Un monde en équilibre.
Une société cloisonnée.
Chacun remplit son rôle pour maintenir la paix, et donc l’harmonie.
Mais si chacun prend son rôle à cœur, il arrive qu’apparaissent des êtres différents.
Des Divergents.
Beatrice (Shailene Woodley) est l’une de ces personnes.
Pour le meilleur, mais surtout pour le pire.
Les années 2010 – les nôtres – sont de véritables creusets aux intrigues dystopiques cinématographiques. Après Hunger Games et Le Labyrinthe, voici une nouvelle série (3 volets, bien entendu) qui exalte les capacités de ressources des adolescents. Encore une fois dans une société où, comme de bien entendu, c’est le bonheur des peuples qui guide ceux qui dirigent, ou qui aimeraient diriger.
Le bonheur est-il le souverain Bien ? C’est un sujet de philosophie que j’ai eu à traiter, du temps de ma jeunesse folle, aiguillé par un professeur, de cette matière, inoubliable : Joël Gaubert (allez voir ce qu’il écrit, c’est magnifique). Et il semble que les scénaristes de ce film l’aient consulté ! En effet, si le bonheur est un but que beaucoup souhaitent atteindre, il n’en demeure pas moins que c’est avant tout la liberté qui doit être recherchée. Et ici, c'est le Libre-Arbitre (je majuscule, excusez-moi) qui repousse les limites établies par cette société post-apocalyptique pas si idéale que ça.
EN effet, notre héroïne est une inclassable. En effet, cinq factions régissent ce monde supposé idéal. Arrivée au stade – supposé – adulte, elle est amenée à faire un choix déterminant : sera-t-elle comme ses parents ?
Evidemment, comme le titre nous incite à le croire, elle ne fera pas comme tout le monde (et puis autrement, pourquoi faire le film ?). Mais c’est de cette divergence que se nourrit le film. Non seulement elle ne choisit pas la sécurité – le milieu qui l’a élevée – mais surtout elle n’entre dans aucune case préétablie : soit elle appartient aux cinq factions, soit elle n’appartient à aucune.
Bien sûr, elle choisit l’une d’elle – la plus coole, bien sûr – mais ce n’est pas obligatoirement le choix de la facilité.
Quoi qu’il en soit, nous regardons un personnage qui évolue jusqu’à devenir humain : elle a sans cesse à l’esprit cette faculté de choisir qui la rend différente mais dangereuse : dangereuse pour cette société qui prospère grâce au cloisonnement des humains, mais aussi dangereuse pour elle-même, ces individus divergents étant chassés et éliminés.
On retrouve donc ici une composante du film Le Passeur, sorti la même année où un monde en équilibre se retrouvait menacé par un élément qui n’entrait pas dans les cases.
Cet élément, là aussi était plus humain que les autres, bien que solitaire.
Quoi qu’il en soit, on suit cette aventure avec beaucoup plus de plaisir – pour moi en tout cas – que Hunger Games où la violence prenait un peu trop le pas sur l’intrigue. Ici aussi, le monde – cloisonné et « équilibré » – est certes violent, mais s’il s’agit de survivre, ce n’est pas pour contenter une populace oisive et friande de sensations fortes.
Un dernier mot enfin sur le « méchant » effectif (indispensable, vous le savez bien) : c’est une méchante et elle a les traits de la (très) belle Kate Winslet. Et encore une fois, elle joue très juste.
A suivre, donc.
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