Gretna Green, la ville des mariages.
C’est ainsi qu’est présentée cette petite ville des Etats-Unis. Et son juge de paix, l’honorable Melvin Bush (Victor Moore) célèbre des mariages sans discontinuer en cette fin d’année.
Seulement voilà : il aurait dû attendre le 1er janvier pour s’y mettre : pendant cette dernière semaine de l’année, aucun des mariages n’est valable !
Alors, si le couple qui s’en est aperçu (une demande de divorce) n’a aucun souci à se faire, il n’en va pas de même pour tous : que faire ? D’autant plus que l’une des parties en cause, le soldat Fisher (Eddie Bracken) doit partir à la guerre : s’il ne revient pas, son fils attendu ne sera rien d’autre qu’un enfant illégitime ! Et en 1952, c’est une situation des plus scandaleuses…
Ce sont donc cinq situations « à risque » que nous allons suivre, dirigées de main de maître par Edmund Goulding, amenant avant tout des situations comiques. Et heureusement, l’aspect scandaleux évident étant de fait éliminé. Encore que ces différentes situations n’ont pas toutes un élément comique, surtout celle qui voit les Melrose en instance de divorce : c’est d’ailleurs la seule occasion qui voit cette annulation arriver à point nommé. Toutes les autres amèneront une régularisation, ramenant un statu quo salutaire : nous sommes en 1952, que diable !
C’est une de ces friandises dont le cinéma américain a le secret, prenant appui sur une intrigue un tantinet improbable, En effet, il n’y a que là-bas qu’on peut rencontrer une telle situation : le manque de temps entre l’autorisation de se marier (une « licence », ou un « permis ») et l’acte en lui-même peut amener un tel imbroglio. Et c’est ce manque de temps – cette précipitation ? – qui amène tout le sel comique des différentes situations.
Mais c’est tout de même le cas des « époux » Melrose qui retient toute notre attention : c’est d’ailleurs le seul qui ne sera pas repris dans la fin – convenue certes – qui voit les couples reformuler les promesses initiales, certains avec des enjeux sociaux voire sociétaux.
En effet, si le mariage n’a pas eu lieu, comment expliquer « socialement » l’enfant qu’ont eu ceux qui se croyaient les époux Norris (Marilyn Monroe & David Wayne) ? Et je ne reviens pas sur le cas des Fisher (voir plus haut).
Et Goulding, sur un scénario subtile de Nunnally Johnson & Dwight Taylor, s’amuse de ces différentes situations, envisageant un panorama objectif des différentes possibilités d’un tel cas de figure. Avec en fil rouge le juge de paix Bush, l’homme par qui le scandale peut arriver !
Mais comme nous sommes à une époque où le scandale ne peut qu’être envisagé – et certainement pas montré – le scénario nous assure une fin « comme il faut » où malgré tout les méchants – Eve Melrose (Zsa Zsa Gábor) – sont châtiés !
Bref, une de ces comédies dont Hollywood avait le secret, servie par une kyrielle de star(lette)s : certaines sont confirmées – Ginger Rogers (Ramona Gladwyn) ou Fred Allen (Steve Gladwyn) et d’autres vont s’installer dans le paysage cinématographique américain – Marilyn Monroe, Lee Marvin (Pinky).
A (re-) découvrir…
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