Pendant que Jason (Harold Goodwin) bine le champ de son beau-père Steve Honeycutt (Sam de Grasse), Mavis Hawn (Mary Pickford) s’entraîne à tirer à cheval pour venger la mort de son père, tué dune balle dans le dos.
Honeycutt, en plus de brimer Jason, lorgne les terres riches en charbon de la mère de Mavis (Claire McDowell) pour le compte Sanders et du colonel Pendleton (William Bainbridge).
Un soir, Sanders est tué par les Cavaliers de la Nuit, et Mavis est accusée de meurtre.
Voici à nouveau un film sur mesure pour Mary Pickford. Elle y retrouve Sidney Franklin avec qui elle a déjà tourné, ainsi que Sam de Grasse qui en plus de jouer le rôle du méchant, coréalise le film.
C’est un film d’aventure qui se passe dans l’Amérique profonde (le Kentucky), avec dans les hauteurs (les collines du titre original) ceux qu’on appelle les Hillbillies, des gens farouches et mal dégrossis et dans la vallée des personnes un tantinet plus civilisés, dont le maître d’école, véritable lien entre ces deux mondes. On retrouve cette opposition jusque dans les intertitres où les paroles de Mavis sont retranscrites dans un anglais plutôt phonétique et tout de même difficile à suivre.
Mary Pickford est tout d’abord une jeune adolescente (1), insouciante et qui s’entend très bien avec Jason, bien entendu. On retrouve donc son personnage de fillette : espiègle et farouche, elle ne rechigne pas à la bagarre quand on se moque d’elle. Dans la dernière partie du film, elle est – enfin – une femme, même si Mavis est tout de même plus jeune qu’elle (2), puisqu’elle a à peu près 20 ans (le 30 ou le 40 mai).
L’intrigue de Bernard McConville est riche en péripéties mais parfois un tantinet approximative : le Colonel Pendleton, qui a pourtant récupéré les terres de Mavis, a adopté cette dernière quand elle est descendue dans la vallée pour être enseignée. On peut s’en contenter si on n’oublie pas que les méchants Sanders & Honeycutt ont œuvré dans l’ombre et à son insu.
Pendant la séquence amenant la mort de Sanders, on assiste à une scène qui rappelle Birth of a Nation. En effet, devant la malhonnêteté de ce dernier et de son acolyte Honeycutt, les villageois organisent une expédition de Cavaliers de la Nuit : ce sont des gens qui portent une robe et une cagoule blanches. C’est une sorte de Ku-Klux-Klan, aussi déterminé voire violent (3), le racisme en moins. Car si l’habit rappelle l’organisation criminelle, on note des différences dans l’accoutrement et dans l’objectif initial : Sanders est visité pour ce qu’il représente et non pour ce qu’il est. Et si la rencontre se termine aussi violemment, c’est avant tout parce que Honeycutt, dissimulé au coin de la maison, a tiré le premier, amenant la riposte meurtrière des Cavaliers.
Quoi qu’il en soit, l’énergie de Mary Pickford et l’association Charles Rosher derrière la caméra, et Franklin à la réalisation (4) donnent un film très réjouissant, même s’il n’atteint pas le superbe Sparrows.
D’un autre côté, on ne peut pas toujours tout avoir…
P.S. : à noter la présence d'un jeune premier en route vers la gloire: John Gilbert dans le rôle de Gray Pendleton, le fils du colonel.
- Elle aura « 13 ans le 30 ou le 40 mai », elle n’en sait trop rien…
- Elle a 27 ans quand le film sort.
- Trois personnes sont tuées.
- C’est le sixième film de Rosher avec la star depuis La petite Américaine, et le second de Franklin avec les deux autres : The Hoodlum qui est sorti deux mois plus tôt.
/image%2F1589176%2F20150507%2Fob_e5ab85_jihesse.png)








