Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Eran Riklis
Lire Lolita à Téhéran (Leggere Lolita a Teheran - Eran Riklis, 2024)

Depuis 1997, Azar Nafisi (Golshifteh Farahani) habite aux Etats-Unis. Elle a fui son pays, l’Iran, qu’elle avait retrouvé avec la révolution islamique de 1979.

Malheureusement, l’espoir suscité par cette révolution s’est rapidement éteint, surtout pour les femmes : port du hidjab obligatoire, moralité, invisibilisation des femmes…

C’est cette période qui va de son retour à son deuxième départ qui nous est raconté ici, à travers elle et aussi d’autres femmes avec qui elle partage une passion commune : la littérature occidentale. Avec, bien entendu, des personnages féminins emblématiques.

 

Superbe.

Une intrigue qui mêle subtilement la grande et la petite histoires, des images bien léchées, un rythme lent qui permet de s’approprier ces images… Vraiment, c’est un très beau film que nous propose Eran Riklis, soutenu par une distribution impeccable, dont une bonne partie d’interprètes partie prenante d’un tel sujet : beaucoup d’actrices et acteurs viennent d’Iran et sont, pour la plupart interdits là-bas pour avoir tourné avec l’ennemi.

Et on ressent dans le jeu de ces différentes personnes l’implication dans un tel sujet.

 

Parce que Eran Riklis montre, sans pour autant être spectaculaire, la lente déshumanisation des femmes au début de la « révolution », passant progressivement au statut de citoyenne de deuxième zone. Avec, comme le dit l’introduction, des signes avant coureur qui auraient (peut-être) pu – dû ? – être remarqués : l’arrivée à la douane de l’aéroport pose cette base dans le rapport entre Azar et le douanier.

Ensuite, c’est l’enchaînement inévitable qui amène le hidjab, avec au passage quelques victimes civiles, forcément injustes. Et c’est intéressant de voir que cette professeur maintient son cours – manifestement incorrect – dans cette société qui se radicalise, devenant alors une sorte de contre pouvoir illustré par la condition féminine.

Et les différents ouvrages cités ne sont pas anodins, comme elle l’explique auprès de ses élèves. Ces mêmes élèves qui vont accentuer la différenciation de genre déjà en place : les hommes – déjà séparés des femmes en classe (un côté pour chaque sexe) vont devenir les tenants de cette révolution et affirmer leur pouvoir ascendant sur les femmes.

Pas étonnant donc que des femmes, sous la direction d’Azar, continuent leur éducation « féministe » hors de l’université, voire clandestinement.

 

Il est clair que le film, comme nous prévient un intertitre d’ouverture, montre crûment la violence faite aux femmes, même s’il ne va pas jusqu’au bout de l’horreur, utilisant la suggestion, beaucoup plus forte (cris de femme). Et cette oppression faite aux femmes se ressent dans la façon de tourner, avec beaucoup de séquences d’intérieur et de plans rapprochés. Mais, heureusement, Riklis nous accorde quelques pauses qui aèrent salutairement son film, ramenant un soupçon d’optimisme dans le cœur des ces protagonistes.

On retiendra en particulier deux moments forts :

  • la séquence qui voit Azar et le Magicien (Shabbaz Noshir) assis sur un banc, se remémorer le Téhéran d’avant ; c’est absolument étranger à ce qu’est devenue la capitale qu’on en vient à douter qu’une telle période ait pu exister ;
  • l’autre, c’est quand les jeunes femmes appréhendent Jane Austen et tentent d’exécuter une danse codifiée tout en se parlant. Le résultat n’est pas concluant, mais elles en sortent en interprétant une de leur danse traditionnelle, chantant pour rythmer leurs pas. Là encore, nous sommes à des années-lumière de ce qu’il se passe hors les murs de l’appartement d’Azar.

 

Cette dernière séquence, combinée avec le thème général du film (la littérature anglo-saxonne) exprime très bien le contre pouvoir que peut représenter la culture. En lisant, en dansant, ces femmes sortent de leur condition – misérable – et vivent autrement. Pas étonnant qu’elles aient alors des idées que le régime considère comme « impures ».

Pas étonnant surtout, parce que dans toute dictature, on commence par attaquer la culture et l’interdire.

 

Alors lire Lolita, à Téhéran, c’est faire preuve de résistance face à un système inique.

 

 

Azar Nafisi

Azar Nafisi

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Blake Edwards, #Audrey Hepburn
Diamants sur Canapé (Breakfast at Tiffany's - Blake Edwards, 1961)

Paul « Fred » Varjak (George Peppard), écrivain, vient de s’installer dans un appartement de New York. Juste en dessous, il a pour voisine une jeune femme bien singulière : Holly Golightly (Audrey Hepburn. Tout de suite, ils s’entendent bien, mais la vie de Holly est beaucoup trop imprévisible pour Paul : comme le déclare son agent, O.J. Berman (Martin Balsam), « elle est bidon. » (1)

Si elle est vraiment Holly Golightly, pourquoi un homme – Doc (Buddy Ebsen) – déclare être son mari et surtout que son véritable prénom est Lulu-Mae ?

 

C’est une comédie très enlevée que nous propose ici Blake Edwards, et il faut l’avouer, Audrey Hepburn est absolument phénoménale. Tout d’abord parce qu’elle n’était pas – personnellement – comme Holly (c’est donc un véritable rôle de composition), mais surtout, le rôle était prévu pour Marilyn Monroe !

Quoi qu’il en soit, ce sont cent quinze minutes très réjouissantes auxquelles nous assistons, à suivre la vie fantasque de cette jeune femme qui débarque dans la vie de Paul comme un ouragan mais qui, heureusement, ne repart pas, même si elle a tout chamboulé.

Parce que ce n’est pas un scoop : ils finissent ensemble !

Et tout l’intérêt réside dans la réunion finale (et inévitable !).

 

Il est clair que la vie de Holly n’est pas des plus roses, mais heureusement, il y a la bijouterie Tiffany (5th Avenue, Manhattan) dont les collections l’emmènent ailleurs et surtout lui remontent le moral. Bien entendu, Paul aussi lui remonte le moral, mais ce n’est pas pareil…

Quoi qu’il en soit, Holly est un véritable raz-de-marée qui nous submerge dès sa première apparition, et il faut toute la force de caractère de Paul pour la dompter. Et aussi beaucoup de patience.

 

Et comme nous sommes chez Blake Edwards, la comédie est omniprésente. Outre le duo vedette, on découvre quelques personnages qu’on pourrait aisément qualifier de « gratinés » : de O.J. Berman et ses « Freddy Baby » à Paul, jusqu’à Mag Wildwood (Dorothy Whitney) et son mortel ennui (celui qu’elle partage aux autres), en passant par Sally Tomato (celui qu’elle partage aux autres), en passant par Sally Tomato (Alan Reed), sans oublier les nantis, ce sont des personnages plus ou moins improbables qui gravitent autour de la jeune femme : difficile alors pour Paul de s’imposer !

 

Bref, c’est une comédie incontournable : pour Audrey Hepburn, tout d’abord et son jeu plein de fraîcheur ; mais aussi pour tous ceux qui gravitent autour d’elle et qui lui permettent de s’exprimer pleinement et nous donner une très belle prestation.

 

Un film qui fait du bien.

 

NB : un (Petit ? Grand ?) bémol cependant. Le personnage de Yunioshi, photographe d’origine japonaise est interprété par Mickey Rooney. Non seulement, on pourrait se passer de ce personnage sans beaucoup altérer l’intrigue (sauf pour les clés…) mais surtout il campe un personnage caricatural à la limite du racisme. Certes, son maquillage est splendide, mais ça n’efface pas cette tache sur ce film. Un acteur d’origine japonaise aurait certainement atténué ce débordement. Edwards l’a regretté… Bien après !

 

PS : le nom de Holly, « Golightly » lui va comme un gant. En effet, la traduction littérale pourrait être « aller légèrement », ce qui est une expression qui lui sied. Et ça m’étonnerait que Truman Capote (l’auteur du roman éponyme adapté) ait choisi ce nom par hasard…

 

  1. "She’s a phoney."

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Michael Anderson
La Lame nue (The naked Edge - Michael Anderson, 1961)

Cette « lame nue », c’est celle qui nous est présentée pendant le générique. Elle appartient à ce qui ressemble à une dague mais pourrait bien être plutôt un coupe-papier. Mais c’est surtout la lame qui s’est enfoncée dans le ventre de Jason Roote (Martin Bodey), l’associé de George « Cliff » Radcliffe (Gary Cooper).

Un homme a été arrêté, Donald Heath (Ray MacAnally) et c’est le témoignage de Radcliffe qui amène sa condamnation.

Mais un homme fait chanter Radcliffe : en effet, il n’y avait que lui le soir de la mort de Roote. Et si ce n’était pas Heath le meurtrier ? Et d’où vient cette grosse somme d’argent qui a permis à ce même Radcliffe de monter une autre affaire ? En effet, l’homme qui a tué Roote a aussi emporté une sacoche remplie de billets, qu’on n’a pas retrouvés.

Martha (Deborah Kerr), la femme de Radcliffe, commence à se poser des questions…

 

Quand le film est présenté pour la première fois (le 28 juin 1961), cela fait déjà plus d’un mois que Gary Cooper a fait ses adieux définitifs, terrassé par le cancer (13 mai). Ce fut, bien entendu, un tournage très éprouvant pour lui, et malheureusement, le film fut un échec. Malheureusement parce que, même si l’immense Gary a joué dans des films plus prestigieux, ses adieux – involontaires – auraient tout de même mérité un meilleur accueil public.

Certes, Michael Anderson n’est peut-être qu’un réalisateur de seconde zone, mais il réussit ici à donner une certaine épaisseur à son film, jouant sur les zones d’ombre de ce meurtre.

 

Parce que Radcliffe a beau être interprété par l’un des acteurs les plus positifs d’Hollywood, le spectateur se demande constamment quel a été le véritable rôle de Radcliffe dans cette sombre intrigue. Et c’est à travers Martha – formidable Deborah Kerr (1) – que ce développe les doutes qui vont atteindre le spectateur. Il faut dire que l’intrigue aide beaucoup : à peine Heath condamné, Radcliffe parle d’une rentrée importante d’argent – on pense alors aux 60.000 livres dérobés à Roote – qui va lui apporter un niveau de vie plus élevé. Mais cette (injuste ?) condamnation fait aussi intervenir le maître chanteur qui va insinuer le poison du doute, Jeremy Clay (Eric Portman).

Ce doute va amener un face-à-face absolument splendide entre deux grandes stars : et je me répète, nous avons beau avoir du mal à imaginer Gary Cooper passer du côté obscur, nous sommes gagnés par ce même doute. La situation tourne trop facilement en sa faveur. Et c’est là qu’est tout le sel du film, démontrant une dernière fois (comme s’il était besoin de le faire…) l’immense talent de Gary Cooper qui réussit, dans son rôle, et surtout auprès des spectateurs, à relayer la suspicion à son encontre.

 

Et, à l’instar de la voix qui nous encourage à la fin du film, à ne rien révéler aux autres (futurs spectateurs ?), je ne vous dirai pas comment Anderson résout son intrigue…

Par contre, cette voix finale surfe – dirait-on aujourd’hui – sur l’effet Psychose qui demandait la même chose.

Malheureusement, cela n’a pas suffi à sauver le film. Dommage, parce qu’il méritait (et mérite encore) un détour...

 

  1. Pourrait-il en être autrement ?

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Alan J. Pakula
A Cause d'un assassinat (The parallax View - Alan J. Pakula, 1974)

C’est le 4 juillet à Seattle. Tout le monde fête l’Indépendance, et surtout le sénateur Carroll (William Joyce), lui-même très indépendant. Mais pendant la petite sauterie en haut du Space Needle, ce dernier est abattu, semble-t-il par un tireur isolé. Telle est la conclusion de la commission d’enquête : « il n’y a eu aucun complot. »

Mais dans les années qui suivent, six personnes trouvent la mort, dont Lee Carter (Paula Prentiss), journaliste qui a alerté un confrère (et ex), Joseph « Joe » Frady (Warren Beatty).

Il se met alors à enquêter en solo, découvrant l’existence de Parallax, une entreprise privée qui a tendance à engager des gens violents et agressifs…. Des tueurs, quoi.

 

Plus qu’à l’assassinat de John Kennedy, c’est à celle de son frère Robert que l’on pense, arrivée six ans avant la sortie du film.  Quant aux circonstances, Alan J. Pakula développe – avec brio – la thèse du complot, concluant son film de la même manière qu’il l’a commencé, avec cette commission inamovible qui rend ses conclusions similaires : un tireur isolé ; pas de complot.

Ce sont donc ces conclusions qu’il va battre en brèche, suivant pas à pas l’enquête de Frady, sans pour autant se référer au FBI et à la CIA : Parallax est une société autonome, libérée des contingences d’état. Mais le terme « parallax » n’est pas anodin. En effet, la vision de parallaxe (le titre original) fait référence à une variation de points de vue d’une même chose entraînant deux interprétations différentes.

Et du point de vue de la commission, l’enquête se tient, tout comme celle de Frady, du nôtre.

 

Si Alan Pakula n’a pas une immense filmographie, il n’en demeure pas moins que ces films ont (presque) tous eu un impact sur les spectateurs. Et ce film n’échappe pas à la règle : tout comme le suivant qui le mettra sur la piste des plombiers de Nixon, il s’agit ici de l’enquête d’un journaliste, de deuxième zone certes, mais qui a un flair dont il ne doit pas rougir. Mais alors que Bob Woodward et Carl Bernstein ont tendance à « rester dans les clous », Frady est moins contrôlable et sait se battre, comme il le montre au shérif  Wicker (Kelly Thordsen).

En outre, il y a dans ce film un suspense qui monte en intensité, à mesure que Frady avance dans son enquête, jusqu’à la résolution finale inévitable et (presque) prévisible.

 

Pakula fait de l’enquête de Frady une sorte d’errance qui réduit son héros à la solitude, dans un univers qui devient de plus en plus inquiétant. Il faut dire que le personnage de Jack Younger (Walter McGinn) illustre pleinement cette inquiétude qui grandit : il ne paye pas de mine mais il est très informé et sait entrer sans clé…

Et cette inquiétude – voire la fin inéluctable – est annoncée dès la séquence d’ouverture qui voit la mort du sénateur : des plans séparés de différents protagonistes dont ceux qu’on retrouvera plus tard, dans des attitudes inexplicables sur le moment mais qui prennent tout leur sens à mesure que l’intrigue se déroule.

C’est absolument brillant et les différents interprètes sont en parfaite adéquation avec les exigences du metteur en scène.

 

Henri Verneuil se souviendra de ce film quand, cinq ans plus tard, il réalisera I… comme Icare, reprenant un assassinat qui rappelle celui de Kennedy (John F.) et une fin similaire à celle de Pakula…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Zoltan Korda
Le Livre de la jungle (The jungle Book - Zoltan Korda, 1942)

Le petit Natthoo s’est perdu dans la jungle. Recueilli par des loups, il y grandit et revient vers les hommes douze ans plus tard. Il est devenu Mowgli (Sabu), la « petite grenouille ». Il est alors accueilli par Messua (Rosemary DeCamp) qui voit en lui l’enfant qu’elle a perdu.

Mais cette arrivée contrarie Buldeo (Joseph Calleia) qui voit en cet enfant un animal sauvage.

Mais quand Mowgli emmène Mahala (Patricia O’Rourke), la fille de Buldeo, dans la cité (perdue) des rois et surtout qu’elle en ramène une pièce d’or, son attitude change…

Jusqu’à ce qu’il soit en position de trouver le trésor dont est issu la pièce.

 

Vingt-cinq ans avant les studios Disney, Zoltan Korda (le frère de) adapte pour la première fois au cinéma le livre de Kipling. Et c’est une réussite, Korda réussissant à intégrer de véritables animaux dans cette intrigue de la jungle, et surtout sans chanson !

Certes, ces animaux n’ont pas de rôle de premier plan mais ils se révèlent tout de même indispensables à l’intrigue.

Cette intrigue qui s’appuie essentiellement au rapport de Mowgli avec les hommes (et les femmes !). Et le choix de Sabu pour interpréter le « petit d’homme » est des plus pertinents : même s’il n’y a jamais tourné, il est né en Inde, ce qui fait de lui le seul interprète authentique. Le maquillage fait beaucoup de choses, certes, mais les yeux clairs de Rosemary DeCamp écornent fortement ce même aspect authentique pour son rôle.

 

Toujours est-il que le jeune Sabu interprète à merveille ce jeune enfant sauvage – rien à voir avec Victor de l’Aveyron – qui n’est pas sans rappeler un autre produit de la jungle littéraire : Tarzan. (1) Tout comme lui, il commande aux animaux et surtout leur parle, et en plus il utilise des lianes pour se déplacer (2).

Et si Korda essaie de se maintenir dans un univers authentique ou tout du moins vraisemblable, il ne peut s’empêcher de faire parler certains animaux. Mais pas n’importe lesquels : seuls les deux serpents s’expriment en anglais. Et le plus connu des deux, Kaa, est « doublé » par l’immense Mel « Bugs Bunny » Blanc !

Doit-on voir dans le choix de ne faire parler que les reptiles apodes une réminiscence du paradis perdu ? En effet, c’est par le langage (la langue de vipère, cela va de soi) que le serpent persuade Eve de goûter au fruit défendu…

 

Quoi qu’il en soit, ces deux serpents ne sont pas – pour une fois – des opposants et ils vont aider Mowgli dans sa quête, chacun à sa façon : Kaa à propos de Shere Khan et le vieux cobra en le mettant en garde contre le lucre, véritable élément mortifère.

Et c’est ce deuxième élément qui perdure, à travers l’histoire de Buldeo, véritable méchant de ce film.

Certes, Shere Khan est le méchant le plus connu du livre de Kipling, mais ici, il est – brillamment – supplanté par Buldeo qui allie la méchanceté à la duplicité, mâtinée de superstition. Bref, un affreux qu’on a plaisir à détester.

 

Au final, une belle adaptation – en Technicolor, s’il vous plaît – où Korda s’appuie su la dimension authentique (même si le tournage a lieu aux Etats-Unis) de l’intrigue, avec juste ce qu’il faut de fantastique pour rêver et nous rappeler que tout ça, c’est avant une histoire. Une histoire, oui, mais avant tout une belle histoire !

Et en plus, parmi les différents interprètes, nous avons le plaisir de retrouver le prolifique Noble Johnson : vous savez celui qui fut – entre autres – le serviteur du comte Zaroff

 

  1. Pourquoi appelle-t-on Tarzan « Roi de la Jungle » alors qu’il évolue dans la savane ?
  2. Et aucune n’a la forme d’un trapèze…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Presse, #Richard Brooks
Bas les Masques (Deadline-U.S.A. - Richard Brooks, 1952)

Mauvaise nouvelle pour Ed Hutcheson (Humphrey Bogart) : The Day, son journal va être vendu à un tabloïd qui veut éliminer un concurrent (de qualité). Et c’est à ce moment qu’on apprend l’assassinat d’une jeune femme par les hommes de main de Thomas Rienzi (Martin Gabel), le caïd local.

Ce sera donc un baroud d’honneur pour Ed et son équipe, avec bien entendu, des dommages collatéraux…

 

C’est du sur mesure pour Bogart. Il est un patron de presse (rédac’ chef) sûr de lui, sérieux et engagé. Pare que ce film, c’est – encore une fois – un plaidoyer pour la liberté de la presse, sujet récurrent du cinéma américain. Et surtout, cette liberté menacée par différents ennemis extérieurs : entre le gangster et le concurrent qui veut carrément éliminer le journal, la partie est serrée et surtout perdue d’avance. Mais pas sur tout.

Il faut dire que Hutcheson est un dur à cuire, rompu à ce genre d’exercice et qui y prend du plaisir. Mais il n’en demeure pas moins humain et a ses propres faiblesses.

En effet, sa vie privée n’est pas des plus reluisantes : divorcé de Nora (Kim Hunter), il ne supporte pas cet échec et revient régulièrement vers elle, qui l’accueille malgré tout.

 

Parce qu’il n’est rien d’autre qu’un missionnaire de la presse. En effet, on sent que cette histoire d’amour malheureuse ne relève pas d’une quelconque inimitié. Il s’agit avant tout d’un choix : Hutcheson a choisi la presse avant tout, Nora passant alors au second plan. Marié à Nora, il avait la presse comme maîtresse et c’est avec cette dernière qu’il est parti.

Et le film nous montre à quel point cette relation extra conjugale est forte, laissant peu de place pour une autre personne.

Et quelle maîtresse ! Plus que la presse elle-même, c’est sa liberté qui lui tient le plus à cœur : son ultime combat sera victorieux au point de faire oublier qu’il était le dernier ! Et de quel manière ! (1)

 

Quoi qu’il en soit, Richard Brooks réussit ici un magnifique film de presse où Bogart est dans son élément, en première ligne dans un combat mémorable. Mais s’il est ainsi, c’est aussi pare que les autres interprètes sont au diapason. Ethel Barrymore (Margaret Garrison), bien sûr, actrice phénoménale qui s’accorde magnifiquement avec Bogart. Ou encore Kim Hunter en femme encore amoureuse mais résignée. Et aussi l’incontournable Ed Begley (Frank Allen) en bras droit de Hutcheson. Jusqu’à Martin Gabel qu’on a plaisir à détester. Bref, une belle distribution (2) dirigée de main de maître.

 

Et un film qui, plus de soixante-dix ans après sa sortie reste d’une incroyable actualité. La liberté de la presse est toujours menacée – voire en certains endroit interdite – et surtout les moyens d’affaiblir les concurrents on ne peut plus développés, relayés par l’utilisation de l’image – télévision & Internet – et même l’intelligence artificielle qui permet à n’importe qui de dissimuler voire transformer la réalité et surtout la vérité. Le rachat de titres qui ont ensuite disparu est une pratique courante dans tous les pays. Quant à l’indépendance chère à Hutcheson – ultime pied de nez du film – on ne peut qu’en douter quand on voit les ressources (illimitées) de certains patrons de groupe d’information (3).

 

  1. Non, je ne vous le dirai pas.
  2. En cherchant bien, on peut même apercevoir un jeune débutant (21 ans quand sort le film) : James Dean. Si, si, cherchez bien !
  3. Est-il vraiment besoin de donner des noms ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Guerre, #Jean-Max Causse, #Roger Taverne
Le Franc-Tireur (Jean-Max Causse & Roger Taverne, 1972-2002)

Juillet 1944.

Après une résistance acharnée, les Allemands décident d’éliminer le foyer de résistance du Vercors. Il y aura plus de 630 morts du côté des résistants.

Parmi les combattants du massif, on retrouve le jeune Michel Perrat (Philippe Léotard), arrivé dans ce conflit à la suite du décès – violent – de sa grand-mère. Il faut dire que ce jeune homme s’était réfugié chez elle pour fuir le conflit, pensant trouver un refuge – une planque – pour terminer la guerre.

Mais la réalité le rejoint, et il doit fuir, rejoignant un groupe de partisans, devenant, malgré lui, l’un ‘entre eux.

 

On se demande bien pourquoi ce film fut interdit de sortie pendant près de trente ans. En effet, ce n’est que le 16 janvier 2002 qu’il put enfin sortir sur les écrans, mais dans seulement 6 salles (il y avait seulement 6 copies disponibles). Et d’une certaine façon, on peut considérer ce film comme le pendant résistant de Lacombe Lucien : tout comme le jeune homme qui entre en collaboration, Michel Perrat se retrouve du côté des résistants sans l’avoir demandé. Et c’est là la grande différence avec le jeune Lucien : à aucun moment il n’a choisi quelque camp que ce soit. Mais puisque le destin l’a fait pour lui, il va suivre son chemin.

 

Bien entendu, c’est avant tout le tapage – on dirait aujourd’hui le buzz – autour du film qui en fait une production à part dans le cinéma français. Alors que l’année précédente, Max Ophüls fustigeait une certaine forme – voire une forme certaine – de collaboration, il semblait légitime à Jean-Max Causse et Roger Taverne de présenter un anti-héros singulier : Michel Perrat devient malgré lui résistant et se retrouve en plein cœur d’un conflit pour lequel il est étranger. Bien entendu, un tel personnage dans un lieu aussi symbolique ne convient aux associations d’anciens combattants et surtout d’anciens résistants encore en vie : il n’est pas question de présenter un personnage aussi tiède dans une phase aussi importante. A aucun moment, Perrat ne montre une quelconque motivation quant à ce conflit. Alors que ses compagnons – d’occasion – d’armes sont convaincus de leur action, à aucun moment il n’émet une quelconque opinion en faveur de leur action. Il est là parce qu’il est là.

 

Et même une fois dans ce groupe e maquisards, il n’a toujours pas une attitude volontaire. Quand il doit veiller sur les autres (tour de garde), il préfère coucher avec la jeune femme (Estella Blain) qui les a rejoints : sa négligence permettra aux Allemands de cerner leur repaire, éliminant alors de nombreux partisans encore restant ?

Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, lui, Michel Perrat, résistant occasionnel.

Mais jusqu’à quand ? En effet – et Causse et Taverne sont habiles sur cette fin – Perrat est seul, encore vivant quand le film se termine, plutôt abruptement : on ne sait pas ce qu’il advient de ce drôle de résistant, le narrateur (non identifié) nous annonce qu’il ne fait partie d’aucun recensement quant aux victimes et rescapés de l’assaut : il était là sans être là.

 

Normal, nous sommes au cinéma...

Comme annoncé plus haut, cette « normalité ne fut pas du goût de tous : un personnage aussi peu engagé dans un conflit aussi brûlant, et encore plus dans un massif aussi symbolique ne convient pas à la version officielle, surtout dans une période où on essayait de gommer ces attitudes qui, sans être totalement anti-française, n’en étaient pas moins peu glorieuses…

Et au final, nous avons une chronique bien singulière d’un fait de résistance, bien moins des canons officiels du cinéma (Le Jour le plus long, Paris brûle-t-il ?…).

 

A voir, donc !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Drame historique, #Xavier Giannoli
Les Rayons et les ombres (Xavier Giannoli, 2026)

Le 28 janvier 1950, à presque 29 ans, Corinne Luchaire (Nastya Golubeva) meurt de la tuberculose. Pour les spectateurs d’aujourd’hui, Luchaire n’est pas obligatoirement un nom très connu. Mais à l’époque, il rappelait une période bien sombre de l’Histoire de France : La Collaboration.

En effet, Corinne Luchaire était la fille de Jean Luchaire (Jean Dujardin), patron de presse et à ce titre chantre de la Collaboration franco-allemande, fusillé à Châtillon le 22 février 1946.

Mais reprenons.

 

La petite Corinne (Meherio Patoux), du haut de ses neuf ans, (nous sommes donc en 1930) voit avec admiration son père animer le cercle franco-allemand pour la paix, avec son homologue d’outre-Rhin, Otto Abetz (August Diehl). Tous les deux ont moins de trente ans et rêvent d’une paix éternelle entre leurs deux pays. Trois ans plus tard, malgré l’accession au pouvoir d’Hitler, ils ont toujours ce même rêve, basé sur la conciliation.

Mais quand les Allemands envahissent Paris, cette utopie pacifiste s’est envolée, laissant la place à un certain pragmatisme : il faut collaborer avec les vainqueurs. Certains refusent, ‘autres se réjouissent. Et Luchaire ? Il s’en accommode, par amitié pour Abetz qui est maintenant ambassadeur à Paris, puis par intérêt, l’argent étant un élément qui ne reste pas longtemps entre les doigts de Luchaire.

 

Magistral.

Evacuons tout de suite les motifs de fâcherie : non, ce biopic n’est pas la véritable histoire de Jean Luchaire et sa fille Corinne : NOUS SOMMES AU CINÉMA ! Alors la vérité est (forcément) tronquée, distordue (etc.). Oui, Abetz a été jugé en 1949 et il est donc impossible que Corinne cite son procès un an avant qu’il se passe. Mais il s’agit ici avant tout d’un film, et non d’un témoignage.

Par contre, si l’intrigue se joue de la « vérité historique », il faut convenir – aisément – que la reconstitution de la France de l’époque est absolument bluffante. Chaque lieu utilisé nous retransmet pleinement fidèlement le décor de cette époque troublée, jusqu’au square où Corinne emmène jouer sa fille (Amra Guthleben). C’est un véritable saut temporel qui nous est proposé, soutenu par les coiffures, vêtements et autres véhicules idoines. Et nous y sautons à pieds joints, tant le produit est remarquable.

 

Il faut dire que Xavier Giannoli dirige de main de maître ses interprètes. Bien entendu, Jean Dujardin est encore une fois à la hauteur de l’enjeu, campant un Luchaire très convaincant : miné par la tuberculose – et donc condamné à plus ou moins brève échéance – il ne s’arrête pas pour autant de jouir de la vie, fumant (comme un pompier), buvant et toute cette sorte de choses…

Mais la – très – bonne découverte, c’est la jeune Nastya Golubeva, qui nous offre une performance de haut niveau dans un rôle impliquant une mise en abyme : En plus d’être la fille de son père, Corinne Luchaire fut une jeune actrice prometteuse, saluée par la critique, dont la carrière s’arrêta à la révélation de la maladie qui devait l’emporter. Nasty Golubeva exprime magnifiquement l’errance – est-ce autre chose ? – ce cette (très) jeune femme qui choisit (malgré elle ?) la facilité de la collaboration, ignorant tout le reste, jouissant démesurément pendant que d’autres meurent de faim ou sont envoyés par wagons à bestiaux à la mort.

 

Parce que c’est ça qu’on reproche à Corinne : s’être affichée du côté des vainqueurs temporaires, devenant une image, le faire-valoir d’un système inique, voire ignoble.

Et Xavier Giannoli va construire son film en montrant la progression de l’implication de son duo dans la Collaboration : comment, au nom de l’amitié puis du pragmatisme un homme de gauche, véritable référence intellectuelle a pu s’abaisser jusqu’à soutenir un système qu’il aurait dû combattre. Et en entraînant sa fille dans cette descente progressive aux enfers.

Parce que chute il y a, amorcée par les retournements militaires (Stalingrad, Afrique du Nord) puis le Débarquement, et qui les oblige – comme toute la fine fleur de la Collaboration – à fuir vers l’Est. Et cette décadence s’accompagne de la progression de la maladie, signe prémonitoire de la fin. Prémonition d’autant plus évidente à propos de Jean dont les impacts de balles correspondent aux taches tuberculeuses de ses radios…

 

Et puis il y a l’époque. Si le maréchal n’est pas interprété, son portrait est bien présent, tout comme sa devise ou encore la francisque. Et Giannoli émaille son film de ces détails rappelant l’Occupation, les isolants pour leur donner une force individuelle qui ancre encore plus ses « héros » dans leur époque. Sans oublier quelques figures associées à la période

Et puisque errance il y a, elle est surtout mâtinée d’insouciance, que ce soit pour la fille comme pour le père. Mais il y aura un prix à payer pour tout cela, cette idée apparaissant furtivement avant de s’imposer inéluctablement.

 

Et c’est un véritable couperet qui tombe une fois que la « fête » est finie, exposée clairement et presque brutalement par maître Lindon (Philippe Torreton) : certes Luchaire a rendu des « petits services », mais c’est avant tout sa complicité intellectuelle qui lui est reprochée. En effet, quand l’occasion se présente nous ne le voyons pas prendre position dans son journal (éditorial), il n’en demeure pas moins que son quotidien soutient sans restriction la politique vichyste. Les articles antisémites paraissent et Luchaire, s’il ne les a pas signés, les autorise, devenant de fait complice.

Et de la même façon, si Corinne n’a véritablement rien fait de bien répréhensible, son attitude complaisante et surtout son refus de voir la réalité lui seront reprochées, la condamnant )à l’indignité nationale. Pendant 10 ans.

 

Malheureusement (pour elle), elle n’ira pas jusqu’au bout de cette peine.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Catastrophe, #Henry King
La Conquête de Barbara Worth (The Winning of Barbara WorthHenry King, 1926)

Barbara Worth (Vilma Bánky) est une fille du désert. Après la mort de ses parents, elle est recueillie par Jefferson Worth qui est en expédition pour transformer le désert en nouvel Eden. Ce dernier l’adopte.

Quinze ans plus tard, le Colorado a été maîtrisé et une nouvelle vallée fertile se profile à l’horizon. James Greenfield (E.J. Ratcliffe) est le maître de la nouvelle ville et il compte en tirer un maximum de profit. Mais le Colorado ne l’entend pas de cette oreille et menace de déborder. Greenfield ne veut pas en entendre parler et se débarrasse de Worth et son équipe, qui retourne d’où ils venaient. D’une manière générale, il se débarrasse de tous ceux qui ne voient pas un avenir aussi radieux que lui. C’est donc le cas de son fils adoptif Willard Holmes (Ronald Colman), qui prévoit une crue exceptionnelle.

Bien entendu, la crue aura lieu.

 

Un an avant Wings, voici les véritables début de Gary Cooper : Harold Goodwin, qui devait interpréter Abe Lee, étant indisponible (cf. Tarzan & le Lion d’or), c’est donc un jeune cascadeur qui prend sa place. Et c’est la révélation : Cooper ne quittera l’écran que forcé par le cancer, une trentaine d’années plus tard (1961). IL faut dire qu’il a tout pour lui : grand,  subtile et des yeux incroyablement bleus, même dans un format en noir et blanc.

Mais n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’un film avec le couple gagnant du moment : Ronald Colman et Vilma Bánky. Et face à Colman, Cooper ne fait pas (encore) le poids. Il faut dire Colman possède les attributs du jeune premier de l’époque : un regard de velours et une moustache fine qui n’est pas encore l’apanage des méchants.

 

Alors on se concentre sur Willard et Barbara, et on retrouve une histoire d’amour somme toute très convenue. Très convenue parce que l’intérêt du film est ailleurs : la conquête des éléments, et en particulier le fleuve Colorado. Et comme King nous l’avait montré trois ans plus tôt – avec déjà Ronald Colman – il s’y connaît en film catastrophe. Après les laves du Vésuve, voici la crue du siècle (1908, semble-t-il) qui vit le Colorado sortir de son lit. Et cet épisode, s’il est relativement court au vu du film, est tout de même son sommet, avec effets spéciaux époustouflants (pour l’époque, mais aussi pour maintenant), avec déferlement spectaculaire d’eaux tumul-tueuses. C’est absolument impressionnant de voir ces eaux engloutir une ville (champignon) mais surtout submerger même les humains qui tentent d’y échapper.

 

Bref, Henry King est pleinement dans son élément et nous propose une adaptation léchée du best-seller de Harold Bell Wright. De plus, il s’agit d’une version teintée qui épouse les différents lieux et moments de l’intrigue : le désert, le soir…

Et puis c’est un western. Pas avec duel au soleil et héros qui part dans le soleil couchant. Non, un western où il est question d’aller toujours plus à l’Ouest et de maîtriser la nature pour faire triompher l’homme américain (1). Mais si nous n’avons pas le duel final, nous avons tout de même les espaces infinis et un échange de coups de revolver : l’honneur est sauf. De même, la présence de la ville-champignon (Kingston) et de Barba permettent à King de mettre zen place une petite communauté qui, si elle n’atteint pas le niveau de chez Ford, n’en demeure pas moins intéressante.

De même on retrouve un duo comique mais inévitable : Texas Joe (Clyde Cook) et Pat Mooney (Erwin Connelly). Ces deux-là sont aussi dissemblables qu’inséparables, sans cesse à se quereller mais sont aussi un soutien solide pour Worth et son équipe. Ils permettent en outre quelques pauses indispensables dans la narration.

 

Et puis il y a les méchants. Greenfield, bien entendu, qui n’est pas sans annoncer un président : tout comme lui, les mauvaises nouvelles – celles qui ne l’arrangent pas, s’entend – sont bannies et ceux qui les annoncent avec elles. Mais comme nous sommes dans un film américain, il expiera et gagnera son salut (rédemption, quand tu nous tiens…). L’autre – véritable – méchant, c’est McDonald (Ed Brady). Il a tout d’abord une belle allure de faux jeton et va tout faire pour nuire à Worth et son équipe. Sans oublier une certaine concupiscence envers Barbara qui l’amènera à toutes les extrémités (Rassurez-vous, il n’arrivera pas à ses fins !).

 

Bref, Henry King signe ici un magnifique western, servi par une distribution impeccable, renouant – avec brio – avec le genre catastrophe. De plus, la maîtrise technique permet quelques séquences spectaculaires et de très beaux plans. Tout pour plaire, donc.

A (re)voir !

 

  1. N’oublions pas que les Etats-Unis sont la Nouvelle Terre Promise, avec tous les sous-entendus religieux que cela implique.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Robert Aldrich, #Joan Crawford
Feuilles d'Automne (Autumn Leaves - Robert Aldrich, 1956)

Millicent « Milly » Wetherby (Joan Crawford) est une vieille fille. Dactylo à son compte, elle a passé la fin de sa jeunesse à s’occuper de son père (Selmer Jackson) malade, délaissant ses (nombreux) soupirants.

Un soir qu’elle est de sortie, elle fait la connaissance de Burt Hanson (Cliff «  Uncle Ben » Robertson), plus jeune qu’elle (de beaucoup ?). Ils s’éprennent l’un de l’autre. Ils se marient.

Tout pourrait être parfait si des (petites) incohérences n’apparaissaient dans le discours de Burt. Alors quand Virginia (Vera Miles) se présente chez Milly, la vie de cette dernière bascule : elle vient de divorcer de Burt après quatre ans de mariage.

Qui est donc cet homme qui se prétend de Racine (Wisconsin) mais qui vient de Chicago et qui n’est jamais allé à Tokyo ?

 

Décidément, Robert Aldrich était un cinéaste étonnant. A partir d’une intrigue somme toute banale, il réussit un formidable tour de force : la rendre intéressante. Mais il faut dire qu’il est soutenu pour cela par une distribution impeccable, et surtout l’incroyable Joan Crawford, dans un rôle difficile à la mesure de son talent (immense).
Déjà cinquantenaire (elle était née en 1904), elle campe cette femme (très) mûre avec beaucoup de subtilité, voire une certaine indécision juvénile. En effet, son personnage ne fréquente plus personne depuis bien longtemps et l’irruption de ce jeune homme la ramène à ses premières amours, ses premiers émois quand on s’intéressait à elle. Jusqu’à sa façon d’embrasser ce jeune éphèbe, elle est redevenue une jeune fille.

Et Aldrich, par l’intermédiaire des prises de vue de Charles Lang (son chef-op’) nous présente l’actrice comme cette jeune fille, soulignant alors sa beauté persistante malgré l’action du temps.

 

Les Feuilles d’Automne – la musique de Joseph Kosma, arrangée par Hans J. Salter baigne le film – c’est aussi une nouvelle incursion de la psychanalyse dans le cinéma. En effet, cet amour passionné pour une femme (beaucoup) plus âgée cache une réalité plus profonde et plus redoutable : Burt est malade. Et cette femme plus âgée que lui va, malgré elle, devenir, en plus d’être sa femme, une mère de substitution. Le tout avec une violence inconsciente de plus en plus développée jusqu’à l’accident qui va amener la prise de conscience.

Mais, et c’est là – à mon avis – la faiblesse du film, il existe un élément qui n’est pas vraiment développé et qui aurait dû être beaucoup plus traité : la différence d’âge.

 

En effet, à aucun moment cet aspect de la relation entre Milly et Burt n’est envisagé d’un regard extérieur (1). Pourtant, Milly a de nombreuses occasions d’être observée avec ce mari (trop ?) jeune : entre ses voisins et ses visites au supermarché du coin, on aurait pu croire qu’elle aurait pu être un sujet de conversation voire de mini scandale.

Et Aldrich traite ce sujet de la même manière que la situation inverse : un homme mûr – Hanson Sr. (Lorne Greene) – et une jeune femme – Virginia. En effet, on a plus l’habitude – surtout au cinéma – de voir un homme avec une femme (beaucoup) plus jeune que lui.

D’où le peu de développement de ce sujet pourtant primordial dans cette intrigue.

 

Quoi qu’il en soit, on retrouve avec beaucoup de plaisir Joan Crawford, qui assume pleinement son âge, dans un rôle qui ne repose pas que sur sa force de caractère – même si elle en possède, bien entendu – mais aussi sur une fragilité subtile, et aussi sur son magnifique regard.

 

  1. Il y avait presque vingt ans d’écart entre Joan Crawford et Cliff Robertson.

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 200 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog