Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Wes Ball
Le Labyrinthe : Remède mortel (The maze Runner: The death Cure - Wes Ball, 2018)

Et ce fut la fin.

Thomas (Dylan O’Brien) et ses acolytes arrivent dans la dernière ligne droite.
Ils ont été trahis par la belle Teresa (Kaya Scodelario) qui croit en un vaccin qui sauverait l’humanité.

Mais comme WCKD (« ouiquède iz goude ») est toujours à la recherche de Thomas (pour l’exploiter ou le tuer, ça dépend des points de vue), ce troisième opus prévoyait de grands rebondissements.


Et on n’est absolument pas déçu.  Ca explose de partout, ça flingue à tout va… Bref, c’est un magnifique final.

Mais on garde toujours en tête les enjeux médicaux et surtout sociaux.

Car si Teresa est convaincue qu’il faut trouver un vaccin pour guérir la terrible maladie, il n’en va pas de même du chef de la sécurité Janson (Aidan « Littlefinger » Gillen), sur les épaules de qui repose l’incontournable rôle du méchant.

Et de ce côté-là non plus, on n’est pas déçu. Il est répugnant à souhait et beaucoup de gens, dans la salle comme sur l’écran, souhaitent sa disparition prématurée.

Mais vous savez bien qu’il doit survivre le plus longtemps possible. Et là encore, c’est le cas.

Car en plus d’être un sadique, il a des visions eugénistes fort condamnables. Le tout, comme le disaient les nazis, pour le bonheur de l’humanité. Enfin celle qui aura été sélectionnée.

 

Pour le reste, peu de surprises. Sans toutefois respecter le roman, Wes Ball (& C°) a plus ou moins respecté la fin, mais comme je le disais à certains spectateurs à la sortie de la séance : « vous êtes ici au cinéma. Vous n’êtes pas venu lire un livre. »

Et au bout du compte, si le film n’est pas aussi « génial » que l’annonçait Wes Ball à propos de la trilogie, il se laisse regarder avec un certain plaisir.

Et si le Labyrinthe du titre français n’est plus d’actualité, on peut tout de même en apercevoir un écho chez la docteure Page (Patricia Clarkson).

 

Il y a tout de même un petit plus dans la série du Labyrinthe que ne possèdent pas les deux autres séries phares assez similaires (Hunger Games et Divergente), c’est l’aspect bricoleur.

En effet, dans les deux autres saga, les effets spéciaux et décors sont magnifiques voire époustouflants, ce qui n’est pas le cas du Labyrinthe.

En effet, les décors sont du même type (futuristes voire post apocalyptiques), mais dans Labyrinthe, on retrouve un côté normal aux effets spéciaux. Il est clair que le coût de la production est moindre ce qui explique certains éléments plus ou moins bricolés. Et c’est ce bricolage qui nous ramène au cinéma. Bien sûr, le numérique est très utilisé dans les effets spéciaux. Mais l’intérêt ici est que l’on a recours à des effets moins chers mais tout aussi efficaces (cf. l’utilisation de lumière clignotante pour simuler un grand désordre dont finalement on ne voit que très peu de chose).

Ca, c’est du cinéma…

 

Un petit bémol quand même sur la vraisemblance tout d’abord. Oui, on est au cinéma et tout est possible. N’empêche que… Certaines séquences sont à la limite du crédible (voire ne le sont pas du tout). Quant aux transitions, elles ont parfois tendance à être un peu trop abruptes, sinon incroyables, dans le sens premier du terme.

 

Reste une saga plaisante, qui arrive à jongler avec d’un côté un thème sérieux – qui doit survivre ? Doit-on sacrifier des gens pour en faire survivre d’autres ? – et del'autre un zeste d’humour plutôt bienvenu.
Et puis Aidan Gillen est vraiment un magnifique méchant, certes moins retors que Lord Baelish, mais tout aussi intéressant.

 

PS : j’ai failli oublier la Rédemption, indispensable à ce genre de film américain. C’est Teresa qui va la trouver, calmement, avec le sentiment du devoir accompli.

Tout est (presque) bien qui finit (presque) bien.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science Fiction, #Robert Schwentke
Divergente 2 : L'Insurrection (Insurgent - Robert Schwentke, 2015)

On reprend les mêmes – ceux qui ont survécu au premier épisode – et on recommence.

Ou plutôt on continue.

Nous sommes toujours dans un autre meilleur des mondes où on trouve ici aussi cinq groupes sociaux qui cohabitent en harmonie. Enfin, un peu moins depuis la dernière fois, et ce n’est pas fini.

Cette fois-ci, par contre, on laisse de côté les rappels nazis du film précédent.

Sans toutefois éliminer l’espèce de despote-dictatrice implacable : Jeanine Matthews (Kate Winslet, toujours aussi magnifique).

Mais on ajoute un nouvel élément : la responsabilité.

Tris (Shailene Woodley), en voyant ces proches disparaître (violemment) les uns après les autres n’est-elle pas la responsable de tout ce massacre ?

Bien sûr, l’intrigue répond à cette question, donc je ne vous le dirai pas.

 

D’une certaine façon, cette intrigue rappelle celle du Labyrinthe : en effet, nous nous retrouvons à la fin de ce film comme à la fin du premier opus de l’autre : la vérité est ailleurs. Et tout comme Labyrinthe se donne deux parties supplémentaires pour conclure, ici, on attend la sortie du quatrième.

Donc, je reviendrai sur cette série…

 

Robert Schwentke a remplacé Neil Burger sans que cela affecte trop l’intrigue et la façon de la traiter, même si on peut y trouver une baisse d’intérêt.
Quoi qu’il en soit, les (jeunes) protagonistes sont convaincants, surtout la belle Tris aux cheveux courts, même si ma préférée reste Jeanine. Que voulez-vous, je suis tombé amoureux d’elle dans Eternal Sunshine of the spotless minds et même un petit peu avant dans Titanic

 

Ce qui ne change absolument pas, ce sont les merveilleux décors post-apocalyptiques – cette fois-ci, c’est Alan Hook, entre autres, qui reprend le travail de Patrick M. Sullivan Jr. (entre autres lui aussi). Mais avec en plus un déluge d’effets spéciaux quand Tris doit passer « l’épreuve », qui emmène le spectateur dans les mêmes égarements qu’elle. Vraiment bien fait. Mais malgré cela, il manque quelque chose par rapport au film précédent. Peut-être est-ce la nouveauté du concept et une fin prévisible…

 

Encore une fois, dans ce genre de film, il n’est fait aucunement référence à une quelconque religion – ce qui n’est pas plus mal, ça évite de tout mélanger. Mais rassurons-nous, la sacro-sainte « Rédemption » ne fait toujours pas défaut : normal, c’est un film américain.

Car c’est de cette rédemption – la réponse aux questions de Tris ? – que vient la résolution intermédiaire, en attendant le troisième volet.

 

Mais si une seule poignée de personnes étaient livrées à elles-mêmes à la fin du film précédent, ici, c’est l’intégralité de la population de la ville qui se retrouve complètement seule. Ensemble sur le même bateau certes, mais avec plus personne pour les guider : la dictature (je ne trouve pas d’autre mot) de Jeanine ayant pris un coup dans l’aile…

 

Mais une question subsiste tout de même : si on se débarrassait de Jeanine, qui reprendrait le flambeau et assumerait le rôle du méchant (plus ou moins absolu) indispensable à toute bonne intrigue ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer
Et puis ça va (Dr. Jack - Fred C. Newmeyer, 1922)

Le docteur Jack (Harold Lloyd) du titre original en est un autre (d’original) : plutôt que de traiter ses patients avec des prescriptions longues comme le bras, il contribue à les rendre heureux. Et ça marche. Sauf pour ses finances.

Et un jour, il rencontre une pauvre petite fille souffreteuse (Mildred Davis) qu’une espèce de charlatan au nom germanisant, le docteur Ludwig von Saulsbourg (Eric Mayne), gave de médicaments et de soins, approuvé par le père même de cette jeune femme (John T. Prince).

Mais ce dont elle a surtout besoin, c’est de l’excitation de la vie…

Le Dr. Jack a trouvé un remède…

 

On retrouve le couple Lloyd-Davis, un an avant leur mariage. Et encore une fois, ils vont tomber dans les bras l’un de l’autre. Mais de quelle façon !

Rapidement, on prend la mesure du Dr. Jack et de ses traitements miracles, une occasion de s’amuser de ces faux malades qui recouvrent immédiatement la santé parce qu’il faut une chose qu’ils aiment. C’est aussi l’occasion de voir les jeunes Jackie Condon ainsi que Mickey Daniels et ses taches de rousseur caractéristiques (et son père Richard) qui participent à la même période à la série Our Gang de Hal Roach (qui est ici un des scénaristes). Bref, nous sommes en famille, et certains plus que d’autres ou vont l’être très bientôt.

 

Alors que Jack et la jeune femme ne se connaissent pas, on remarque tout de suite une complicité entre eux dès leur rencontre. Si Lloyd est souvent timide et maladroit dans son attitude en présence d’une jolie femme, il en va tout autrement ici. Est-ce le fait d’être un docteur reconnu dans son village ? Toujours est-il qu’il joue au maladroit, au détriment, à chaque fois, du docteur von Saulsbourg. Ce dernier est celui qu’on peut identifier comme le méchant de l’histoire. Même si ce terme est un peu fort pour un homme qui est avant tout un charlatan, singeant des pratiques qui ont cours en Europe plutôt centrale. Son patronyme rappelant la ville de Salzbourg (Autriche) et son apparence, une belle barbe bien taillée, rappelant sans conteste un praticien viennois amateur de cigares (vous voyez de qui je veux parler)…

 

La plus grande partie du comique du film tire partie de cette opposition entre deux pratiques de la médecine assez opposées. Et la grande habileté des scénaristes (Sam Taylor et Jean Havez en plus de Roach) est d’inverser les rôles des deux médecins.

Je m’explique.

Alors que von Saulsbourg ressemble à une caricature de Freud, il est un médecin qui soigne essentiellement le corps. De fort mauvaise façon, d’ailleurs, à grands coups de médicaments, potions et autres comprimés, poudres (etc.) : une véritable pharmacie ambulante...

Jack, pour sa part, va soigner avant tout l’esprit de ses patients : il détourne leur attention, leur faisant alors oublier les symptômes douloureux dont ils se plaignaient.

Paradoxal, non ?

 

L’autre élément comique vient du fou meurtrier évadé, que Jack va simuler afin de soigner sa nouvelle et belle jeune patiente. Une perruque noire, de fausses dents de vampire et une grande cape suffiront. Accoutré ainsi, semant la peur autour de lui, il n’est pas sans rappeler un autre monstre (terme on ne peut plus adapté…) : John Barrymore dans Dr. Jekyll & Mr Hyde.

 

PS : encore une fois, le titre français est inutilement compliqué. Il n’était nul besoin de faire une phrase plus ou moins accrocheuse, la présence seule de Lloyd assurait le succès du film.

Tant pis.

 

PPS : bien que non crédité, Sam Taylor participa aussi à la réalisation

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
Le Vagabond (The Tramp - Charles Chaplin, 1915)

Ca y est.

Il est là.

Le Vagabond (il donne d’ailleurs son nom au film).

Le vrai.

Celui qu’on va suivre pendant une vingtaine d’années (jusqu’à 1936 avec les Temps modernes).

 

Il vient de nulle part (il y retournera d’ailleurs). Il ressemble aux autres personnages antérieurs, mais il a quelque chose de plus (ou de moins, ça dépend du point de vue). Cette chose : c’est la solitude. Malgré la présence de la jeune femme (Edna Purviance* toujours belle), il reste désespérément seul.

 

Pourtant, ça partait bien : il sauvait la jeune femme des méchants bandits (Lloyd Bacon, Leo White & Bud Jamison, toujours fidèles au poste !) et se fait bien voir du père de celle-ci (Ernest van Pelt). Mais avec le Vagabond, Chaplin introduit une constante très importante et qui caractérisera tous ses films suivants (sauf un) : une fin malheureuse ou au mieux une fin pas si heureuse que ça. D’une certaine façon, il reprend un schéma de tragédie où l’intrigue amène une possibilité d’issue heureuse, mais qui sera balayée dans la dernière partie pour laisser place une fatalité funeste.

 

Mais, et c’est le plus curieux (et donc le plus intéressant), le film est avant tout un festival de gags. A chaque situation, Chaplin va exploiter chaque objet jusqu’au bout, amenant alors un autre objet qui sera lui-même utilisé au maximum (etc.).

La fourche est la plus utilisée. On a beau s’attendre à ce qui va se passer (il va piquer son partenaire, c’est sûr), mais il arrive tout de même à nous surprendre, utilisant chaque extrémité de l’outil pour notre plus grande joie.

 

Certes, c’est toujours du comique slapstick avec les coups de pied au derrière, mais ça fait (et fera) toujours rire. Même quand il passera à du comique plus subtile, le burlesque fera           quand même des incursions, parce que c’est aussi une des caractéristiques du vagabond.

L’autre caractéristique (moralement) discutable est son honnêteté : en effet, son premier réflexe, après avoir sauvé la jeune femme de ses voleurs, est de s’emparer à son tour de sa (maigre) fortune.

Mais, et il en ira toujours de même par rapport aux femmes : il n’arrivera jamais à les voler, quelle que soit l’état désespéré de sa propre situation. Il suffit juste qu’elle soit jolie pour qu’il se laisse attendrir.

 

Et au final, une conclusion très triste. Plus que dans Le Cirque où le vagabond choisissait de finir seul.

Ce vagabond qui repart seul est malgré tout grand : son départ est l’un des plus tristes et des plus dignes. Le vagabond ne fait pas que partir : il s’efface devant la situation.

Et j’imagine aisément la réaction du public devant cette fin malheureuse : un « ooooh ! » de désespoir devant une histoire qu’il aurait aimé voir se terminer différemment.

 

 

* Le baiser attendu, entre elle et lui, n’a toujours pas lieu, et pour cause…

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tony Scott
Ennemi d'Etat (Enemy of the State - Tony Scott, 1998)

Un représentant du congrès (Jason Robards, dans son avant-dernier film au cinéma) est assassiné. Sur ordre de Reynolds (Jon Voight), de la NSA. Pas de témoin. Ou plutôt si : une caméra a tout filmé.

Reynolds doit donc retrouver le film.
Tant pis si la vie de l’avocat Robert C. Dean (Will Smith) doit exploser.

 

Vingt ans après, le film de Tony Scott est toujours d’actualité (et ce n’est pas près de changer). Le fond de l’intrigue, c’est bel et bien le rapport entre la     Sûreté et la vie privée.

Ici, nous suivons deux points de vue, deux camps.

 

Le premier camp est celui du Renseignement (notez la majuscule) : jusqu’où peut aller la surveillance quand la sûreté d’un état est en jeu ? Partout répondent les tenants de ce camp.

L’autre camp, c’est celui du citoyen lambda, celui qui est au mauvais endroit au mauvais moment. Et Dean est ce citoyen. Il a beau être averti par sa femme (Regina King), il ne voit pas le problème que pose la surveillance à grande échelle.

 

Et au milieu de ces deux parties, on trouve celui qui les connaît bien : Brill (Gene Hackman).

Brill est au courant de tout : il est un ancien de la NSA. Mais il connaît aussi très bien l’autre camp, puisque pendant près de vingt ans, il a déjoué toutes les surveillances.

Et avoir finalement choisi Gene Hackman pour jouer Brill est une très bonne idée : on pense à Conversation secrète dans lequel il interprète Harry Caul, un de ces plombiers du renseignement, n’hésitant pas à fouler la liberté individuelle pour récolter des informations.

Brill pourrait tout à fait être Harry Caul, vivant sous une nouvelle identité (ce n’a jamais été un problème pour lui…)

 

Quoi qu’il en soit, ici, Tony Scott nous propose un de ces blockbusters haletant de bonne facture. En effet, s’il n’était pas un réalisateur régulier, il faut lui reconnaître ici une bonne maîtrise du sujet.

On assiste à une chasse à l’homme moderne. Pas de jungle, pas de Comte Zaroff, mais bel et bien une proie qui n’a jamais demandé à le devenir. Et Will Smith (toujours très athlétique) est un candide tout trouvé. Mais cette candeur va progressivement disparaître pour laisser la place à des doutes, voire à un revirement. Nous sommes dans un schéma narratif très codé : c’est conte. Mais il n’y a pas de fée. Même pas de sorcière. Par contre, il y a toutes les composantes :

- Le héros : c’est Dean qui a une vie normale jusqu’au moment de déséquilibre (le film qui lui est remis à son insu et que la NSA veut récupérer) ;

- L’opposant : c’est Reynolds et toute son équipe de techniciens et gros bras, essayant à chaque occasion de l’éliminer ;

- L’adjuvant : c’est celui qui vient l’aider, Brill, et qui le guide vers la résolution de sa quête ;

- La quête : récupérer sa vie d’avant et rétablir la justice ;

- Les épreuves : de différentes sortes, tout d’abord contre Dean puis à un moment en sa faveur ;

- La résolution : le film se termine bien, je vous laisse voir comment.

- La transfiguration : Dean n’est plus le même.

 

Une intrigue finalement très simple, mais menée tambour battant par un réalisateur efficace et des effets spéciaux, en particulier des prises de vues satellitaires, pertinentes. Le tout avec juste ce qu’il faut de conspiration (la NSA vous regarde, elle sait tout… D’ailleurs elle sait que vous êtes en train de lire cette chronique !).

 

Mais, parce qu’il y a toujours un mais, le scénario n’a pas anticipé une chose, c’est le développement d’Internet.

En effet, les ordinateurs personnels et les téléphones cellulaires ont permis une explosion de la vie privée comme nous la connaissions alors au moment du film. Et si ce film nous alertait sur les dangers de la surveillance par rapport à la vie privée, il est maintenant bien loin de la réalité de 2018. Entre temps, la surveillance a évolué et les citoyens ont, pour une grande part, accepté d’être surveillé, voire d’exposer leur vie aux yeux du monde. Alors finalement, la NSA n’a plus beaucoup d’effort à faire pour surveiller tout ce monde-là.

Deux raisons à cela : le 11 septembre 2001 et ses conséquences, et les réseaux sociaux* qui se sont développés à une vitesse vertigineuse, et qui permettent de savoir ce que font vos contacts, parfois même en temps réel…

 

 

* Celui où vous avez pu trouver cet article, par exemple…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #John S. Robertson, #Mary Pickford
Tess au Pays des haines (Tess of the storm Country - John S. Robertson, 1922)

Tessibel « Tess » Skinner (Mary Pickford) vit toujours dans un village de pauvres pêcheurs, dominés par la propriété de l’infâme Elias Graves (David Torrence). Elle tombe encore amoureuse de son fils Frederick (Lloyd Hughes).

Encore une fois, un garde chasse est tué par le répugnant Ben Letts (Jean Hersholt). Comme il s’agit toujours du fusil de Daddy Skinner (Forrest Robinson) – le père de Tess –, ce dernier est arrêté et écroué.

 

L »’intrigue n’a pas beaucoup changé, ce qui me semble normal, avec tout de même quelques variantes dans les situations et les répliques qui ne sont pas toujours prononcées par les mêmes personnages.

L’intérêt est ailleurs (comme la vérité), et surtout cette adaptation donne un sacré coup de jeune à l’histoire !

C’est John Robertson qui a pris les choses en main, mais c’est Mary Pickford (productrice et surtout star consacrée) qui mène la danse. D’ailleurs nous sommes prévenus au tout début : elle voulait refaire cette histoire avec une technologie plus moderne. Et pour le coup, c’est réussi.

En effet, avec ce film, la version de Porter prend un méchant coup de vieux, reléguée au rang des films pour « nickelodeons ».

 

Il faut dire que la variété des prises de vue et le choix des acteurs y est pour beaucoup.

Si David Torrence (le frère d’Ernest Steamboat Bill Torrence) joue  - très juste – dans le même ton que William Walters, Jean Hersholt, qui reprend le rôle du vrai méchant est autrement plus réussi*. Parce que Graves est « seulement » aveuglé par son orgueil, alors que Betts est un véritable affreux.

D’ailleurs son repentir – tardif, certes, mais sincère – plus d’humanité que dans le courrier qu’il envoyait dans la version précédente.

 

Parce que cette nouvelle version de Tess est avant tout humaine.

Et on sent que Mary Pickford s’est beaucoup amusée à le tourner. Comme elle le dit dans l’annonce, Tess est un de ses rôles préférés. Et Robertson bâtit son film autour d’elle : il y a peu de séquences où elle n’apparaît pas.

De plus, le montage est dynamique et les prises de vues variées, donnant magnifiquement vie

A cette histoire. Alors que les prises de vues du film de Porter** ne variaient (presque) pas de tout le film, ici, on a finalement que très peu de plans d’ensemble, les plans américains et rapprochés étant privilégiés pour permettre au spectateur de vivre ce qu’il voit.

 

C’est aussi une façon pour Mary Pickford de nous montrer dans les grandes largeurs l’étendue de son talent. Elle amuse, fait rire, émeut… Toutes les émotions qu’elle veut transmettre passent, sublimées par la caméra de Charles Rosher, qui l’a très souvent filmée depuis La petite Princesse.

Et si la scène du baptême était émouvante avec Porter, ici elle en devient sublime. Tess devient une Madone à l’enfant, voire une Mater Dolorosa. C’est une constante dans ce rôle de mère forcée, elle atteint une dignité indéfectible tout au long de la dernière partie du film.

[Sans oublier que le bébé ici est un véritable bébé et que sa mort n’en devient que plus tragique.]

 

Un grand moment dans la carrière de l’immense (et première !) « America’s Sweetheart ».

 

 

* Il a cette malfaisance qui se lit sur son visage qu’on retrouvera chez Marcus Schouler dans Les Rapaces.

 

** Porter arrêta de tourner en 1915, l’année de sortie de Naissance d’une Nation. Ce film – si l’on met de côté son aspect résolument raciste (ce n’est pas notre propos ici) – a révolutionné la façon de filmer aux Etats-Unis (disons plutôt qu’il a fixé cette nouvelle tendance à filmer au plus près d’une intrigue) : Porter et sa méthode immuable de plans d’ensemble fixes n’ont pas résisté à cette « nouvelle vague ».

 

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Neil Burger
Divergent (Neil Burger, 2014)

Un monde en équilibre.

Une société cloisonnée.

Chacun remplit son rôle pour maintenir la paix, et donc l’harmonie.

Mais si chacun prend son rôle à cœur, il arrive qu’apparaissent des êtres différents.

Des Divergents.

Beatrice (Shailene Woodley) est l’une de ces personnes.

Pour le meilleur, mais surtout pour le pire.

 

Les années 2010 – les nôtres – sont de véritables creusets aux intrigues dystopiques cinématographiques. Après Hunger Games et Le Labyrinthe, voici une nouvelle série (3 volets, bien entendu) qui exalte les capacités de ressources des adolescents. Encore une fois dans une société où, comme de bien entendu, c’est le bonheur des peuples qui guide ceux qui dirigent, ou qui aimeraient diriger.

 

Le bonheur est-il le souverain Bien ? C’est un sujet de philosophie que j’ai eu à traiter, du temps de ma jeunesse folle, aiguillé par un professeur, de cette matière, inoubliable : Joël Gaubert (allez voir ce qu’il écrit, c’est magnifique). Et il semble que les scénaristes de ce film l’aient consulté ! En effet, si le bonheur est un but que beaucoup souhaitent atteindre, il n’en demeure pas moins que c’est avant tout la liberté qui doit être recherchée. Et ici, c'est le Libre-Arbitre (je majuscule, excusez-moi) qui repousse les limites établies par cette société post-apocalyptique pas si idéale que ça.

 

EN effet, notre héroïne est une inclassable. En effet, cinq factions régissent ce monde supposé idéal. Arrivée au stade – supposé – adulte, elle est amenée à faire un choix déterminant : sera-t-elle comme ses parents ?

Evidemment, comme le titre nous incite à le croire, elle ne fera pas comme tout le monde (et puis autrement, pourquoi faire le film ?). Mais c’est de cette divergence que se nourrit le film. Non seulement elle ne choisit pas la sécurité – le milieu qui l’a élevée – mais surtout elle n’entre dans aucune case préétablie : soit elle appartient aux cinq factions, soit elle n’appartient à aucune.

Bien sûr, elle choisit l’une d’elle – la plus coole, bien sûr – mais ce n’est pas obligatoirement le choix de la facilité.

Quoi qu’il en soit, nous regardons un personnage qui évolue jusqu’à devenir humain : elle a sans cesse à l’esprit cette faculté de choisir qui la rend différente mais dangereuse : dangereuse pour cette société qui prospère grâce au cloisonnement des humains, mais aussi dangereuse pour elle-même, ces individus divergents étant chassés et éliminés.


On retrouve donc ici une composante du film Le Passeur, sorti la même année où un monde en équilibre se retrouvait menacé par un élément qui n’entrait pas dans les cases.

Cet élément, là aussi était plus humain que les autres, bien que solitaire.

Quoi qu’il en soit, on suit cette aventure avec beaucoup plus de plaisir – pour moi en tout cas – que Hunger Games où la violence prenait un peu trop le pas sur l’intrigue. Ici aussi, le monde – cloisonné et « équilibré » – est certes violent, mais s’il s’agit de survivre, ce n’est pas pour contenter une populace oisive et friande de sensations fortes.

 Un dernier mot enfin sur le « méchant » effectif (indispensable, vous le savez bien) : c’est une méchante et elle a les traits de la  (très) belle Kate Winslet. Et encore une fois, elle joue très juste.


A suivre, donc.
 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Edwin S. Porter, #Mary Pickford
Tess au Pays des tempêtes (Tess of the storm Country - Edwin S. Porter, 1914)

Tessibel « Tess » Skinner (Mary Pickford) vit dans un village de pauvres pêcheurs, dominés par la propriété d’un notable : Elias Graves (William Walters). Ce dernier porte même le titre de diacre, mais le seul élément religieux de sa vie, ce sont les études de son fils Frederick (Harold Lockwood) appelé à lui succéder.

N’ayant pas pu expulser les pêcheurs, il fait passer une loi pour leur interdire de pêcher au filet. Les pêcheurs, n’ayant que ce moyen de subsister, braconnent. Ils sont surpris par les représentants de l’ordre et l’un d’entre eux est tué. Comme il s’agit du fusil de Daddy Skinner (David Hartford) – le père de Tess –, ce dernier est arrêté, jugé et condamné à mort.

 

L »’intrigue de ce film est plus complexe que ne l’annonce les lignes précédentes. En effet, à cette histoire de base, s’ajoute deux histoires d’amour concernant les enfants de l’infâme Elias Graves. Frederick aime Tess, et Teola (Olive Carey), la fille, aime Dan (Jack Henry), un camarade d’étude de Frederick.

Avec en prime, une histoire de fille-mère (Teola), que Tess va couvrir en déclarant que cet enfant est le sien.

Mais, d’une certaine façon, rassurez-vous, nous assisterons à une fin plutôt heureuse.

 

Il s’agit de la première adaptation du roman de Grace Miller White (1868-1965) – il y en aura quatre – et c’est le vétéran (du cinéma) Edwin S. Porter qui nous la propose. Il s’agit en outre de l’un de ses derniers films, puisqu’il arrêtera de tourner l’année suivante.

Porter a fait son chemin depuis Le Vol du grand rapide, mais sa manière de tourner est toujours la même. Alors que le cinéma est en pleine évolution – Cabiria en Italie et bientôt Naissance d’une Nation aux Etats-Unis, entre autres – Porter filme toujours de la même façon : ce ne sont que des plans d’ensemble, permettant de voir les différents protagonistes en entier. Si cette façon n’empiète pas sur l’intrigue, elle a tout de même tendance à la rendre moins intéressante. Ce n’est qu’un enchaînement de plans, entrecoupés d’intertitres qui ont tendance à annoncer ce qui va suivre, ou parfois même accentuer (je n’ai pas dit alourdir…) ce que nous venons de voir et qui nous semblait évident.

 

Mais malgré tout, il y a Mary Pickford ! C’est le quatrième et dernier film qu’elle tourne avec le vieux maître, et la première des deux adaptations du roman de Grace Miller White (la seconde sortira en 1922). Tess, son personnage, est une jeune fille volontaire très liée à son père, malgré la pauvreté de leur condition. De plus, elle est pleine de ressources et ne se laisse pas faire par l’infâme Graves qu’elle affronte à plusieurs reprises.

Mais ce qui ressort surtout du personnage de Tess, c’est une humanité débordante et de l’amour : pour son père, d’abord, puis pour Frederick. Et enfin, pour Teola, puisqu’elle n’hésite pas à prendre sur elle la faute qui la déshonore : elle met au monde un enfant sans être marié.

Car nous sommes en 1914, et même si Hollywood a rapidement traîné une réputation sulfureuse (qui amena le code Hays), le fait que Teola soit mère en dehors des liens du mariage est scandaleux.

 

Mais ce scandale grandit d’autant plus Tess qu’elle accepte tout pour cet enfant qui n’est pas sien, allant jusqu’à voler chez Graves pour que le bébé ne meure pas de faim. Et sa supplique pour que ce même bébé soit baptisé pour lui éviter les tourments de l’Enfer (nous sommes en 1914, je vous rappelle), est l’un des plus beaux moments du film, l’humanité de Tess étant contrebalancée par l’aveuglement de haine de Graves qui refuse ce baptême à l’enfant, parce que c’est celui d’une moins que rien.

Et le jeu de William Walters est dans le même registre que celui de Mary Pickford, donnant alors le ton juste de cette histoire*.

Mais la façon de filmer de Porter, un tantinet « à l’ancienne » limite l’intensité dramatique nécessaire pour cette histoire : il aurait fallu des plans plus rapprochés voire gros afin de véritablement accentuer la dimension tragique du film.

Mais John Robertson va bientôt reprendre cette histoire…

 

 

* Un autre « méchant » du film, celui qui tue le garde-chasse, s’il est méprisable, n’a pas la dimension de Graves.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Marshall Neilan, #Mary Pickford
La petite Princesse (The little Princess - Marshall Neilan, 1917)

Le capitaine Richard Crewe (Norman Kerry, très discret si ce n’est un beau gros plan de son visage) emmène sa fille Sara (Mary Pickford) dans une école de jeunes filles çà Londres, chez Miss Minchin (Katherine Griffith), puis retourne à ses affaires en Inde.
Sara est très bien traitée jusqu’au jour de ses dix ans : elle apprend que son père est mort et Miss Minchin, apprenant qu’elle est devenue pauvre, l’emploie comme bonne à tout faire et la loge sous les combles, avec une autre souillon : Becky (Zasu Pitts).

 

L’année 1917 est très riche pour Mary Pickford : quelques mois après La petite Américaine, elle est pour la sixième fois la vedette d’un long métrage, avec seulement trois réalisateurs. Cette fois-ci, c’est le deuxième film qu’elle tourne avec Marshall Neilan, et ce dernier la met particulièrement en valeur avec un usage pertinent d’éclairages et de gros plans de son visage qui a juste ce qu’il faut d’enfantin.

La prise de vue de Walter Stradling – qui a fait la plus grande partie de sa carrière avec Marshall Neilan – est magnifique. Malheureusement, il mourut moins d’un an après la sortie du film…

 

Encore une fois, donc, elle est une petite fille. Et le travail de mise en scène pour la faire paraître telle est magnifique. Neilan n’emploie pas que des acteurs et actrices immenses pour figurer la différence de taille – obligatoire – entre cette petite fille et les adultes qui la côtoient. Souvent, il a recours à des plans américains voire rapprochés pour dissimuler les artifices utilisés : Sara, à genoux, qui étreint son père ; Miss Minchin sur un rehausseur derrière une table…

Seul le plan où le père la prend dans ses bras ne peut cacher que Mary Pickford est beaucoup plus grande qu’on ne veut nous le faire croire.

 

Alors qu’on pouvait craindre une intrigue autour d’une enfant capricieuse – c’est ainsi qu’apparaît Sara au début du film : elle ne veut pas partir à Londres (etc.) – mais rapidement on s’aperçoit que Sara est une petite fille très appréciée… Tant qu’elle est supposée avoir de l’argent ! Et son éducation en Inde lui permet de charmer ses camarades de dortoir avec de belles histoires.


L’une d’elles – Ali Baba et les 40 voleurs – est prétexte à une histoire dans l’histoire avec un jeu de lumière – encore une fois très pertinent – qui éclaire l’arrière-plan* où se déroule cette histoire tirée des 1001 nuits, pendant que la silhouette de Sara raconte au premier plan, dans la pénombre. Bien entendu, Sara/Mary Pickford est l’esclave héroïne  qui vient en aide à Ali Baba.

On retrouve dans cette séquence (près d’un tiers du film) un thème très en vogue à cette époque dans le cinéma mondiale : l’Orient. Bien sûr, il s’agit d’un Proche-Orient minimaliste, caractérisé par l’usage de turbans ou autres couvre-chefs particuliers, ainsi que quelques éléments architecturaux parsemés ici et là. Quand on passe à une séquence extérieure sur un bateau, on se rend bien compte que nous sommes bien loin de la Perse ou autre région concernée.

Mais qu’importe, nous sommes au cinéma, et ça nous aide à rêver (surtout d’ailleurs les autres filles de l’école à qui Sara raconte l’histoire).

 

Si ce film consacre (encore une fois) Mary Pickford, capable d’interpréter aussi bien des femmes que des petites filles, il permet aussi de mettre en avant une autre actrice, qui n’était jusque là que figurante : Zasu Pitts. Elle n’a pas encore le premier rôle, mais son jeu est toujours aussi empreint de délicatesse – malgré son rôle de souillon – et ses cheveux déjà très longs.

 

 

* cet effet est réutilisé pour une apparition du père de Sara dans la dernière partie, sous les combes, derrière une fenêtre obscurcie par la nuit.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Mary Pickford
La petite Américaine (The little American - Cecil B. DeMille, 1917)

4 juillet 1914.

C’est l’anniversaire d’Angela Moore (Mary Pickford). Et ça tombe bien : elle est américaine. Avoir son anniversaire qui tombe le jour de la Fête nationale est un privilège dont on est fier.
C’est aussi le jour que choisit l’état-major allemand pour rappeler Karl von Austreim (Jack Holt), l'homme qu'elle aime.

Alors que la guerre s’installe, Angela, ne recevant plus de nouvelle de Karl, prend un bateau pour l’Europe. Mais un sous-marin allemand coule ce bateau, violant, aux yeux d’Angela, la neutralité américaine. Elle est maintenant en guerre.

Quand elle arrive – enfin – à destination, c’est pour apprendre que sa grand-tante est morte que son château va être occupé par une division allemande, dont fait partie Karl.

 

Quand le film sort, à l’été 1917, les Etats-Unis sont entrés en guerre contre l’Allemagne (1).

Ce film est donc un pur produit de propagande. Le bateau qui transporte Angela s’appelle le Veritania, mais on a tous reconnu le Lusitania, dont le naufrage est une des causes de l’engagement américain dans le conflit.

C’est d’ailleurs le naufrage qui nous offre une première scène d’anthologie très demillienne.

 

En effet, c’est pendant un bal qu’a lieu le torpillage. C’est un premier chaos spectaculaire (il y en aura un autre dans la deuxième partie) dont le manque de moyen humain est compensé par une utilisation magistrale de la lumière et de l’obscurité. C’est le sous-marin allemand qui éclaire le naufrage : le bateau couché sur le flanc d’où sautent à la mer les passagers, essayant tant bien que mal de se hisser sur les canots de sauvetage ou n’importe quel objet flottant disponible.

DeMille n’avait pas assez de figurants et la présence d’eau rendait le tournage difficile, surtout en studio. On assiste au basculement du navire et de son inondation alors que les passagers essaient de s’en tirer. On retrouve cette même intensité dans Titanic de James Cameron, sorti 80 ans après, même si les moyens techniques ont – fort heureusement – évolué (2).

Par contre, la rescousse d’Angela est filmée en extérieur, d’une autre embarcation dont le mouvement sur l’eau amène naturellement celui de la caméra.

 

L’autre grande séquence spectaculaire, c’est le bombardement final avec la fuite d’Angela et Karl. Là encore, l’ombre et la lumière sont primordiaux, mais avec en plus des effets pyrotechniques de nature quasiment divine : alors que les bâtiments sont détruits les uns après les autres, seul reste debout un Christ en croix… Mais sans la croix ! Preuve que Dieu est du côté des Américains.

 

Parce qu’il ne faut jamais oublier la dimension propagandiste du film. En effet, maintenant que les Etats-Unis ont choisi d’intervenir, il faut justifier le conflit. Et DeMille y va de bon cœur.

Les Allemands décrits sont traités d’animaux, n’ayant que très peu de sentiments humains. Il en va de même dans un premier temps de Karl qui, n’ayant pas reconnu Angela, a l’intention de lui faire subir la spécialité de tout soldat victorieux : la violer.  Mais comme elle appelle à son humanité, il va tout faire pour la protéger.

Il n’en va pas de même des autres soldats teutons : le colonel qui les commande justifie le viol des servantes (3) comme un besoin naturel de « relaxation ». Quant aux civils, ils sont sommairement exécutés car ils sont hostiles à l’autorité « prussienne ».
Tous ces soldats sont d’immondes barbares (4) et seul Karl s’en sort. Mais pour cela, il rend les armes à son supérieur. Par cette acte de bravoure pour les uns, de trahison pour les autres, il rejoint le camp des humains (rien que ça !).


Ce film de propagande est aussi celui qui consacrera Mary Pickford comme la plus grande star du cinéma : elle incarne à tout point de vue l’Amérique. Née un 4 juillet, neutre au début, elle entre en guerre contre l’Allemagne sur les mêmes bases que son pays : les Allemands on tué des femmes des enfants et des vieillards américains malgré la neutralité de leur pays. Et c’est d’abord seule qu’elle engage la lutte – surtout une résistance – face à l’occupant de son château, pour que triomphent ses valeurs (et celles de son pays).

 

Du grand DeMille qui annonce, dans les deux grandes scènes de guerre, d’autres séquences encore plus spectaculaires (Le Roi des Rois, Les dix Commandements…).

Comme quoi, on peut aussi faire du grand cinéma et de la propagande.

 

 

 

(1) voir Hollywood, les Pionniers de Kevin Brownlow, épisode 4.

 

(2) Quel dommage que DeMille n’ait pas eu accès à toute la technologie actuelle…

 

(3) Parmi elles, Colleen Moore

 

(4) Et pourtant, Erich von Stroheim n’est pas dans le film !

 

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog