés, nous en trouvons un en bonne position : le docteur Josef Mengele, ce médecin nazi qui expérimentait sur des sujets vivants et plus spécialement des enfants, avec une préférence (fascination) pour les jumeaux.

Ici, c’est Gregory Peck qui interprète ce terrible docteur.

EN face, nous trouvons Ezra Liebermann (Sir Laurence Olivier), chasseur de nazis en free-lance, inspiré par un véritable pourfendeur de ces criminels surdéterminés : Simon Wiesenthal.

 

Brillant.

Franklin J. Schaffner nous offre ici un film haletant et en particulier à Gregory Peck un rôle de super méchant qui lui va – tant pis pour lui – comme un gant. On le lui a d’ailleurs reproché ! Il est un Mengele absolument répugnant, fanatique et surtout toujours en vie ! Enfin quand le film sort : il mourra quelques mois plus tard, d’une crise cardiaque alors qu’il se baignait. Pour l’anecdote : la date de la mort de Mengele coïncide quasiment avec celle de son double dans le film…

Et face à un tel méchant, Laurence Olivier nous interprète un chasseur de nazis de première force, avec en prime un accent allemand qui ne le quitte pas du début à la fin du film.

C’est peut-être là que le bât blesse : était-il vraiment utile de prendre un accent germanique ?

Je préfère la technique de Huston dans La Lettre du Kremlin : il commence par faire parler ses personnages dans leur langue avant de passer à l’anglais (sans accent) pour faciliter la compréhension des spectateurs.

Certes, cet accent allemand donne un accent de vérité quand il rencontre David Bennett (John Rubinstein) qui est américain, mais quand Liebermann est à Viennes (sa résidence) et s’entretient avec un compatriote (Bruno Ganz), l’anglais devient inutile, voire incongru.

 

Quoi qu’il en soit, on suit avec beaucoup d’intérêt cette traque forcée (pour Liebermann), et on a tendance à frissonner quand on rencontre pour la première fois Jeremy Black, dans le rôle d’Erich Doring. Surtout quand il passe dans un couloir où deux miroirs se font face : c’est alors une reproduction à l’infini (enfin un peu moins) du personnage qui nous est présentée : vision prémonitoire de ce que va être l’intrigue !

En effet, Jeremy Black interprète trois autres rôles dans le film (et on imagine beaucoup plus dans l’intrigue de base) où il est présenté exactement de la même façon : cheveux noirs, yeux bleus, teint pâle. Seuls les vêtements changent.

Et il va falloir attendre la dernière demi-heure pour que Liebermann comprenne la similitude entre les différents jeunes garçons. Ils sont des clones, mais ni de Mozart ou Picasso, comme le suggère Bruckner/Ganz : tous sont une exacte réplication de Hitler, créé grâce au savoir faire du fameux docteur.

 

Outre les deux acteurs principaux, on retrouvera quelques figures connues dont James Mason (Eduard Seibert) en ancien militaire et criminel de guerre, ou Walter « Gogol » Gotell dans le rôle de Mundt, tueur de pères adoptifs. Malgré la présence de quelques femmes, dont Lilli Palmer (Esther Liebermann), ou Rosemary « Aunt May » Harris (Frau Doring, une des mères adoptives des chérubins), le film reste très masculin, dominé par le duo vedette.

C’est donc un film qui, près de cinquante ans après n’a rien perdu de sa force, même si les survivants nazis sont de moins en moins nombreux et surtout à des âges où ils ne font plus peur à personne. Mais en 1978, quand le film sort, il en reste encore beaucoup en vie, dont Mengele.

Mais le pire, c’est que leurs idées leur ont survécu.

 

PS : Il est amusant de voir Laurence Olivier dans le rôle du traqueur de criminel, lui qui fut un Docteur Szell des plus inquiétants dans Marathon Man. Docteur inspiré de celui qui nous intéresse ici…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Christopher Nolan
L'Odyssée (The Odyssey - Christopher Nolan, 2026)

La loi de Zeus est connu de tous dans le monde hellène : nous devons accueillir tout visiteur avec les mêmes égards, même le plus humble des mendiants pourrait être un dieu déguisé…

C’est pourquoi Télémaque (Tom « Spider-man » Holland) accueille un nouveau hère qui se présente dans la grande salle du palais d’Ithaque, malgré la désapprobation des commensaux, tous prétendants à la main de la belle Pénélope (Anne Hathaway), prétendants emmenés par l’infâme Antinoos (Robert « Batman » Pattinson).

Il faut dire que depuis le départ du roi d’Ithaque, Ulysse (Matt Damon), l’île est à la merci du « peuple de la mer », ces envahisseurs terribles qui sèment la ruine et la désolation partout où ils passent.

Et près de vingt ans ont passé depuis le départ du roi : il est temps de le remplacer.

 

Phénoménal.

A tout point de vue. C’est un formidable souffle épique qui nous est offert dans ce film, Christopher Nolan alliant la maîtrise technique et une superbe adaptation de la (plus que) classique épopée homérique. Avant, il y avait le film de Mario Camerini (1954) où Kirk Douglas interprétait le héros rusé, maintenant, il y a celui de Nolan.

Il faut dire que les moyens à disposition de ce dernier ne sont pas comparables avec la version antérieure : le budget colossal allié aux techniques cinématographiques (et numériques) actuelles font de ce film un sommet du genre.

Et ce qui hisse ce film vers les sommets, c’est avant tout le traitement de l’intrigue, allant au-delà de la simple narration épique.

 

En effet, Nolan ne se contente pas d’enchaîner les épisodes – mythiques, c’est le cas de le dire – témoin éloigné du long retour à la maison d’un héros antique. Il va se rapprocher de son personnage, tentant (et réussissant ?) de pénétrer son esprit, cette odyssée physique devenant mentale, jusqu’à la Révélation, parce qu’il y en a une !

Et comme nous sommes dans un film américain, ces deux odyssées participent d’une même quête : la rédemption (toujours elle !).

En effet, c’est avant tout vers son salut que voyage Ulysse, expiant pour la fin de Troie : dix années de frustration aux portes de la ville qui vont plus que galvaniser les Achéens lors de sa prise, grâce à la ruse… De ce même Ulysse !

Et ce déferlement de violence est l’un des nœuds du film, expliquant en (grande) partie l’errance maritime décennale qui va suivre.

 

Bien entendu, la chute de Troie n’est pas la seule raison des égarements du bateau d’Ulysse : la mutilation du cyclope Polyphème (Bill Irwin), fils de Poséidon, en est la cause majeure. Et cet épisode clef de l’Odyssée est traité avec beaucoup de brio. Et surtout, le rendu du visage du personnage est on ne peut plus habile : il devient un visage hybride redéfinissant ce que nous connaissons du visage humain.

Autre moment mythique du récit : les sirènes. Certes, elles ne ressemblent pas à celles du poète grec (mi-femmes, mi-oiseau), mais on peut les apercevoir (ce qui n’était pas le cas chez Camerini) sans toutefois véritablement les distinguer. Et cet épisode – incontournable – prend lui aussi une dimension épique accentuée par une utilisation sonore des plus pertinentes : en effet, à l’instar des marins compagnons d’Ulysse, nous n’entendons rien et voyons ce dernier réagir aux chants qui l’appellent, cette écoute devenant une véritable torture. Et quand le son revient – Euryloque (Himesh « Yesterday » Patel) enlève les bouchons de cire l’un après l’autre – c’est un côté après l’autre, à chaque oreille libérée.

 

Bien sûr, à nouveau Hollywood réécrit un récit classique universellement connu, et Nolan se permet des libertés. Si vous êtes un habitué du blog, vous savez ce que je pense : il a totalement raison, au cinéma tout reste possible. Et ce qui compte avant tout, c’est de rester dans l’esprit du récit initial. Et là, pas de problème, nous baignons dans ce monde grec antique et surtout mystique où le surnaturel est la norme. Et même cette dimension paranormale (divine ?) est traitée de façon réaliste, les dieux et déesses qui s’amusaient des humains dans le récit originel devenant seulement des références : on sent qu’ils interviennent dans l’intrigue, mais à aucun moment on ne les voit, excepté Athéna (Zendaya), même si on peut douter de sa présence (faites-vous votre propre idée).

 

Et Christopher Nolan réussit magnifiquement son film : réaliser une épopée classique somme toute fidèle et nous proposer un spectacle de presque trois heures qui passe sans lasser.

 

PS : J’oubliais : si L’Odyssée s’appelle ainsi, c’est parce que le personnage principal se nomme Odysseus. Le nom Ulysse est son appellation latine. Si les Anglo-saxons ont droit à ce nom original, pourquoi insister, dans la traduction, à l’appeler Ulysse ? Les spectateurs francophones sont-ils trop idiots pour faire le rapprochement ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Catastrophe, #Robert Aldrich
Le Vol du Phénix (The Flight of the Phoenix - Robert Aldrich, 1965)

Ca devait être un vol de routine. Frank Towns (James Stewart) et son second Lew Moran (Richard Attenborough) ramènent douze passagers d’une exploitation pétrolière.

Mais…

La radio ne fonctionne pas. Et malgré les dernières nouvelles encourageantes, une tempête de sable engloutit l’avion, bloquant ses moteurs : l’avion doit se poser – violemment.

A une centaine de kilomètres de toute habitation, les deux pilotes et dix hommes (deux sont morts dans le crash) doivent survivre en attendant des secours. Des secours qui, bien entendu, ne viendront pas.

C’est un jeune ingénieur, Heinrich Dorfmann (Harry Kruger) qui a une idée : recycler l’avion, inutilisable pour en faire un modèle plus léger mais qui vole.

Seulement les réserves d’eau ne sont pas éternelles…

 

Bien entendu, ils parviendront à faire voler leur engin, mais c’est, bien évidemment, dans l’élaboration et la réalisation de cet objet volant identifié que réside tout l’intérêt. Et Aldrich construit progressivement son histoire, jouant sur les personnalités différentes voire peu compatibles de ces naufragés du sable.

Et malgré l’étendue immense et aride qui entoure ces hommes, le film est construit comme un huis clos où chacun doit s’adapter aux circonstances, et surtout aux autres ! On sent la pression monter entre ces hommes, avec en prime une inimitié pour Dorfmann qui est allemand : la Deuxième Guerre Mondiale est dans les mémoires et on imagine bien que certains des protagonistes – « Ratbags » Crow (Ian Bannen), par exemple – y ont participé. Les sous-entendus de ce même Ratbags sont d’une lourdeur pénible, même pour le spectateur !

 

Mais si l’avion décolle au final, le parcours est long et de nombreux ex-passagers y laisseront la vie (ils ne seront que sept à l’arrivée, la moitié de l’effectif de départ). Et Aldrich insiste sur les différents décès, aucun naturel, cela va de soit : un gros plan sur des mains près d’un objet pertinent dans l’accident initial et nous savons qui est trépassé. Pour les autres, seul Carlos n’a pas de mort définie : on suppose qu’il n’a pas réussi à revenir.

 

Bien entendu, le casting est à la hauteur de l’événement.

James Stewart, toujours impeccable est presque à contre emploi : Towns n’est pas un personnage complètement sympathique. C’est un vieux pilote qui connaît son affaire et ne se remet pas trop en question. Certes, il assume pleinement la responsabilité de l’accident mais son attitude envers Dorfmann frôle la bêtise : il n’aime pas avoir tort !

De son côté, Attenborough campe un pilote raté avec beaucoup de justesse, affublé d’un léger bégaiement qui accentue son aspect « raté ».

On retrouve avec beaucoup de plaisir Ernest Borgnine (E. Trucker Cobb) dans un petit rôle mais là aussi d’une grande justesse : Cobb est un ouvrier peu qualifié et peu éduqué, une espèce de simple d’esprit.

Autre acteur dans une sorte de contre emploi : Dan Duryea (Standish). Lui qui fut un mauvais garçon patenté dans les années 1940 et 1950 est ici un homme un tantinet dévot, affublé d’une paire de lunettes et surtout d’une bible !

 

Et les femmes dans tout ça ?

Il n’y en a pas. Enfin presque pas puisque nous avons droit à une danse du ventre/mirage imaginé par le sergent Watson (Ronald Fraser) qui voit la belle Farida (Barrie Chase) danser pour ce soldat peu recommandable.

 

Au final Aldrich nous sert un film qui s’annonce catastrophique – en ce qui concerne l’intrigue – mais qui se transforme en aventure pour ces naufragés du désert.

La catastrophe, c’est que ce film fut un échec commercial.

On se demande bien pourquoi !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog