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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Edward Berger
Conclave (Edward Berger, 2024)

Le Pape est mort : Vive le Pape !

Enfin, non. Ce n’est pas aussi simple que ça. D’abord, comme disait Coluche, il faut rassembler les cardinaux, et ils sont aux quatre coins. Ensuite, nous assistons à un vote à plusieurs scrutins jusqu’à désignation du successeur du défunt sur le trône de Saint Pierre (celui avec les clés).

Cette fois-ci, le choix est ouvert, avec en vedette le cardinal Tedesco (Sergipe Castellito) chantre d’un conservatisme ultra réactionnaire.

Et si le salut venait du camerlingue, le cardinal Lawrence (Ralph Fiennes) ?

 

Quelques jours dans la chapelle Sixtine, avec une ribambelle de cardinaux à la calotte rouge, sans pour autant connaître les différentes positions des uns et des autre : c’est ce que nous propose Edward Berger. Notre attention est portée sure le résultat de cette élection (on ne peut plus) irrégulière, avec les différents enjeux politiques et bien sûr spirituels que cela implique.

Et Ralph Fiennes porte avec beaucoup de talent la responsabilité du scrutin, ainsi que celle du film : il est un personnage primordial même si inadapté à la situation : il n’a pas, à aucun moment, la prétention de remplacer le pape sortant.

Pourtant, en tant que spectateur, nous savons – rapidement – que « s’il n’en restait qu’un, [ce] serait celui-là ! »

 

Et Edward Berger nous entraîne dans les arcanes d’une élection papale, avec ses intrigues séculières qui n’ont pas spécialement de lien spirituel : comme chez les autres politiciens, la fin justifie les moyens ! Parce que, comme le rappelle Lawrence à l’heureux élu, la fonction est l’une des plus prestigieuse au monde.

Et ce qui peut nos réjouir (1), c’est le résultat du vote : non seulement le réactionnaire en chef est écarté, mais en plus le malhonnête, (John Lithgow, encore une fois du côté obscur) aussi.

 

C’est donc un jeu de trône auquel nous assistons, même si le résultat n’est pas obligatoirement intéressant : nous savons que la place sera occupée. Mais ce sont toutes les transactions auxquelles nous n’avons pas accès d’habitude qui font tout l’intérêt du film.

Et surtout c’est la performance de Ralph « Voldemort » Fiennes qui retient notre attention. Son jeu est tout en subtilité, et sans minimiser la position de son personnage.

On va le suivre avec beaucoup d’intérêt dans cette quête papale qui l’implique malgré lui.

 

Bref, ce conclave nous tient en haleine et si son résultat n’est pas obligatoirement révolutionnaire, il bénéficie tout de même d’un basculement final étonnant mais réjouissant.

Mais rassurons-nous (?), pas de quoi déstabiliser l’institution…

Malgré l’incertitude du scrutin, la morale reste sauve.

 

Tant mieux ?

 

  1. Ce n’est qu’une fiction…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Gerry Marshall, #Ron Howard
Happy Days (Gerry Marshall, 1974-1984)

1974 commence (nous sommes le 15 janvier), et une nouvelle série télévisée démarre (encore ?). Et non seulement elle est de qualité, mais en plus elle va perdurer dix ans !

Richie Cunningham (Ron Howard), Potsie (Anson Williams), Ralph (Don Most) et Fonzie (Henry “The Fonz” Winkler) nous sont proposés. Nous sommes dans les années 1950 (puis 1960), dans un décor qui n’est pas sans rappeler celui d’American Graffiti, sorti un peu moins de six mois plus tôt, avec – déjà – Ron Howard !

Le milk-bar n’est pas encore le lieu central de la série, mais il s’y passe déjà beaucoup de choses. C’est là que les protagonistes principaux se retrouvent et lancent les principaux éléments de l’intrigue.

 

Pour le premier épisode, Richie a rendez-vous avec la belle Mary Lou (Kathy O’Dare). Bien entendu, il n’est pas un tombeur et manque cruellement de pratique. Heureusement, son ami Potsie est là pour le conseiller, bien qu’il n’ait pas tellement plus d’expérience dans ce domaine…

 

La musique d’époque est là, tout comme les codes vestimentaires, et l’incontournable voix d’Elvis qui, si elle ne chante pas Good rockin’ tonight, nous propose tout de même Hound Dog, ce qui nous donne une indication temporelle : la chanson est sortie le 13 juillet 1956 !

Donc, Gerry Marshall, créateur de la série, recrée avec bonheur cette période d’après-guerre à travers les yeux des adolescents, ceux qui étaient nés pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Bien évidemment, c’est avant tout la comédie qui est mise en avant, même si ce que vit Richie ne l’est pas spécialement, au moins pour lui.

 

Et dans ce premier épisode, Marshall commence à positionner ses personnages. Les Cunningham sont le fil rouge et si nous ne faisons qu’apercevoir Marion (Marion Ross), la mère où les autres enfants – Joanie (Erin Moran) et Chuck  (Gavan O’Herlihy) – le père, Howard (Tom Bosley) nous apparaît déjà comme un pilier de la série.

Et bien entendu, nous trouvons déjà celui qui donnera toute son envergure : Arthur « Fonzie » Fonzarelli (Henry Winkler).

Il est déjà considéré comme le supérieur de cette bande de jeunes gens. Au contraire de Richie, il n’est plus à l’école et a un regard détaché sur la vie. Mais certainement pas sur son apparence : il nous fait déjà le coup du peigne devant la glace qui sera repris plus tard dans le générique.

 

A propos de générique, c’est Rock around the Clock qui ouvre ce premier épisode, et la chanson Happy Days que nous connaissons (presque) tous, n’est présente que pour la fin, alors que la caméra s’éloigne de Richie et Potsie, révélant l’insouciance d’alors : tous ces jeunes gens qui s’amusent.

 

Bref, de vrais jours heureux…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Chuck Russell
The Mask (Chuck Russell, 1994)

1994 : grande année pour Jim Carrey.

En effet, trois films (1) où il est en haut de l’affiche sortent et il passe dès lors au premier plan, enchaînant les succès.

Et ce Mask, c’est du sur mesure, ou presque !

A l’instar de son interprète, le Mask possède une dentition remarquable et une souplesse incroyable. Bref, Jim Carrey est son personnage, et nous en profitons !

 

Stanley Ipkiss (Carrey, donc) est employé de banque, un tantinet trop gentil, naïf et idéaliste. Et ce ne sont pas des qualités très prisées à Edge City. Mais un soir, alors qu’il croyait sauver une forme qui se noyait, il trouve un masque viking en bois. Une fois essayé, Stanley se métamorphose : il est un homme au visage vert et imberbe, aux manière très éloignées de ce qu’il est : « the Mask ».

Seulement voilà, à l’instar de Mr. Hyde pour Jekyll, cet avatar échappe à tous contrôles et rapidement, Stanley est recherché par la police : même s’il portait un masque, c’est bel et bien lui qui a dévalisé la banque où il travaille…

Mais s’il n’y avait que ça…

 

Bien entendu, Jim Carrey est absolument époustouflant. Certes, les effets spéciaux sont omniprésents et accentuent les différentes mimiques de l’acteur. Mais force est de constater qu’il s’en tire à merveille, interprétant ce véritable hommage à Tex Avery. Doublement parce que Stanley est avant tout un grand fan du maître du cartoon, mais aussi parce que son personnage se comporte comme l’une de ses créatures, et en particulier le loup. Nous avons d’ailleurs droit à la séquence où le Mask regarde la belle Tina (Cameron Diaz) chanter, telle le petit Chaperon rouge (Red hot riding Hood, 1943) ou encore Cendrillon (Swing shift Cinderella, 1945). Le tout avec les effets sonores adéquats.

C’est du grand n’importe quoi dès que le visage vert apparaît, et c’est tant mieux ! Avec en point d’orgue les policiers venus l’arrêter, entraînés dans une chorégraphie impromptue. Impromptue mais savoureuse !

 

C’est une centaine de minutes de plaisir où l’on découvre une jeune actrice (elle a encore 21 ans quand le film est présenté) qui fera parler d’elle : Cameron Diaz.

Bien entendu, le méchant (condition sine qua non de réussite du film), Dorian (Peter Greene), est à la hauteur de l’événement, et encore plus quand il récupère le masque et l’enfile. Il est aussi répugnant que sa voix est désagréable : tout ce qu’il faut pour s’attirer les inimitiés.

Bien entendu, comme nous sommes dans une comédie, tout se terminera bien, ce dont nous ne doutons à aucun moment, l’intérêt étant de voir comment on y parvient !

Et la palme du meilleur second rôle échoit bien sûr à Max, qui interprète Milo, le chien de Stanley, qui va lui aussi enfiler le masque…

 

Bref, si ce n’est déjà fait, précipitez-vous sur ce film fichtrement bien ficelé, où les effets spéciaux numériques sont encore balbutiants mais tout de même très efficaces, et surtout bien réalisés et n’empiètent pas sur l’intérêt de l’intrigue, ce qui n’est pas toujours le cas… Surtout dans les années qui ont suivi !

 

 

  1. Les deux autres : Ace Ventura : Pet Detective et Dumb & Dumber.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Gangsters, #Robert Siodmak
Les Tueurs (The Killers - Robert Siodmak, 1946)

Ils sont deux, Max (William Conrad) et Al (Charles McGraw). Ils sont venus tuer un homme : Pete Lung, plus connu (par les services de police) sous le nom de Ole Henderson (Burt Lancaster), dit « Le Suédois ».

Pourquoi deux tueurs à gage ont-ils descendu un pompiste d’une petite ville ? C’est ce que va chercher à expliquer Jim Reardon (Edmond O’Brien) qui travaille pour une compagnie d’assurance : Lung/Henderson a légué son assurance-vie à une obscure femme de ménage d’un non moins obscure hôtel d’Atlantic City.

Qui était donc cet homme « sans histoire », mort un soir dans sa chambre, exécuté par deux étrangers de la grande ville ?

 

Oui, nous le savons (presque) tous : il s’agit du premier film avec Burt Lancaster au premier plan. Ainsi que les débuts – remarqués (1) – d’Ava Gardner (Kitty Collins). Mais cela ne suffit pas à faire un chef-d’œuvre. Parce que Robert Siodmak signe là encore un film inoubliable doté d’une grande maîtrise technique (1).

A partir d’une petite anomalie, un homme qui désigne une femme qu’il n’a croisée qu’une fois pour bénéficier de son « héritage », Siodmak nous entraîne dans les bas-fonds vers une histoire sordide où finalement, peu en réchappent.

Bien sûr, l’utilisation du flash-back est primordiale, et d’une certaine façon, la quête de Reardon fait penser à celle du journaliste dans Citizen Kane.

C’est une sorte de négatif de cette recherche : Kane était un personnage important dont la dernière parole faisait référence à un détail (insignifiant ?) de sa vie, alors qu’ici c’est la vie d’un personnage somme toute insignifiant qui nous emmène vers un épisode conséquent : le braquage d’un bureau de paie, avec 250.000 dollars à la clé (une somme pour 1946 !).

 

Nous allons donc suivre cette quête qui va nous raconter le destin d’un petit bandit (Henderson), tombé dans la truande parce qu’il ne pouvait plus boxer, à travers ceux qui l’ont (le mieux ?) connu. Et Siodmak use sans abuser du flash-back, appuyé par un montage impeccable (merci Arthur Hilton), condition sine qua non à la maîtrise du procédé.

Et si la nouvelle d’Hemingway – à l’origine du scénario – n’a plus grand-chose à voir avec le film (à moins que ce ne soit le contraire…), tant pis (pour Ernest), parce que le film n’en est que plus exceptionnel.

Et la première intervention de Lancaster est elle aussi dans cette lignée.

C’est bien lui que ces hommes sont venus tuer, et il y a chez Henderson une fatalité chrétienne qui s’exprime : il a fait quelque chose de mal, il doit donc payer pour ça.

 

Et Siodmak souligne la fatalité (volontaire) qui caractérise son personnage : quand Nick Adams (Phil « Uncle Owen » Brown vient le prévenir que sa vie est en danger, il est déjà allongé sur ce qui va être son lit de mort (2) et, à l’instar des cadavres, son visage est déjà recouvert (par une ombre, autre symbole mortuaire). C’est donc un mort en sursis que les deux tueurs abattent, et son agonie est vue à travers sa main qui relâche son étreinte autour du montant du lit.

Peut-on y voir une autre main dans cette fin sordide, celle de la fatalité qui s’abat inexorablement sur Henderson ? Pourquoi pas…

 

Par contre, la première apparition d’Ava Gardner est totalement différente. Elle est mise en valeur par la lumière qui l’entoure et sa voix chaude qui chante. De plus, sa tenue vestimentaire a de quoi faire tourner toutes les têtes, et surtout celle de Henderson. Elle possède une aura qui fait oublier toutes les autres femmes.

C’est une femme fatale dans toute sa splendeur, et ce terme n’est pas usurpé, surtout quand on connaît la résolution de l’intrigue (3).

Mais là encore, son rôle ne se résume pas à celui d’un objet de décoration : elle est la véritable main du Destin (de la fatalité, si vous préférez !). En effet, c’est elle qui va précipiter les événements et amener Jim Reardon sur la piste de Ole Henderson. Bien entendu, alors que nous avons (presque) tous éléments dès les témoignages de son collègue (Nick Adams) et de sa bénéficiaire, Mary Ellen « Queenie » Daugherty (Queenie Smith) : nous apercevons alors « Big Jim » Colfax (Albert Dekker), truand notoire d’un autre calibre qu’Henderson et entendons parler d’une femme qui vient de partir.

 

Et Siodmak use d’une grande habileté pour nous tenir en haleine malgré cela jusqu’à la révélation finale, un tantinet inattendue : un basculement indispensable pour faire entrer ce film parmi les très grands.

 

  1. Pouvait-il en être autrement ?
  2. Oui, il meurt dans son lit !
  3. Déjà que le Suédois est mort…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Guerre, #Roberto Benigni
La Vie est belle (La Vita e bella - Roberto Benigni, 1997)

Guido (Roberto Benigni) est serveur dans un grand restaurant. A plusieurs reprises, il tombe sur la belle Nora (Nicoletta Braschi), et donc, ils finissent ensemble. Ils on même un petit garçon, Giosué (Giorgio Cantarini).

Mais ils sont rattrapés par leur époque : Guido est juif et donc arrêté, avec son fils, et envoyé en camp de concentration. Dora décide alors de les suivre.

Mais comment faire comprendre à un enfant de cinq ans qu’il vient d’intégrer l’antichambre de l’enfer ?

C’est ce que Guido va réussir, et avec maestria.

 

Peut-on faire rire avec la Shoah ? En tout cas, on peut au moins sourire en voyant tous les stratagèmes que met en place Guido pour assouplir le séjour de son fils. Ce séjour se résume à un grand prix dont la récompense suprême est un (véritable) char d’assaut. Par contre, les règles sont strictes dont la primordiale reste : ne pas être repéré. C’est un véritable festival de faux-semblants (aujourd’hui, on dirait « fake news ») auquel se livre Guido pour adoucir le séjour – malheureusement – forcé de son fils. Et dans ce cas-là, tous les prétextes sont bons : interprète auprès des nazis ou serveur polyglotte font partie des artifices de Guido pour sauvegarder son enfant.

Bref, nous avons un personnage prêt à tout pour celui qu’il aime.

 

Et ce film en deux parties – avant et pendant le camp – est une belle leçon de vie, même si certains grincheux n’y ont vu q’une forme de négationnisme. En effet, le véritable résultat de camps de concentration est, comme qui dirait, entraperçu : lors d’un retour de réception – Guido comme serveur, Giosué comme invité malgré lui – le père se perd et découvre un charnier. Qui plus est, une fumée (brume) enveloppe cette vision qui pourrait, pour ces gens-là déjà cités, passer pour un rêve, voire une fantasmagorie. Mais nous, spectateurs avertis, savons qu’il ‘en est rien. Ces corps enchevêtrés sont bien le résultat de la solution finale préconisée fin 1942. Mais le film ne fait pas parti de ceux qui dénoncent le nazisme, me^me si Guido et Giosué ne se retrouvent pas en camp pour leur plaisir.

 

Benigni a voulu avant tout réaliser un film qui réunit comédie et (noire) tragédie. Et Guido, malgré son destin tragique (1), est un  personnage on ne peut plus positif, sinon optimiste. Il faut dire que la présence de cet enfant dans le camp aide à cela. Mais dans la première partie, qui le voir (plus ou moins) courtiser la jeune Dora donne le ton de cette comédie. Déjà à ce moment, il n’est pas à sa place : comment un simple serveur – à l’esprit éveillé – peut-il prétendre à une jeune fonctionnaire de (Déjà à ce moment, il n’est pas à sa place : comment un simple serveur – à l’esprit éveillé certes – peut-il prétendre à une jeune fonctionnaire de (très) bonne famille ?

 

Et même si les circonstances les réunissent plus ou moins malgré elle, on a du mal à croire à cette idylle : comment cette jeune femme de la haute société  peut-elle épouser un serveur juif ? Parce que ce dernier qualificatif est le véritable point de rupture de l’intrigue : la judaïté de Guido entraîne le développement tragique inévitable.

Et Benigni enfonce le clou pour dénoncer cet état de fait abject : son oncle (Giustino Durano), alors qu’il se prépare à la douche fatale, a un dernier élan d’humanité envers une jeune femme aryenne qui trébuche. Oui, ces gens qu’on élimine pour des prétextes raciaux sont avant tout des humains, soucieux du bien-être des autres.

 

Alors oui, ce film ne montre pas la terrible réalité des camps, mais dès le début, nous sommes prévenus : le narrateur, c’est Giosué, du haut de cinq ans. Comment peut-il concevoir l’effroyable machine à tuer qu’était le nazisme ?

Il ne peut pas.

Donc, le temps d’un film, plaçons-nous de son point de vue et savourons ce formidable film pour ce qu’il est : du cinéma. Du grand cinéma, certes, mais avant tout du cinéma.

 

  1. Oui, il meurt à la fin !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Emile Ardolino
Sister Act (Emile Ardolino, 1992)

D’un côté, Whoopi Goldberg (Deloris van Cartier, alias sœur Mary Clarence) : délurée, moderne, vivante.

De l’autre, Maggie Smith (Mère supérieure du couvent de Sainte Katherine) : strict, conservatrice, rigide.

Au milieu, Bill Nunn (Eddie Souther) un policier qui n’a pas trouvé mieux, pour la protéger de Vince (Harvey Keitel) que de placer Deloris chez les nonnes : le dernier endroit où  Vince irait la chercher.

Pourquoi ? Elle a été témoin d’un meurtre, et sa relation – très intime – avec Vince ne la protège plus.

Seulement, un couvent, pour une meneuse de revue comme Deloris, ce n’est pas obligatoirement très approprié…

 

Oui, Whoopi Goldberg tient le film à bout de bras : c’est du sur mesure, et on sent qu’elle s’amuse. Mais elle n’est pas la seule. Les autres membres de la « congrégation » aussi, sans oublier, bien entendu, le spectateur.

Il faut dire que cette histoire – improbable, cela va de soi – a tout pour réjouir. On y oppose deux mondes très différents, menées par les deux femmes précédemment citées, et qui, évidemment, arrivent à un compromis : la congrégation va profiter de l’apport un tantinet moderne que Deloris va lui apporter, et en même temps – comme on dit ailleurs – cette dernière va changer son regard sur le monde. Bien sûr, il  n’est pas question de conversion, Deloris ne va pas entrer dans les ordres. Mais elle va tout de même profiter de ce passage ô combien spirituel.

De là à parler de rédemption… On n’en est tout de même pas loin.

 

En effet, Deloris est une chanteuse – moyenne – qui se produit dans des casinos de Reno (là où les mariages se font et se défont en un tournemain) et traîne avec un truand notoire (Vince, donc) marié qui plus est, et surtout très porté sur la religion : il ne quittera jamais sa femme !

Heureusement (1), l’exécution d’Ernie (Max Grodénchik) va la libérer de l’emprise du gangster. La libérer pour une forme douce de prison : non seulement les règles sont strictes et vont à l’encontre de la vie régulière de Deloris, mais en outre sa chambre s’appelle une « cellule ». Bref, elle a choisi une drôle de liberté !

Mais comme nous sommes dans une comédie, pas de quoi s’affoler.

 

Et encore une fois, c’est de la musique que viendra le salut : celui de Deloris, ainsi que celui du couvent promis à la disparition. Certes, Deloris est chanteuse, mais entre chanter des variétoches et diriger un chœur de nonnes, il y a un (sacré, évidemment) pas à franchir. Pas qu’elle franchit avec les limites qui vont avec, pour notre plus grand plaisir.

Il faut dire que l’énergie et l’entrain de la (encore) jeune femme est de l’ordre de la foi qui ferait déplacer des montagnes.

Et avoir mis en face d’elle Maggie Smith est une très bonne idée : la rectitude de la mère supérieure annonce celle de Minerva McGonagall moins de dix ans plus tard.

C’est un véritable choc de titans où aucune des deux ne sortira victorieuse ou, d’une certaine façon toutes les deux seront gagnantes et accèderont à l’inévitable rédemption sus mentionnée…

 

Bref, une comédie enlevée qui fait du bien : du cinéma, quoi !

 

  1. Pour elle, évidemment, parce que pour l’autre…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Jean Girault, #Louis de Funès
Jo (Jean Girault, 1971)

Jo (voix de Roger Lumont) est un maître-chanteur de la pire espèce. Parmi ses clients se trouve Antoine Brisebard (Louis de Funès). Ce dernier a déjà payé et ne peut plus. Il ne lui reste alors qu’une solution : éliminer cet infâme.

Le soir, Jo se pointe chez Brisebard, à son invitation, et se fait tuer par ce dernier.

Sauf que l’inspecteur Ducros (Bernard Blier) apprend à ce même Brisebard que Jo a été éliminé par ses complices.

Qui a donc été tué par Brisebard, et se trouve enterré sous la gloriette (1) ?

 

1971 est une année cinématographique faste pour Louis de Funès : entre Sur un Arbre perché (Serge Korber) et La Folie des grandeurs (Gérard Oury), on trouve cette adaptation d’une pièce de théâtre (1) à l’intrigue policière déjà adaptée au cinéma en 1960 (2). Et bien que ce film soit réalisé par Jean Girault, on peut le considérer comme l’un des meilleurs de l’acteur. De Funès est encore une fois impérial, enchaînant mimiques et paroles inaudibles, situations improbables et visuelles comiques… Bref, du grand art.

Mais il faut dire qu’il a à ses côtés deux pointures : entre Claude Gensac (Sylvie) qui interprète à nouveau son épouse et Bernard Blier, nous sommes en très bonne compagnie. Sans oublier quelques têtes habituelles des films de la décennie et les familiers de Girault (Michel Galabru, Jacques Marin, Dominique Zardi…).

 

Bien entendu, tout le film repose sur de Funès et la proximité entre l’acteur et le réalisateur permet au premier de s’exprimer totalement. C’est un véritable raz-de-marée scénique, de Funès étant partout, courant de pièce en pièce, accumulant les situations périlleuses pour le plus grand plaisir du spectateur qui ne fut malheureusement pas toujours là à la sortie du film.

Et pourtant, il s’agit d’une de ses plus belles prestations, loin devant celles des sempiternels Gendarmes qui ont pourtant du succès.

Malheureusement, cette agitation permanente aura raison de lui : on comprend en voyant son jeu nerveux poussé à son paroxysme ; pourquoi il fit trois infarctus, le dernier se révélant fatal.

Bien entendu, Claude Gensac est toujours l’élément calme sur lequel ce personnage excité peut se reposer, même si l’intrigue ici a raison de la nonchalance habituelle de l’actrice.

Quant à Blier, encore une fois, il nous gratifie d’une performance impeccable, tenant tête à de Funès avec beaucoup de maîtrise.

 

Et le talent comique de de Funès s’exprime ici de nombreuses fois par son regard : s’il est la première personne que nous voyons au début du film, ce n’est pas lui qui prononce la première phrase. En effet, paralysé par le revolver qu’il tient, il est incapable de parler, et surtout de tirer ! Et l’aspect visuel de cette première séquence donne le ton pour le reste du film : tous les protagonistes vont jouer avec leur visage, passant du sourire au sérieux en un tournemain, et avec leurs regards exprimant magnifiquement l’indicible qui devient pourtant très compréhensible.

 

Et si Jo n’a pas eu le succès escompté, il participe tout de même au véritable retour en puissance – après quelques films de moindre facture – de l’acteur qui va enchaîner ensuite deux autres films de haut niveau : La Folie des grandeurs d’abord, et le phénoménal Rabbi Jacob ensuite.

Bien que Jean Girault ne soit pas considéré comme un grand cinéaste – ce qui se comprend tout de même un peu – on peut lui accorder un peu plus qu’un satisfecit pour cette comédie bien enlevée : à l’instar des grands qui se sont fourvoyés dans de sombres navets (3), on peut aussi trouver des petits cinéastes capables de grandes choses !

 

PS : Jacques Marin (Andrieux, un des policiers) était l’inspecteur Ducros lors de la création de la pièce de théâtre en 1964.

 

  1. Gloriette qui donne son titre à la pièce originale : The Gazebo (Alec & Myra Coppel, 1958).
  2. Un Mort récalcitrant (The Gazebo – George Marshall, 1959) avec Glenn Ford dans le rôle principal.
  3. Tobacco Road (John Ford, 1941), pour ne citer que celui-là…

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Publié le par Djayesse
93, rue Lauriston (Denys Granier-Deferre, 2004)

De 1941 à 1944, au 93, rue Lauriston, on trouvait un lieu singulier appelé la « Carlingue ». Rien à voir avec les avions : il s’agissait du siège d’une des gestapos françaises, certainement la plus caractéristique.

Dirigée par Henri « Lafont » Chamberlin (Daniel Russo) dirige cette organisation à but lucratif, épaulé par un ancien policier révoqué, Pierre Bonny (Christian Charmelant) aux méthodes brutales.

Autour de ces deux personnages peu recommandables, ce sont les grands noms de la pègre d’alors et d’après-guerre qui vont y graviter (Pierre Loutrel, Georges Boucheseiches, Abel Danos…).

 

Quand commence le film, nous sommes à Bazoches-sur-le-Betz (45), et l’inspecteur Blot (Michel Blanc) procède à l’arrestation des deux chefs sus-cités.

Blot reçoit alors la mission d’identifier tous ceux qui ont pu avoir affaire à ces deux criminels. Ce sont alors trois ans d’entretiens qui vont nous être proposés, à travers les récits de quelques anciens éléments de la Carlingue : Jabinet (Samuel Le Bihan), gestapiste occasionnel, Norbert « Nestor » Boileau (Gérald Laroche), véritable cadre du lieu, ou encore Pelleux (Eric Prat), flic « infiltré ».

Mais l’état d’esprit de la Libération est loin de celui qui suit la guerre…

 

Vingt ans avant le formidable livre de David Alliot (1), Canal + nous proposait déjà une très bonne reconstitution de cette institution funeste qui si elle n’est pas aussi exhaustive n’en demeure pas moins très bien renseignée.

Mais à travers ces trois personnes qui nous livrent leur témoignage, c’est bel et bien trois exemples de collaboration active très caractéristique de cette époque.

 

Jabinet est un repenti, et on n’en attendait pas moins de Samuel Le Bihan : il était plutôt inimaginable de le voir camper un salaud absolu comme aurait pu le devenir ce personnage violent et un tantinet impulsif. De plus, Jabinet est un très bon exemple des contradictions de l’époque : gestapiste français, il est amoureux d’une juive. Et cela n’empêche pas Lafont de la faire libérer pour lui.

Boileau est un autre gibier : c’est un convaincu de son activité, et surtout un admirateur de celui qu’il appelle « Le Patron ». Il n’en va pas de même pour Bonny qu’il méprise : normal, c’est avant tout un flic. Parce que même si Boileau doit sa libération à l’ex-inspecteur, il est avant tout un bandit et tout ce qui relève de la police ne peut pas recueillir ses faveurs. Sans oublier le pire dans son histoire : après un (court) séjour en prison après la Libération, il va réintégrer la société et en devenir à nouveau un des rouages. (2)

Pour Pelleux, c’est un peu plus complexe. Mais surtout, on comprend que ce « bon Français » ne l’était pas tant que ça. Flic révoqué, il argue du fait qu’il avait été infiltré rue Lauriston et rendait des comptes à son supérieur. Ce supérieur qui, malheureusement pour lui – pour eux ? –, a été arrêté et déporté avant de mourir. Donc aucune trace de sa prétendue infiltration… De plus ce personnage est le seul qui contredit les autres témoignages, se réservant la part belle et chargeant les absents.

Pelleux est l’exemple type du (petit) collaborateur qu’on s’est empressé de réintégrer afin de préserver la continuité de l’Etat, réintégration qui sera accentuée quelques années plus tard avec une amnistie (bienvenue).

Et c’est le supérieur (Christian Bouillette) de Blot qui résume bien l’état d’esprit changé : il encourage Blot à ne pas faire de vague, expliquant qu’il était temps de tourner la page (etc.).

Et Michel Blanc, à travers son personnage et surtout son visage perplexe, exprime magnifiquement le dégoût que lui inspire ce changement de mentalité.

Dégoût facilement partagé par le spectateur…

 

  1. David Alliot – La Carlingue : La Gestapo française du 93, rue Lauriston, (Paris, Tallandier, 2024)

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Franck Dubosc
Un Ours dans le Jura (Franck Dubosc, 2024)

« Il n’y a pas d’ours dans le Jura. »

Ce précepte nous est exposé plusieurs fois : nous devons nous en convaincre.

Sauf que…

Sauf que des passeurs de drogue ont été poursuivis par un ours dans cette chaîne. Et surtout, ce même ours s’est retrouvé sur la route de Michel (Franck Dubosc), et que pour l’éviter, il est entré dans une voiture à l’arrêt dont la conductrice s’était arrêtée uriner.

Résultat : une morte. Enfin deux puisque un homme, paniqué par ce qu’il venait de voir, s’est empalé sur un arbre. Nous en sommes déjà à deux morts.

Avec en prime un sac qui contient deux millions d’euros…

Michel, et sa femme Cathy (Laure Calamy) ne sont pas au bout de leurs surprises… Tout comme Roland (Benoît Poolvorde), le major de gendarmerie locale, sur qui repose l'enquête…

 

Un film de Franck Dubosc.

Pour beaucoup, rien que le nom est rédhibitoire. Oui, j’en fais partie. Mais après la projection, mon jugement a évolué. Il faut dire que Dubosc nous entraîne dans une comédie grinçante et remplie d’humour noir, soutenue par une équipe d’acteurs à la hauteur de l’enjeu. Nous sommes bien lion de la comédie que d’aucuns qualifieront de « franchouillarde » Camping, et c’est avec beaucoup de plaisir que celle-ci s’apprécie. C’est une comédie d’accumulation – les morts s’empilent tout au long du film – et les principaux protagonistes, même s’ils reconnaissent leur culpabilité initiale, ont du mal à s’y retrouver et surtout à l’assumer.

Le tout pour le plus grand plaisir du spectateur qui s’amuse follement devant cette comédie où l’humour noir est omniprésent.

 

Bien entendu, Franck Dubosc est avant tout un acteur et son passage de l’autre côté de la caméra s’accompagne de l’indispensable : les interprètes ont la part belle. Dubosc est le premier bénéficiaire de cet état de fait, bien entendu, mais il adopte ici un rôle tout en retenue, laissant la place à Laure Calamy et bien sûr Benoît Poolvorde. Mais Dubosc maîtrise son sujet et ses interprètes. Pas de surjeu en vue et chacun reste dans son personnage. D’un autre côté, le scénario accumulant les éléments comiques n’offre que peu de place pour en rajouter.

Et c’est tant mieux !

On s’amuse du début à la fin, avec cette histoire plus qu’improbable – normal, nous sommes au cinéma – sans jamais se demander jusqu’où  tout cela va nous mener.

Une fin heureuse, évidemment.

 

Et nous y courons avec beaucoup de plaisir, oubliant l’accumulation mortifère qui s’étend à mesure que le film avance : nous approchons de la dizaine quand la commissaire (Anne Le Ny) siffle la fin de la partie (mais pas celle du film), en ce qui concerne l’enquête policière, cela va de soi.

Et au final, nous avons quelques morts (un détail) et de l’argent intelligemment distribué, si l’on oublie la part de Jean-Pierre (Christophe Canard), le curé qui n’oublie pas certaines pratiques ancestrales de l’Eglise…

 

Bref, s’il n’existe pas d’ours dans le Jura, celui-ci, malgré tout, nous permet de passer un très bon moment !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Victor Fleming, #Douglas Fairbanks
Cauchemars & Superstition (When the Clouds roll by - Victor Fleming, 1919)

Le docteur Metz (Herbert Grimwood) est un scientifique bien singulier. En effet, il a décidé, au nom de la science, de faire mourir un homme en l'acculant au suicide. Cet homme, c'est Daniel Boone Brown (Douglas Fairbanks). Ce dernier n'est certes pas un homme irréprochable, mais il ne mérite tout de même pas de mourir. Surtout de désespoir. Mais rien n'y fait, les malheurs s'accumulent au-dessus de sa tête. Il faut dire qu'il est très superstitieux et que le docteur en use voire abuse !

Pourtant, au milieu des nuages noirs qui s'amoncellent, Daniel Brown est près de toucher au bonheur : il a même rencontré Lucette Bancroft (Kathleen Clifford), aussi superstitieuse que lui et surtout très attirée par ce jeune homme athlétique et séduisant.

Mais le docteur Metz veille au grain et organise tout pour nuire à son « patient ».

 

Avec ce film, Victor Fleming gravit l'ultime échelon de sa carrière: il devient cinéaste. En effet, il s'agit de son premier film en tant que réalisateur, et pour une première, c'(est une belle réussite. Il faut dire que la présence de Douglas Fairbanks y est pour quelque chose. En effet, l'acteur est ici aussi à l'origine du scénario de TJG (Thomas J. Geraghty), fournissant l'idée de l'intrigue. Intrigue sur mesure, cela va de soi.

Et Fairbanks fait ce pour quoi il excelle : il douglasfairbankse joyeusement (nous sommes dans une comédie). Il bondit et se livre à moult exploits acrobatiques et athlétiques pour notre plus grand plaisir, dont un exploit qui ne sera réédité que 32 ans plus tard par Fred Astaire (Royal Wedding, 1951) : il marche sur les quatre plans d’une pièce !

Certes, c’est un rêve, mais il passe tout de même du sol au mur, puis du mur au plafond, avant de rejoindre l’autre mur et de retourner sur le sol. C’est absolument époustouflant, et cela ajoute à la couleur farfelue du film. Les rêves sont aussi une occasion d’utiliser de nombreuses techniques d’effets spéciaux avec en prime la présence de Bull Montana et son physique lui aussi particulier.

 

Mais si le film fonctionne aussi bien, c’est avant tout parce que les différents personnages sont aussi bien interprétés que définis. Si Fairbanks se taille la part du lion (normal !) les autres interprètes campent des personnes très stéréotypés (la jeune femme vertueuse, l’oncle irascible…) mais indispensable au fonctionnement de l’intrigue.

Et surtout, Fleming – grâce au travail de TJG – utilise trois types de méchant patentés :

-          Curtis Brown (Ralph Lewis), l’oncle irascible qui traite son neveu comme un moins que rien (il faut dire aussi que l’attitude de ce même neveu – toujours en retard – n’est pas spécialement susceptible de le rassurer) ;

-          Ulrich Metz : ce docteur particulier est on ne peut plus dangereux pour Daniel, mais heureusement pour ce dernier, une pirouette du scénario va l’éloigner de sa victime ;

-          Mark Drake (Frank Campeau) est celui qu’on peut considérer comme le véritable méchant de l’intrigue : fourbe et retors, dénué de scrupule et opportuniste, il possède toutes les qualités requises pour endosser le rôle de l’ignoble, chose qu’il réussit à merveille.

Bref, tous les ingrédients sont là pour nous faire apprécier le film, avec en prime une catastrophe (presque) naturelle : un barrage qui rompt, entraînant des scènes tragiques attendues, bien que tout de suite traitées sur le ton de la comédie, dédramatisant complètement la situation.

Sans oublier la fin heureuse, indispensable.

 

A trente ans, Victor Fleming fait une entrée remarquée dans le monde de la réalisation. Malheureusement, cela ne durera que trente ans...

 

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