Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Marche pour le Climat (Saint-Nazaire, 20-09-2019)

Une fois n'est pas coutume, je vous partage ce discours qui fut prononcé le 20 septembre 2019 à Saint-Nazaire dans le cadre de la Grève mondiale pour le Climat.

 

« Messieurs les industriels,

Levez les yeux de vos écrans d'ordinateur et venez écouter ce que disent les personnes que vous osez appeler "le petit peuple. Ce petit peuple qui représente environ 7 milliards de personnes et en comptera 11 milliards d'ici 2050

A chaque seconde où je m'adresse à vous, ce sont 8,7 millions de litres de calotte glaciaire qui fondent. Chaque seconde, c'est l'équivalent d'un terrain de football de forêt qui disparaît. 

Tous les ans, ce sont 26.000 espèces végétales ou/et végétales qui disparaissent, et pas moins de 1 000 nouvelles substances chimiques qui voient le jour.

En 1960, la Mer d'Aral couvrait 68.000 km², aujourd'hui elle n'en compte plus que 30 000.

Et cette catastrophe « naturelle » n’est malheureusement pas un cas isolé.

Je pourrais vous parler aussi du naufrage du pétrolier Prestige au large de l’Espagne, mais malheureusement je pense que cela ne vous intéresse pas. Car je pense que vous n’avez que la bourse en tête.

Mais savez-vous combien de tonnes de CO2 sont lâchées dans l’atmosphère chaque minute ?

Savez-vous combien d’animaux sont tués chaque minute ?

Bien sûr que non vous ne le savez pas : vous êtes bien trop occupés à détruire le monde entre vous, industriels sans scrupules.

Mais sachez, messieurs les industriels, que cette ère est finie.

Vous m’entendez : FINIE !

 

Les chiffres que je viens de vous donner ne sont-ils pas assez alarmants comme ça ? Faut-il attendre le point de non-retour pour changer les choses ?

Non. Il est, à mon sens, impossible d’attendre ce point de non-retour sans rien faire.

Si on faisait ça, ce serait un crime aussi grave qu’un génocide.

Parce que là, messieurs vous êtes en train de faire un génocide. Mais le seul problème, c’est que vous en faites partie.

Et là, vous ne pourrez y échapper.

Si nous mourons, vous mourrez avec nous.

Gardez cela à l’esprit quand vous devrez signer un contrat qui fera abattre la moitié de la forêt amazonienne, ou augmenter la production de gaz à effet de serre, ou toute autre chose nocive.

 

Je profite d’avoir la parole pour m’adresser à vous, chers politiciens :

Arrêtez votre pseudo-politique écologiste.
Arrêtez de faire semblant de vous intéresser à l’écologie.

Laissez place au concret, laissez place aux vraies mesures qui vont préserver la planète.

Malheureusement pour vous, ces mesures prennent du temps et de l’argent. Beaucoup d’argent.

Mais qu’est-ce que l’argent quand la planète est en train de mourir à petit feu ?

Qu’est-ce que l’argent quand les animaux sont en jeu ?

Qu’est-ce que l’argent quand des vies humaines sont en jeu ?

Car l’argent ne vaudra plus rien face à des vies humaines.

Allez donc expliquer aux gens qui vivent en Afrique que votre argent ne les empêchera pas de mourir de faim.

Messieurs les politiciens, vous avez le pouvoir de changer les choses. Vous êtes une partie de la solution.
Nous sommes tous une partie de la solution.

Regardez-nous : nous sommes tous réunis dans un seul but : celui de faire changer les choses en faveur du climat.

A l’heure qu’il est, nous sommes des millions dans plus de 1770 villes à travers le monde à manifester notre désaccord face à votre inaction, mais aussi nous tirons la sonnette d’alarme.

Cependant, n’est-il pas inquiétant que ce soit à nous de nous occuper de ces problèmes environnementaux, nous qui n’avons pas le droit de vote ?

N’est-ce pas grave que nous soyons ici en train de manifester alors que certains pourraient en cours à réviser pour le Bac ?

 

Une chose que j’aimerais souligner dans cette prise de parole, c’est que ce qui est en train de se passer est historique. Ce qui est en train de se passer est nouveau dans notre histoire.

Qui aurait cru, il y a dix ans, que tous les jeunes de la planète s’associeraient pour lutter ensemble contre le réchauffement climatique ?

E(t pourtant nous voilà, nous les jeunes, unis dans un seul combat : celui de la préservation de la planète.

Alors arrêtez de vous battre contre nous, arrêtez de donner de l’argent aux gros pollueurs.

Mais plutôt agissez avec nous.

Encore une fois : nous ne sommes pas vos ennemis.

 

Je terminerai cette prise de parole par dire que si vous ne faites rien maintenant, il n’y a pas de plan B. »

 

Hadrien Jahény

(élève de Terminale ES)

 

 

Marche pour le Climat (Saint-Nazaire, 20-09-2019)

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Oliver Stone
Platoon (Oliver Stone, 1986)

L’affiche était claire : un soldat, à genoux, la tête en arrière et les bras étendus vers le ciel. C’est la guerre, la sale guerre, celle qui a montré au monde que les Etats-Unis, cette superpuissance, n’était pas si invincible que ça.

Et les images que nous voyons vont dans ce sens voire beaucoup plus loin : non seulement cette guerre était perdue d’avance, mais en plus, des exactions y furent commises, relevant plus du crime contre l’humanité (1) que d’une simple opération de commando.

 

Et Oliver Stone, trois ans après Salvador, nous propose un nouveau film coup de poing, montrant encore une fois les exactions américaines à l’étranger.

Mais surtout, il met en scène de la pus belle des manières cette sale guerre, montrant comment ceux qui on pu en revenir ont eu leur vie gâchée, le traumatisme ne les quittant qu’une fois morts.

Si Salvador avait fait découvrir Stone en tant que réalisateur engagé, Platoon va lui permettre d’accéder à la consécration, recevant même l’Oscar du meilleur film en 1987.

 

Tout commence à l’arrivée de Taylor (Charlie Sheen) au Viêtnam en 1967. Il est affecté à un peloton (en anglais : platoon) qui va partir en expédition du côté de la frontière cambodgienne. Elle est dirigée par un lieutenant novice et réservé, mais ce sont surtout Barnes (Tom Berenger) et Elias (Willem Dafoe) qui dirigent les hommes : Barnes est un guerrier, il y croit toujours autant qu’à son arrivée ; Elias est sceptique, il n’y croit plus, allant jusqu’à dire que la guerre – qui va durer encore quelques années – est irrémédiablement perdue.

 

C’est cette opposition, cette dualité qui va baigner le film – presque toujours montré selon le point de vue de Taylor, le narrateur – amenant les autres membres de ce peloton à adopter une attitude plus ou moins tranchée en faveur d’un de ces deux hommes.

Bien sûr, cette dualité inclut une forme de manichéisme : Elias le Bon et Barnes le Méchant, mais nous savons tous que la vérité n’est pas aussi tranchée.

Car si Elias est moralement défaitiste, cela ne l’empêche pas d’intervenir contre l’ANV (2) et de tuer des hommes (même si ce sont des militaires) comme n’importe quel autre soldat.

Quant à Barnes, c’est un véritable salaud, mais à sa décharge, avoir vécu cet enfer n’aide pas à conserver un esprit sain.

 

On va alors suivre ce peloton, régulièrement attaqué par une armée supérieure en nombre sinon en technologie avec en point d’orgue un assaut de l’ANV contre une position américaine, laissant derrière elle un carnage incroyable avec corps poussés dans une fosse par un bulldozer, à l’instar des images de libération des camps de concentration en 1945.

Nous ne sommes pas dans un cadre de génocide, mais le résultat est le même : des hommes sont morts, mais aussi des femmes et des enfants, comme le montre l’expédition menée contre un village favorable aux V-C (2).

Et comme le dit Taylor – à propos de Barnes, mais cela s’applique à tous les autres Barnes qui sont allés là-bas – ils font leur guerre impunément, personne ne leur dit rien.

 

Tout comme Willard dans Apocalypse Now (3), cette expérience ne pourra pas laisser Taylor inchangé. Mais alors que le premier reste silencieux une fois sa mission accomplie, Taylor nous emmène jusqu’au bout de son enfer, partageant les enseignements qu’il en a tiré, insistant sur ce côté sombre qu’ont dû rejoindre à un moment où à un autre tous ces soldats, qu’ils soient engagés volontaires (c’est le cas Taylor entre autres) ou simple troufion victime de la conscription mise en place par Robert McNamara. Nous assistons d’ailleurs à une discussion entre Taylor et certains jeunes noirs qui ont eux été obligés d’y aller, alors que Taylor l’a choisi : seuls les riches s’engageaient, puisqu’ils étaient capables d’échapper à la conscription d’une manière ou d’une autre.

 

Et puis il y a la photo de l’affiche, j’y reviens parce qu’elle est tout de même d’une grande pertinence, que ce soit à propos du film ou du conflit lui-même : C’est donc Elias qui est tué par l’ANV, alors qu’il essaie de rejoindre ses pairs.

Sa position à genoux, juste avant le coup de grâce qui le couchera définitivement, lui donne une dimension christique les bras en croix au-dessus de la tête. Mais si le Christ est le Rédempteur et de par ce fait sauve les hommes, la mort d’Elias n’est pas un sacrifice, ou alors si elle en est un, il ne sert à rien, les autres sont soit morts, soit déjà évacués.

 

De toute façon, personne n’est sauvé quand se termine le film, comme le souligne Taylor, lors de sa dernière intervention.

C’est un sacrifice inutile (encore un pléonasme quand on parle d’une guerre) auquel ont participé ces hommes morts à qui est dédié le film : personne n’en est revenu grandi.

 

 

PS : A noter la présence d’un petit jeune (23 ans) dans le rôle de Lester : Johnny Depp.

 

  1. Pléonasme à mon avis quant on parle d’une guerre, mais cette expression montre qu’il y a différents niveaux d’interventions militaires mais surtout d’acceptation d’un massacre…
  2. ANV = Armée nord-vietnamienne (de Ho-Chi-Minh) ; V-C = Viêt-Cong
  3. Apocalypse Now est celui qui a lancé toute une série de films qui remet en cause la suprématie américaine, montrant les ravages d’une sale guerre, sacrifiant une partie d’une génération. Dans le film de Coppola, c’est à travers le personnage interprété par Martin Sheen, le père de Charlie, que nous est présentée cette guerre.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Anthony Mann
Les Affameurs (Bend of the River - Anthony Mann, 1952)

C’est une caravane qui arrive à Portland, guidée par Glyn McLyntock (James Stewart). En chemin, Glyn a sauvé Emerson Cole (Arthur Kennedy) qui allait être pendu pour un vol de chevaux.

Ils se séparent à Portland, Glyn poursuivant son voyage pendant que Cole reste à Portland.

Mais alors que l’automne est arrivé, les vivres promis de Portland n’arrivent pas. Glyn décide d’aller voir ce qu’il se passe : la fièvre de l’or a bouleversé la ville et les marchandises sont restées à quai.

Et les gens de Portland n’ont pas l’intention de les laisser partir avec.

 

Nous sommes en plein âge d’or du western et Anthony Mann nous propose ici une grande fresque – malgré la durée relativement courte du film (1) – illustrant le thème mis à l’honneur par James Cruze dans son magnifique The covered Wagon. Mais alors que Cruze mettait beaucoup en avance les colons, ici c’est Glyn le guide qui nous intéresse. On comprend tous les aspects de son travail et surtout ce pourquoi il a été engagé : protéger ces voyageurs dont la plupart ne sait pas se servir d’une arme (2).

Et la rencontre avec Cole est déterminante pour la suite : ce dernier connaît Glyn de réputation, la même que la sienne.

 

En  effet, Cole et Glyn sont d’anciens desperados qui ont sévi dans le Missouri et le Kansas.

Mais alors que Glyn s’est amendé (3), Cole lorgne toujours vers son ancien emploi où  il était facile de se faire beaucoup d’argent, si on sait se servir d’un pistolet.

La relation duelle entre Glyn et Cole est le nœud de l’intrigue et un véritable combat entre le Bien (Glyn, bien sûr) et le Mal (4). Mais pas seulement : d’une certaine manière, Cole et Glyn sont les deux faces d’une même personne : Glyn lui-même.

 

S’il n’y avait le nombre impressionnant de morts par balles, on pourrait presque se demander si Cole existe réellement : la lutte entre les deux hommes ressemble beaucoup à un combat intérieur entre deux forces contraires d’une même personne.

Cette dualité rappelle sur certains points la paire Jekyll & Hyde tant ces deux hommes qui à un moment étaient semblables sont devenus très différents.

En effet, alors que Glyn est en quête d’une vie normale et respectable, Cole a toujours les mêmes manières de soudard qu’a pu avoir Glyn autrefois.

 

L’un des révélateurs est bien sûr la femme – Laura (la belle Julie Adams qui nous a quittés en février dernier) – dont les deux hommes sont amoureux. Avant toute chose, Cole a la délicatesse de demander à Glyn s’il est avec elle. Et comme la voie est libre, il va la séduire, allant même jusqu’à proposer de l’épouser… Plus tard !

C’est certainement ce qu’aurait fait Glyn avant, mais comme il a changé, il n’ose plus, de peur de décevoir. Mais aussi parce que son passé terrible a tendance à le rattraper : Cole sait qui il est et a tendance lui rappeler que les fermiers qu’il convoie ne seraient pas obligatoirement heureux de découvrir ses frasques.

Mal à l’aise par rapport à ça, on retrouve le James Stewart de chez Capra 15 ans plus tôt, un tantinet mal à l’aise avec les jeunes femmes.

 

Là encore, nous assisterons à une résolution – attendue certes, mais la morale l’exigeait – qui va se faire dans la douleur. On pourrait presque parler – avec Hugo – d’une « tempête sous un crâne » tant l’affrontement physique entre Cole et Glyn est violent.

Sin on se place du côté de l’intrigue, nous avons la lutte entre le bon et le méchant avec le méchant qui est défait et le bon qui s’en va vers un avenir heureux. Mais si on repense au combat intérieur, la résolution n’en devient que plus passionnante.

En effet, la lutte se termine dans la rivière avec la disparition du corps de Cole qui coule – alourdi par ses péchés ? – alors que ses nouveaux amis le sortent de l’eau et le ramène vers eux. La métaphore est explicite : Glyn s’est débarrassé de son côté sombre et a été sauvé grâce à sa nouvelle vie et ses choix réformateurs.

 

Si c’est pas de la rédemption, çà !

 

 

PS : La présence d’un vieux marin d’eau douce le capitaine Mello (Chubby Johnson) et de son ami et complice Red (Jack Lambert) n’est pas sans rappeler le duo Ned & Sam qui manœuvre le Daisy Bell dans En remontant le Mississipi (Morris & Goscinny, 1959). Surtout que Mello ne cesse de répéter qu’il n’aurait jamais dû quitter ce fleuve…

 

PPS : par contre, le spectateur de 1952 n’a pas l’air d’être dérangé qu’on tue aussi facilement des Indiens (5 en tout)…

 

  1. 91 minutes.
  2. Pour tuer quelqu’un.
  3. D’une façon radicale comme on l’apprend à la fin…
  4. Toujours ce manichéisme indispensable (pour l’époque).

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Frank Marshall, #Epouvante
Arachnophobia (Frank Marshall, 1990)

Des fois, les producteurs se disent qu’ils devraient passer de l’autre côté et diriger un film.

C’est le cas de Frank Marshall – grand producteur de Spielberg avec sa complice  Kathleen Kennedy – qui nous propose donc ce film exorcisant à propos d’une phobie on  ne peut plus commune : celle des araignées. Mais si Frank Marshall n’est pas au premier abord un réalisateur, son parcours professionnel lui assure pas mal de soutien : Kathleen Kennedy et Stephen Spielberg le produisent.

Il s’agit donc du premier film de Marshall, et le sujet est des plus porteurs auprès du public.

 

Les Jennings viennent de déménager de Frisco vers une petite localité rurale où le médecin du coin (Henry Jones) a décidé de prendre sa retraite (enfin pas totalement) pour laisser la place à son plus jeune collègue Ross (Jeff Daniels) un arachnophobe confirmé ;

Bien sûr, dans le même temps, un photographe issu de ce même microcosme (Mak L. Taylor) succombe à une morsure d’araignée particulièrement agressive dans le bassin amazonien (ou quelque part qui s’y rapproche).

 

Ne vous attendez pas à un film extraordinaire. Non.

Mais sachez qu’il atteint soin but en vous donnant juste ce qu’il faut de frissons pour vous faire dresser les poils, surtout ceux du dos. Les différentes interventions arachnides se chargeant du travail.

Bien évidemment, dans le même temps les choses évoluent, mais pas assez pour nous éviter les frissons annoncés. D’autant plus que parmi les personnes qui ont une solution (ils sont très rares), on trouve le formidable John Goodman, dans un rôle d’exterminateur d’insecte : sa dernière intervention est on ne peut plus savoureuse au vu et au su de l’intrigue.

 

J’ai oublié de vous dire : Ross Jennings est arachnophobe, ce qui met un peu plus de piment dans cette intrigue qui n’en avait pas spécialement besoin.

A cela s’ajoute le docteur (d’un point de vue universitaire) qui a organisé l’expédition sud-américaine, et qui n’est pas sans rappeler un autre docteur – en archéologie – lui aussi célèbre, et vous aves un thriller (le terme n’est absolument pas usurpé) qui tient ses promesses.

Certes, Frank Marshall n’est pas un réalisateur chevronné, mais quelle importance : on frissonne à cette invasion ‘araignées qui ne nous évite même pas une scène de douche. Bien sûr on ne voit rien qui puisse choquer les âmes prudes, mais cette séquence est tout de même là.

 

Alors laissez-vous faire par ce (petit) film d’un producteur éclairé, le premier d’une série, qui aura au moins l’avantage d’atteindre l’effet escompté (1).

 

 

(1) Tout le monde ne peut pas toujours en dire autant…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Damian Nieman
Les Maîtres du jeu (Shade - Damian Nieman, 2003)

Presque quarante ans après the Cincinnati Kid (1), Damian Nieman nous propose un film avec une partie de cartes épique où un jeune joueur – Vernon (Stewart Townsend) essaie de battre un grand champion, le légendaire Dean Stevens (Sylvester Stallone).

Mais si Steve McQueen n’y est pas parvenu, pensez-vous que Vernon y arrivera ?

 

Damian Nieman est un magicien, un vrai, et c’est pourquoi le film tourne essentiellement autour des différents tours de carte, montrant les mains de prestidigitateurs célèbres (on ne voit d’ailleurs quelles) en train de jouer aux cartes.

Cet aspect de sa personnalité explique pourquoi, après une première séquence prometteuse on se retrouve avec un film un peu ronronnant, où on ne retrouve pas ma tension du film cité plus haut, ni l’humour de la partie de carte avec Paul Newman dans The Sting.

Certes, les tours sont impressionnants et les parties ont des enjeux importants, mais il manque quelque chose.

 

Alors que la première arnaque montée par le trio Miller (David Byrne)/Tiffany (Thandie Newton)/Vernon rappelle le film précédent, on ne retrouve pas cela dans la fameuse partie. Et ce n’est pas la présence de Sylvester Stallone qui interprète son personnage avec retenue et justesse (ça nous change de ses gros bras) qui relève l’intérêt.

Quant au coup de théâtre final, il n’atteint pas non plus la gigantesque entreprise montée par Gondorff/Newman et Hooker/Redford.

Quant à Melanie Griffith – ancienne conquête du Dean – on se demande un peu à quoi elle sert, si ce n’est héberger ce même Dean dans son hôtel. Et c’est d’ailleurs bien dommage.

 

Reste un hommage aux magiciens – confrères de Nieman – lors de la séquence au Magic Castle où on y rencontre « Le Professeur » (Hal Holbrook), personnage créé à partir de Dai Vernon (autre magicien) dont on peu voir la photo derrière lui lors de son entretien avec le jeune Vernon.

Tous les personnages, d’ailleurs, portent des noms de magiciens célèbres puisque c’est Nieman qui a aussi écrit le scénario.

 

Dommage.

 

 

(1) Vernon déclare d’ailleurs venir de cette même ville quand le Dean le lui demande.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Wes Craven, #Horreur
L'Eté de la peur (Summer of Fear - Wes Craven, 1978)

Tout commence par une voiture qui roule (trop) vite sur une route escarpée.

Bien évidemment, elle finit dans le décor, tuant les trois passagers sur le coup. En surimpression, le visage d’une jeune femme aux yeux trop clairs.

Les Bryant sont une famille sans histoire : les parents Tom (Jeremy Slate) et Leslie (Carol Lawrence) et leurs enfants Peter (Jeff East), Bobby (James Jarnigan) et Rachel (Linda Blair) vivent en harmonie dans une ville de la côte ouest des Etats-Unis.

Jusqu’au jour où la sœur de Leslie, son mari et leur servante sont tués dans l’accident : Julia (Lee Purcell), orpheline, est recueillie par les Bryant le temps que l’été passe.

Et cet été passe bien lentement selon Rachel qui semble être la seule à s’apercevoir de la malfaisance de cette étrange cousine.

 

L’année précédente, Wes Craven avait réalisé l’un de ses plus grands films – The Hills have eyes – et il repart pour une autre histoire d’horreur avec en vedette rien moins que Linda Blair qui fut la jeune Regan McNeil dans The Exorcist. La présence de la jeune femme est bien entendu un atout commercial non négligeable. La fillette a grandi et c’est maintenant presque une femme (1) qui tient tête seule à un personnage maléfique.

Il faut dire que la cousine Julia est une personne très charismatique. Rapidement, (presque) tout le monde va tomber sus soin charme (2) de cette jeune et jolie femme, brisée par la mort de ses parents.

Bien sûr, c’est Rachel qui a raison et les autres qui sont envoutés et ce n’est qu’à la toute fin que son rôle sera reconnu.

 

Nous sommes dans une intrigue très simple, avec des gens ordinaires dans une situation tout à fait ordinaire. Il suffit d’une personne étrangère pour que tout bascule dans le cauchemar. Et encore, pas pour tout le monde (tout de suite).

On a droit aux récriminations de Rachel qui sont battues en brèche par ses parents : comme Julia lui a soufflé son petit ami Mike (Jeff McCracken), on met cela sur le compte de la  jalousie.

De plus, Rachel trouve un allié en son voisin spécialiste des sciences occultes qui voit très clair dans le jeu de l’étrange Julia. Mais comme nous sommes dans une intrigue classique, ce dernier est éloigné (infarctus : direct à l’hôpital).

Dès lors, tout s’enchaîne : Rachel est seul et voit les ravages provoqués par l’étrangère et décide de s’enfuir, mais comme toujours, la méchante ne la laisse pas partir comme ça, etc.

 

Il est clair qu’à part la présence de Linda Blair, on peut s’ennuyer – ce fut mon cas – devant ce film pas si horrifique que ça et surtout une intrigue un tantinet convenue. Reste l’ambiance créée par le réalisateur ainsi que l’indispensable musique qui aurait certainement mérité d’être un petit peu plus travaillée, amenant de véritables moments d’angoisse comme on aurait pu en trouver. Et surtout comme on en trouvera dans les œuvres futures de Wes Craven qui aboutiront, à mon avis encore une fois, au formidable Scream.

 

Mais, n’oublions pas qu’à l’époque, le film avait été programmé à la télévision avant d’être exploité en salles : le succès d’audience amena cette exploitation tardive, le titre original, Stranger in our House (3), fut renommé Summer of Fear.

Mais Craven avait encore du chemin à faire avant d’être reconnu comme un vrai cinéaste : Freddy n’était pas encore né et il fallait attendre 1984 pour la sortie du maintenant classique A Nightmare on Elm Street.

 

Et une fois de plus, ceci est une autre histoire…

  1. En vrai elle avait 29 ans quand le film est sorti en salles, mais sa petite taille lui permet encore de jouer les ados.
  2. Le terme n’est pas usurpé du tout.
  3. « Une Etrangère dans notre maison »

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Sam Wood
Excuse my Dust (Sam Wood, 1920)

Un an après The roaring Road, Toodles (Wallace Reid) est de retour !

Sauf qu’il vient de se faire prendre pour excès de vitesse et que le juge lu a donné six mois sans conduire.

Si cette décision judiciaire satisfait pleinement son épouse Dorothy Walden (Ann Little) et son beau-père J.D. (Theodore Roberts), c’est une catastrophe pour Walden : surtout qu’une nouvelle course pour rallier Los Angeles et San Francisco est prévue et que la compagnie de JD (Darco) doit y présenter un nouveau prototype.

 

Sam Wood a remplacé James Cruze et a gardé une bonne partie du casting de l’épisode précédent dont l’incontournable Wallace Reid qui avance toujours plus loin dans son addiction à la morphine qui le tuera deux ans plus tard. On retrouve donc Roberts en patron au cigare vissé à sa bouche, cette fois-ci un peu plus engagé dans la course attendue.

Mais c’est en face qu’on trouve d’autres personnages intéressants.

La firme Fargot, concurrente directe des ateliers Darco est dirigée par un individu des plus louches et franchement malhonnête : Muchler, interprété par un habitué de ces rôles-ci, Tully Marshall. Mais cette fois, il est dépassé par son pilote principal, Ritz, interprété lui par un autre habitué des rôles de méchants, Walter Long.

 

Bref, on est en terrain conquis et Sam Wood n’a plus qu’à dérouler, le film s’enclenche tout seul. C’est peut-être pour ça qu’on a un goût d’inaccompli dans la bouche quand le film se termine. Rien de bien sensationnel, l’intrigue est des plus banales et surtout très convenue. La seule bonne idée qui aurait gagné& à être exploitée, c’est au début quand Toodles Jr. (Wallace Reid Jr. le véritable fils de) reçoit pour cadeau une voiture à pédale. Celle-ci est aussitôt utilisée par son père pour lui donner un avant-goût de la vitesse. Quand Dorothy apporte le biberon du bébé, elle en profite pour embrasser son mari qui relâche alors son attention, laissant la petite voiture commencer à dévaler l’allée vers la route.

Mais Toodles s’en aperçoit et rattrape le bébé à temps…

 

Je ne dis pas qu’il fallait amener une teinte tragique à cette histoire, mais une séquence comique aurait très certainement pu se développer et amener au même résultat : la suspension du permis de Walden.

Le film reste tout de même distrayant et le personnage le plus intéressant est peut-être JD, qui nous permet de voir Roberts autrement qu’en costume de business man comme on en a l’habitude. Le voir en combinaison maculée de cambouis amène tout de même le sourire, tout comme ses attitudes gâtifiantes (1) envers son petit fils.

 

Mais on aurait pu attendre tout de même plus d’une telle distribution.

Encore une fois (2).

 

 

  1. Serai-je en train de néologiser ?
  2. Si vous avez vu Beyond the Rocks (1922)…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Spierig
Predestination (Michael & Peter Spierig, 2014)

C’est tout d’abord un homme qui entre dans le hall d’un grand bâtiment, transportant un étui à violon et une petite valise. Il se dirige vers le sous-sol où une bombe a été placée par un terroriste. Une lutte les oppose et notre homme réussit à empêcher l’explosion mais son visage est alors ravagé par les flammes.

Il se réveille plus tard, avec un visage neuf, une voix cassée et une nouvelle fois la mission à exécuter…

 

Je l’ai déjà dit ici, le cinéma exploite le thème du double avec gourmandise. Tout comme le thème du voyage dans le temps. Ces deux thèmes se rejoignent donc et amènent des situations qui peuvent être comiques – Retour vers le futur – ou plus inquiétantes comme ce film que nous proposent les frères Spierig (qui produisent aussi ce film, et Peter en assure la musique), d’après une nouvelle étonnante de Robert A. Heinlen (1) : La Mère célibataire (All you Zombies).

 

Nous sommes ici à un point culminant du paradoxe temporel au cinéma. Jamais on n’était allé aussi loin dans une situation inextricable. On  connaît la base : un homme retourne dans le passé, tue son père et épouse sa mère (merci Freud). Mais ici, le paradoxe est des plus incroyable et donc difficilement racontable sans donner des éléments de la résolution de l’intrigue.

Alors encore une fois, si vous ne l’avez pas vu, rendez-vous demain ou un autre jour parce que ce qui va suivre risque de donner quelques indications expliquant en quoi la situation est incroyable. Je vais tout de même essayer de ne pas trop « spoiler » (comme on dit de nos jours) l’intrigue… Mais n’attendez pas des miracles.

 

Une fois la séquence ci-dessus terminée, nous reprenons une narration à peu près normale : à peu près puisqu’on découvre les deux principaux protagonistes de cette histoire, John (Sarah Snook) et un barman (Ethan Hawke). John va alors raconter sa vie étonnante (d’où rupture temporelle pour l’illustrer) qui le vit naître fille, grandir femme, accoucher puis devenir un homme. On fait difficilement plus incroyable, mais comme le dit le barman : la vérité est parfois plus incroyable que la fiction.

Et c’est une fois cette histoire terminée que l’intrigue principale commence avec ce même barman qui propose à John de changer son passé.

 

S’ensuit alors une série d’événements qui nous renvoie à l’histoire racontée par John d’un autre point de vue et avec pour effet de ne rien changer du tout. Vraiment ? Eh bien je n’irai pas plus loin parce que nous entrons alors dans le domaine de la spéculation et du ressentir. Toujours est-il qu’à mon avis nous entrons dans une boucle temporelle et qu’il est difficile d’en sortir sans rien altérer. Quant à en ressortir, il n’est même pas sûr que nos héros en sortent tant les connexions sont complexes du point de vue de l’intrigue. Et c’est là qu’est tout le sel du film.

Alors que nous progressons dans cet espace-temps (fatalement) distordu ou près de l’être, nous ressentons de plus en plus une inéluctabilité illustrée par le titre.

 

Toujours est-il que le jeu des acteurs est la clé de film et que Sarah Snook en particulier est extraordinaire dans ce rôle ô combien double. Si je regrettais dernièrement la pauvre exploitation du double dans The sixth Day (2004), je ne peux que me réjouir de celle-ci.

On retrouve les mêmes réflexions qu’à la fin de L’Armée des 12 Singes (1995) : quel est le moment réellement présent : celui où se termine le film, ou celui où il a commencé ? Et le voyage dans le temps a-t-il altéré le futur comme prévu ?

 

Je vous laisse donc sur ces questions…

 

 

(1) Né le 7-7-(190)7, ça ne s’invente pas…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Nicholas Hytner, #Comédie dramatique
The Lady in the van (Nicholas Hytner, 2015)

Au début on entend le bruit d’un accident.

Ensuite, c’est un van qui roule vite, (pour)suivi par un véhicule de police.

Sur le pare-brise, au côté gauche, un impact et une tache de sang.

Alan Bennett (Alex Jennings) vient d’emménager à Camden Town (Nord de Londres), dans une rue où tout le monde se connaît et se fréquente.

Au milieu de ce « village », une vieille dame vit dans un van. Ce van porte le même impact sur le côté droit du pare-brise.

Bien sûr il s’agit de la même personne qui vit dans son van avec la peur que la police la retrouve : l’accident qu’elle a causé a tué un jeune homme.

 

Dès le début du film, ce qui était annoncé comme presque vrai (« mostly true ») est mis en place : Alan Bennett se dédouble. D’un côté l’écrivain qui ne quitte jamais son lieu de travail ; de l’autre Alan Bennett, l’auteur et voisin du microcosme camdenien.

Mais la dichotomie ne s’arrête pas là et on retrouve une dualité qui affecte la vie d’Alan : d’un côté sa mère (Gwen Taylor) qui commence à yoyoter ; de l’autre Mary Shepherd (Maggie Smith) autre vieille dame peu équilibrée et qui vit de la charité publique, installant son van devant une maison différente tous les trois mois.

 

Mais cette femme n’est pas une SDF (c’est comme ça qu’on dit de nos jours) ordinaire : il y a une part de passé enfoui qu’Alan va essayer de déterrer progressivement, fasciné par cette vieille femme qui parle français et a appris le piano, comme elle le lui annonce. Mais Mary possède un autre côté (elle aussi, comme Alan) où elle est une femme dévote – voire bigote – fervente catholique et ancienne novice, fréquentant l’église locale où elle ne cesse de rechercher la miséricorde divine, au grand désarroi du prêtre (Dermot Crowley) qui ne cesse de l’absoudre du même péché.

 

D’une manière générale le film oscille vers ces différentes dichotomies, vers une confusion : en quoi Mary n’est-elle pas une partie de sa mère qui vient s’installer chez lui, dans son allée (1) ? Ce qu’il souhaite pour Mary arrive à sa mère et d’une certaine façon, il va chercher dans cette vieille femme ce qu’il ne peut plus faire pour sa mère, devenue un légume : allongée, les yeux ouverts, catatonique.

Et la dernière vision qu’on a du fils et de sa mère n’est pas sans rappeler la dernière entrevue entre Alan et Mary, cette première et ultime poignée de main de cette femme originale et malgré tout artisane de son malheur.

 

Evidemment, on ne peut que relever les performances de Maggie Smith et Alex Jennings.  Maggie Smith est absolument magnifique dans ce rôle de vieille femme acariâtre (encore une fois) incapable tout le long du film de remercier ou d’avoir un geste aimable envers son entourage. Elle alterne avec brio des phases positives et négatives de son personnage, jouant de sa vieillesse comme d’un arme pour apitoyer – elle est très malade, probablement mourante – mais dans l’instant suivant elle rejette tout misérabilisme.

Et puis il y a des moments heureux,  ils sont rares mais donne une aura formidable à cette femme dont les rares plaisirs sont simples : repeindre son van en jaune ; descendre la rue en pente sur son fauteuil roulant.

Quant à Alex Jennings, ce double rôle amène une touche d’humour (2) formidable, ce double disparaissant après Mary, remplacé par un véritable partenaire (Geoffrey Streatfeild).

 

Ultime dichotomie : la présence d’Alan Bennett (le vrai) dans la dernière séquence, venu assister – à vélo bien sûr – à l’inauguration de la plaque commémorative de la « Femme dans le van »…

 

  1. Pour trois mois mais reste jusqu’à sa mort, presque 15 ans.
  2. Britannique, bien sûr, tout comme le film : c’est une communauté on ne peut plus anglaise qui est ici décrite, avec cette retenue qui la caractérise, moitié pudeur, moitié timidité.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Michael Mann, #Gangsters
Collateral (Michael Mann, 2004)

Deux visages dans la foule : un homme aux cheveux gris et lunettes noirs (Tom Cruise) ; un homme chauve à l’accent britannique (Jason Statham). Bousculade, sacs qui tombent, échange de ces deux sacs, les deux hommes repartent.

Max Durocher (Jamie Foxx) est chauffeur de taxi intérim depuis maintenant 12 ans. Il conduit une jeune (et jolie) procureure – Annie (Jada Pinkett Smith) – et sympathise. On peut même dire qu’il a un ticket avec elle puisqu’elle lui laisse sa carte…

Mais la vie continue et le travail aussi. Après avoir déposé la jeune femme, il prend en charge Vincent, l’homme aux cheveux gris du début. Il va alors le conduire dans différents endroits de la ville afin qu’il y rencontre des « amis ».

Le seul (petit ?) problème : ces « amis » sont des cibles pour Vincent qui est un tueur à gage…

 

C’est un film très intelligent que nous propose ici Michael Mann, sur un scénario très subtil de Stuart Beattle. Il s’agit de raconter l’histoire de deux personnes qui font leur boulot de manière très professionnelle, avec une habileté aussi grande de chaque côté : Max est un conducteur hors pair, connaissant sur le bout des doigts (sur le volant) les itinéraires et meilleures trajectoires pour perdre un minimum de temps ; Vincent est un tueur de sang-froid impressionnant, improvisant sans jamais se laisser dépasser par les événements.

Mais cette rencontre de ces deux professionnels va amener un changement total de pratiques, amenant l’un et l’autre à des fautes professionnelles impardonnables.

 

En effet, chacun va faire un choix qui amènera une situation irréversible : Vincent, après avoir choisi le taxi de Max s’éloigne puisque ce dernier n’est pas à ce qu’il fait ; Max se reprend et rappelle ce client – première faute de Max. Vincent revient et pénètre dans la voiture de Max – première faute de Vincent.

Dès lors, c’est toute une série de petits faits qui va amener ces deux protagonistes à une issue fatale pour l’un ou/et pour l’autre (1).

Dès lors, c’est presque un road movie qui nous est présenté, alors qu’on ne quitte pas un seul instant Los Angeles. Mais comme toujours dans ces cas-là, les deux personnages embarqués dans cette odyssée vont être transformés, en bien comme en mal.

 

Mais ce qui marque le plus dans ce film, c’est l’attitude tranquille de Vincent par rapport aux différents contrats qu’il honore. De son côté, Max devient de plus en plus stressé par cette accumulation de cadavres (2), craignant de plus en plus pour sa propre vie. Mais la menace de Vincent (et surtout de son revolver) le contraint à obéir à cet assassin on ne peut plus relaxé, voire normal. Vincent maîtrise tous les éléments presque tout le temps (c’est aussi dans le presque que se loge l’intérêt du film), et agit de manière tout à fait normal : c’est son boulot, après tout. Et c’est l’argument qu’il donne à Max quand ce dernier regimbe et tente de sortir de l’emprise de ce tueur particulier. La séquence dans le club de Jazz est d’ailleurs le meilleur exemple des normes de Vincent : c’est un club de Jazz huppé où Vincent apprécie – et le spectateur aussi, d’ailleurs – l’ambiance et le jeu des différents musiciens. Il y a une osmose entre Vincent et le lieu qui n’est gâchée que par le métier de ce dernier : le boulot doit être fait !

 

C’est là qu’intervient la collatéralité du titre.

Les dommages causés par Vincent vont alors avoir des répercussions sur la vie de Max, tout comme les différentes décisions de Max vont affecter d’autres personnes plus ou moins impliquées dans la vie de ces deux hommes (3).

Et surtout, l’attitude de Max va beaucoup évoluer pendant cette unique nuit que dure cette drôle d’expédition. D’une certaine façon, Max va gagner en personnalité et en ressources à fréquenter Vincent pendant ce court temps de leur vie. Et qu’il le veuille au non, à plusieurs reprises Vincent va sauver Max, ce qui ne sera par contre pas réciproque.

Ce sont aussi les fautes qui vont causer des dégâts collatéraux, accélérant d’une certaine façon la résolution inéluctable : les options, avec le temps, devenant de plus en plus rares, nous assistons impuissants à l’arrivée de cette conclusion.

 

  1. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous dire comment tout ça se termine…
  2. Je pense que nous serions pareils si un cadavre dégringolait sur le pare-brise de notre auto…
  3. Ex : les deux loubards que Max fait venir alors qu’il est attaché au volant.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog