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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #James Mangold, #Robert de Niro, #Sylvester Stallone
Cop Land (James Mangold, 1997)

« Cop Land », c’est « le pays des Flics. »

C’est de l’autre côté du Pont George Washington (G.W. Bridge), juste en face de New York, dans le New Jersey.
Cet endroit s’appelle ainsi parce qu’on y trouve une grande proportion de policiers de NY.

L’ordre et la sécurité y sont dispensés par Freddy Heflin (Sylvester Stallone), un shérif inoffensif qui n’a jamais pu intégrer la Force du fait de son audition.

De toute façon, une ville composée quasiment exclusivement de policiers ne doit pas connaître un fort taux de criminalité.

Evidemment, ce n’est pas le cas, sinon il n’y aurait pas de film.

 

C’est le deuxième film de James Mangold, et on peut dire qu’il s’en sort très honorablement dans cette histoire concoctée par Howard Shore. Mais la distribution (prestigieuse, cela va sans dire) y est pour une bonne part. Outre Stallone, on y retrouve quelques anciens de chez Scorsese : Harvey Keitel (Ray), Ray Liotta (Figgis) et Robert De Niro (Tilden) ainsi qu’une apparition de Frank Vincent, pour une fois pas un véritable truand...

Mais c’est Stallone qui retient l’attention, Freddy étant un personnage très intéressant.

 

Freddy Heflin est à l’opposé des personnages qu’il a pu interpréter dans ses autres films d’action : alcoolique et semble-t-il un tantinet idiot, il n’a pas la ligne mince qu’on a pu lui voir dans ses séries sportive et/ou guerrière. C’est d’une certaine façon un raté, condamné à ne jamais entrer dans la police du fait de son handicap. Mais, ce handicap a pour origine un événement qui donne une teinte un tantinet cynique : c’est en sauvant une jeune femme de la noyade, après avoir perdu le contrôle de son véhicule qui termina dans l’eau, qu’il perdit définitivement l’audition de cette oreille. Pas étonnant alors que Freddy ressemble plus à un paumé qu’à un représentant de l’ordre, cherchant quelque réconfort dans l’alcool. Mais tout comme aurait dû le faire Ray, il faut se méfier de l’eau qui dort.

 

En face de lui dans la ville ou à New York se trouve un personnage des plus déplaisants (il en faut toujours un dans ces cas-là) : Ray Donlan. C’est lui qui dirige en sous-main la ville ainsi qu’une partie des policiers. Et bien entendu, c’est de lui que vient le fait que Copland n’est pas vraiment une ville très morale. Il est secondé par trois sbires des plus redoutables : Leo Crasky (John Spencer), Frank Lagonda (Arthur J. Nascarella) et Jack Rucker (Robert Patrick, méchant estampillé AOC de Hollywood). Des affreux, dangereux et toute cette sorte de choses.

 

Sa déficience auditive sera traitée avec beaucoup de réalisme dans la séquence finale, qui ramènera – enfin – l’ordre dans cette ville très particulière. En effet, alors que les coups de feu seront perçus, les différentes répliques des protagonistes se perdront, sauf si vous êtes capables de lire sur les lèvres.

 

Il y a dans cette dernière partie du film une référence claire à Howard Hawks et à sa trilogie de westerns (Rio Bravo, El Dorado & Rio Lobo). En effet, Stallone/Heflin, à l’instar de John Wayne dans ces trois films, doit emmener le prisonnier qu’il retient dans ses geôles. Mais l’importance de ce prisonnier est une menace à l’empire qu’a bâti Ray, d’où une résolution plutôt sanglante de l’intrigue, avec une dernière remarque ironique de Freddy.


Dernier élément d’importance : la rédemption.

Freddy va bien sûr être sauvé. Mais il n’est pas le seul concerné. En effet, outre Heflin, c’est Figgis qui va gagner son salut, éprouvant une dose suffisante de remords pour prêter main forte à Freddy, amenant alors la résolution attendue.

 

Copland est un film particulier : une curiosité où pour une fois, les policiers restent entre eux, aucun grand truand n’étant d’une façon où d’une autre le centre de l’intérêt.

Une histoire de linge sale qui se lave en famille, celle des flics de New York.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Buster Keaton, #Charles Reisner, #Comédie
Cadet d'Eau douce (Steamboat Bill Jr. - Charles Reisner & Buster Keaton, 1928)

Sur les bords du Mississipi, outre les alligators de Robert Desnos, on trouve deux vapeurs : le Stonewall Jackson, commandé par William « Steamboat Bill » Canfield (Ernest Torrence), secondé par Tom Carter (Tom Lewis), et le King, commandé par J.J. King, propriétaire d’à peu près tout à River Junction (1).

En plus du nouveau bateau de King, arrive le fils de Steamboat Bill, qui vient de finir ses études : William Canfield Jr. (Buster Keaton).

C’est un double coup dur pour Canfield Sr. Car non seulement son fils n’est pas aussi imposant qu’il l’aurait souhaité, mais en plus, il est amoureux de la fille de son concurrent : la belle Marion King (Marion Byron).

Et comme si cela ne suffisait pas, la tornade s’en mêle, emportant objets, personnes, véhicules et habitations avec elle…

 

Il s’agit très certainement de l’un des films plus connus de Keaton, la séquence des maisons emportées par le vent ayant beaucoup contribué à cet effet. De plus, on assiste à une véritable prouesse, un classique des cascades cinématographiques : Bill Jr. un tantinet décontenancé par les effets des éléments se reçoit une façade de maison sur la tête, mais heureusement la fenêtre est ouverte et il en sort absolument indemne. Ce gag dangereux, sera décliné ensuite avec l’utilisation de portes.

 

Mais il s’agit de la fin du règne de Keaton : encore un film (The Cameraman) et il en sera fait de sa liberté créatrice. Et alors que le cinéma muet continue de mourir, léguant quelques chefs-d’œuvre, Keaton, comme tous les autres comiques, reste dans le domaine qu’il maîtrise : la comédie sans paroles (entendues) : bien qu’il y ait des intertitres (peu nombreux au bout du compte), il n’y a pas beaucoup d’interaction entre le comique visuel et celui de mots. On reste dans un comique de situation dans la même lancée que les précédents.

Et tout comme dans The General, on assiste à une débauche d’effets spectaculaires : une tempête qui déracine arbres et maisons avec facilité, amenant donc des situations toutes plus absurdes et surtout comiques les unes que les autres.

 

S’il y a un Jr., c’est qu’il y a un Sr. Avant lui. Ernest Torrence sort une nouvelle fois de ses rôles de méchants pour interpréter un père bourru – n’ayant pas vu son fils depuis qu’il était bébé, on imagine pourquoi Mme Canfield l’a plus ou moins abandonné pour s’occuper de son fils. Et l’association entre les deux acteurs est des plus savoureuses : ils sont d’une certaine façon le négatif l’un de l’autre. Le père est grand et baraqué quand le fils est petit et (faussement) chétif ; l’un est bourru pendant que l’autre est délicat. Bref, on se demande vraiment s’ils sont de la même famille.

 

Dans ce film aussi, Keaton s’amuse avec son apparence habituelle : les premières choses que Bill Sr. Entreprend quand il récupère son fils sont de lui donner une apparence convenable (pour lui) : tout d’abord il lui fait raser sa moustache d’artiste (2), et ensuite il lui achète un chapeau et une tenue de travail pour un vapeur.

La séquence des chapeaux est – encore une fois – merveilleuse : il essaie un grand nombre de modèle avant de trouver celui qui devrait lui convenir, non sans avoir essayé à plusieurs reprises d’avoir une casquette à carreaux un petit peu trop juste pour lui, mais surtout après avoir refusé vivement le chapeau qu’on lui connaît, l’espèce de galette blanche au ruban noir.

 

Et encore une fois, nous retrouvons une histoire d’amour compliquée : ici, ce sont les deux pères qui ne veulent pas que leurs enfants convolent ensemble, mais encore une fois, l’amour va triompher après quelques séquences considérées aujourd’hui comme d’anthologie.

Il faut dire que la relation père-fils est compliquée mais comme nous sommes avec Keaton, cela en devient magique de drôlerie, avec encore une fois quelques astuces indispensables pour la résolution de l’intrigue principale.

 

Encore une fois : UN RÉGAL !

 

 

  1. « Confluent ».
  2. Du pur stéréotype : béret et fine moustache, avec veste à rayures.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Lewis Milestone
A l'Ouest rien de nouveau (All quiet on the Western Front - Lewis Milestone, 1930)

Tout commence à l’été 1914. Le professeur de lettres classiques oublie un temps sa discipline pour vanter sa patrie qui envoie de jeunes hommes courageux défaire les armées françaises et anglaises sur le front de l’ouest. Les jeunes gens, (presque) d’un seul homme se lèvent partent s’engager pendant que les troupes défilent dans les rues de leur village. Parmi eux, le jeune Paul Baumer (Lew Ayres) n’hésite pas une seule seconde, laissant en suspend des études littéraires qui s’annoncent brillantes.

Quatre ans après, que reste-t-il de ces jeunes gens, alors que l’armée allemande continue de fournir en soldats, de plus en plus jeunes…

 

Lewis Milestone réussit ici l’un des plus grands films de guerre, et comme toujours dans ces cas-là, le message délivré est avant tout un message paix.

Mais la grande différence avec les autres films de guerre produits à Hollywood depuis la fin de la première Guerre Mondiale, c’est qu’en adaptant le roman magnifique d’Erich Maria Remarque, Milestone nous propose la guerre du point de vue allemand (1). Et la véritable force pacifiste du film, c’est que ce qui arrive à Paul (et ses compagnons d’arme) est transposable aisément dans n’importe quelle armée de l’époque.

 

En effet, Milestone nous fait vivre presque toute la guerre 14-18 à travers les yeux de Paul – environ 18 ans quand commence le conflit – qui en devient un vétéran alors qu’il n’a pas beaucoup entamée sa vingtaine d’années : ses traits se sont durcis, ses idéaux ont disparu depuis bien longtemps, et son souhait est que cette guerre se termine, pour tout le monde, ou sinon que pour lui.

Le retour au village pendant la seule permission qu’il a nous le montre totalement en décalage avec ses concitoyens, abreuvés de propagande qui leur montre un tout autre visage de la guerre que celui que Paul a à offrir.

 

Il faut dire que cette guerre, encore plus que toutes celles d’avant, est moche (2). Nous sommes bien loin des rêves des jeunes hommes qui partirent en 1914, vêtus de leur uniforme d’apparat, aux bras des jeunes femmes pendant les manifestations d’allégresse de la foule qui les regarde défiler.

Rien de tout ça au front : pas de femme, de la nourriture infecte – quand il y en a – et surtout la peur qui tétanise et rend fou. La suite des premiers assauts est d’ailleurs très claire à ce propos.

 

Mais même si les soldats tombent autour de lui, Paul garde espoir, soutenu par quelques camarades – ils sont de moins en moins – et deux personnalités qui vont l’accompagner (presque) jusqu’au bout : Tadjel (Slim Summerville) et surtout Stanislas « Kat » Katczinsky (Louis Wolheim). Ce dernier retrouve ici Milestone avec lequel il a déjà tourné

un film de guerre (Two Arabian Knights, 1927). Il est ici inoubliable, de par son physique de boxeur tout d’abord (voir note 1 dans le film sus nommé), mais aussi pour sa débrouillardise dès qu’il s’agit de trouver de la nourriture (3). C’est un personnage très attachant, bourru la première fois qu’il apparaît (les nouveaux arrivants ne sont rien que des bleus qui ne connaissent rien de la guerre), mais aux grandes qualités humaines.

 

La guerre que nous montre Milestone n’est pas très différente de celle de Raymond Bernard (Les Croix de bois), même si ici les acteurs ne sont pas de véritables vétérans, mais la présentation du conflit est de la même facture. Une longue fresque silencieuse sauf quand le canon tonne et les mitrailleuses crépitent.

Cette utilisation parcimonieuse du son s’explique en partie par l’héritage du cinéma muet (beaucoup de séquences sont sans paroles), mais aussi parce que de la musique y serait superflue.

Toutefois, l’intrigue permet quelques belles envolées parlantes pour dénoncer les causes du conflit : quand les soldats, entre deux assauts se posent eux-mêmes la question de la cause de la guerre, proposant de laisser les chefs d’état se battre entre eux, en petite tenue dans une lice ; quand Paul, surpris et lassé de voir que son professeur continue, quatre ans après lui, à galvaniser des élèves toujours plus jeunes. Sa diatribe est des plus belles, et explique en partie pourquoi le film fut censuré en Allemagne.

 

Pour le reste, les images de ces hommes qui tombent ne nécessitent aucun commentaire superflu : la grande séquence d’assaut est un modèle de propagande antimilitariste, comme le seront d’autres grands films sur ce même sujet.

Les armées vont et viennent, les soldats avancent, reculent et meurent, pour la gloire de leur patrie, et pour permettre aussi à certains de s’enrichir (élément évoqué pendant la discussion entre soldats).

 

Alors, à l’Ouest, rien de nouveau ? Si, un très beau film antimilitariste, adapté d’un non moins beau roman qui l’est tout autant. Quant au titre (quelle qu’en soit la traduction), je vous renvoie à la dernière page de ce roman.

 

 

  1. Rex Ingram (Les quatre Cavaliers de l’apocalypse, 1921) et John Ford (Quatre Fils, 1928) avaient déjà, en partie pour Ingram, opté pour ce point de vue différent.
  2. Je sais, c’est un pléonasme, une guerre est toujours moche.
  3. Célestin Pou (Un long Dimanche de fiançailles) bien avant la lettre.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Heroic Fantasy, #Peter Jackson
Le Seigneur des anneaux : Le Retour du roi (The Lord of the rings: The Return of the king - Peter Jackson, 2003)

Dernier volet de la trilogie (de Jackson comme de Tolkien), Le Retour du roi clôt une épopée qui a commencé deux ans plus tôt, environ à la même date, chaque intrigue et sous-intrigue étant résolues, le voyage en Terre du Milieu est terminé, Sauron et son armée d’Orcs, d’Ourouk-haïs et d’hommes renégats anéantis avec la destruction de l’Anneau.

C’est la fin de l’une des épopées les plus spectaculaires depuis les récits d’Homère sur la guerre de Troie et les pérégrinations d’Ulysse.

 

Nous retrouvons nos héros après la bataille du Gouffre de Helm (Helm’s Deep) qui vit la victoire des hommes du Rohan, menés par le roi Théoden (Bernard Hill), aidé d’Aragorn (Viggo Mortensen), Legollas (Orlando Bloom) et Gimli (John Rhys-Davis), sans oublier mon personnage préféré : Gandalf le Blanc (Ian McKellen). On a aussi un rappel de la bataille des Ents qui défit l’armée de Saroumane (Christopher Lee) à Isengard, à laquelle participaient Merry (Dominic Monaghan) et Pippin (Billy Boyd), les deux autres Hobbits.

Quant à Frodo, il avance toujours plus près de sa destination finale : le Mordor. Il est aidé pour cela du fidèle Sam (Sean Astin) et du retors Gollum (Andy Serkis).

C’est d’ailleurs Gollum qui ouvre le film, Peter Jackson intercalant ici un épisode raconté dans le tome 1 du livre : comment Sméagol est devenu Gollum.

 

Pour la troisième fois, nous assistons à une fresque d’héroïque fantaisie des plus brillantes. Les différents personnages, les créatures nées de l’imagination de Tolkien ainsi que les paysages à couper le souffle sont toujours au rendez-vous, avec l’inévitable bataille finale qui doit sceller une bonne fois pour toutes le destin de la Terre du Milieu.

C’est absolument spectaculaire, bien que je trouve ce terme un tantinet faible voire pléonastique pour décrire ce film.

On y retrouve le même souffle épique que dans l’opus précédent, ce qui est tout à fait normal puisque les trois parties furent tournées simultanément.

Alors évidemment, la pluie de récompenses que reçut le film est amplement méritée : 11 Oscars, 4 Golden Globes, 4 BAFTA... Inutile de continuer, je crois que vous voyez ce que je veux dire.

 

Avec ce dernier volet, Jackson referme le Seigneur des Anneaux une bonne fois pour toutes, et je ne vois pas ce qui pourrait donner envie à un autre réalisateur d’en tirer une nouvelle version. Refaire le Seigneur des Anneaux, c’est comme refaire King Kong (1), une bonne occasion de se planter : il est des films qui ne souffrent pas la comparaison, et surtout qui ne gagnent rien à être refaits, sinon s’imposer encore plus comme LA référence.

De plus, c’est un film qui se laisse revoir avec toujours le même plaisir, où on y trouve des personnages familiers, campés par des interprètes de haut niveau, même si nous ne voyons pas Saroumane/Christopher Lee.

 

Encore une fois, les maquillages des Orcs et autres ennemis sont magnifiques, tout comme les différents décors naturels et artificiels, permettant une impression d’authenticité pour les spectateurs, la complexité des différents masques et prothèses faisant oublier que rien de tout cela est réel.

Si les deux Tours avait pour personnage central Aragorn, c’est Gollum qui prend une importance encore plus grande que dans l’opus précédent.

Et l’une des images fortes le concernant est l’instant final où il a récupéré SON anneau et jouit de sa possession, brièvement, mais tout de même pleinement

A propos de Gollum encore une fois : la séquence d’ouverture nous permet de comprendre comment Gollum est devenu cet être difforme, rongé par le pouvoir de l’anneau ; mais c’est aussi l’occasion de voir les véritables traits d’Andy Serkis, ce magnifique Gollum.

 

 

(1) Exemple absolument pas pris par hasard : comme quoi même les plus grands font des erreurs.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Barry Levinson, #Robert Redford, #Robert Duvall
Le Meilleur (The Natural - Barry Levinson, 1984)

Le Meilleur fait partie de ces films sympathiques où on oscille entre la reconstitution sportive et historique.
Barry Levinson adapte le roman de Bernard Malamud, qui raconte le destin d’un joueur de baseball hors du commun : The Natural (1).

D’une manière générale, le scénario de Roger Towne  et Phil Dusenberry s’appuie sur le Roy Hobbs du roman ainsi que sur d’autres joueurs dont Joe Jackson et d’autres joueurs des White Sox (Chicago) impliqué dans un scandale : ils perdaient délibérément, comme il sera demandé à Roy de faire.

 

Roy Hobbs (Robert Redford) part New York pour jouer avec les Knights, l’équipe de baseball de la ville. Dans le train qui l’emmène, il se souvient comment il en est arrivé là : comment son père l’a préparé à devenir le meilleur en entretenant son don ; comment il fabriqua sa batte dans le tronc de l’arbre foudroyé devant chez lui ; comment il est parti un jour, après avoir revu une dernière fois sa fiancée Iris (Glenn Close) ; comment il rencontra Harriet Bird (Barbara Hershey) qui lui tira une balle dans le ventre.

Quand Roy arrive à New York, 16 ans ont passé. Ce sont tout de même ses débuts, inoubliables, à plus d’un point.

 

Bien sûr, la présence de Robert Redford est l’une des raisons du succès public du film. Il en va de même du thème, le baseball étant un sport très populaire aux Etats-Unis. Il n’empêche que ce film est agréable à regarder, mêlant subtilement le sport et les affaires : le juge (Robert Prosky), Gus le bookmaker (Darren McGavin), et Max Mercy (Robert Duvall), un journaliste sportif des plus louches tentent de faire perdre l’équipe par tous les moyens, même les plus sournois.

 

Bien évidemment, on retrouve dans ce film la vision américaine autour de la réussite et de l’échec et surtout du dépassement de soi, personnifié par ce chevalier (2) des temps modernes.

Mais cette idée de chevalier est loin d’être superficielle. En effet, et Malamud a écrit son roman ainsi, Hobbs n’est rien d’autre qu’un jeune chevalier innocent et pur (il débute) et court vers son graal : le championnat national.

 

Et comme nous sommes dans une quête un tantinet mystique, nous y trouvons les éléments en rapport avec elle : des périodes de découragement (quand l’équipe ne réussit rien) ; des moments d’euphorie, mais surtout de longs affrontements (les matches durent en moyenne entre 3 et 4 heures) qui pavent la route vers la victoire finale. Avec en prime un ange gardien : Iris, debout au milieu de la tribune et qui regarde son ancien fiancé réussir. L’éclairage de cet événement est d’ailleurs de toute beauté, la tenue claire portée par Glenn Close donne une impression de scintillement dû au soleil couchant pendant la prise.

 

Beine entendu, Hobbs est non seulement un homme doué, mais il est pur, tout comme Perceval, et ne tombera pas dans les pièges tendus par le trio qui veut sa perte. Et parmi ce trio, si le juge est une immonde crapule, on n’en préfèrera tout de même les deux autre éléments : Gus, en bookmaker borgne, pour qui l’argent est une seconde nature ; et surtout Robert Duvall, dans un rôle tout en nuances de gris, pataugeant entre les eaux claires de Hobbs et la fange marécageuse du juge.

 

Je le dis encore, ce film, s’il ne révolutionne pas le cinéma, reste toujours plaisant à regarder, de par son scénario et la symbolique qui va derrière (3), mais surtout pour des interprètes de haut niveau, Robert Redford, malgré ses 48 ans quand le film sort, réussit à nous faire croire qu’il en a 15 de moins… Et même encore moins !

 

 

  1. Traduit par « le meilleur », le titre implique une compétence innée (naturelle, donc) dans ce sport pour le personnage principal, qui donne raison à cette traduction approximative.
  2. Knight = chevalier
  3. On y trouve aussi une explication mythologique et grecque, Homère étant par ailleurs cité dans le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Spike Lee
Inside Man (Spike Lee, 2006)

Tout commence dans une cellule, où se trouve Dalton Russell (Clive Owen), nous expliquant Qu’il vient de réaliser un hold-up parfait.

Dès lors, les 120 minutes (environ) qui suivent vont nous montrer comment tout cela s’est passé, et comment, puisqu’il a réalisé le hold-up parfait, il peut se retrouver dans une cellule.

 

Spike Lee ajoute une nouvelle corde à son arc, s’attaquant au film de braqueurs de banque. Il faut avouer que le challenge est élevé, Steven Soderbergh ayant placé la barre très haut avec sa trilogie Ocean’s 11, 12 et 13. Mais Spike Lee parvient tout de même à nous intéresser voire à nous mystifier – c’est toujours comme ça que ça se passe, avec un braquage à l’allure ordinaire mais dont la résolution n’est pas évidente à imaginer.

 

Pourtant, la première intervention de Dalton est primordiale : non seulement il nous annonce son coup de maître, mais en plus, il nous donne des indices pour résoudre l’intrigue. Seulement nous, spectateurs, découvrons et ne faisons pas trop attention à ce qu’il dit. Heureusement, si Dalton n’aime pas se répéter, Spike Lee nous rappelle sa première intervention et nous découvrons (plus ou moins) ébahis ce qu’il s’est vraiment passé pendant ce braquage peu ordinaire.

 

Dès lors, le braquage peut commencer : une équipe de peintres en bâtiment (1) entre dans une banque prestigieuse de Manhattan, et après avoir aveuglé les caméras, les braqueurs prennent en otage les clients et les employés.

Commence alors une partie d’échec entre les peintres et la police, par l’intermédiaire du négociateur Frazier (Denzel Washington) et son coéquipier Mitchell (Chiwetell Ejiofor). A cette parie s’ajoute le policier du secteur, John Darius (Willem Dafoe).

Parallèlement (?), le directeur de la banque, Arthur Case (Christopher Plummer) s’inquiète du contenu d’un des coffres-forts – qui comme par hasard n’apparaît pas sur les liste de la banque – fait intervenir dans les négociations une jeune femme spécialiste des tractations : Madeleine White (Jodie Foster), avec la bénédiction du maire (Peter Kybart).

Bien sûr, le coffre-fort secret est l’enjeu du braquage, mais pour différentes raisons selon les points de vue.

 

C’est un braquage magistral qui nous est présenté avec une intrigue des plus solides et une narration qui mêle les différents temps : le présent et le passé se mêlent étroitement jusqu’à la résolution qui nous ramène finalement dans le présent.

Nous donc suivons le déroulement du casse, la passé de Dalton & les autres, comment tout se met en place puis les différentes négociations entre les braqueurs et les négociateurs : officiels (Frazier & Mitchell) ; et officieuse (White).

A ces différentes opérations s’intercalent des séquences de débriefing entre les deux policiers et les différents otages relâchés par les braqueurs. Ces séquences sont tournées avec des saturations lumineuses, accentuant les noirs et les blancs de l’image, bien distinctes du reste. Si le braquage appartient au passé, ces séquences seraient alors au futur antérieur : le braquage est bel et bien fini quand tous les acteurs fortuits (les otages) sont interrogés.

 

Bref, un film de braquage très habile, avec une distribution prestigieuse et surtout solide, et un scénario des plus inventifs.

Pourquoi bouder son plaisir.

 

 

PS : Bien sûr, la résolution finale nous explique qui est cet homme de l’intérieur dont nous parle le titre.

 

(1) Le slogan de cette entreprise est dans la droite lignée de ce qu’il va se passer : « nous ne partons qu’une fois le boulot terminé ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Steven Spielberg, #Audrey Hepburn
Always (Steven Spielberg, 1989)

Situé entre Indiana Jones et la dernière Croisade et Hook, Always permet à Spielberg de faire une pose entre deux grands films d’action, adaptant le scénario du grand Dalton Trumbo A guy named Joe, trente-six ans après Victor Fleming, déplaçant l’intrigue de la seconde Guerre Mondiale à l’Amérique de 1989, dans un aérodrome pour canadairs. Et c’est Richard Dreyfuss, dont c’est la troisième et dernière collaboration avec Spielberg, qui reprend le rôle de Spencer Tracy.

 

Pete Sandich (Richard Dreyfuss) est donc un pilote casse-cou, amoureux de la belle Dorinda (Holly Hunter), et qui éteint les incendies avec son ami Al Yackey (John « Walter S. » Goodman). Un jour, en sauvant la vie de ce dernier, il perd la sienne dans l’explosion de son avion.

Quand il se réveille, le temps a passé, et Hap (Audrey Hepburn) lui explique qu’il est mort mais qu’il peut encore aider les autres, une dernière fois.

 

Bien sûr, Spielberg joue sur du velours avec cette histoire ô combien sentimentale, dont l’extinction des incendies est un décor assez apocalyptique pour remplacer la guerre de Joe (voir ci-dessus). Et le trio Pete-Dorinda-Ted fonctionne à merveille. Parce que Ted est là (1).

Ted (Brad Johnson), c’est celui qui est là au moment où Pete va s’en aller, et c’est aussi lui qui va le remplacer dans les airs comme sur terre auprès de Dorinda.

Bien sûr, ce remplacement n’est pas du tout du goût de Pete qui n’a pas encore réalisé que c’était fini pour lui.

 

On retrouve dans Pete quelques traits habituels des films de Spielberg. Si l’intrigue est une histoire d’adultes, on ne peut ignorer un côté enfantin chez Pete qui se traduit par une bonne dose d’égoïsme, surtout quand il voit que Dorinda n’est pas insensible au charme de Ted. Ce serait plus un adolescent qu’en enfant, d’ailleurs, ses actes allant dans ce sens.

En effet, à aucun moment il ne s’engage réellement : certes, il promet à Dorinda de l’emmener dans le Colorado pour former de jeunes pilotes de canadairs, mais comme il meurt avant, rien ne se fera. De plus, à aucun moment elle ne l’entend dire qu’il l’aime, ces trois mots qu’elle le supplie de dire (« I love you ») restent dans son cœur. Et quand enfin il les prononce, le bruit des moteurs les couvre et il part définitivement (ou presque) sans les lui avoir dits.

 

Si Hap est une entité particulière, mi-déesse mi-ange, à aucun moment on n’a de précision sur sa nature. Son côté divin ne fait peu de doute toutefois, mais on reste dans un cadre plutôt œcuménique. Par contre, on ne peut nier l’importance de la sempiternelle rédemption chère au cinéma américain : Pete doit libérer Dorinda de son amour pour gagner définitivement son salut. Alors évidemment, c’est une décision difficile. Mais, et c’est le sens de la rédemption, plus on donne et plus on reçoit. Une sorte d’étape ultime de l’amour.

 

Voici enfin une bonne raison de voir ce film : la présence, pour la dernière fois à l’écran, de la grande Audrey Hepburn. Toujours aussi belle, malgré le temps qui passe…

 

  1. Professeur Allen John, moi aussi je pense à l’astuce répétée de nombreuses fois à propos de la présence ou non d’un homonyme, sur les marches de l’université. Les autres m’excuseront pour cette petite private joke

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gérard Oury, #Louis de Funès
Les Aventures de Rabbi Jacob (Gérard Oury, 1973)

Nous sommes à la fin des « trente glorieuses » - qui nous apparaissent aujourd’hui comme pas si glorieuses que ça.

La France est de plain pied dans les années 1970s, dans le tout-voiture, en pleine ère pompidolienne.

Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, comme disait Pangloss.

Sauf que le premier choc pétrolier va laisser des traces indélébiles, repassé »es quelques années plus tard pour la seconde couche (1980), et depuis, nous sommes dans une crise financière et politique qui n’a pas fini de nous mener où nous ne le voulions pas : le pire des mondes possibles, voire plus de monde du tout.

Mais quand sort le film de Gérard Oury, on est à des lieues de ce scénario –catastrophe qui s’affine au fil des jours  plus de 45 ans après.

 

Victor Pivert (Louis de Funès) est Victor Pivert, un patron autocratique d’une entreprise qui rentre d’un voyage d’affaires en Normandie. Mais au lieu de laisser le volant à Salomon Schmoll (Henry Guybet) qui est tout de même son chauffeur, c’est lui qui conduit – très mal – frôlant à chaque fois l’accident. Croisant un mariage « mixte » comme on les appelait alors, il s’insurge du fait qu’une jeune femme noire épouse un jeune homme blanc : Victor Pivert n’’estt rien d’autre qu’un affreux raciste, mâtiné de xénophobie. Et comme si cela ne suffisait pas pour lui, il apprend que son chauffeur est juif.

Dans le même temps, Mohamed Larbi Slimane (Claude Giraud et sa belle voix) est enlevé en plein Paris par les hommes du colonel Farès (Renzo Montagnani), bras armé d’une dictature d’Afrique arabophone.

Les deux hommes que tout écarte vont alors se rencontrer après un épisode mémorable dans une usine de chewing-gum, et surtout vont de voir collaborer pour rester en vie.

 

Bien sûr cette intrigue est improbable, mais on doit tout d’abord reconnaître qu’elle se base sur certains faits qui étaient l’actualité plus ou moins proche pour les spectateurs de cette seconde moitié d’octobre 1973 (le film est sorti le 18) : El Mehdi Ben Barka, tout comme Slimane, est enlevé dans Paris (en 1965), mais son sort sera plus funeste puisqu’on ne le retrouvera jamais ; et du 6 au 22 octobre de cette même année, a lieu la guerre du Kippour. Pour Gérard Oury et Danièle Thompson (sa fille) et les autres membres de la communauté juive, les souvenirs des athlètes israéliens tués à Munich sont encore très frais dans les mémoires.

C’est pourquoi pour une fois, Gérard Oury va faire un film militant, à mon avis son meilleur et de loin.

 

En effet, partant d’un type détestable pour sa xénophobie teintée d’antisémitisme, il construit une comédie cinématographique de très haut niveau, jouant avec bonheur sur les stéréotypes plus ou moins racistes, et utilisant les différents ressorts du comique au cinéma : du mime aux dialogues ciselés (« C’était Farès ? C’est effarant ») – comme on dit – en passant par les différents genres du comique classique, avec bien entendu l’inévitable tarte à la crème, ici remplacée par un cheese-cake.

Et Rabbi Jacob ? Et bien il est interprété par l’un des plus grands Juifs du cinéma français : l’immense Marcel Dalio. Certes sont rôle est donne son titre au film, mais son rôle est tout de même moins important.

 

Surtout, dans ce film, il y a un message – naïf peut-être – optimiste en ce qui concerne l’humanité, puisqu’on y voit un Juif – Salomon – et un Musulman s’y serrer la main en parlant d’un cousinage éloigné, mais alors que la guerre continuait au Proche-Orient (pendant encore 4 jours à la sortie du film), que les agressions antisémites se poursuivaient (et se poursuivent toujours d’ailleurs, hélas), un film comme Rabbi Jacob ne pouvait que faire du bien aux spectateurs, amenant à coups d’humour – juif, cela va de soi mais pas que – des sentiments judéophiles, mais surtout balayait d’un revers de manche le racisme, à coup de stéréotypes cela va de soi, le temps d’un film, voire plus.

 

Bien sûr, on retrouve dans ce film la crème – ou presque – des seconds rôles du cinéma français de l’époque (1), de Georges Adet (le vieux Lévi) à Dominique Zardi (le cuisinier de L’Etoile de Kiev), ainsi que quelques figures marquantes de l’époque : Claude Piéplu, André Falcon, Michel Robin, Popeck, Miou-Miou ou encore Olivier Lejeune.

Une mention spéciale aussi pour la deuxième doyenne (2)  – actuelle – du cinéma français : Suzy « son petit tralala » Delair (101 ans).

 

Bien sûr, le film fonctionne aussi grâce aux différents acteurs, menés tambour battant par un Louis de Funès au meilleur de sa forme, démontrant son énorme potentiel comique incluant grimaces (inévitables bien sûr), bruitages, sans oublier ses deux plongeons dans la cuve de chewing-gum visqueux, moment inoubliable du film ; sans oublier la danse exécutée avec brio en plein quartier juif de Paris, autre point culminant du film.


Un film inoubliable, indispensable, au succès peut-être moins grand que La grande Vadrouille, mais dont le rayonnement va au-delà, restant à ce jour toujours d’actualité, même si il reste marqué par l’époque : c’est tout à fait normal, n’importe quel film est un reflet plus ou moins marqué de la société dans lequel il est tourné.

 

PS : J’oubliais (encore). La musique de Wladimir Cosma, elle aussi – pourtant – inoubliable...

 

  1. Il manque tout de même le figurant : Lionel Vitrant.
  2. La première est Renée Simonot qui aura 108 ans le 10 septembre prochain.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jon Watts, #Marvel
Spider-Man: Far from Home (Jon Watts, 2019)

Deux ans et quelques intrigues résolues plus tard, revoici l’Homme-Araignée pour ce qui ressemble à la deuxième partie d’une trilogie, comme avant lui nous avions eu avec Iron Man, Thor et Captain America, les grandes stars de chez Marvel.

La suite est inévitable, l’avant-dernière séquence (1) ne laisse aucun doute là-dessus.

De plus, alors que Michael Keaton nous offrait un méchant intéressant, celui qui nous est présenté ici est plus sournois certes, mais tout de même moins digne d’intérêt.

 

Nous sommes donc au lendemain (2) de Avengers : Endgame, et Peter Parker (Tom Holland) part en voyage avec sa classe (d’où le titre : Loin de chez soi) et surtout son copain Ned (Jacob Batalon), ainsi que MJ (Zendaya), et l’insupportable Flash (Tony Revolori).

Ce voyage est l’occasion de l’éveil à l’amour des deux compères : Ned avec Betty (Angourie Rice), une jeune fille blonde qui craque pour le geek ; et Peter avec MJ, courtisée en même temps par une troisième partie, le beau Brad (Remy Lii) qui a pris cinq ans de plus que les autres puisqu’il n’a pas été éliminé par Thanos à la fin d’Infinity War.

Mais ce voyage est surtout l’occasion pour le SHIELD de Nick Fury (Samuel L. Jackson) de lutter contre des créatures élémentaires redoutables, avec toutefois l’aide de Mysterio (Jake Gyllenhaal), sorte de cousin d’Iron Man.

 

Autant le dire tout de suite, ce qui faisait le charme du premier opus a disparu, le scénario insistant sur deux points : l’héritage de Tony Stark (Robert Downey, Jr.) et l’adolescence.

Et là, je trouve qu’on s’enlise et qu’on alourdit le propos.

Si on ne comprend pas que Spider-Man est l’Elu, fils spirituel d’Iron Man, c’est qu’on a dormi (3) pendant la plus grande partie du film.

Quant à l’adolescence, on assiste aux premiers émois et autres péripéties qui deviennent de plus en plus lourds à mesure que le film avance.

L’accent étant un peu trop mis sur cette tranche d’âge, qui devient en plus d’être le thème de l’intrigue la cible privilégiée chez les spectateurs.

Ce qui aurait pu donner quelque chose de subtile – voir pour cela la trilogie de Sam Raimi – devient un tantinet poussif ici.

Et même ma fille qui fait partie de cette tranche d’âge n’est pas loin de penser la même chose que moi.

 

De plus, si les effets spéciaux sont encore une fois à couper le souffle (normal, on est chez Marvel), la mise en abîme (4) qui promettait – encore une fois – de la subtilité, s’étire jusqu’à l’épuisement, ou tout du moins la lassitude : c’est beaucoup trop.

 

Dommage.

 

 

PS : A noter la présence de J.K. Simmons dans le même rôle qu’il tenait dans la trilogie de Raimi, celle de J. Jonah Jameson, directeur de presse recyclé dans l’info (douteuse) sur le net.

  1. En plein milieu des crédits de fin, cette séquence – courte – ouvre vers une suite. La dernière séquence, celle à la toute fin des listes qui citent tous ceux qui ont travaillé sur le film, a plus une vocation comique.
  2. Pas exactement le lendemain, mais dans les semaines qui suivent.
  3. Ce qui n’est pas impossible, même avec le volume sonore du film.
  4. Je n’explique pas, si vous voulez savoir de quoi je parle, allez voir le film, ou demandez à quelqu’un d’autre de vous raconter.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Harold Lloyd, #Comédie
Girl Shy (Fred C. Newmeyer & Sam Taylor, 1924)

Avant toute chose, je tiens à faire une mise au point. Si vous êtes un des habitués de ce blog, vous devez connaître ma crispation à propos des traductions françaises des titres de films étrangers, et surtout des films comiques américains. Avec Girl Shy, j’ai un sentiment que nous ne sommes pas loin de toucher le fond. En effet, la « traduction » qui en fut faite est des plus minables qui soit (1).

En effet, prenant prétexte d’un handicap – temporaire – du héros le film sortit avec cette abomination que je refuse de citer ici (2).

On sent dans ce titre une  forme larvée de dénigrement qui peut s’expliquer par la tendance à considérer les films comiques comme des amusements bons pour le vulgum pecus, tandis qu’une certaine catégorie ne s’émouvrait que sur des sujets plus sérieux.

Et penser cela de Girl Shy, c’est faire une « grosse erreur » (traduction un tantinet plate : cf. Last Action Hero).

 

En effet, encore une fois, Harold Lloyd – aidé entre autres de Fred C. Niemeyer et Sam Taylor – nous offre une comédie des plus subtile, dont le héros prénommé Harold (comme c’est bizarre…) se retrouve dans une situation tragique et réussit tout de même à nous faire rire.

Harold donc est timide avec les filles (d’où le titre original). Pourtant cela ne l’empêche pas de proposer à un éditeur un manuscrit dans lequel il tente d’aider les jeunes gens à séduire les jeunes filles.

 

De ce paradoxe naît un nombre incalculable de gags : dans son livre tout comme dans sa vie.

La création littéraire nous permet d’assister à quelques-unes de ces supposées conquêtes : une vamp qui rappelle Theda Bara (Nola Luxford) ou encore une flapper qui a plus que quelque chose de Clara Bow (Judy King). Pas un seul instant nous ne prenons au sérieux ce qu’il écrit.

Pendant ce temps, dans la vraie vie, il est tailleur et ne peut s’empêcher de bégayer dès qu’il doit s’adresser à une femme (jeune ou plus âgée).

 

Et puis il y a la rencontre : la jeune Mary Buckingham (Jobyna Ralston), riche héritière courtisée par le méchant du film : Ronald DeVore (Charlton Griffin). Bien sûr, le spectateur francophone comprend tout de suite, à la lecture de son nom que ce n’est pas un personnage recommandable (loin de là).Pourtant il va presque réussir à se marier avec Mary !

Et c’est là que se situe le tour de force du film : alors qu’il venait voir l’éditeur à propos de son livre, les secrétaires vont se moquer de lui et de son livre – qu’elles ont lu – avec force éclats de rire – amenant une déprime sévère chez Harold qui lui fera mentir à Mary, honteux d’être un écrivain raté.

Il s’agit de l’un des moments les plus tragiques que j’ai vus dans les films de Lloyd. ON y sent un désespoir tangible, sa conduite – défensive – envers Mary amène un degré d’émotion qui sera entretenu le plus longtemps possible, voire jusqu’à la cérémonie pour Mary pendant que son « ex » tentera le tout pour le tout pour la regagner.

 

Nous assisterons alors à l’une de ses plus belles courses, contre le temps comme plus tard dans Speedy, mais avec une utilisation de divers moyens de locomotion sauf l’avion et le vélo (3), amenant une tension de plus en plus forte afin d’amener une résolution optimale de l’intrigue.

C’est dans ce film qu’on peut voir Harold à l’arrière d’un camion de pompier essayer d’y rester en attrapant le tuyau qui se dévide à mesure qu’il tombe vers l’arrière, jusqu’à la chute inévitable… Formidable !

 

Et puis il y a Jobyna. Non seulement elle était très belle, mais en plus elle s’intégrait superbement dans l’univers de Lloyd. Ce n’est pas un hasard si elle partagea plus d’une fois la vedette avec lui. Ici, Mary est le révélateur pour Harold : en sa compagnie, il est audacieux (il réussit à sauver son petit chien) et il arrive à parler sans hésiter de son livre, ni surtout à l’ennuyer par son récit.

Lors de leur retrouvailles, nous assistons – encore une fois – à un grand moment d’émotion : il est sur une barque, sous un petit pont, en train de pêcher un peu, mais surtout rêver, contemplant avec amour une boîte de biscuits pour chien (4) pendant qu’elle, immobile sur ce même pont chérit la boîte de crackers qu’il lui avait achetée dans le train, son reflet apparaissant sur la surface de l’eau. Mais comme Harold rêve, il ne se rend pas compte qu’elle est vraiment là.

 

Girl Shy est, à mon humble avis, l’un des meilleurs films de Lloyd, mélangeant habilement tragédie et comédie, arrivant à faire rire dans les moments tragiques, et à émouvoir dans les moments comiques.

Fabuleux.

 

 

  1. Même Along came Jones est mieux traduit que ce film. Encore que… Peut-être pas Along came Jones.
  2. Encore une fois j’en fais trop : Ca t’la coupe.
  3. Ce dernier véhicule sera tout de même présent puisqu’un enfant passe près de lui en tricycle.
  4. La scène du biscuit est encore un beau moment comique, qui rappelle d’une certaine façon les bonbons de Grandma’s Boy)…

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