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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harry O. Hoyt, #Bessie Love
Le Monde perdu (The lost World - Harry O. Hoyt, 1925)

Soixante-dix ans avant Spielberg, Harry O. Hoyt proposait déjà un film où on découvrait un monde perdu peuplé de dinosaures. Certes, les effets spéciaux étaient beaucoup plus rudimentaires, mais on ne peut rester insensible à ce qui fut les prémices de King Kong dix ans plus tard (1).

Ce parallèle est des plus pertinents quand on sait que celui qui avait en charge la partie animation du film – de longues séquences – n’est autre que Willis O’Brien qui aura le même rôle dans le même King Kong.

L’intrigue elle-même n’’est pas sans annoncer l’autre film : Cooper & Schoedsack ont immanquablement vu de film à grand spectacle où par contre l’héroïne ne crie pas beaucoup (2).

 

Le professeur Challenger (Wallace Beery) revient d’une expédition où il a découvert une région étonnante : on peut y voir des dinosaures malgré que cette espèce ait disparu depuis quelques millions d’années. Malheureusement, il n’a pas pu ramener de preuves de ce qu’il annonçait : on le considère comme un menteur et un affabulateur.

Mais sous l’impulsion du reporter Ed Malone (Lloyd Hughes), il va monter une expédition qui va essayer de sauver un savant qui se retrouva piégé dans cette région mystérieuse, le père de la belle Paula White (Bessie Love). Ils sont accompagnés par un entomologiste sceptique (Arthur Hoyt, le grand frère d’Harry), et un chasseur, Sir John Roxton (Lewis Stone).

 

Bien sûr, ce sont les séquences animées qui retiennent notre attention. Il y a chez Willis O’Brien un souci de naturel des plus développés. La première créature qu’on voit – un ptéranodon, malgré qu’il soit appelé ptérodactyle – donne le ton de ce qui va suivre : cet oiseau mange une de ses proies comme peut le faire n’importe quel oiseau prédateur dans un film documentaire.

Ensuite, nous aurons droit à divers combats menés par des allosaures, dont les issues ne leur seront pas très favorables.

Et dans l’ensemble, on retrouve une fibre documentaire dans les différentes séquences présentant ces géants, avec une prédominance des brontosaures.

 

Ces différentes parties ont été tournées en amont de l’intrigue principale, et à l’inverse des films actuels, ce sont les séquences modernes qui feront office de postproduction. Hoyt utilise à l’envie les incrustations, mêlant avec beaucoup de bonheur (3) ces différentes séquences, faisant interagir les acteurs et les figurants avec les monstres du jurassique.

De plus, il y a un soin impressionnant mis dans les décors : encore une fois Hoyt mélange les deux éléments de l’intrigue avec beaucoup de maîtrise, le tout sur une copie teintée de très grande qualité.

 

Si les animaux préhistoriques sont les plus importants du film, il ne faut pas non plus négliger les différents protagonistes, interprétés par quelques têtes d’affiche de très grande qualité : le trio Beery-Love-Stone est formidable, de même que Hughes dans son rôle de jeune premier et Hoyt comme élément comique : ses différentes tentatives d’observation des insectes amène régulièrement le sourire.

Bien sûr, Wallace Beery interprète un personnage (4) sur mesure pour lui : C’est un scientifique à la barbe un tantinet hirsute (la barbe amenant une dimension sérieuse et réfléchie) et au tempérament des plus forts : les différents journalistes qui ont voulu l’interviewer ayant été chassés violemment par ce chercheur impulsif.

Lewis Stone est encore une fois un personnage très digne : un chasseur certes, mais un homme de grande qualité, sachant s’effacer quand l’occasion le demande : amoureux de la belle Paula, il comprend qu’il doit s’effacer devant la jeunesse (5).

Le dernier intertitre à double sens est des plus subtiles : il est malheureusement difficile à traduire sans utiliser une périphrase.

 

Bref, le film de Hoyt est un petit bijou de fantastique où les différentes séquences animalières sont de toute beauté, et l’intrigue de Marion Fairfax annonce énormément celle du film de 1933, en atténuant d’ailleurs un peu l’impact : on peut aussi y voir un dinosaure se baladant – déjà – dans les rues d’une grande ville, Londres.


Un film à découvrir, voire revoir...

 

 

PS : n’oublions pas non plus Marcel Delgado qui créa les différents dinosaures pendant de longs mois.

PPS : on y détruit déjà un peu le Tower Bridge !

 

  1. Le film de Cooper & Schoedsack sortira 8 ans seulement après celui-ci ? Mais la pré-production dura plus d’un an, ce qui amène le début de la réalisation à 1923, soit 10 ans auparavant.
  2. Certes le film est muet, mais on n’aperçoit pas Bessie Love toujours la bouche ouverte. D’un autre côté, elle n’est pas enlevée par un des monstres qu’’on rencontre…
  3. Oui. Nous voyons bien la différence, nous spectateurs du 21ème siècle, mais n’oubliez pas que tout ceci fut tourné il y a plus de 90 ans.
  4. Son patronyme – Challenger – annonce dès le début ce qui sera l’intrigue du film : il relève le défi de ramener des preuves de ce qu’il avance.
  5. Non, je ne vous raconte pas la fin, que les deux jeunes gens terminent ensemble n’a rien de bien original.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinema, #Biopic, #Monty Python, #Bill Jones, #Jeff Simpson, #Ben Timlett
A liar's Autobiography: the untrue Story of Monty Python's Graham Chapman (Bill Jones, Jeff Simpson & Ben Timlett, 2012)

Le 4 octobre prochain, ce sera le trentième anniversaire de la mort de Graham Chapman.

Avec sa mort, c’est une partie de l’humour britannique qui disparaît, et surtout les Monty Python qui pleurent un des leurs.

Il se trouve que presque dix ans avant sa mort, il fit publier son autobiographie – celle d’un menteur – racontant comment il avait pu en arriver là, voire comment il n’a pas pu en arriver là.

Derrière ces mensonges annoncés, bien sûr, se cache une vérité : Graham Chapman était un homme d’une grande sensibilité et d’une grande gentillesse, toujours médecin malgré qu’il fût comique, avec ses périodes de bonheur et celles beaucoup moins reluisantes.

 

Il est difficile de résumer cette vie qui nous est montrée à travers différentes séquences animées de différents styles, le tout monte comme des souvenirs qui vont et viennent dans l’esprit de celui qui parle, dans un ordre pas toujours chronologique.

Tout commence – comme dans le livre – par un sketch mettant en scène Graham (John Cleese, Michael Palin et Terry Jones. Et Graham s’arrête de parler : il ne connaît plus son texte.

C’est le début du voyage dans ce qui fut (?) sa vie, marquée par la révélation de sa vie d’adulte : son homosexualité. Autre élément important de sa vie : l’alcool.

 

Adapter ce livre dans lequel le spectateur se demande parfois où est la vérité (1), désarçonné par ce titre qui permet tout. Et c’est ce tout que Bill Jones (le fils de Terry), Jeff Simpson et Ben Timlett ont certainement réussi à saisir. On y trouve les extravagances de Graham, ainsi que le côté brut de ce qu’il pouvait penser ou dire. Et ce qu’on pourrait reprocher, c’est de ne pas avoir assez mis en valeur un côté sensible, souvent en rapport avec son « vrai » métier, celui de docteur.

 

Mais dans l’ensemble, on retrouve les grands moments de sa vie, et spécialement ce qui tourne autour des Monty Python, sans pour autant être une compilation de leurs sketches.

On y retrouve tout ce qui concerne sa sexualité, et son alcoolisme, ainsi que les nombreuses personnes qu’il a pu côtoyer, dont certains plus que d’autres (John Cleese, Keith Moon et surtout son compagnon David Sherlock).

 

Et la très bonne idée des trois réalisateurs, ce fut d’avoir confié les différents moments de cette vie plus ou moins vécue à différents styles d’animation mêlant judicieusement dessins et photos ou vidéos. Le tout parsemé d’images d’archives, où on retrouve Graham lui-même lors d’interviews ou de travail pour la BBC. De plus, l’animation permet plus facilement de mettre en scène l’effet de l’alcool sur le cerveau (et les sens) de Graham, pendant cette période des plus destructrices (2).

Il manquerait peut-être l’arrivée d’un fils âgé qui grandit avec ses deux « nouveaux » papas, à une époque où l’adoption d’enfants par des homosexuels n’était pas vraiment monnaie courante. Bien au contraire.

 

De plus, on retrouve dans la forme du film un parfum pythonien inévitable, avec quelques liens qui ne sont pas sans rappeler ceux utilisés par le groupe des 6 pendant leur période à la BBC.

En prime, nous avons un extrait de l’oraison funèbre que fit John Cleese à ses obsèques, amenant inévitablement le rire dans l’assemblée et chez ses anciens partenaires.

Il était absolument inimaginable de ne pas rire à l’enterrement de ce grand personnage.

 

Un seul mot me vient à l’esprit pour qualifier ce film : « Splonge ».

 

 

PS : En 1986, Graham Chapman avait enregistré sur cassette ce qui sert de narration au film, ce qui nous permet de l’entendre une dernière fois…

 

  1. Ce titre fut certainement l’un des plus brillants traits de génie de Chapman.
  2. C’est pourtant un cancer de la gorge (ainsi que la moelle épinière) qui l’emporta.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Carpenter, #Policier
Assaut (Assault on Precinct 13 - John Carpenter, 1976)

Quatre jeunes hommes font un pacte de sang pour venger des camarades qui ont été tués par la police alors qu’ils voulaient voler des armes.

Un père (Martin West) et sa fille se rendent chez la nourrice de celle-ci.

Ethan Bishop (Austin Stoker) se rend à sa nouvelle affectation : un commissariat en cours de déménagement où il doit assurer la nuit : un boulot pépère pour ses débuts.

Sauf que…

  • la fille de Lawson est sauvagement et gratuitement assassiné presque sous ses yeux, alors il tue son assassin et va se réfugier dans le commissariat le plus proche : celui de Bishop ;
  • entretemps, trois condamnés à de lourdes peines sont accueillis dans ce même commissariat le temps qu’on puisse soigner l’un d’entre eux.

Alors évidemment, les lignes se brouillent quand le gang veut venger leur mort : le commissariat (1) est alors pris d’assaut, liant les condamnés et la police, et entraînant un carnage.

 

Il s’agit du deuxième film de John Carpenter, et encore une fois, il n’a pas seulement réalisé le film : il a écrit le scénario (sans David Bannon qui collabora avec lui sur son film précédent), a élaboré le montage et même écrit la musique (ce qu’il fera presque toujours dans ses films).

Bref c’est un film purement Carpenter.

Et donc un film où une personne – ou une poignée de personnes comme c’est ici le cas – va se retrouver dans une situation plutôt extrême, prise au piège et devant assurer sa survie. Ici, ils sont 5 : Bishop donc, Napoleon Wilson (Darwin Joston) un condamné à mort, Leigh (Laurie Zimmer) une secrétaire de police, Wells (Tony Burton) un autre condamné, et Lawson, encore sonné par son expérience traumatisante antérieure.

 

Tout commence (presque) comme un film policier, un peu du style Dirty Harry, mais rapidement, cela tourne au western. Bishop, pour son baptême du feu (c’est vraiment le cas de le dire), se retrouve obligé de défendre sa position : ses collègues d’abord et les prisonniers aussi. Ca vous rappelle quelque chose ?

Bien sûr, on ne peut que penser à Rio Bravo (2), d’autant plus que John Carpenter a signé le montage en utilisant le pseudonyme de John T. Chance, le nom de John Wayne dans le film de Hawks.

Mais les adversaires de Bishop sont autrement plus dangereux que les hommes de Nathan Burdette (John Russell).

 

Ce film fut un échec aux Etats-Unis, mais son succès en Europe l’a réévalué jusqu’à être considéré comme l’un des meilleurs de Carpenter. Ce qui est justice tant il maîtrise son sujet et dirige avec pertinence ses acteurs dans un huis-clos qui n’a rien d’étouffant, alternant le rythme entre les différentes phases du siège, jusqu’au dénouement heureux tout de même, malgré les pertes.

 

Carpenter, après ce film peut donc être considéré comme un réalisateur à part entière, maîtrisant complètement ses films, et le suivant sur sa liste le portera au sommet de l’affiche : Halloween (1978).

 

PS : une question reste tout de même en suspend : pourquoi Napoleon ?

 

 

  1. Le commissariat n’est pas le 13 mais le 9, dans la Division 13.
  2. La Nuit des morts-vivants aussi semble avoir influencé Carpenter pour ce film, mais Bishop s’en tire mieux que Ben (Duane Jones).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John McTiernan, #Science-Fiction
Predator (John McTiernan, 1987)

Avec John McTiernan, on est toujours sûr de ne pas s’ennuyer.

Et ici encore, on est comblé. D’autant plus que c’est Arnold Schwarzenegger qui tient le haut de l’affiche, fort de ses deux rôles devenus depuis mythiques : Conan et Terminator T-800 (modèle 1-01).

N’attendez pas trop de finesse, il faut que ça pète et surtout que ce soit spectaculaire.

 

L’intrigue n’est pas des plus compliquées : un commando est chargé de récupérer des otages dans la jungle guatémaltèque. Son leader : Dutch (Schwarzy), ancien du Viet Nam et de l’Afghanistan (1). Son commanditaire est un ancien ami qui travaille maintenant à la CIA : George Dillon (Carl « Apollo Creed » Weathers).

Tout se passe relativement bien : les ravisseurs, aidés d’un consultant russe (2), sont éliminés avec explosions diverses et mitraillages en règle.

Mais, et sans le mais pas de film, sur le chemin ils découvrent les vestiges d’un précédent commando, éliminés jusqu’au dernier par une créature étrange et difficile à distinguer : le Predator du titre, interprété par Kevin Peter Hall, qui interprète aussi le rôle d’un pilote d’hélicoptère, ce qui nous permet de mettre réellement un visage sur son nom.

 

Il faut dire que ce personnage d’origine extra-terrestre (3) n’a d’humain que la forme générale du squelette, ayant même des mains à cinq doigts ! Il porte une combinaison qui n’est pas sans rappeler n’importe quel film qui se déroule dans l’espace, porte ce qui ressemble à une perruque reggae et un masque qui tient plus du casque qu’autre chose.

Mais là où est l’intérêt du scénario, c’est la non-matérialisation de cet individu. En effet, sa combinaison lui permet un camouflage parfait qui fait dire à la première personne qui l’aperçoit que c’est comme si la nature bougeait.

Et McTiernan joue sur le mystère qui entoure cette créature en ne révélant sa réelle apparence qu’à la moitié du film. Quant au véritable visage (gueule ? museau ?) de cet ET, il faut attendre la toute fin pour apprécier le superbe travail de Scott H. Eddo et son équipe. Mais je vous laisse juge de l’effet.

 

Bref, cette créature va éliminer tous les membres du commando jusqu’à ce que Dutch en ait assez et prenne les choses en main, passant du statut de gibier à celui – à son tour – de prédateur.

Parce qu’en fait, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une grande partie de chasse. Alors on pense (presque) tout de suite – enfin je pense – à The most dangerous Game (Schoedsack & Pinchel) 55 ans plus tôt. On y retrouve en plus un arbre enjambant une dépression (en moins grand bien sûr), mais sans les cris de Fay Wray.

Certes, le charme du Comte Zaroff n’est pas là, mais le spectacle est tout autant assuré, jusqu’au feu d’artifice final (au propre comme au figuré) qui amène la destruction de ce déplaisant personnage.

 

On a de l’action, du spectacle et un peu d’humour (un tantinet lourdingue) et quelques habitués de ce genre de production, Bill Duke (Mac) en tête. A noter aussi la présence de Shane Black (un des premiers membres du commando à disparaître) qui réalisera le quatrième opus (4) tiré de ce personnage de Predator inventé par Stan Winston (1946-2008), grand spécialiste du maquillage et des créatures au cinéma.

 

Alors laissez-vous faire… Ou passez votre chemin.

 

 

  1. Qu’y a-t-il donc fait ?
  2. En 1987, nous sommes en pleine Guerre froide, ne l’oubliez pas.
  3. La séquence d’ouverture voit un vaisseau spatial larguer une capsule qui va s’écraser sur terre. Bien sûr, ce vaisseau est aussi silencieux que ceux de Starwars
  4. Eh oui, quand on a un film à grand succès, il y a aussi des suites…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guillermo del Toro, #Science-Fiction
Pacific Rim (Guillermo del Toro, 2013)

Des monstres sortis tout droits de la mythologie japonaise, des géants de métal qui ne sont pas sans rappeler (vaguement) Goldorak, et Ron Perlman, autre monstre : sacré celui-là.

 

Une brèche s’est ouverte dans l’Océan Pacifique, libérant des créatures monstrueuses, sortes de dragons encore plus terribles qu’on pourrait imaginer : des Kaijus.

Ils arrivent de plus en plus souvent, de plus en plus énormes, et surtout de plus en plus nombreux.

 

C’est ici une superproduction (euphémisme) que nous donne Guillermo del Toro, avec effets spéciaux des plus époustouflants, avec tout de même quelque chose qui va plus loin que ce que l’on voit et qu’on retrouve dans ses autres films.

Certes, ce n’est pas toujours très subtil, et les nombreux combats de titans prennent beaucoup de place dans ces 131 minutes (crédits de fin compris).

Mais malgré tout, et comme souvent chez del Toro, un facteur d’humanité est très présent dans ces créatures de métal.

 

Tout d’bord, on y trouve une notion de dualité qui baigne le film. En effet, les Jaegers, ces immenses robots de combat, sont contrôlés par deux personnes en phase totalement : dans les gestes comme dans la pensée. Et bien sûr, plus le lien est fort entre les eux pilotes (?), plus le robot est efficace. Ces deux personnes sont d’ailleurs définies comme des hémisphères d’un cerveau, avec les notions intrinsèques.

Et cette association duelle arrive à son apogée avec le Jaeger Gipsy Danger commandé par le vétéran Raleigh Beckett (Charlie Hunnam) et la belle et redoutable Mako Mori (Rinko Kikuchi) : un homme et une femme.

Mais cette association amène aussi une dichotomie un tantinet ironique qui implique que l’hémisphère gauche, souvent considéré comme « dominant », est commandé par la femme !

 

Toujours est-il que c’est bien cette association qui va l’emporter sur les affreux et terribles Kaijus, symbolisant aussi l’union des deux continent séparés par le Pacifique : l’Asie et l’Amérique. Pour une fois, d’ailleurs, tout ne se joue pas sur le sol américain. Mais c’est tout de même un militaire américain – Stacker Pentecost (Idris Elba) (1) – qui assure la direction  des opérations impliquant les Jaegers.

 

On peut préférer les autres réalisations de Guillermo del Toro, et considérer ce film comme une sorte de récréation, dans laquelle il s’est très certainement fait plaisir, l’action prenant le pas sur la réflexion, avec en prime quelques personnages un tantinet brutaux, dans le sens premier du terme.

Quant à Ron Perlman, son rôle tient plus du copinage que d’autre chose, n’oublions pas qu’il fut deux fois le Hellboy de Del Toro dans ses films précédents.

 

On notera aussi la présence dans les remerciements de trois grands du cinéma : David Cronenberg, Alfonso Cuarón et James Cameron. Et aussi une dédicace pour deux géants de l’animation au cinéma : Ishirô Honda (Godzilla) et Ray Harryhausen (The 7th Voyage of Sinbad, Jason & the Argonautes…).

Terminons enfin par un élément récurrent : les chaussures. Elles sont deux, découvrez donc à qui elles appartiennent.

 

 

(1) La référence chrétienne - Pentecôte - est totalement dans la dimension humaine de l’histoire. En effet, tel l’Esprit Saint descendant sur les apôtres de Jésus Christ, les différents combattants habitent les têtes de Jaeger, leur insufflant la vie et guidant leur évolution.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Georges Lautner, #Michel Audiard, #Comédie, #Gangsters
Ne nous fâchons pas (Georges Lautner, 1966)

« Mais ils m’ont traité de brute, monsieur le commissaire. »

La séquence d’ouverture du film nous présente trois hommes en piteux état. En face d’eux un commissaire (Serge Sauvion) qui s’adresse à monsieur Antoine Beretto (Lino Ventura), qui les a mis dans cet état.

Le ton est donné, Antoine Beretto est un croisement entre Fernand Naudin et Francis Lagneau.

En effet, il est un ancien truand retiré des voitures qui doit rempiler le temps de régler une dette (d’honneur, même s’il s’agit d’argent). D’un autre côté, il possède quelques qualités de l’agent secret Lagneau si on en croit son descriptif au début des Barbouzes : «  […] Requiem, dit Bazooka, di La Praline, dit Belle châtaigne. »

Bref, nous sommes dans la parodie, et si j’a&joute que les dialogues sont d’Audiard, vous ne pouvez qu’être convaincus.

 

Nous sommes donc trois ans après Les Tontons flingueurs, et Lino retrouve Georges Lautner pour une nouvelle histoire parodique de gangsters. Il retrouve aussi Jean Lefèbvre qui était de l’aventure des Tontons, ainsi que Mireille Darc (Les Barbouzes, 1964). Notons aussi la présence de Michel Constantin qui sera dans Le deuxième Souffle en novembre de cette même année. Pour la musique, Lautner a fait cette fois-ci appel à Bernard Gérard pour la musique, et bien lui en prit car il signer ici une bande originale inspirée avec de nombreux thèmes qui sont repris en fonction des différentes factions en présence (les Britishs et les Français), avec des sonorités qui sont celles du rock anglais de cette même période : on pense aux Who bien sûr, le groupe des Mods, mais aussi à Them (avec Van Morrison) dans la chanson finale Akou, interprétée par Graeme Allwright.

 

Mais même si nous sommes dans une parodie, ce sont avant tout des truands qui règlent leurs affaires. Mais tout irait mieux s’il n’existait pas le grain de sable qui ne fait pas que dérégler la machine, mais la fait s’autodétruire : Léonard Michalon (Jean Lefèbvre).

Tour à tour appelé « le Fléau », « le Choléra » et d’autres joyeusetés dans ce sens.

C’est un être veule et minable, doublé d’un abruti, escroc à la petite semaine dans les milieux hippiques. En clair c’est un emmerdeur de haute volée, au regard de cocker qui lui empêche d’être définitivement éliminé par son protecteur occasionnel, le sieur Beretto ci-dessus mentionné.

 

Bien sûr, on rit des différentes situations dans lesquelles se retrouve Beretto, du fait de la fréquentation de ce drôle de zigoto, et les scénario et dialogues d’Audiard accentuent la différence entre ces deux hommes. Beretto est évidemment le mâle dominant et on attend avec impatience la prochaine baffe que se prendra Michalon après une réplique un tantinet plus poussée que les autres.

Et des baffes, il en prend : il serait plus facile de dire qui des personnages principaux ne lui en met pas une, le Colonel McLean (Tommy Dugan).

 

De plus, comme nous sommes dans un film de gangsters, il faut bien que les armes parlent : dès la première apparition de Michalon, un premier mort apparaît. Puis un autre, puis douze autres ! C’est un festival pyrotechnique pour anéantir les forces du Colonel,  le tout accompagné par la musique rock de quelques Britishs plus ou moins agités.

Parce qu’on n’échappe pas à la critique déguisée de la musique de 1965-66, et surtout de ceux qui évoluent dessus : ce sont des contorsions et des hurlements qui étaient – peut-être – censées faire rire les spectateurs de 1966, mais cela tombe à plat aujourd’hui.

 

Mais ce qui ne tombe jamais à plat dans le film, ce sont les dialogues d’Audiard. Ce sont des répliques magnifiques avec envolée(s) littéraire(s) : la tirade d’introduction du commissaire en est un très bel exemple.

 

Et puis il y a la belle Mireille Darc (Eglantine Michalon), l’élément féminin important, à la répartie aussi cinglante que les hommes qu’elle doit fréquenter :

Beretto : On a toujours tendance à prendre les bruns trapus pour des gangsters mais c’est un préjugé idiot.

Eglantine : J’en connais un autre qui consiste à prendre les grandes blondes pour des imbéciles!

 

Bref, nous sommes en très bonne compagnie, et on aimerait  même en reprendre un petit peu… En attendant de revoir le film !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #James Mangold, #Robert de Niro, #Sylvester Stallone
Cop Land (James Mangold, 1997)

« Cop Land », c’est « le pays des Flics. »

C’est de l’autre côté du Pont George Washington (G.W. Bridge), juste en face de New York, dans le New Jersey.
Cet endroit s’appelle ainsi parce qu’on y trouve une grande proportion de policiers de NY.

L’ordre et la sécurité y sont dispensés par Freddy Heflin (Sylvester Stallone), un shérif inoffensif qui n’a jamais pu intégrer la Force du fait de son audition.

De toute façon, une ville composée quasiment exclusivement de policiers ne doit pas connaître un fort taux de criminalité.

Evidemment, ce n’est pas le cas, sinon il n’y aurait pas de film.

 

C’est le deuxième film de James Mangold, et on peut dire qu’il s’en sort très honorablement dans cette histoire concoctée par Howard Shore. Mais la distribution (prestigieuse, cela va sans dire) y est pour une bonne part. Outre Stallone, on y retrouve quelques anciens de chez Scorsese : Harvey Keitel (Ray), Ray Liotta (Figgis) et Robert De Niro (Tilden) ainsi qu’une apparition de Frank Vincent, pour une fois pas un véritable truand...

Mais c’est Stallone qui retient l’attention, Freddy étant un personnage très intéressant.

 

Freddy Heflin est à l’opposé des personnages qu’il a pu interpréter dans ses autres films d’action : alcoolique et semble-t-il un tantinet idiot, il n’a pas la ligne mince qu’on a pu lui voir dans ses séries sportive et/ou guerrière. C’est d’une certaine façon un raté, condamné à ne jamais entrer dans la police du fait de son handicap. Mais, ce handicap a pour origine un événement qui donne une teinte un tantinet cynique : c’est en sauvant une jeune femme de la noyade, après avoir perdu le contrôle de son véhicule qui termina dans l’eau, qu’il perdit définitivement l’audition de cette oreille. Pas étonnant alors que Freddy ressemble plus à un paumé qu’à un représentant de l’ordre, cherchant quelque réconfort dans l’alcool. Mais tout comme aurait dû le faire Ray, il faut se méfier de l’eau qui dort.

 

En face de lui dans la ville ou à New York se trouve un personnage des plus déplaisants (il en faut toujours un dans ces cas-là) : Ray Donlan. C’est lui qui dirige en sous-main la ville ainsi qu’une partie des policiers. Et bien entendu, c’est de lui que vient le fait que Copland n’est pas vraiment une ville très morale. Il est secondé par trois sbires des plus redoutables : Leo Crasky (John Spencer), Frank Lagonda (Arthur J. Nascarella) et Jack Rucker (Robert Patrick, méchant estampillé AOC de Hollywood). Des affreux, dangereux et toute cette sorte de choses.

 

Sa déficience auditive sera traitée avec beaucoup de réalisme dans la séquence finale, qui ramènera – enfin – l’ordre dans cette ville très particulière. En effet, alors que les coups de feu seront perçus, les différentes répliques des protagonistes se perdront, sauf si vous êtes capables de lire sur les lèvres.

 

Il y a dans cette dernière partie du film une référence claire à Howard Hawks et à sa trilogie de westerns (Rio Bravo, El Dorado & Rio Lobo). En effet, Stallone/Heflin, à l’instar de John Wayne dans ces trois films, doit emmener le prisonnier qu’il retient dans ses geôles. Mais l’importance de ce prisonnier est une menace à l’empire qu’a bâti Ray, d’où une résolution plutôt sanglante de l’intrigue, avec une dernière remarque ironique de Freddy.


Dernier élément d’importance : la rédemption.

Freddy va bien sûr être sauvé. Mais il n’est pas le seul concerné. En effet, outre Heflin, c’est Figgis qui va gagner son salut, éprouvant une dose suffisante de remords pour prêter main forte à Freddy, amenant alors la résolution attendue.

 

Copland est un film particulier : une curiosité où pour une fois, les policiers restent entre eux, aucun grand truand n’étant d’une façon où d’une autre le centre de l’intérêt.

Une histoire de linge sale qui se lave en famille, celle des flics de New York.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Buster Keaton, #Charles Reisner, #Comédie
Cadet d'Eau douce (Steamboat Bill Jr. - Charles Reisner & Buster Keaton, 1928)

Sur les bords du Mississipi, outre les alligators de Robert Desnos, on trouve deux vapeurs : le Stonewall Jackson, commandé par William « Steamboat Bill » Canfield (Ernest Torrence), secondé par Tom Carter (Tom Lewis), et le King, commandé par J.J. King, propriétaire d’à peu près tout à River Junction (1).

En plus du nouveau bateau de King, arrive le fils de Steamboat Bill, qui vient de finir ses études : William Canfield Jr. (Buster Keaton).

C’est un double coup dur pour Canfield Sr. Car non seulement son fils n’est pas aussi imposant qu’il l’aurait souhaité, mais en plus, il est amoureux de la fille de son concurrent : la belle Marion King (Marion Byron).

Et comme si cela ne suffisait pas, la tornade s’en mêle, emportant objets, personnes, véhicules et habitations avec elle…

 

Il s’agit très certainement de l’un des films plus connus de Keaton, la séquence des maisons emportées par le vent ayant beaucoup contribué à cet effet. De plus, on assiste à une véritable prouesse, un classique des cascades cinématographiques : Bill Jr. un tantinet décontenancé par les effets des éléments se reçoit une façade de maison sur la tête, mais heureusement la fenêtre est ouverte et il en sort absolument indemne. Ce gag dangereux, sera décliné ensuite avec l’utilisation de portes.

 

Mais il s’agit de la fin du règne de Keaton : encore un film (The Cameraman) et il en sera fait de sa liberté créatrice. Et alors que le cinéma muet continue de mourir, léguant quelques chefs-d’œuvre, Keaton, comme tous les autres comiques, reste dans le domaine qu’il maîtrise : la comédie sans paroles (entendues) : bien qu’il y ait des intertitres (peu nombreux au bout du compte), il n’y a pas beaucoup d’interaction entre le comique visuel et celui de mots. On reste dans un comique de situation dans la même lancée que les précédents.

Et tout comme dans The General, on assiste à une débauche d’effets spectaculaires : une tempête qui déracine arbres et maisons avec facilité, amenant donc des situations toutes plus absurdes et surtout comiques les unes que les autres.

 

S’il y a un Jr., c’est qu’il y a un Sr. Avant lui. Ernest Torrence sort une nouvelle fois de ses rôles de méchants pour interpréter un père bourru – n’ayant pas vu son fils depuis qu’il était bébé, on imagine pourquoi Mme Canfield l’a plus ou moins abandonné pour s’occuper de son fils. Et l’association entre les deux acteurs est des plus savoureuses : ils sont d’une certaine façon le négatif l’un de l’autre. Le père est grand et baraqué quand le fils est petit et (faussement) chétif ; l’un est bourru pendant que l’autre est délicat. Bref, on se demande vraiment s’ils sont de la même famille.

 

Dans ce film aussi, Keaton s’amuse avec son apparence habituelle : les premières choses que Bill Sr. Entreprend quand il récupère son fils sont de lui donner une apparence convenable (pour lui) : tout d’abord il lui fait raser sa moustache d’artiste (2), et ensuite il lui achète un chapeau et une tenue de travail pour un vapeur.

La séquence des chapeaux est – encore une fois – merveilleuse : il essaie un grand nombre de modèle avant de trouver celui qui devrait lui convenir, non sans avoir essayé à plusieurs reprises d’avoir une casquette à carreaux un petit peu trop juste pour lui, mais surtout après avoir refusé vivement le chapeau qu’on lui connaît, l’espèce de galette blanche au ruban noir.

 

Et encore une fois, nous retrouvons une histoire d’amour compliquée : ici, ce sont les deux pères qui ne veulent pas que leurs enfants convolent ensemble, mais encore une fois, l’amour va triompher après quelques séquences considérées aujourd’hui comme d’anthologie.

Il faut dire que la relation père-fils est compliquée mais comme nous sommes avec Keaton, cela en devient magique de drôlerie, avec encore une fois quelques astuces indispensables pour la résolution de l’intrigue principale.

 

Encore une fois : UN RÉGAL !

 

 

  1. « Confluent ».
  2. Du pur stéréotype : béret et fine moustache, avec veste à rayures.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Lewis Milestone
A l'Ouest rien de nouveau (All quiet on the Western Front - Lewis Milestone, 1930)

Tout commence à l’été 1914. Le professeur de lettres classiques oublie un temps sa discipline pour vanter sa patrie qui envoie de jeunes hommes courageux défaire les armées françaises et anglaises sur le front de l’ouest. Les jeunes gens, (presque) d’un seul homme se lèvent partent s’engager pendant que les troupes défilent dans les rues de leur village. Parmi eux, le jeune Paul Baumer (Lew Ayres) n’hésite pas une seule seconde, laissant en suspend des études littéraires qui s’annoncent brillantes.

Quatre ans après, que reste-t-il de ces jeunes gens, alors que l’armée allemande continue de fournir en soldats, de plus en plus jeunes…

 

Lewis Milestone réussit ici l’un des plus grands films de guerre, et comme toujours dans ces cas-là, le message délivré est avant tout un message paix.

Mais la grande différence avec les autres films de guerre produits à Hollywood depuis la fin de la première Guerre Mondiale, c’est qu’en adaptant le roman magnifique d’Erich Maria Remarque, Milestone nous propose la guerre du point de vue allemand (1). Et la véritable force pacifiste du film, c’est que ce qui arrive à Paul (et ses compagnons d’arme) est transposable aisément dans n’importe quelle armée de l’époque.

 

En effet, Milestone nous fait vivre presque toute la guerre 14-18 à travers les yeux de Paul – environ 18 ans quand commence le conflit – qui en devient un vétéran alors qu’il n’a pas beaucoup entamée sa vingtaine d’années : ses traits se sont durcis, ses idéaux ont disparu depuis bien longtemps, et son souhait est que cette guerre se termine, pour tout le monde, ou sinon que pour lui.

Le retour au village pendant la seule permission qu’il a nous le montre totalement en décalage avec ses concitoyens, abreuvés de propagande qui leur montre un tout autre visage de la guerre que celui que Paul a à offrir.

 

Il faut dire que cette guerre, encore plus que toutes celles d’avant, est moche (2). Nous sommes bien loin des rêves des jeunes hommes qui partirent en 1914, vêtus de leur uniforme d’apparat, aux bras des jeunes femmes pendant les manifestations d’allégresse de la foule qui les regarde défiler.

Rien de tout ça au front : pas de femme, de la nourriture infecte – quand il y en a – et surtout la peur qui tétanise et rend fou. La suite des premiers assauts est d’ailleurs très claire à ce propos.

 

Mais même si les soldats tombent autour de lui, Paul garde espoir, soutenu par quelques camarades – ils sont de moins en moins – et deux personnalités qui vont l’accompagner (presque) jusqu’au bout : Tadjel (Slim Summerville) et surtout Stanislas « Kat » Katczinsky (Louis Wolheim). Ce dernier retrouve ici Milestone avec lequel il a déjà tourné

un film de guerre (Two Arabian Knights, 1927). Il est ici inoubliable, de par son physique de boxeur tout d’abord (voir note 1 dans le film sus nommé), mais aussi pour sa débrouillardise dès qu’il s’agit de trouver de la nourriture (3). C’est un personnage très attachant, bourru la première fois qu’il apparaît (les nouveaux arrivants ne sont rien que des bleus qui ne connaissent rien de la guerre), mais aux grandes qualités humaines.

 

La guerre que nous montre Milestone n’est pas très différente de celle de Raymond Bernard (Les Croix de bois), même si ici les acteurs ne sont pas de véritables vétérans, mais la présentation du conflit est de la même facture. Une longue fresque silencieuse sauf quand le canon tonne et les mitrailleuses crépitent.

Cette utilisation parcimonieuse du son s’explique en partie par l’héritage du cinéma muet (beaucoup de séquences sont sans paroles), mais aussi parce que de la musique y serait superflue.

Toutefois, l’intrigue permet quelques belles envolées parlantes pour dénoncer les causes du conflit : quand les soldats, entre deux assauts se posent eux-mêmes la question de la cause de la guerre, proposant de laisser les chefs d’état se battre entre eux, en petite tenue dans une lice ; quand Paul, surpris et lassé de voir que son professeur continue, quatre ans après lui, à galvaniser des élèves toujours plus jeunes. Sa diatribe est des plus belles, et explique en partie pourquoi le film fut censuré en Allemagne.

 

Pour le reste, les images de ces hommes qui tombent ne nécessitent aucun commentaire superflu : la grande séquence d’assaut est un modèle de propagande antimilitariste, comme le seront d’autres grands films sur ce même sujet.

Les armées vont et viennent, les soldats avancent, reculent et meurent, pour la gloire de leur patrie, et pour permettre aussi à certains de s’enrichir (élément évoqué pendant la discussion entre soldats).

 

Alors, à l’Ouest, rien de nouveau ? Si, un très beau film antimilitariste, adapté d’un non moins beau roman qui l’est tout autant. Quant au titre (quelle qu’en soit la traduction), je vous renvoie à la dernière page de ce roman.

 

 

  1. Rex Ingram (Les quatre Cavaliers de l’apocalypse, 1921) et John Ford (Quatre Fils, 1928) avaient déjà, en partie pour Ingram, opté pour ce point de vue différent.
  2. Je sais, c’est un pléonasme, une guerre est toujours moche.
  3. Célestin Pou (Un long Dimanche de fiançailles) bien avant la lettre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Heroic Fantasy, #Peter Jackson, #Viggo Mortensen
Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi (The Lord of the rings: The Return of the king - Peter Jackson, 2003)

Dernier volet de la trilogie (de Jackson comme de Tolkien), Le Retour du roi clôt une épopée qui a commencé deux ans plus tôt, environ à la même date, chaque intrigue et sous-intrigue étant résolues, le voyage en Terre du Milieu est terminé, Sauron et son armée d’Orcs, d’Ourouk-haïs et d’hommes renégats anéantis avec la destruction de l’Anneau.

C’est la fin de l’une des épopées les plus spectaculaires depuis les récits d’Homère sur la guerre de Troie et les pérégrinations d’Ulysse.

 

Nous retrouvons nos héros après la bataille du Gouffre de Helm (Helm’s Deep) qui vit la victoire des hommes du Rohan, menés par le roi Théoden (Bernard Hill), aidé d’Aragorn (Viggo Mortensen), Legollas (Orlando Bloom) et Gimli (John Rhys-Davis), sans oublier mon personnage préféré : Gandalf le Blanc (Ian McKellen). On a aussi un rappel de la bataille des Ents qui défit l’armée de Saroumane (Christopher Lee) à Isengard, à laquelle participaient Merry (Dominic Monaghan) et Pippin (Billy Boyd), les deux autres Hobbits.

Quant à Frodo, il avance toujours plus près de sa destination finale : le Mordor. Il est aidé pour cela du fidèle Sam (Sean Astin) et du retors Gollum (Andy Serkis).

C’est d’ailleurs Gollum qui ouvre le film, Peter Jackson intercalant ici un épisode raconté dans le tome 1 du livre : comment Sméagol est devenu Gollum.

 

Pour la troisième fois, nous assistons à une fresque d’héroïque fantaisie des plus brillantes. Les différents personnages, les créatures nées de l’imagination de Tolkien ainsi que les paysages à couper le souffle sont toujours au rendez-vous, avec l’inévitable bataille finale qui doit sceller une bonne fois pour toutes le destin de la Terre du Milieu.

C’est absolument spectaculaire, bien que je trouve ce terme un tantinet faible voire pléonastique pour décrire ce film.

On y retrouve le même souffle épique que dans l’opus précédent, ce qui est tout à fait normal puisque les trois parties furent tournées simultanément.

Alors évidemment, la pluie de récompenses que reçut le film est amplement méritée : 11 Oscars, 4 Golden Globes, 4 BAFTA... Inutile de continuer, je crois que vous voyez ce que je veux dire.

 

Avec ce dernier volet, Jackson referme le Seigneur des Anneaux une bonne fois pour toutes, et je ne vois pas ce qui pourrait donner envie à un autre réalisateur d’en tirer une nouvelle version. Refaire le Seigneur des Anneaux, c’est comme refaire King Kong (1), une bonne occasion de se planter : il est des films qui ne souffrent pas la comparaison, et surtout qui ne gagnent rien à être refaits, sinon s’imposer encore plus comme LA référence.

De plus, c’est un film qui se laisse revoir avec toujours le même plaisir, où on y trouve des personnages familiers, campés par des interprètes de haut niveau, même si nous ne voyons pas Saroumane/Christopher Lee.

 

Encore une fois, les maquillages des Orcs et autres ennemis sont magnifiques, tout comme les différents décors naturels et artificiels, permettant une impression d’authenticité pour les spectateurs, la complexité des différents masques et prothèses faisant oublier que rien de tout cela est réel.

Si les deux Tours avait pour personnage central Aragorn, c’est Gollum qui prend une importance encore plus grande que dans l’opus précédent.

Et l’une des images fortes le concernant est l’instant final où il a récupéré SON anneau et jouit de sa possession, brièvement, mais tout de même pleinement

A propos de Gollum encore une fois : la séquence d’ouverture nous permet de comprendre comment Gollum est devenu cet être difforme, rongé par le pouvoir de l’anneau ; mais c’est aussi l’occasion de voir les véritables traits d’Andy Serkis, ce magnifique Gollum.

 

 

(1) Exemple absolument pas pris par hasard : comme quoi même les plus grands font des erreurs.

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