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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sidney Lanfield, #Sherlock Holmes
Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles - Sidney Lanfield, 1939)

Il joue du violon, il fume la pipe, il porte un deerstalker.

Pas de doute : c’est Sherlock Holmes (élémentaire, non ?).


Pour la dixième adaptation des aventures de ce détective, c’est Basil Rathbone qui a été choisi. En effet, son côté british sied à ravir au personnage de Sir Arthur. Et puis ça lui change de jouer les gentils après avoir combattu Robin des Bois et  le Capitaine Blood.

A ses côtés, l’infatigable docteur Watson est interprété par Nigel Bruce, qui l’accompagnera dans les quatorze films qu’ils tourneront.

Cette association restera longtemps gravée dans les esprits, les deux acteurs effaçant (presque) toutes les autres adaptations*.

 

Le Chien des Baskerville est, sinon le plus célèbre des romans de Conan Doyle, au moins celui qui a été adapté le plus de fois (une vingtaine) sans toutefois rendre le véritable aspect du chien (surtout par manque de budget). Mais qu’importe, c'est avant tout Sherlock qui nous intéresse.

Et Basil Rathbone est à l’aise dans ce rôle de détective un tantinet excentrique. Outre l’apparence physique, on retrouve les éléments indispensables au personnage : un esprit de déduction hors norme – il brosse un magnifique portrait du docteur Mortimer (Lionel Atwill) à partir de sa canne ; juste ce qu’il faut de condescendance pour ne pas trop heurter Watson après une série de déductions plus ou moins farfelues ; et une propension à se déguiser, amenant aussi une mystification qui devient source de gags à l’encontre de ce même Watson.

Et si son esprit de déduction est supérieur, cela ne l’empêche pas tout de même de bien manier les armes à feu, beaucoup plus efficaces pour arrêter un chien enragé que n’importe quel cerveau affuté.

 

Pourtant, ce n’est pas Basil Rathbone qui tient le haut de l’affiche : c’est Richard Greene, qui interprète le jeune Lord Baskerville, cible d’un tueur ingénieux (indispensable face à Holmes). A l’affiche aussi, notons la présence de l’immense John Carradine, dans un rôle  de domestique. Ce dernier, avec sa femme (Eily Malyon) forme un couple étrange qui  sème le doute dans l’esprit du spectateur.

Et d’une manière générale, l’intrigue nous envoie sur de fausses pistes, que nous empruntons allègrement, à l’instar du pauvre Watson.

Mais au final, force reste à Holmes qui, tout naturellement démêle les écheveaux et nous livre le coupable.

 

Au final, on peut situer cette adaptation – plutôt convenue, mais attend-on autre chose ? – entre celle d’Albert Parker (1922) où John Barrymore campait un Holmes plutôt ennuyeux, et celle de Guy Ritchie (2009), où l’action spectaculaire autour de l’intrigue a tendance à nous éloigner du personnage initial.
Alors apprécions cette aventure comme celle d’un vieil ami qu’on a plaisir à retrouver après un long moment d’absence.

 

 

* Harvey Kurtzman & Bill « Chicken Fat » Elder les utiliseront pour leur version des aventures de Shermlock Shomes : the Hound of the Basketballs (voir ci-dessous).

 

Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles - Sidney Lanfield, 1939)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #John Schlesinger
Marathon Man (John Schlesinger, 1976)

Thomas « Babe » Levy (Dustin Hoffman) est étudiant en Histoire. Brillant. Mais c’est de famille, d’être brillant. Avant lui son frère Doc (Roy Scheider) était brillant. Il faut dire que leur père (Allen Joseph) était une sommité.

Mais son père est mort et son frère n’est pas ce qu’il prétend. Il trempe dans des affaires très particulières.

Et parmi ces affaires, un homme particulier : le docteur (dentiste) Christian Szell (Laurence Olivier), surnommé « l’ange blanc » – du fait de sa coiffure prématurément blanchie – par ses victimes. A Auschwitz.

 

John Schlesinger retrouve Dustin Hoffman pour une histoire peu banale où il est question de criminel d’un criminel de guerre qui court après son passé (et surtout la fortune qu’il a pu en dégager) mais se retrouve finalement rattrapé par ce dernier.

Il ne s’agit pas de la traque d’un nazi comme le faisaient à la même époque les Klarsfeld ou encore Simon Wiesenthal. Le nazi n’est pas recherché ici, il est même identifié et libre de ses mouvements. La seule préoccupation de tous ces hommes (sauf Babe), c’est l’argent qu’il a sauvé en fuyant l’Allemagne à la fin de la guerre.

 

SI Laurence Olivier, dans la fin de sa vie professionnelle a interprété des rôles de méchants, on peut dire qu’ici ce fut le point culminant de cette période Szell est ce qui se fait de pire dans la galerie des super-méchants au cinéma.

Non pas pour ses atrocités – on en a un aperçu quand il « interroge » Babe – mais plutôt dans son attitude calme et froide. C’est un bourreau. Et le temps qui a passé n’a pas calmé son ardeur : il reste un professionnel dans sa branche.

En effet, il sait faire mal, mais il sait aussi soulager, ajoutant à la torture une détresse extrême subie par la victime qui sait comment être soulagé de la douleur qu’elle éprouve, consentant involontairement à rentrer dans le jeu de cet ignoble individu.

Il y a une espèce d’ironie noire (voire cruelle) dans le fait que Szell soit un dentiste. Dans l’imagerie populaire, il n’y a pas pire médecin que le dentiste, injustement qualifié de « tortionnaire » du fait des douleurs obligatoires de sa partie, alors qu’il n’est là que pour les soulager.

 

Au-delà de l’intrigue, nous assistons à une bataille manichéenne entre d’un côté un scientifique du mal (inspiré par le redoutable docteur Mengele) et de l’autre le chevalier du Bien à la recherche de la vérité (sur son père, mais seulement ?), entraîné dans un combat malgré lui, mais qu’il va tout de même accepter, cherchant certaines réponses qu’il ne peut trouver dans ses recherches universitaires.

 

Il y a dans quête de Babe une analogie avec celle du Graal. La réponse à toutes ses questions, mais qui est surtout la délivrance de l’ombre de son père, est la véritable motivation de Babe. Comme le dit Parry dans Fisher King, le Graal est à portée de main, il suffisait de savoir regarder pour le trouver. Et ici, c’est le revolver de son père – celui qu’il a utilisé pour mettre fin à ses jours – qui est le déclencheur et lui montre la voie.

Et une fois sa quête achevée, il n’en a plus besoin et s’en débarrasse, faisant définitivement le deuil de son père, et de son frère par la même occasion.

 

Car, paradoxalement, Babe est le Juif qui causera la perte de Szell, lui qui a torturé tellement de ses coreligionnaires. Le rôle finalement assumé par Babe est celui de Némésis, la justice divine implacable.

 

 

PS : ce film est aussi l’occasion d’une poursuite en voiture assez particulière. En effet, les deux conducteurs sont âgés, ce qui est assez inhabituel, mais surtout, ils annoncent le conflit auquel nous allons assister. Le premier que nous avons vu est le frère de Szell (Ben Dova), ancien nazi qui roule en Mercedes (!), et l’autre un Juif qui l’a reconnu comme tel et le pourchasse pour son passé.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Wallace Worsley, #Lon Chaney
La Carte fatale (The Ace of hearts - Wallace Worsley, 1921)

Washington DC.

Une confrérie de personnes bien intentionnées se réunit régulièrement dans un bâtiment de la ville. Ce sont des hommes qui poursuivent un bel idéal : débarrasser le monde des puissants malintentionnés et dangereux.

Parmi ces hommes, une femme : Lilith (Leatrice Joy).

Les deux hommes qui ont pu surveiller la cible, Farallone (Lon Chaney) et Forrest (John Bowers), sont aussi amoureux de la belle Lilith. Mais son cœur ne bat que pour la Cause.

Lors de la désignation de l’exécuteur des hautes œuvres, c’est Forrest qui est tiré au sort par les cartes : il tire l’As de cœur (d’où le titre).

Lilith n’a alors plus d’yeux que pour Forrest, acceptant de l’épouser pour mieux l’accompagner dans sa lourde tâche.

C’est un double coup de poignard pour Farallone.

 

Lon Chaney, dans un rôle normal, dans toute sa splendeur. Pas de transformation, juste son visage, à peine altéré par une coupe de cheveux un tantinet longue. Il faut dire qu’il est un artiste qui peint le portrait de la Cible, et peut donc l’étudier à loisir.

En concurrence (dans l’intrigue), Forrest est serveur dans un restaurant où se rend tous les jours, à la même heure et la même table, cette même Cible.

Bref, ce sont les plus qualifiés pour l’exécution.

Et tout irait bien s’il n’y avait une rivalité amoureuse, qui en principe ne devrait pas exister : Lilith ne connaissant pas l’amour, s’étant vouée totalement à la cause.

 

Mais le sort ayant désigné Forrest, qui en outre est le plus beau, une rancœur se développe rapidement chez Farallone, amenant ce dernier, sous les traits du grand Lon, à souffrir le martyre. On retrouve donc ici ce visage torturé par la tristesse, voire le désespoir, comme on le trouve dans d’autres films du maître. L’absence de maquillage ou de crochets qu’il utilisera dans d’autres rôles, l’oblige à utiliser ce que la nature lui a donné : une fantastique expression faciale qui passe indifféremment de la rage au désespoir (pas de vieillesse ennemie, ici, allons !) ou inversement, donnant à chaque fois un effet amplifié de ces tristes sentiments (1).

 

Aux côté de Chaney, le couple Joy-Bowers a fort à faire pour jouer dans le même registre. Mais l’intervention du destin les emmène de l’autre côté, vers l’Amour. Bowers campe un personnage qui passe de la fermeté – voire de la fierté d’avoir été choisi – à l’indulgence : il a été frappé par l’amour et ne voit plus le monde de la même façon, et son regard s’humanise autant qu’il fut ferme. Quant à Leatrice Joy, sa transformation morale – elle aime – ne nous la montre pas changée : du début à la fin, elle affiche un visage illuminé. Il faut dire qu’elle passe d’un extrême à l’autre.

Au début, elle est une militante pure de la Cause, ne vivant que pour et par Elle. En découvrant l’Amour, elle ne fait que changer de camp : elle est dorénavant une militante acharnée de l’Amour, découvrant le bonheur qu’il peut procurer. Dès lors, elle comprend la faiblesse de son amant et réussit même à retourner Farallone, ce qui n’était pas gagné d’avance.

 

Wallace Worsley prend son temps pour élaborer cette intrigue où domine le Mal. Mais  au bout du compte, il nous propose une histoire pleine de suspense où chaque élément isolé prend son importance : une bague, un portefeuille, et bien sûr l’As de cœur…

De plus, on assiste à des cadrages originaux qui nous font voir la scène de différentes façon : la désignation des exécuteurs est à chaque fois montrée de différents points de vue dont une vision de dessus qui accentue la tension autour de la carte décisive.

Sans oublier l’indispensable montage parallèle pour amener un regain de suspense.

Du bel ouvrage.

 

Et bien entendu, au final, nous entrons dans le domaine de la Rédemption.

L’Amour sauve tout le monde. Enfin, ceux qui veulent bien l’être. En s’adonnant à corps perdu dans l’Amour, Lilith (2) sauve Forrest et se sauve elle-même, entraînant dans son ascension (nulle Chute ici, pour ces deux personnages) Farallone qui, s’il ne trouvera pas l’Amour, sera tout de même « Sauvé ».

 

Comment ? Je vous laisse deviner.

 

 

(1) Avoir des parents sourds-muets est une épreuve difficile dans la vie. Mais ça peut aussi devenir un atout quand on est acteur au cinéma avant 1928…

 

(2) Prénom qui semblait aller comme un gant à cette femme membre d’une société secrète malveillante : Lilith, dans la tradition juive, est un démon féminin (inspirée de la mythologie mésopotamienne) qui aurait été la première (et mauvaise) femme d’Adam.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lois Weber
Deux Femmes trop sages (Too wise Wives - Lois Weber, 1921)

« Ils se marièrent et vécurent heureux très longtemps. »

Cette fin classique et ô combien convenue est ici le point de départ du film de Lois Weber.
Il est rare, qu cinéma, de suivre un couple après l’épilogue de leur rencontre (le mariage). En effet, le côté routinier de la vie de couple n’est pas très porteur. Mais c’est pourtant ce que va développer Lois Weber avec brio.

 

Nous suivons la vie maritale de deux femmes très différentes : Mrs. David Graham, Marie (Claire Windsor) et Mrs. John Daly, Sara (Mona Lisa, de son vrai nom Gloria Guinto). La première est l’épouse de David (Louis Calhern), un jeune homme d’affaire. C’est une femme qui aime énormément son mari mais se trouve indigne de son amour. La seconde, en revanche est une femme calculatrice, qui a épousé John (Phillips Smalley, le propre mari de Lois Weber), un homme très riche, pour son argent.

Et si on ajoute que la femme de John est l’ancienne fiancée de David, on arrive alors à une sorte de vaudeville, qui finalement n’en est pas un.

 

Nous sommes donc dans un film de femmes, fait par une femme, mais à destination de tous. Comme je l’ai écrit plus haut, l’originalité est le thème abordé : que se passe-t-il après ?

Nous suivons alors deux destins très différents mais qui se rejoignent sur un point essentiel : ces deux femmes ne sont pas heureuses.

 

La première (Marie) pense que son mari la délaisse au profit d’une autre, parce qu’elle ne répond pas à ses aspirations. Et dans un premier temps, Lois Weber étaie cette pensée en montrant des situations quotidiennes où David reproche certains détails à son épouse : ses vieux chaussons qu’il aime tant et qu’elle remplace par des nouveaux qu’elle a tricoté elle-même ; le poulet servi chaque matin… Des petits détails que les couples connaissent et qui, à force de s’accumuler, ont tendance à séparer les époux.

Et Lois Weber filme chaque situation en prenant le point de vue de Marie. On en arrive même à douter de la fidélité de David tant les efforts de son épouse sont peu récompensés.

 

Alors quand on nous montre la deuxième épouse (Sara) feindre un amour absolu pour un mari qu’elle n’a épousé que pour sa situation (comme elle le confie à David dans une lettre), on imagine facilement une histoire d’adultère. Mais cet adultère n’arrivera pas.

En effet, le McGuffin du film est cette lettre que Sara écrit à David : c’est une lettre qui incite ce dernier à « remettre le couvert » avec elle, profitant de leur présence chez elle et de l’absence de son mari, parti pour affaire.

 

Et c’est là que le talent de Lois Weber (et de Marion Orth qui a écrit l’histoire) : cette lettre est l’instrument du destin. La vie des quatre principaux protagonistes dépend d’elle. David doit la recevoir avant d’aller chez les Daly : elle explique alors ses sentiments et le subterfuge qu’elle utilisera pour qu’ils se retrouvent.

Mais elle arrive trop tard, et c’est finalement Marie qui la reçoit.

Et cet événement sera l’élément indispensable à une résolution heureuse – et morale, n’oublions pas que nous sommes en 1921 ! – où les rôles ont tendance à s’inverser : alors qu’habituellement les femmes trompées (ou en passe de l’être) font tout ce qui est en leur pouvoir pour retenir leur mari, ici, c’est l’intervention de David qui amène la fin heureuse indispensable.

 

Cette fin va bien sûr contenter touts les partis. Et Lois Weber conclut son film sans aucun commentaire.

Mais nous, spectateurs savons quelle fin lui donner : celle qui a commencé le film et qui prend alors tout son sens.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guillermo del Toro
Hellboy (Guillermo del Toro, 2004)

Ecosse, 1944.

Après avoir déjoué les plans de Raspoutine, le professeur Broom ramène de son périple un jeune démon, rapidement baptisé (?) Hellboy (Ron Perlman), de son vrai nom Anung Un Rama. Et malgré son apparence démoniaque, il n’y a pas à douter : c’est un gentil.

Mais de quelle nature est-il ? Humain ? Diabolique ? Autre ?

 

Encore une fois chez Guillermo del Toro, on retrouve cette fascination autour du surnaturel et de la résurrection, voire de l’immortalité. Et encore une fois, c’est magnifiquement réalisé. Il y a un soin particulier sur la beauté » des images, comme on peut l’apprécier dans ses autres films.

Encore une fois, c’est une histoire improbable, qui prend appui sur une véritable période historique : ici, c’est autour des agissements ésotériques nazis.

Mais si on accepte les aventures d’Indiana Jones (opus 1 et 3), on ne peut pas faire la fine bouche à cet énième super-héros issu, cette fois-ci, des Dark Horse Comics, créé Mark Mignola en 1994 (cinquante ans après sa naissance supposée, donc).

 

Et pour interpréter ce monstre – difficile de trouver un autre qualificatif – Del Toro a choisi sans hésiter l’immense Ron Perlman. Immense par le physique et par le talent. Encore une fois, il interprète un personnage singulier voire anormal. Mais il peut enfin jouer un rôle de jeune premier, beaucoup plus que dans La Cité des enfants perdus où il n’avait pas de partenaire féminine à sa taille (1).
Au-dessus de lui, il y a le père, le professeur Broom (John Hurt, autre immense acteur) – de son vrai nom (lui aussi) Trevor Bruttenholm, mais ça n’a pas d’incidence sur l’intrigue – qui veille sur ses enfants : outre Hellboy, on rencontre un être amphibie, Abe Sapien (Doug Jones), et par intermittence la partenaire de Red (autre surnom de HB), Liz (Selma Blair), véritable torche humaine (2) quand on l’excite !

 

Mais en face de tels personnages, il faut des adversaires à leur mesure, afin d’équilibrer les forces en présence (3). On trouve donc un super-méchant en la personne de Raspoutine (Karel Roden). Oui, le même Raspoutine qui a été tour à tour flingué, empoisonné, frappé à mort, castré avant d’être finalement noyé… Un sacré personnage, non ? Et c’est sûr que cette propension à survivre le place en tête des méchants d’essence plus ou moins diabolique.

A ses côtés, on trouve une immortelle (jusqu’à un certain point, bien évidemment), la belle et dangereuse Ilsa Haupstein (Bridget Hodson) et leur complice nazi Karl Ruprecht Kroenen, assassin masochiste aux tendances automutilatrices. Que du beau monde, donc.


C’est donc un combat à mort qui rassemble tous ces personnages, et si le Bien triomphe (comme d’habitude, c’est avec force effets spéciaux magnifiques au service de prises de vue très belles, comme je l’ai déjà dit. On passe un bon moment avec ce héros – encore une fois hors norme – dans une aventure extraordinaire mais qui répond à la question précédemment posée au premier paragraphe.

 

Et la réponse n’est pas, comme on pourrait s’y attendre, l’Amour.

 

 

  1. Ou de son type ou de tout ce que vous voulez, c’est Ron « Salvatore » Perlman !
  2. Elizabeth Sherman
  3. Toujours cette lutte éternelle entre le Bien et le Mal, que voulez-vous…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Howard Hawks, #John Wayne
Rio Bravo (Howard Hawks, 1959)

Un homme entre dans un saloon. Il est mal à l’aise. Il a soif. C’est un alcoolique. Il lorgne chaque verre qui passe à sa portée, malheureux de ne pouvoir en prendre un : il n’a pas d’argent. Mais un homme comprend son malaise et lui lance un dollar. Dans le crachoir.

Notre homme se baisse pour le ramasser : un pied l’empêche.

Et à partir de là, tout bascule.

Résultat : un mort et un homme en prison.

 

La séquence d’ouverture est un joyau de cinéma. C’est une scène où presque pas de morts sont échangés : un emprunt lumineux au cinéma muet où seuls les bruits courants se font entendre. Ce ne sont que gestes simples mais compréhensibles, sans tomber dans un mime outrancier. Du très grand art.

Il faut attendre la fin de la cinquième minute pour entendre une voix distincte : c’est celle de John T. Chance (John Wayne), shérif de Presidio (Texas). L’homme alcoolique, c’est son adjoint, Dude (Dean Martin). Le tueur, c’est Joe Burdette (Claude Akins), le frère de Nathan Burdette (John Russel), un propriétaire terrien peu scrupuleux et qui ne s’embarrasse pas des lois.

 

Dès lors, l’intrigue est simple : garder le prisonnier enfermé jusqu’à l’arrivée d’un représentant de l’Etat – un Marshall, l’Arlésienne* du film – et éviter de se faire tuer par le frère et ses acolytes.

Mais si c’était aussi simple, ce ne serait pas intéressant. Chance doit composer avec son adjoint alcoolique aux mains tremblantes et avec un autre homme : Stumpy (Walter Brennan), un vieux paysan reconverti en adjoint, à la gâchette facile et la jambe boiteuse.

 

La présence de Walter Brennan au côté de John Wayne nous rappelle celle de La Rivière rouge : mais si Groot avait un rôle important dans ce film, ici il est plus en retrait : physiquement, car il est pratiquement tout le temps dans le couloir des cellules, et moralement car il n’y a pas de liens aussi forts et à la limite du familial dans cette intrigue. Et finalement Stumpy est plus un élément comique détendant l’atmosphère. Et il ne faut jamais oublier l’aspect comique des films de Hawks. C’est d’ailleurs avec lui qu’a lieu la séquence musicale où  deux voix célèbres vont chanter ensemble une de ces ballades de l’Ouest, accompagné par ce même Stumpy à l’harmonica : Dean Martin et Ricky Nelson (Colorado).

A propos de Ricky Nelson, son rôle bien que pertinent n’est pas la véritable raison de sa présence : il plaisait aux femmes et avait une belle voix, deux arguments importants pour la Warner qui tira un gros bénéfice du film.

Cette scène musicale est une pause bienvenue dans une atmosphère qui rappelle celle d’un huis clos étouffant. Pendant quelques minutes, les quatre hommes échangent un moment fort où le sourire est de mise et où les soucis semblent, un temps, oubliés.

Cette pause permet aussi au spectateur de se préparer à l’assaut final indispensable et évidemment attendu dès l’entrée en scène de Nathan Burdette.

 

Et puis il y a les femmes**. Elles sont deux : Consuela (Estelita Rodriguez) et Feathers (Angie Dickinson).

Consuela, c’est la femme de Carlos (Pedro Gonzalez-Gonzalez), le propriétaire de l’hôtel qui fait aussi saloon. Mais si Carlos dirige l’hôtel, c’est tout de même Consuela qui dirige la maison. C’est une femme ténébreuse et qui a la main leste : Carlos en porte les stigmates visibles (œil au beurre noir).

Feathers, au contraire, est plus subtile, même si elle a la même force de caractère (comme toute héroïne hawksienne). Ce n’est pas une femme facile, même si elle joue de son charme pour arriver à ses fins. Et ici, son but, c’est Chance. Chaque rencontre est un duel où Chance perd à chaque fois un peu plus de son avantage, avant tout physique. Il y a toute une progression dans la provocation (soft, on est en 1958 quand le film est tourné) qui vont ébranler Chance jusqu’à réussir complètement son objectif : il lui tombe dans les bras.

 

Mais si Chance succombe définitivement au charme de Feathers, le grand gagnant du film reste Dude. Alcoolique en phase quasi terminale, il va peu à peu gagner sa rédemption*** et redevenir l’homme qu’il a été. Et cette renaissance progressive s’accompagne d’une complicité de plus en plus forte entre Dude et les autres, jusqu’à culminer à la scène musicale décrite plus haut.

Et en plus, cette progression s’accompagne de quelques éléments comiques dont l’un d’eux va tout de même se retourner contre nos héros : le bain de Dude.

Car c’est ce bain qui va précipiter les choses et amener le dénouement tant attendu.

 

 

* Ou Godot, ça dépend de vos (p)références...

** Ne jamais oublier de « chercher la femme » chez Hawks.

*** Que voulez-vous, on en revient tout le temps au même…

 

P.S. : c’est aussi le dernier film de Ward Bond (Pat Wheeler, l’employeur de Colorado) qui mourut l’année suivante.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Action, #John McTiernan, #Die Hard
Piège de Cristal (Die hard - John McTiernan, 1988)

Si vous êtes inquiets en avion, méfiez-vous des tuyaux que peuvent vous refiler vos compagnons de voyage. Car à moins d’être fakir, marcher sur des morceaux de verre pieds nus peut provoquer quelques inconvénients très désagréables surtout quand on vous tire dessus à la mitraillette.…

 

C’est ce qui est arrivé à John McClane (Bruce Willis, avec des cheveux) : pour Noël, ce gentil policier a décidé de traverser les Etats-Unis pour célébrer cette fête incontournable avec sa femme Holly (Bonnie Bedelia) et ses enfants.

Et avant la fête familiale, il faut passer par la réception professionnelle offerte par Joseph Y. Takagi (James Shigeta), PDG de Nakatomi Industry.

Mais c’est aussi le soir qu’a choisi Hans Gruber (Alan Rickman) pour s’attaquer à cette entreprise : prise d’otage avec feux de toutes sortes et interventions très musclées.

Le tout filmé par l’équipe de Richard « Dick » Thornberg (William Atherton), journaliste peu scrupuleux qui mérite son surnom (1).

 

Une chose est sure avec John McTiernan, c’est qu’il va y avoir du spectacle. Et croyez-moi (si vous n’avez pas encore vu ce film), on en a pour son argent !

C’est un film dans la lignée de certains films-catastrophes des années 1970s : on ne peut pas s’empêcher de penser à La Tour infernale, du fait de la localisation de l’intrigue (un gratte-ciel, un tantinet plus petit tout de même) et des diverses séquences pyrotechniques proposées (2).

 

Nous avons donc une belle bande de méchants, Hans Gruber en tête, prêts à tout pour faire aboutir leurs noirs desseins, la mort d’un innocent n’étant pas un souci pour eux. Il faut dire que leur patron est un sacré coco : ancien membre d’un groupuscule d’extrême gauche (ce n’est pas la RAF, mais ça y ressemble tout de même beaucoup), il est habitué à mener de telles expéditions. C’est un type froid et très calculateur, un méchant comme on les aime au cinéma, et comme en plus c’est le regretté Alan Rickman qui l’interprète, nous sommes gâtés : c’était d’ailleurs son premier grand rôle au cinéma !

 

En face de ce super méchant, on trouve un pauv’ flic de New York, et dans l’histoire qui nous intéresse : un cowboy solitaire loin de son foyer (3).  Mais c’est avant tout un flic : le boulot avant tout, quitte à ne pas voir le monde changer autour de lui, et en l’occurrence sa femme partir à l’autre bout du pays pour travailler.

Mais heureusement que Gruber est là : cette aventure va lui permettre de changer et, comme toujours dans ces cas-là, gagner sa rédemption… (4)

Mais il ne sera pas le seul dans ce cas : son contact extérieur, le sergent Powell (Reginald VelJohnson) aura la sienne : en période de Noël, les miracles arrivent.

 

Trente ans déjà que le film est sorti. Si l’intrigue est toujours aussi solidement menée, et les effets spéciaux à couper le souffle, il y a un élément qui nous fait regarder le film avec un autre œil : quand un corps tombe du gratte-ciel, comment ne pas penser au 11 septembre 2001 ? En effet, 17 ans après, et pour un spectateur qui a assisté à cet événement funeste (au moins à la télévision) il y a une résonance prémonitoire assez étonnante dans ce film.

 

Pour le reste, c’est un film très américain, et pas seulement parce qu’il y a Bruce Willis. On n’échappe pas à la sacro-sainte réception de Noël que donnent les entreprise à leurs employés (on peut en voir une dans Un Fauteuil pour deux, par exemple), ni à l’incontournable Let it snow, chanté par Vaughn Monroe mais auparavant chantonné par Powell. Il ne manque plus qu’un extrait de La Vie est belle.

Et si en plus, je vous dis que l’un des deux agents du FBI est un ancien du Vietnam…

 

Bref un film d’action impeccable et qui se bonifie à chaque visionnage.

 

 

  1. Allez vérifier vous-mêmes.
  2. A l’ancienne, bien entendu, c’était il y a 30 ans !
  3. Si vous voyez ce que je veux dire…
  4. No comment.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Carl Theodor Dreyer
Vampyr (Carl Theodor Dreyer, 1932)

Une cloche sonne. C’est un paysan portant une faux qui la fait tinter. Il est de dos. Il n’en faut pas plus pour le jeune David Grey (Julian West (1) qui coproduit le film), féru de sciences occultes, et de vampires en particuliers, pour voir dans cet homme une figure mortuaire. Et si cet homme, en sonnant la cloche, ne fait qu’appeler le bac afin d’aller de l’autre côté de la rivière, le spectateur, à son tour, fait la corrélation avec Charon, le passeur d’âmes de la mythologie grecque.

 

Nous sommes à Courtempierre (nord-est du Loiret), où David Grey s’est un tantinet égaré. Il entre dans une auberge où un homme lui confie un paquet à ouvrir après sa mort. Et comme l’homme meurt, il l’ouvre.

C’est un livre sur les vampires dont un extrait se passe exactement où il se situe. Le sort s’acharne décidément sur ce village puisque Léone (Sybille Schmitz), une jeune femme, a été mordue par un vampire. Il s’agirait de la vieille Chopin (Henriette Gérard), une femme maudite qui fut enterrée sans les sacrements.

 

Alors que Browning sort son Dracula, Dreyer reprend à son tour une histoire de vampire où le rêve et la réalité se mêlent étroitement. De ce fait, Dreyer nous promène dans une histoire qui nous fait (presque) toujours douter de sa véracité : se passe-t-il réellement ce que nous voyons ? Ou est-ce le fruit de l’imagination de Grey ?

A moins que ce ne soient un peu des deux…

 

Il règne sur ce film une atmosphère de mystère permanent. Certes, le fait qu’un incident technique ait altéré l’image involontairement y fait pour beaucoup (2) mais ce sont surtout les différentes pistes qui s’ouvrent à David Grey et donc au spectateur (qui se retrouve à la place de ce dernier par l’utilisation d’une caméra subjective) qui accentuent le côté mystérieux.

Ce sont des événements épars mais inexplicables qui donnent le ton : des ombres autonomes qui rejoignent leurs propriétaires ou se baladent tranquillement dans la nature ; des portes qui s’ouvrent et se ferment toutes seules ; des crânes dont l’un se tourne vers nous…

 

Avec ce film tout en atmosphère, Dreyer passe – doucement – au parlant. Certains sons sont amplifiés, quelques paroles sont échangées, mais on a toujours recours aux intertitres pour expliquer certaines parties. Cette utilisation parcimonieuse du son rappelle par certains points Extase, où la parole n’est pas importante. Ici, elle l’est un peu plus, donnant un aspect plus terrifiant aux événements qui se succèdent.

 

Mais c’est avant tout l’utilisation de l’éclairage qui fait de ce film une œuvre inoubliable. Outre les ombres autonomes (voir ci-dessus), les passages de l’ombre à la lumière (et inversement) créent cette atmosphère propice à l’épouvante. Et en cela, on retrouve certains effets du Nosferatu de Murnau. Mais si Murnau utilisait un vampire qui agissait (tout comme Browning), ici nous ne voyons que les effets du vampire, jamais la morsure fatale.

Et tout comme Dracula avait son Renfield, le vampire ici a son aide : le docteur (Jan Hieronimko), qui comme son maître, sera châtié, bien entendu. Et alors que la mort est toujours symbolisée par la couleur noire, celle du docteur est blanche (3).

 

En plus de l’intrigue, Dreyer maîtrise sa technique, alternant des plans d’ensemble et une caméra vivante (travellings, panoramiques, caméra subjective) qui favorise l’identification du spectateur en David Grey : la seconde scène de rêve (la plus longue) est une suite de champs (caméra subjective) et contre-champs (le visage de Grey) de toute beauté. Et l’utilisation des surimpressions donnent une valeur prémonitoire à ce rêve, où Grey n’est que l’ombre de lui-même, ce qui ne l’empêche pas d’agir sur les éléments alentour. Un grand moment.

 

 

  1. De son vrai nom : Baron Nicolas Louis Alexandre de Gunzburg (1904-1981)
  2. A l’origine, ce n’était pas fait exprès. Mais il ne faut jamais oublier la part de chance dans le talent. A moins que ce soit surnaturel…
  3. Je n’en dis pas plus, je vous laisse découvrir

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rob Reiner, #Morgan Freeman, #Comédie
Un Eté magique (The Magic of Belle Isle - Rob Reiner, 2012)

Ce que j’aime chez Rob Reiner, c’est que quand un film se finit, on repart avec un sourire aux lèvres. Il y a toujours une empathie qui se crée entre ses personnages et le spectateur.

Et cet Eté magique ne déroge pas à la règle.

Il faut dire que les quelques semaines que Monte Wildhorn (Morgan Freeman) passe à Bell Isle ont de quoi réjouir.

 

Monte est un romancier de western qui ne chevauche plus que les bouteilles de whisky. Alors évidemment, sa production s’en fait sentir. D’ailleurs, il n’y a plus de production du tout.

Mais un jour, son neveu Henry l’installe dans la maison d’un de ses amis. Juste à côté vit « une superbe femme sur un toit » : Charlotte O’Neil (Virginia Madsen). Et Charlotte a trois filles : Willow (Madeline Carroll), Finn (Emma Fuhrmann) et Flora (Jessica Hecht).

Lentement, la présence de ces quatre personnes va le faire évoluer et lui redonner l’envie d’écrire.

 

Bien sûr, l’intrigue est cousue de fil blanc : on sait qu’il va se remettre à écrire, mais c’est justement la façon dont ça lui revient qui est intéressante. Et l’autre protagoniste principale de l’intrigue, c’est la jeune Finn. C’est son regard sur la vie, ou plus exactement son regard sur ce qu’il n’y a pas dans la vie qui va aider l’écrivain à se reprendre. Parce que c’est là qu’est le véritable pouvoir de l’écrivain : voir ce qu’il n’y a pas et l’arranger pour en faire quelque chose qui existe. Et la jeune Emma Fuhrmann – qui a le même âge que Finn – possède des yeux qui, en plus d’être beaux, sont très expressifs et conviennent très bien à ce personnage.

 

Mais si Monte change (en très bien), il n’est pas le seul. Chacune des habitantes de la maison d’à côté va évoluer avec l’écrivain, qui va finalement prendre de plus en plus de place dans leur vie, sans pour autant les envahir. Il faut dire que  le handicap de Monte limite tout de même ses mouvements, même avec son siège électrique.

Et si Monte entre peu à peu dans la vie de Charlotte et ses filles, la réciproque est on ne peut plus vraie, car les filles sont beaucoup plus mobiles.

 

Mais cette rencontre, finalement, est surtout possible grâce à un personnage absent, mais dont on sent très souvent la présence : le père. Ce père n’est pas là, et chaque spectateur se retrouve dans le même cas que Finn qui doit décrire ce qu’elle ne voit pas : imaginer.

Nous imaginons alors cet homme qui compte tellement pour ses filles mais qui n’est jamais là, et qui comptait aussi pour leur mère. Mais comptait-il par sa présence ? Ou ne compte-t-il plus par son (ou ses) absence(s) ?

 

Alors évidemment, Morgan Freeman est impeccable, mais c’est toujours le cas, et en face de lui, on trouve une Virginia Madsen à la hauteur de ce monstre sacré. Elle y interprète une femme qui n’est plus toute jeune, mais qui assume très bien cet âge. Et l’histoire d’amour naissante entre elle et Monte est absolument vraisemblable. Si on accepte que des jeunes premiers sur le retour (je ne donnerai pas de nom, vous chercherez vous-même) ont des aventures avec des jeunettes de vingt-cinq ans (de moins qu’eux voire plus !), on peut alors tout à fait croire à cette belle histoire d’amour qui s’esquisse.

 

Et puis voir Morgan Freeman enfin jouer un homme amoureux (et aimé en retour) est un plaisir très rare*, surtout maintenant qu’il a passé la barre des 80…

 

 

* Il semble d’ailleurs qu’il n’ait jamais joué d’homme amoureux dans ses autres films.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jacques Deray, #Gangsters
Borsalino (Jacques Deray, 1970)

Des mitraillettes, des cheveux gominés, des professionnelles, Marseille, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, la musique inoubliable de Claude Bolling… C’est sûr : c’est Borsalino.

C’est un retour au film de gangster, et dans le temps. Ce sont les années 1930 dans la cité phocéenne où l’accent qui faisait le charme des pagnolades a été troqué pour un langage très terre à terre, surtout pour celui qui se faisait descendre.

 

Roch Siffredi (Alain Delon) sort de quatre mois de prison pour une peccadille (à son niveau) et trouve le milieu bien changé et sa fiancée Lola (Catherine Rouvel) aux bras d’un autre : François Capella (Jean-Paul Belmondo).

Après quelques échanges, ils deviennent amis et décident de prendre le contrôle de Marseille (rien que ça).

 

Bien que ce ne soit pas le premier film où apparaissent Delon et Belmondo ensemble, c’est tout de même la première fois qu’ils tiennent ensemble le haut de l’affiche. Il était temps pour le public qui ne rêvait que de cette rencontre qu’on peut aujourd’hui qualifier de mythique*.

Cette histoire de truands – inspirés de deux véritables caïds marseillais qui ont franchement mal tourné (si on le peut dans leur cas) – un tantinet glorifiés a pu faire grincer certains tenants de la morale. Mais il n’était pas question non plus de faire de Delon et Belmondo une paire de beaux salauds, il faut tout de même rester pragmatique et songer au box-office

 

On a donc une pègre de l’entre-deux guerres où les exactions des uns et des autres restent tout de même bien gentilles si on les compare avec un autre film de gangsters qui va sortir deux ans après : Le Parrain.

Mais on n’est pas déçu par cette intrigue musclée où la distribution est somme toute très prestigieuse, que cde soit les vedettes – Michel Bouquet, Nicole Calfan ou Julien Guiomar – ou les seconds rôles - Mario David, Lionel Vitrant (mon préféré) – on a de quoi être satisfait.

 

Alors on regarde ce film avec juste ce qu’il faut de nostalgie quand on voit les participants, mais on aurait peut-être pu attendre un peu plus de profondeur dans les personnages, même s’ils jouent avec justesse et qu’on sent tout de même une complicité entre les deux chouchous du public.

 

Mais, que voulez-vous, tout le monde n’est pas Coppola, ni servi par Mario Puzo...

 

 

* Ils ont tourné ensemble une (seule) autre fois, en 1998, pour le film de Patrice Leconte : Une Chance sur deux.

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