Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Nicolas Vanier
L'Ecole buissonnière (Nicolas Vanier, 2017)

Et puis Nicolas Vanier a filmé les hommes.

 

On connaît le documentariste, moins le cinéaste de fiction. Bien sûr, il y a eu Belle et Sébastien, mais ce n’était pas du Vanier, à l’origine. Tandis que là, en plus d’avoir réalisé, il a coécrit le scénario avec Jérôme Tonnerre, mais tiré tout de même de son roman.

Alors il a gommé l’histoire algérienne et le père réquisitionné là-bas, et a tout déplacé en Sologne, il y a quatre-vingt-dix ans : en 1927.

Si 1927 est une année en or pour le cinéma, c’est aussi l’année où le petit Paul (Jean Scandel) est retiré de l’orphelinat par Célestine (Valérie Karsenti) pour vivre chez elle et Borel (Eric Elmosnino).

Il faut dire qu’à côté de l’orphelinat, la Sologne, c’est avant tout la liberté.

Alors évidemment, si on parle de liberté, on est obligé de mentionner Totoche (François Cluzet), le braconnier attitré à la région et surtout aux terres du comte de la Fresnay (François Berléand).

 

Si le titre renvoie au film de Jean-Paul Le Chanois, il est tout de même plus proche du Ni vu ni connu du grand Yves Robert.

En effet, on y trouve la rivalité inutile entre le garde-chasse et le braconnier, mais avec le réalisme remplaçant la farce.

Certes, Borel est à son tour le cocu de l’affaire (1), mais s’il n’est pas magnifique, il en est tout de même et avant tout humain.

 

Alors pas de jeu du chat et de la souris, ça ne sert à rien, mais plutôt une initiation : celle de Paul qui passe de l’un à l’autre avant de rencontrer la personne qui va changer sa vie : le comte (François Berléand).

C’est un homme fini, prisonnier de sa culpabilité et obligé de supporter son fils (Thomas Durand, haïssable à souhait, donc un personnage indispensable et un jeu qui l’est tout autant), un oisif qui n’a jamais rien fait de sa vie, à part dépenser son héritage (par anticipation). Alors évidemment, quand Paul débarque dans sa vie… Mais je vous laisse la surprise (2).

 

Mais si l’histoire est un tantinet convenue, le film n’en demeure pas moins très généreux. C’est une belle histoire qui renvoie à d’autres (Les Enfants du marais, par exemple), où le temps s’arrête le temps d’un été, d’un weekend, d’un après-midi. Mais même si l’intrigue commence à Paris, jamais nous ne voyons la ville. Paris, c’est un bâtiment où sonne Célestine, et le reste de la civilisation, c’est un train à vapeur perdu dans une ligne forestière.

 

Et puis surtout, Nicolas Vanier fait évoluer son histoire et ses acteurs dans une magnifique Sologne, immaculée de la présence humaine malgré les intentions du fils indigne, et nid d’une faune merveilleuse.

On retrouve dans les paysages la caméra du documentariste animalier, mais avec les contingences humaines nécessaires au développement de l’écosystème. Si le braconnier est féru d’animaux et sait reconnaître chacun d’eux de vue ou d’ouïe, il n’en demeure pas moins un chasseur-pêcheur tirant le meilleur parti du milieu dans lequel il ne fait pas que chasser : il y vit aussi.

 

Alors oui, on peut s’offusquer de la chasse à courre (3) donnée par le Comte après un « 18 cors », mais on ne peut que garder sa sympathie envers ce vieil homme qui n’a plus qu’un seul rêve depuis que sa fille est partie (4) : chasser ce 18 cors, cette légende que seul Paul - et l’institutrice (Murielle Huet des Aunay) – n’a vu, perpétuant sa légende : un 18 cors, allons !

Alors laissez-vous entraîner dans cette Sologne idéale, pas encore dénaturée par les hommes, avec ses espèces magnifiques.

 

Magnifiques, mais pour combien de temps encore ?

 

  1. Dans tous les sens du terme.
  2. Si vous croyez aux surprises…
  3. Je ne chasse toujours pas, et il y a bien longtemps que j’ai pêché (et pas par omission…)
  4. Elle est morte, douze ans plus tôt.

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Marc Allégret
Entrée des Artistes (Marc Allégret, 1938)

Allégret (Marc), Jeanson (Henri), Jouvet (Louis) et Dauphine (Claude) : du grand, du très grand.

Il faut dire que ce film est un condensé des années 1930s françaises au cinéma avec des valeurs sures (Carette, Dalio), des jeunes qui montent (Blier, Joyeux, Vitold) et ses figures croisées ça et là (Roquevert, Sylvie), de l’amour, des dialogues et du drame.

Bref, un film complet. Et pourtant, on y parle de théâtre.

 

Nous suivons une année de théâtre comme il s’en passe tous les ans : concours d’entrée, cours de comédie, concours de sortie. On voit alors les heureux reçus enchaîner les scènes sous l’œil attentif et implacable de leur maître : Lambertin (Louis Jouvet).

Et on sent une magnifique osmose entre ces élèves leur maître : il faut dire que certains d’entre eux ont réellement suivi ses cours (1).

 

Mais ce n’est pas Lambertin le centre de l’attention et de l’intrigue, c’est François (Claude Dauphin) : à la fois charmant et charmeur, séduisant et séducteur, mais comédien tout le reste du temps.

C’est d’ailleurs son côté séducteur qui lui jouera des tours : une fille s’en va, une autre arrive, mais quand c’est la bonne, et qu’on est comédien, comment peut-on le prouver, à elle comme aux autres ?

 

Elle, c’est Isabelle (Janine Darcey), et François a beau l’aimer comme un passionné, il lui ressert les mêmes arguments amoureux qui à force d’être rabâchés en perdent de leur force, amenant le drame qui couve : Cœcilia (Odette Joyeux) l’aime à la folie, mais n’a jamais pu se l’avouer, alors le lui dire…

Alors comme au théâtre, on ne fait que prétendre, la limite entre le vrai et le faux est ténue. Ténue mais tellement importante.

Et, bien entendu, malgré le drame qui se joue, avec son issue funeste, c’est tout de même le maître qui conclut ‘et qui donne à ses élèves la plus grande leçon de théâtre qu’on n’ait jamais vue au cinéma.

 

Parce que malgré l’immense talent de Dauphin, de Joyeux et des autres, c’est tout de même Jouvet qui illumine ce film, dans un rôle sur mesure certes, mais il est toujours plus difficile de jouer naturellement son propre rôle.

Il faut dire que tous sont magnifiquement servis par des dialogues de Jeanson assez extraordinaires (2) :

  • Tu ferais un excellent critique. Tu parles fort bien de ce que tu connais mal... (Lambertin)
  • Car j’ai eu dixsept ans. Je ne les ai plus parce que tu les as et que les dix-sept ans, il n’y en a pas pour tout le monde à la fois. (Lambertin)
  • Laver en famille le linge sale des autres. Vous appelez ça un métier ? (Lambertin)
  • […] Se tuer par désespoir… Non… Non…. Aucun intérêt. (Cœcilia)

 

Du grand, du très grand cinéma, avec juste ce qu’il faut de réalisme pour éviter de tomber dans la comédie, et juste assez de comédie pour éviter un drame désespéré comme chez Prévert et Carné...

Mais toujours de belles amours, par essence tragiques.

 

 

  1. Blier, entre autres était son élève à l’époque…
  2. Jouvet a retrouvé ses dialogues ciselés dans le superbe Hôtel du Nord qui sortit deux mois plus tard, avec aussi une partie de la distribution...

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fanstatique, #Comédie dramatique, #Terry Gilliam
Les Frères Grimm (The Brothers Grimm - Terrry Gilliam, 2005)

Jakob (Heath Ledger) et Wilhelm (Matt Damon) Grimm sont célèbres par leurs histoires qu’on se raconte de village en village dans une Allemagne partiellement occupée par les Français.

Alors quand ils débarquent quelque part, ce n’est jamais pour rien : des phénomènes paranormaux s’y sont manifestés et nos deux héros sont venus désenvouter les lieux.

Sauf que ce sont deux magnifiques escrocs, jouant sur la superstition des paysans, se remplissant les poches grâce aux phénomènes qu’ils ont eux-mêmes créés.

Mais quand des petites filles se mettent à disparaître, on commence par les accuser. Puis on les envoie régler le problème : normal, ce sont deux grands chasseurs d’esprits et de sorcières…

 

Dès la première séquence, le ton est donné : nous sommes dans un film de Gilliam. On y retrouve de l’action, du paranormal, des enfants, et bien entendu des décors magnifiques.

C’est féérique. Normal, ce sont les Grimm.

Mais surtout, ce film est une synthèse des autres films de Gilliam. On y retrouve non seulement Jonathan Pryce, mais des thèmes et une façon de raconter qui rappelle aussi le Baron de Münchhausen, mais avec des effets numériques cette fois-ci. Alors certes, le numérique enlève le charme des effets spéciaux de ses films précédents – les gratte-ciel qui sortent de terre dans Brazil entre autres – mais l’action devient alors plus fluide, et presque naturelle (1).

 

Et puis il y a les contes. Pas seulement ceux des deux frères : on retrouve ceux de Perrault, d’Andersen et d’autres (2). Alors on s’amuse à retrouver les éléments qui nous y renvoient. Et si la haute tour nous renvoie à Raiponce (3), la vieille reine dort sur les 7 matelas de la Princesse au petit pois…

Et puis les pantoufles de verre, le petit chaperon rouge et le baiser magique… C’est un véritable feu d’artifice visuel. J’adore.

 

Et comme dans Münchhausen, il y a la référence picturale. C’était La Naissance de Vénus (4) avec Uma Thurman en magnifique déesse pudique. Ici, c’est l’Ophélie de John Everett Millais. On retrouve dans chaque fille émergée l’héroïne de Shakespeare exposée à la National Gallery. Magnifique. Encore une fois.

Mais ce tableau se reconnaît avant tout grâce à l’éclairage de cette forêt magique, et donc, encore une fois, surnaturelle (1). Pour qui a pu admirer cette œuvre, les images sont probantes : chaque fois qu’une jeune fille apparaît (deux fois en fait), c’est sentiment mortifère qui se dégage le temps de l’apparition.

 

Et puis il y a la distribution. Jonathan Pryce est toujours égal à lui-même : il est Français et s’exprime donc avec un superbe accent, ponctuant ses phrases d’idiomes français. Il ressemble en outre beaucoup à Horatio Jackson (Münchhausen) : aussi fourbe que ce dernier et son sort n’est pas plus enviable…

Matt Damon et Heath Ledger, complétés de Lena Headey (pas encore Cersei, mais déjà très belle) nous donnent une très belle interprétation de ces personnages tellement improbables. Quant à Monica Bellucci, elle est la plus belle, bien sûr, et pas besoin de miroir pour le savoir…

 

C’est donc un film totalement glilliamesque (5), avec de temps en temps, quelques moments de pure absurdité qui nous rappellent que c’est avec les Monty Python qu’il a commencé sa carrière dans le spectacle.

 

 

  1. Il y a rarement du naturel chez Gilliam…
  2. Jack et le Haricot géant est un conter anglais, à la base. De toute façon, ses haricots sont inutiles.
  3. Conte redécouvert grâce aux studios Pixar/Disney
  4. Sandro Botticelli
  5. Oui, je néologise, et alors ?

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Pierre Jolivet
Mains armées (Pierre Jolivet, 2012)

C’est un homme qui court. Il s’appelle Lucas. Lucas Skali (Roschdy Zem). Il est flic.

Il court après les bandits. Il court après sa fille. Il court après sa vie.

Il enquête sur un trafic qui va le rapprocher de sa fille. Sa fille Maya (Leïla Bekhti) qu’il ne connaît pas.

 

Il y a chez Pierre Jolivet une constante : la relation à l’autre. Et ici, cette relation, ou plutôt ces relations sont le nœud de l’intrigue.

Certes Skali est policier et enquête. Mais le rapprochement géographique d’avec sa fille perturbe son mode de fonctionnement. Il ne peut plus l’ignorer. Et peut-être ne le veut-il plus, lui qui a abandonné la mère quand elle lui a annoncé être enceinte.

« On fait tous des conneries » s’excuse-t-il presque. Mais le fait est là : il a une fille, et il ne la connaît que par son dossier administratif.

 

Parce que Maya, elle aussi, est flique. Certes elle ‘na pas la carrière prestigieuse de celui qui aurait dû être son père, mais elle fait tout de même partie de la grande Maison. Elle travaille sous les ordres de Bass (Marc Lavoine), un crack (1) des stup’s, mais qui a tendance à faire passer la déontologie au second plan : en clair, c’est un pourri, et comme toute chose pourrie, il a contaminé ceux qu’il touche. Maya comme les autres.

 

Et puis il y a le coup de pouce du Destin : ils vont se « croiser », comme le dit le père. Se croiser, alors qu’il y aurait tellement mieux à faire.

Mais ce n’est jamais le bon moment. Il y a toujours autre chose qui fait que le croisement n’est jamais bien long. Cette chose, c’est la parole.

Pourtant Skali parle très bien. Quand il travaille. Et avec sa fille, comme il n’est pas dans le cadre du boulot, il parle mal. Oh, il n’est pas incorrect. Il est juste maladroit.

Maladroit comme peut l’être quelqu’un qui se prend son passé à la figure, deux fois :

  • par sa fille qui lui reproche tout parce qu’elle ne sait pas comment lui parler et qu’il est toujours plus facile d’agresser que d’aider ;
  • ensuite c’est lui-même qui se le reproche, par ses mots qu’il ne peut pas trouver, parce que devenir père de but en blanc, d’une jeune femme de 26 ans, ce n’est pas simple. Et pourtant…

Pourtant, à un moment, ils devront faire le grand saut. Mais peut-on rattraper 26 ans en quelques minutes ? Non. Normalement pas. Mais des fois, le Destin, encore lui, abolit le temps et l’espace, et la fusion se fait, parce que de toute façon, il ne reste plus rien.

Plus rien qu’un homme qui court. Seul.

Et qui s’assoit devant un paysage somptueux.

Et qui s’y perd, terriblement seul.

 

 

(1) Non, ce n’est pas un pléonasme…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Henry King
Un Homme de fer (Twelve o'clock High - Henry King, 1949)

Archbury, Grande Bretagne, 1949.

Un homme – Stovall (Dean Jagger) – qui vient d’acheter un chapeau Remarque une carafe en forme de tête d’homme masqué. Il l’achète et se rend dans la campagne alentour, là où se dressait une base aéronavale américaine.

Alors il se souvient : 1942, dans la compagnie 918, dirigée par le colonel Davenport (Gary Merrill) puis par le général Savage (Gregory Peck).

 

C’est un film de guerre, un film d’hommes. Les rares femmes qu’on y croise sont infirmières ou serveuses, c’est dire leur importance dans cette intrigue.

Si Wings ou Hell’s Angels traitaient avec panache les combats aériens des pilotes américains pendant la première guerre mondiale, cette histoire n’a ni le grandiose ni la flamboyance des deux autres films. En effet, ce qui est le plus important dans ce film, ce sont avant tout les personnages. Cet « homme de fer » dont parle le titre français est un homme sévère et pas toujours juste.

 

On retrouve ici un thème qui revient régulièrement dans le cinéma américain : transformer une bande de jeunes garçons en hommes, mais surtout en militaires aguerris (1). Mais contrairement aux exemples énoncés ci-dessous, tout n’est pas à faire. Et quand Savage débarque dans cette compagnie, un certain laisser-aller s’est installé au milieu de ces hommes qui, ne l’oublions pas, sont avant tout des combattants qui risquent leur vie à chaque expédition : cette insouciance permet aux hommes de sortir de leur univers mortifère.

 

Mais c’est la guerre et Savage a décidé de tout changer. Dorénavant, plus dilettantisme : Savage est une poigne de fer dans un gant qui est aussi de fer.

Et ça marche. Les expéditions sont de plus en plus efficaces, et les pertes diminuent.

Mais, et c’est là qu’on atteint le cœur du problème : Savage demande aux hommes autant qu’il se demande à lui-même et c’est en ça que ce film de guerre est différent.


En effet, nous n’assistons qu’à une seule expédition en l’air : des autres nous ne voyons qu’un bout du décollage et de l’atterrissage. Mais lors de cette expédition, Henry King mélange avec bonheur des images tournées en studio avec des images d’archives américaines et allemandes. Le résultat est tout à fait bluffant. En effet, ces images d’archives ne concernent pas seulement des avions qui volent mais aussi des hommes qui mitraillent des avions ennemis.

Et les quelques plans de cockpit tournées par King bénéficient d’un arrière-plan aérien très réaliste fort bien monté.

 

Et puis il y a Gregory Peck. C’est déjà son onzième film et pour une fois, il est dans un rôle qui ne le met pas totalement en valeur. En effet, l’arrivée de Savage et ses premières décisions à la base sont très mal prises et la totalité des pilotes veulent être mutés ailleurs.

Même si Savage est un militaire de grande qualité, on ne peut pas s’empêcher de penser que c’est un sale abruti borné et inhumain. C’est toujours un peu le même genre de personnage qu’on trouve dans ces cas-là (1).

Mais Lee Marvin et Clint Eastwood ont une stature de dur-à-cuire, il n’en va pas de même pour Peck qui a souvent une allure dégingandée lui réservant des rôles de personnages un tantinet faibles ou maladroit (3). Savage n’est rien de tout cela.


Mais, il y a le point de rupture, indispensable à son personnage pour s’assurer la sympathie des spectateurs : elle intervient lors de la dernière expédition du film. Savage est allé au bout de ses limites et montre que finalement, il n’est pas plus en fer que ça, qu’il est avant tout un homme, même s’il doit aller jusqu’au bout de ses limites pour s’en apercevoir

Un film de guerre différent (4).

 

 

  1. Aldrich et ses 12 Salopards, Eastwood et son Heartbreak Ridge, Kubrick et son Full metal Jacket (etc.)
  2. On filmait aussi dans les carlingues, ne l’oubliez pas.
  3. Oui, je sais, il y a Duel au Soleil, on en reparlera.
  4. Encore un !

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #George Cukor
Les quatre Filles du docteur March (Little Women - George Cukor, 1933)

Amy (Joan Bennett), Meg (Frances Dee), Beth (Jean Parker) et Jo (Katharine Hepburn) sont les « petites femmes » du titre original.

Elles habitent humblement dans leur maison avec leur mère (Spring Byington), et leur servante Hannah (Mabel Colcord).

Le docteur March est à la guerre : c’est le temps de la guerre de Sécession.

Ses filles, malgré les temps difficiles restent confiantes et solidaires, mettant en commun leurs différents dons pour égayer la maisonnée.

Et puis arrive le jeune Laurie (Douglass Montgomery), et avec lui un tuteur qui n’est pas dénué de charme et auquel Meg n’est pas indifférente…

 

Il s’agit de la troisième adaptation du classique de Louisa May Alcott, classique aussi grâce cette adaptation (1). Les deux premières de Butler (1917) et Harley Knoles (1918) sont très difficiles à se procurer. Une autre fois peut-être (2). Toujours est-il que cette version est surtout célèbre pour la présence de la très grande Katharine, dans un rôle qui nous permet d’admirer son immense talent : elle nous fait passer du rire aux larmes (presque) avec un vrai bonheur. Après une telle adaptation, il sera difficile de rivaliser avec une telle star.


Ce n’est que son quatrième film – le second avec Cukor, mais certainement pas le dernier – et on peut être sûr en la voyant évoluer dans ce rôle d’adolescente entre deux eaux qu’elle a « tout d’une grande », comme on dit. Elle est une Jo magnifique avec ses contradictions, sa fougue et son émotion. En effet, si Jo est ce qu’on appelle un garçon manqué (3), elle n’en demeure pas moins extrêmement sensible, et le vernis dont elle se pare pour affronter la vie, quand il craque, laisse couler beaucoup de larmes.

 

Il y a chez Jo des sentiments qui s’affrontent, qui se contredisent et qui en font un personnage au final très attachant. La famille, pour elle, est ce qu’il y a de plus important. Elle n’imagine pas que la situation au début de l’histoire va évoluer. Au contraire, même si elle aime passionnément ses sœurs, elle ne les imagine pas s’en aller un jour, une fois l’amour trouvé. Bien au contraire, et elle voit d’un mauvais œil l’intrigue entre Meg et John Brooke (John Lodge), le tuteur de Laurie, car elle remet en cause l’équilibre de la maison March. Ou plutôt elle remet en cause sa propre vision de l’équilibre de la maison : la mère autour de laquelle gravitent les vies de ses quatre filles, le tout bien entendu dirigé par Jo elle-même !

 

Bien entendu, elle ne l’avouera jamais, et quand les coups durs s’accumulent, elle paraît la plus forte, à peine dérangée de couper ses cheveux pour payer le voyage de sa mère, se riant de son action, orgueilleuse « en diable. Mais dans l’intimité, encore une fois, le vernis craque et les pleurs ne se tarissent pas. Pourtant, au moment le plus tragique, à la mort de Beth, elle est réellement la plus forte : pas une larme, mais surtout parce qu’elle croit à une vie meilleure au-delà pour cette sœur toujours malade et fragile. Trop fragile pour un monde aussi difficile.

La mort de Beth reste un des sommets du film : il y a un calme et une félicité chez Beth qui la fait partir doucement, presque dans un soupir.

 

Le traitement de cette mort a quelque chose de différent : c’est la deuxième fois que Beth aperçoit ses oiseaux sur le rebord de la fenêtre. Mais si la première fois, l’image était bien nette et les oiseaux chantaient gaiement, lors de cette deuxième prise, l’image est de piètre qualité, usée comme l’est l’organisme de Beth. Et quand les deux oiseaux s’en vont, l’image se fixe, laissant l’encadrement de la fenêtre vide : l’âme de Beth a rejoint ses compagnons.

Et si Jo ne pleure pas à la plus grande tragédie de sa vie, c’est avant tout parce qu’elle a compris que Beth serait mieux où elle l’est, et surtout qu’elle est restée au plus profond de son cœur.

 

La mort de Beth, enfin, c’est le moment où Jo passe de l’autre côté et se considère adulte. C’est elle qui console sa mère et de ce fiat prend sa place.

Et le professeur Bhaer (Paul Lukas) ne s’y trompe pas : quand il va visiter Jo chez ses parents, il ne parle que de la maison de Mademoiselle March, et qu’elle reçoit ses invités.

Elle est le nouveau pilier de la maison, celle qui soutient et qui rassemble. Et il en sera toujours ainsi, car Jo n’imagine pas une seule seconde qu’ils pourraient l’abandonner.

 

 

  1. Ainsi que les autres : Mervyn LeRoy (1949) et Gillian Armstrong (1994).
  2. Ou pas.
  3. C’est donc une fille réussie !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Otto Preminger
Laura (Otto Preminger, 1944)

Laura (Gene Tierney) est morte, assassinée.

C’est Waldo Lydecker (Clifton Webb), un chroniqueur, qui nous l’annonce.

Tout ce qu’il reste d’elle, ce sont ses lettres, son journal, son portrait sur le mur, et sa pendule, la même que celle de Waldo.

Mark McPherson (Dana Andrews) mène l’enquête, interroge les personnes qui la fréquentaient, qui l’aimaient.

Plus il avance dans son enquête, et plus un sentiment amoureux se développe en lui. Jusqu’au soir où il s’endort dans son appartement, et qu’il est réveillé par une personne qui entre : Laura elle-même.

 

MAGNIFIQUE.

Une distribution de rêve, une intrigue solide et une musique inoubliable. Un véritable chef-d’œuvre, orchestré par un Preminger au sommet de son art.

C’est une enquête minutieuse où les suspects ne manquent pas, où le détective est habile et cogne fort quand l’occasion se présente.

Mais surtout, au tout début de la deuxième moitié du film, la victime réapparaît.

 

C’est une surprise pour le spectateur autant que pour les différents protagonistes : certains accusent le coup avec philosophie – Shelby Carpenter (Vincent Price) ou Ann Treadwell (Judith Anderson) – et d’autres avec difficulté  - Waldo ou Bessie (Dorothy Adams), la servante de Laura.

Mais avec l’arrivée de Laura, c’est une magnifique fausse piste que crée Preminger.

En effet, c’est quand MacPherson s’endort qu’elle apparaît, comme si de rien n’était, aussi belle que sur le portrait avec son magnifique regard clair (1).

En quoi son apparition est-elle vraie ? Et si ce n’était qu’un rêve, celui de McPherson, marri de n’avoir pas connu Laura de son vivant…

 

Car dès que Laura paraît, la voix de Waldo cesse de nous raconter ce qu’il s’était passé, la narration devenant le présent, sans plus aucun commentaire. Jusqu’au bout, il faudra suivre cette intrigue habile et subtile, servie par de grandes figures du cinéma :

  • Dana Andrews et Gene Tierney se retrouvent trois ans après l’oubliable Tobacco Road (2), pour une rencontre qui elle, est devenue inoubliable, voire « culte », comme on dit parfois…
  • Clifton Webb, très aristocratique, d’une distinction superbe dans une histoire de meurtre plutôt sordide : une réussite !
  • Vincent Price, encore jeune homme mais déjà imposant physiquement ;
  • Judith Anderson enfin, qui joue de ses rôles précédents pour interpréter un personnage qui peut sembler ambigu, là ou chaque personnage est un suspect en puissance pour MacPherson.

Et puis il y a la musique de David Raksin, qui a fait ses classes (ses gammes ?) auprès de Chaplin. C’est un thème véritablement entêtant, qui reste dans l’oreille du spectateur pour ce qu’il est : Laura. Dès les premières notes de la mélodie, c’est à elle qu’on pense. Nous, spectateurs, lui associons tout de suite le portrait de la jeune femme, alors que Waldo, quand McPherson le passe sur l’électrophone, lui ordonne d’arrêter, tant il est indissociable de Laura.

 

Et l’intrigue policière dans tout ça ? Elle se déroule progressivement, par petites avancées jusqu’à de multiples rebondissements.

Mais est-ce vraiment le plus important ? Je ne pense pas.

Si, comme suggéré plus haut, il ne s’agit que d’un rêve, alors Mark ira-t-il jusqu’au bout ?

Ou si c’est la réalité, son amour naissant se réalisera-t-il ?

Réponse dans le film…

 

  1. Difficile de ne pas succomber à son charme…
  2. Pourtant réalisé par John Ford : des fois, même les plus grands ne sont pas à la hauteur…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Barry Sonnenfeld
Les Valeurs de la famille Addams (Addams family Values - Barry Sonnenfeld, 1993)

Deux ans après le premier opus, ils sont de retour : les Addams !

Ils n’ont pas changé et restent absolument décalés par rapport au reste du monde, isolés dans leur manoir qui a tout d’une maison hantée.

Ce sont tout d’abord des ululements qui nous accueillent, et c’est bien normal puisque c’est la pleine lune. Mais rassurez-vous, pas de loup-garou, les personnages se suffisent à eux-mêmes…

 

Les valeurs dont nous parlent le titre (original comme sa traduction) sont au cœur du film, d’où ce décalage : ce qui nous semble malheureux est un bonheur et vice versa.

Quelques mois ont passé et la famille s’agrandit : deux enfants sont nés : celui du cousin Itt (John Franklin) et le bien nommé Pubert Addams (Kaithlyn & Kristen Hooper), digne fils de son père.

Ces naissances sont complètement dans le thème du film puisque l’intrigue s’appesantit plus sur les enfants : Wednesday (Christina Ricci) et Pugsley (Jimmy Workman), ainsi que ceux du camp de vacances où ils sont envoyés.

 

Il s’agit d’un camp pour ados riches et intelligents où la norme est, bien entendu, à l’encontre de l’univers des Addams. Il est tenu par deux adultes – Gary Granger (Peter MacNicol) & Becky Martin-Granger (Christine Baranski) – élitistes et un tantinet intolérants. Leurs conceptions éducatives sont plutôt réactionnaires et ce couple est tout bonnement insupportable. Mais leurs conceptions sont aussi une magnifique mine de gags, les punitions à la mesure de l’originalité des Addams.

Un mot encore sur les enfants qui fréquentent le camp : si on y trouve de magnifiques spécimens WASP – dont des jeunes filles bien blondes et bien pénibles – les laissés pour compte, s’ils sont issus de familles aisées ont tous – ou presque – des caractéristiques physiques incompatibles avec le programme sportif du camp : on sent même poindre une teinte raciste qui nous rend ces deux organisateurs encore plus antipathiques (1).

 

Pendant que Wednesday et Pugsley souffrent au camp, l’éveil à l’amour de Fester devient secondaire, même si son mariage amène des changements drastiques dans le manoir Addams : leur fils qui fume le cigare et a de la vodka dans le biberon se transforme en petit blondinet joufflu et hilare. Un véritable cauchemar pour les parents (avec le décor de sa chambre qui évolue en même temps) mais un moment réjouissant pour les spectateurs.

 

Pour le reste, si l’intrigue met l’accent sur les valeurs chamboulées des Addams, la structure du film est tout de proche du premier épisode, Fester (Christopher Lloyd) étant encore une fois le déclencheur.

Quant à Debbie (Joan Cusack), elle entre complètement dans le cadre de ces valeurs, et même un peu plus.

Alors on s’amuse de ces nouvelles aventures où Wednesday réussit – enfin – à sourire, mais pour un résultat des plus terrible : elle fait peur !

 

En prime, une apparition de Barry Sonnenfeld (Mr Glicker), comme d’habitude, ai-je envie de dire, même si cette fois il a un rôle parlé, son fils Joel Glicker (David Krumholtz) fait une incursion remarquée et réussie.

 

Alors, il ne reste rien d’autre à faire que savourer…

 

 

(1) Comme si c’était nécessaire...

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Star Wars, #Irvin Kershner, #George Lucas
L'Empire contre-attaque (The Empire strikes back - Irvin Kershner, 1980)

Le temps a passé depuis la destruction de l’Etoile Noire.

Mais le danger est toujours là de voir l’Empire apparaître et éliminer les Rebelles.
Et parmi eux Luke (Mark Hamill), Han (Harrison Ford), Leia (Carrie Fisher) & Chewbacca (Peter Mayhew). Sans oublier les deux droïdes.

 

Trois ans après le succès planétaire de La Guerre des étoiles, qui n’était pas encore prévu pour devenir une saga impressionnante, Lucas a eu tout de même envie de reprendre cette histoire prometteuse. Mais comme il n’est pas toujours très à l’aise derrière une caméra (1), c’est Irvin Kershner qui va mettre en scène l’intrigue imaginée par Lucas. Kershner n’est pas un débutant, voilà plus de 20 ans qu’il tourne. Mais si ses précédents films n’ont pas tous connu un grand succès (2), il semble que cet épisode l’a beaucoup inspiré : il s’agit sans conteste de son meilleur film, et sans doute aussi le meilleur des 6 premiers opus de Starwars.

Et surtout, on a enfin la confrontation entre Vader (David Prowse & James Earl Jones) et Luke. C’est un duel au sommet où les sabres laser donnent une dimension épique à la rencontre, le bleu de Luke contre le rouge de Vader. Impressionnant.

 

On y retrouve le manichéisme qui du premier film avec en plus un nouvel aspect : l’entraînement pour devenir Jedi. Luke est enfin confronté à la Force, et par la même occasion à sa peur.

Il découvre avec les spectateurs un personnage étrange, haut comme trois pommes (des goldens ?) mais maîtrisant cette Force comme pas deux : Maître Yoda (Frank Oz). Yoda est certainement l’une des meilleures trouvailles de Lucas : derrière un petit vieillard aux grandes oreilles et un tantinet espiègle, se cache le plus grand Jedi qui ait jamais existé. Outre son aspect, son élocution est des plus savoureuses puisque nombres de personnes, à la suite du film l’ont imitée.

 

Mais au-delà de la présence de Yoda, c’est avant tout de Vader qu’il est question. Il faut que le titre soit justifié. Vader est le personnage central, un méchant magnifique, véritable atout pour la grandeur d’un film. De plus, nous apprenons un secret qui fut longtemps gardé et qui remet complètement en cause tout ce qu’on a appris jusque là.

Nous arrivons, avec cet épisode à un point culminant, résultat de la contre-attaque annoncée : les Rebelles sont éparpillés (3) aux quatre coins de la galaxie ; Han est en route pour rencontrer Jabba ; Luke est diminué après la rencontre avec Vader ; et les autres se sentent bien seuls tout d’un coup. Mais cet état de fait dans l’intrigue est indispensable pour amener une résolution heureuse à venir.

 

Et puis il y a les autres : ceux qui n’ont pas recours à la Force : Leia, Han, Chewie et Lando Calrissian (Billy Dee Williams). Ce dernier est très semblable à Han, avec une grande différence : les affaires qu’il traite sont un tantinet plus légales que celle de Han & Chewie. Pour le reste, c’est un allié indispensable dans cet univers dominé par l’Empire.

Pour le reste, si Han et Leia ne sont pas vraiment concernés par l’intrigue principale autour des Jedis, ils n’en demeurent pas moins essentielles à l’action, avec en prime l’histoire d’amour latente du premier épisode qui prend forme : ils assument leurs penchants, pour la plus grande joie des spectateurs.

 

Pour un spectateur averti, tous les éléments du troisième épisode sont en place : on sait ce qu’il leur reste à faire pour terminer l’hégémonie impériale ainsi que la trilogie.

Pourtant un élément du dernier volet de la trilogie nous manque : les Ewoks. Mais étaient-ils vraiment indispensables ?

 

  1. Il confirmera l’année suivante en laissant Spielberg réaliser Les Aventuriers de l’Arche perdue.
  2. A part Les Yeux de Laura Mars deux ans plus tôt.
  3. Certainement pas « par petits bouts » !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Attenborough, #Biopic
Gandhi (Richard Attenborough, 1982)

Un jeune homme s’avance dans la foule. Il guette quelques signes dans la foule : il est suivi par ses complices qui l’approuvent.

Soudain le voilà, pénétrant la foule jusqu’au jeune homme.

Un signe est échangé et l’homme se jette aux pieds du vieillard. Il se relève, le pistolet à la main : le vieil homme n’a rien d’autre que « oh, mon Dieu ».

Mohandas Karamchand Gandhi (Ben Kingsley) a été assassiné.

A son enterrement, tous ceux qui ont compté dans sa vie et pour lesquels il a compté sont là, sauf sa femme qui est morte quatre ans plus tôt.

 

Retour en arrière, en 1893, en Afrique du Sud, dans un train : le jeune Gandhi rentre chez lui. Mais il est (presque) aussitôt jeté hors du train : on ne mélange pas les couleurs de peau, dans ce pays.

Ce traitement peu humain est le point de départ d’une longue lutte qui mènera à l’indépendance de l’Inde, quelques mois avant mort de Gandhi.

 

Richard Attenborough nous propose ce qu’on pourrait appeler le film de sa vie : cette biopic (comme on ne disait pas encore à l’époque) est une fresque extraordinaire de l’histoire du Mahatma. On sent l’implication du réalisateur dans cette production colossale.

Mais surtout, ce film a révélé un immense acteur : Ben Kingsley (1).

Il n’interprète pas Gandhi, il EST Gandhi. Sa ressemblance est bluffante : on oublie très rapidement que ce petit bonhomme est in acteur, tant le jeu de Kingsley est phénoménal.

 

Mais ce n’est pas tout : les différents protagonistes ont été choisi avant tout pour leur physique : Roshan Seth et Alyque Padamsee – respectivement Nehru et Jinnah – sont eux aussi très ressemblants.

D’une manière générale, la reconstitution des lieux et des luttes engagées est absolument magnifique, amenant un réalisme assez impressionnant : on a la véritable impression de vivre le parcours de Gandhi.


En face de lui, on trouve une Angleterre aveugle et sourde aux doléances légitimes des Indiens. Ce sont des militaires qui se succèdent, de l’Afrique du Sud à l’Inde, avec toujours cette rigidité que leur fonction exige, allant jusqu’à fusiller des centaines de personnes pour faire respecter l’ordre.

On sent en eux l’arrogance envers les colons, cette arrogance qui les fait se considérer comme les plus évolués mais qui tuent comme de véritables barbares.

On y retrouve toute cette engeance propre sur elle et méprisante, qui garde sa lèvre supérieure bien rigide. Il ne manquerait plus que John Gielgud, mais – heureusement – il est là, du mauvais côté cette fois-ci, mais pouvait-il en être autrement ?

 

Finalement, ce sont un peu plus de trois heures qui s’écoulent naturellement, le personnage principal étant devenue une icône mondiale, respecté dans le monde entier pour sa lutte non-violente. Mieux, Martin Luther King utilisera les mêmes armes pour l’égalité des droits aux Etats-Unis, avec un destin similaire, vingt ans après le Mahatma.

 

Pour toutes ces raisons, il me semble que ce film restera comme le plus important de son réalisateur.

Mais je peux aussi me tromper.

 

P.S. : on peut reconnaître, au détour d’une ruelle un jeune acteur – 24 ans quand le film sort – qui fera bientôt parler de lui : Daniel Day-Lewis.

A noter aussi que Roshan Seth  (Nehru) et Amrish Puri (Khan) se retrouveront – du mauvais côté à leur tour – dans Indiana Jones et le Temple maudit.

 

(1) Ce n’est que son deuxième film, mais il a beaucoup tourné pour la télévision.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog