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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Gordon Douglas
Le Fauve en liberté (Kiss tomorrow Goodbye - Gordon Douglas, 1950)

Le fauve, c’est Ralph Cotter (James Cagney), évadé du bagne dans le sang, de retour aux affaires. Il est direct et surtout, ne fait pas spécialement dans la délicatesse, éliminant sans scrupule les gêneurs.

Depuis son évasion, il vit avec Holiday Carleton (Barbara Payton) qui a organisé l’évasion de son frère (Neville Brand) dont Ralph a profité, tuant au passage ce dernier…

 

Voilà bientôt un an qu’est sorti L’Enfer est à lui, et nous retrouvons James Cagney dans un rôle similaire, celui d’un truand implacable et surtout extrêmement dangereux. Mais cette fois-ci, Gordon Douglas, à travers le scénario de Harry Brown, lui laisse une porte de sortie, sa rédemption : c’est le personnage de Margaret Dobson (Helena Carter) qu’il trouve sur son chemin. C’est une héritière qui lui permettrait une vie aisée, et surtout légale !

Mais bien entendu, le Destin veille, et surtout nous sommes toujours à une époque où il n’est pas question qu’un tel personnage s’en sorte. Qu’il gagne son salut, d’accord, mais qu’il y reste en même temps !

 

A nouveau, le film commence par la fin : c’est le jugement des complices de Cotter qui ouvre le film, avec une évidence, Cotter n’est pas là. Le principal artisan des méfaits dont nous allons être les témoins est absent e »t nous apprendrons – dans l’une des dernières séquences – pourquoi.

Et Douglas fait défiler les différents protagonistes à la barre, recréant pour nous dans une série de flashbacks, toute l’affaire : de l’évasion jusqu’à la résolution – tragique, est-il besoin de le dire – de toute cette affaire.

 

Et à nouveau, James Cagney crève l’écran – en plus de quelques buffets par l’intermédiaire de son personnage – interprétant un truand magnifique, dont nous savons dès le début son destin tragique (nous sommes en 1950, rappelez-vous !).

Cagney nous renvoie près de vingt ans plus tôt quand il était chez Wellman et interprétait Tom Powers : un truand sûr de lui, agissant en toute impunité.

Mais Cotter n’est pas Powers, et la grande différence entre les deux personnages vient avant tout du temps qui a passé : Powers était un jeune chien fou alors que Cotter a vécu. Il a même fait de la prison, ce qui l’a tout de même bien calmé. Quoi qu’on puisse en douter puisqu’une fois sorti, il n’a qu’une idée en tête : reprendre sa vie d’avant, avec en ligne de mire l’envie d’amasser un maximum d’argent. Pour quoi faire ? On n’en sait toujours rien, comme d’habitude !

 

Mais si Cagney crève l’écran c’est aussi parce que le reste de la distribution est à la hauteur et en particulier un « méchant » qu’on n’attendait pas : Ward Bond. Si ce dernier s’est installé dans le microcosme fordien, il n’en demeure pas moins une pointure dans le second rôle hollywoodien et Gordon Douglas utilise merveilleusement ses capacité : Charles Webber est un flic pourri, piégé par Cotter. D’un autre côté, c’est un doux piège : il ne fallait pas beaucoup le pousser pour qu’il passe du côté obscur…

 

Bref, un film noir réalisé de main de maître par un réalisateur qu’on aurait tendance à qualifier de discret et dont on reparlera très certainement ici.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Viggo Mortensen
Jusqu'au Bout du monde (The Dead don't hurt - Viggo Mortensen, 2023)

C’est une femme, Vivienne (Vicky Krieps), qui meurt. Son mari, Olsen (Viggo Mortensen) lui ferme les yeux et part avec son fils (Atlas Green).

Avec la mort de Vivienne, c’est la fin d’une extraordinaire histoire d’amour, commencée un peu avant la Guerre de Sécession, à San Francisco.

Ils se rencontrent, ils s’aiment, ils s’installent ensemble. Mais il part à la guerre et l’ignoble Weston Jeffries (Solly McLeod) en profite : il la viole, lui laissant un souvenir difficile à effacer : un fils.

Alors quand Olsen revient, l’histoire d’amour ne peut plus être la même…

 

Encore une fois, Viggo Mortensen confirme que quand un acteur passe de l’autre côté de la caméra, le film se concentre un peu plus sur les interprètes. Et si Mortensen est encore une fois impeccable, notre attention se porte immanquablement sur Vicky Krieps qui campe une femme de l’Ouest tout à fait singulière.

EN effet, le western est considéré – depuis longtemps – comme un milieu masculin où très peu de femmes ont de l’importance. Il y a eu Johnny Guitar, Jane got a Gun, et maintenant, il y a donc Jusqu’au Bout du monde. Vivienne est une femme forte comme on en trouve dans cet Ouest hollywoodien : volontaire, et surtout qui sait tenir un revolver.

Mais si on pense à ces femmes fortes qui ont émaillé les films des grands spécialistes du genre – Ford, Hawks, Walsh (etc.) – Mortensen ajoute un élément que ses prédécesseurs n’osaient envisager (code Hays oblige) : le viol. Et surtout le viol qui laisse une trace indélébile, la présence d’un enfant.

 

Pour le reste, nous sommes bel et bien dans un film du genre où nous retrouvons de magnifiques (et grands) espaces naturels, et surtout une forme de manichéisme, avec un méchant qui l’est pleinement (indispensable) et bien entendu un duel final qui, s’il n’a pas lieu au soleil couchant, demeure tout de même inévitable et résout logiquement l’intrigue.

Il faut dire que le personnage de Weston Jeffries est une magnifique ordure, arrivant même à dégoûter ceux de son camp, et en particulier son père (Garret Dillahunt). Bref, un méchant absolu, qu’on a, encore une fois, du plaisir à haïr.


Et Viggo Mortensen déroule, filmant en prenant son temps une histoire d’amour singulière, là où on ne l’attendait pas. Et à l’instar de nombre des ses personnages, on retrouve une grande délicatesse dans son travail. Mais cette délicatesse n’empêche toutefois pas la violence : si le viol n’est pas montré, nous avons toutefois droit à deux pendaisons et deux morts violentes dans la première partie du film. Sans oublier le duel final qui signe la mort inéluctable du méchant (bien fait ?).

Quoi qu’il en soit, Vivienne est mise en avant pour ce qu’elle est, une femme. Mais pas une femme des années 1860 : elle est plus moderne dans sa façon de penser. Malheureusement, les hommes, eux, sont restés dans la période choisie et elle va malheureusement en souffrir. Deux éléments masculins vont faire basculer sa vie : le départ à la guerre d’Olsen (il ne peut pas s’en empêcher) et bien sûr le viol. Parce que ce sont ces deux éléments qui vont modifier cette histoire d’amour et la vie de cette femme.

 

Et je n’aime pas charger la mule, mais si Olsen n’était pas parti à la guerre…

D’un autre côté, il n’y aurait pas de film ! Enfin pas ce film-là.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Claude Zidi, #Louis de Funès
L'Aile ou la cuisse (Claude Zidi, 1976)

Charles Duchemin (Louis de Funès) est le directeur des guides du même nom, ceux qui font la pluie et le beau temps sur la cuisine française.

Il visite, note et attribue les précieuses étoiles qui font la renommée de la gastronomie française. Alors bien évidemment, il fait des jaloux et surtout un de ses concurrents les plus farouches : Jacques Tricatel (Julien Guiomar). Ce dernier est le représentant de ce que nous appelons aujourd’hui la « malbouffe », et nourrit des millions de personnes via ses restaurants d’entreprises et autre relais autoroutiers.

Qui de ces deux géants de la nourriture va l’emporter sur l’autre ? Philippe Bouvard (lui-même) va trancher.

 

Voilà cinquante ans que le film est sorti et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il reste, malheureusement d’actualité. Mais pas dans le sens où on le croyait à l’époque : la malbouffe l’a emporté (dans la plupart des endroits) et si Tricatel reste un nom fictif, on n’en pense pas moins à un autre Jacques dont le nom se termine en « el », et qui proposait déjà de la nourriture loin des standards dont Duchemin est le parangon. Lui aussi a un nom qui en rappelle un autre en « in ».

Mais ce qui est avant tout un modèle de société – surtout en France, pays de la gastronomie – reste ici au niveau de la comédie, spécialité de Claude Zidi. Et nous sommes gâtés ? Parce qu’en plus d’une intrigue propice aux gags, ce sont deux grands noms de la comédie française qui se rencontrent pour notre plus grand plaisir : Louis de Funès, donc et Michel Colucci (Coluche). Si l’un représente la comédie traditionnelle du cinéma français, Coluche, pour sa part, représente la nouvelle génération : pas étonnant donc qu’on trouve des gens comme Martin Lamotte (Roland), Marie-Anne Chazel (une des convives au repas du cirque) ou encore Gérard Lanvin (un des clients du café) !

 

La gageure était de taille : réussir à faire se rencontrer deux monuments du rire aussi différents l’un de l’autre est déjà un exploit, mais réussir en prime le film en est un autre. Certes, à sa sortie, certains milieux bien pensants on eu tendance à conspuer cette nouvelle comédie de Zidi – je ne cite personne mais il me semble que ça pourrait se terminer par « rama » – il n’empêche que le duo fonctionne à merveille et on s’amuse du talent comique des deux protagonistes principaux.

Bien entendu, De Funès se retrouve à la tête d’un film bien français, encore une fois, mais ce sujet, somme toute grave, déborde du cadre purement hexagonal et coïncide pleinement avec l’actualité gastronomique mondiale : la restauration rapide se répand dans le monde entier et il ne va pas falloir attendre bien longtemps avant qu’une marque au M jaune s’installe en France, avec ses steaks hachés en sandwiches (1), et son clown (encore un) qui n’est pourtant pas à la Maison Blanche…

 

Alors on en reprend : l’aile, la cuisse et puis tout le reste, avec beaucoup de bonheur.

Et au bout d’une quinzaine de fois (plus certainement), je n’arrive pas à m’en lasser…

 

  1. La manière de fabriquer du steak haché par l’entreprise Tricatel est inoubliable, même si un tantinet exagéré : n’est-ce pas le propre de la comédie que d’accentuer les effets ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Michael Curtiz
Mon Père et nous (Life with Father - Michael Curtiz, 1947)

« La vie avec Père », nous dit le titre original. Quelle vie… Et surtout quel père !

Clarence Day Sr. (William Powell), règne d’une main de maître sur sa maison : sa femme Vinnie (Irene Dunne), et ses quatre fils, Clarence Jr. (Jimmy Lydon), John (Martin Milner), Whitney Johnny Calkins) et le petit Harlan (Derek Scott).

Enfin, à l’instar du maître du logis de Dreyer, c’est plutôt Vinnie qui dirige tout, embrouillant, avec talent, l’esprit de son mari, le retournant telle une crêpe à la chandeleur.

Alors que les Day ont la visite de la cousine Cora (Zasu « Trina » Pitts) accompagnée de la jeune – et belle – Mary (Elizabeth Taylor), la famille se rend compte que ce même père n’a jamais été baptisé !

C’est impensable quand on a été élevé dans la religion comme Vinnie… Et ses enfants !

Et en fin de compte, s’il n’a pas été baptisé, son mariage est-il valable ?

Ces questions sont primordiales dans le New York de la fin du XIXème siècle…

 

Autant le dire tout de suite, Clarence Day Sr. n’est toujours pas baptisé quand le film se termine. Mais cela ne devrait plus tarder… Quoi qu’il en soit, Michael Curtiz réussit ici une comédie pittoresque, servie par une distribution à la hauteur de l’enjeu, Powell et Dunne assurant à eux seuls une grande partie du succès. Mais comme toujours, deux vedettes ne suffisent pas si les seconds rôles ne les soutiennent pas. Heureusement, c’est donc le cas ici et on passe un bon moment en compagnie de cette famille somme toute banale s’il n’y avait pas ce père faussement tyrannique.

Les éclats récurrents – « Goooooood ! (1) » a – de cet homme d’affaire dépassé par sa famille sont attendus avec impatience à mesure que l’intrigue se déroule. De même pour le défilé des servantes – une nouvelle chaque jour – qui lui font dire à chaque fois : «  qui est-ce ? ».

 

Et le talent de Michael Curtiz, c’est aussi de faire d’une pièce de théâtre un film, échappant au théâtre filmé grâce, entre autres, au talent de Robert M. Haas & George James Hopkins qui recréent un New York fin de siècle de toute beauté. L’introduction du film nous y prépare d’ailleurs puisque nous voyons de vieux clichés vus à travers une visionneuse à double image comme on en trouvait à l’époque. Le passage au film se fait alors tout en douceur et nous nous retrouvons comme projetés à l’intérieur de ce monde un tantinet désuet parce que révolu.

Et en touche finale pour ce décor d’un autre temps, nous avons le policier qui déambule, interprété par Monte Blue, lui aussi un acteur d’un autre temps…

 

Oui, Curtiz nous régale avec cette comédie – d’après une histoire vraie ! La famille de Clarence Day a véritablement existé et c’est Junior qui en a écrit un livre – dont l’intrigue n’est pas si simple que ça. Car, outre l’histoire du baptême paternel, nous avons droit à une histoire d’amour naissante entre Clarence Junior et la belle Mary, ainsi q’un remède miracle qui soigne (presque) tout et que John vend aux amis de la famille. Ce remède miracle, véritable poison, est tout de même un des déclencheurs de la rédemption : eh oui, c’est bien un film américain et si Vinnie tanne son mari pour qu’il soit baptisé, c’est avant tout pour assurer son salut ! On y revient toujours !

 

AU final, une comédie enlevée, servie par un duo vedette en pleine forme et un Michael Curtiz qui semble s’amuser de toutes ces péripéties.

Un film à (re)découvrir…

 

  1. « God », pas « good ». Avec un o ouvert qui tire sur le a.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Richard Boleslawski, #Charles Brabin
Raspoutine et l'Impératrice (Rasputin and the Empress - Richard Boleslawski & Charles Brabin, 1932)

Il faut attendre (et atteindre) la vingt-huitième minute pour qu’il entre enfin en scène : Grigori Efimovitch Raspoutine (Lionel Barrymore). Il porte son habit sombre et bien sûr sa longue barbe.

Il est humble, comme il se doit, mais nous ne nous y trompons pas : c’est un être malfaisant qui vient d’arriver comme le suggère la caméra du grand William H. Daniels : il s’avance vers l’impératrice (Ethel Barrymore), et son ombre va bientôt la couvrir, annonçant la main mise qu’il aura sur cette famille singulière.

Mais reprenons. Alors qu’il s’amuse avec ses sœurs, le tsarévitch Alexis (Tad Alexander) tombe et s’écorche. Rien de bien grave, normalement, mais cet incident révèle une infortune plus grave : l’hémophilie. Le docteur du palais (Edward Arnold) est impuissant, et il demande même l’aide de son confrère allemand (Gustav von Seyffertitz) qui ne peut rien de plus.

C’est alors qu’arrive l’homme de la situation, Raspoutine. Certes, il va soigner l’enfant, mais il va l’hypnotiser et le tenir sous sa coupe. Son ambition : régner sur la Russie.

 

En 1932 (quand sort le film), c’est avant tout la légende de Raspoutine qui alimente les récits : racontée par ceux qui ont participé à l’exécution de l’homme et qui ont un tantinet enjolivé les choses, faisant naître cette légende. Ce sera donc par le poison que Grigori Efimovitch va mourir, avec en prime une noyade dans une eau des plus gelées (nous sommes fin décembre 1916). Et le prince auteur de cette exécution, s’il ne s’appelle pas Ioussoupov, en est tout de même bien inspiré : Paul Chegodieff (John Barrymore).

[NB : Ce sont les balles qui ont tué Raspoutine, et il semble qu’il n’y ait eu aucune tentative d’empoisonnement…]

 

Et en plus de ce personnage particulier, l’intérêt du film réside dans la présence des trois Barrymore. Si ce n’est pas la première fois (c’était en 1917), nous sommes obligés de convenir que c’est la seule fois puisque le film précédent (National Red Cross Pageant) est perdu. Et c’est une sacrée gageure que d’avoir réussi à rassembler ces trois monstres sacrés.

Après John et son Svengali, c’est donc au tour de Lionel d’interpréter un personnage qu’on a plaisir à haïr.

Sa prestation est absolument phénoménale, proche du cabotinage, bien sûr, mais quand on est un Barrymore… Toujours est –il que son interprétation, couplée avec la caméra de Daniels nous offrent un spectacle captivant et surtout un Raspoutine ignoble à souhait : hypnose, débauche et ambition démesurée font de cet homme un être abject, archétype du méchant. Et les éclairages – quand il tente de pénétrer dans la chambre de Maria (Jean Parker) – accentuent son aspect malsain.

 

Et question décor, Gibbons (à moins que ce soit plutôt Alexander Toluboff, ce qui semblerait plus logique, Gibbons étant le grand patron du département décors) recrée la Russie tsariste avec beaucoup de faste et de magnificence. La cérémonie des trois cents ans de pouvoir des Romanov qui ouvre le film donne une assez belle idée de ce que va être l’aspect général du film. Parce qu’en plus, on a convoqué les chœurs orthodoxes grecs et russes de Los Angeles pour donner encore plus de poids à cette re-création. A cela s’ajoutent des archives documentaires de l’époque, ce qui nous donne un film on ne peut plus russe.

C’est, de ce point de vue, un vrai régal, avec en prime un véritable russe de Saint-Pétersbourg : Mischa Auer (le serveur de pâtisseries empoisonnées).

 

Bref, un film spectaculaire interprété par une kyrielle de grands noms qui, malheureusement, fut un échec à sa sortie. Dommage, il méritait beaucoup mieux !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Franklin J. Schaffner
Ces Garçons qui venaient du Brésil (The Boys from Brazil, Franklin J. Schaffner, 1978)

Attention : de véritables éléments de résolution de l’intrigue se sont glissés dans le texte qui va suivre. Lisez à vos risques et périls…

 

Et s’ils viennent du Brésil, ce n’est pas par hasard.

L’Amérique du Sud fut un eldorado après la Deuxième Guerre Mondiale, surtout pour ceux qui étaient recherchés plus ou moins activement pour leur participation aux crimes de guerre qui furent jugés à Nuremberg dès 1946.

Et parmi ces criminels recherchés, nous en trouvons un en bonne position : le docteur Josef Mengele, ce médecin nazi qui expérimentait sur des sujets vivants et plus spécialement des enfants, avec une préférence (fascination) pour les jumeaux.

Ici, c’est Gregory Peck qui interprète ce terrible docteur.

EN face, nous trouvons Ezra Liebermann (Sir Laurence Olivier), chasseur de nazis en free-lance, inspiré par un véritable pourfendeur de ces criminels surdéterminés : Simon Wiesenthal.

 

Brillant.

Franklin J. Schaffner nous offre ici un film haletant et en particulier à Gregory Peck un rôle de super méchant qui lui va – tant pis pour lui – comme un gant. On le lui a d’ailleurs reproché ! Il est un Mengele absolument répugnant, fanatique et surtout toujours en vie ! Enfin quand le film sort : il mourra quelques mois plus tard, d’une crise cardiaque alors qu’il se baignait. Pour l’anecdote : la date de la mort de Mengele coïncide quasiment avec celle de son double dans le film…

Et face à un tel méchant, Laurence Olivier nous interprète un chasseur de nazis de première force, avec en prime un accent allemand qui ne le quitte pas du début à la fin du film.

C’est peut-être là que le bât blesse : était-il vraiment utile de prendre un accent germanique ?

Je préfère la technique de Huston dans La Lettre du Kremlin : il commence par faire parler ses personnages dans leur langue avant de passer à l’anglais (sans accent) pour faciliter la compréhension des spectateurs.

Certes, cet accent allemand donne un accent de vérité quand il rencontre David Bennett (John Rubinstein) qui est américain, mais quand Liebermann est à Viennes (sa résidence) et s’entretient avec un compatriote (Bruno Ganz), l’anglais devient inutile, voire incongru.

 

Quoi qu’il en soit, on suit avec beaucoup d’intérêt cette traque forcée (pour Liebermann), et on a tendance à frissonner quand on rencontre pour la première fois Jeremy Black, dans le rôle d’Erich Doring. Surtout quand il passe dans un couloir où deux miroirs se font face : c’est alors une reproduction à l’infini (enfin un peu moins) du personnage qui nous est présentée : vision prémonitoire de ce que va être l’intrigue !

En effet, Jeremy Black interprète trois autres rôles dans le film (et on imagine beaucoup plus dans l’intrigue de base) où il est présenté exactement de la même façon : cheveux noirs, yeux bleus, teint pâle. Seuls les vêtements changent.

Et il va falloir attendre la dernière demi-heure pour que Liebermann comprenne la similitude entre les différents jeunes garçons. Ils sont des clones, mais ni de Mozart ou Picasso, comme le suggère Bruckner/Ganz : tous sont une exacte réplication de Hitler, créé grâce au savoir faire du fameux docteur.

 

Outre les deux acteurs principaux, on retrouvera quelques figures connues dont James Mason (Eduard Seibert) en ancien militaire et criminel de guerre, ou Walter « Gogol » Gotell dans le rôle de Mundt, tueur de pères adoptifs. Malgré la présence de quelques femmes, dont Lilli Palmer (Esther Liebermann), ou Rosemary « Aunt May » Harris (Frau Doring, une des mères adoptives des chérubins), le film reste très masculin, dominé par le duo vedette.

C’est donc un film qui, près de cinquante ans après n’a rien perdu de sa force, même si les survivants nazis sont de moins en moins nombreux et surtout à des âges où ils ne font plus peur à personne. Mais en 1978, quand le film sort, il en reste encore beaucoup en vie, dont Mengele.

Mais le pire, c’est que leurs idées leur ont survécu.

 

PS : Il est amusant de voir Laurence Olivier dans le rôle du traqueur de criminel, lui qui fut un Docteur Szell des plus inquiétants dans Marathon Man. Docteur inspiré de celui qui nous intéresse ici…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Christopher Nolan
L'Odyssée (The Odyssey - Christopher Nolan, 2026)

La loi de Zeus est connu de tous dans le monde hellène : nous devons accueillir tout visiteur avec les mêmes égards, même le plus humble des mendiants pourrait être un dieu déguisé…

C’est pourquoi Télémaque (Tom « Spider-man » Holland) accueille un nouveau hère qui se présente dans la grande salle du palais d’Ithaque, malgré la désapprobation des commensaux, tous prétendants à la main de la belle Pénélope (Anne Hathaway), prétendants emmenés par l’infâme Antinoos (Robert « Batman » Pattinson).

Il faut dire que depuis le départ du roi d’Ithaque, Ulysse (Matt Damon), l’île est à la merci du « peuple de la mer », ces envahisseurs terribles qui sèment la ruine et la désolation partout où ils passent.

Et près de vingt ans ont passé depuis le départ du roi : il est temps de le remplacer.

 

Phénoménal.

A tout point de vue. C’est un formidable souffle épique qui nous est offert dans ce film, Christopher Nolan alliant la maîtrise technique et une superbe adaptation de la (plus que) classique épopée homérique. Avant, il y avait le film de Mario Camerini (1954) où Kirk Douglas interprétait le héros rusé, maintenant, il y a celui de Nolan.

Il faut dire que les moyens à disposition de ce dernier ne sont pas comparables avec la version antérieure : le budget colossal allié aux techniques cinématographiques (et numériques) actuelles font de ce film un sommet du genre.

Et ce qui hisse ce film vers les sommets, c’est avant tout le traitement de l’intrigue, allant au-delà de la simple narration épique.

 

En effet, Nolan ne se contente pas d’enchaîner les épisodes – mythiques, c’est le cas de le dire – témoin éloigné du long retour à la maison d’un héros antique. Il va se rapprocher de son personnage, tentant (et réussissant ?) de pénétrer son esprit, cette odyssée physique devenant mentale, jusqu’à la Révélation, parce qu’il y en a une !

Et comme nous sommes dans un film américain, ces deux odyssées participent d’une même quête : la rédemption (toujours elle !).

En effet, c’est avant tout vers son salut que voyage Ulysse, expiant pour la fin de Troie : dix années de frustration aux portes de la ville qui vont plus que galvaniser les Achéens lors de sa prise, grâce à la ruse… De ce même Ulysse !

Et ce déferlement de violence est l’un des nœuds du film, expliquant en (grande) partie l’errance maritime décennale qui va suivre.

 

Bien entendu, la chute de Troie n’est pas la seule raison des égarements du bateau d’Ulysse : la mutilation du cyclope Polyphème (Bill Irwin), fils de Poséidon, en est la cause majeure. Et cet épisode clef de l’Odyssée est traité avec beaucoup de brio. Et surtout, le rendu du visage du personnage est on ne peut plus habile : il devient un visage hybride redéfinissant ce que nous connaissons du visage humain.

Autre moment mythique du récit : les sirènes. Certes, elles ne ressemblent pas à celles du poète grec (mi-femmes, mi-oiseau), mais on peut les apercevoir (ce qui n’était pas le cas chez Camerini) sans toutefois véritablement les distinguer. Et cet épisode – incontournable – prend lui aussi une dimension épique accentuée par une utilisation sonore des plus pertinentes : en effet, à l’instar des marins compagnons d’Ulysse, nous n’entendons rien et voyons ce dernier réagir aux chants qui l’appellent, cette écoute devenant une véritable torture. Et quand le son revient – Euryloque (Himesh « Yesterday » Patel) enlève les bouchons de cire l’un après l’autre – c’est un côté après l’autre, à chaque oreille libérée.

 

Bien sûr, à nouveau Hollywood réécrit un récit classique universellement connu, et Nolan se permet des libertés. Si vous êtes un habitué du blog, vous savez ce que je pense : il a totalement raison, au cinéma tout reste possible. Et ce qui compte avant tout, c’est de rester dans l’esprit du récit initial. Et là, pas de problème, nous baignons dans ce monde grec antique et surtout mystique où le surnaturel est la norme. Et même cette dimension paranormale (divine ?) est traitée de façon réaliste, les dieux et déesses qui s’amusaient des humains dans le récit originel devenant seulement des références : on sent qu’ils interviennent dans l’intrigue, mais à aucun moment on ne les voit, excepté Athéna (Zendaya), même si on peut douter de sa présence (faites-vous votre propre idée).

 

Et Christopher Nolan réussit magnifiquement son film : réaliser une épopée classique somme toute fidèle et nous proposer un spectacle de presque trois heures qui passe sans lasser.

 

PS : J’oubliais : si L’Odyssée s’appelle ainsi, c’est parce que le personnage principal se nomme Odysseus. Le nom Ulysse est son appellation latine. Si les Anglo-saxons ont droit à ce nom original, pourquoi insister, dans la traduction, à l’appeler Ulysse ? Les spectateurs francophones sont-ils trop idiots pour faire le rapprochement ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Catastrophe, #Robert Aldrich
Le Vol du Phénix (The Flight of the Phoenix - Robert Aldrich, 1965)

Ca devait être un vol de routine. Frank Towns (James Stewart) et son second Lew Moran (Richard Attenborough) ramènent douze passagers d’une exploitation pétrolière.

Mais…

La radio ne fonctionne pas. Et malgré les dernières nouvelles encourageantes, une tempête de sable engloutit l’avion, bloquant ses moteurs : l’avion doit se poser – violemment.

A une centaine de kilomètres de toute habitation, les deux pilotes et dix hommes (deux sont morts dans le crash) doivent survivre en attendant des secours. Des secours qui, bien entendu, ne viendront pas.

C’est un jeune ingénieur, Heinrich Dorfmann (Harry Kruger) qui a une idée : recycler l’avion, inutilisable pour en faire un modèle plus léger mais qui vole.

Seulement les réserves d’eau ne sont pas éternelles…

 

Bien entendu, ils parviendront à faire voler leur engin, mais c’est, bien évidemment, dans l’élaboration et la réalisation de cet objet volant identifié que réside tout l’intérêt. Et Aldrich construit progressivement son histoire, jouant sur les personnalités différentes voire peu compatibles de ces naufragés du sable.

Et malgré l’étendue immense et aride qui entoure ces hommes, le film est construit comme un huis clos où chacun doit s’adapter aux circonstances, et surtout aux autres ! On sent la pression monter entre ces hommes, avec en prime une inimitié pour Dorfmann qui est allemand : la Deuxième Guerre Mondiale est dans les mémoires et on imagine bien que certains des protagonistes – « Ratbags » Crow (Ian Bannen), par exemple – y ont participé. Les sous-entendus de ce même Ratbags sont d’une lourdeur pénible, même pour le spectateur !

 

Mais si l’avion décolle au final, le parcours est long et de nombreux ex-passagers y laisseront la vie (ils ne seront que sept à l’arrivée, la moitié de l’effectif de départ). Et Aldrich insiste sur les différents décès, aucun naturel, cela va de soit : un gros plan sur des mains près d’un objet pertinent dans l’accident initial et nous savons qui est trépassé. Pour les autres, seul Carlos n’a pas de mort définie : on suppose qu’il n’a pas réussi à revenir.

 

Bien entendu, le casting est à la hauteur de l’événement.

James Stewart, toujours impeccable est presque à contre emploi : Towns n’est pas un personnage complètement sympathique. C’est un vieux pilote qui connaît son affaire et ne se remet pas trop en question. Certes, il assume pleinement la responsabilité de l’accident mais son attitude envers Dorfmann frôle la bêtise : il n’aime pas avoir tort !

De son côté, Attenborough campe un pilote raté avec beaucoup de justesse, affublé d’un léger bégaiement qui accentue son aspect « raté ».

On retrouve avec beaucoup de plaisir Ernest Borgnine (E. Trucker Cobb) dans un petit rôle mais là aussi d’une grande justesse : Cobb est un ouvrier peu qualifié et peu éduqué, une espèce de simple d’esprit.

Autre acteur dans une sorte de contre emploi : Dan Duryea (Standish). Lui qui fut un mauvais garçon patenté dans les années 1940 et 1950 est ici un homme un tantinet dévot, affublé d’une paire de lunettes et surtout d’une bible !

 

Et les femmes dans tout ça ?

Il n’y en a pas. Enfin presque pas puisque nous avons droit à une danse du ventre/mirage imaginé par le sergent Watson (Ronald Fraser) qui voit la belle Farida (Barrie Chase) danser pour ce soldat peu recommandable.

 

Au final Aldrich nous sert un film qui s’annonce catastrophique – en ce qui concerne l’intrigue – mais qui se transforme en aventure pour ces naufragés du désert.

La catastrophe, c’est que ce film fut un échec commercial.

On se demande bien pourquoi !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Rowland V. Lee
Le Comte de Monte Cristo (The Count of Monte Cristo - Rowland V. Lee, 1934)

Septième adaptation du roman d’Alexandre Dumas, c’est aussi la troisième américaine, douze ans après la version qui voyait John Gilbert interpréter Edmond Dantès.

C’est ici Robert Donat qui interprète le plus célèbre prisonnier du Château d’If, dans une version qui mérite pleinement notre attention.

Et malgré la brièveté du format (113 minutes seulement), Rowland V. Lee réussit la prouesse de résumer quelques 1500 pages (environ) dans un film qui, s’il taille dans l’intrigue, respecte (presque entièrement) cette histoire très connue.

 

Mais reprenons.

Edmond Dantès est chargé par le capitaine Leclere (William Farnum) de délivrer un message à un gentilhomme français. Message qui a été récupéré sur l’île d’Elbe, là où séjourne Napoléon 1er.

Las, Danglars (Raymond Walburn), jaloux de Dantès, a entendu et va se retrouver en position de force l : il va contribuer à faire arrêter Edmond  pour prendre sa place. Il sera lui-même soutenu par deux alliés de choix : Fernand Mondego (Sidney Blackmer) et Raymond de Villefort (Louis «  César » Calhern). Le premier parce qu’il aime la fiancée de Dantès, la belle Mercedes (Elissa Landi) et le second parce que le gentilhomme est son père et que cela mettrait en danger sa situation.

Dantès des donc envoyé au Château d’If et il y rencontre l’abbé Faria (O.P. Heggie) qui lui enseigne son savoir et lui indique la cachette d’un fabuleux trésor sur l’île de Monte Cristo.

Le reste n’est que l’établissement d’une « vengeance judiciaire » ourdie par un aristocrate étranger à Paris : le Comte de Monte Cristo.

 

Bien entendu, du fait du format, beaucoup d’épisodes et de personnages ont disparu, réduisant au minimum cette intrigue, mais le principal y est malgré tout.

Lee a divisé son film en deux parties – deux époques ? – de longueurs quasi similaires (à quelques secondes près…), la première allant jusqu’au pacte qui voit Dantès, Jacopo (Luis Alberni) et Ali (Clarence Muse) sceller le pacte qui condamne les trois ignobles individus. La seconde va donc voir s’installer et surtout se dérouler le châtiment des trois véritables coupables, jusqu’à la réhabilitation du jeune homme floué considéré comme mort.

Avec à chaque personnage éliminé un plan sur son dossier et une main qui le retourne, signifiant alors sa mort, physique ou morale.

 

Bien entendu, l’intrigue a été un tantinet édulcorée, surtout en ce qui concerne les activités extra conjugales de Villefort et son fils indigne (totalement absent, donc). De toute façon, la conduite non moins indigne de ce père est suffisante pour jeter l’opprobre sur lui.

On retrouve même le duel entre Monte Cristo et Albert Mondego (Douglas Walton).

Restent tout de même quelques libertés prises avec l’intrigue originale comme la folie de Danglars à l’annonce qu’il a tout perdu, et pire : une fin qui voit Dantès avec Mercedes…

Comme quoi, il n’y a pas que Josée Dayan qui a mauvais goût.

Par contre, encore une fois, nous avons un Edmond Dantès impeccable et Robert Donat campe avec beaucoup de maîtrise ce personnage double et surtout inquiétant (pour les autres).

On retrouve chez lui ce qui fait la force du comte, dictée par une soif légitime de justice – qui ressemble tout de même à une vengeance.

Côté méchants, ingrédient indispensable pour la réussite du film, nous sommes servis. Entre la cupidité mâtinée de veulerie de Danglars, la mauvaise foi de Mondego et l’orgueil de Villefort, nous n’avons que l’embarras du choix. Aucun des trois ne se distingue des autres en malveillance. Je reconnais pour ma part avoir une petite faiblesse pour Villefort, qui me semble être le personnage le plus méprisable des trois. Et encore, il n’a pas tous les attributs du personnage original !

 

Bref, Rowland V. Lee signe ici une adaptation de qualité, soutenue par une distribution à la hauteur de l’événement, et si la fin peut paraître décevante, n’oublions pas que nous sommes au cinéma…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Michael Curtiz
La Piste de Santa Fé (Santa Fe Trail - Michael Curtiz, 1940)

2 décembre 1859 : John Brown (Raymond « Jonathan Brewster » Massey) est pendu à Charles Town, Virginie.

Revenons cinq ans plus tôt, en 1854 : Jeb Stuart (Errol Flynn), George Custer (Ronald Reagan) et cinq autre cadets sont diplômés de West Point. Comme ils sont un tantinet indisciplinés, ils vont être muté dans l’endroit le plus dangereux du pays, à Fort Leavenworth, dans le Kansas. Dans ce qu’on a appelé le « Kansas Sanglant » (Bleeding Kansas), dominé par les affrontements violents entre abolitionnistes – derrière John Brown – et esclavagistes.

Une fois Brown défait, tous repartent vers l’Est, promus.

Mais Brown repart à l’assaut, et l’ultime affrontement aura lieu à Harper’s Ferry (Virginie) : c’est suite à ce dernier combat que Brown sera arrêté, jugé et condamné à mort.

Le combat de Brown ne s’arrêtera pas là puisque deux ans plus tard, la Guerre de Sécession va commencer.

 

Nous sommes donc à la toute fin des années 1930 et le Sud conserve son aspect nostalgique voire romantique comme cela fut montré l’année passée avec l’admirable fresque adaptée de Margaret Mitchell. Mais ici, nous sommes très loin de ce Sud de carte postale : c’est une vraie guerre que mène Brown contre l’Union, pour des raisons opposées à celles de Davis et Lee plus tard.

Et comme nous sommes dans un western, les différences sont marquées : le manichéisme triomphe. Et le méchant, ici, c’est John Brown, et par extension, les abolitionnistes. Ce qui fait que plus de 80 ans après, le propos laisse un goût amer au spectateur. Habitués que nous sommes à célébrer les héros, il devient ambigu de prendre partie pour ces hommes dont une bonne partie est esclavagiste. Seul Custer tire son épingle du jeu, ayant des sympathies abolitionnistes. Mais là encore, on sait comment il finira, et lui non plus ne fut pas spécialement un grand humaniste.

 

C’est donc un film mitigé que nous propose ici Michael Curtiz – ce n’est pas son meilleurs, d’ailleurs – qui voit son couple vedette Errol Flynn – Olivia de Havilland (« Kit Carson » Holliday) Holliday se retrouver pour l’avant-dernière fois. Mais il s’entoure aussi de quelques valeurs sûres : Alan Hale (Tex Bell) et Guinn « Big Boy » Williams (Windy Brody) sont de l’aventure (dans tous les sens du terme, et à nouveau ils apportent la touche comique nécessaire à cette histoire somme toute tragique et surtout très violente : on ne compte plus le nombre de morts par balle dans les différents échanges de coups de feu.

Et puis aussi de jeunes acteurs qui n’ont pas encore la notoriété qui les attend : outre Reagan, on reconnaît Van Heflin (Carl Rader) dans un rôle lui aussi mitigé. Et en cherchant bien, on retrouve aussi deux transfuges fordiens : Ward Bond (Townley) et Russell Simpson (Shubel Morgan).

Mais malgré tout, c’est bien Raymond Massey qui éclate dans ce film. Il est un John Brown exalté et donc proche de la folie, sûr de son fait et de son triomphe. Et Curtiz, grâce au scénario de Robert Buckner, en fait un méchant redoutable : il va jusqu’au bout de ses idées et n’hésite pas à jouer des poings voire de la gâchette (froidement) quand nécessaire. Il est un ennemi à la hauteur de ceux qu’on va mettre dans le camp des gentils.

 

Pour le reste, Curtiz déroule et fait la part belle à Flynn et consort. Certes, le scénario prend beaucoup de liberté par rapport à l’histoire, mais c’est pour les besoins de l’intrigue, et puis c’est bien connu, au cinéma tout est permis ! Même de jouer avec les dates.

Les séquences d’action sont toujours aussi spectaculaires et le dernier assaut contre les hommes de John Brown est inoubliable.

C’est du grand spectacle qui nous fait – heureusement – oublier l’ambiguïté de l’intrigue pour nous plonger au cœur de l’action.

L’année suivante, Errol Flynn et Olivia de Havilland seront réunis en dernière fois à l’écran : ce sera La Charge fantastique, où Flynn interprétera le rôle de… Custer !

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